Modélisation de séries chronologiques multiniveaux de la couverture des soins prénataux au Bangladesh à des niveaux administratifs désagrégés
Section 4. Modélisation multiniveau de séries chronologiques
Dans la présente étude, les estimations directes et
leurs erreurs-types sont disponibles pour les années d’enquête 1994, 1997,
2000, 2004, 2007, 2011 et 2014. Pour tenir compte des intervalles
variables de trois ou quatre ans entre les années d’enquête, les modèles de
séries chronologiques multiniveaux sont définis à une fréquence annuelle
(c’est-à-dire que les valeurs désignent une période de référence d’un an) à
l’échelle régionale la plus détaillée des 64 districts. Sur une durée de
21 ans, on a 1 344 combinaisons domaine-année. À partir des 7 années
d’enquête disponibles, le modèle est adapté aux 448 observations domaine-année.
Les années entre deux enquêtes consécutives sont définies comme étant manquantes
dans le modèle. Ainsi, l’évolution de la tendance d’une période à l’autre est
précisée correctement et le modèle fournit des prédictions pour les
combinaisons domaine-année manquantes.
Pour plus de commodité, nous désignerons par la série d’entrées des modèles de séries
chronologiques pour ANC0 ou ANC4 pour l’année et le domaine Il peut s’agir des estimations directes non
transformées, des estimations directes transformées par la racine carrée ou des
prédictions du modèle obtenues au moyen de modèles transversaux de F-H. Dans le
cas présent, l’indice de domaine s’exécute de 1 à et l’indice temporel de 1 à Nous combinons ensuite ces estimations dans un
vecteur un vecteur de dimension
4.1 Structure
du modèle
Les modèles multiniveaux examinés prennent une forme
additive linéaire générale
où est une matrice de plan pour un vecteur d’effets fixes de dimension et les sont des matrices de plan pour les vecteurs d’effets aléatoires de dimension Dans le cas présent, la somme sur s’exécute sur plusieurs termes possibles
d’effet aléatoire à différents niveaux, comme le niveau local et des tendances
lisses au niveau du district et de la division, le bruit blanc au niveau le
plus détaillé des domaines etc. Des explications plus détaillées sont
données ci-dessous. Dans la formule (4.1), désigne, selon la série de données d’entrée,
les erreurs d’échantillonnage des estimations directes ou les erreurs de
prédiction du modèle transversal de F-H. Les erreurs d’échantillonnage sont
considérées comme normalement distribuées, soit où Si les séries de données d’entrée sont les
estimations directes non transformées, alors est la matrice de covariance pour les
estimations directes non transformées observées l’année Si les séries de données d’entrée sont
transformées, alors est la matrice de covariance pour les
estimations directes transformées, comme cela est décrit dans la
sous-section 3.5. Si les séries de données d’entrée sont les prédictions
qui reposent sur des modèles transversaux de F-H, alors contient les erreurs quadratiques moyennes
estimées des prédictions de F-H. Dans MTS-II, est diagonale et ignore les corrélations entre
les prédictions de domaine. Dans MTS-III, est une matrice de covariance complète qui
prend aussi en compte les corrélations entre les prédictions de domaine.
Selon la répartition des erreurs d’échantillonnage dans (4.1), la fonction de vraisemblance
conditionnelle à des paramètres d’effets fixes et aléatoires peut être définie
comme étant
où est le prédicteur linéaire. Pour les erreurs on peut considérer qu’une loi t de Student au
lieu d’une loi normale donne moins de poids à un plus grand nombre
d’observations aberrantes, d’après West (1984).
La partie à effets fixes de peut contenir des composantes comme une
ordonnée à l’origine, une tendance linéaire, les effets principaux pour le
niveau de la division et du district et peut-être les interactions de second
ordre pour les tendances linéaires et la division ou le district. On attribue
au vecteur d’effets fixes une loi a priori normale avec la matrice d’identité de dimension Cela n’est que très peu informatif, car une
erreur-type de 10 est très grande par rapport aux échelles des estimations
directes (transformées) et des covariables utilisées.
Le deuxième terme du côté droit de (4.1) consiste en
une somme des contributions au prédicteur linéaire par des effets aléatoires ou
des termes de coefficient variables. On suppose que les vecteurs d’effets
aléatoires pour différents sont indépendants, mais que les composantes à
l’intérieur d’un vecteur peuvent être corrélées pour tenir compte de la
corrélation temporelle ou transversale. Afin de décrire le modèle général de
chaque vecteur d’effets aléatoires nous supprimons l’exposant dans ce qui suit aux fins de simplification de
la notation.
On suppose que chaque vecteur d’effets aléatoires est distribué ainsi
où et sont les matrices de covariance de dimension et respectivement, et désigne le produit de Kronecker de par La longueur totale de est et ces coefficients peuvent être considérés
comme correspondant aux effets autorisés à varier sur niveaux d’une variable de facteur. Si, par
exemple, correspond à la division, alors définit différents effets aléatoires qui correspondent
aux 7 catégories de division. Si ensuite correspond au temps, alors années. Dans ce cas, chacun des 7 effets peut
varier sur ses 21 niveaux (des années en l’occurrence). Chaque effet aléatoire
généré pour une combinaison division année est partagé par tous les districts
appartenant à cette division pour cette année particulière.
La matrice de covariance décrit la structure de covariance entre les
niveaux de la variable de facteur et est censée être connue. Au lieu des
matrices de covariance, on utilise en fait les matrices de précision pour un calcul plus efficace (Rue et Held,
2005). La matrice de covariance pour les effets variables peut être
paramétrée de l’une des trois façons suivantes : i) une matrice de
covariance paramétrée complète; ii) une matrice diagonale avec des
éléments diagonaux inégaux; iii) une matrice diagonale avec des éléments
diagonaux égaux. Une loi a priori de
Wishart inversée et mise à l’échelle est utilisée comme ce qui est proposé dans
O’Malley et Zaslavsky (2008) et recommandé par Gelman et Hill (2007) quand on
suppose une matrice de covariance complète, tandis que les lois a priori demi-Cauchy sont utilisées
pour les écarts-types quand la matrice de covariance est supposée diagonale
avec des éléments égaux ou inégaux. En cas de variances diagonales, les lois a priori demi-Cauchy sont de
meilleures lois a priori par défaut
que les lois a priori gamma
inverses plus courantes (Gelman, 2006).
Les structures d’effet aléatoire suivantes sont
examinées dans la procédure de sélection du modèle :
- Ordonnées à l’origine
aléatoires pour les domaines Dans ce cas, et est un paramètre
de variance scalaire. Cela suppose que et
- Marches
aléatoires de premier ou de second ordre à différents niveaux d’agrégation. Une
marche aléatoire de premier ordre ou une tendance locale au niveau du district
est définie comme étant avec et Une marche
aléatoire de second ordre ou un modèle de tendance lissée au niveau du district
est définie comme étant avec et Les deux types de tendances peuvent être définis similairement au niveau
de la division ou à l’échelle nationale. Voir dans Rue et Held (2005) la
spécification de la matrice de précision pour les marches
aléatoires de premier et de second ordre. On peut considérer une matrice de
covariance complète pour les innovations de tendance afin de permettre des
corrélations transversales en plus des corrélations temporelles, ou une matrice
diagonale avec des paramètres de variance différents ou égaux pour permettre
des corrélations temporelles seulement. Dans le cas de variances égales, et Les composantes
des marches aléatoires de premier et de second ordre au niveau du district sont
désignées ci-dessous respectivement par et Au niveau de la
division, elles sont désignées par et
- Les marches aléatoires de
premier ordre utilisées dans nos modèles ne peuvent pas saisir de niveau
global, car les effets aléatoires correspondants sont soumis à une contrainte
de somme nulle dans le temps. De même, les marches aléatoires de second ordre
ne peuvent pas saisir à la fois le niveau et la tendance linéaire. Cela
signifie que le niveau et la tendance linéaire doivent être pris en compte par
d’autres termes du modèle, comme les effets fixes ou aléatoires. Les ordonnées
à l’origine au niveau du district ont été traitées au point 1. Pour
inclure aussi les tendances linéaires par district, cette composante peut être
étendue aux ordonnées à l’origine et aux pentes aléatoires linéaires dans le
temps. Dans ce cas, peut être soit une
matrice de covariance générale
qui prend en compte les corrélations entre les ordonnées à l’origine et les
pentes, ou une matrice diagonale avec des éléments diagonaux et les variances de
l’ordonnée à l’origine et des pentes aléatoires, respectivement. Cette
composante du modèle est désignée par ci-dessous.
- Effets aléatoires spatiaux :
ordonnées à l’origine aléatoires qui varient selon l’emplacement spatial des
districts selon un modèle autorégressif conditionnel intrinsèque (ICAR) (Besag
et Kooperberg, 1995), défini comme étant pour chaque effet
spatial conditionnel aux autres. Dans le cas présent, est l’ensemble
des domaines voisins du domaine et le nombre de
domaines voisins du domaine Voir dans Rue et
Held (2005) la spécification de la matrice de précision Cette composante
spatiale est désignée ultérieurement par
- Bruit blanc : pour
permettre une variation aléatoire inexpliquée, on peut inclure le bruit blanc
au niveau de domaine le plus détaillé par année. Dans ce cas et est un paramètre de variance scalaire. Cela suppose que
Nous avons aussi étudié des généralisations de (4.3)
en répartitions anormales d’effets aléatoires en mettant en œuvre une loi de
Student, une répartition a priori
horseshoe (Carvalho, Polson et Scott,
2010) et Laplace (Tibshirani, 1996; Park et Casella, 2008). Les queues plus
lourdes de ces répartitions de rechange permettent de grands effets
occasionnels. Cependant, ces répartitions n’ont pas amélioré les résultats pour
les variables cibles considérées en ce qui concerne les critères d’information
du modèle ainsi que les prédictions des tendances sous-jacentes. C’est pourquoi
la loi normale est utilisée pour toutes les composantes à effet aléatoire. La
présentation exacte des modèles de séries chronologiques multiniveaux
définitifs pour ANC0 et ANC4 est précisée respectivement dans les
sous-sections 5.1 et 5.2.
4.2 Estimation
des modèles
Les modèles sont ajustés au moyen d’un échantillonnage
par la méthode de Monte Carlo par chaînes de Markov (MCMC), en particulier l’échantillonneur
de Gibbs (Geman et Geman, 1984; Gelfand et Smith, 1990). Voir dans Boonstra et
van den Brakel (2022) la spécification des lois conditionnelles
complètes. Les modèles précisés dans la sous-section 4.1 sont exécutés
dans R (R Core Team, 2015) au moyen du progiciel mcmcsae
(Boonstra, 2021). L’échantillonneur de Gibbs est exécuté en parallèle pour
trois chaînes indépendantes avec des valeurs de départ générées aléatoirement.
Dans l’étape de construction du modèle, 1 000 itérations sont utilisées,
en plus d’une période de « rodage » de 100 itérations. Cela suffisait
pour les estimations raisonnablement stables de Monte Carlo des paramètres du
modèle et les prédictions de tendances. Pour le modèle sélectionné, nous
utilisons un cycle plus long de 1 000 exécutions de rodage plus 5 000
itérations sur lesquelles les tirages d’une itération sur cinq sont stockés.
Cela donne 3 1 000 = 3 000
tirages pour calculer les estimations et les erreurs-types. On évalue la
convergence de la simulation par MCMC au moyen de tracés et de graphiques
d’autocorrélation ainsi que du facteur de réduction d’échelle potentiel de
Gelman-Rubin (Gelman et Rubin, 1992), qui décèle le mélange de chaînes. Pour la
simulation plus longue du modèle sélectionné, tous les paramètres du modèle et
les prédictions du modèle ont des facteurs de réduction d’échelle potentiels
inférieurs à 1,01 et un nombre suffisamment efficace de tirages indépendants.
De nombreux modèles de la forme (4.1) ont été ajustés
aux données. Afin de comparer les modèles au moyen des mêmes données d’entrée,
nous utilisons le critère d’information largement applicable aussi appelé
critère d’information Watanabe-Akaike (WAIC) (Watanabe, 2010, 2013) et le
critère d’information de déviance (DIC) (Spiegelhalter, Best, Carlin et
van der Linde, 2002). Nous comparons aussi les modèles graphiquement
selon leurs ajustements et prédictions de tendances à trois niveaux
d’agrégation.
ISSN : 1712-5685
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