La santé de la population canadienne
Déterminants de la santé
Passer au texte
Début du texte
Les déterminants de la santé englobent une gamme de facteurs qui façonnent les résultats en matière de santé des personnes et des populations. Parmi ceux-ci, les déterminants sociaux de la santé jouent un rôle essentiel; il s’agit notamment des facteurs comme le revenu, le statut de personne racisée et le statut d’immigrant. Ces éléments influent sur les environnements dans lesquels les gens naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent, et interagissent d’une façon qui a une incidence significative sur la santé et le bien-être général.
Le présent rapport porte sur plusieurs indicateurs de santé au niveau de la population, notamment les résultats en matière de santé (p. ex. la santé perçue, les maladies chroniques), les comportements liés à la santé (p. ex. la consommation de fruits et de légumes, la consommation de substances) et l’accès aux services de soins de santé (p. ex. le fait d’avoir un fournisseur habituel de soins de santé), qui sont tous grandement influencés par les déterminants de la santé. Puisque le prochain Recensement de la population aura lieu en mai 2026, les plus récents profils de répartition des Déterminants de la santé au sein de la population reposent sur le Recensement de 2021. Cette section résume les thèmes transversaux liés à certains déterminants de la santé qui se dégagent du présent rapport.
Principaux résultats
- Emplacement géographique et ruralité : Dans la plupart des provinces de l’Atlantique, la prévalence des maladies chroniques était plus élevée, et un nombre proportionnellement moins élevé d’adultes déclaraient avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue ou déclaraient consommer des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour, comparativement à la moyenne pour l’ensemble des provinces. Une proportion plus élevée d’adultes en région rurale que dans les centres de population ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé mentale, mais la prévalence des maladies chroniques était plus élevée en région rurale. Une moins grande proportion d’adultes vivant en région rurale avaient une assurance dentaire et avaient consulté un professionnel de la santé buccodentaire au cours de l’année précédente.
- Revenu des ménages : Une plus grande proportion d’adultes à revenu élevé que d’adultes à faible revenu ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue; une proportion moins élevée d’adultes ont déclaré avoir des maladies chroniques. Bien que le tabagisme et la consommation de cannabis soient moins fréquents chez les adultes à revenu élevé, la consommation excessive d’alcool était plus courante. Un nombre proportionnellement moins élevé de Canadiens à faible revenu avaient un fournisseur habituel de soins de santé, et un pourcentage plus élevé de ces derniers avaient des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile.
- Âge : La prévalence de la plupart des maladies chroniques à l’étude augmente avec l’âge. Contrairement aux taux de réponse des catégories « très bonne » ou « excellente » santé perçue, lesquels diminuent avec l’âge, les taux de réponse des catégories « très bonne » ou « excellente » santé mentale perçue ont augmenté et étaient les plus élevés chez les personnes de 65 ans et plus. La prévalence des troubles anxieux et des troubles de l’humeur était plus faible chez les adultes plus âgés que chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans. Dans ce dernier groupe, les personnes étaient plus nombreuses à déclarer avoir consommé du cannabis tous les jours ou presque tous les jours et à indiquer avoir vapoté au cours des 30 jours précédents, mais moins nombreuses à déclarer avoir consommé des fruits et des légumes au moins cinq fois par jour. Il était moins courant pour les jeunes adultes d’avoir un fournisseur habituel de soins de santé.
- Sexe à la naissance et genre : Une proportion moins élevée de femmes que d’hommes ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue, et une plus grande proportion ont déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile. Une plus grande proportion d’hommes ont déclaré avoir vapoté au cours des 30 jours précédents, ont fumé des cigarettes quotidiennement ou occasionnellement, étaient de grands buveurs et consommaient du cannabis tous les jours ou presque tous les jours, et ils étaient moins nombreux que les femmes à manger des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour. Les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir des maladies chroniques et, selon les prévisions, elles devraient enregistrer un taux plus élevé d’incidence lié au cancer du poumon en 2024.
- Orientation sexuelle : La prévalence des troubles de santé mentale et de la consommation de substances était plus élevée chez les personnes ayant déclaré être lesbiennes, gaies, bisexuelles ou ayant une orientation sexuelle autre qu’hétérosexuelle (LGB+), comparativement aux personnes hétérosexuelles. Une proportion moins élevée de personnes LGB+ ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue, ou avoir un fournisseur habituel de soins de santé.
- Incapacité : Comparativement aux adultes n’ayant pas d’incapacité, les adultes ayant une incapacité étaient moins nombreux à déclarer avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue, mais ils étaient plus nombreux à déclarer consommer du cannabis quotidiennement ou presque quotidiennement, fumer des cigarettes tous les jours ou à l’occasion, et avoir une maladie chronique ou des symptômes à long terme liés à la COVID-19.
- Immigrants : Les immigrants adoptaient des comportements plus sains que ceux des non-immigrants sur le plan de la consommation de substances puisqu’ils ont déclaré une plus faible consommation d’alcool au cours de la semaine précédente et ont une prévalence plus faible de consommation excessive d’alcool, de tabagisme (quotidien ou à l’occasion), de vapotage (au cours des 30 jours précédents) et de consommation de cannabis (tous les jours ou presque tous les jours). Une proportion plus élevée d’immigrants récents ont déclaré avoir une très bonne ou une excellente santé perçue, comparativement aux immigrants admis il y a plus de dix ans.
- Populations racisées : La plupart des maladies chroniques à l’étude étaient plus courantes chez les personnes non racisées que chez les personnes racisées.
- Populations autochtones : Les groupes autochtones avaient une espérance de vie plus courte et présentaient des taux de mortalité infantile plus élevés, comparativement à la population non autochtone. L’arthrite, l’hypertension artérielle et l’asthme étaient les maladies chroniques les plus courantes chez les groupes autochtones, alors que les troubles de l’humeur et les troubles anxieux étaient plus répandus chez les personnes autochtones à faible revenu. Une moins grande proportion d’adultes et d’enfants autochtones avaient un fournisseur habituel de soins de santé, et une proportion plus élevée a déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile.
Emplacement géographique et ruralité
L’endroit où vit une personne peut avoir d’importantes répercussions sur sa santé et son bien-être. Par exemple, comme il a été mentionné à la section Résultats en matière de santé du présent rapport, les tendances en matière de santé perçue et de santé mentale perçue varient à l’échelle du Canada. Une proportion moins élevée d’adultes vivant dans les provinces de l’Atlantique (à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador) ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue, comparativement à la moyenne pour l’ensemble des provinces. La prévalence de l’existence d’une ou plusieurs maladies chroniques était plus importante dans les provinces de l’Atlantique en 2023; une plus grande proportion de personnes ont déclaré souffrir d’hypertension artérielle ou d’arthrite ou être atteintes de troubles de l’humeur. En revanche, de 2021 à 2023, un plus grand nombre d’adultes vivant au Québec ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue et un moins grand nombre ont déclaré être atteints d’hypertension artérielle, d’arthrite ou de troubles de l’humeur.
L’emplacement géographique et la ruralité peuvent avoir une incidence sur le régime alimentaire et la consommation de substances en raison de différences en matière d’accès et de disponibilité ainsi que sur le plan des normes culturelles, des conditions économiques, des environnements sociaux et des règlements et des politiques. La section Comportements influant sur la santé montre que le pourcentage d’adultes ayant consommé des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour en 2023 était nettement inférieur dans les provinces de l’Atlantique et en Ontario, comparativement à la moyenne recensée pour l’ensemble des provinces, alors que le pourcentage le plus élevé a été enregistré au Québec. Au cours de cette même année, la fréquence du vapotage était plus élevée en Alberta, mais plus faible en Ontario. En 2022, le tabagisme et la consommation de cannabis étaient plus fréquents dans l’ensemble des trois territoires, comparativement à la moyenne canadienne.
En outre, l’endroit où vit une personne peut avoir une incidence sur son accès aux établissements de soins de santé, aux fournisseurs de soins de santé et aux services préventifs. Par ailleurs, dans les régions où les options de transport sont limitées, il peut être plus difficile d’avoir accès à des soins médicaux, ce qui peut se traduire par des besoins insatisfaitsNote 5. Ce rapport révèle de grandes disparités au chapitre de l’accès aux soins de santé au Canada, y compris l’accès à un fournisseur habituel de soins de santé, aux services de soins à domicile, à l’assurance dentaire et aux visites chez le dentiste. En 2023, comparativement aux moyennes provinciales, les résidents du Québec étaient moins nombreux à avoir un fournisseur habituel de soins de santé, mais plus nombreux à utiliser des services de soins à domicile. De plus, comparativement aux résidents de l’Ontario, les résidents du Québec étaient moins nombreux à déclarer avoir une assurance dentaire et avoir visité un professionnel des soins buccodentaires au cours de l’année précédente.
D’ordre général, les centres de population ont plus de ressources de soins de santé, alors que les régions rurales ou éloignées peuvent connaître des pénuries, ce qui entraîne des retards dans les soins et de moins bons résultats en matière de santé. Bien qu'en 2023 une plus grande proportion de résidents ruraux de résidents des centres de population ait un fournisseur habituel de soins de santé, ils ont également présenté une plus forte prévalence de certaines maladies chroniques et de certains facteurs de risque, notamment l’hypertension artérielle, les maladies du cœur, le diabète, l’obésité et l’arthrite. De plus, une moins grande proportion d’adultes en région rurale avaient une assurance dentaire ou avait visité un professionnel des soins dentaires au cours de l’année précédente, et une proportion plus élevée d’adultes n’avaient aucune dent naturelle (édentement), comparativement à ceux vivant dans les centres de population.
Revenu des ménages
La corrélation entre le revenu et la santé est complexe, car le niveau de scolarité, l’emploi, le logement et l’environnement sont tous souvent liés au revenu, et des changements dans un domaine peuvent avoir une incidence sur les autres, suscitant ainsi une vague de répercussions. De nombreuses études ont démontré que l’état de santé s’améliore à chaque étape d’augmentation du revenuNote 6. De 2021 à 2023, on a observé une hausse constante du pourcentage d’adultes déclarant avoir une très bonne ou excellente santé perçue à mesure que les niveaux de revenu du ménage augmentent, comme il en a été question dans la section Résultats en matière de santé.
De plus, un revenu plus élevé offre une certaine protection contre le stress financier, contribuant ainsi à une meilleure santé mentaleNote 7. Le présent rapport indique que, en 2023, un pourcentage plus élevé d’adultes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu supérieur ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé mentale perçue, comparativement à ceux vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur.
Bien souvent, les personnes ayant un revenu plus élevé ont une prévalence plus faible de maladies chroniques, en raison d’un meilleur accès aux soins de santé, de meilleures conditions de vie, et d’un plus grand nombre de ressources pour maintenir un mode de vie sain. En 2023, plusieurs maladies chroniques et facteurs de risque, comme l’hypertension artérielle, les maladies du cœur, l’accident vasculaire cérébral (AVC), le diabète, l’obésité, l’arthrite, les troubles anxieux et les troubles de l’humeur, étaient moins fréquents chez les adultes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu supérieur que chez ceux vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur.
Les choix personnels et les comportements, influencés par le revenu et l’accès aux renseignements, ont une grande incidence sur la santé. Les personnes dont le revenu est plus élevé ont tendance à avoir un meilleur accès à des aliments nutritifs et à des renseignements sur la santé, ce qui accroît la sensibilisation aux risques liés à la consommation de substances et à l’importance de faire des choix de vie plus sainsNote 8. Cette constatation est renforcée dans la section Comportements influant sur la santé, qui démontre que, en 2023, les adultes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu supérieur étaient proportionnellement plus nombreux que ceux vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur à déclarer manger des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour, et moins nombreux à déclarer fumer des cigarettes ou consommer du cannabis de façon régulière. Cependant, cette section révèle également une tendance inverse, où une plus grande proportion de personnes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu supérieur ont été classées dans la catégorie des grands buveurs, comparativement aux personnes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur.
Les personnes à faible revenu au Canada ont possiblement moins accès à un médecin habituel en raison de disparités régionales en matière de disponibilité des soins de santé, d’obstacles financiers et de défis liés à la littératie en santéNote 9. Des incidents de discrimination et le stress découlant d’une instabilité financière peuvent encore plus les dissuader de recevoir des soins médicaux assidus. La section Accès aux soins de santé révèle que, en 2023, un nombre proportionnellement moins élevé d’adultes vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur avaient un fournisseur habituel de soins de santé, comparativement à ceux vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu supérieur. Bien que le recours à des services de soins à domicile ait été plus courant au sein des ménages du quintile de revenu inférieur, un pourcentage plus élevé de Canadiens vivant au sein d’un ménage du quintile de revenu inférieur ont déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile.
Âge
L’âge influe considérablement et diversement sur la santé, tant sur le plan physique que sur le bien-être mental. Sur le plan physique, à mesure que les gens vieillissent, certaines fonctions de leur organisme commencent à se détériorer, de façon naturelle, ce qui accroît leur vulnérabilité aux problèmes de santé chroniques. Dans la section Résultats en matière de santé, le présent rapport montre que, en 2023, la prévalence de certaines maladies chroniques, comme l’hypertension artérielle, les maladies du cœur, l’AVC, le diabète, l’arthrite et le cancer, augmente avec l’âge. Toutefois, les adultes plus âgés font également état d’une meilleure résilience émotionnelle et d’une satisfaction accrue à l’égard de la vie en raison de leurs expériences de vie et de leurs capacités d’adaptationNote 10. Le présent rapport permet de constater ce qui suit : contrairement à la santé perçue, qui a diminué avec l’âge, la santé mentale perçue s’améliorait avec l’âge. En effet, la proportion de personnes ayant déclaré avoir une très bonne ou excellente santé mentale était plus élevée chez les personnes de 65 ans et plus.
À l’adolescence et au début de l’âge adulte, les personnes sont plus susceptibles de prendre des risques et d’adopter des habitudes néfastes pour la santé, comme le tabagisme et une mauvaise alimentation, souvent en raison de la pression des pairs et des normes socialesNote 11. Ce rapport révèle qu’en 2023, le vapotage et la consommation de cannabis étaient plus fréquents chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans qu’au sein des groupes d’âge plus avancés. La consommation de fruits et de légumes variait également selon l’âge, les personnes de 18 à 34 ans étant proportionnellement moins nombreuses à consommer au moins cinq portions par jour, comme illustré dans la section Comportements influant sur la santé.
Les jeunes perçoivent peut-être les services de santé comme étant inaccessibles en raison de l’endroit où ces services sont offerts ou des heures peu pratiques, et leur crainte relativement aux problèmes de confidentialité pourrait faire en sorte qu’ils se montrent hésitants à obtenir des soinsNote 12. Le présent rapport révèle qu’une proportion moins élevée de Canadiens de 18 à 34 ans que de Canadiens de 65 ans et plus ont indiqué avoir un fournisseur habituel de soins de santé en 2023. De plus amples renseignements sont fournis dans la section Accès aux soins de santé.
Sexe à la naissance et genre
Le présent rapport porte sur les résultats en matière de santé, les comportements influant sur la santé, la consommation de substances ainsi que l’accès aux soins de santé selon le sexe à la naissance et le genre, reconnaissant que ces deux variables sont essentielles pour cerner les inégalités en matière de santé imputables à des facteurs biologiques et socioculturelsNote 13Note 14. Comprendre ces distinctions permet d’adopter une approche plus exhaustive à l’égard de la recherche et des interventions en matière de santé. L’espérance de vie, les maladies infectieuses, les maladies chroniques et les taux de mortalité sont présentés dans ce rapport selon le sexe, en vue de refléter les différences biologiques. Par ailleurs, les comportements influant sur la santé, la consommation de substances, l’accès aux soins, et la santé perçue ou la santé mentale perçue sont présentés selon le genre, mettant en évidence l’influence exercée par les attentes et rôles associés aux genres.
La section Résultats en matière de santé met l’accent sur des tendances notables qui démontrent que les femmes sont proportionnellement moins nombreuses que les hommes à déclarer avoir une très bonne ou excellente santé perçue ou santé mentale perçue. En 2023, les écarts les plus marqués entre les genres étaient observés au sein du groupe des 35 à 39 ans et du groupe des 18 à 34 ans. Tous groupes d’âge confondus, un pourcentage plus élevé de femmes consommaient des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour. Une proportion plus élevée d’hommes que de femmes ont déclaré vapoter, fumer des cigarettes, boire de l’alcool et consommer du cannabis de façon régulière en 2023, comme le démontre la section Comportements influant sur la santé. La section Accès aux soins de santé démontre que, sur une base proportionnelle, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir un fournisseur habituel de soins de santé et avoir recours à des services de soins à domicile, mais elles sont également plus nombreuses que leurs homologues masculins à indiquer avoir des besoins insatisfaits en matière de soins de santé et de soins à domicile.
En 2023, la prévalence de l’existence d’une ou de plusieurs maladies chroniques était, dans l’ensemble, plus élevée chez les femmes que chez les hommes, les maladies du cœur et le diabète étant plus courants chez les hommes, et l’arthrite étant plus répandue chez les femmes. Ces écarts entre les sexes s’accentuent avec l’âge. De plus, l’embonpoint était plus fréquent chez les hommes, surtout ceux de 35 à 49 ans. D’après les prévisions, les taux d’incidence et de mortalité normalisés selon l’âge pour tous les cancers confondus étaient plus élevés chez les hommes, quoique les taux de cancer du poumon aient récemment commencé à converger. Bien que le taux de mortalité imputable au cancer du poumon demeure plus élevé chez les hommes, on s’attend à ce que le taux d’incidence augmente chez les femmes en 2024. L’incidence du cancer colorectal et les taux de mortalité pour ce cancer ont connu une diminution constante pour les deux sexes. Enfin, les femmes étaient proportionnellement moins nombreuses que les hommes à déclarer que leurs symptômes à long terme liés à la COVID-19 avaient disparu. Chez celles dont ces symptômes avaient disparu, les symptômes avaient été ressentis plus longtemps, en moyenne, que chez les hommes. Les résultats sont expliqués plus en détail dans la section Résultats en matière de santé.
Orientation sexuelle
Les personnes LGB+ présentent souvent une plus forte prévalence de l’anxiété, de la dépression et des idées suicidaires, ce qui pourrait être associé à des expériences de stigmatisation sociale, de discrimination et d’isolementNote 15. La section Résultats en matière de santé du présent rapport révèle qu’en 2023, la prévalence des troubles anxieux diagnostiqués autodéclarés était deux fois plus élevée chez les adultes gais ou lesbiennes et plus de trois fois plus élevée chez les adultes bisexuels ou pansexuels que chez les adultes hétérosexuels. Dans tous les groupes d’âge (sauf chez les personnes de 60 ans et plus), l’anxiété était plus répandue chez les adultes LGB+ que chez leurs homologues hétérosexuels. En 2023, un pourcentage moins élevé d’hommes et de femmes LGB+ ont déclaré avoir une très bonne ou excellente santé mentale perçue, comparativement à leurs homologues hétérosexuels.
En 2023, le taux de santé perçue était plus faible chez les adultes LGB+ de 18 à 34 ans que chez leurs homologues hétérosexuels. Toutefois, la prévalence des maladies chroniques à l’étude était semblable ou plus faible chez les adultes LGB+ par rapport aux adultes hétérosexuels.
La section Comportements influant sur la santé révèle qu’en 2023, les femmes LGB+ étaient proportionnellement plus nombreuses que les femmes hétérosexuelles à déclarer avoir consommé de l’alcool de façon excessive, tandis qu’aucun écart n’a été observé chez les hommes. De plus, on a observé que le tabagisme et le vapotage étaient plus fréquents chez les femmes LGB+ et les personnes LGB+ de 18 à 34 ans, qui étaient plus nombreuses à déclarer ces comportements que leurs homologues hétérosexuels. De plus, le pourcentage de personnes LGB+ ayant déclaré consommer du cannabis tous les jours (ou presque tous les jours) en 2023 était plus élevé que celui des adultes hétérosexuels, particulièrement chez les jeunes adultes LGB+ de 18 à 34 ans.
Certains Canadiens LGB+ ont fait état d’expériences négatives avec le système de soins de santé en lien avec leur sexualité et, par conséquent, évitent d’obtenir des soins ou en retardent le momentNote 16. Le présent rapport révèle qu’une proportion moins élevée d’adultes LGB+ que de Canadiens hétérosexuels avaient un fournisseur habituel de soins de santé en 2023. De plus amples renseignements sont fournis dans la section Accès aux soins de santé.
Incapacité
L’incapacité peut limiter les occasions d’emploi, entraînant un stress financier et limitant l’accès aux ressources en santé. Les personnes ayant une incapacité peuvent aussi vivre un isolement social en raison de leur mobilité restreinte ou des attitudes sociétales, ce qui peut avoir une incidence négative sur leur santé mentale ou émotionnelleNote 17Note 18.
Selon la section Résultats en matière de santé du présent rapport, les personnes ayant une incapacité autodéclarée étaient proportionnellement moins nombreuses que leurs homologues n’ayant pas d’incapacité à déclarer avoir une très bonne ou excellente santé mentale perçue en 2023. De plus, une plus grande proportion d’adultes ayant une incapacité ont déclaré avoir au moins un problème de santé chronique, présentant une prévalence plus élevée de l’hypertension artérielle, d’une maladie du cœur, d’un AVC, du diabète, de l’obésité, de l’arthrite et des troubles de l’humeur. De plus, un pourcentage plus élevé d’adultes ayant une incapacité que d’adultes n’ayant pas d’incapacité ont déclaré avoir un fournisseur habituel de soins de santé et présentaient des symptômes à long terme liés à COVID-19.
Le présent rapport révèle que, alors que la consommation d’alcool au cours de la semaine précédente et la consommation excessive d’alcool étaient moins fréquentes en 2023 chez les personnes ayant une incapacité, une proportion plus élevée de personnes ayant une incapacité ont déclaré fumer des cigarettes et consommer du cannabis par rapport à leurs homologues n’ayant pas d’incapacité. Cette question est examinée plus en détail dans la section Comportements influant sur la santé.
Statut d’immigrant
À leur arrivée, de nombreux immigrants ont un meilleur bilan de santé que celui de la population née au Canada, un phénomène appelé effet de la « sélection d’immigrants en bonne santé », bien que cet avantage tende à diminuer au fil des ansNote 19Note 20. Le présent rapport met en lumière les principaux aspects de cet effet dans la section Résultats en matière de santé. Par exemple, de 2021 à 2023, une plus grande proportion d’immigrants que de non‑immigrants ont indiqué avoir une très bonne ou excellente santé mentale perçue. Toutefois, on a constaté que les immigrants établis, c’est-à-dire ceux admis au Canada il y a plus de 10 ans, étaient proportionnellement moins nombreux à déclarer avoir une très bonne ou excellente santé mentale, comparativement à leurs homologues admis au pays plus récemment. Néanmoins, le pourcentage des immigrants établis ayant déclaré avoir une très bonne ou excellente santé mentale était toujours plus élevé que celui des non-immigrants.
Au fil du temps, la prévalence des maladies chroniques peut augmenter chez les immigrants, attribuable en partie au vieillissement, aux changements du mode de vie et aux facteurs de stress environnementaux dans leur nouveau pays. Même si, en général, les immigrants étaient proportionnellement moins nombreux que les non‑immigrants à déclarer avoir au moins une maladie chronique en 2023, le présent rapport indique qu’un pourcentage plus élevé d’immigrants admis au Canada il y a plus de 10 ans ont déclaré avoir une maladie chronique, comparativement à ceux admis plus récemment au pays. En particulier, les maladies du cœur, l’obésité, l’arthrite, l’anxiété et les troubles de l’humeur étaient moins fréquents chez les immigrants que chez les non‑immigrants en 2023, mais ces problèmes de santé étaient plus répandus chez les immigrants établis par rapport aux immigrants récents. Alors que la prévalence du diabète et de l’obésité était plus élevée pour l’ensemble des immigrants en 2023, la prévalence de ces deux problèmes de santé était plus élevée chez les immigrants admis au pays il y a plus de 10 ans comparativement aux immigrants récents. De plus, un pourcentage plus élevé d’immigrants (récents et établis) étaient classés comme faisant de l’embonpoint, comparativement aux non‑immigrants.
Bon nombre d’immigrants conservent des habitudes alimentaires de leur pays d’origine, lesquelles peuvent être considérablement différentes de celles que l’on retrouve dans leur nouveau milieu. Ce fait, qui peut avoir une incidence sur leur alimentation, mène à de meilleures ou de moins bonnes habitudes alimentaires. La section Comportements influant sur la santé montre qu’une proportion moins élevée d’immigrants consommaient des fruits ou des légumes au moins cinq fois par jour comparativement aux non-immigrants, la proportion la plus faible étant observée chez les immigrants récents plutôt que chez ceux établis.
La section Comportements influant sur la santé souligne que, comparativement aux non‑immigrants, les immigrants adoptaient des comportements plus sains sur le plan de la consommation de substances, déclarant une consommation moins élevée d’alcool au cours de la semaine précédant l’enquête et une fréquence moins élevée de consommation excessive d’alcool, de tabagisme (quotidien ou occasionnel), de vapotage (au cours des 30 jours précédents) et de consommation de cannabis (tous les jours ou presque tous les jours). La fréquence du vapotage était plus élevée chez les immigrants admis au Canada au cours des 10 années précédentes, tandis que la fréquence de la consommation de cannabis était plus élevée chez les immigrants arrivés au pays il y a plus de 10 ans. Aucun écart n’a toutefois été enregistré au chapitre de la prévalence de la consommation excessive d’alcool et de tabagisme en fonction du temps écoulé depuis l’immigration.
La section Accès aux soins de santé indique que, de 2021 à 2023, le pourcentage de non-immigrants ayant un fournisseur habituel de soins de santé a diminué, alors qu’aucun changement n’a été déclaré parmi les immigrants. Cependant, si l’on tient compte du temps écoulé depuis l’immigration, le pourcentage des immigrants ayant déclaré avoir un fournisseur de soins de santé n’a pas changé chez les immigrants établis, mais a augmenté chez les immigrants récents.
Même si le recours à des services de soins à domicile ne variait pas selon le statut d’immigrant en 2023, on a observé une plus grande proportion d’immigrants ayant déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile, surtout chez les immigrants admis au Canada depuis plus longtemps comparativement à ceux admis plus récemment.
Groupes racisés
La relation entre l’identité racisée et la santé est influencée par un ensemble de facteurs systémiques, socioéconomiques, culturels et environnementaux. L’interaction de ces éléments crée des inégalités en matière de santé pour certains groupes racisés et ethniques.Note 21 Le présent rapport examine les résultats en matière de santé pour les adultes de 18 ans et plus faisant partie des dix groupes racisés les plus importants au Canada : les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Noirs, les Philippins, les Arabes, les Latino‑américains, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, les Coréens et les Japonais.
Bien que les personnes de groupes racisés doivent souvent composer avec des facteurs de stress particuliers qui peuvent nuire à leur santé, comme la discrimination et l’isolement socialNote 21Note 22Note 23, les résultats présentés dans la section Résultats en matière de santé révèlent qu’un pourcentage plus élevé de la population racisée (en particulier les personnes sud-asiatiques, philippines, latino-américaines et japonaises) a déclaré avoir très bonne ou excellente santé perçue, comparativement à la population non racisée. De plus, les personnes philippines, noires, latino-américaines et sud-asiatiques étaient proportionnellement plus nombreuses que leurs homologues de la population non racisée à déclarer avoir une très bonne ou excellente santé mentale perçue. En 2023 notamment, la plupart des personnes appartenant à l’un des dix groupes racisés les plus importants ont jugé, en proportions semblables ou supérieures à leurs homologues non racisés, que leur santé perçue et leur santé mentale perçue étaient très bonnes ou excellentes.
En 2023, l’hypertension artérielle, les maladies du cœur, l’obésité, l’anxiété et les troubles de l’humeur étaient plus fréquents au sein de la population non racisée que parmi la plupart des groupes racisés. De 2021 à 2023, on a également observé que l’arthrite était moins répandue chez les personnes racisées que chez celles non racisées. En revanche, par rapport à leurs homologues non racisés, les Canadiens sud-asiatiques et noirs étaient proportionnellement plus nombreux à être classés comme faisant de l’embonpoint en 2023. Quant au diabète, on a enregistré une prévalence plus forte chez les personnes sud-asiatiques, mais plus faible chez les adultes chinois, latino-américains, japonais, coréens et asiatiques occidentaux, comparativement à celle observée chez les personnes non racisées. En outre, la réinfection par la COVID-19 était plus fréquente chez les Canadiens noirs que chez les autres groupes racisés.
Comme en fait état la section Résultats en matière de santé , même si certains groupes racisés ont affiché des proportions comparables à celles de la population non racisée en ce qui a trait à la consommation de fruits ou de légumes cinq fois ou plus par jour en 2023, les personnes sud-asiatiques, chinoises et asiatiques occidentales présentaient des taux de consommation moins élevés à cet égard. La consommation excessive d’alcool et le tabagisme étaient plus fréquents chez les adultes non racisés que parmi la plupart des groupes racisés. Le vapotage était moins fréquent chez les personnes chinoises, sud-asiatiques, latino-américaines, noires et asiatiques du Sud-Est, mais plus courant chez les adultes arabes, en comparaison avec les personnes non racisées. De plus, par rapport à la population non racisée en 2023, la consommation de cannabis tous les jours ou presque tous les jours était nettement moins fréquente chez les groupes de personnes sud-asiatiques, chinoises, noires, philippines et latino‑américaines.
Les groupes racisés et ethniques sont souvent confrontés à des obstacles liés à l’accessibilité aux soins de santé, y compris les défis économiques, l’absence d’une assurance et la discrimination systémique au sein du système de soins de santé. Les données ont révélé que, en 2023, les adultes arabes, noirs, coréens, latino-américains et chinois étaient moins nombreux que leurs homologues non racisés à déclarer avoir un fournisseur habituel de soins de santé, tandis qu’une proportion plus élevée d’adultes philippins ont indiqué en avoir un. Comparativement à la population non racisée, les adultes asiatiques du Sud-Est, philippins, latino-américains et chinois étaient considérablement moins nombreux à déclarer avoir recours à des services de soins à domicile, et des proportions moins élevées d’adultes chinois et philippins ont déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins à domicile. Il est possible d’obtenir plus de renseignements à la section Accès aux soins de santé.
Populations autochtones
Partout au pays, les groupes autochtones sont touchés par des disparités sur le plan de la santé, lesquelles peuvent être imputables à divers déterminants sociaux en la matière. Ces déterminants sociaux de la santé incluent les enjeux systémiques qui ont une incidence sur les réalités quotidiennes, notamment l’accès à des soins de santé convenables, à une éducation de haute qualité, à des aliments abordables et à un logement adéquatNote 24Note 25. Touchant particulièrement les groupes autochtones, les diverses inégalités liées à ces déterminants les exposent à un risque disproportionné de problèmes de santé, comparativement aux groupes non autochtonesNote 26Note 27.
D’après les résultats de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2022 (enquête nationale sur les conditions socioéconomiques des membres des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuit), il existe des disparités dans les indicateurs de santé au sein de ces populations au Canada. Comme il a été mentionné à la section Résultats en matière de santé , l’espérance de vie à la naissance est nettement inférieure chez les Autochtones, qui affichent aussi des taux de mortalité infantile plus élevés. Ces populations sont davantage atteintes de maladies chroniques, surtout d’arthrite, d’hypertension artérielle et d’asthme, et des différences entre les sexes sont constatées à cet égard. Les problèmes de santé mentale sont également répandus au sein de ces groupes, plus d’un quart des adultes autochtones ayant déclaré avoir des troubles anxieux ou des troubles de l’humeur, lesquels sont souvent aggravés en situation de faible revenu. L’accès aux soins de santé demeure un défi de taille pour diverses personnes autochtones, qui ont déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de soins de santé. De plus, on recense chez les enfants autochtones de moins bons résultats en matière de santé ainsi que des taux élevés d’infections des voies respiratoires et de problèmes buccodentaires, souvent associés à des conditions inadéquates constituant des déterminants d’un mauvais état de santé. La pandémie de COVID-19 a touché les communautés autochtones de façon disproportionnée, avec des taux de mortalité plus élevés chez elles que chez les populations non autochtonesNote 28, ce qui met en relief les inégalités persistantes qui doivent être éradiquées en matière de santé.
- Date de modification :