Modélisation de séries chronologiques multiniveaux de la couverture des soins prénataux au Bangladesh à des niveaux administratifs désagrégés
Section 3. Sources des données et estimations des entrées
3.1 Sources
des données
Depuis 1993-1994, la BDHS est réalisée sous l’autorité
de l’Institut national de recherche et de formation en démographie (NIPORT) du
ministère de la Santé et de la Protection de la famille (MOHFW). L’enquête
évalue les programmes sociaux et sanitaires en place afin d’élaborer de
nouvelles stratégies d’amélioration de l’état de santé des femmes et des
enfants du pays. En 2018, huit enquêtes BDHS avaient été menées : en
1993-1994, 1996-1997, 2000, 2004, 2007, 2011, 2014 et 2017-2018. La présente
étude s’appuie sur les données d’enquête relatives à la période de 1994 à 2014
puisque l’emplacement au niveau du district des grappes sondées n’est pas
divulgué dans la BDHS la plus récente de 2017-2018. De 1994 à 2014, trois
recensements de la population et du logement ont été réalisés, en 1991, 2001 et
2011. Les données complètes du recensement ne sont pas disponibles :
seulement 10 % des données du Recensement de 1991, 10 % des données
du Recensement de 2001 et 5 % des données du Recensement de 2011 sont
accessibles au public par l’intermédiaire d’IPUMS-International
(https://international.ipums.org). Un certain nombre de variables contextuelles
au niveau des districts ont été générées et utilisées dans l’élaboration de
modèles transversaux de F-H afin de produire des estimations d’entrées pour les
modèles de séries chronologiques multiniveaux.
3.2 Estimations
directes
Les variables analysées dans le présent article sont
ANC0 et ANC4. Le Bangladesh est divisé en sept régions infranationales appelées
divisions. Ces divisions sont ensuite divisées en 64 districts, soit l’échelle
régionale la plus détaillée examinée dans la présente étude. Dans un premier temps,
les estimations et les estimations de la variance des deux variables cibles au
niveau des districts sont obtenues à partir des données au niveau de l’unité de
chaque année d’enquête au moyen d’un estimateur d’enquête direct classique
fondé sur le plan (désigné par DIR ci-après), dans lequel les poids d’enquête
servent à prendre en compte le plan de sondage et la non-réponse.
Dans la présente étude, les femmes en âge de procréer
qui ont été mariées et qui ont accouché au cours des trois années précédant une
année d’enquête sont considérées comme la population cible. Étant donné qu’on
ne dispose pas de ces renseignements sur la grossesse dans la population du
recensement, la taille de la population par domaine est estimée par le nombre
de femmes en âge de procréer ayant déjà été mariées qui se trouve dans les
trois recensements. Cela signifie que même si les tailles d’échantillon d’un
domaine reposent sur un recensement, il y a une certaine incertitude à leur sujet,
qui est ignorée dans les modèles d’estimation sur petits domaines (EPD). Pour
une analyse plus détaillée sur la taille des populations propres aux divisions
et aux districts, voir Das, van den Brakel, Boonstra et Haslett
(2021).
La BDHS utilise un échantillon stratifié des ménages à
deux degrés. Les strates sont formées à partir des divisions et sous-divisions
selon leur caractérisation urbaine-rurale. Les unités primaires
d’échantillonnage (UPE) sont les secteurs de dénombrement du recensement de la population
et du logement créés pour comporter en moyenne environ 120 ménages (légère
variation par rapport au recensement). À la première étape, les UPE sont
sélectionnées avec des probabilités proportionnelles à la taille de l’UPE,
c’est-à-dire au nombre de ménages. À la deuxième étape, le listage complet des
ménages est effectué dans toutes les UPE sélectionnées, puis une trentaine de
ménages sont sélectionnés dans chaque UPE au moyen d’un échantillonnage
systématique. Le taux de réponse chez les femmes admissibles a dépassé
95 % toutes les années de la BDHS. Bien que la taille de l’échantillon des
femmes qui ont été mariées soit supérieure à 10 000 dans toutes les
enquêtes, la taille de l’échantillon de la présente étude est plus petite, car
seules les femmes déjà mariées qui ont eu un enfant au cours des trois années
précédant l’année d’enquête sont prises en compte. Au niveau des districts, la
taille moyenne des échantillons varie entre 60 et 114, et certains districts
comptent moins de 10 femmes observées, voire aucune.
Les poids de sondage sont calculés en fonction des
probabilités de sélection. On a ensuite ajusté ces poids pour tenir compte de
la non-réponse des ménages et des personnes. L’estimation directe de la
proportion de la population dans un domaine pour l’année d’enquête est calculée comme étant la moyenne de
l’échantillon.
où est la variable de réponse d’intérêt, est l’ensemble des femmes déjà mariées dans le
domaine pour lequel est observé l’année et est le poids de sondage pour la personne vivant dans le domaine l’année Notons que les poids sont mis à l’échelle de façon à ce que la
somme sur les poids dans l’échantillon soit égale à la taille nette de
l’échantillon. Les estimations de la variance correspondantes sont obtenues par
approximation comme suit :
où est le nombre de femmes qui ont été mariées
observé dans le domaine au cours de l’année de l’enquête Au départ, on estimait la variance en
calculant la variance parmi les totaux estimés d’UPE comme si la sélection
avait été réalisée au moyen d’un échantillonnage stratifié avec remise, appelé
approximation de la variance de l’unité d’échantillonnage finale. Cela a donné
des estimations de variance nulle pour quelques domaines. L’approximation de la
variance (3.2) évite ces estimations de variance nulle, et donne des
estimations de la variance comparables à l’approximation initiale où l’on
supposait que les UPE étaient sélectionnées avec remise. Dans le premier modèle
de séries chronologiques multiniveaux, représenté par MTS-I, ces estimations
directes servent de séries de données d’entrée.
3.3 Estimations
transversales de Fay-Herriot
Un
des problèmes que pose le modèle MTS-I est qu’il utilise des données du
recensement comme variables auxiliaires dans le modèle de séries chronologiques
multiniveau. Étant donné que l’intervalle entre deux recensements est de
10 ans, alors que la BDHS est réalisée tous les trois ou quatre ans, les
covariables du recensement restent identiques jusqu’à ce que de nouvelles
données du recensement soient disponibles. L’inclusion de ces données de recensement
comme covariables dans les modèles MTS-I faussera les estimations des tendances
et des changements d’une période à l’autre. L’une des façons de tirer parti des
données du recensement consiste à modéliser les estimations directes au niveau
des districts dans des modèles transversaux de F-H distincts en utilisant des
variables contextuelles pertinentes extraites des données de recensement. On
s’attend aussi à ce que l’utilisation de variables auxiliaires de recensement
disponibles à temps dans des modèles transversaux de F-H répétitifs puisse
avoir une incidence sur les coefficients de régression et l’exactitude des
prédictions de modèle de la variable dépendante, mais non sur les prédictions
de la variable dépendante elle-même. Comparativement aux estimations directes
utilisées dans MTS-I, ces modèles transversaux de F-H fournissent aussi de
meilleures estimations parce qu’ils empruntent certaines informations dans les
districts.
Les
estimations transversales de F-H et leurs erreurs-types sont utilisées comme
données d’entrée pour un deuxième modèle, désigné MTS-II. Les estimations
transversales de F-H sont corrélées en raison de leurs composantes communes à
effet fixe, qui sont ignorées dans MTS-II. Par conséquent, un troisième modèle
de séries chronologiques multiniveaux, désigné MTS-III, est élaboré au moyen
des estimations transversales de F-H et de leur matrice de covariance complète
comme données d’entrée.
Les
composantes à effet fixe et aléatoire pour les modèles transversaux de F-H
spécifiques à l’enquête sont présentées dans les tableaux A.2 et A.3 de
l’annexe. Pour tous les modèles, on suppose que les effets aléatoires suivent
une loi normale. On a examiné des modèles non normaux pour les effets
aléatoires (Laplace et horseshoe) et
l’erreur d’échantillonnage (distribution t) comme solutions de rechange à
la loi normale. Cela n’a toutefois pas amélioré l’ajustement du modèle.
3.4 Fonctions
généralisées de variance
Dans
les modèles de F-H et de séries chronologiques multiniveaux, les estimations de
la variance des estimations directes sont en grande partie traitées comme des
quantités fixes. Comme ces estimations de la variance peuvent présenter un
bruit important, elles sont lissées au moyen d’une fonction généralisée de
variance (FGV) avant d’être utilisées dans les modèles de F-H et de séries
chronologiques multiniveaux. Il est entendu qu’un district sans données
d’échantillon est considéré comme manquant et qu’il n’est donc pas pris en
compte dans la méthode d’élaboration du modèle. Le modèle de F-H transversal
peut produire des estimations et des erreurs-types pour ces domaines hors
échantillon. On n’utilise toutefois pas ces estimations synthétiques dans
l’élaboration des modèles MTS-II et MTS-III pour obtenir une meilleure
comparaison avec le modèle MTS-I.
Les
FGV sont des modèles de régression qui relient les estimations de la variance à
des prédicteurs comme la taille de l’échantillon, les variables du plan de
sondage et les estimations ponctuelles (Wolter (2007), chapitre 7). Pour
les variables ANC0 et ANC4, on utilise la FGV suivante :
où est l’erreur-type de dans (3.1), le nombre d’unités d’échantillonnage
contribuant au district l’année et Division est une variable catégorique ayant
7 niveaux. Étant donné que nous ne pouvons pas nous fier aux estimations
directes pour les valeurs très petites de les du côté droit de (3.3) sont des estimations
lissées simples.
où désigne la moyenne pour la division à 7) à laquelle appartient le district pour l’année Comme l’a mentionné un réviseur, un estimateur
par la régression composite peut être utilisé comme solution de rechange pour (3.4).
Les
erreurs de régression sont censées être
indépendantes et normalement distribuées avec un paramètre de variance commun Les FGV sont ajustées uniquement aux districts
pour lesquels les erreurs-types des estimations directes ne sont pas nulles.
Les erreurs-types prédites (lissées) qui reposent sur les modèles ajustés
sont
où est 0,03 pour ANC0 et 0,003 pour ANC4,
respectivement. Les valeurs de R au carré pour les deux modèles sont assez
élevées : 0,79 pour ANC0 et 0,99 pour ANC4. Notons que la rétro transformation
exponentielle dans (3.5) comprend une correction de biais qui, dans ce cas, n’a
qu’un petit effet. Cette méthode sert à obtenir des erreurs-types lissées pour
les modèles de F-H transversaux et le modèle MTS-I.
3.5 Transformations
des séries de données d’entrée
La
transformation par la racine carrée, la transformation logarithmique et la
transformation log-ratio sont considérées comme une transformation
stabilisatrice de la variance, voir Sakia (1992). La transformation par la
racine carrée est appliquée aux données de ANC4 (les modèles de séries
chronologiques multiniveaux et les modèles de F-H transversaux), car cette
transformation réduit la corrélation entre les estimations ponctuelles et leurs
erreurs-types des séries de données d’entrée, diminue l’hétérogénéité, améliore
la convergence de la simulation par la méthode de Monte Carlo par chaînes de
Markov, et réduit l’asymétrie des données de proportion si elles prennent des
valeurs proches de la borne inférieure de zéro. Pour ce qui est de ANC0, la
transformation par la racine carrée est utilisée uniquement pour les modèles
transversaux de F-H spécifiques aux années 2011 et 2014. Aucune transformation
n’est appliquée aux autres années. Dans les trois modèles de séries
chronologiques multiniveaux, aucune transformation n’est appliquée pour ANC0,
car la transformation par la racine carrée des séries de données d’entrée
augmente la dépendance entre les estimations directes et les erreurs-types.
Soit
désigne les estimations directes transformées
par la racine carrée, où est un petit nombre (0,005), ce qui est
nécessaire parce que pour certains districts, les estimations directes sont
égales à zéro. Au moyen d’une approximation de Taylor du premier degré, on peut
montrer que
Si
la FGV (3.3) est appliquée aux erreurs-types des estimations directes non
transformées, alors les erreurs-types pour les domaines comportant un très
petit nombre d’unités d’échantillonnage peuvent devenir excessivement grandes
en raison de l’approximation de la linéarisation. On évite ce problème en
appliquant la FGV aux erreurs-types des estimations transformées, c’est-à-dire
ISSN : 1712-5685
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