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Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation
Lieu des études et succès des immigrants du Canada sur le marché du travail
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Chapitre 10 : Mot de la fin
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Le but de cette étude était d'examiner la relation empirique entre le succès relatif sur le marché du travail (c.-à-d. la situation d'activité, les revenus d'emploi et l'appariement entre la profession et la scolarité requise) des immigrants canadiens hautement instruits et le lieu d'études. Notre motivation provient principalement d'études canadiennes récentes (voir par exemple, Ferrer et Riddell, 2008; Gilmore et Le Petit, 2008; Alboim, Finnie et Meng, 2005) et de la littérature internationale (voir par exemple, Chiswick, Cohen et Zach, 1997; Chiswick et Miller, 2008 et 2009; Liebig, 2007) suggérant que le capital humain (c.-à-d. l'éducation ou l'expérience du marché du travail) n'est pas complètement transférable entre les pays. En faisant usage des données du Recensement de la population de 2006 et de techniques descriptives et multivariées, nous avons comparé les différentes cohortes d'immigrants de 25 à 64 ans avec une éducation postsecondaire aux Canadiens de naissance à attributs similaires.
Après la prise en compte de plusieurs caractéristiques concernant le marché du travail, nous avons trouvé que, comparativement aux Canadiens de naissance, les immigrants étaient plus susceptibles d'être inactifs et moins susceptibles d'être des employés salariés ou des travailleurs autonomes. Par ailleurs, nous avons obtenu des résultats appuyant l'hypothèse selon laquelle les variations intragroupes du succès sur le marché du travail des immigrants canadiens instruits à l'étranger pourraient s'expliquer, en partie du moins, par le fait qu'au Canada, plusieurs parties prenantes (telles que les employeurs éventuels, les organismes de réglementation, les comités d'évaluation, etc.) n'évaluent pas nécessairement les titres scolaires de toutes les régions sources selon un standard unique. Comparativement aux Canadiens de naissance par exemple, les immigrants très récents qui ont terminé leurs études postsecondaires au Pakistan et en Corée du Sud étaient respectivement 27 % et 22 % plus susceptibles d'être inactifs. En revanche, ceux qui ont terminé leur éducation postsecondaire aux Philippines (+3 %), en Inde (+7 %) ou dans la Fédération de Russie (+6 %) ont seulement été un peu plus susceptibles d'être inactifs que les Canadiens de naissance.
Nous avons aussi obtenu des preuves suggérant qu'en absence d'une scolarité postsecondaire canadienne, les immigrants ne bénéficient pas tous de l'augmentation de la durée de leur résidence permanente au Canada. Comparativement aux Canadiens de naissance par exemple, les immigrants qui ont achevé leur plus haut niveau d'éducation postsecondaire au Pakistan ou en Corée du Sud étaient plus susceptibles d'être inactifs et moins susceptibles d'être des employés salariés, même après avoir été des résidents permanents canadiens pendant une décennie au moins. En revanche, les immigrants établis qui ont terminé leur plus haut niveau d'études postsecondaires au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France ont eu, en moyenne, la même probabilité que les Canadiens de naissance d'être des travailleurs sous-qualifiés ou des travailleurs autonomes, toutes choses étant égales par ailleurs.
Nos estimations ont aussi indiqué que l'employé canadien de naissance moyen de 25 à 64 ans avec une éducation postsecondaire était susceptible d'avoir un avantage salarial vis-à-vis de son homologue immigrant dont la magnitude dépendait du lieu du plus haut niveau d'études postsecondaires et de la cohorte d'immigration. À titre d'exemple, le Canadien de naissance typique avec une éducation postsecondaire était susceptible de gagner, en moyenne, 62 % de plus qu'un immigrant très récent qui a terminé ses études postsecondaires au Pakistan ou dans la Fédération de Russie. Inversement, le désavantage salarial moyen associé aux immigrants très récents qui ont achevé leur plus haut niveau d'éducation postsecondaire au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni était respectivement de -32 %, de -30 % et de -25 %. Nos résultats multivariés ont mis en évidence l'importance de tenir compte du biais de sélection lors de l'estimation des déterminants des revenus d'emploi au Canada. Enfin et surtout, nous avons examiné la mesure dans laquelle nos estimations reflèteraient les différences de caractéristiques telles que le statut d'immigration et l'expérience professionnelle canadienne potentielle. Nos analyses de sensibilité ont offert des conclusions similaires, soit que, comparativement aux Canadiens de naissance à attributs mesurés similaires, les immigrants de 25 à 64 ans avec une éducation postsecondaire étaient plus susceptibles d'expérimenter un désavantage salarial qui varie avec le lieu d'études et la durée de résidence permanente au Canada.
Nos résultats nous ont mené à conclure que plusieurs employeurs éventuels qui utilisent l'éducation pour jauger la productivité des participants au marché du travail percevraient les « produits » des systèmes éducatifs postsecondaires britannique, américain, français et allemand comme ayant plus de composantes facilement transférables au Canada que les « produits » des systèmes éducatifs postsecondaires chinois, russe, pakistanais et sud-coréen. Nos résultats appuient l'idée selon laquelle plusieurs employeurs canadiens ainsi que bon nombre d'autres parties prenantes (comme les organismes de réglementation, les comités d'évaluation, etc.) peuvent ne pas jauger les titres scolaires postsecondaires de toutes les régions sources sur un standard unique.
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