Guide des concepts et méthodes
3. Conception de l’enquête
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3.1 Population cible et couverture
La population cible de l’EAPA de 2017 comprenait la population d’identité autochtone du Canada âgée de 15 ans et plus au 15 janvier 2017 vivant dans des logements privés, excluant les personnes vivant dans des réserves indiennes ou des établissements indiens et dans certaines communautés des Premières Nations au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.). Ces exclusions sont les mêmes que dans l’EAPA de 2012. La liste des subdivisions de recensement (SDR) au Yukon et dans les T.N.-O. est présentée au tableau 2.
| No de la SDR | Nom de la SDR | Genre de SDR |
|---|---|---|
| Yukon | ||
| 6001003 | Watson Lake | T |
| 6001004 | Faro | T |
| 6001009 | Whitehorse | CY |
| 6001029 | Dawson | T |
| 6001044 | Mt. Lorne | HAM |
| 6001045 | Yukon, Unorganized | NO |
| 6001046 | Swift River | SÉ |
| 6001049 | Destruction Bay | SÉ |
| 6001050 | Stewart Crossing | SÉ |
| 6001052 | Keno Hill | SÉ |
| 6001055 | Ibex Valley | HAM |
| 6001058 | Marsh Lake | NO |
| 6001059 | Macpherson-Grizzly Valley | NO |
| 6001060 | Whitehorse, Unorganized | NO |
| T.N.-O | ||
| 6101014 | Paulatuk | HAM |
| 6101017 | Inuvik | T |
| 6101025 | Aklavik | HAM |
| 6101036 | Tuktoyaktuk | HAM |
| 6101041 | Sachs Harbour | HAM |
| 6101063 | Region 1, Unorganized | NO |
| 6101095 | Ulukhaktok | HAM |
| 6102007 | Norman Wells | T |
| 6102063 | Region 2, Unorganized | NO |
| 6103097 | Region 3, Unorganized | NO |
| 6104097 | Region 4, Unorganized | NO |
| 6105003 | Enterprise | HAM |
| 6105016 | Hay River | T |
| 6105026 | Reliance | SET |
| 6105097 | Region 5, Unorganized | NO |
| 6106023 | Yellowknife | CY |
| 6106097 | Region 6, Unorganized | NO |
Les genres de SDR figurent dans le tableau 1.5 du Dictionnaire du recensement.
3.1.1. Identification de la population autochtone
L’échantillon de l’EAPA a été sélectionné à partir des répondants ayant déclaré une identité autochtone ou une ascendance autochtone dans le questionnaire du Recensement de 2016. Plus précisément, l’échantillon de l’EAPA a été sélectionné à partir de répondants ayant fourni des réponses spécifiques aux quatre questions de sélection figurant dans le questionnaire détaillé du recensement, qui comportait deux versions principales, soit le questionnaire 2A-L et le questionnaire 2A-R.
Le questionnaire 2A-L a été rempli selon la méthode d’autodénombrement et a été distribué à environ 1 ménage sur 4 dans la plupart des régions du Canada (régions 2A-L). Outre les questions démographiques de base du recensement (nom, sexe, date de naissance, état matrimonial légal, union libre, lien avec la personne 1, langues et question sur le consentement en vue de divulguer les données dans 92 ans), le questionnaire 2A-L du Recensement de 2016 contenait notamment des questions sur l’activité sur le marché du travail, le revenu, l’éducation, les limitations d’activités, la citoyenneté, le logement et l’origine ethnique.
Le questionnaire 2A-R , dont le contenu était identique à celui du questionnaire 2A-L, à l’exception de certains exemples adaptés et de l’exclusion de certaines questionsNote , a été rempli au moyen d’interviews sur place par tous les ménages des régions éloignées, des communautés inuites, des réserves indiennes et des établissements indiens (régions 2A-R).
Les quatre questions de sélection utilisées pour identifier la population autochtone étaient les suivantes : celle sur l’origine ethnique (question 17), celle sur l’autodéclaration autochtone (question 18), celle visant à déterminer si la personne est un Indien avec statut (Indien inscrit ou des traités, question 20) et celle visant à déterminer si la personne est membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne (question 21).
La déclaration d’une origine autochtone à la question 17 définit la population d’ascendance autochtone (ou la population d’ascendance).
Dans le cadre du Recensement de 2016, la population d’identité autochtone est obtenue à partir de trois questions, soit les questions 18, 20 et 21. Le concept d’identité autochtone fait référence aux personnes ayant : (a) déclaré appartenir à au moins un groupe autochtone, c’est-à-dire Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord), Métis, Inuit; (b) indiqué être un Indien avec statut (Indien inscrit ou des traités aux termes de la Loi sur les Indiens du Canada) ou (c) déclaré être membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne.
Dans le cadre de l’EAPA, les personnes ayant une ascendance autochtone, mais ne possédant pas d’identité autochtone dans le recensement composent la population d’ascendance autochtone seulement (ou population d’ascendance seulement). Aux fins d’échantillonnage de l’EAPA, la population autochtone comprend la population d’identité autochtone et la population d’ascendance seulement. Même si, comme pour l’EAPA de 2012, la population d’ascendance autochtone seulement ne faisait pas partie de la population cible de l’EAPA de 2017, elle a quand même été échantillonnée dans le Recensement, parce qu’il avait été noté au moment des enquêtes précédentes qu’un peu moins du tiers de la population d’ascendance autochtone seulement du recensement avait déclaré une identité autochtone dans l’EAPA.
Le concept d’identité autochtone de l’EAPA est le même que celui du Recensement, mais celui-ci est défini selon un ensemble de questions légèrement différentes (voir le tableau 1 à la section 2.2).
Recensement de 2016 — 2A-L, question 17
Quelles étaient les origines ethniques ou culturelles des ancêtres de cette personne?
Habituellement, un ancêtre est plus éloigné que les grands-parents.
Par exemple, canadien, anglais, français, chinois, indien de l’Inde, italien, allemand, écossais, cri, mi’kmaq, salish, métis, inuit, philippin, irlandais, hollandais, ukrainien, polonais, portugais, vietnamien, coréen, jamaïquain, grec, iranien, libanais, mexicain, somalien, colombien, etc.
Cette question recueille des données sur les origines ancestrales afin de connaître la diversité de la population du Canada.
- Précisez toutes les origines qui s’appliquent en lettres majuscules.
Recensement de 2016 — 2A-L, question 18
Cette personne est-elle un Autochtone, c’est-à-dire Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord), Métis ou Inuk (Inuit)? Note : Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord) comprend les Indiens avec statut et les Indiens sans statut.
Si « Oui », cochez le ou les cercles qui décrivent le mieux cette personne maintenant.
- Non, pas un Autochtone. Continuez à la question suivante.
- Oui, Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord). Passez à la question 20.
- Oui, Métis. Passez à la question 20.
- Oui, Inuk (Inuit). Passez à la question 20.
Recensement de 2016 — 2A-L, question 20
Cette personne est-elle un Indien avec statut (Indien inscrit ou des traités aux termes de la Loi sur les Indiens du Canada)?
- Non
- Oui, Indien avec statut (Indien inscrit ou des traités)
Recensement de 2016 — 2A-L, question 21
Cette personne est-elle membre d’une Première Nation/bande indienne?
Si « Oui » de quelle Première Nation/bande indienne?
Par exemple, Atikamekw de Manawan, Première Nation de Sturgeon Lake, bande indienne de Musqueam.
- Non
- Oui, membre d’une Première Nation/bande indienne
Précisez le nom de la Première Nation/bande indienne.
3.1.2. Date de référence de l’enquête
Le 15 janvier 2017 a été retenu comme date de référence de l’EAPA. Cette date correspond approximativement au début de la collecte des données de l’enquête. L’âge est établi en fonction de cette date de référence.
3.1.3. Base du Recensement de 2016
L’échantillon de l’EAPA a été tiré à partir de la base de données non contrôlée et non imputée du Recensement de 2016. Il s’agit de la base de données du recensement appelée base de données des réponses (BDR). Avant de sélectionner l’échantillon, l’équipe de méthodologie d’enquête a développé une stratégie de vérification et d’imputation pour traiter les valeurs manquantes aux quatre questions de sélection du recensement ou les variables utilisées lors de la stratification (dont l’âge et certaines variables portant sur l’éducation), de même que pour les personnes présentant certaines caractéristiques qui semblaient incohérentes avec le fait d’être Autochtone.
La première étape du choix de l’échantillon consistait à inclure dans la base de sondage toutes les personnes ayant déclaré une identité ou une ascendance autochtone qui étaient âgées de 15 ans et plus au 15 janvier 2017.
À la deuxième étape, toutes les personnes appartenant aux mêmes ménages que les unités de la base initiale ont été ajoutées à la base. Ces autres personnes ont été conservées dans la base uniquement si leurs réponses aux questions de sélection étaient manquantes et que les caractéristiques des membres du ménage ayant répondu aux questions de sélection indiquaient qu’elles avaient une forte chance d’avoir une identité ou une ascendance autochtone. Ainsi, une personne dont les réponses étaient manquantes aux questions de sélection sur l’identité aurait habituellement été imputée comme ayant une identité autochtone si au moins 50 % des membres du même ménage ayant répondu aux questions de sélection avaient une identité autochtone. De même, une personne n’ayant pas répondu à la question de sélection sur l’ascendance aurait habituellement été imputée comme ayant une ascendance autochtone si au moins 50 % des membres du même ménage ayant répondu à la question de sélection sur l’ascendance avaient une ascendance autochtone.
Il était important de stratifier l’échantillon de l’EAPA de 2017 selon le groupe d’âge (18 à 24 ans, 25 à 54 ans, 55 ans et plus). Des estimations étaient ciblées pour chacun de ces trois groupes. Même si les estimations n’étaient pas précisément ciblées pour les personnes de 15 à 17 ans en date du 15 janvier 2017, celles-ci ont aussi été incluses dans l’échantillon.
Une fois le traitement complété, on a identifié et exclu de la base de sondage les personnes âgées de moins de 15 ans au 15 janvier 2017, celles vivant dans les réserves ou dans certaines communautés du Yukon et des T.N.-O. ainsi que les répondants n’étant plus identifiés comme Autochtones à la suite du traitement des données.
3.2 Plan d’échantillonnage
3.2.1. Domaines d’estimation
Pour être efficace, la stratification doit utiliser des domaines d’estimation. Les domaines d’estimation sont les groupes d’unités pour lesquels des estimations sont ciblées. Dans le cas de l’EAPA, des domaines d’estimation spécifiques à la stratification ont été utilisés. Ces domaines d’estimation correspondaient à des régions géographiques pour lesquelles des estimations d’un niveau de précision « acceptable » étaient visées pour un groupe autochtone en particulier (c’est-à-dire Première Nation, Métis ou Inuit) et un groupe d’âge précis.
Un domaine d’estimation peut être, par exemple, les Métis de l’Alberta âgés de 25 à 54 ans. Lors de la stratification, le groupe autochtone composé des Métis était formé de personnes ayant déclaré une identité métisse unique à la question 18 du Recensement ou, chez les répondants n’ayant pas une identité autochtone (population d’ascendance autochtone seulement), une ascendance métisse unique à la question 17 (avec ou sans ascendance non autochtone). En réalité, les personnes d’ascendance autochtone seulement ne faisaient pas partie de la population cible de l’enquête. Toutefois, celles-ci ont été échantillonnées, car elles avaient une chance relativement importante de déclarer avoir une identité autochtone dans l’enquête comme il est décrit à la sous-section 3.1.1. C’est la raison pour laquelle on parle ici de « domaines d’estimation spécifiques à la stratification » plutôt que de « domaines d’estimation spécifiques à l’enquête ».
Plus précisément, les domaines d’estimation spécifiques à la stratification sont définis par le croisement des variables suivantes :
- Géographie
- Régions inuites
- Hors des régions inuites
- Province ou territoire
- Provinces de l’Atlantique regroupées
- Groupe d’âge
- De 18 à 24 ans
- De 25 à 54 ans
- 55 ans et plus
- Groupe autochtone
- Inuits dans les régions inuites
- Inuits hors des régions inuites (reste du Canada)
- Groupes autochtones (excluant les Inuits) combinés pour le Canada atlantique (hors Nunatsiavut), le Québec (hors Nunavik), le Yukon et les T.N.-O. (hors Inuvialuit)
- Pour l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique
- Première Nation avec statut vivant hors réserve
- Première Nation sans statut vivant hors réserve
- Métis
Voici la façon dont les groupes autochtones ont été définis lors de la stratification en fonction des réponses indiquées dans le Recensement :
- Première Nation avec statut vivant hors réserve — personnes ayant répondu uniquement Première Nation à la question 18 du Recensement, et ayant répondu OUI à la question 20 du Recensement.
- Première Nation sans statut vivant hors réserve — personnes ayant répondu uniquement Première Nation à la question 18 et ayant répondu NON à la question 20, ou personnes n’ayant pas une identité autochtone, mais ayant répondu uniquement Première Nation à la question 17 (avec ou sans ascendance non autochtone).
- Métis seulement — personnes ayant répondu Métis seulement à la question 18 ou personnes n’ayant pas une identité autochtone, mais ayant répondu Métis uniquement à la question 17 (avec ou sans ascendance non autochtone).
- Inuit seulement — personnes ayant répondu Inuit seulement à la question 18, ou personnes n’ayant pas une identité autochtone, mais ayant répondu Inuit uniquement à la question 17 (avec ou sans ascendance non autochtone).
- Groupe autochtone multiple — personnes ayant déclaré plus d’une identité à la question 18 ou personnes n’ayant pas une identité autochtone, mais ayant déclaré plus d’une ascendance autochtone à la question 17 (avec ou sans ascendance non autochtone).
- Indien avec statut ou membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne seulement — personnes ayant répondu OUI à la question 20 ou à la question 21, mais NON à la question 18.
Au Canada atlantique excluant le Nunatsiavut, au Québec excluant le Nunavik, au Yukon et dans les T.N.-O. excluant l’Inuvialuit, le nombre de Métis est généralement trop faible pour produire des estimations distinctes pour les Premières Nations et les Métis selon le groupe d’âge. C’est la raison pour laquelle tous les groupes autochtones (excluant les Inuits) ont été combinés lors de la stratification.
Il importe de souligner que puisque les estimations ciblaient les Inuits hors des régions inuites à l’échelle nationale, un domaine d’estimation a été créé pour ce groupe.
En tout, 72 domaines d’estimation cibles et 60 domaines d’estimation complémentaires ont été créés, soit au total 132 domaines d’estimation. Les domaines d’estimation complémentaires comprenaient des domaines pour lesquels la production d’estimations n’était pas prévue dans le cadre de l’EAPA, mais comportant un groupe particulier qui devait tout de même être représenté dans l’échantillon. Des exemples de domaines d’estimation complémentaires comprennent les non-Inuits vivant dans les régions inuites et les personnes âgées de 15 à 17 ans.
L’objectif pour chaque domaine cible était d’estimer une caractéristique présente pour au moins 10 % des personnes dans le domaine, avec un coefficient de variation (c.v.) donné. Selon la taille des domaines, les valeurs des c.v. ont été fixées à 20 %, 22,5 %, 25 % ou 33 %. Le c.v. est une mesure de précision de l’estimation et est décrit à la section 7.2. La proportion minimale visée est appelée « min-p ». La capacité d’atteindre les c.v. ciblés pour une valeur de min-p donnée dépendait des facteurs suivants :
- la taille de la population;
- le nombre de répondants disponibles au Recensement de 2016;
- le taux de réponse prévu;
- le nombre prévu de faux positifs (personnes ayant déclaré une identité ou une ascendance autochtone dans le recensement, mais sans avoir une identité autochtone selon l’EAPA, soit un type très particulier de répondants qui sont hors de la population cible);
- la perte prévue de l’échantillon en raison de la contrainte de sélection d’au maximum trois personnes par ménage;
- la perte prévue découlant de la réduction du chevauchement avec d’autres enquêtes.
Le tableau ci-dessous présente les c.v. et min-p visés pour chaque domaine d’estimation cible.
| Région | Groupe d’âge | ||
|---|---|---|---|
| 18 à 24 ans (min-p = 10 %) | 25 à 54 ans (min-p = 10 %) | 55 ans et plus (min-p = 10 %) | |
| pourcentage | |||
| Nunatsiavut - Inuit | 25 | 20 | 25 |
| Nunavik - Inuit | 20 | 20 | 20 |
| Inuvialuit - Inuit | 25 | 20 | 25 |
| Nunavut - Inuit | 20 | 20 | 20 |
| Inuits hors Nunangat - Inuit | 20 | 20 | 20 |
| Atlantique hors Nunatsiavut - tousTableau 3 Note 1 | 20 | 20 | 20 |
| Québec hors Nunavik - tousTableau 3 Note 1 | 20 | 20 | 20 |
| Ontario | |||
| Première Nation avec statut | 25 | 25 | 25 |
| Première Nation sans statut | 25 | 25 | 25 |
| Métis | 22,5 | 22,5 | 22,5 |
| Manitoba | |||
| Première Nation avec statut | 25 | 25 | 25 |
| Première Nation sans statut | 33 | 25 | 33 |
| Métis | 22,5 | 22,5 | 22,5 |
| Saskatchewan | |||
| Première Nation avec statut | 25 | 25 | 25 |
| Première Nation sans statut | 33 | 25 | 33 |
| Métis | 22,5 | 22,5 | 22,5 |
| Alberta | |||
| Première Nation avec statut | 25 | 25 | 25 |
| Première Nation sans statut | 25 | 25 | 25 |
| Métis | 22,5 | 22,5 | 22,5 |
| Colombie-Britannique | |||
| Première Nation avec statut | 25 | 25 | 25 |
| Première Nation sans statut | 25 | 25 | 25 |
| Métis | 22,5 | 22,5 | 22,5 |
| Yukon - tousTableau 3 Note 1 | 33 | 25 | 33 |
| T.N.-O. hors Inuvialuit - tousTableau 3 Note 1 | 20 | 20 | 20 |
|
|||
Évidemment, tout regroupement de domaines entraînera des c.v. plus petits. En raison des estimations distinctes pour les Premières Nations avec statut et sans statut vivant dans les provinces de l’Ontario jusqu’à la Colombie-Britannique, des c.v. de 25 % ou de 33 % étaient visés pour ces deux groupes, ce qui devrait produire des c.v. d’environ 20 % pour l’ensemble des Premières Nations. Des c.v. de 22,5 % étaient visés dans le cas des Métis vivant dans les provinces de l’Ontario jusqu’à la Colombie-Britannique.
3.2.2. Stratification
Une stratification permettra de produire des estimations plus précises si les unités sont homogènes à l’intérieur des strates et hétérogènes entre les strates. De plus, il est idéalement souhaitable que les poids d’estimation associés aux répondants de l’enquête soient les plus rapprochés possible à l’intérieur des strates.
Trois variables ont été utilisées pour créer les strates de l’EAPA de 2017 :
- la région associée au type de questionnaire du recensement (2A-L ou 2A-R),
- le fait que le répondant ait rempli lui-même son questionnaire ou qu’il ait répondu pendant le suivi des cas de non-réponse (SCNR) et
- le type d’identification autochtone.
L’une des hypothèses utilisées dans la méthode de répartition de l’échantillon de l’EAPA était que les poids du recensement varieraient le moins possible à l’intérieur d’une strate de l’EAPA. Comme il a été mentionné précédemment, la région associée au type de questionnaire du recensement (2A-L ou 2A-R) et à la méthode de collecte a créé une différence dans les poids du recensement. Dans les régions où le questionnaire 2A-L a été distribué, un échantillon systématique de 1 ménage sur 4 a été tiré. Par contre, dans les régions où le questionnaire 2A-R a été utilisé, le questionnaire a été distribué à tous les ménages.
Les deux autres facteurs pris en compte dans la stratification de l’EAPA, c’est-à-dire le type de répondant du recensement (répondant ayant rempli lui-même son questionnaire ou répondant au SCNR) et le type d’identification autochtone (ascendance autochtone seulement ou identité autochtone), ne sont pas liés à la variabilité des poids du recensement. Il a été important de tenir compte de ces variables comme facteurs de stratification, étant donné que des études antérieures ont démontré que les répondants qui remplissent eux-mêmes leur questionnaire du recensement comportent des caractéristiques différentes de ceux qui répondent pendant le SCNR et, de même, que le groupe d’identité autochtone (ID) et celui d’ascendance autochtone seulement (AS) comportent aussi des caractéristiques très différentes. L’intégration de ces variables dans la stratification fera augmenter l’homogénéité des strates. Par ailleurs, la prise en compte du type d’identification autochtone (AS ou ID) permettra à la répartition de l’échantillon de rendre compte de la probabilité que chaque unité fasse partie de la population cible (avoir une identité autochtone à l’EAPA). À l’échelle nationale, selon les données des enquêtes précédentes, les personnes ayant l’identité autochtone dans le cadre du recensement ont une probabilité d’environ 88 % d’avoir l’identité autochtone à l’EAPA, alors que les personnes ayant l’ascendance autochtone seulement dans le cadre du recensement ont une probabilité d’environ 32 % d’avoir l’identité autochtone à l’EAPA.
En combinant les facteurs « type de questionnaire » (2A-L ou 2A-R), « type de répondant au recensement » (répondant ayant rempli lui-même son questionnaire ou répondant au SCNR) et « type d’identification autochtone » (AS ou ID), on obtenait un maximum de six strates par domaine d’estimation :
- 2A-L, répondant ayant rempli lui-même son questionnaire, AS;
- 2A-L, répondant ayant rempli lui-même son questionnaire, ID;
- 2A-L, répondant au SCNR, AS;
- 2A-L, répondant au SCNR, ID;
- 2A-R, AS;
- 2A-R, ID.
Pour certains domaines comme les Premières Nations avec statut, il n’y avait que trois strates possibles, puisque par définition les personnes incluses avaient une identité autochtone. Il peut également y avoir quelques strates vides, surtout dans les domaines complémentaires. Par exemple, pour une région inuite donnée, il était possible qu’aucune des personnes classées comme ayant une ascendance autochtone seulement n’ait une ascendance autochtone autre qu’inuite.
3.2.3. Plan d’échantillonnage et répartition de l’échantillon
L’échantillon de l’EAPA de 2017 a été sélectionné à partir des répondants au questionnaire détaillé du Recensement de 2016. Ainsi, le plan d’échantillonnage de l’EAPA peut être considéré comme un plan à deux phases, dont la première correspond à l’échantillon des questionnaires détaillés du recensement, et la deuxième, à l’échantillon de l’EAPA.
Une fois la base de sondage élaborée, elle a été stratifiée selon les domaines d’estimation puis sous-stratifiée en fonction du type de questionnaire (2A-L par rapport à 2A-R), du type de répondant au recensement (répondant ayant rempli lui-même son questionnaire par rapport à répondant au SCNR) et du type d’identification autochtone (ID par rapport à AS). Un échantillon aléatoire systématique a par la suite été sélectionné à l’intérieur de chacune des strates, la base ayant été préalablement triée par numéro de ménage et de personne. Cette mesure visait à bien répartir l’échantillon géographiquement à l’intérieur des strates de même qu’à répartir l’échantillon sur le plus grand nombre de ménages possible. Cette procédure était toutefois limitée du fait que les membres d’un même ménage pouvaient se trouver dans des strates différentes.
Une méthode de répartition optimale entre les sous-strates d’un domaine particulier a été utilisée en tenant compte des différentes formes de pertes de taille d’échantillon telles qu’elles sont décrites à la sous-section 3.2.4, de même que de la probabilité de chaque unité d’appartenir à la population cible dans une strate donnée. Cette répartition dépendait, entre autres, des poids du recensement. Il est à noter qu’au moment de faire la répartition, ces poids n’avaient pas encore été calculés. Des poids préliminaires ont donc été calculés pour la répartition seulement. Les poids définitifs calculés par l’équipe de méthodologie travaillant sur les estimations du recensement ont été utilisés lors de la pondération (voir la section 6).
La répartition a d’abord été effectuée dans les domaines cibles de l’enquête. Pour les domaines non ciblés ou complémentaires (p. ex. les non-Inuits des régions inuites ou les personnes de 15 à 17 ans), la taille de l’échantillon dans une strate donnée a été calculée en prenant une fraction de sondage égale ou inférieure à la fraction de sondage de la strate correspondante du domaine cible correspondant. Ces domaines complémentaires devaient être retenus pour couvrir l’ensemble de la population cible, mais ne nécessitaient pas une taille d’échantillon déterminée puisqu’aucune estimation n’était visée pour ces domaines. Pour les groupes autochtones non ciblés tels que les non-Inuits des régions inuites, on a utilisé la même fraction de sondage que pour les Inuits. Dans le cas des personnes de 15 à 17 ans, on a utilisé la moitié de la fraction de sondage des personnes de 18 ans et plus (c’est-à-dire tous les autres groupes d’âge combinés).
Bien qu’on ait prévu sélectionner l’échantillon de l’EAPA de 2017 en une seule vague, un échantillon supplémentaire a été sélectionné à deux autres occasions.
Le premier jour de la collecte, il est apparu que la réserve Whapmagoostui au Nunavik avait été incluse de façon incorrecte dans la base de sondage et que des personnes vivant dans cette réserve avaient été incluses dans l’échantillon de l’EAPA. Ces personnes ont été retirées de la collecte, la base de sondage a été corrigée et tous les calculs de la taille de l’échantillon ont été repris pour le Nunavik. Cela a mené à un échantillon additionnel de 8 personnes sélectionnées au Nunavik pour répondre aux exigences relatives à la taille de l’échantillon.
À mi-chemin de la collecte, il a été noté que de l’Ontario à la Colombie-Britannique, la proportion de l’échantillon sélectionnée parmi les Premières Nations sans statut (taux d’identité autochtone dans l’enquête) était plus faible que prévu, particulièrement pour les personnes qui étaient d’ascendance autochtone seulement dans le recensement. Par conséquent, il a été décidé de sélectionner un échantillon supplémentaire.
Pour calculer la taille de l’échantillon supplémentaire, les taux d’identité autochtone de l’enquête ont été passés en revue pour les Premières Nations sans statut de l’Ontario à la Colombie-Britannique, à partir des résultats observés pendant la collecte. La même méthode de répartition a ensuite été utilisée afin de déterminer de nouvelles tailles d’échantillon. La différence entre cette taille d’échantillon et la taille de l’échantillon initial correspond à la taille de l’échantillon supplémentaire. Ce dernier comprenait au total 822 personnes de plus.
L’échantillon initial de l’EAPA comprenait 42 815 personnes dans l’ensemble du Canada. Après la sélection des deux échantillons additionnels, l’échantillon total de l’EAPA comprenait 43 645 personnes.
3.2.4. Ajustements de la taille de l’échantillon
Probabilité d’appartenir à la population cible
Selon les itérations précédentes de l’enquête, 88 % des personnes ayant déclaré une identité autochtone dans le cadre du recensement ont déclaré une identité autochtone à l’EAPA, et 32 % des personnes ayant déclaré une ascendance autochtone seulement au recensement ont déclaré une identité autochtone dans le cadre de l’EAPA. Il était attendu que les probabilités d’appartenance à la population cible en 2017 soient inférieures à celles de 2012. C’est pourquoi les probabilités d’appartenir à la population cible de 2017 ont été ajustées à la baisse, et ce, en multipliant les chiffres de 2012 par 95 % pour les strates d’ascendance autochtone seulement du recensement et pour les strates d’identité autochtone du recensement.
Taux de réponse
Les taux de réponse de l’EAPA de 2012 ont été utilisés pour répartir l’échantillon de l’EAPA de 2017. À titre préventif, ces taux ont été réduits en les multipliant par un facteur d’ajustement de 90 %. Mentionnons que le fait d’augmenter la taille de l’échantillon en fonction d’un taux de réponse prévu constitue une mesure de protection visant à diminuer l’erreur d’échantillonnage. Toutefois, cela ne permet pas de réduire le biais de non-réponse, un type particulier d’erreur non due à l’échantillonnage (voir la section 7.3). Il est évidemment préférable d’obtenir un taux de réponse élevé pour un plus petit échantillon que d’obtenir un taux de réponse plus faible pour un échantillon plus grand.
Ménages comprenant plus de trois membres sélectionnés
Étant donné que l’unité d’échantillonnage était la personne et non le ménage, plusieurs membres d’un même ménage pouvaient faire partie de l’échantillon. Afin de limiter le fardeau de réponse, l’une des contraintes imposées pendant la collecte était de ne pas sélectionner plus de trois personnes par ménage. Pour estimer cette perte, on a tiré des échantillons préliminaires et calculé le nombre moyen de personnes qui auraient été exclues en raison de cette contrainte. La perte relative obtenue a été multipliée par 1,1 pour chaque combinaison de domaines et de strates et a été incorporée au facteur d’ajustement de la taille de l’échantillon.
Chevauchement avec d’autres enquêtes
La période de collecte des données de l’EAPA chevauchait celle de plusieurs autres enquêtes menées par Statistique Canada. On considère généralement qu’une personne qui a été contactée pour répondre à une enquête est moins susceptible d’accepter d’y participer si elle vient tout juste d’être interviewée pour une autre enquête. En vue de compenser cette perte éventuelle, la taille totale de l’échantillon a été augmentée d’environ 5 % de façon uniforme. Parmi les enquêtes qui se chevauchaient, plusieurs couvraient aussi les territoires où la population autochtone représente une fraction élevée de la population totale. Les possibilités de chevauchement entre les différentes enquêtes étaient donc plus élevées dans les territoires. Une attention particulière a été accordée à ce sujet afin de réduire le plus possible le chevauchement et, implicitement, le fardeau potentiel imposé aux répondants. Le chevauchement dans les territoires a été étudié pourl’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), l’Enquête sur la population active (EPA) et l’Enquête sur les dépenses des ménages (EMD), et des mesures ont été prises afin de réduire le fardeau de réponse lorsque c’était possible.
Par exemple, le chevauchement avec l’ESCC était particulièrement préoccupant. Certaines questions relatives à la santé de l’EAPA sont directement tirées du questionnaire de l’ESCC, y compris plusieurs questions de nature délicate relatives à la santé mentale. Aucune mesure n’a été prise pour les interviews de l’ESCC menées avant et après la période de collecte initiale de l’EAPA, soit avant janvier 2017 et après juin 2017. Par contre, le chevauchement identifiable des ménages devant être interviewés de janvier à juin 2017 dans le cadre de l’ESCC a été éliminé. Les ménages sélectionnés dans le cadre de l’ESCC de janvier à juin et ayant répondu au questionnaire détaillé du recensement ont été exclus de la base de sondage de l’EAPA. À l’intérieur de chaque communauté couverte par l’ESCC, les poids des autres ménages ayant reçu le questionnaire détaillé ont été ajustés de sorte à représenter tous les ménages de la communauté. Puisque ces ménages ont été exclus de la base de sondage de l’EAPA, ils n’avaient donc aucune chance d’être choisis.
3.3 Taille de l’échantillon et taux de réponse
L’échantillon final de l’EAPA de 2017 comprenait en tout 43 645 unités, dont 405 qui n’ont pas été envoyées à la collecte (voir la section 6.2). La répartition des 43 240 unités échantillonnées selon le domaine géographique et les taux de réponse correspondants sont présentés dans le tableau 4.
Le taux de réponse est défini comme étant le nombre de répondants admissibles divisé par le nombre d’unités admissibles dans l’échantillon. Les personnes demeurant à l’extérieur du Canada ou vivant en établissement au moment de la tenue de l’enquête ainsi que celles qui étaient âgées de moins de 15 ans au 15 janvier 2017 sont des exemples d’unités inadmissibles dans le cadre de l’EAPA.
Deux définitions d’unités admissibles ont été utilisées dans le cadre de l’EAPA.Dans la première définition, les personnes n’ayant pas déclaré d’identité autochtone dans le cadre de l’EAPA étaient considérées comme inadmissibles (en plus des autres types d’unités inadmissibles). Dans la seconde définition, ces personnes étaient considérées comme admissibles et faisaient partie des répondants. En effet, ces personnes ont accepté de participer à l’enquête et ont répondu à toutes les questions qui leur ont été posées, c’est-à-dire les questions filtres visant à déterminer s’ils avaient ou non une identité autochtone.
Ces deux définitions d’unités admissibles et de répondants donnent donc lieu à deux façons de mesurer le taux de réponse. Le premier taux de réponse (70,1 %) est généralement celui qui est utilisé au moment de la collecte. Il s’agit du taux de réponse établi en fonction des unités échantillonnées qui font partie de la population ayant déclaré une identité autochtone dans le cadre de l’EAPA. Le second taux de réponse (76,0 %) est celui dont se sert l’équipe de méthodologie; il correspond davantage au taux de réponse établi en fonction de l’ensemble des unités échantillonnées (avec certaines exclusions). Bien sûr, dans les deux cas, les unités non répondantes ne peuvent pas toujours être définies comme étant « admissibles » ou « inadmissibles ». La probabilité de déclaration d’une identité autochtone à l’EAPA diffère considérablement selon que les répondants aient déclaré une identité autochtone ou une ascendance autochtone seulement dans le cadre du recensement. Par conséquent, le taux de réponse utilisé durant la collecte est très influencé par la répartition des unités de l’échantillon entre ces deux groupes, ce qui n’est pas le cas pour le taux de réponse utilisé par l’équipe de méthodologie. Dans les régions inuites, comme la plupart des répondants ont une identité autochtone, les deux taux de réponse sont très semblables, ce qui n’est pas le cas dans les autres régions. La différence maximale entre les deux taux est observée au Québec excluant le Nunavik. Dans cette région, la population d’ascendance autochtone seulement représente une proportion importante de la population autochtone totale et, selon les EAPA passées, les probabilités pour les répondants de l’enquête d’avoir une identité autochtone sont les plus faibles au pays, peu importe si la personne est considérée comme d’ascendance autochtone seulement ou comme ayant une identité autochtone dans le recensement.
| Domaine géographique | Total | Admissibles 1Tableau 4 Note 1 | Admissibles 2Tableau 4 Note 2 | Répondants 1Tableau 4 Note 3 | Répondants 2Tableau 4 Note 4 | Taux de réponse 1Tableau 4 Note 5 | Taux de réponse 2Tableau 4 Note 6 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| nombre d’unités | pourcentage | ||||||
| Nunatsiavut | 715 | 692 | 701 | 618 | 627 | 89,3 | 89,4 |
| Nunavik | 1 275 | 1 210 | 1 220 | 1 029 | 1 039 | 85,0 | 85,2 |
| Inuvialuit | 1 155 | 1 131 | 1 142 | 909 | 920 | 80,4 | 80,6 |
| Nunavut | 1 494 | 1 437 | 1 453 | 1 222 | 1 238 | 85,0 | 85,2 |
| Inuit Nunangat (total) | 4 639 | 4 470 | 4 516 | 3 778 | 3 824 | 84,5 | 84,7 |
| Atlantique, excluant le Nunatsiavut | 3 384 | 2 533 | 3 340 | 2 011 | 2 818 | 79,4 | 84,4 |
| Québec, excluant le Nunavik | 4 856 | 2 644 | 4 817 | 1 979 | 4 152 | 74,8 | 86,2 |
| Ontario | 6 973 | 5 126 | 6 887 | 3 519 | 5 280 | 68,7 | 76,7 |
| Manitoba | 4 837 | 4 103 | 4 740 | 2 597 | 3 234 | 63,3 | 68,2 |
| Saskatchewan | 4 429 | 3 718 | 4 315 | 2 270 | 2 867 | 61,1 | 66,4 |
| Alberta | 5 732 | 4 532 | 5 666 | 2 949 | 4 083 | 65,1 | 72,1 |
| Colombie-Britannique | 5 941 | 4 794 | 5 870 | 3 110 | 4 186 | 64,9 | 71,3 |
| Yukon | 954 | 855 | 934 | 635 | 714 | 74,3 | 76,4 |
| T.N.-O., excluant l’Inuvialuit | 1 495 | 1 401 | 1 471 | 1 098 | 1 168 | 78,4 | 79,4 |
| Reste du Canada (total) | 38 601 | 29 706 | 38 040 | 20 168 | 28 502 | 67,9 | 74,9 |
| Canada (total) | 43 240 | 34 176 | 42 556 | 23 946 | 32 326 | 70,1 | 76,0 |
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