Modèles spatiaux bayésiens pour l’estimation des moyennes pour petites régions échantillonnées et non échantillonnées
Section 2. Certaines options spatiales en remplacement du modèle Fay-Herriot à effets aléatoires indépendants
2.1 Intégration des effets spatiaux aléatoires
Soit le vecteur à composantes avec les estimations directes de petites régions, et soit la matrice diagonale avec les variances d’échantillonnage des
estimations directes. Nous désignons par le vecteur à composantes des moyennes de petites régions.
De plus, supposons que est le vecteur à composantes des variables auxiliaires (y
compris le terme d’ordonnée à l’origine) pour la petite région, et que
Un cas particulier du modèle HB donné en (1.2)
à (1.4) peut s’exprimer comme suit :
où est le vecteur du coefficient de
régression à composantes, est la variance de l’erreur du
modèle et est la matrice d’identité d’ordre
La distribution a priori uniforme (2.3) sur les
paramètres du modèle est un précédent non informatif largement utilisé, et la
fdp a posteriori qui en résulte
est adéquate, à condition que Voir Berger (1985) et Datta et
Smith (2003) pour obtenir une analyse détaillée.
Le modèle (2.2) suppose que sont répartis indépendamment sur les petites
régions avec une variance des effets aléatoires communs de Toutefois, dans de nombreux problèmes
d’estimation sur petites régions, la caractéristique de la région d’intérêt est
étroitement liée à des facteurs géographiques comme la taille de la population,
l’ethnicité, le groupe d’âge et le niveau de scolarité. Lorsque les covariables
disponibles n’expliquent pas entièrement cette association spatiale, les
hypothèses d’indépendance et de variance égale des effets aléatoires échouent,
et l’inférence fondée sur le modèle hiérarchique indiqué en (2.1) à (2.3) peut générer
des estimations non fiables, ce qui entraîne des décisions erronées. La
figure 2.1 illustre les associations spatiales du revenu médian des
familles de quatre personnes issues du recensement de 1990 (à l’échelle de
1 000 $) pour États des États-Unis, y compris le District de
Columbia. Les données simulées ayant la même valeur I de Moran sont également
affichées à des fins de comparaison, où la valeur I de Moran est une mesure
d’autocorrélation spatiale. Les données simulées sont générées selon le modèle autorégressif simultané (SAR pour simultaneous autoregressive en anglais)
(défini ci-dessous), 0,8
correspondant à l’emplacement et à l’échelle des données du recensement. Les
deux volets montrent l’existence d’une dépendance spatiale dans le revenu
médian des familles de quatre personnes du recensement de 1990. En pratique,
les covariables capables de rendre compte pleinement de la variation spatiale
existante ne sont pas toujours disponibles, et le problème peut être exacerbé
s’il existe des variables cachées, car elles introduisent une variabilité
supplémentaire qui ne peut être expliquée par les effets aléatoires
indépendants et identiquement distribués (i.i.d.).

Description de la figure 2.1
Figure illustrant les associations spatiales du revenu médian des familles de quatre personnes pour 49 États des États-Unis, y compris le District de Columbia, issues du recensement de 1990 (à gauche) et de données simulées (à droite). Les légendes à droite de chaque figure indiquent le code de couleur par tranche de revenu médian à l’échelle de 1 000 $. Les deux figures montrent l’existence d’une dépendance spatiale dans le revenu médian des familles de quatre personnes du recensement de 1990.
Pour régler ce problème, nous proposons d’utiliser des effets aléatoires
spatialement corrélés. Supposons que soit la matrice de contiguïté qui joue un rôle
important dans la prise en compte de la dépendance spatiale. En particulier, si les petites régions et sont connectées par des limites géographiques
ou par d’autres mécanismes (par exemple le trafic aérien), et sinon Également, pour Les entrées extradiagonales, ne doivent pas nécessairement être binaires;
elles peuvent prendre d’autres valeurs positives, comme la
« longueur » de la frontière géographique ou les volumes de trafic
aérien entre les deux régions. La matrice de contiguïté étant symétrique, ses valeurs propres sont
réelles. Nous désignons la plus grande valeur propre de par de sorte que Puisque n’est pas nulle et que nous obtenons donc le résultat Supposons que est la somme de la ligne de et En supposant que les éléments diagonaux de sont positifs, c’est-à-dire que toutes les
petites régions ont au moins une région voisine, nous définissons Puisque est une matrice stochastique à lignes, toutes
ses valeurs propres sont comprises entre -1 et 1, dont au moins une est 1. Par
conséquent, De plus, et ont le même ensemble de
valeurs propres, et cette dernière matrice est symétrique. Donc, toutes les
valeurs propres de sont réelles et la valeur sera négative. Nous considérons quatre
dépendances spatiales de rechange associées à des effets aléatoires, qui sont
représentées par les matrices de précision définies positives (à l’exclusion du
paramètre d’échelle
où est le paramètre de dépendance
spatiale qui représente la force de la dépendance spatiale (Hodges, 2019,
chapitre 5.2) et est défini comme Étant donné que les valeurs
propres de sont comprises entre 0 (la plus
petite valeur propre) et (la plus grande valeur propre, la matrice est définie non négative. Chaque
matrice de précision est garantie positive et définie tant que se situe dans l’intervalle
précisé dans la définition respective.
La matrice de contiguïté du modèle autorégressif simultané (SAR)
(Whittle, 1954) est normalisée par ligne, de sorte que peut varier de -1 à 1 tout en préservant la
définition positive (Banerjee, Carlin et Gelfand, 2003, chapitre 4.4). Le
modèle (2.5) est une version simple du modèle autorégressif conditionnel (CAR
pour conditional autoregressive en
anglais) (Rao et Molina, 2015, chapitre 9.6.2), où les entrées diagonales
de la matrice de précision sont toutes égales à 1. Même si les éléments
diagonaux d’une matrice de précision sont tous égaux, les éléments diagonaux de
l’inverse peuvent ne pas tous être égaux, ce qui entraîne l’hétéroscédasticité
des effets aléatoires. Nous appelons ce modèle le modèle autorégressif
conditionnel simple (SCAR pour simple conditional
autoregressive en anglais). Le modèle (2.6) est un modèle autorégressif
conditionnel largement utilisé (CAR; Banerjee et coll., 2003; Besag et
Kooperberg, 1995; You et Zhou, 2011), où les entrées diagonales de la matrice
de précision sont le nombre de quartiers de la région correspondante. La limite
supérieure de est et dans le cas de le modèle avec est appelé le modèle autorégressif intrinsèque
(IAR pour intrinsic autoregressive en
anglais) (Banerjee et coll., 2003, chapitre 4.3). Le modèle (2.7) est
un modèle autorégressif conditionnel, appelé autorégressif conditionnel de
Leroux (LCAR pour Leroux’s conditional
autoregressive en anglais), dont la matrice de précision est donnée par la
combinaison convexe de et Ce modèle a été examiné par Leroux, Lei et
Breslow (2000); MacNab (2003); You et Zhou (2011), où le élément diagonal de est le nombre de quartiers de la petite région et le
élément extradiagonal est de si les et petites régions sont connectées, sinon il est
de 0.
Les modèles autorégressifs conditionnels, le modèle SCAR, le modèle CAR
et le modèle LCAR, supposent que dépend uniquement des moyennes de petites
régions voisines. En d’autres termes, est corrélé avec les uniquement par les moyennes des régions
environnantes. Au contraire, le modèle SAR suppose que dépend de tous les autres en même temps, mais a des corrélations plus fortes (plus
faibles) pour les régions avoisinantes (éloignées). Le modèle FH à effets
aléatoires indépendants peut être considéré comme un cas spécial du modèle SAR,
SCAR ou LCAR où Pour des raisons de commodité, nous incluons
le modèle FH à effets aléatoires indépendants dans notre modèle en adoptant sa
matrice de précision bien qu’elle soit exempte de
Nous considérons les modèles spatiaux HB suivants en intégrant les cinq
dépendances spatiales définies en (2.4) à (2.7) :
où est le paramètre de l’échelle du
modèle, et sont des fonctions appropriées de
et et sont les limites inférieure et
supérieure de sous le modèle. Nous évitons le terme
« variance d’erreur du modèle » pour car les entrées diagonales de varient d’une petite région à
l’autre et n’égalent pas nécessairement toutes 1.
2.2 Estimation des moyennes de
population pour les petites régions non échantillonnées
Dans la présente section, nous examinons le cas où, dans l’enquête,
plusieurs petites régions non échantillonnées n’ont pas d’estimations directes.
Dans de nombreuses applications, les ressources limitées empêchent souvent
l’inclusion de nombreuses sous-populations dans l’échantillon; il en résulte de
petites régions non échantillonnées. Les petites régions non échantillonnées
sont parfois appelées « régions non harmonisées » (Trevisani et
Gelfand, 2013) lorsqu’elles découlent d’un manque de concordance des domaines
entre l’estimation directe et les variables auxiliaires. Pour n’importe
laquelle de ces régions non échantillonnées, la prédiction de sa moyenne à
partir de n’importe quel modèle non spatial est fondée uniquement sur son
estimateur synthétique. Nous proposons d’exploiter les dépendances spatiales
dans la prédiction des moyennes de petites régions non échantillonnées. Les
prédictions des modèles proposés sont obtenues en modifiant l’estimateur
synthétique, à l’aide du vecteur des résidus de régression, en mettant
davantage l’accent sur les résidus de régression des régions avoisinantes.
Sans perte de généralité, supposons qu’il y ait petites régions non échantillonnées et que sont les estimations directes de petites régions échantillonnées. En nous
fondant sur les estimations directes de régions échantillonnées, nous considérons les
modèles HB suivants :
où et qui est le sous-vecteur de correspondant aux régions
échantillonnées.
2.3 Propriété des distributions a posteriori
Dans la présente section, nous établissons la pertinence des
distributions a posteriori des
modèles spatiaux de petites régions données en (2.8) à (2.10) et (2.11) à
(2.13). Supposons que
est la fonction indicatrice prenant la
valeur 1 lorsque son argument est vrai, sinon 0. Nous fournissons d’abord
les conditions générales de la pertinence a posteriori
des modèles proposés.
Théorème 1. Pour tous les modèles spatiaux HB donnés en (2.8) à (2.10) et (2.11) à
(2.13), les fonctions de densité de probabilité a posteriori sont appropriées si les conditions suivantes se
maintiennent pour une certaine constante positive
- (a)
- (b)
- (c)
où pour (2.8) à (2.10), et pour (2.11) à (2.13).
Si
est une fdp appropriée, alors (a) est vrai
automatiquement et (b) est satisfait si La condition est évidente, car au moins observations sont nécessaires pour estimer composantes de lorsque aucune information de fond à son sujet
n’est disponible. De plus, toute fonction bornée de satisfait à dans le théorème 1, étant donné que leurs
supports sont toutes bornées. En particulier, dans la famille populaire des
distributions a priori non
informatives, les fdp a posteriori
sont adéquates dans les conditions suivantes.
Corollaire 1. Pour n’importe lequel des modèles spatiaux HB donnés en (2.8) et (2.9)
et (2.11) et (2.12) avec la distribution a priori
mentionnée en (2.14), la fdp a posteriori
est adéquate, tant que et
Pour ce
qui est de la distribution a priori uniforme
comportant (qui sera utilisée dans le présent article),
la pertinence a posteriori des
distributions pour les modèles (2.8) et (2.9) est garantie tant que le nombre
de petites régions est supérieur à Pour les modèles incorporant des régions non
échantillonnées indiquées en (2.11) et (2.12), la deuxième condition du
corollaire 1.1 devient et par conséquent, les fdp a posteriori sont adéquates tant
que le nombre de régions non échantillonnées est inférieur à ou qu’au moins régions ont un échantillon.