Modèles spatiaux bayésiens pour l’estimation des moyennes pour petites régions échantillonnées et non échantillonnées
Section 6. Conclusions
Dans le présent article, nous avons suivi une approche bayésienne pour
étudier quatre modèles spatiaux à effets aléatoires comme solutions de rechange
au modèle indépendant de Fay-Herriot pour estimer les moyennes de petites
régions. En particulier, nous avons examiné quatre modèles spatiaux avec
différentes structures d’autocorrélation. Nous avons élargi les modèles
spatiaux afin de permettre la présence de multiples petites régions sans
estimations directes pour prédire les moyennes de petites régions pour toutes
les régions. Pour une classe de distributions a priori non informatives, nous avons établi la pertinence des
densités a posteriori des
modèles proposés pour les deux configurations.
Une étude de simulation à la section 4 montre que l’exactitude des
prévisions peut être grandement améliorée si l’on tient compte des modèles
spatiaux lorsque des covariables efficaces ne sont pas disponibles. Datta, Hall
et Mandal (2011) ont souligné que l’exactitude des prévisions des modèles
d’estimation sur petites régions dépend en grande partie de la disponibilité de
bonnes covariables. Autrement dit, lorsque des covariables appropriées ne sont
pas disponibles, le modèle indépendant de Fay-Herriot pourrait ne pas offrir un
avantage important par rapport aux estimations directes. Les résultats de la
simulation ont indiqué que, dans de tels cas, les modèles spatiaux permettent
d’augmenter considérablement la précision des prédictions en exploitant
l’information provenant de régions adjacentes.
Nous avons appliqué les modèles spatiaux à effets aléatoires proposés
pour estimer le revenu médian familial de quatre personnes. Même en présence
d’une bonne covariable, les modèles spatiaux ont montré des améliorations
notables quant à l’écart quadratique moyen et aux écarts-types moyens a posteriori. Lorsqu’une bonne
covariable n’est pas disponible, les modèles spatiaux fournissent des
prédictions du revenu médian beaucoup plus précises ayant une variabilité
beaucoup plus faible, ce qui concorde avec les résultats de la simulation. De
plus, les modèles SAR et LCAR fournissent des estimations plus précises sur
petites régions lorsque les estimations directes de certains États sont exclues
dans l’ajustement du modèle.
En résumé, les modèles spatiaux examinés dans le présent article donnent
de meilleurs résultats que le modèle indépendant de Fay-Herriot. On peut
s’attendre à une amélioration importante lorsque des covariables efficaces ne
sont pas disponibles. Comme les covariables utiles ne sont pas toujours
disponibles, l’utilité des modèles proposés pour l’estimation sur petites
régions peut être substantielle. Notre étude de simulation et notre analyse de
données réelles ne montrent aucun gagnant clair parmi les modèles proposés.
Néanmoins, les modèles SAR et LCAR montrent une meilleure performance que
d’autres modèles spatiaux. De plus, le modèle LCAR fonctionne très bien avec
des données simulées issues du modèle SAR et des données réelles dont la
dépendance spatiale est inconnue. Par conséquent, dans le contexte
d’applications réelles où la véritable dépendance est inconnue, nous
recommandons le modèle LCAR.
Les travaux de la présente étude supposent que toutes les régions
comptent au moins un quartier. Dans les applications réelles, cependant, il y a
de nombreuses situations où les données contiennent de petites régions sans
quartiers (régions autonomes). Bien que les modèles proposés puissent prendre
en compte des régions autonomes en ajustant les entrées diagonales des matrices
de précision comme dans Brown, Datta et Lazar (2017), nous constatons que cette
approche donne lieu à une distribution a priori
contre-intuitive, quand les régions autonomes ont des variances a priori des effets aléatoires plus
petites que les régions comptant des quartiers. De plus, nous constatons que cette
distribution a priori peut
considérablement altérer les prédictions des régions autonomes. C’est un
problème important dans la pratique, car de nombreux pays ont des îles; il
s’agira peut-être de notre prochain filon de recherche.
Avis de non-responsabilité et remerciements
Le présent rapport vise à informer les parties intéressées des travaux
de recherche en cours et à favoriser la discussion. Les opinions exprimées sur
les questions statistiques, méthodologiques, techniques ou opérationnelles sont
celles des auteurs et non celles du U.S. Census Bureau ou de l’université de
Géorgie. Les auteurs tiennent à remercier William R. Bell pour ses
commentaires judicieux au sujet d’une version antérieure de ces travaux qui ont
mené à l’amélioration du manuscrit.
Annexe
A. Preuve
de la fonction de densité de probabilité a posteriori
Preuve du théorème 1. Pour des raisons de commodité, nous désignons par et, pour une matrice quadratique
donnée le déterminant de est indiqué par Nous utilisons pour désigner une constante
positive générique, indépendante des variables que nous intégrons.
Supposons que est le nombre de petites régions sans
estimation directe et supposons que De plus, supposons que est le vecteur comptant des estimations directes des petites
régions échantillonnées. Sans perte de généralité, nous supposons que sont disposés de sorte que Supposons que est la matrice diagonale avec variances
d’échantillonnage correspondant aux composantes de et
La fonction de densité de probablité (fdp) mixte de et est donnée par :
où est la fdp normale comportant une
moyenne et une matrice de covariance La fdp a posteriori sera adéquate si et seulement si
la fonction est intégrable relativement à et Puisque :
nous avons, selon (A.1) :
où En intégrant les deux côtés de
(A.2) relativement à nous obtenons :
Subdivisons en tant que où est et est Nous supposons que la ligne Supposons que et
Alors nous pouvons utiliser la notation :
où est est Donc, l’équation (A.3) peut être
formulée comme suit :
En intégrant les deux côtés de (A.4) relativement à nous obtenons :
Puisque la ligne il s’ensuit immédiatement que la
ligne Par conséquent, est dite « de plein rangcolonne ». Nous indiquons par Pour nous établissons maintenant les
limites supérieures pour :
qui pourront être intégrables relativement à et comme suit.
A.1 Renseignements
sur le modèle autorégressif conditionnel simple (SCAR)
Prenons d’abord le modèle CAR où Supposons que est une matrice orthogonale, de sorte que Alors et donc,
où et Supposons que les lignes de correspondant à des indices distincts sont linéairement indépendantes.
Nous désignons ces lignes par Supposons que est la matrice non singulaire et que Il convient de souligner que
Ainsi, nous obtenons :
où est une constante adéquatement
finie. De plus, nous savons que
Suivant (A.6) et (A.7) nous obtenons :
pour tout nombre positif Il ne faut pas oublier que Nous savons que est une valeur propre de Donc, pour pour De plus, Cela suppose que En suite, suivant (A.8), nous
obtenons :
Suivant (A.5) et (A.9), il s’ensuit que, dans les conditions établies
par le théorème, l’intégrale désirée est finie.
A.2 Renseignements
sur le modèle autorégressif simultané (SAR)
Prenons maintenant pour le modèle SAR. Suivant nous avons :
D’abord, puisque et
Il convient de souligner que les valeurs propres de sont toutes réelles (car est symétrique). De plus, et ont des valeurs propres identiques. Étant une
matrice stochastique, a au moins une valeur propre qui est 1 et les
valeurs propres restantes ont une borne supérieure égale à 1, c’est-à-dire que et Comme et Ainsi, les valeurs propres de sont positives, et elles ont une borne
supérieure égale à Supposons que et où Alors et ont une borne supérieure. Si l’on écrit :
nous avons :
Supposons que est la matrice des vecteurs
propres de de sorte que nous avons aussi :
où et forment un sous-ensemble de de telle sorte que la matrice une sous-matrice de est non singulaire. Il convient
de mentionner que est déterminé par En utilisant (A.11), nous
obtenons :
Suivant (A.10) et (A.12), nous obtenons :
où nous nous appuyons sur le fait que et que pour faire valoir que Suivant (A.5) et (A.13), nous
procédons donc comme nous l’avons fait pour le modèle CAR, c’est-à-dire que
l’intégrale désirée est finie dans les
conditions du théorème.
A.3 Renseignements
sur le modèle autorégressif conditionnel (CAR)
Prenons maintenant pour le modèle autorégressif intrinsèque
(IAR), où :
Soit Alors :
où En procédant de la même façon que
dans (A.11), nous obtenons ceci :
Encore une fois, comme nous l’avons fait pour les deux cas précédents,
nous pouvons utiliser (A.14) et (A.15) pour établir que l’intégrale désirée est
finie dans les conditions énoncées dans le théorème.
A.4 Renseignements
sur le modèle autorégressif conditionnel de Leroux (LCAR)
Enfin, nous considérons où pour le cas LCAR nous avons :
Supposons que sont les valeurs propres de et que est une matrice orthogonale de
sorte que Étant donné que est une matrice définie non
négative, et ce qui suppose que sont tous compris entre 0 et Alors on peut écrire :
et prétendre que pour les valeurs propres de sont toutes positives et
possèdent une borne supérieure égale à Ensuite, étant donné et nous pouvons établir une
inégalité similaire à (A.11). Il convient de mentionner que la matrice non
singulière est une sous-matrice de et est exempte de Le caractère limitatif des
valeurs propres de entraînera une inégalité
semblable à (A.14). Enfin, nous obtenons l’intégrale désirée qui est finie dans
les conditions du théorème.
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Article accessible à l’adresse
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