Méthodes d’estimation sur petits domaines avec échantillonnage défini par un seuil d’inclusion
Section 8. Expériences de simulation
8.1 Objectifs
et description générale
Dans la présente section, nous décrirons des expériences
de simulation conçues pour comparer les propriétés des petits échantillons des
estimateurs de
présentés plus haut dans le contexte de l’échantillonnage
défini par un seuil d’inclusion. Plus précisément, nous comparons l’estimateur
direct naïf
les estimateurs par calage
et
et l’EBLUP selon le modèle à erreurs emboîtées
dans deux scénarios différents. Dans le
premier scénario, les valeurs de la variable cible pour toutes les unités de
population sont générées à partir du même modèle. Dans le deuxième, les unités
incluses et exclues sont générées à partir de modèles différents.
En l’absence d’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion,
les estimateurs par calage sont convergents par rapport au plan de sondage à
mesure que la taille du domaine
augmente même si le modèle correspondant ne se
vérifie pas, mais cela n’est pas le cas pour les estimateurs fondés sur un
modèle. D’autre part, selon le modèle correspondant, l’EBLUP d’un paramètre
linéaire est approximativement l’estimateur linéaire et sans biais le plus
efficace, de sorte que la réalisation de simulations selon un modèle n’apporterait
pas de nouvelles connaissances. L’objectif ici est de déterminer si les
prédicteurs fondés sur un modèle ont également de bonnes performances pour ce
qui est du plan (d’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion). C’est
pourquoi, nous exécutons des simulations fondées sur le plan de sondage en générant
un vecteur de population
à partir du modèle à erreurs emboîtées dans (5.1),
en le maintenant fixe et en tirant à répétition un nouvel échantillon défini
par un seuil d’inclusion dans chaque simulation Monte-Carlo. On répartit les
unités aux ensembles d’unités incluses ou exclues en générant une variable
binaire aléatoire
pour chaque unité
et chaque domaine
Les unités
avec
sont attribuées à
et celles avec
sont attribuées à
Dans chaque répétition Monte-Carlo, des
échantillons sont tirés, indépendamment pour chaque domaine
à partir des unités
8.2 Modèle
de régression commun
Nous considérons une population de
20 000
individus divisés en
80 domaines
d’une même taille
250,
Nous considérons trois variables auxiliaires,
avec des valeurs générées sous la forme
Les variables binaires
déterminant la répartition des unités dans
ou
pour chaque domaine
sont générées indépendamment en tant que
où les probabilités
sont liées au vecteur des variables
auxiliaires
sous la forme
Nous
prenons
À partir de cette valeur, le nombre total d’unités
incluses (avec
de tous les domaines représente environ la
moitié de la population.
On génère les valeurs de la variable cible
à partir du modèle à erreurs emboîtées (5.1)
au moyen de
et en prenant
et
ce qui donne un coefficient de détermination
Alors, si l’on garde les valeurs de population
fixes, on tire
1 000
échantillons Monte-Carlo
On obtient chacun de ces échantillons en
tirant des sous-échantillons indépendants
de taille
des unités dans
par échantillonnage aléatoire simple sans
remise,
On suppose les tailles d’échantillon de
domaine
chaque taille d’échantillon étant répétée pour
20 domaines subséquents. Au moyen des données de l’échantillon
nous calculons l’estimateur direct de base,
les estimateurs par calage au niveau du domaine (LCAL) et au niveau de la
population (LCALN), ainsi que l’EBLUP. Les poids,
et
dans les estimateurs par calage (4.3) et (4.6)
respectivement sont obtenus au moyen de la fonction calib du module sampling
(Tillé et Matei, 2016) de R (R Development Core Team,
2016). Les EBLUP sont obtenus au moyen du module de R sae (Molina et
Marhuenda, 2015), qui, par défaut, estime les paramètres du modèle
et
au moyen du maximum de vraisemblance restreint
(ou REML, pour restricted maximum likelihood).
Supposons que
est un estimateur générique de
et
sa valeur obtenue avec l’échantillon
Nous évaluons les performances des estimateurs
en termes de biais relatif (BR) et de racine carrée de l’EQM relative (REQMR)
selon le plan, dont on obtient une approximation empirique comme suit
Nous
calculons en outre les moyennes sur les domaines du BR absolu et de la REQMR
comme suit
La figure 8.1 présente des diagrammes de quartiles
du pourcentage de BR pour les estimateurs de la moyenne considérés
où chaque diagramme de quartile correspond aux
20 domaines de chaque groupe des tailles d’échantillon
Nous observons le biais important de l’échantillonnage
défini par un seuil d’inclusion de l’estimateur direct de base, le BR médian
étant supérieur à 20 % pour toutes les tailles d’échantillon de domaine.
Ce biais de l’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion est corrigé par
tous les autres estimateurs. Néanmoins, l’estimateur LCALN donne des diagrammes
de quartiles plus larges. Cet estimateur obtient un biais important pour
certains domaines, probablement parce que le modèle l’assistant ne tient pas
compte des effets de domaine. L’estimateur LCAL est fondé sur un modèle qui
tient compte des effets de domaine et a de bonnes performances pour ce qui est
du biais de plan uniformément pour toutes les tailles d’échantillon de domaine,
mais l’EBLUP donne également d’assez bons résultats concernant le biais de
plan.
Si nous observons maintenant la REQMR à la
figure 8.2, nous pouvons voir que les REQMR des EBLUP sont nettement plus
petites pour toutes les tailles d’échantillon de domaine. L’estimateur LCAL
obtient des REQMR plus proches à mesure que la taille de l’échantillon de
domaine augmente, mais pour
il obtient des REQMR très grandes. Nous avons
constaté que l’estimateur LCALN peut être fortement biaisé pour certains
domaines et qu’il a aussi de grandes REQMR pour toutes les tailles d’échantillon
de domaine. En résumé, EBLUP donne la REQMR de plan la plus basse tout en
maîtrisant le biais de plan.

Description de la figure 8.1
Figure présentant des diagrammes en boîtes à
moustaches du biais relatif de domaine (en %) pour quatre estimateurs selon
quatre tailles d’échantillon de domaine. Les estimateurs sont l’estimateur
direct de base et les estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP. Le biais relatif en
pourcentage est sur l’axe des y, allant de -30 à 30 et les tailles
d’échantillon de domaine sont sur l’axe des x, valant 5, 10, 30 et 50. Le biais
d’échantillonnage à seuil d’inclusion de l’estimateur direct de base est
important, le BR médian étant supérieur à 20 % pour toutes les tailles d’échantillon
de domaine. Ce biais de l’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion est
corrigé par tous les autres estimateurs. Néanmoins, l’estimateur LCALN donne
des boîtes à moustaches plus larges. Cet estimateur obtient un biais important
pour certains domaines. L’estimateur LCAL est fondé sur un modèle qui tient
compte des effets de domaine et a de bonnes performances pour ce qui est du
biais de plan uniformément pour toutes les tailles d’échantillon de domaine,
mais l’EBLUP donne également d’assez bons résultats concernant le biais de
plan.

Description de la figure 8.2
Figure présentant des diagrammes en boîtes à moustaches
de la REQMR de domaine (en %) pour quatre estimateurs selon quatre tailles
d’échantillon de domaine. Les estimateurs sont l’estimateur direct de base et
les estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP. La REQMR en pourcentage est sur l’axe des
y, allant de 0 à 90 et les tailles d’échantillon de domaine sont sur l’axe des
x, valant 5, 10, 30 et 50. Les REQMR des EBLUP sont nettement plus petites pour
toutes les tailles d’échantillon de domaine. L’estimateur LCAL obtient des REQMR
plus proches à mesure que la taille de l’échantillon de domaine augmente, mais
pour une taille d’échantillon de domaine de 5, il obtient des REQMR très
grandes. L’estimateur LCALN peut être fortement biaisé pour
certains domaines et il a aussi de grandes REQMR pour toutes les tailles
d’échantillon de domaine.
Le tableau 8.1 présente les moyennes pour tous les
domaines du BR absolu et de la REQMR, ainsi que la part en pourcentage du carré
du biais provenant de l’EQM totale du plan. Encore une fois, nous observons le
biais important de l’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion de l’estimateur
direct de base, avec une proportion de biais de
100 %,
contrairement à tous les autres estimateurs. L’estimateur LCAL a le plus petit
biais relatif absolu moyen, et il est suivi de près par l’estimateur EBLUP. Le
LCALN obtient les meilleures performances pour ce qui est du ratio du biais en raison
de son EQM importante. C’est pourquoi nous considérons que l’estimateur LCAL
donne de meilleures performances. Comme cela a été dit, l’estimateur EBLUP est
nettement plus performant si l’on examine à la fois le biais et l’EQM.
Tableau 8.1
Moyennes pour tous les domaines du BR absolu, de la REQMR
et
pour l’estimateur direct de base et les
estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP (en pourcentage)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Moyennes pour tous les domaines du BR absolu. Les données sont présentées selon Méthode (titres de rangée) et
,
et
(figurant comme en-tête de colonne).
| Méthode |
|
|
|
| DIR |
21,82 |
24,45 |
98,32 |
| LCAL |
2,96 |
27,33 |
2,48 |
| LCALN |
8,97 |
30,44 |
0,04 |
| EBLUP |
3,13 |
4,56 |
0,18 |
8.3 Différents modèles de régression
Dans la présente expérience de simulation, nous
conservons les mêmes valeurs de population et plan d’échantillonnage
qu’auparavant, mais les valeurs de la variable cible pour les unités incluses et
exclues sont générées à partir de modèles ayant des valeurs de paramètres
différentes. Il est entendu que ce scénario n’est pas favorable pour les
estimateurs fondés sur un modèle considérés ici, mais il peut être réaliste,
car en pratique, le modèle supposé ne peut pas être vérifié pour les unités
exclues. Par conséquent, au lieu d’une valeur constante pour toutes les unités de
population, nous supposons pour les unités incluses et pour les unités exclues. On suppose que les
valeurs des variables explicatives et des composantes de variance et sont exactement les mêmes qu’auparavant.
Encore une fois, nous tirons 1 000
échantillons par EASSR indépendant dans les unités du
domaine avec avec les mêmes tailles d’échantillon de
domaine qu’auparavant. Au moyen des données
d’échantillon provenant de l’échantillon nous calculons l’estimation par estimateur
direct de base, LCAL, LCALN et EBLUP de
La figure 8.3 montre les diagrammes de quantiles des
biais relatifs correspondants en pourcentage pour chaque taille d’échantillon
de domaine. Dans ce cas, tous les estimateurs sont biaisés, mais le biais de
l’estimateur direct de base devient très grand, atteignant plus de 40 %
pour certains domaines. Le biais des estimateurs LCAL et EBLUP demeure
relativement faible pour tous les domaines, mais celui de LCALN reste très
grand en valeur absolue pour certains domaines. En l’absence d’échantillonnage défini
par un seuil d’inclusion, les estimateurs par calage sont asymptotiquement sans
biais par rapport au plan de sondage à mesure que la taille de l’échantillon de
domaine augmente, même si le modèle considéré ne se
vérifie pas. Toutefois, cela n’est pas vrai en cas d’échantillonnage défini par
un seuil d’inclusion et c’est pourquoi les biais relatifs des estimateurs par
calage ne diminuent pas quand croît. Y compris dans ce scénario défavorable
comprenant différents modèles générateurs pour les unités incluses et exclues,
les EBLUP présentent un biais modéré, qui est comparable à celui de
l’estimateur LCAL et qui donne des performances nettement meilleures pour ce
qui est de la REQMR.

Description de la figure 8.3
Figure présentant des diagrammes en boîtes à moustaches
du biais relatif de domaine (en %) pour quatre estimateurs selon quatre tailles
d’échantillon de domaine. Pour cette simulation, les valeurs de la variable
cible pour les unités incluses et exclues sont générées à partir de modèles
ayant des valeurs de paramètres différentes. Les estimateurs sont l’estimateur
direct de base et les estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP. Le biais relatif en
pourcentage est sur l’axe des y, allant de -20 à 40 et les tailles
d’échantillon de domaine sont sur l’axe des x, valant 5, 10, 30 et 50. Tous les
estimateurs sont biaisés, mais le biais de l’estimateur direct de base devient
très grand, atteignant plus de 40 % pour certains domaines. Le biais
des estimateurs LCAL et EBLUP demeure relativement faible pour tous les
domaines, mais celui de LCALN reste très grand en valeur absolue pour certains
domaines. Les biais relatifs des estimateurs par calage ne diminuent pas quand
la taille de l’échantillon de domaine croît. L’estimateur EBLUP présente un
biais modéré, qui est comparable à celui de l’estimateur LCAL.

Description de la figure 8.4
Figure présentant des diagrammes en boîtes à moustaches
de la REQMR de domaine (en %) pour quatre estimateurs selon quatre tailles
d’échantillon de domaine. Pour cette simulation, les valeurs de la variable
cible pour les unités incluses et exclues sont générées à partir de modèles
ayant des valeurs de paramètres différentes. Les estimateurs sont l’estimateur
direct de base et les estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP. La REQMR en pourcentage
est sur l’axe des y, allant de 0 à 125 et les tailles d’échantillon de domaine
sont sur l’axe des x, valant 5, 10, 30 et 50. Les REQMR des EBLUP sont plus
petites pour toutes les tailles d’échantillon de domaine. L’estimateur LCAL
obtient des REQMR plus proches à mesure que la taille de l’échantillon de
domaine augmente, mais pour une taille d’échantillon de domaine de 5, il
obtient des REQMR très grandes. Les estimateurs LCALN et direct de base ont de
grandes REQMR pour toutes les tailles d’échantillon de domaine.
Encore une fois, les moyennes pour tous les domaines du
BR absolu et de la REQMR sont présentées au tableau 8.2, ainsi que le
ratio du carré du biais. Comme nous l’avons indiqué, l’estimateur direct de
base souffre d’un biais considérable, tandis que les estimateurs LCAL et EBLUP
gardent un inférieur à 10 %. L’estimateur LCALN
affiche le plus faible ratio de biais en raison d’une EQM plus grande. Encore
une fois, l’estimateur EBLUP est le plus efficace, avec une REQMR moyenne
également inférieure à 10 %.
Tableau 8.2
Moyennes pour tous les domaines du BR absolu, de la REQMR
et
pour l’estimateur direct de base et les
estimateurs LCAL, LCALN et EBLUP, quand
pour les unités incluses et
pour les unités exclues (en pourcentage)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Moyennes pour tous les domaines du BR absolu. Les données sont présentées selon Méthode (titres de rangée) et
,
et
(figurant comme en-tête de colonne).
| Méthode |
|
|
|
| DIR |
31,78 |
34,11 |
99,87 |
| LCAL |
8,47 |
30,83 |
77,43 |
| LCALN |
12,75 |
34,49 |
29,56 |
| EBLUP |
8,73 |
9,48 |
75,78 |
Nous avons répété l’expérience de simulation en supposant
une valeur de plus éloignée de pour que les deux modèles de régression soient
sensiblement différents. Nous n’avons pas inclus les résultats en raison de
contraintes d’espace, cependant, comme on pouvait s’y attendre, les valeurs du
BR et de la REQMR augmentent pour tous les estimateurs, mais les conclusions
sont semblables à celles de la dernière expérience. L’estimateur direct de base
obtient le plus grand BR, les estimateurs par calage et EBLUP réduisent
nettement le biais d’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion de
l’estimateur direct de base et EBLUP obtient une REQMR plus petite,
particulièrement pour les domaines ayant les plus petites tailles
d’échantillon.
ISSN : 1712-5685
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Ottawa