Une évaluation de l’amélioration de l’exactitude au moyen d’un plan de sondage adaptatif
Section 2. Échantillonnage probabiliste suivi par une non-réponse
2.1 Population,
échantillon, ensemble de réponses, ensemble de non-réponses
Soit
une population finie de taille
dont a été tiré un échantillon
probabiliste
en donnant à l’unité
la probabilité d’inclusion
et le poids d’échantillonnage
Soit
l’ensemble de réponses,
c’est-à-dire l’ensemble d’unités pour lesquelles la valeur
de la variable d’enquête
qu’elle soit catégorique ou
continue, est observée. Nous avons donc les observations
pour
mais elles sont manquantes pour
l’ensemble de non-réponses noté
Au moyen des valeurs
observées, nous voulons estimer
le total de population
Une sommation
sur un ensemble d’unités
est écrite simplement comme
suit :
Il est établi que « les
non-répondants ne sont pas comme les répondants » et qu’aucun des deux
groupes n’est suffisamment semblable à l’échantillon complet. Cela cause un
biais dans les estimations du total de
Le présent article s’intéresse
au contraste entre l’ensemble de réponses et l’ensemble de non-réponses, car
cette comparaison a porté ses fruits auparavant, notamment dans des concepts
comme celui de fraction d’information manquante.
La collecte de données adaptative est un
processus dynamique. Les ensembles de réponses et de non-réponses, ainsi que
les quantités connexes comme les moyennes et les coefficients de régression,
sont définis temporairement. Une notation plus complète distinguerait les
ensembles de réponses
dans l’ordre hiérarchique,
Ici,
est l’ensemble d’unités ayant
donné la valeur
après
tentatives d’appel (ou, sinon,
après
jours de collecte de données),
et
est l’ensemble de non-réponses
correspondant. Pour simplifier,
désignera tout ensemble des
ensembles de réponses de plus en plus grands. Des outils de collecte de données,
comme le système WinDATI de Statistique Suède, permettent d’enregistrer toutes
les tentatives de contact, puis d’intervenir et de rediriger les entrées de
données afin d’obtenir un ensemble de réponses final mieux équilibré.
Le taux
de réponse et le taux de non-réponse correspondant
(les deux pondérés par
sont les suivants :
De plus, des notations de la réponse, la
non-réponse et de l’échantillon complet sont données pour le vecteur auxiliaire
à la section 2.2, pour la
variable d’enquête
et pour le vecteur de régression
sur
à la section 2.3.
2.2 Vecteur
auxiliaire et déséquilibre de la réponse
Un vecteur auxiliaire
est choisi à la suite d’un choix
structuré de variables auxiliaires parmi les variables de ce type disponibles.
Dans les pays scandinaves, les variables disponibles sont nombreuses et
proviennent de sources administratives ainsi que d’enquêtes auprès des
particuliers et des ménages. On pourrait s’étendre sur les principes ou les
« tentatives d’optimalité » susceptibles de guider ce choix, mais le
présent article ne porte pas sur la procédure de sélection.
Soit le vecteur auxiliaire désigné
de dimension
On suppose sa valeur
connue pour toutes les unités
(Le cas où la population totale
de
est connue n’est pas pris en
compte.) Dans un cas particulier important,
est un vecteur de groupes de dimension
sous la forme
c’est-à-dire avec
entrées « 0 » et une
seule entrée « 1 » pour identifier le groupe contenant l’unité
Les groupes ne se chevauchent pas et sont exhaustifs, le vecteur de
groupes encode
propriétés des unités. Par
exemple, deux catégories Instruction croisées avec trois catégories Revenu donnent
groupes. Mais les variables
catégoriques
utilisées dans le vecteur
n’ont pas toutes besoin d’être
entièrement croisées, et elles ne le sont pas dans plusieurs applications.
Nous utilisons des vecteurs
avec une propriété pratique du
point de vue mathématique dans de nombreux calculs : Il existe un vecteur
qui ne dépend pas de
de sorte que :
La majorité des vecteurs d’intérêt
satisfont à cette condition ou
peuvent la vérifier. Par exemple, s’il y a une seule variable auxiliaire
continue
et
alors
satisfait à la contrainte. Dans
le cas du vecteur de groupes, la condition est satisfaite par
Dans un exemple où
est catégorique, mais n’est pas
un vecteur de groupes, supposons que deux catégories Études sont croisées avec trois catégories Revenu et que Sexe est
ajouté au vecteur
comme variable
univariée 0/1, alors la dimension est
le nombre de valeurs distinctes
est
et
satisfait à la
contrainte (2.1).
Les moyennes − toutes calculables − du
vecteur
pondéré par
sont
Nous avons besoin des moments du second
ordre; les matrices
calculables sont supposées non
singulières :
Le déséquilibre (IMB) de la réponse est calculé sur les valeurs du vecteur auxiliaire
connues pour
voir Särndal (2011a). Il s’agit
d’une mesure du contraste entre la réponse et l’échantillon complet, ou
autrement entre la réponse et la non-réponse. Pour un vecteur donné
et un échantillon
le déséquilibre est défini comme
suit :
Une notation plus explicite serait
mais pour simplifier, nous
utilisons seulement IMB. Étant donné que
nous pouvons exprimer IMB comme
un contraste entre la réponse et la non-réponse :
L’un des objectifs d’un plan de collecte
de données adaptatif est de créer un ensemble de réponses final
ayant un IMB faible, pour l’échantillon
probabiliste donné
La dimension et la composition du vecteur
sont des déterminants importants
de la valeur du déséquilibre IMB. IMB a comme propriété, pour les variables
fixes
et
d’augmenter si on étend un
vecteur
donné en y ajoutant d’autres
variables
L’augmentation reflète
l’intuition selon laquelle il est plus difficile de rapprocher un nombre plus
élevé de moyennes de variables
Le vecteur
trivial,
pour tous les
donne
mais ne présente presque aucun
intérêt en pratique. Nous avons
pour tout vecteur
et
Ce sont des conditions
générales. Pour la plupart des ensembles de données d’enquête, la valeur
calculée IMB est bien inférieure à la borne supérieure, souvent entre 0,01
et 0,05.
2.3 La variable d’enquête et sa régression sur
Passons à la variable d’enquête
Sa valeur
est observée pour
de sorte que le modèle de
régression linéaire de
sur
puisse être réalisé pour
l’ensemble
Bien que non faisable en cas
d’enquête avec non-réponse, un modèle de régression linéaire de
sur
existe aussi, théoriquement,
pour
et pour
Ajusté à la réponse
le vecteur de coefficient de
régression linéaire (par moindres carrés pondérés par
est
De manière analogue, les deux
autres modèles de régression donnent les vecteurs de régression
et
Exprimés en fonction des
matrices
de moment du second ordre
dans (2.3), les trois vecteurs de régression sont
Les moyennes
sont
Les propriétés suivantes sont vérifiées à
la suite de (2.1) :
Un estimateur rudimentaire, en présence de
non-réponse, du total de la population
utilise l’extension directe
(EXP) de la moyenne de la réponse :
où
Dans
la pondération est uniforme,
sans utilisation d’information auxiliaire. Le biais est susceptible d’être
élevé. L’utilisation des valeurs auxiliaires
connues pour
apporte habituellement une amélioration;
est un estimateur connu et sans
biais (Horvitz-Thompson) du total de la population
et nous cherchons donc les poids
pour satisfaire l’équation de
calage
Voici une solution (qui n’est
pas la seule)
L’estimateur par calage linéaire (CAL) de
est
ou de façon équivalente
Une des raisons pour lesquelles nous nous
attendons à ce que
soit moins biaisé que
surtout quand
et
sont bien liés, est que les
poids
doivent respecter la contrainte
de quantité calculable non biaisée
dans le deuxième membre de l’équation
de calage. Cependant, malgré la pondération de l’ajustement,
a un biais restant non
négligeable, peut-être considérable.
Comme repère, nous utilisons l’estimateur
sans biais de
exigeant une réponse complète
(FUL), qui est donc hypothétique en présence de non-réponse, à savoir
l’estimateur de Horwitz-Thompson
Les trois types d’estimateurs sont
désignés par EXP, CAL et FUL. En fait, CAL représente une famille d’estimateurs,
correspondant à tous les choix possibles de vecteur
Pour un vecteur
approprié donné, nous devons examiner de près l’écart de CAL
défini comme étant la différence
entre le CAL avec biais et le FUL sans biais, cadrée en divisant par la taille
de la population (estimée au besoin) :
où
L’écart n’est pas un biais. L’écart
est un résultat pour un ensemble
de réponses
d’un échantillon particulier
Par ailleurs, le biais de
l’estimateur CAL est la valeur prévue de
sur tous les
d’une valeur
donnée et tous les
de
Si on peut obtenir une réponse
avec un écart nul
quel que soit l’échantillon
alors l’estimateur CAL a un
biais nul, car il est alors toujours égal à l’estimateur de Horvitz-Thompson
sans biais. Il n’est cependant pas réaliste de penser qu’on obtiendra en
pratique un écart nul par une collecte de données adaptative ou un autre moyen.
Il est toutefois judicieux de chercher à réduire l’écart pour l’échantillon
donné
puisque cela permettrait de se
rapprocher d’une estimation sans biais. On peut dire que l’objectif ne consiste
pas à obtenir une estimation sans biais, parce que cela est impossible en
présence de non-réponse, mais qu’il est réaliste de chercher à réduire l’écart
par rapport à une estimation sans biais.