Méthodes d’estimation sur petits domaines avec échantillonnage défini par un seuil d’inclusion
Section 5. EBLUP selon le modèle à erreurs emboîtées
Les
estimateurs décrits jusqu’à maintenant utilisent uniquement l’information sur
les résultats provenant du domaine. Cela signifie que, quand la taille d’échantillon
de domaine
est
petite, ces estimateurs peuvent être inefficaces y compris en l’absence d’échantillonnage
défini par un seuil d’inclusion. Les méthodes d’estimation sur petits domaines
(ou indirectes) sont conçues pour réduire la variance en augmentant la taille
réelle de l’échantillon. À ce propos, voir le compte rendu exhaustif des
méthodes d’estimation sur petits domaines dans Rao et Molina (2015). Dans la
présente section, nous nous intéressons aux méthodes fondées sur un modèle, qui
fournissent aux estimateurs de bonnes propriétés dans la distribution induite
par le modèle. Étant donné que les propriétés fondées sur un modèle sont
connues, nous souhaitons analyser si les estimateurs ont de bonnes propriétés
sous le mécanisme de rééchantillonnage, qui ne suppose pas que le modèle se
vérifie.
Pour cela,
nous examinerons un modèle au niveau de l’unité très répandu, qui a été
introduit par Battese, Harter et Fuller (1988) et est souvent dit modèle à
erreurs emboîtées. Comme pour le modèle
dans
(4.16), ce modèle suppose une régression linéaire constante pour toutes les
unités de population, mais permet une hétérogénéité inexpliquée entre les
domaines en incluant les effets de domaine aléatoires
hormis les erreurs de modèle
Ce
modèle, le modèle noté
suppose
où les effets de domaine
et les erreurs
sont tous mutuellement
indépendants. Les vecteurs
et
sont inconnus. En établissant
dans (5.1), nous obtenons le
modèle
donné dans (4.16). Si
désigne le vecteur des résultats
pour le domaine
et
la matrice de plan
correspondante, le modèle dans la notation de la matrice se lit
où
est un vecteur de uns de taille
et
est la matrice identité
Nous
considérons les paramètres de domaine linéaires définis comme étant
où
est
un vecteur non stochastique d’éléments connus. La moyenne de domaine
est
obtenue au moyen de
On suppose qu’un
échantillon
est
tiré de l’ensemble des unités incluses dans le domaine
à
savoir
Nous désignons par
l’ensemble
des unités non échantillonnées du domaine
qui
comprend les unités non échantillonnées de
et
toutes les unités de
Notons que
Alors, l’échantillon global
est
composé des échantillons
tirés des ensembles d’unités incluses dans
chaque domaine
à
savoir
Nous
décomposons le vecteur de domaine
et
les matrices de plan et de covariance
et
dans les sous-vecteurs et les sous-matrices
correspondants pour les unités échantillonnées et non échantillonnées, indiqués
par les indices
et
respectivement, comme suit :
Le paramètre linéaire
peut alors être exprimé comme
étant
Selon le modèle (5.1), le
meilleur prédicteur linéaire sans biais (BLUP) de
est la fonction linéaire sans
biais par rapport au modèle des données d’échantillon
qui réduit au minimum l’erreur
quadratique moyenne (EQM) du modèle,
Le BLUP de
est alors
où
est l’estimateur des moindres
carrés pondérés de
donné par
Le BLUP de
donné dans (5.3) dépend des
vraies valeurs des composantes de variance
qui sont généralement inconnues.
En les remplaçant par des estimateurs convergents par rapport au modèle
correspondants
nous obtenons le BLUP dit
empirique (EBLUP), noté
Si la
fraction de sondage du domaine,
est
négligeable, le BLUP de
peut être exprimé comme étant la moyenne
pondérée
où
est dans l’intervalle
et tend vers 1 quand
(Rao et Molina, 2015). Par
conséquent, pour les domaines ayant une grande taille d’échantillon
s’approche de l’estimateur par
la régression de l’enquête
tandis que pour les domaines
ayant une petite taille d’échantillon
emprunte de l’information des
autres domaines en s’approchant de l’estimateur synthétique de type régression
En remplaçant les composantes de
variance dans
par des estimateurs convergents
dans le BLUP, désignant
et
nous obtenons l’EBLUP de
donné par
Le BLUP est
sans biais et optimal selon le modèle
dans le sens qu’il minimise l’EQM selon ce
modèle. Nous étudions maintenant ses propriétés de plan, qui ne supposent pas
que le modèle est correct et qui tiennent par conséquent compte du biais des
écarts par rapport au modèle. À cette fin, nous considérons le paramètre de
régression du recensement pour les unités incluses, défini comme
où
et
sont le sous-vecteur et les sous-matrices
correspondants de
et
pour les unités incluses
Encore une fois, nous considérons la version
théorique du BLUP définie sous la forme
Si chaque échantillon
est tiré du domaine
correspondant
par échantillonnage aléatoire
simple sans remise (EASSR), alors
et
À partir de ces faits, on peut
facilement calculer le biais de plan
selon un EASSR, qui est donné
par
Ce biais sera faible si (5.1) se
vérifie pour l’ensemble de la population, et dans ce cas
et
En utilisant ces résultats quand
nous prenons l’espérance selon le modèle
dans (5.8), nous obtenons
En fait, ce résultat se vérifie
aussi selon le modèle
En ce qui
concerne la variance, si
est
obtenu par EASSR dans
la
variance sous le plan de l’estimateur BLUP théorique est donnée par
Par conséquent, si les droites de
régression par les moindres carrés (MC) du recensement pour les domaines du
modèle (4.10) sont similaires à la droite de régression par les moindres carrés
pondérés (MCP) du modèle (5.1), c’est-à-dire si
alors la variance du BLUP de
diminue jusqu’à celle de
l’estimateur LCAL de
obtenu à partir de (4.17),
multipliée par le facteur
Selon des
plans d’échantillonnage plus généraux dans
nous considérons le meilleur prédicteur
linéaire sans biais pseudo-empirique (pseudo-EBLUP) de
proposé par You et Rao (2002) au lieu de l’EBLUP.
En définissant l’estimateur théorique analogue qui utilise les moyennes de l’échantillon
pondérées
et
au
lieu des moyennes non pondérées
et
dans (5.7), nous obtenons les mêmes
expressions pour le biais par rapport au plan et la variance, avec
changé en
pour
ISSN : 1712-5685
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