Méthodes d’estimation sur petits domaines avec échantillonnage défini par un seuil d’inclusion
Section 9. Estimation des ventes totales dans les provinces espagnoles
Nous
décrivons ici une application à l’estimation des ventes totales d’un produit du
tabac dans les provinces espagnoles. L’ensemble de données disponibles
contient, pour
12 791
bureaux de tabac (presque tous) dans
48 provinces
espagnoles (îles Canaries, Ceuta et Melilla non comprises), le volume des
achats de ce produit effectués par chaque établissement au cours des trois mois
précédant novembre 2016
en
euros). Il contient également une variable indiquant si un appareil
enregistrant tous les renseignements requis au sujet de chaque vente a été
fourni à l’établissement. Seuls les établissements aux ventes les plus
importantes reçoivent l’appareil en question. Ces établissements (au total
1 842)
sont en mesure de déclarer précisément les données relatives à leurs ventes.
Par conséquent, les données de ces établissements donnent le volume de vente
en
euros) du produit examiné en novembre 2016.
Nous estimons
les ventes totales
dans chacune des
48 provinces
incluses dans les données au moyen de l’estimateur de base direct, des
estimateurs par calage sélectionnés et d’un estimateur fondé sur un modèle. Les
établissements
pour lesquels
et
sont disponibles pour une province
composent l’ensemble des unités incluses
qui
est égal à l’échantillon
dans ce cas (il n’y a pas d’échantillonnage
dans
Alors, les estimateurs directs de base sont
donnés ici par
qui
ont une variance nulle, mais qui pourraient être fortement biaisés. Étant donné
que les valeurs vraies dans les applications réelles ne sont pas disponibles et
que, par conséquent, les biais réels ne peuvent pas être évalués (nous n’avons
pas d’information de
nous comparerons ici les estimateurs en
considérant l’ensemble des établissements de chaque province dont les ventes
sont enregistrées comme EASSR de cette province. Notons qu’il s’agit du
meilleur scénario pour l’estimateur direct de base. Par conséquent, pour l’estimateur
direct de base
si
l’on considère que l’échantillon réel
est
un EASSR de
la
variance est égale à l’EQM (nous ignorons le biais). L’estimateur sans biais
par rapport au plan de l’EQM est alors
où
est la variance de l’échantillon
des ventes de la province
et ici
Pour les estimateurs qui considèrent un
modèle de régression, nous effectuons d’abord une analyse descriptive
préliminaire des variables. Les histogrammes des ventes
et
des achats
montrent des distributions asymétriques à
droite pour les deux variables. De plus, un diagramme de dispersion des résidus
des moindres carrés ordinaires à partir d’un modèle linéaire pour
en
termes de
contre
révèle une légère tendance à l’hétéroscédasticité.
Il semblerait que la transformation des ventes par la racine carrée, c’est-à-dire
en supposant
comme variable réponse et
avec
comme covariable réduise le problème. Par
conséquent, nous examinerons un modèle à erreurs emboîtées (5.1) pour les
ventes transformées
en
termes d’achats transformés
et les
MPE ou EBE des ventes totales de chaque province,
seront calculés à partir de ce modèle. Notons
que, pour ce qui est des réponses du modèle
les
ventes totales sont données par
Alors, le MPE/EBE de
est
donné par
qui
peut être calculé de façon analytique ou approximative par simulation de
Monte-Carlo. Nous estimons l’EQM du modèle du MPE/EBE au moyen du bootstrap
paramétrique décrit à la section 7 pour
en
supposant
et
et
en considérant que le modèle se vérifie pour les unités incluses et exclues.
Les résidus du modèle sont décrits ci-dessous.
Notons que
l’estimateur LCAL (ou GREG) n’est pas défini pour une fonction non linéaire des
valeurs de la variable de réponse dans les unités de population, comme le total
des ventes
après la transformation par la racine carrée.
Nous calculons ici alors l’estimateur GREG selon (4.3) au moyen de
au
lieu de
et
au
lieu de
qui
est assisté par le modèle linéaire (4.10) pour les ventes non transformées
en
termes d’achats
Afin de mesurer l’incertitude de l’estimateur
GREG, et pour la rendre comparable à celle du MPE/EBE, nous avons estimé son
EQM de modèle au moyen de la même procédure bootstrap, en remplaçant
par
L’estimateur bootstrap obtenu de l’EQM
comprend en fait l’erreur causée par le fait que le bon modèle est celui
comportant des variables transformées.
Avant de
comparer les estimations, nous analysons les résidus du modèle à erreurs
emboîtées (5.1), donnés par
La
figure 9.1 montre le diagramme de dispersion de ces résidus par rapport
aux valeurs prédites
(à
gauche) et un histogramme des résidus (à droite). Nous pouvons voir quelques
valeurs aberrantes négatives sur le graphique de gauche, qui concordent avec la
queue légèrement plus grande à gauche dans l’histogramme. Les résidus ne
présentent aucune autre tendance remarquable. Nous constatons que dans l’histogramme,
ils semblent être surtout concentrés autour de zéro, ce qui indique la
puissance prédictive élevée du modèle.
La
figure 9.2 montre le diagramme Q-Q normal des effets de domaine prédits
Ce
diagramme supporte la normalité de
sauf pour une valeur aberrante apparaissant
sur la queue gauche de la distribution. Ce point correspond à la province ayant
la plus petite taille d’échantillon
3 observations),
ce qui donne à penser que l’effet aléatoire estimé pour cette province,
n’est
pas très fiable. Par conséquent, nous considérons que le modèle à erreurs
emboîtées est raisonnablement bien ajusté aux données disponibles.

Description de la figure 9.1
Figure composée de deux graphiques. Le
premier est un nuage de points des résidus du MPE/EBE sur l’axe des y (allant
de -100 à 50) par rapport aux valeurs prédites sur l’axe des x (allant de 0 à
300). Le deuxième graphique est un histogramme des résidus. La densité est sur
l’axe des y, allant de 0,00 à 0,05. Les résidus sont sur l’axe des x, allant de
-100 à 50. Il y a quelques valeurs aberrantes négatives sur le nuage de points,
qui concordent avec la queue légèrement plus longue à gauche dans
l’histogramme. Les résidus ne présentent aucune autre tendance remarquable.
Nous constatons que dans l’histogramme, ils semblent être surtout concentrés
autour de zéro.

Description de la figure 9.2
Figure présentant le diagramme Q-Q normal des effets
prédits pour la province
Les quantiles d’échantillon sont sur l’axe des
y, allant de -8 à 4. Les quantiles théoriques sont sur l’axe des x, allant de
-2 à 2. Le diagramme supporte la normalité de
sauf pour une valeur aberrante apparaissant
sur la queue gauche de la distribution. Ce point correspond à la province ayant
la plus petite taille d’échantillon
observations).
Nous comparerons maintenant les
estimations obtenues. La figure 9.3 à gauche montre les MPE/EBE des ventes
totales du produit du tabac considéré pour chaque province par rapport aux
estimations directes. Les tailles d’échantillon des provinces sont utilisées
comme étiquettes de points. Ce diagramme indique une grande similitude entre
les deux types d’estimations, sauf pour les deux provinces ayant les plus
grandes tailles d’échantillon, où les MPE/EBE sont légèrement plus grands que
les estimations directes, ce qui pourrait être dû au biais d’échantillonnage
défini par un seuil d’inclusion de l’estimateur direct. La figure 9.3 à
droite présente les MPE/EBE par rapport aux estimations par régression
généralisée. La grande similitude entre les estimations GREG et EBE illustrées
dans le graphique confirme le fait que les estimateurs directs pourraient en
fait sous-estimer les ventes totales dans cette application.
Enfin, nous comparons les trois types d’estimations
des ventes totales pour chaque province dans la figure 9.4 à gauche, qui
montre les estimations ponctuelles pour chaque province (axe des x); les
provinces sont triées par tailles d’échantillon, de la plus petite à la plus
grande, et les tailles d’échantillon sont indiquées sur les étiquettes de l’axe
des x. Les conclusions sont identiques aux conclusions précédentes, à savoir
que les trois types d’estimations prennent des valeurs très semblables pour
toutes les provinces, sauf pour un petit nombre de provinces ayant les tailles
d’échantillon les plus grandes, où l’estimateur direct de base prend des
valeurs légèrement plus petites (qui sous-estiment peut-être les ventes
totales). La figure 9.4 (à droite) montre les coefficients de variation
(CV) estimés qu’on obtient si l’on ignore le biais causé par l’échantillonnage
défini par un seuil d’inclusion. Les estimateurs par MPE/EBE ont des
performances uniformément supérieures à celles des autres estimateurs pour ce
qui est des CV estimés, dont les valeurs sont maintenues sous 10 % pour
presque toutes les provinces alors que l’estimateur GREG obtient des valeurs de
CV supérieures à 10 % pour les provinces ayant les plus petites tailles d’échantillon.
Nous observons des sommets dans les CV estimés pour certaines provinces qui n’ont
pas nécessairement les plus petites tailles d’échantillon. Ces plus grandes
valeurs de CV s’expliquent par la présence d’achats et de ventes nuls du
produit considéré dans de nombreux bureaux de tabac de ces provinces (le
produit examiné n’y est pas acquis chaque mois). Il apparaît clairement que l’estimateur
direct est le moins efficace de tous.

Description de la figure 9.3
Figure composée de deux graphiques en nuage de points. Le
premier présente les MPE/EBE des ventes totales du produit du tabac considéré
pour chaque province par rapport aux estimations directes. Les estimations par
MPE/EBE sur l’axe des y vont de 0 à 2,5e+07. Les estimations directes sur l’axe
des x vont de 0 à 2,0e+07. Ce diagramme indique une grande similitude entre les
deux types d’estimations, sauf pour les deux provinces ayant les plus grandes tailles
d’échantillon, où les MPE/EBE sont légèrement plus grands que les estimations
directes. Le deuxième graphique présente les MPE/EBE des ventes totales du
produit du tabac considéré pour chaque province par rapport aux estimations GREG.
Les estimations par MPE/EBE sur l’axe des y vont de 0 à 2,5e+07. Les
estimations GREG sur l’axe des x vont de 0 à 2,5e+07. La grande similitude entre
les estimations GREG et EBE illustrées dans le graphique confirme le fait que
les estimateurs directs pourraient en fait sous-estimer les ventes totales dans
cette application.

Description de la figure 9.4
Figure composée de deux graphiques. Le premier présente
les estimations directes, par calage et par MPE/EBE des ventes totales pour
chaque province. Les estimations des ventes totales sont sur l’axe des y,
allant de 0 à 3,0e+07. Les provinces triées par taille d’échantillon croissante
sont sur l’axe des x, allant de 3 à 187. Les trois types d’estimations prennent
des valeurs très semblables pour toutes les provinces, sauf pour un petit
nombre de provinces ayant les tailles d’échantillon les plus grandes, où
l’estimateur direct de base prend des valeurs légèrement plus petites. Le
deuxième graphique présente les coefficients de variation des estimations
directes, par calage et par MPE/EBE des ventes totales pour chaque province.
Les coefficients de variation sont sur l’axe des y, allant de 0 à 60. Les
provinces triées par taille d’échantillon croissante sont sur l’axe des x,
allant de 3 à 187. Les estimateurs par MPE/EBE ont des performances
uniformément supérieures à celles des autres estimateurs pour ce qui est des CV
estimés, dont les valeurs sont maintenues sous 10 % pour presque toutes
les provinces alors que l’estimateur GREG obtient des valeurs de CV supérieures
à 10 % pour les provinces ayant les plus petites tailles d’échantillon. Il
y a des sommets dans les CV estimés pour certaines provinces qui n’ont pas
nécessairement les plus petites tailles d’échantillon. Ces plus grandes valeurs
de CV s’expliquent par la présence d’achats et de ventes nuls du produit
considéré dans de nombreux bureaux de tabac de ces provinces (le produit
examiné n’y est pas acquis chaque mois). Il apparaît clairement que
l’estimateur direct est le moins efficace de tous.
Le tableau A.1 de l’annexe donne les
estimations par l’estimateur direct, LCAL et MPE/EBE des ventes totales de la
province pour le produit, complétées par l’estimation de leurs CV. Le tableau confirme
les meilleures performances du MPE/EBE pour ce qui est de l’estimation du CV
dans le modèle à erreurs emboîtées, particulièrement pour les provinces ayant
de petites tailles d’échantillon. Enfin, l’estimateur direct a des performances
médiocres en termes de CV même si l’on ne tient pas compte du biais attribuable
à l’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion.
ISSN : 1712-5685
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