Regards sur la société canadienne
Projets d’avenir : intentions de la population canadienne d’avoir des enfants biologiques
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Aperçu de l’étude
À l’aide des données recueillies dans le cadre de l’Enquête sociale canadienne en 2021 et 2024, la présente étude tente de déterminer si les intentions d’avoir des enfants ont changé au sein de la population canadienne. Elle examine les changements globaux en ce qui a trait aux intentions d’avoir des enfants chez les personnes âgées de 15 à 49 ans, ainsi que les variations relatives au nombre d’enfants envisagés. Afin de mieux comprendre les facteurs à l’origine de ces changements, l’étude examine les différences en fonction des groupes sociodémographiques.
- Lorsque l’on examine les intentions d’avoir des enfants biologiques (en excluant tout enfant biologique actuel), une plus grande proportion de la population canadienne, en 2024 qu’en 2021, a déclaré vouloir un ou plusieurs enfants à un moment donné (46 % par rapport à 41 %, respectivement).
- En 2024, plus de la moitié de la population canadienne sans enfants biologiques prévoyait avoir des enfants (58 %), tandis que le quart (25 %) des personnes ayant déjà des enfants biologiques prévoyait en avoir un ou plusieurs autres.
- La plus forte augmentation des intentions a été observée au sein de la population canadienne âgée de 15 à 24 ans; en 2024, près des deux tiers (64 %) des personnes de ce groupe ont déclaré vouloir au moins un enfant, ou en vouloir un autre; ce qui représente une augmentation par rapport au 53 % enregistré en 2021. En 2024, ces jeunes Canadiens et Canadiennes avaient également l’intention d’avoir le plus grand nombre d’enfants (2,4 enfants), comparativement aux personnes âgées de 25 à 34 ans (2,0 enfants) et à celles âgées de 35 à 49 ans (1,6 enfant).
- Il y a eu une hausse significative des intentions d’agrandir leur famille en ayant des enfants biologiques chez les Canadiennes et Canadiens jamais mariés et n’étant pas en union libre, alors que la population canadienne mariée et celle en union libre n’ont affiché aucun changement à cet égard. Plus précisément, en 2024, 56 % de la population canadienne jamais mariée avaient l’intention d’avoir des enfants; soit une augmentation de 9 points de pourcentage par rapport à 2021 (47 %).
Introduction
Au cours des dernières années, l’indice synthétique de fécondité au Canada a diminué, atteignant un creux historique de 1,25 enfant par femme en 2024Note 1, ce qui correspond aux critères d’un pays à fécondité ultra-faible. Ce statut signifie généralement que le pays peut faire face à des défis liés au vieillissement de la population, tels que des pressions sur la population active ainsi que sur les systèmes publics de soins de santé et de retraiteNote 2.
Les tendances en matière de fécondité, y compris en matière de nombre d’enfants nés et d’âge moyen au moment de la procréation, ont évolué au cours des six dernières décennies. À l’échelle nationale, les femmes ont reporté le moment de donner naissance à leurs enfants de la vingtaine à la trentaineNote 3. Plus précisément, cette tendance à donner naissance à un âge moyen de plus en plus élevé pourrait entraîner une augmentation du nombre de Canadiennes et Canadiens confrontés à l’infertilité liée à l’âge et, par conséquent, incapables d’atteindre la taille de famille souhaitéeNote 4. En effet, les intentions en matière de fécondité ne correspondent pas nécessairement aux taux de fécondité futurs, puisque toutes les grossesses ne sont pas planifiées et toutes les grossesses prévues ne se concrétisent pas. Pourtant, des recherches antérieures ont montré une corrélation étroite entre les intentions et la réalisation à l’échelle de la
Des études antérieures laissent entendre que les projets de fécondité sont ajustés en contexte d’incertitude économiqueNote 6. Au Canada, les cinq dernières années ont été marquées par une combinaison de perturbations économiques et sociales associées à la pandémie de COVID-19Note 7, une augmentation des préoccupations liées à l’abordabilité du logementNote 8, une hausse générale du coût de la vieNote 9, une augmentation du chômage chez les jeunesNote 10, ainsi que par d’éventuels changements du marché du travail en raison de l’expansion de l’intelligence artificielle et de l’automatisationNote 11. Compte tenu de ces vastes transformations socioéconomiques, il est important de comprendre si les projets des gens en matière de constitution de la famille ont changé au cours des dernières années. Il est tout aussi important de déterminer si certains groupes au Canada, comme les jeunes Canadiens et Canadiennes, ont été plus susceptibles de modifier leurs plans.
Le présent article utilise l’Enquête sociale canadienne (ESC) pour examiner l’évolution des intentions d’avoir des enfants biologiques au sein de la population canadienne âgée de 15 à 49 ans, et ce en analysant les changements observés de 2021 à 2024. Afin de mieux comprendre les facteurs à l’origine de ces changements, l’étude examine les différences selon les groupes sociodémographiques. Dans le cadre de la présente étude, l’accent est mis sur les intentions d’avoir des enfants biologiques à un moment donné dans l’avenir et exclut tout enfant biologique actuel. Cette approche diffère du concept traditionnel d’intentions de fécondité, souvent appelé intentions de fécondité au cours de la vie, qui tient compte de l’ensemble des enfants envisagés, y compris ceux déjà nés.
Un plus grand nombre de Canadiennes et de Canadiens prévoient avoir des enfants un jour
Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé au printemps 2020, certains indices montraient que les personnes âgées de 15 à 49 ans réévaluaient leurs projets de fécondité dans un contexte d’incertitude économique, de mesures de santé publique et d’enjeux plus vastes liés aux relations et aux liens sociaux. Selon l’ESC de 2021, 19 % des personnes de ce groupe d’âge ont déclaré qu’elles allaient retarder le moment d’avoir des enfants, ou prévoyaient en avoir moins, en raison de la pandémieNote 12.
À ce moment-là, en 2021, 41 % de la population canadienne âgée de 15 à 49 ans ont déclaré avoir l’intention d’avoir des enfants pour la première fois ou d’avoir d’autres enfants biologiques (en plus de tout enfant actuel). Trois ans plus tard, cette proportion a augmenté pour atteindre 46 %; ce qui laisse entendre qu’une proportion croissante de Canadiennes et Canadiens âgés de 15 à 49 ans souhaitaient avoir des enfants après la pandémie. Le nombre d’enfants prévus a également augmenté pour passer de 2,0 enfants en 2021 à 2,1 enfants en 2024.
L’Ontario a enregistré la plus forte augmentation du pourcentage de personnes ayant l’intention d’avoir des enfants à un moment donné dans l’avenir
Il y avait des différences entre les régions en matière d’intentions d’avoir des enfants. En 2021, le Québec occupait le premier rang au Canada, affichant la plus forte proportion de personnes souhaitant avoir des enfants, comparativement à toutes les autres régions (graphique 1). En 2024, la proportion de personnes souhaitant avoir des enfants demeurait élevée au Québec (47 %), mais les personnes de l’Ontario avaient rejointes celles du Québec au sommet du classement (48 %). En Ontario, la proportion de personnes souhaitant avoir des enfants dans l’avenir s’élevait à 41 % en 2021. À l’exception de l’Ontario et des provinces des Prairies, la plupart des régions n’ont connu aucun changement dans la proportion de personnes souhaitant avoir des enfants.

Tableau de données du graphique 1
| Région | 2021 (réf.) | 2024 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle d'erreur | Proportion | Intervalle d'erreur | |||
| moins | plus | moins | plus | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2021 et 2024. |
||||||
| Provinces de l’Atlantique | 36,6 | 4,0 | 4,1 | 36,3 | 6,1 | 6,1 |
| Québec | 47,4 | 4,5 | 4,6 | 47,2 | 4,7 | 4,6 |
| Ontario | 41,0 | 3,5 | 3,5 | 48,4Tableau de données du graphique 1 Note * | 3,6 | 3,5 |
| Provinces des Prairies | 37,0 | 4,0 | 4,0 | 42,8 Tableau de données du graphique 1 Note * | 4,3 | 4,3 |
| Colombie-Britannique | 37,6 | 5,7 | 5,8 | 43,1 | 5,9 | 5,8 |
En ce qui concerne le nombre d’enfants prévus, aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les régions (2,0 enfants prévus en 2021 et 2,1 enfants prévus en 2024). La seule exception était la Colombie-Britannique, où le nombre moyen d’enfants prévus en 2024 était légèrement inférieur, celui-ci s’élevant à 1,9 enfant prévu.
Plus de la moitié de la population canadienne sans enfants prévoyait en avoir
Bien que les familles puissent aussi s’agrandir par le mariage et l’adoption, la proportion de personnes sans enfants biologiques qui souhaitaient avoir des enfants était plus élevée en 2024 (58 %) qu’en 2021 (52 %). En revanche, aucune variation significative n’a été observée chez les personnes ayant déjà des enfants biologiques et qui souhaitaient en avoir d’autres (25 % en 2021 et 26 % en 2024) (tableau 1).
| Caractéristiques sociodémographiques | 2021 (réf.) |
2024 |
||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle de confiance à 95 % | Proportion | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| limite inférieure | limite supérieure | limite inférieure | limite supérieure | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2021 et 2024. |
||||||
| Total | 40,9 | 38,9 | 42,9 | 45,6 Tableau 1 Note † | 43,4 | 47,7 |
| Genre | ||||||
| Hommes+ (réf.) | 44,6 | 41,6 | 47,5 | 48,6 | 45,5 | 51,8 |
| Femmes+ | 37,0 | 34,2 | 39,7 | 42,3Tableau 1 Note *Tableau 1 Note † | 39,3 | 45,3 |
| Groupe d’âge | ||||||
| 15 à 24 ans (réf.) | 52,9 | 47,9 | 58,1 | 64,0 Tableau 1 Note † | 59,4 | 68,7 |
| 25 à 34 ans | 55,0 | 51,4 | 58,7 | 59,4 | 55,2 | 63,5 |
| 35 à 49 ans | 21,6 Tableau 1 Note * | 19,5 | 23,8 | 21,9 Tableau 1 Note * | 19,4 | 24,4 |
| État matrimonial | ||||||
| Mariés ou en union libre (réf.) | 36,8 | 34,4 | 39,1 | 38,1 | 35,2 | 41,0 |
| Jamais mariés | 47,5 Tableau 1 Note * | 43,9 | 51,2 | 55,6Tableau 1 Note *Tableau 1 Note † | 52,1 | 59,0 |
| Séparés, divorcés ou veufs | 21,2 Tableau 1 Note * | 13,3 | 29,1 | 25,6 Tableau 1 Note * | 15,7 | 35,5 |
| A des enfants biologiques | ||||||
| Oui (réf.) | 25,3 | 22,8 | 27,7 | 25,5 | 22,5 | 28,4 |
| Non | 51,7 Tableau 1 Note * | 48,7 | 54,7 | 58,1Tableau 1 Note *Tableau 1 Note † | 55,1 | 61,0 |
| Identité 2ELGBTQ+ | ||||||
| Personnes non 2ELGBTQ+ (réf.) | 41,7 | 39,5 | 43,8 | 46,9 Tableau 1 Note † | 44,7 | 49,1 |
| Personnes 2ELGBTQ+ | 34,1 | 27,3 | 41,0 | 32,8 Tableau 1 Note * | 25,6 | 40,0 |
En moyenne, les Canadiennes et Canadiens sans enfants ont déclaré vouloir environ 2,2 enfants. Sans surprise, ce nombre est significativement plus élevé que le nombre d’enfants additionnels prévus (1,5 enfant) chez ceux et celles qui avaient déjà des enfants biologiques.
Les jeunes Canadiennes et Canadiens âgés de 15 à 24 ans ont enregistré la plus forte hausse des intentions d’agrandir leur famille en ayant des enfants biologiques
Bien que les jeunes puissent être les plus touchés par les récents changements économiquesNote 13, ceux-ci étaient en grande partie à l’origine de la hausse observée en ce qui a trait aux intentions futures d’avoir des enfants biologiques. En 2021, un peu plus de la moitié (53 %) des Canadiennes et Canadiens âgés de 15 à 24 ans ont déclaré avoir l’intention d’avoir un enfant pour la première fois ou d’avoir d’autres enfants. Ce chiffre a augmenté de plus de 10 points de pourcentage pour atteindre 64 % en 2024 (tableau 1).
L’augmentation de la proportion de jeunes souhaitant avoir des enfants était exclusivement attribuable à une hausse chez les jeunes femmes (de 50 % en 2021 à 63 % en 2024), puisqu’aucun changement significatif n’a été observé chez les jeunes hommes (graphique 2). Toutefois, que ce soit en 2021 ou en 2024, les jeunes hommes étaient plus susceptibles que les jeunes femmes d’indiquer qu’ils souhaitaient agrandir leur famille.

Tableau de données du graphique 2
| Genre et groupe d’âge | 2021 (réf.) | 2024 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle d'erreur | Proportion | Intervalle d'erreur | |||
| moins | plus | moins | plus | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2021 et 2024. |
||||||
| Hommes+ | ||||||
| 15 à 24 ans | 55,8 | 6,9 | 6,8 | 65,0 | 6,5 | 6,2 |
| 25 à 34 ans | 56,1 | 5,5 | 5,5 | 62,6 | 5,9 | 5,9 |
| 35 à 49 ans | 27,6 | 3,6 | 3,6 | 25,9 | 3,8 | 3,8 |
| Femmes+ | ||||||
| 15 à 24 ans | 49,8 Tableau de données du graphique 2 Note * | 7,4 | 7,5 | 62,9 | 6,6 | 6,7 |
| 25 à 34 ans | 53,9 | 4,7 | 4,8 | 55,9 | 5,7 | 5,7 |
| 35 à 49 ans | 15,4 | 2,6 | 2,7 | 17,7 | 3,3 | 3,3 |
Les Canadiennes et Canadiens âgés de 15 à 24 ans ayant déclaré avoir l’intention d’avoir des enfants en 2024 étaient également ceux qui prévoyaient en avoir le plus, tous groupes d’âge confondus, avec 2,4 enfants prévus (tableau 2). En 2024, les personnes âgées de 25 à 34 ans prévoyant avoir des enfants en voulaient 2,0, tandis que celles âgées de 35 à 49 ans prévoyaient avoir 1,6 enfant en moyenne. Cela peut s’expliquer par des différences quant à la probabilité d’avoir déjà des enfants. Les personnes âgées de 15 à 24 ans sont les moins susceptibles d’avoir déjà des enfants; cela pourrait expliquer pourquoi leur nombre d’enfants prévus est plus élevé que celui des personnes âgées de 35 à 49 ans, qui sont plus susceptibles d’avoir déjà des enfants biologiques.
| Caractéristiques sociodémographiques | 2021 (réf.) | 2024 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Nombre d’enfants prévus | Intervalle de confiance à 95 % | Nombre d’enfants prévus | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| limite inférieure | limite supérieure | limite inférieure | limite supérieure | |||
| nombre | pourcentage | nombre | pourcentage | |||
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2021 et 2024. |
||||||
| Total | 2,0 | 1,9 | 2,0 | 2,1 Tableau 2 Note † | 2,0 | 2,1 |
| Genre | ||||||
| Hommes+ (réf.) | 2,0 | 1,9 | 2,1 | 2,1 | 2,0 | 2,2 |
| Femmes+ | 2,0 | 1,9 | 2,1 | 2,1 | 2,0 | 2,2 |
| Groupe d’âge | ||||||
| 15 à 24 ans (réf.) | 2,3 | 2,1 | 2,5 | 2,4 | 2,3 | 2,5 |
| 25 à 34 ans | 1,9 Tableau 2 Note * | 1,8 | 2,0 | 2,0 Tableau 2 Note * | 1,9 | 2,1 |
| 35 à 49 ans | 1,6 Tableau 2 Note * | 1,5 | 1,7 | 1,6 Tableau 2 Note * | 1,5 | 1,7 |
| État matrimonial | ||||||
| Mariés ou en union libre (réf.) | 1,7 | 1,6 | 1,8 | 1,8 | 1,7 | 1,9 |
| Jamais mariés | 2,2 Tableau 2 Note * | 2,1 | 2,3 | 2,3 Tableau 2 Note * | 2,2 | 2,4 |
| Séparés, divorcés ou veufs | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié | F trop peu fiable pour être publié |
| A des enfants biologiques | ||||||
| Oui (réf.) | 1,4 | 1,3 | 1,5 | 1,5 | 1,3 | 1,7 |
| Non | 2,2 Tableau 2 Note * | 2,1 | 2,3 | 2,2 Tableau 2 Note * | 2,2 | 2,3 |
| Identité 2ELGBTQ+ | ||||||
| Personnes non 2ELGBTQ+ (réf.) | 1,9 | 1,9 | 2,0 | 2,1 Tableau 2 Note † | 2,0 | 2,1 |
| Personnes 2ELGBTQ+ | 2,5 E à utiliser avec prudence | 1,9 | 3,0 | 2,2 E à utiliser avec prudence | 1,9 | 2,5 |
Hausse marquée des intentions de fécondité chez les Canadiennes et Canadiens jamais mariés et n’étant pas en union libre
Les Canadiennes et Canadiens jamais mariés, qui n’étaient pas en union libre (dont plus de la moitiéNote 14 ont moins de 25 ans), constituaient le seul groupe, parmi les autres groupes selon l’état matrimonial, à avoir enregistré une hausse de leurs intentions d’avoir des enfants à un moment donné. Leur proportion est passée de 48 % en 2021 à 56 % en 2024.
De plus, les personnes jamais mariées étaient systématiquement plus susceptibles que les personnes mariées ou en union libre de vouloir des enfants pour la première fois ou d’en vouloir d’autres (tableau 1). Cette tendance a été observée en 2021 et en 2024, et est demeurée vraie même après la prise en compte de l’âge, du genre et du nombre d’enfants actuels. Les personnes jamais mariées prévoyaient également avoir plus d’enfants que leurs homologues mariés (2,3 enfants par rapport à 1,8 enfant, respectivement, en 2024), bien que cela puisse refléter leur plus forte probabilité de ne pas déjà avoir des enfants.
Pour les Canadiennes et Canadiens mariés et en union libre, l’intention d’agrandir la famille est demeurée relativement stable, ayant passé de 37 % en 2021 à 38 % en 2024.
Aucun changement des projets de fécondité parmi la population 2ELGBTQ+ canadienne
Dans l’ensemble, les personnes 2ELGBTQ+Note 15 au Canada n’ont affiché aucun changement de 2021 à 2024 quant à leurs intentions d’agrandir leur famille, avec environ le tiers (34 %) ayant déclaré vouloir des enfants un jour. Cela contraste avec la situation des personnes non 2ELGBTQ+, parmi lesquelles le pourcentage de personnes ayant l’intention d’avoir des enfants est passé de 42 % en 2021 à 47 % en 2024. De plus, le nombre d’enfants envisagés a augmenté chez les personnes non 2ELGBTQ+, passant de 1,9 enfant en 2021 à 2,1 enfants en 2024. Aucun changement significatif n’a été observé quant au nombre d’enfants envisagés chez les personnes 2ELGBTQ+ canadiennes, celui-ci s’élevant à environ 2,2 enfants en 2024.
L’optimisme est lié aux intentions futures d’avoir des enfants
Le fait d’avoir une perception positive de l’avenir était associé à une plus grande probabilité de vouloir des enfants biologiques. En 2024, la moitié (50 %) des personnes qui avaient toujours ou souvent une perception positive de l’avenir voulaient des enfants un jour, comparativement à 36 % de celles qui avaient rarement ou jamais une vision optimiste de la vie.
Bien que le fait d’avoir une attitude positive face à l’avenir soit systématiquement associé à une plus grande probabilité de vouloir des enfants biologiques, la tendance générale à vouloir des enfants dans l’avenir a été observée tant chez les personnes ayant une perception positive que chez celles qui avaient rarement ou jamais une vision optimiste. Plus précisément, le pourcentage de personnes ayant le projet d’avoir des enfants a augmenté de 5 points de pourcentage au sein de la population canadienne ayant une perception optimiste de l’avenir (ayant passé de 45 % en 2021 à 50 % en 2024), et de 10 points de pourcentage parmi la population canadienne qui n’avait pas ce même niveau d’optimisme (ayant passé de 26 % en 2021 à 36 % en 2024) (graphique 3).

Tableau de données du graphique 3
| Perceptions de l’avenir | 2021 (réf.) | 2024 |
||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Proportion | Intervalle d'erreur | Proportion | Intervalle d'erreur | |||
| moins | plus | moins | plus | |||
| pourcentage | ||||||
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2021 et 2024. |
||||||
| Perception rarement ou jamais positive (réf.) | 26,2 | 6,4 | 6,5 | 35,9 Tableau de données du graphique 3 Note † | 6,2 | 6,1 |
| Perception parfois positive | 36,0 Tableau de données du graphique 3 Note * | 3,8 | 4,0 | 41,6 | 4,1 | 4,1 |
| Perception souvent ou toujours positive | 45,1 Tableau de données du graphique 3 Note * | 2,7 | 2,8 | 50,1 Tableau de données du graphique 3 Note *Tableau de données du graphique 3 Note † | 2,8 | 2,9 |
Conclusion
Les données de l’ESC fournissent un aperçu actuel de la façon dont la population canadienne perçoit le fait d’avoir des enfants. Une proportion croissante envisage d’inclure des enfants dans leurs projets d’avenir. Les principaux groupes à l’origine de la hausse observée de 2021 à 2024 sont les personnes n’ayant pas d’enfants biologiques, les personnes qui résident en Ontario et dans les provinces des Prairies, les femmes âgées de 15 à 24 ans, ainsi que les personnes n’ayant jamais été mariées.
Cette augmentation justifie le besoin d’un suivi continu, et ce afin de déterminer si celle-ci signale le début d’une tendance à la hausse des intentions d’avoir des enfants, et aussi pour déterminer si la hausse des intentions observée chez les jeunes se traduira éventuellement par une hausse future de la fécondité réalisée. Des recherches antérieures ont indiqué que l’écart de fécondité entre les intentions d’avoir des enfants et le fait d’avoir réellement des enfants pouvait s’élargirNote 16 et être particulièrement prononcé chez les jeunes. Les cohortes de personnes plus jeunes pourraient ne pas concrétiser leurs intentions initiales d’avoir des enfants (pour diverses raisons sociales et économiques) ou pourraient simplement changer leurs préférences en vieillissantNote 17. Grâce à un suivi continu et à des analyses plus approfondies, il sera possible de mieux comprendre les tendances futures en termes de fécondité, une question qui touche l’ensemble des institutions sociales, de la planification des services de garderies et des établissements d’enseignement aux systèmes de soins de santé et de retraite.
Sources de données, méthodes et définitions
L’Enquête sociale canadienne (ESC) est une enquête trimestrielle menée par Statistique Canada tous les trois mois sur une période de six semaines. Elle recueille des données sur divers sujets sociaux, comme la santé, le bien-être et la qualité de vie. L’objectif de l’ESC est de permettre une compréhension plus rapide des enjeux sociaux que les enquêtes traditionnelles; elle s’inscrit dans l’effort plus vaste de Statistique Canada visant à moderniser les méthodes et les activités de collecte de données. L’ESC fournit des données à l’échelle nationale, à l’exclusion des territoires. La population cible de l’ESC est constituée des personnes âgées de 15 ans et plus ne résidant pas en établissement et vivant hors réserve dans les 10 provinces du Canada.
La présente étude a utilisé les données de deux cycles de l’ESC. La collecte du troisième cycle de l’ESC, « Enquête sociale canadienne – Bien-être, travail non rémunéré et temps passé en famille », s’est déroulée du 26 octobre au 7 décembre 2021. Le projet a également utilisé des données du 15e cycle de l’ESC, « Enquête sociale canadienne – Qualité de vie, logement et confiance », dont la collecte a eu lieu du 18 octobre au 2 décembre 2024. La taille de l’échantillon pour chacun de ces deux cycles de l’ESC était de 20 000 ménages stratifiés selon la province et le nombre anticipé de membres du ménage âgés de 15 ans et plus. Dans chacun des 20 000 ménages, un membre du ménage a été sélectionné aléatoirement pour répondre à l’ESC. Le taux de réponse estimé pour le troisième cycle était de 58,4 % (9 951 répondants) et pour le 15e cycle, il était de 46,8 % (8 491 répondants).
L’étude portait sur les personnes âgées de 15 à 49 ans ayant répondu aux questions de l’enquête concernant le nombre d’enfants biologiques et le nombre d’enfants envisagés. Des modifications ont dû être apportées aux données pour assurer leur cohérence. Lorsque le nombre d’enfants envisagés était inférieure au nombre d’enfants actuels, ces réponses ont été codées comme des non-réponses. Ceci était nécessaire car dans la question portant sur les intentions en matière de fécondité, il était demandé aux répondants d’inclure les enfants actuels dans leur réponse. Cette étude exclut les enfants existants afin d’examiner les projets futurs d’avoir des enfants, plutôt que les projets sur l’ensemble de la vie.
Les termes « Canadiens, Canadiennes et population canadienne » désignent toute personne vivant au Canada, quel que soit son statut de citoyenneté.
Documents consultés
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