Estimation et inférence des moyennes de domaine soumises à des contraintes qualitatives
Section 3. Propriétés de l’estimateur contraint
3.1 Hypothèses
Pour
obtenir nos résultats théoriques, nous établissons des hypothèses sur le
comportement asymptotique de la population
et sur le plan de sondage
A1.
Le
nombre de domaines
est
fixe.
A2.
pour
A3.
Pour
il
existe des constantes
et
de
sorte que
et
pour
toutes les valeurs de
A4.
La
taille de l’échantillon
est
non aléatoire et elle satisfait
De
plus, il existe des valeurs
de
sorte que
pour
tous les
et
tous les
A5.
Pour
toutes les valeurs de
et
A6.
L’estimateur
de Horvitz-Thompson
du
vecteur bidimensionnel
des
moyennes de la population
satisfait
et
où
désigne la matrice d’identité de dimension
la
matrice de variance-covariance par rapport au plan
est
définie positive et
est
l’estimateur de Horvitz-Thompson de
L’hypothèse A1
établit que le nombre de domaines demeure constant quand la taille de la
population change. La condition de l’hypothèse A2 vise à assurer la
convergence par rapport au plan de sondage des estimateurs de Horvitz-Thompson
aux niveaux de la population et du domaine. Notons en particulier que cette
condition est satisfaite quand la variable
est limitée, ce qui peut être supposé
naturellement pour de nombreux types de variables d’enquête. L’hypothèse A3
garantit que les moyennes et les tailles de domaine de population convergent
respectivement vers les valeurs limites
et
Par ailleurs, les valeurs
peuvent être considérées comme des espérances
de superpopulation pour une distribution générant les éléments de population
sous forme de tirages indépendants. Nos
résultats théoriques dépendent en fait de la validité des contraintes supposées
pour ces espérances de superpopulation et non pas pour les moyennes de domaine
de population. Bien que cela puisse sembler inadéquat compte tenu de notre
intérêt pour l’utilisation des contraintes au niveau de la population, l’hypothèse A3
garantit que la forme des moyennes de domaine soit raisonnablement près de la
forme des moyennes de superpopulation. Selon l’hypothèse A4, la taille de
l’échantillon dans chaque domaine ne peut pas être inférieure à une fraction du
ratio
ce qu’on obtiendrait en divisant également la
taille de l’échantillon sur tous les domaines. Cette hypothèse vise à ce que
les moments des fonctions lisses de
et que les
soient bornés. De plus, elle établit que la
taille de l’échantillon est non aléatoire. Cela peut être adapté à une taille d’échantillon
aléatoire en imposant certaines conditions à la taille d’échantillon espérée
L’hypothèse A5 établit que les bornes
inférieures sont non nulles pour les probabilités d’inclusion du premier et du
second ordre, et que les covariances du plan
doivent converger vers zéro au moins aussi
rapidement que
L’hypothèse A6 garantit une normalité
asymptotique pour
nécessaire au maintien des propriétés de
normalité sur les estimateurs non linéaires qui sont exprimés comme des
fonctions lisses de
Elle sert également à établir les conditions
de convergence de l’estimateur de variance-covariance. On trouve dans la
littérature les résultats de normalité asymptotique pour des plans en
particulier, notamment le résultat classique de Hájek (1960) pour l’échantillonnage
de Poisson et l’échantillonnage aléatoire simple sans remise. Comme autres
démonstrations du théorème central limite pour un échantillonnage stratifié,
citons Krewski et Rao (1981), qui ont étudié des échantillons stratifiés à
probabilités inégales avec remise, Bickel et Freedman (1984), qui ont considéré
un échantillonnage aléatoire simple sans remise stratifié, et Breidt, Opsomer
et Sanchez-Borrego (2016), qui ont examiné des plans à généraux à probabilités
inégales, avec ou sans remise.
3.2 Principaux résultats
Nous
dérivons les propriétés théoriques de l’estimateur contraint en nous
concentrant sur la projection sur
au lieu de
Rappelons que les arêtes du cône polaire
sont tout simplement les
lignes de
notées par
et que
la projection sur
peut être décrite par les ensembles
Le fait de pouvoir caractériser la propriété
selon laquelle
sous la forme de vecteurs dans
nous permet d’obtenir des taux de convergence
théoriques, qui servent à développer les propriétés d’inférence de l’estimateur
contraint. Quand l’ensemble
produit un ensemble de vecteurs linéaires
indépendants
il est alors simple d’écrire
comme étant
où
désigne la matrice formée par les lignes de
dans les positions
Par conséquent, selon les conditions décrites
dans (2.8),
si et seulement si
dans ce cas, où cette dernière
condition permet que
Cependant, il est possible que l’ensemble
produise un ensemble de vecteurs
linéairement dépendants
Dans ce cas, le théorème 1
ci-dessous garantit qu’il est toujours possible de trouver un sous-ensemble
de sorte que
soit un ensemble linéairement
indépendant qui couvre le même espace linéaire que
et qui satisfasse
On peut ainsi établir des
conditions analogues comme dans (3.1) au moyen de
plutôt que
Théorème 1. Soit
une matrice irréductible
avec des lignes
Soit
le cône polaire correspondant. Pour tout
ensemble
définissons
Ensuite, soit
le sous-cône de
généré par les arêtes données par l’ensemble
Pour un vecteur
définissons son ensemble
formé par tous les ensembles
de sorte que
Supposons que
est un ensemble non vide de sorte que
soit qui un ensemble linéairement dépendant et
. Ensuite, on a
de sorte que
soit un ensemble linéairement indépendant,
et
Tous
les concepts ci-dessus qui ont été définis au niveau de l’échantillon peuvent
être définis de manière analogue au niveau de la superpopulation. En
particulier, soit
l’ensemble de tous les sous-ensembles
de sorte que
où
et
soient les versions analogues de
et
qu’on obtient en remplaçant
et
par
et
On peut établir des conditions nécessaires et
suffisantes comme celles de (2.8) de manière analogue pour caractériser le
vecteur
comme étant la projection sur
Rappelons
que l’ensemble
peut varier selon les échantillons. Ajoutons
que les petits échantillons très variables sont susceptibles de choisir des
ensembles
qui ne sont pas choisis dans
qui est « asymptotiquement
correct ». Cependant, à mesure que la taille de l’échantillon augmente,
ces choix incorrects sont moins susceptibles de se produire, car les moyennes
de domaine de l’échantillon se rapprochent des moyennes limites de domaine de
la population. Le théorème 2 précise cette idée en établissant que les
ensembles qui ne sont pas dans
ont une probabilité asymptotiquement
négligeable d’être choisis dans l’échantillon.
Théorème 2. Considérons tout ensemble
de sorte que
Alors,
Le
théorème 3 ci-dessous montre la normalité asymptotique de l’estimateur
contraint et justifie l’utilisation de l’estimateur de la variance par
linéarisation pour la projection observée (ou le regroupement en cas d’ordonnancement
partiel) pour l’inférence asymptotique pour la moyenne d’une population finie.
Il généralise le théorème 2 de Wu et coll. (2016), qui considérait
uniquement les restrictions monotones. Nous constatons la présence du terme de
biais
dans la moyenne de la distribution
asymptotique. Cette situation non souhaitable se produit quand on a plus d’un
ensemble
de sorte que les arêtes correspondantes dans
couvrent des espaces linéaires différents, ou
de façon équivalente, que la projection sur le cône polaire
appartienne à l’intersection de ces espaces
linéaires différents. Cependant, quand les contraintes sont strictes, c’est-à-dire
le vecteur
est strictement à l’intérieur du cône de
contrainte
et dans ce cas, on n’a pas d’ensemble
de sorte que
Dans ce cas, le terme de biais disparaît.
Théorème 3. Supposons que
satisfait
Considérons tout ensemble
de sorte que
Alors,
pour tout
où
est un terme de biais qui disparaît quand
Le
théorème 3 s’appuie sur le fait que les contraintes de forme supposées se
vérifient pour le vecteur des moyennes de domaine limites
plutôt que pour le vecteur des moyennes de
domaine de population
Dans la section suivante, nous montrons par
des simulations que l’estimateur contraint améliore à la fois l’estimation et
la variabilité quand les domaines de population sont approximativement près de
la forme supposée, comparativement aux estimateurs non contraints.
ISSN : 1712-5685
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