Méthode de correction de l’erreur d’appartenance à une base dans les estimateurs à double base de sondage
Section 4. Correction de biais en cas d’erreur de rattachement à un domaine
Lohr (2011,
section 6) s’est attaquée au problème qui est le nôtre, c’est-à-dire
d’apporter une correction en cas de défaut de classification de domaine dans
les plans d’échantillonnage à base double. Lohr a proposé d’apporter une
correction à l’estimateur de Hartley en vue d’atténuer le biais par défaut de
classification. Nous examinerons sa méthode et la comparerons à la méthode que
nous proposons. Nous observons que, pour que la méthode de Lohr donne un
estimateur sans biais de moyenne ou de total pour
les
unités d’un même domaine doivent être à égalité de moyennes, quelle que soit
leur appartenance à un domaine perçu. Cette hypothèse ne valait pas pour notre
enquête auprès des pêcheurs à la ligne, car nous avons plutôt constaté que la
motivation à aller à la pêche avait à voir avec le domaine perçu plutôt que
réel d’appartenance en ce qui concerne le permis de pêche. Nous avons élaboré
notre méthode de correction de biais dans l’optique différente d’une prise en
compte de l’erreur de rattachement à un domaine. Nous supposons que les unités
se rattachant à un même domaine perçu doivent être à égalité de moyennes,
quelle que soit leur appartenance à un domaine réel. Nous démontrons que la
méthode envisagée présente une EQM inférieure à celle de la méthode de Lohr
lorsque les deux hypothèses se vérifient. Là où elles ne se vérifient pas, le
choix doit se faire selon l’hypothèse qui convient.
4.1 Méthode de Lohr de correction de biais en cas de
défaut de classification
Dans le modèle
multinomial de Lohr pour le défaut de classification, nous posons que les
unités de chacun des domaines
et
ont
leurs propres probabilités connues de perception d’appartenance à un de ces
trois domaines. Nous prenons ces probabilités pour corriger les estimateurs et
éliminer le biais tenant au défaut de classification. Dans la pratique, ces
probabilités sont normalement inconnues et doivent être estimées à l’aide d’un
échantillon de seconde phase pour lequel on applique une méthode coûteuse (mais
exacte) de détermination d’appartenance à un domaine. Il sera question plus
avant de cette méthode à la section 4.3.1. Pour l’instant, nous supposons
ces probabilités connues.
Nous
décrivons la méthode de Lohr pour un plan d’échantillonnage à base double, bien
que l’intéressée ait décrit sa méthode pour des bases multiples. Nous
définissons des vecteurs aléatoires constitués de variables aléatoires des
trois domaines :
et
S’il n’y a pas d’erreur de rattachement à un
domaine,
et
sont des vecteurs d’estimateurs sans biais de
totaux de domaine pour les bases
et
Dans ce cas, l’estimateur de Hartley à
fixe peut s’écrire comme
où
et
Posons
maintenant l’existence d’une erreur de rattachement. Soit
le
vecteur des indicateurs d’appartenance à un domaine perçu pour l’unité
de
la base
Ce
vecteur peut se formuler comme
où
est
une matrice
avec un 1 à la position
si
l’unité
du
domaine
est
perçue comme dans le domaine
et
avec 0 dans les autres cas. Lorsque nous employons l’information d’appartenance
au domaine perçu plutôt qu’au domaine réel,
devient
Définissons
la matrice des probabilités de défaut de classification pour la base
où
est la probabilité que l’unité du
domaine
soit perçue comme étant dans le domaine
sera normalement entaché d’un biais
pour les totaux de domaine de la base
lorsque les éléments hors diagonale
sont non nuls, car
Pour corriger
le biais, Lohr (2011) a proposé le vecteur de repondération
où
est
l’inverse de Moore-Penrose de
Sans l’expliciter, cette méthode exige, pour
qu’il y ait absence de biais, que l’on pose que l’appartenance au domaine réel
détermine la moyenne; en d’autres termes,
Dans
ce cas,
Après avoir employé une hypothèse
semblable d’égalité des moyennes, une matrice du défaut de classification et
une correction pour la base
nous obtenons l’estimateur de Lohr
en correction de biais :
où
est l’élément
de
et où
se définit de la même manière. Dans
le cas particulier des plans d’échantillonnage à base double que nous
considérons, les composantes des matrices pseudo-inverses peuvent facilement se
formuler en termes exprès si
et
où
et
Si les probabilités de défaut de
classification sont connues, cet estimateur peut se calculer et serait sans
biais dans la mesure où (4.2) et les hypothèses correspondantes pour les
moyennes de la base
se vérifient. Nous pouvons dégager
la variance par la même technique ayant mené à l’équation (3.2). Voir Lin
(2014) aux pages 28 et 29 pour l’expression de la variance.
4.2 Autre méthode de correction de biais en cas de
défaut de classification
L’estimateur de Lohr élimine le biais de
l’estimateur de Hartley dans l’hypothèse où l’appartenance au domaine réel
détermine la moyenne de la variable d’intérêt. Comme cette hypothèse semblait
ne pas se vérifier dans le cas des données de l’enquête auprès des pêcheurs à
la ligne, nous avons conçu une autre méthode de correction de biais exigeant
pour notre application un jeu d’hypothèses mieux adapté.
Rappelons que
désignent les totaux de population des
domaines perçus, la notation traduisant la possibilité que l’appartenance au
domaine perçu dans la base en chevauchement dépende de la base
d’échantillonnage de l’unité. Nous pouvons décomposer les totaux et les tailles
de domaine perçu par les étiquettes de domaine réel :
et
par
exemple. Nous paramétrons notre modèle en définissant les probabilités de
défaut de classification en forme inverse par rapport au modèle de Lohr. En
d’autres termes, soit
la
probabilité qu’une observation perçue comme du domaine
soit en réalité du domaine
nous définissons la matrice des probabilités
de défaut de classification pour la base
comme
Dans ce cas,
nous remplaçons les hypothèses d’égalité des moyennes (4.2) par des hypothèses
de détermination des moyennes par l’appartenance au domaine perçu :
Lorsque
ces hypothèses se vérifient, nous avons
et
les expressions sont semblables pour les totaux de domaine dans le cas de la
base
Ainsi, un estimateur en correction
de biais est
est sans biais là où les hypothèses d’égalité
des moyennes (4.5) se vérifient. Sa variance peut se calculer par la même
technique que pour l’obtention de l’équation (3.2). Voir Lin (2014) aux pages 33
et 34 pour l’expression de la variance.
4.3 Comparaison des méthodes de correction de biais
Dans cette section, nous examinons le
rendement de
de
et
de leur homologue non corrigé
Nous examinons également les estimateurs en
correction de biais qui peuvent s’employer lorsque les probabilités de défaut
de classification sont inconnues. Nous pouvons établir ces probabilités en
remplaçant les valeurs connues des probabilités en (4.3) et (4.7) par des
estimateurs des probabilités de défaut à partir de sous-échantillons de
phase 2. Nous prélevons un tel sous-échantillon sur l’échantillon de
départ à l’aide d’une méthode exacte (et normalement coûteuse) de collecte de
données en vue de vérifier l’appartenance au domaine réel. Soit
l’indicateur d’échantillon de phase 2 pour la
base
sa
probabilité de sélection conditionnelle et
son
poids de phase 2. Nous pouvons alors élaborer des estimateurs quotient des
probabilités de défaut de classification. Ainsi,
peut s’estimer par
L’estimateur de Lohr
demande que nous estimions les probabilités conditionnelles inversées dans le
cas de l’échantillon de phase 2, soit
Nous pouvons élaborer des
estimateurs semblables pour les composantes des quatre matrices de défaut de
classification. Si nous procédons à la substitution de ces estimateurs pour les
paramètres en (4.3) et (4.7), les estimateurs obtenus en correction de biais
sont désignés par
et
Dans cette section, nous offrons plusieurs
comparaisons entre les cinq estimateurs. Dans un premier exemple, nous limitons
la comparaison des variances à
et
seulement pour un scénario simple où toutes
les moyennes de domaine sont égales, de sorte que les hypothèses requises au
sujet des moyennes vaillent pour les deux estimateurs comparés. Le but est d’illustrer
le gonflement de la variance susceptible de se produire dans
Dans notre deuxième exemple, nous reproduisons
partiellement la simulation présentée dans Lohr (2011), mais en ajoutant
et
Nous comparons les erreurs quadratiques
moyennes (EQM) des estimateurs lorsque les deux jeux d’hypothèses d’égalité des
moyennes sont respectés. Nous examinons en outre l’effet du passage du plan de
sondage de phase 2 d’un échantillon aléatoire simple à un échantillon
stratifié par domaine perçu. Dans un troisième exemple, nous nous attachons à
la robustesse des deux estimateurs à l’égard des hypothèses formulées en
examinant en simulation le biais et l’EQM des estimateurs lorsque ni (4.2) ni
(4.5) ne se vérifient. Dans tous les cas,
est
fixé à 0,5.
4.3.1
Exemple 1 : Gonflement de la
variance
Nous avons
comparé les variances de
et
à
l’EQM de
en
cas d’erreur de rattachement à un domaine, mais là où les taux en question sont
connus. Nous tenons les populations pour homogènes et toutes les moyennes et
les variances de domaine pour constantes :
de
sorte que, à la fois, les hypothèses d’égalité des moyennes se vérifient et
et
soient exempts de biais. Nous posons
Dans cet exemple, les bases sont considérées
comme petites et le chevauchement comme appréciable :
Nous prenons des échantillons aléatoires
simples de tailles
et
Nous calculons l’EQM de l’estimateur de
Hartley par (3.4) et (3.5) et les variances des estimateurs en correction de
biais, par les expressions dans Lin (2014) aux pages 28 et 33. Nous
regardons les deux scénarios suivants :
- La
probabilité de défaut de classification pour les unités du domaine
varie de 0 à 1, et il n’existe aucune autre
erreur de rattachement à un domaine.
- La
probabilité de défaut de classification pour les unités du domaine
(en
cas d’échantillonnage dans la base
varie de 0 à 1; il n’existe aucune autre
erreur de rattachement à un domaine.
Les deux parties de la figure 4.1
présentent les EQM des trois estimateurs en fonction des deux probabilités de
défaut de classification. Pour chaque condition,
présente une EQM inférieure à celle de
sur
la plage de valeurs des probabilités en question, bien que les deux estimateurs
soient d’un rendement à peu près semblable lorsque les probabilités sont
petites. L’EQM de
ne
varie guère sur la plage de valeurs, mais l’EQM de
augmente sans borne à mesure que la
probabilité approche de l’unité, et ce, parce que les composantes du
pseudo-inverse (4.4) se font grandes à mesure que le défaut de classification
(unique) approche de l’unité, ce qui gonfle les coefficients des estimations de
sous-domaine en (4.3).
Dans la pratique, si les probabilités de
défaut de classification étaient connues et dépassaient
le
processus d’identification de domaine s’inverserait simplement, si bien que ce
scénario n’a pas d’importance dans la pratique. Nous verrons cependant dans le
prochain exemple que, lorsque les probabilités de défaut de classification sont
inconnues et doivent faire l’objet d’une estimation, le rendement de
est
sensible à la qualité des estimateurs de probabilité de phase 2. C’est
que, même si les probabilités de défaut de classification sont modestes, les
estimations correspondantes peuvent être grandes, surtout lorsque le plan
d’échantillonnage de phase 2 est inefficace; le même gonflement de la
variance peut alors se produire.

Description de la figure 4.1
Cette figure présente les EQM pour les trois estimateurs (Hartley non corrigé, avec la correction de biais de Lohr, avec la correction de biais proposée) pour chacun deux scenarios de probabilité de défaut de classification avec cette probabilité allant de 0 à 1 sur l’axe des x et l’EQM allant de 1 à 6 (106) sur l’axe des y. Dans tous les cas, l’EQM de l’Estimateur proposé ne varie guère (ligne horizontale) alors que les deux autres ont des croissances exponentielles, et où l’EQM de la méthode de Lohr est inférieure à celle de Hartley mais supérieure à celle de la méthode proposée.
4.3.2
Exemple 2 : Efficacité
relative en simulation des cinq estimateurs
Dans notre deuxième exemple, nous
procédons par simulation pour comparer le rendement de
et
pour différents scénarios de défaut de
classification, l’un où les deux hypothèses d’égalité des moyennes de domaine
se vérifient et l’autre où elles ne le font pas. Les tailles de domaine
choisies dans cet exemple ont été
et
le
but étant d’imiter l’enquête sur la motivation des pêcheurs à la ligne où une
base (celle des adresses) était bien plus grande que l’autre (base des permis).
Nous avons produit la population par le modèle
pour
avec
Poisson(1),
et ce, indépendamment du domaine. Ainsi, les moyennes et les variances de la
population étaient approximativement les mêmes que dans le premier exemple.
Nous avons simulé le prélèvement d’échantillons aléatoires simples sur chaque
base avec des tailles d’échantillon
et
Pour les échantillons de phase 2, nous
avons prélevé un échantillon aléatoire simple (EAS) avec quatre tailles variant
de 20 % à 80 % de l’échantillon de phase 1, ce qui a donné des
tailles de sous-échantillon
de
20 à 80 pour la base
et
de
10 à 40 pour la base
Si
une réplique présentait un échantillon de phase 2 de moins de deux unités
pour un des sous-domaines, nous posions l’absence de défaut de classification
pour ce domaine; nous avons donc élaboré des estimateurs comme s’il n’y avait
pas d’erreur de rattachement pour le sous-domaine. Nous avons simulé
16 cas de défaut de classification avec chaque fois des paires des quatre
cas suivants pour une même base :
- Cas
de défaut de classification pour la base
(MPA)
-
-
-
-
- Cas
de défaut de classification pour la base
(MPB)
-
-
-
-
Ainsi, nous avons examiné en simulation
64 configurations (16 cas de défaut de classification
4 tailles d’échantillon de
phase 2) et avons produit 10 000 échantillons de phase 1
pour chaque configuration et calculé les estimations correspondantes. Nous
avons établi l’EQM empirique comme l’écart quadratique moyen de chaque estimation
par rapport au
réel sur les 10 000 échantillons
répétés. Nous récapitulons les résultats au tableau 4.1 et aux
figures 4.2 et 4.3.
Le tableau 4.1 présente les résultats
des 16 cas de défaut de classification pour un taux d’échantillonnage de
phase 2 de 40 %
et
Les
conclusions que nous tirons sont cohérentes pour toutes les tailles
d’échantillon. Nous pouvons voir que
et
sont moins variables que
et
pour tous les cas de défaut de classification
sauf s’il y a absence d’erreur. Par ailleurs, s’il y a défaut de classification
uniquement dans de petits domaines (cas
ou
pour la base
il
n’y a guère d’avantage à recourir à la correction de biais, puisque
est
d’un rendement égal ou supérieur à celui des estimateurs en correction de
biais, d’où l’impression que cette correction pourrait ne pas être avantageuse
à moins que le défaut de classification ne touche une grande partie de la
population. Enfin, nous observons que
est
d’un rendement pire lorsque le cas de défaut de classification
se
vérifie dans la base
Nous examinerons cet effet de plus près.
Tableau 4.1
EQM pour les estimateurs à double base de sondage
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de EQM pour les estimateurs à double base de sondage Probabilités connues et Probabilités estimées(figurant comme en-tête de colonne).
|
Probabilités connues |
Probabilités estimées |
| MPA |
MPB |
|
|
|
|
|
| a |
a |
2,53 |
2,53 |
2,53 |
2,53 |
2,53 |
| b |
a |
2,45 |
2,86 |
4,77 |
2,66 |
3,00 |
| c |
a |
2,44 |
2,96 |
4,60 |
2,66 |
3,80 |
| d |
a |
2,52 |
2,54 |
2,53 |
2,55 |
2,72 |
| a |
b |
2,53 |
2,55 |
2,57 |
2,54 |
2,55 |
| b |
b |
2,45 |
2,88 |
5,37 |
2,66 |
3,02 |
| c |
b |
2,44 |
2,98 |
5,18 |
2,67 |
3,82 |
| d |
b |
2,52 |
2,56 |
2,55 |
2,56 |
2,74 |
| a |
c |
2,53 |
2,57 |
2,54 |
2,55 |
2,63 |
| b |
c |
2,45 |
2,90 |
4,99 |
2,67 |
3,10 |
| c |
c |
2,44 |
3,00 |
4,81 |
2,67 |
3,90 |
| d |
c |
2,52 |
2,59 |
2,54 |
2,56 |
2,81 |
| a |
d |
2,53 |
2,54 |
2,56 |
2,54 |
2,54 |
| b |
d |
2,45 |
2,87 |
4,44 |
2,66 |
3,01 |
| c |
d |
2,44 |
2,97 |
4,28 |
2,66 |
3,81 |
| d |
d |
2,52 |
2,55 |
2,57 |
2,55 |
2,73 |
La figure 4.2 indique le rapport
d’EQM entre les estimateurs en correction de biais à probabilités inconnues et
à probabilités connues; la partie a) présente
et
la partie b)
Les
quatre lignes indiquent le rapport pour les quatre tailles d’échantillon de
phase 2 et pour les 16 cas de défaut de classification disposés sur
l’axe des x. La distance du rapport au-dessus de l’unité mesure la pénalité de
variance causée par une estimation des probabilités de défaut de
classification. Ce qui ressort de cette figure est l’importante pénalité pour
dans les cas de défaut de classification
et
de
la base
et
pour les petites tailles d’échantillon, ainsi que l’absence relative d’un tel
effet pour
Les
deux cas accusent une erreur non nulle de rattachement pour le petit domaine en
chevauchement. Ainsi, l’échantillon de phase 1 a souvent moins d’unités à
offrir par lesquelles estimer
ce
qui entache de bruit l’estimation de la probabilité de défaut de
classification. Même si la probabilité réelle de défaut n’est pas proche de
l’unité pour les cas
et
le
fait qu’elle soit inconnue et doive faire l’objet d’une estimation à partir de
données clairsemées signifie que certains échantillons produisent des
estimations extrêmes et gonflent la variance, comme nous l’avons vu à la
figure 4.1.
Nous pouvons voir à la partie a) de
la figure 4.2 que le même effet est présent pour
mais dans une moindre mesure. Le plus petit
échantillon de phase 2
est
d’un rendement démesurément pire que l’échantillon qui le suit en taille. La
même cause joue : un échantillon aléatoire simple de phase 1 peut
produire trop peu d’unités dans le domaine
Il
reste qu’il est plus simple d’améliorer l’efficacité du plan de sondage de
phase 2 pour l’estimation de
que
de l’améliorer pour
et
ce, parce que les domaines perçus sont observables pour toutes les unités de
l’échantillon de phase 1, au contraire des domaines réels, si bien que
l’analyste peut contrôler par voie de stratification la taille d’échantillon
dans le premier cas, mais non dans le second.
Pour voir dans quelle mesure nous en
tirons un avantage, nous avons procédé à une autre simulation et étudié le
rendement de
lorsque le plan de sondage de phase 2 est
stratifié. Nous avons choisi un plan d’échantillonnage à égalité des tailles
d’échantillon pour chacune des strates de domaine perçu. Ainsi, dans la
configuration de taux d’échantillonnage à 20 %, nous avons tiré
observations des domaines
et
pour l’échantillon de phase 1. Si nous
disposions de moins que
observations (ou
mais de plus d’une unité, tous les éléments
étaient sélectionnés et le reste était tiré de l’autre domaine. Dans cette
simulation, nous avons employé les 64 configurations de l’exemple
précédent, la seule différence résidant dans le plan de sondage stratifié en
phase 2 au lieu de l’échantillonnage aléatoire simple.
Nous présentons à la figure 4.3 les
résultats de cette simulation où le rapport correspond à un effet de plan (mais
pour l’EQM plutôt que la variance) pour l’échantillonnage de phase 2. Le
graphique indique que, dans certaines configurations, il est possible
d’apporter une amélioration significative à l’EQM de
en
stratifiant l’échantillon de phase 2. Le gain est particulièrement
important pour la petite taille d’échantillon.

Description de la figure 4.2
Cette figure présente le rapport d’EQM entre les estimateurs en correction de biais à probabilité inconnues et à probabilité connue, pour 4 tailles d’échantillon de phase 2. Les 16 cas de défaut de classification sont sur l’axe des x et les rapports sur l’axe des y allant de 1,0 à 2,0. Pour la méthode proposée, les rapports sont généralement près de 1 sauf pour les cas ba, ca, bb, cb, bc, cc, bd et cd pour les tailles
et
ou le rapport est plus près de 1,2 mais inférieur aux résultats obtenus par la méthode de Lohr.

Description de la figure 4.3
Cette figure présente le rapport d’EQM de la correction de biais proposée pour deux plans de sondage, soit l’aléatoire simple au numérateur et le stratifié au dénominateur. Les 16 cas de défaut de classification sont sur l’axe des x et les rapports sur l’axe des y allant de 0,9 à 1,3.
4.3.3
Exemple 3 : Robustesse en
cas de violation des hypothèses relatives aux moyennes
Les deux
estimateurs en correction de biais demandent des hypothèses d’égalité des
moyennes comme garantie d’absence de biais dans le cas des probabilités connues
de défaut de classification. Ce sont des hypothèses qui diffèrent. Lin (2014)
présente aux pages 43 à 47 des expressions du biais de
et
lorsque les hypothèses en question ne se
vérifient pas. Dans notre exemple, nous étudions par simulation la taille du
biais pour
et
ainsi que pour
et
Les
scénarios de simulation dans cet exemple sont semblables aux scénarios qui
précèdent sauf pour les moyennes. Nous nous sommes attachés à seulement 3 des 16 cas
de défaut de classification, c’est-à-dire à ceux où le défaut de classification
de domaine se présente uniquement pour la base de grande taille (indiquée en
premier lieu):
et
Nous avons
simulé les populations de sorte qu’une des quatre moyennes de sous-domaine soit
d’environ 3
avec
Poisson(1))
et que les autres demeurent à environ 2
Dans chaque cas donc, les hypothèses d’égalité
des moyennes (4.2) et (4.5) n’étaient pas respectées pour les deux estimateurs
en correction de biais. Nous avons calculé le biais empirique, la variance et
l’EQM de chacun des cinq estimateurs à partir de 10 000 échantillons
répétés pour chacune des 48 configurations (3 cas de défaut de
classification
4 cas de violation de l’hypothèse
d’égalité des moyennes
4 tailles d’échantillon de phase 2).
Nous livrons les résultats pour un sous-ensemble représentatif de ces
configurations à la figure 4.4.
Cette figure
présente les diagrammes de quartiles des estimations en simulation de
et
pour une des tailles d’échantillon de phase 2
et
Les
colonnes du diagramme indiquent les résultats pour les quatre cas de violation
de l’hypothèse d’égalité des moyennes et les lignes, pour les trois cas de
défaut de classification. Le trait horizontal dans chaque diagramme correspond
au total réel de population. La figure montre que tant
que
ont
un biais inférieur à celui de
pour toutes les configurations. Ainsi, de
formuler la mauvaise hypothèse au sujet de la moyenne est mieux pour le biais
que de supposer une absence d’erreur de rattachement à un domaine. Pour les
configurations considérées, il semblerait que
en
particulier n’est pas trop sensible à de légères violations de l’hypothèse
d’égalité des moyennes.

Description de la figure 4.4
Cette figure représente les diagrammes de quartiles des trois méthodes (Hartley non corrigé, avec la correction de biais de Lohr, avec la correction de biais proposée) pour 12 cas obtenus en combinant les quatre cas de violation de l’hypothèse d’égalités des moyennes et 3 cas de défaut de classification (ba, ca, da). L’axe des y indique l’estimation du total sur une échelle allant de 0,8 à 2,0
. Le total réel est également indiqué. Les deux méthodes avec correction du biais ont un biais inférieur à la méthode de Hartley.