Modèles spatiaux bayésiens pour l’estimation des moyennes pour petites régions échantillonnées et non échantillonnées
Section 4. Étude par simulations
Dans la présente section, nous comparons les performances de prédiction
du modèle FH à effets aléatoires indépendants et des quatre modèles spatiaux en
l’absence de covariables informatives ayant de multiples régions non
échantillonnées. À l’exclusion d’Hawaï et de l’Alaska, nous prenons en compte
les États contigus des États-Unis, y compris le
District de Columbia. Pour évaluer la qualité de la prédiction en l’absence
d’estimations directes, nous ne simulons pas d’estimations directes de États choisis au hasard. Ces régions sont le Delaware, le
Massachusetts, le Michigan, le Nebraska, le Rhode Island, le Dakota du Sud et
le Texas. Il en résulte
régions qui ont des estimations directes.
Pour rendre les contextes de simulation réalistes, nous reproduisons les
données de 1989 sur le revenu médian familial de quatre personnes (revenu
médian) décrites à la section 5. Nous générons des ensembles de données
répétés de façon à ce que les valeurs I de Moran pour chaque moyenne de
petite région répétée, soient approximativement centrées autour de
0,44, soit la valeur I de Moran pour le revenu médian du recensement de
1990. Les estimations directes sont générées à l’aide des variances
d’échantillonnage des estimations de la Current Population
Survey (CPS) de 1990. Ces variances d’échantillonnage de petites régions
échantillonnées vont de 1,95 à 25,03 et la moyenne est de 9,08, lorsque les
montants en dollars sont mis à l’échelle de 1 000 $. Pour chaque
paramètre, nous considérons ensembles de données répétés.
Génération de données : Supposons que et que Nous établissons que 0,85 et et nous considérons deux
covariables indépendantes et avec une dépendance spatiale SAR,
c’est-à-dire Ensuite, nous supposons que et nous générons des moyennes de
petites régions et des estimations directes à partir du modèle FH à effets
aléatoires indépendants suivant :
où les composantes de et correspondent aux petites régions échantillonnées,
tel que nous l’avons défini dans l’équation (2.13) ci-dessous. La covariable introduit un schéma spatial plus
fort (plus faible) par rapport aux et par conséquent, nous appelons la covariable forte (faible). Les
valeurs I de Moran pour 100 petites régions répétées vont de 0,115 à
0,713, et la moyenne est de 0,449.
Nous considérons deux cadres de covariables différents pour examiner la
façon dont les modèles spatiaux peuvent saisir la variabilité supplémentaire
introduite par la dépendance spatiale à partir d’une covariable manquante,
c’est-à-dire et où représente le vecteur à composantes des valeurs 1. L’exclusion
des covariables du modèle ajusté laissera la variation spatiale de cette
covariable au niveau résiduel. Nous ne considérons pas que le modèle complet
comprend les deux covariables, puisque ce modèle permettra de cerner pleinement
et ne laissera aucune variabilité spatiale
inexpliquée; par conséquent, le modèle FH à effets aléatoires indépendants sera
suffisant pour bien saisir la variabilité des effets aléatoires i.i.d.
Simulations
a posteriori : Pour tous les modèles
proposés, des échantillons indépendants a posteriori
peuvent être obtenus au moyen du plan d’échantillonnage de rejet décrit à la
section 3. La procédure d’échantillonnage commence par l’échantillonnage
de rejet de la distribution marginale a posteriori
de et se poursuit par des
échantillonnages successifs du reste des paramètres issus des distributions
conditionnelles a posteriori.
Cependant, lorsque la densité marginale a posteriori
de est concentrée au niveau ou
autour des limites de une loi instrumentale doit être
soigneusement définie pour avoir un taux d’acceptation suffisamment élevé, ce
qui peut nécessiter une spécification adaptative d’une loi instrumentale pour
chaque ensemble de données répété. Pour éviter de telles difficultés, nous
utilisons l’algorithme Monte Carlo hamiltonien avec le progiciel rstan en R (Stan Development Team, 2018). Nous adaptons le modèle HB (2.11) à
(2.13) à chaque combinaison de covariables pour Pour chaque modèle, nous
utilisons quatre chaînes Monte Carlo hamiltoniennes parallèles (échantillonneur
sans demi-tour) pour 2 500 itérations après 5 000 itérations de
rodage. Nous conservons chaque dixième itération et concaténons les quatre
chaînes pour obtenir un échantillon a posteriori
d’une taille de 10 000. Les codes R qui mettent en œuvre l’étape
d’échantillonnage de rejet décrite à la section 3 et les modèles stan sont
disponibles à l’adresse https://github.com/heech31/spatial_sae.
Mesures de la
performance : Au moyen de l’échantillon a posteriori pour chaque modèle,
nous prédisons le vrai vecteur de moyenne sur petites régions, du ensemble de données répété en
utilisant la moyenne a posteriori,
que nous désignons par Supposons que est un sous-ensemble de qui est déterminé uniquement par
les indices de petites régions échantillonnées ou non échantillonnées. Pour un
sous-ensemble donné nous calculons l’erreur
quadratique moyenne de prédiction, où est le nombre de régions dans Nous calculons ensuite sur répétitions pour calculer la
moyenne empirique de l’erreur quadratique moyenne de prédiction (meEQMP),
où :
Nous évaluons également l’incertitude des prévisions à l’aide de
l’écart-type moyen a posteriori
(ETMP) défini comme où est l’écart-type a posteriori de En établissant le modèle FH à effets
aléatoires indépendants comme modèle de référence, nous considérons les ratios
suivants :
où l’indice indique que la quantité est
calculée à partir de l’échantillon a posteriori
selon le modèle. Ces ratios mesurent les
améliorations de la meEQMP et de l’ETMP obtenues en adaptant un modèle spatial
au modèle FH à effets aléatoires indépendants. Un rapport inférieur à 1 indique
la supériorité du modèle spatial, sinon le modèle FH à effets aléatoires
indépendants est meilleur. Plus le rapport est petit, plus le modèle spatial
est supérieur.
Comparaison de modèles : Divers graphiques à la figure 4.1 résument les ratios lorsque la
covariable forte est exclue des modèles ajustés.
Nous classons en trois groupes les ratios meEQMP et ETMP selon chaque
répétition, en fonction des valeurs I de Moran des c’est-à-dire les tiers inférieur,
intermédiaire et supérieur, respectivement. La première ligne résume les
résultats des prévisions pour les sept régions non échantillonnées. Comme
prévu, les modèles spatiaux montrent une amélioration remarquable de la meEQMP
et de l’ETMP; les améliorations sont plus importantes lorsque les
valeurs I de Moran sont plus élevées. En ce qui concerne la meEQMP, les modèles
SAR et LCAR produisent au moins 20 %, 30 % et 50 % de
prédictions plus précises lorsque les valeurs I de Moran se trouvent dans
le premier, le deuxième et le troisième groupe, respectivement. Pour ce qui est
de l’incertitude de prédiction, les prédictions des modèles SAR et LCAR ont un
ETMP 10 % inférieur pour le premier et le deuxième groupe. Dans le
troisième groupe, le modèle SAR montre une réduction de l’ETMP de plus de
25 %.

Description de la figure 4.1
Figure comparant les modèles à l’aide de ratios de la moyenne empirique de l’erreur quadratique moyenne de prédiction (meEQMP) (graphiques à gauche) et de l’écart-type moyen a posteriori (ETMP) (graphiques à droite) pour les prédictions avec la covariable faible
lorsque la covariable forte
est exclue des modèles ajustés (SAR en rouge, SCAR en vert, CAR en bleu et LCAR en mauve). Une barre verticale plus courte que 1 représente une meilleure meEQMP (plus petite) ou un meilleur ETMP (plus petit) pour le modèle correspondant par rapport au modèle Fay-Herriot (FH) à effets aléatoires indépendants. Selon chaque répétition, les ratios meEQMP et ETMP sont classés en trois groupes, en fonction des valeurs I de Moran des
c’est-à-dire les tiers inférieur (0,115; 0,405), intermédiaire (0,405; 0,508) et supérieur (0,508; 0,713), respectivement. Les graphiques au-dessus présentent les résultats des prévisions pour les sept régions non échantillonnées. Les graphiques en-dessous présentent les résultats des régions échantillonnées ayant des estimations directes. Les modèles spatiaux montrent une amélioration remarquable de la meEQMP et de l’ETMP; les améliorations sont plus importantes lorsque les valeurs I de Moran sont plus élevées.
Pour les régions échantillonnées ayant des estimations directes, les
améliorations de la meEQMP sont inférieures à 10 % pour le premier groupe,
mais supérieures à 15 % et à 25 % pour les deuxième et troisième
groupes (regroupés selon les valeurs I de Moran), respectivement. De plus,
les prévisions des modèles spatiaux ont un niveau d’incertitude plus faible, et
pour le troisième groupe, les prévisions des modèles SAR ont un ETMP inférieur
de plus de 10 %.
De même, divers graphiques de la figure 4.2 résument les ratios
lorsque la covariable faible est exclue des modèles ajustés. En général,
les modèles spatiaux continuent de générer de meilleures prédictions par
rapport au modèle FH à effets aléatoires indépendants. Le modèle LCAR donne la
meilleure performance globale pour les sept régions non échantillonnées, ce qui
se traduit par une réduction de plus de 10 % de la meEQMP pour le premier
et le deuxième groupe, respectivement, et d’environ 25 % pour le troisième
groupe. Pour ce qui est de l’incertitude, les modèles spatiaux montrent un ETMP
inférieur de plus de 5 %, mais de moins de 10 %. Pour les petites
régions échantillonnées, les modèles SAR et LCAR montrent une réduction de la
meEQMP d’environ 5 % à 13 %, mais les réductions de l’ETMP sont
inférieures à 5 %. Contrairement aux résultats précédents comportant une
covariable faible, les améliorations apportées à la meEQMP et à l’ETMP sont
comparables dans trois groupes qui sont classés selon les valeurs I de
Moran. Ceci est dû au fait que les valeurs I de Moran pour les moyennes de
petites régions sont principalement déterminées par la covariable forte, et une
fois que celle-ci est présente dans le modèle pour expliquer la variabilité
spatiale, la variabilité spatiale des résidus ne varie pas de façon marquée
entre les trois groupes. Nous regroupons les ratios en fonction des
valeurs I de Moran pour les résidus obtenus par régression de la
covariable forte sur les moyennes de petites régions, et nous résumons les
ratios à la figure 4.3. Dans le cadre de cette catégorisation, le modèle
LCAR présente la meilleure performance, montrant des réductions de 5 %,
10 % et 15 % de la meEQMP pour le premier, le deuxième et le
troisième groupe, respectivement. On peut aussi voir que plus la valeur I
de Moran est grande, plus les modèles spatiaux permettent des améliorations.

Description de la figure 4.2
Figure comparant les modèles à l’aide de ratios de la moyenne empirique de l’erreur quadratique moyenne de prédiction (meEQMP) (graphiques à gauche) et de l’écart-type moyen a posteriori (ETMP) (graphiques à droite) pour les prédictions avec la covariable forte
lorsque la covariable faible
est exclue des modèles ajustés (SAR en rouge, SCAR en vert, CAR en bleu et LCAR en mauve). Une barre verticale plus courte que 1 représente une meilleure meEQMP (plus petite) ou un meilleur ETMP (plus petit) pour le modèle correspondant par rapport au modèle Fay-Herriot (FH) à effets aléatoires indépendants. Selon chaque répétition, les ratios meEQMP et ETMP sont classés en trois groupes, en fonction des valeurs I de Moran des
c’est-à-dire les tiers inférieur (0,115; 0,405), intermédiaire (0,405; 0,508) et supérieur (0,508; 0,713), respectivement. Les graphiques au-dessus présentent les résultats des prévisions pour les sept régions non échantillonnées. Les graphiques en-dessous présentent les résultats des régions échantillonnées ayant des estimations directes. En général, les modèles spatiaux continuent de générer de meilleures prédictions par rapport au modèle FH à effets aléatoires indépendants.

Description de la figure 4.3
Figure comparant les modèles à l’aide de ratios de la moyenne empirique de l’erreur quadratique moyenne de prédiction (meEQMP) (graphiques à gauche) et de l’écart-type moyen a posteriori (ETMP) (graphiques à droite) pour les prédictions avec la covariable forte lorsque la covariable faible
est exclue des modèles ajustés (SAR en rouge, SCAR en vert, CAR en bleu et LCAR en mauve). Une barre verticale plus courte que 1 représente une meilleure meEQMP (plus petite) ou un meilleur ETMP (plus petit) pour le modèle correspondant par rapport au modèle Fay-Herriot (FH) à effets aléatoires indépendants. Selon chaque répétition, les ratios meEQMP et ETMP sont classés en trois groupes, selon la valeur I de Moran pour les résidus, où les résidus sont obtenus par régression de la covariable forte sur les moyennes de petites régions, c’est-à-dire les tiers inférieur (0,052; 0,238), intermédiaire (0,238; 0,374) et supérieur (0,374; 0,55), respectivement. Les graphiques au-dessus présentent les résultats des prévisions pour les sept régions non échantillonnées. Les graphiques en-dessous présentent les résultats des régions échantillonnées ayant des estimations directes. Dans le cadre de cette catégorisation, plus la valeur I de Moran est grande, plus les modèles spatiaux permettent des améliorations.
ISSN : 1712-5685
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