Une évaluation de l’amélioration de l’exactitude au moyen d’un plan de sondage adaptatif
Section 3. Analyser l’écart par rapport à une estimation sans biais
3.1 Décomposer
l’écart de l’estimateur CAL
Nous décomposons l’écart de CAL,
afin de mieux comprendre son
comportement en cas d’amélioration de l’équilibre par une collecte de données
adaptative. Nous pouvons prévoir que
sera réduit, sinon à zéro au
moins dans une certaine mesure, et dans des conditions que nous cherchons à
déterminer. Aucun signe apparent immédiat n’indique que
serait réduit quand
se rapprocherait de la valeur
fixe
Il faut approfondir l’analyse
pour expliquer la réduction de
le cas échéant.
Quand le vecteur
choisi est de dimension
relativement élevée, l’équilibre parfait
(et donc
est difficile à atteindre dans
une collecte de données, mais on peut s’efforcer de s’en rapprocher. Nous avons
néanmoins une idée de la nature de
en établissant
au moyen de (2.6) on obtient
Par conséquent, l’équilibre parfait,
ne réduit pas
à zéro; il donne
Cette dernière équation semble d’abord
paradoxale, car
est supposé meilleur que la
valeur rudimentaire
Nous constatons en fait qu’en cas
d’équilibre parfait, ils sont égaux. On résout le paradoxe en remarquant que
sera probablement plus petit, et
même considérablement plus petit, quand la réponse
est parfaitement équilibrée sur
– à cet égard plus proche de
– que quand elle ne l’est pas. Il est faux de dire que l’information
auxiliaire n’est pas utilisée. Cette information est précisément ce qu’il faut
pour obtenir un équilibre parfait.
Särndal et Lundquist (2014) ont donné une
preuve empirique de la relation entre
et IMB. Pour les données
d’enquête analysées dans le présent article,
diminue considérablement quand
IMB est réduit, mais ne se rapproche pas de zéro quand IMB tend vers zéro. Ces
résultats empiriques laissent penser que
se stabilise à une certaine
valeur non nulle.
En cas d’équilibre parfait, l’écart (3.1)
a la même expression,
pour tout vecteur
Cependant, sa valeur n’est pas identique, car
l’ensemble d’unités dans une réponse parfaitement équilibrée
sera différente d’un vecteur
au suivant. Pour un vecteur
donné, l’écart augmente avec le
taux de non-réponse
et avec la divergence
entre les moyennes
de la réponse et de la
non-réponse. L’équilibre parfait et par conséquent
se vérifient en particulier pour
le vecteur
trivial, qui ne présente aucun
intérêt en pratique,
pour tous les
dans ce cas, la formule
est un rappel d’une note
élémentaire mais souvent citée sur l’effet de biais de la non-réponse :
Cochran (1977, page 361) donnait déjà une expression analogue pour le
biais de la moyenne de l’ensemble de réponses, dans le contexte d’une
population modélisée consistant en une strate de réponse (unités répondantes
avec une probabilité de un) et une strate de non-réponse (unités répondantes
avec une probabilité de zéro). Le message est : le biais augmente avec le
taux de non-réponse et avec la séparation entre les moyennes de la réponse et
de la non-réponse.
Nous cherchons à décomposer
en deux composantes de sorte que
l’une d’elles soit réductible à zéro en cas d’équilibre parfait
Plusieurs fractionnements
peuvent répondre à cette « exigence nulle » pour l’un des deux
termes. Särndal et Lundquist (2017) examinent un de ces fractionnements,
où
est la moyenne, sur la réponse
des résidus de la régression de
sur
ajustée à l’échantillon
et
est le reste :
Ces auteurs appellent
incohérence de la régression, pour indiquer que le modèle de
régression pour l’échantillon complet échoue (ou est incohérent) quand il est
appliqué à la réponse : Les résidus
ont une moyenne nulle,
sur l’échantillon
mais une moyenne non nulle,
sur la réponse
L’incohérence est un résultat
(non surprenant) de « valeurs manquantes non au hasard ».
Nous avons
en cas d’équilibre parfait
alors
Särndal et Lundquist (2017)
prouvent empiriquement que quand le déséquilibre IMB est réduit au moyen d’une
collecte de données adaptative,
et
sont tous deux réduits, mais
aucun n’est réduit à zéro, et que le ratio
tend lentement vers 1 quand
IMB se rapproche de zéro.
3.2 Opposer
la réponse et la non-réponse
On comprend mieux en cherchant à
décomposer
de sorte que le premier terme
demeure à peu près constant quand le déséquilibre est réduit, tandis que le
deuxième terme tend vers zéro dans ce processus. Cette décomposition isolerait
donc une partie de l’écart non touchée par le plan adaptatif et indiquerait
pourquoi le plan adaptatif réussit, au mieux, « partiellement » à
éliminer le biais. La décomposition du résultat 3.1 est motivée par la
volonté d’opposer l’ensemble de réponses
et l’ensemble de non-réponses
La notation est donnée dans
(2.2) pour les moyennes
et dans (2.5) pour les
vecteurs de régression.
Résultat 3.1. L’écart du CAL
a la décomposition
où
Les expressions suivantes sont
équivalentes :
La partie 1 de l’annexe montre
comment les composantes
et
sont calculées à partir de la
définition (2.7) de
Le résultat suscite plusieurs
commentaires :
- L’équilibrage de la
réponse pendant la collecte des données peut rapprocher
de
et, par conséquent, réduire
IMB et
pour les faire tendre vers
zéro. En
cas d’équilibre parfait
mais
- Pour obtenir
il faut
Cela ne se produit pas, y
compris en cas d’équilibre parfait. L’échantillon
et sa moyenne
sont fixes. L’élimination du
terme
semble hors de portée. Mais est-ce qu’une
« meilleure composition » de l’ensemble de réponses
–
proche de
et IMB plus faible
– influe favorablement sur la différence
et par conséquent sur
Il est difficile d’obtenir une réponse
simple à cette question. Intuitivement, le transfert de certaines unités,
pendant la collecte des données, de la non-réponse
à la réponse
semble indiquer que
est peu touché, et que la valeur
reste plutôt constante. Cela est
plus explicite quand
est un vecteur de groupes, c’est-à-dire
se présente sous la forme
voir la section 4. Nous
appellerons
le terme réductible et
le terme résistant de l’écart
Notons que nous considérons ici
un choix fixe de vecteur
Un changement de vecteur aurait
nécessairement des effets à la fois sur
et sur
ISSN : 1712-5685
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