Méthode de correction de l’erreur d’appartenance à une base dans les estimateurs à double base de sondage
Section 3. Défaut de classification dans les enquêtes à base de sondage double
Nous devons
connaître le domaine de chaque unité échantillonnée pour calculer tout
estimateur de plan d’échantillonnage à base double. Ainsi, (2.3) montre que,
dans
nous nous devons de repondérer une unité de la
base résidentielle par
ou
si
l’enquêté est titulaire d’un permis, mais non dans les autres cas. Si cette
indication ne peut être tirée des bases mêmes, elle doit être recueillie auprès
de l’enquêté. Dans notre application, nous avons constaté qu’un certain nombre
d’enquêtés ne pouvaient indiquer fidèlement s’ils étaient titulaires d’un
permis de pêche ou non. Une fausse indication d’appartenance à un domaine crée
un défaut de classification de domaine, lequel influe sur les propriétés des
estimateurs des moyennes et des totaux. Dans cette section, nous examinons
l’effet de l’erreur de rattachement à un domaine sur le biais et la variance de
l’estimateur de Hartley.
Dans le cas
de la base
l’erreur de rattachement peut se produire de
deux façons. D’abord, l’enquêté échantillonné dans la base
et
qui est dans le domaine
peut se dire dans le domaine
L’erreur peut se produire dans les deux sens
si l’enquêté de la base
dans le domaine
se
dit dans le domaine
Le
domaine qu’indique l’enquêté est le domaine perçu ou déclaré qui est à
distinguer du domaine réel. Ainsi, chaque enquêté appartient à un sous-groupe
sur quatre selon son appartenance à l’intersection entre domaine réel et
domaine perçu. Nous employons ici l’astérisque
en
exposant sur le nom de domaine pour désigner le domaine perçu et, dans ce cas,
les quatre sous-groupes deviennent
et
De
telles étiquettes figurent aussi en indice pour les paramètres, indiquant le
sous-ensemble applicable dans la population. Soit
et
par
exemple, qui désignent effectivement les bases CHTS et registre des pêcheurs à
la ligne. Le membre d’un ménage de la base CHTS qui n’est pas titulaire d’un
permis, mais dit en détenir un, appartient au sous-groupe
L’univers de tous ces gens dans la base
serait désigné par
la
taille du sous-groupe dans la population et le total et la moyenne des
déplacements de pêche de ce sous-groupe seraient respectivement désignés par
et
Si
quelqu’un est réellement titulaire d’un permis, il appartiendrait au
sous-groupe
Dans notre étude, l’analyste ne pourrait
distinguer les domaines des deux intéressés et les placerait tous deux dans le
domaine perçu en chevauchement
Le
poids d’échantillonnage convenant au domaine réel mais inobservé en
chevauchement
s’appliquerait aux unités appartenant à
au
lieu de
et
les totaux estimés des unités de
remplaceraient ceux d’
en
(2.2), causant le biais que nous nous proposons d’étudier ici.
L’erreur de rattachement à un domaine que
nous venons de décrire pour la base
est
possible pour l’une ou l’autre base dans un certain nombre d’études. Dans la
nôtre, le problème ne se posait pas, parce que la base des permis comprenait
les adresses. Nous savions donc si le pêcheur à la ligne inscrit à
l’autorisation appartiendrait ou non à la base résidentielle de l’État. Nous
introduisons cependant le cas plus général et, par conséquent, la notation
définie pour la base
vaut aussi pour la base
Une
complication dans ce cas est que nous devons distinguer les cas pour le domaine
perçu en chevauchement
en
fonction de la base d’appartenance des unités, et ce, parce que les unités du
domaine perçu en chevauchement peuvent différer selon la base d’origine. Dans
notre étude par exemple, une personne échantillonnée dans la base CHTS peut
déclarer ne pas être titulaire d’un permis alors qu’elle en détient un et ne se
trouverait donc pas dans
Si
cette même personne était échantillonnée dans la base des permis, elle serait
considérée à juste titre comme étant dans le domaine en chevauchement
Comme la confusion est possible, nous étendons
la notation du domaine perçu en chevauchement pour indiquer la base d’origine
de l’unité sous les formes
et
Dans notre étude par exemple,
est
le nombre moyen de déplacements pour toutes les unités de l’État (base
qui
déclareraient être titulaires d’un permis si on le leur demandait, alors
qu’elles n’en détiendraient pas. Toutefois,
serait la moyenne des déplacements pour les
seules unités appartenant au domaine réel
notre base
n’étant pas entachée d’erreurs de rattachement
à un domaine.
Prenons pour
une
nouvelle notation qui facilitera le calcul de ses propriétés en cas de défaut
de classification. Considérons d’abord le cas où aucune erreur de rattachement
ne se produit. Nous définissons alors l’indicateur de domaine réel
avec la valeur 1 lorsque l’unité
de
la base
est
dans le domaine
et
avec 0 dans les autres cas. Comme chaque unité se trouve dans un seul domaine
réel, l’indicateur de présence de l’unité
dans le domaine
est
Nous définissons de la même manière
pour la base
S’il n’y a pas d’erreur de rattachement,
peut s’écrire ainsi :
où
et
sont des indicateurs d’appartenance
de l’unité
de la base
ou
à l’échantillon
ou
soit
et
Si nous
comparons les effets du défaut de classification de domaine sur les propriétés
de l’estimateur, nous nous bornons à examiner le cas d’espèce d’un plan
d’échantillonnage aléatoire simple dans chaque base de sondage avec les tailles
d’échantillon
et
est
exempt de biais. Si la correction de population finie (cpf) est négligeable, la
variance de
est
dans ce cas
où
sont
les variances de population de
et
Ici et dans ce qui suit,
et
désigneront la variance et la
moyenne de la population
pour le domaine
ce
désignant le domaine réel
ou perçu
En cas de
défaut de classification de domaine, il nous faut une notation pour les
indicateurs d’appartenance à un domaine perçu. Nous définissons
comme étant 1 lorsque l’unité
de
la base
est
dans le domaine
et
comme 0 dans les autres cas. Comme chaque unité est dans un domaine perçu ou
l’autre, l’indicateur de présence de l’unité
dans
est
est
défini de la même manière pour la base
Ainsi, l’estimateur de Hartley devient
où
et
Le biais de
est alors :
À
noter que
Ainsi, le premier terme de
l’expression du biais peut être positif ou négatif et grand ou petit selon le
nombre relatif d’unités de la population qui perçoivent à tort appartenir ou
non à la base en chevauchement, et selon leurs moyennes de réponse. La même
constatation vaut pour le second terme. En théorie, les deux pourraient même
s’annuler si les erreurs se produisaient dans les deux sens, mais bien sûr la
chose est improbable.
L’expression
de la variance pour
est
semblable à celle de
où
et
désignent
les variances de
et
Le domaine perçu en chevauchement
reçoit aussi la notation
ou
puisqu’une même unité dans
peut être perçue comme appartenant à
des domaines différents si elle est tirée de bases différentes. Nous étudierons
plus en détail à la section 3.3 l’incidence du défaut de classification
sur l’erreur quadratique moyenne (EQM) de l’estimateur de Hartley. Bien sûr, le
biais de
est 0 et
si le domaine réel et le domaine
perçu coïncident.
ISSN : 1712-5685
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N° 12-001-X au catalogue
Périodicité : semi-annuel
Ottawa