![]() |
||||||
Consulter la version la plus récente.
L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.
|
L'obésité chez les adultes au Canada : Poids et grandeur mesuréspar Michael Tjepkema
La majorité des adultes font de l’embonpoint ou sont obèses Sources des données et techniques d’analyse La proportion de Canadiens qui font de l’embonpoint ou qui sont obèses a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années, phénomène se reflétant à l’échelle mondiale1,2,3,4. Les répercussions de l’excès de poids sur la santé sont bien connues. Il s’agit d’un facteur de risque de diabète de type 2, de maladie cardiovasculaire, d’hypertension, d’arthrose, de certaines formes de cancer et de maladie de la vésicule biliaire5,6,7. Des problèmes psychosociaux, des limitations fonctionnelles et des incapacités sont également associés au surpoids5,8. Pendant plus d’une décennie, l’information sur le poids des Canadiens a été fondée sur des autodéclarations : les participants aux enquêtes déclaraient leur taille et leur poids plutôt que d’être mesurés et pesés. Cependant, il est reconnu que les données autodéclarées entraînent une sous estimation de la prévalence de l’embonpoint et de l’obésité9,10,11,12. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) : Nutrition de 2004, dans le cadre de laquelle le poids et la taille des participants ont été mesurés directement, permet de brosser un tableau plus exact (voir Sources des données et techniques d’analyse). La majorité des adultes font de l’embonpoint ou sont obèsesSelon les données de l’ESCC de 2004, 23,1 % des Canadiens de 18 ans et plus, soit environ 5,5 millions d’adultes, avaient un indice de masse corporelle (IMC) de 30 et plus, ce qui indique qu’ils étaient obèses (tableau 1) (voir Qu’est que l’IMC?). Cette proportion est beaucoup plus élevée que celle calculée d’après les données autodéclarées recueillies en 2003. En effet, elles ont révélé un taux d’obésité de 15,2 % (voir La méthodologie importe), alors qu’une autre proportion d’adultes, c’est-à-dire 8,6 millions ou 36,1 %, faisaient de l’embonpoint. Parmi les personnes obèses, l’IMC varie fortement. Par conséquent, l’obésité est subdivisée en trois catégories qui correspondent à des valeurs d’IMC représentant des risques croissants pour la santé 3,5. Les personnes appartenant à la classe I (IMC de 30,0 à 34,9) courent un risque élevé de souffrir de problèmes de santé; chez celles appartenant à la classe II (IMC de 35,0 à 39,9), le risque est très élevé; chez celles de la classe III (IMC de 40 et plus), il est extrêmement élevé. En 2004, 15,2 % des adultes canadiens se trouvaient dans la classe I d’obésité, 5,1 %, dans la classe II et 2,7 %, dans la classe III (tableau 1).
Forte augmentationEn 1978-1979, des données sur la taille et le poids ont été recueillies, à l’échelle nationale, auprès d’un échantillon représentatif d’adultes dans le cadre de l’Enquête santé Canada. Cette année-là, le taux d’obésité corrigé pour tenir compte de l’âge s’établissait à 13,8 %, c’est-à-dire qu’il était nettement inférieur au taux de 23,1 % enregistré en 2004 (tableau 2). L’augmentation est évidente pour chacune des trois catégories d’obésité, particulièrement pour les classes II et III. La proportion d’adultes de la classe II est passée de 2,3 % à 5,1 % et celle de la classe III, de 0,9 % à 2,7 %.
Durant cette période, le taux d’obésité a augmenté pour tous les groupes d’âge, à l’exception de celui des 65 à 74 ans (graphique 1). Les augmentations les plus notables sont celles observées chez les personnes de moins de 35 ans et chez celles de 75 ans et plus. Par exemple, la proportion de personnes obèses de 25 à 34 ans a plus que doublé, passant de 8,5 % en 1978-1979 à 20,5 % en 2004. L’ampleur de l’augmentation est à peu près la même chez les personnes de 75 ans et plus, pour lesquelles le taux est passé de 10,6 % à 23,6 %.
L’IMC moyen des adultes est passé de 25,1 en 1978-1979 à 27,0 en 2004, et la répartition de la population adulte en fonction de l’IMC s’est déplacée vers l’extrémité lourde du continuum (graphique 2).
Culmination à l’âge mûrEn 2004, les hommes et les femmes étaient aussi susceptibles les uns que les autres d’être obèses, soit 22,9 % et 23,2 %, respectivement. Toutefois, si l’on examine séparément les trois catégories d’obésité, une différence entre les sexes se dégage. En effet, un pourcentage plus élevé de femmes que d’hommes appartenaient à la classe III (tableau 1, graphique 3).
Tant pour les hommes que pour les femmes, les taux d’obésité étaient les plus faibles chez les 18 à 24 ans (10,7 % chez les hommes et 12,1 % chez les femmes) et culminait autour de 30 % chez les 45 à 64 ans (graphique 4). Cependant, la proportion de personnes âgées obèses était plus faible, soit environ 25 %.
Variations interprovincialesÀ part quelques exceptions, les taux d’obésité ne varient pas fortement selon la province (graphique 5). En 2004, le taux d’obésité des hommes était nettement supérieur à la moyenne nationale (22,9 %) à Terre Neuve et Labrador (33,3 %) et au Manitoba (30,4 %). Chez les femmes, il était supérieur à la moyenne nationale (23,2 %) à Terre Neuve et Labrador (34,5 %), en Nouvelle Écosse (30,3 %) et en Saskatchewan (32,9 %).
Comparaison entre le Canada et les États-UnisAlors qu’au Canada les taux d’obésité sont, pour la plupart, fondés sur des données autodéclarées, aux États-Unis, ils sont calculés d’après des mesures réelles de la taille et du poids depuis le début des années 1960. Grâce aux données reposant sur des mesures directes de l’ESCC de 2004, il est possible de comparer la prévalence de l’obésité dans les deux pays. Les résultats normalisés selon l’âge indiquent que 29,7 % des Américains de 18 ans et plus étaient obèses en 1999-2002, ce qui représente une proportion beaucoup plus élevée que celle observée au Canada en 2004 (23,1 %). La plus grande partie de cette différence est attribuable à la situation des femmes. Alors que 23,2 % des Canadiennes étaient obèses, la proportion d’Américaines obèses s’établissait à 32,6 %. En outre, dans chaque catégorie d’obésité (classes I, II et III), la proportion d’Américaines est plus forte que la proportion de Canadiennes (tableau 3). L’écart entre les taux d’obésité des Américaines et des Canadiennes s’observe chez tous les groupes d’âge, à l’exception des 45 à 54 ans et des 75 ans et plus (graphique 6) En ce qui concerne les hommes, le taux d’obésité ajusté selon l’âge des Canadiens était de 22,9 %, ce qui constitue une valeur beaucoup plus faible que le taux de 26,7 % enregistré par les Américains. Cependant, cet écart reflète principalement l’obésité de la classe III : les Américains étaient beaucoup plus susceptibles que leurs homologues canadiens d’avoir un IMC de 40 et plus. Les proportions de Canadiens et d’Américains dont l’IMC correspondait à la classe I ou II étaient statistiquement semblables. Les Américains de 18 à 24 ans, de 35 à 44 ans et de 65 à 74 ans étaient proportionnellement plus nombreux à être obèses que leurs homologues canadiens (graphique 7).
La composition ethnique de la population des deux pays pourrait expliquer certaines différences, puisque des études ont démontré que les taux d’obésité varient selon l’origine ethnique13. Néanmoins, si l’on compare les taux d’obésité des Américains et des Canadiens de race blanche, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’être obèses aux États-Unis qu’au Canada : 30,3 % par rapport à 24,8 % (tableau 3) (voir Définitions). Par contre, les pourcentages d’hommes américains et canadiens de race blanche qui étaient obèses ne différaient pas. Au Canada, le taux d’obésité des personnes d’origine autochtone (vivant hors réserve) était considérablement élevé, soit 37,6 %, ce qui représente environ 1,6 fois la moyenne nationale (tableaux A, B et C). Ces résultats concordent avec ceux d’autres études fondées sur des données autodéclarées13. Liée au mode de vieComme il fallait s’y attendre, la probabilité d’être obèse est liée au régime alimentaire et à l’exercice physique. Les hommes et les femmes ayant déclaré manger des fruits et des légumes moins de trois fois par jour étaient plus susceptibles d’être obèses que ceux consommant ce genre d’aliments cinq fois et plus par jour (graphique 8). Bien que d’autres facteurs puissent sous tendre cette relation, l’association persiste si l’on tient compte des effets de l’âge et du statut socioéconomique. Une autre étude a également démontré que l’obésité est associée indépendamment à la consommation peu fréquente de fruits et de légumes14. Cependant, comme les données de l’ESCC sont transversales, la direction de cette relation ne peut être déterminée (voir Limites).
L’activité physique est, elle aussi, associée à la prévalence de l’obésité. Les personnes sédentaires durant leur temps de loisirs sont plus susceptibles d’être obèses que celles qui sont physiquement actives. Ainsi, 27,0 % des hommes sédentaires étaient obèses comparativement à 19,6 % des hommes actifs. Chez les femmes, les taux d’obésité étaient élevés non seulement pour celles qui étaient sédentaires durant leur temps libre, mais aussi pour celles qui étaient modérément actives (graphique 9). Ces relations demeurent statistiquement significatives lorsqu’on tient compte des effets de l’âge et du statut socioéconomique.
Différences socioéconomiquesLe taux d’obésité varie selon l’état matrimonial chez la femme, ce qui n’est pas le cas chez l’homme (graphique 10). Environ le quart des hommes et des femmes mariés de 25 ans ou plus étaient obèses. Le taux était beaucoup plus élevé chez les femmes veuves (30,0 %). Par contre, les pourcentages d’hommes mariés, séparés ou divorcés, veufs et jamais mariés qui étaient obèses ne différaient pas considérablement.
L’association entre le niveau de scolarité et l’obésité n’est pas aussi simple. Les hommes de 25 à 64 ans dont le niveau de scolarité le plus élevé est un diplôme d’études secondaires affichaient des taux d’obésité beaucoup plus élevés que ceux ayant obtenu un diplôme d’études postsecondaires (graphique 11). Chez les femmes, celles n’ayant pas terminé leurs études secondaires étaient plus susceptibles d’être obèses que celles possédant un diplôme d’études postsecondaires. En outre, le taux d’obésité des femmes qui avaient fait des études postsecondaires partielles, mais ne les avaient pas terminées, était élevé.
Les hommes vivant dans les ménages à revenu moyen-inférieur étaient moins susceptibles d’être obèses que ceux vivant dans les ménages ayant les revenus les plus élevés. Chez les femmes, celles appartenant à un ménage à revenu moyen ou moyen-supérieur affichaient un taux d’obésité beaucoup plus élevé que celles vivant au sein les ménages ayant les revenus les plus élevés (graphique 12). Lorsqu’on tient compte des effets de l’âge, les résultats obtenus chez les hommes persistent, alors que chez les femmes, uniquement celles vivant dans des ménages à revenu moyen affichaient un taux d’obésité considérablement élevé.
Problèmes de santé chroniquesFaire de l’embonpoint ou être obèse est un facteur de risque de présenter un certain nombre de problèmes de santé chroniques. L’analyse des données de l’ESCC révèle des associations entre le surpoids et l’hypertension, le diabète et la maladie cardiaque. En 2004, moins de 10 % des hommes et des femmes dont l’IMC était dans la fourchette normale ont déclaré faire de l’hypertension. La proportion passait à un peu plus de 15 % chez ceux et celles qui faisaient de l’embonpoint et à plus de 20 % chez ceux et celles qui étaient obèses (graphique 13, tableau 4). Même si l’on tient compte des effets de l’âge, de l’état matrimonial, du niveau de scolarité, du revenu du ménage, de l’usage du tabac et de l’activité physique durant les loisirs, le surpoids est tout de même fortement associé au fait de déclarer souffrir d’hypertension (tableau 5) (voir Limites). Un IMC élevé constitue un facteur de risque de diabète de type 215. Alors que seulement 2,1 % des hommes se trouvant dans la catégorie d’IMC normale déclaraient faire du diabète, la proportion de ceux qui faisaient de l’embonpoint était de 3,7 % et chez ceux qui étaient obèses, elle avait presque triplé (au moins 11 %) (graphique 14). Le profil était semblable pour les femmes. Et même si l’on tient compte des effets d’autres facteurs, la probabilité que les hommes et les femmes obèses déclarent faire du diabète est considérablement élevée (tableau 5) La prévalence de la maladie cardiaque augmente avec l’IMC chez les hommes. Alors que 2,8 % des hommes dont l’IMC était normal ont déclaré avoir une maladie cardiaque, la proportion s’établissait à 6,0 % chez ceux faisant de l’embonpoint et à près de 8 % chez ceux étant obèses (graphique 15). Même si l’on tient compte des effets de l’âge, de l’état matrimonial, du niveau de scolarité, du revenu du ménage, de l’usage du tabac et de l’activité physique durant les loisirs, l’association entre l’IMC et la maladie cardiaque persiste chez les hommes (tableau 5).
Chez les femmes, la prévalence de la maladie cardiaque ne variait pas beaucoup en fonction de l’IMC, à l’exception de celles appartenant à la classe I d’obésité qui étaient un peu plus susceptibles de souffrir de cette maladie que les femmes dont l’IMC était normal. Cependant, si l’on tient compte des effets d’autres facteurs démographiques, socioéconomiques et de ceux liés au mode de vie, cette relation disparaît. Mot de la finSi l’on savait, de façon générale, que les taux d’obésité avaient énormément augmenté au Canada au cours du dernier quart de siècle, l’ampleur de l’augmentation était incertaine, car les estimations reposaient sur des données autodéclarées. Les résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) : Nutrition de 2004, qui s’appuient sur des mesures directes de la taille et du poids, révèlent que 23 % d’adultes étaient obèses. Bien qu’il soit en hausse par rapport aux 14 % enregistrés en 1978-1979, ce chiffre demeure inférieur au taux d’obésité observé aux États Unis (30 %). Cependant, une autre proportion de Canadiens (36 %) faisaient de l’embonpoint en 2004. Une majorité de Canadiens — près de 60 % — se trouvaient donc dans une fourchette de poids qui augmentait leur risque de manifester des problèmes de santé. En fait, selon les résultats de l’ESCC, la probabilité d’être hypertendu, diabétique ou cardiaque s’accroît avec l’IMC, et bon nombre de personnes risquent de voir leur poids augmenter. Une étude longitudinale a démontré que les personnes faisant de l’embonpoint sont beaucoup plus susceptibles de continuer à gagner du poids plutôt que d’en perdre16. RemerciementsL’auteur tient à remercier Wayne Millar pour son aide dans le calcul des estimations de la variance effectué au moyen de SUDAAN, pour l’Enquête santé Canada de 1978-1979 et la National Health and Nutrition Examination Survey de 1999-2002. Pour visualiser les documents PDF, vous devez utiliser le lecteur Adobe gratuit. Pour visualiser (ouvrir) ces documents, cliquez simplement sur le lien. Pour les télécharger (sauvegarder), mettez le curseur sur le lien et cliquez le bouton droit de votre souris. Notez que si vous employez Internet Explorer ou AOL, les documents PDF ne s'ouvrent pas toujours correctement. Veuillez consulter Dépannage pour documents PDF. Il se peut que les documents PDF ne soient pas accessibles au moyen de certains appareils. Pour de plus amples renseignements, visitez le site Adobe ou contactez-nous pour obtenir de l'aide. |
|