Méthode de correction de l’erreur d’appartenance à une base dans les estimateurs à double base de sondage
Section 6. Exemple : Enquête auprès des pêcheurs à la ligne
Nous illustrons l’utilisation de la
méthode proposée de correction de biais par son application à une enquête
postale à double base de sondage auprès des pêcheurs à la ligne de Caroline du
Nord en 2009. C’était là une enquête pilote permettant de vérifier plusieurs
changements apportés à un programme permanent de collecte de données de la NOAA
sur l’activité récréative de pêche à la ligne en eau de mer. Le degré
d’activité était défini par le nombre de déplacements de pêche pendant une
certaine période. L’enquête comportait une base d’adresses en Caroline du Nord
et une base de permis avec les noms et les adresses des pêcheurs à la ligne
titulaires d’un permis d’un des types de permis offerts. La population visée se
composait des pêcheurs à la ligne pêchant à des fins récréatives en eau salée
dans cet État, quel que soit leur lieu de résidence. La période de pêche
considérée était le cycle 6 (novembre et décembre) en 2009. Les deux bases
se caractérisaient ensemble par une certaine sous-couverture, parce que les
pêcheurs non titulaires de permis dont le domicile se trouvait à l’extérieur de
la Caroline du Nord n’étaient pas compris dans l’union des deux bases.
6.1 Plan de sondage
La base des adresses, qui avait été
obtenue du US Postal Service, visait tous les ménages de Caroline du Nord. La
base des permis comprenait tous les gens recensés dans la base de données sur
les pêcheurs à la ligne autorisés en Caroline du Nord, et ce, à la date du
tirage de la base en question, soit plusieurs jours avant l’envoi postal des
questionnaires. Des échantillons indépendants d’adresses ont été tirés des deux
bases. On a estimé le degré d’activité de pêche en Caroline du Nord dans le
cycle 6 en 2009 à l’aide de l’estimateur de Hartley et avec
Dans la base des adresses, l’échantillonnage a
été complexe et en deux phases. Dans la base des permis, il a pu se faire en
une seule phase. Dans cette application, les unités étaient à risque de défaut
de classification seulement si elles étaient choisies dans la plus grande des
deux bases, celle des adresses, puisqu’on ignorait si les membres des ménages
en question étaient titulaires d’un permis de pêche. Les analystes savaient que
tous les gens sélectionnés dans la base des permis détenaient un permis en
règle pendant le cycle. Ils savaient aussi si les intéressés avaient ou non une
adresse en Caroline du Nord, puisque leur adresse figurait dans la base.
L’échantillonnage dans la base des
adresses s’est fait en deux phases. On a d’abord prélevé un échantillon
aléatoire de 1 800 adresses et on l’a stratifié par région. Les
strates d’adresses étaient définies comme les comtés côtiers et non côtiers de
Caroline du Nord avec un échantillon de 900 unités dans chaque cas. Dans
un questionnaire de sélection, on demandait si tout membre du ménage était allé
pêcher en eau salée dans les 12 derniers mois. L’échantillon de seconde
phase comprenait un pêcheur choisi au hasard dans chaque ménage ayant déclaré
un membre pêcheur en première phase. Un second pêcheur a été choisi au sein des
ménages déclarant plus d’un pêcheur adulte. Si on a échantillonné en deux
phases, c’est pour éviter d’envoyer un long questionnaire aux ménages non
pêcheurs, d’où une diminution du coût et une augmentation du taux de réponse.
La base des permis était la base de
données sur les autorisations de pêche en Caroline du Nord. Tous les gens
figurant dans la base de données le jour du tirage de la base de sondage et
autorisés à pêcher pendant la période considérée (cycle 6 en 2009) étaient
inclus. On a traité préalablement la base pour qu’elle se prête à
l’échantillonnage. On a retranché les enregistrements multiples comportant les
mêmes données de base (nom, date de naissance et adresse), tout comme les
pêcheurs dont l’enregistrement indiquait qu’ils avaient moins de 18 ans.
La base des permis a été divisée en trois strates pour la région côtière, la
région non côtière et la région extérieure à la Caroline du Nord. On a trié le
fichier par adresse et prélevé un échantillon systématique de 450 pêcheurs
sur chaque strate. L’échantillonnage dans la base des permis s’est fait en une
seule phase à l’aide d’un questionnaire identique au questionnaire de seconde
phase pour l’échantillon de la base des adresses. Comme pour cette dernière
base, on a tiré un échantillon supplémentaire des adresses pour lesquelles
plusieurs pêcheurs étaient autorisés dans la base.
Le questionnaire commun aux deux bases
comportait une question sur la détention d’un permis de pêche récréative en eau
salée en Caroline du Nord. Avec cette question, on voulait déterminer à quel
domaine appartenaient les unités choisies dans la base des adresses. Les
analystes ont toutefois observé qu’un certain nombre de répondants de la base
des permis déclaraient ne pas avoir de permis, ce qui devait les mettre sur la
piste d’une erreur de rattachement à un domaine. C’est pourquoi on a lancé une
opération pour établir à quel domaine appartenaient réellement les unités de la
base des adresses. Nous visions à un appariement intégral des adresses
échantillonnées avec les données de la base des permis. En dernière étape, un
préposé à l’appariement devait voir si le membre d’une adresse appariée serait
le pêcheur autorisé d’après les données disponibles de la base des permis et
les réponses à l’enquête. Comme une telle opération était vorace en temps, on a
cherché une solution de rechange. Le but était de concevoir pour le stade
opérationnel de l’enquête des méthodes de détermination de l’appartenance à un
domaine réel pour seulement un sous-ensemble de l’échantillon. Comme nous
avions effectivement accès au domaine réel pour tout l’échantillon, nous avons
toutefois pu examiner les probabilités de défaut de classification et les
moyennes de sous-domaine, de même que comparer les résultats des
à une estimation venant des données « réelles ».
Certaines unités observées de la base des
permis commettaient des erreurs de déclaration concernant la détention d’un
permis, mais cela ne causait pas d’erreur de classification de domaine pour la
base des permis, parce que l’état réel de détention était connu. Dans le cas de
la base des permis, un défaut de classification de domaine était possible
seulement s’il était impossible de déterminer en toute précision si le ménage
résidait à l’intérieur ou à l’extérieur de la Caroline du Nord. On ne peut
exclure que de telles erreurs se produisent. Si on échantillonne un ménage
ayant une adresse extérieure dans la base des permis et une adresse intérieure
dans la base des adresses, l’attribution d’un domaine sera faussée. Nous
pensions cependant que les cas seraient trop peu fréquents pour être pris en
considération, aussi avons-nous traité les probabilités de défaut de
classification comme si elles étaient nulles pour les unités de la base des
permis dans notre analyse.
6.2 Analyse d’échantillon
Nous
présentons séparément par strate au tableau 6.1 les taux de défaut de
classification de domaine pour l’échantillon de la base des adresses. Dans ce
cas, le domaine
comprend les unités de la base des adresses qui déclarent être
titulaires d’un permis, tandis que le domaine
comprend les unités déclarant ne pas détenir de permis. Les pêcheurs
ayant déclaré ne pas en détenir présentent un taux d’erreur d’environ 5 %
dans les deux strates. Les unités ayant déclaré en détenir un ont des taux
d’erreur extrêmement élevés et, à cet égard, les unités des comtés non côtiers
ont plus souvent tort que raison! Nous signalons que les enquêtés de la base
des adresses pour qui ces estimations sont présentées appartiennent à
l’échantillon de seconde phase de cette base. Ainsi, ils ont été sélectionnés
parce que leur ménage comptait au moins un membre ayant pêché dans les
12 derniers mois. C’est pourquoi une très forte proportion des intéressés
étaient des pêcheurs à comparer à la proportion dans l’ensemble de la population.
Tableau 6.1
Taux de défaut de classification calculé à partir de l’échantillon entier (base des adresses, cycle 6, 2009)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de défaut de classification calculé à partir de l’échantillon entier (base des adresses. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Proportion des unités se déclarant sans permis qui sont et Proportion des unités se déclarant avec permis qui ne sont pas
(figurant comme en-tête de colonne).
|
Proportion des unités se déclarant sans permis
qui sont
|
Proportion des unités se déclarant avec permis
qui ne sont pas
|
| Strate côtière |
0,04 |
0,46 |
| Strate non côtière |
0,06 |
0,63 |
Nous avons
également examiné les hypothèses d’égalité des moyennes à l’aide des données de
l’échantillon de la base des adresses. Le tableau 6.2 décrit le degré
moyen d’activité estimé dans chacune des quatre catégories de domaine et l’appartenance
à un domaine perçu. Les colonnes classent les enquêtés dans les domaines perçus
et les lignes, dans les domaines réels. Le tableau indique que le comportement
de pêche des répondants correspond à ce qu’ils disent être leur domaine perçu
de permis par opposition à leur domaine réel. Nous croyons donc que, dans les
données d’enquête sur les pêcheurs à la ligne, l’hypothèse d’égalité des
moyennes de la méthode que nous proposons est plus raisonnable que l’hypothèse
correspondante de Lohr.
Tableau 6.2
Moyenne estimée du nombre de déplacements de pêche (ET) par sous-domaine pour la base des adresses de Caroline du Nord dans le cycle 6 en 2009
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Moyenne estimée du nombre de déplacements de pêche (ET) par sous-domaine pour la base des adresses de Caroline du Nord dans le cycle 6 en 2009. Les données sont présentées selon
pour les sous-domaines (titres de rangée) et déclaration de non-détention de permis
et déclaration de détention de permis
(figurant comme en-tête de colonne).
|
pour les sous-domaines |
déclaration de non-détention
de permis
|
déclaration de détention
de permis
|
| déclaration vraie de non-détention de permis
|
0,34 (0,14) |
0,88 (0,41) |
| déclaration vraie de détention de permis
|
0,35 (0,46) |
0,98 (0,24) |
Les données
de l’échantillon comportaient des poids attribués par les concepteurs de
l’enquête qui rendaient compte du plan de sondage complexe et de la correction
de non-réponse. Comme les probabilités de défaut de classification de domaine
variaient selon les strates, nous avons repondéré séparément par strate comme
nous le décrivons à la section 5 en prenant des estimations individuelles
de défaut de classification pour chaque domaine de la base des adresses. Nous
avons supposé que ce défaut était nul dans le cas de la base des permis. Nous
avons calculé six estimations du degré d’activité de pêche au
tableau 6.3 :
- estimateur
de Hartley non corrigé (Valeur non corrigée au
tableau): nous nous sommes reportés à l’appartenance au domaine perçu
pour calculer le total avec l’estimateur de Hartley comme en (3.3);
- estimateur
en sous-échantillonnage à 20 %, 40 % et 100 % : nous avons
sous-échantillonné les unités de chaque strate de l’échantillon de phase 1
de la base des adresses; nous nous sommes reportés aux domaines réels pour
estimer les probabilités de défaut de classification et nous avons repondéré en
fonction des probabilités estimées;
- estimateur
de Hartley corrigé (Valeur réelle) : nous
nous sommes reportés à l’appartenance au domaine réel vérifiée à l’aide de
l’opération d’appariement pour estimer le nombre total par l’estimateur de
Hartley avec la pondération d’origine comme en (3.1); on doit y voir la
meilleure estimation disponible, puisqu’elle n’exige aucune hypothèse quant à
l’absence de biais.
La première
ligne contient les cinq estimations, la deuxième une estimation du biais dans
chaque cas et la troisième la racine carrée de la somme de la variance estimée
et du biais au carré. Le biais à la ligne 2 est la différence entre chaque
estimation et l’estimation de Hartley corrigée (colonne Valeur réelle). L’algorithme d’appariement des adresses est indubitablement
imparfait, ce qui veut dire que l’estimateur « Valeur réelle » pourrait encore
être entaché d’un biais s’ajoutant à sa variabilité d’échantillonnage. Si nous
y voyons notre meilleure évaluation du biais, nous constatons que, après
application de la méthode de correction de biais, le biais estimé se réduit de
à
avec l’estimateur en correction de biais. La
différence entre
et
dans un sous-échantillonnage à 100 %
pourrait traduire l’insuffisance des hypothèses requises d’égalité des
moyennes. Nous abaissons d’environ
la
racine estimée de l’erreur quadratique moyenne (REQM) en employant une méthode
à réduction de biais au lieu de l’estimateur de Hartley non corrigé.
Tableau 6.3
Total estimé des déplacements de pêche (base des adresses, cycle 6, 2009)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Total estimé des déplacements de pêche (base des adresses. Les données sont présentées selon (titres de rangée) et Valeur non corrigée, Sous-échantillonnage à 20 %
, Sous-échantillonnage à 40 %
, Sous-échantillonnage à 100 % et Valeur réelle(figurant comme en-tête de colonne).
|
Valeur non corrigée |
Sous-échantillonnage à
20 %
|
Sous-échantillonnage à
40 %
|
Sous-échantillonnage
à 100 % |
Valeur réelle |
| Estimation |
731 430 |
889 860 |
863 488 |
905 947 |
942 360 |
| Biais |
210 930 |
52 500 |
78 872 |
36 413 |
0 |
| REQM |
244 531 |
181 809 |
180 311 |
176 954 |
213 966 |
ISSN : 1712-5685
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