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Les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2024

Diffusion : 2026-03-30

En 2024, le nombre de crimes haineux déclarés par la police au Canada était relativement stable après avoir augmenté de façon marquée au cours des années précédentes. Les services de police canadiens ont déclaré 4 882 crimes haineux en 2024, ce qui représente une légère hausse (+1 %) par rapport à 2023. Cette croissance survient après une augmentation de 34 % de 2022 à 2023. Dans l'ensemble, le nombre de crimes haineux déclarés par la police a crû pendant six années consécutives et il a plus que doublé (+169 %) depuis 2018.

Toutefois, si l'on tient compte de la taille de la population, le taux de crimes haineux déclarés par la police pour 100 000 habitants a diminué de 2 % en 2024. Plus précisément, le taux a reculé pour passer de 12,1 affaires pour 100 000 habitants en 2023 à 11,9 affaires pour 100 000 habitants en 2024. À titre de comparaison, le taux de criminalité global (sauf les délits de la route) a diminué de 4 % au cours de la même période. Malgré la légère baisse, le taux de crimes haineux (+142 %) a plus que doublé de 2018 à 2024, et le taux de criminalité global a augmenté de 3 %.

La stabilité relative du nombre total de crimes haineux déclarés par la police en 2024 est attribuable à des variations au chapitre des motifs. Il y a eu une augmentation du nombre d'affaires ciblant une race ou une origine ethnique (+8 % pour s'établir à 2 377 affaires), qui a été en partie contrebalancée par la baisse du nombre d'affaires ciblant une orientation sexuelle (-26 % pour se chiffrer à 658 affaires). Le nombre de crimes haineux visant une religion était essentiellement stable; il a diminué de 3 affaires pour passer à 1 342 affaires.

Graphique 1  Graphique 1: Crimes haineux déclarés par la police, selon le type de motif, Canada, 2014 à 2024
Crimes haineux déclarés par la police, selon le type de motif, Canada, 2014 à 2024

Comprendre les renseignements sur les crimes haineux déclarés par la police

Les renseignements déclarés par les services de police au sujet des crimes haineux comprennent uniquement les affaires qui sont portées à leur attention et catégorisées par la suite comme des crimes haineux confirmés ou soupçonnés. De nombreux facteurs peuvent influer sur le signalement des crimes à la police, dont les événements mondiaux, les mouvements sociaux, la sensibilisation de la collectivité et l'expertise de la police locale. Des facteurs comme les barrières linguistiques, la confiance à l'égard de la police et du système de justice, et la crainte d'une stigmatisation ou d'une victimisation supplémentaire peuvent également avoir une incidence sur la décision des victimes de signaler les crimes.

Les données déclarées par la police ne représentent qu'une dimension de l'analyse des crimes haineux. Les données autodéclarées représentent une autre façon de surveiller les crimes motivés par la haine. Selon les données les plus récentes de l'Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens (victimisation) menée en 2019, les Canadiens ont été victimes de plus de 223 000 crimes qui, selon eux, étaient motivés par la haine au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête. Parmi ceux-ci, plus de 1 incident sur 5 (22 %) a été signalé à la police.

Renseignements accessibles sur les crimes haineux déclarés par la police

Un tableau de bord interactif de visualisation des données statistiques sur les crimes haineux déclarés par la police est accessible par l'intermédiaire du Carrefour de renseignements déclarés par la police. L'infographie intitulée « Infographie : les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2024 » est également accessible.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les crimes haineux déclarés par la police au Canada, consultez les tableaux de données portant sur les aspects des crimes haineux, c'est-à-dire le type de motif, le type d'infraction et la géographie.

Pour obtenir les données trimestrielles provisoires sur les crimes haineux pour 2025, consultez le tableau de données et le tableau de bord interactif de visualisation de données « Données trimestrielles provisoires sur les crimes haineux et les cybercrimes », par l'intermédiaire du Carrefour de renseignements déclarés par la police. Ces renseignements sont un complément aux données officielles sur les crimes haineux déclarés par la police et diffusées chaque année.

La production du présent communiqué et de ces produits a été rendue possible grâce à l'aide financière du ministère du Patrimoine canadien.

Parmi les provinces, en 2024, les taux de crimes haineux déclarés par la police allaient de 5,3 affaires pour 100 000 habitants au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador à 16,0 affaires en Ontario. En 2024, huit provinces ont enregistré des taux stables ou en baisse. Terre-Neuve-et-Labrador (+51 %) — même en ayant affiché le taux global le plus bas — a quant à elle enregistré une hausse, tout comme l'Alberta (+3 %). Étant donné le nombre relativement restreint d'affaires de crimes haineux déclarées à Terre-Neuve-et-Labrador, à savoir 19 en 2023 et 29 en 2024, la variation du taux est sujette à une plus grande variabilité.

Contrairement aux crimes déclarés par la police en général (dont les taux ont tendance à être plus élevés dans les régions rurales), les taux de crimes haineux déclarés par la police étaient 2,5 fois plus élevés dans les grandes villes que dans les petites villes en 2024 (13,9 affaires pour 100 000 habitants dans les régions métropolitaines de recensement par rapport à 5,5 affaires pour 100 000 habitants dans les régions autres que les régions métropolitaines de recensement).

Graphique 2  Graphique 2: Crimes haineux déclarés par la police, selon la province, 2020 à 2024
Crimes haineux déclarés par la police, selon la province, 2020 à 2024

En 2024, le nombre d'affaires de crimes haineux sans violence a augmenté de 3 %, principalement en raison de la hausse des infractions liées aux méfaits (+5 % pour atteindre 2 165 affaires). En revanche, le nombre d'affaires de crimes haineux violents (-1 %) a diminué légèrement en partie sous l'effet du recul du nombre d'affaires de menaces et de harcèlement criminel, et malgré une augmentation combinée de 15 % des voies de fait simples et majeures.

En 2024, 55 % des crimes haineux déclarés par la police étaient de nature non violente, ce qui s'explique en grande partie par la proportion élevée de méfaits et de méfaits à l'égard de biens servant principalement au culte religieux ou utilisés principalement par un groupe identifiable. Ensemble, ces infractions représentaient 80 % des crimes haineux sans violence et 44 % de l'ensemble des crimes haineux (sans violence et avec violence). Les infractions liées aux méfaits représentaient 59 % des crimes haineux ciblant une religion, 45 % des crimes haineux ciblant une orientation sexuelle et 39 % des crimes haineux visant une race ou une origine ethnique.

Graphique 3  Graphique 3: Proportion des crimes haineux violents et sans violence déclarés par la police, selon le type d'infraction, Canada, 2024
Proportion des crimes haineux violents et sans violence déclarés par la police, selon le type d'infraction, Canada, 2024

Les crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique déclarés par la police augmentent pour une sixième année consécutive

De 2023 à 2024, les crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique ont affiché une hausse de 8 %, surtout en raison des crimes ciblant les Noirs (+6 % pour se chiffrer à 873 affaires), les Arabes et les Asiatiques occidentaux (+16 % pour atteindre 310 affaires) et les Sud-Asiatiques (+15 % pour s'établir à 321 affaires). Les affaires visant d'autres groupes raciaux ou ethniques, comme les Latino-Américains, les Sud-Américains ou une combinaison de groupes, ont également augmenté (+23 % pour atteindre 446 affaires). En revanche, les crimes haineux ciblant les populations de l'Asie de l'Est et du Sud-Est (-5 % pour se chiffrer à 185 affaires) ont diminué pour une troisième année consécutive.

Le nombre de crimes haineux ciblant les peuples autochtones (membres des Premières Nations, Métis et Inuit) a diminué de 18 % en 2024 pour passer de 72 à 59 affaires.

Graphique 4  Graphique 4: Nombre de crimes haineux déclarés par la police, selon la race ou l'origine ethnique ciblée, Canada, 2020 à 2024
Nombre de crimes haineux déclarés par la police, selon la race ou l'origine ethnique ciblée, Canada, 2020 à 2024

Les crimes haineux ciblant une orientation sexuelle déclarés par la police diminuent après trois années d'augmentations consécutives

En 2024, les crimes haineux ciblant une orientation sexuelle ont diminué de 26 % pour s'établir à 658 affaires, en baisse comparativement au sommet atteint en 2023 (889 affaires). Le recul affiché en 2024 s'est produit à la suite d'augmentations observées de 2020 à 2023, alors que les crimes haineux ciblant une orientation sexuelle (+245 %) avaient plus que triplé. Malgré la baisse enregistrée en 2024, le nombre de crimes était plus élevé qu'au cours de toutes les années qui ont précédé 2023.

En 2024, 2 crimes de ce genre sur 5 (40 %) ciblaient la population gaie et lesbienne. Le recul s'inscrit dans une tendance à la baisse amorcée à la suite du sommet de 94 % atteint en 2013. Une proportion croissante d'affaires ciblait des personnes ayant une orientation sexuelle autre que l'hétérosexualité, comme les personnes asexuelles ou pansexuelles (43 %), tandis que le nombre d'affaires où l'orientation sexuelle ciblée était inconnue (15 %) a diminué par rapport à 2023. La proportion restante des affaires visait la population bisexuelle (1 %) en 2024.

Le mois de juin a de nouveau été marqué par une hausse du nombre de crimes haineux ciblant une orientation sexuelle. En effet, 113 affaires ont été déclarées en juin 2024, ce qui constitue environ le double de la moyenne mensuelle (50 affaires) pour le reste de l'année. Cette tendance est constante depuis 2021, le mois de juin comptant en moyenne environ trois fois plus d'affaires déclarées par la police que les autres mois. Par ailleurs, les mois d'été coïncident avec la célébration du mois de la Fierté et le début de la saison de la Fierté partout au Canada et aux États-Unis.

Les crimes haineux ciblant l'identité ou l'expression de genre déclarés par la police augmentent pour une quatrième année consécutive

Le nombre de crimes haineux ciblant une identité ou une expression de genre a augmenté pour une quatrième année consécutive, en hausse de 8 % par rapport à 2023 pour atteindre 139 affaires en 2024. Ces crimes ont presque triplé (+184 %) depuis 2020. Parmi les affaires dont un motif particulier était connu, plus de la moitié (56 affaires sur 98) ciblaient des personnes intersexuées, des hommes ou des femmes transgenres, des personnes agenres ou des personnes ayant d'autres identités ou expressions de genre non binaires.

Les crimes haineux ciblant une religion déclarés par la police sont relativement stables en 2024, après deux hausses marquées au cours des trois années précédentes

En 2024, la police a déclaré 1 342 crimes haineux ciblant une religion, soit une baisse de 3 par rapport à 2023. Cette période a été marquée par une stabilité relative par rapport à la hausse de 154 % enregistrée de 2020 à 2023, période au cours de laquelle le nombre d'affaires avait augmenté pour passer de 530 à 1 345. En 2024, la plupart des crimes haineux ciblant une religion déclarés par la police visaient les populations juive (70 %) et musulmane (17 %). Les autres crimes haineux ciblaient d'autres religions, par exemple le bouddhisme, le sikhisme, l'hindouisme et les religions chrétiennes.

Graphique 5  Graphique 5: Nombre de crimes haineux déclarés par la police, selon la religion ciblée, Canada, 2020 à 2024
Nombre de crimes haineux déclarés par la police, selon la religion ciblée, Canada, 2020 à 2024

Les données mensuelles révèlent un nombre relativement élevé de crimes haineux déclarés par la police ciblant les populations juive et musulmane en octobre, en novembre et, dans une moindre mesure, en décembre 2023. Comparativement au nombre moyen de crimes haineux déclarés mensuellement de janvier 2021 à septembre 2023, la moyenne mensuelle des trois derniers mois de 2023 était 251 % plus élevée pour la population juive (159 affaires par mois par rapport à 45 affaires par mois) et 185 % plus élevée pour la population musulmane (32 affaires par mois par rapport à 11 affaires par mois).

Pour l'année 2024, le nombre moyen mensuel de crimes haineux ciblant la population juive (77 affaires par mois en 2024) et la population musulmane (19 affaires par mois en 2024) a diminué par rapport au nombre moyen enregistré à la fin de 2023. Toutefois, la moyenne mensuelle pour 2024 s'est située bien au-dessus des niveaux déclarés de janvier 2021 à septembre 2023 (+69 % pour la population juive et +68 % pour la population musulmane).

Certaines caractéristiques des crimes haineux déclarés par la police, des victimes et des auteurs présumés au fil du temps, de 2019 à 2021 et de 2022 à 2024

L'analyse qui suit porte sur les caractéristiques des affaires de crimes haineux déclarées par la police, des victimes et des auteurs présumés au fil du temps. Elle est fondée sur deux cohortes de trois ans, soit de 2019 à 2021 et de 2022 à 2024, et traite des crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique, une religion ou une orientation sexuelle. Ensemble, ces trois types de motif représentaient plus de 9 crimes haineux déclarés par la police sur 10 (93 %) de 2019 à 2024.

En outre, en ce qui a trait à la cohorte la plus récente (observée de 2022 à 2024), les caractéristiques ont été comparées entre les crimes motivés par la haine et les crimes non motivés par la haine (ci-après appelés « autres crimes ») afin d'examiner les caractéristiques qui peuvent être plus distinctives des crimes haineux. Pour obtenir des renseignements plus précis, veuillez consulter les tableaux 8 et 9.

Malgré l'augmentation globale des crimes haineux déclarés par la police de 2019 à 2024, les caractéristiques de ces affaires étaient sensiblement les mêmes d'une cohorte à l'autre. Parallèlement, il y avait certaines différences entre les crimes haineux et les autres crimes au sein de la cohorte la plus récente, en particulier en ce qui concerne la répartition des infractions, l'état de classement de l'affaire et le lieu de l'affaire, ainsi que par rapport au genre de la victime et au lien de l'auteur présumé avec la victime.

Les caractéristiques des affaires : caractéristiques des crimes haineux façonnées par les méfaits

Dans les deux cohortes de crimes haineux, moins de la moitié des affaires de crimes haineux déclarées par la police étaient de nature violente, alors que 43,9 % des affaires sont survenues de 2019 à 2021 et 45,4 %, de 2022 à 2024. Toutefois, la catégorie « autres crimes » a fait état d'une proportion plus faible d'affaires avec violence, alors que 21 % des affaires ont été classées comme étant violentes de 2022 à 2024.

Cette différence reflète la répartition générale des infractions pour les crimes haineux et les autres crimes. Bon nombre d'infractions sans violence dont le volume est élevé (comme le vol de biens ou les infractions contre l'administration de la justice) sont peu susceptibles d'être catégorisées comme des crimes motivés par la haine, ce qui entraîne une proportion plus élevée d'infractions sans violence dans la catégorie « autres crimes ». L'exception est les méfaits, comme les graffitis et le vandalisme, qui sont également catégorisés comme des infractions sans violence, mais qui représentent près de la moitié des crimes motivés par la haine (43,8 % des crimes haineux de 2022 à 2024) comparativement à 13 % des autres crimes.

Dans les deux cohortes de crimes haineux, les méfaits étaient plus susceptibles d'être en cause dans les crimes haineux ciblant une religion (67,6 % de 2019 à 2021 et 61,2 % de 2022 à 2024) que ceux ciblant une race ou une origine ethnique (37,2 % et 37,7 %, respectivement) ou une orientation sexuelle (36,7 % et 42,1 %, respectivement). Toutefois, la proportion de crimes haineux liés aux méfaits qui ont ciblé une religion a diminué dans la cohorte observée de 2022 à 2024, étant donné que les crimes haineux ciblant une religion sont devenus proportionnellement plus violents. Entre les deux cohortes, les crimes haineux violents ciblant une religion ont augmenté de 116,3 %, tandis que les crimes haineux sans violence visant une religion ont affiché une hausse de 57,2 %.

En revanche, les crimes haineux déclarés par la police ciblant une orientation sexuelle étaient proportionnellement moins violents au fil du temps (53,5 % de 2019 à 2021 et 44,9 % de 2022 à 2024). Entre les cohortes, les crimes haineux violents ciblant une orientation sexuelle ont augmenté de 79,6 %, tandis que les crimes haineux sans violence visant une orientation sexuelle ont augmenté de 153,5 %.

Le taux de classement des affaires est plus faible pour les crimes haineux sans violence liés aux méfaits

Dans la cohorte de 2022 à 2024, les crimes haineux violents ont affiché un taux de classement comparable à celui des autres crimes violents (47,1 % par rapport à 52,9 %). Par « affaire classée », on entend les affaires criminelles pour lesquelles un suspect a été inculpé ou pour lesquelles il y a suffisamment d'éléments de preuve pour recommander ou déposer une accusation. En revanche, les crimes haineux sans violence ont été classés beaucoup moins souvent que les autres crimes sans violence (13,8 % par rapport à 30,6 %).

Encore une fois, le taux de classement des affaires relativement faible des crimes haineux sans violence a été influencé par la proportion relativement élevée des affaires de crimes haineux liées aux méfaits, qui ont tendance à être plus difficiles à classer en raison des défis qui entravent l'identification des auteurs de ce crime. En règle générale, les méfaits affichent un taux de classement des affaires relativement faible pour les autres crimes (23,0 % des affaires classées) et ce taux était encore plus faible pour les crimes motivés par la haine (10,5 % des affaires classées).

Les affaires de cybercriminalité liées aux crimes haineux demeurent relativement rares, mais elles sont plus fréquentes que pour les autres crimes

La proportion de crimes haineux comportant une composante de cybercriminalité a légèrement diminué d'une cohorte à l'autre pour passer de 7,0 % de 2019 à 2021 à 5,9 % de 2022 à 2024. Cependant, les crimes haineux étaient tout de même environ 1,5 fois plus susceptibles que les autres crimes de comporter une composante de cybercriminalité dans la cohorte observée de 2022 à 2024 (5,9 % par rapport à 3,7 %).

Les crimes haineux sont plus susceptibles de se produire dans des endroits publics et près des écoles

Les tendances en matière de lieu variaient entre les crimes haineux et les autres crimes. Dans la cohorte de 2022 à 2024, les crimes haineux étaient le plus souvent commis dans des endroits publics (37,9 %), comme dans les transports en commun, la rue ou les aires ouvertes. En revanche, les autres crimes, en particulier les autres crimes violents, étaient plus susceptibles de se produire dans des résidences privées. Environ 4 autres crimes sur 10 (39,8 %) se sont produits dans des résidences privées, comparativement à un peu plus de 2 crimes haineux sur 10 (21,7 %). Pour ce qui est des autres crimes violents, la proportion de crimes qui se sont produits dans des résidences privées a augmenté pour s'établir à près de 6 crimes sur 10 (57,8 %), comparativement à près du quart (23,6 %) des crimes haineux.

Les crimes haineux étaient environ 8 fois plus susceptibles que les autres crimes d'être commis près d'établissements d'enseignement dans la cohorte observée de 2022 à 2024 (12,7 % des crimes haineux par rapport à 1,7 % des autres crimes). Plus précisément, entre les deux cohortes de crimes haineux, les crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique (7,9 % de 2019 à 2021 et 10,8 % de 2022 à 2024), une religion (9,5 % et 14,2 %, respectivement) et une orientation sexuelle (14,1 % et 17,1 %, respectivement) ont affiché des proportions plus élevées d'affaires commises près de tels établissements.

Dans les deux cohortes de crimes haineux, les crimes haineux ciblant une orientation sexuelle étaient les plus susceptibles de se produire dans une résidence privée (31,2 % de 2019 à 2021 et 30,9 % de 2022 à 2024), comparativement aux crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique (22,5 % et 20,0 %, respectivement) ou une religion (19,8 % et 18,2 %, respectivement). De plus, comme on pouvait s'y attendre, les crimes haineux ciblant une religion étaient les plus susceptibles de se produire à proximité d'une institution religieuse, même si cette tendance a diminué au fil du temps (20,9 % et 13,6 %, respectivement). Dans l'ensemble, les crimes haineux ciblant une religion représentaient 81 % des crimes haineux commis à proximité d'une institution religieuse.

Les victimes de crimes haineux sont plus susceptibles d'être des hommes et des garçons, et d'être agressées par un étranger

Dans les deux cohortes de crimes haineux, près des deux tiers des victimes d'affaires de crimes haineux avec violence étaient des hommes et des garçons (62,0 % de 2019 à 2021 et 62,1 % de 2022 à 2024). En revanche, moins de la moitié (47,4 %) des victimes d'autres crimes violents étaient des hommes ou des garçons. Dans les données sur les crimes haineux déclarés par la police, les enregistrements relatifs aux victimes sont recueillis pour les crimes contre la personne (crimes violents), mais pas pour les crimes contre les biens (crimes sans violence).

Plus précisément, dans les deux cohortes de crimes haineux, des différences ont été observées entre les types de motif. Les crimes haineux violents ciblant une religion ont affiché une proportion relativement plus faible de victimes qui étaient des hommes et des garçons (55,2 % de 2019 à 2021 et 56,6 % de 2022 à 2024), tandis que les crimes haineux violents visant une orientation sexuelle ont affiché une proportion relativement plus élevée d'hommes et de garçons (71,8 % et 72,7 %, respectivement).

En outre, la proportion d'enfants et de jeunes victimes (âgés de 0 à 24 ans, dont les enfants âgés de 0 à 11 ans représentaient 10 % des victimes) a augmenté entre les deux cohortes de crimes haineux (pour passer de 29,6 % de 2019 à 2021 à 34,6 % de 2022 à 2024). Les crimes haineux ciblant une religion ont affiché la proportion la plus élevée de victimes de 65 ans et plus (6,3 % de 2019 à 2021 et 5,7 % de 2022 à 2024), tandis que les crimes haineux qui ciblaient une orientation sexuelle ont affiché la proportion la plus élevée d'enfants et de jeunes victimes (43,1 % et 38,1 %, respectivement). Dans l'ensemble, de 2019 à 2024, l'âge médian des victimes était de 34 ans pour les crimes haineux ciblant une religion et de 28 ans pour les crimes haineux ciblant une orientation sexuelle.

Bien que les crimes haineux et les autres crimes présentent une répartition semblable des âges des victimes, le lien de l'auteur présumé avec la victime différait. Les victimes de crimes haineux étaient plus de deux fois plus susceptibles d'être agressées par un étranger (62,4 % par rapport à 26,0 % pour les autres crimes) et neuf fois moins susceptibles d'être agressées par un membre de la famille ou un partenaire intime (4,5 % par rapport à 40,6 % pour les autres crimes).

Parmi certains types de motif de crimes haineux dans la cohorte observée de 2022 à 2024, les victimes de crimes haineux ciblant une orientation sexuelle (44,5 % des victimes) étaient plus susceptibles de connaître l'auteur présumé que les victimes de crimes haineux visant une race ou une origine ethnique, ou une religion (35,2 % des victimes pour les deux types de motif).

Les auteurs présumés d'affaires de crimes haineux sont plus susceptibles d'être des hommes et des garçons, et d'être plus jeunes

Les auteurs présumés d'affaires de crimes haineux étaient plus susceptibles d'être des hommes et des garçons que les auteurs présumés d'autres crimes (82,3 % par rapport à 74,3 %), bien que les auteurs présumés étaient principalement des hommes et des garçons dans les deux groupes. Les auteurs présumés d'affaires de crimes haineux étaient également plus jeunes dans l'ensemble. Dans la cohorte de 2022 à 2024, 35,1 % des auteurs présumés de crimes haineux étaient des jeunes de 12 à 24 ans, comparativement à 22,6 % pour les autres crimes.

Dans les cohortes de crimes haineux, la proportion de jeunes auteurs présumés a augmenté pour passer de 28,7 % de 2019 à 2021 à 35,1 % de 2022 à 2024, une hausse qui était évidente pour les crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique (de 23,4 % à 30,5 %) et une religion (de 22,6 % à 35,0 %). En revanche, la proportion de jeunes auteurs présumés de crimes haineux ciblant une orientation sexuelle a diminué légèrement au fil du temps (de 53,0 % à 49,9 %, respectivement), même si les jeunes ont continué de composer environ la moitié des auteurs présumés de ce type de motif, et que la proportion de jeunes auteurs présumés de crimes haineux ciblant une orientation sexuelle était supérieure à celle des deux autres motifs.

La proportion de femmes et de filles identifiées comme auteures présumées de crimes haineux déclarés par la police a augmenté d'une cohorte à l'autre pour passer de 14,2 % de 2019 à 2021 à 17,7 % de 2022 à 2024. De manière similaire, des hausses ont également été observées pour les trois types de crimes haineux examinés.










  Note aux lecteurs

Recueillir les renseignements sur les crimes haineux déclarés par la police

Les données sur les crimes haineux déclarés par la police sont tirées du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), un recensement de toutes les affaires criminelles connues des services de police au Canada. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le Programme DUC, la terminologie et les définitions clés, voir l'article intitulé « Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2021 ».

Définition de crime haineux : Infraction criminelle ciblant des parties intégrales ou visibles de l'identité d'une personne ou d'une collectivité. Un crime haineux peut être perpétré contre une personne ou un bien et être motivé, en tout ou en partie, par des préjugés, des préjudices ou la haine fondés sur la race, la couleur, l'origine nationale ou ethnique, la religion, l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expression de genre, la langue, le sexe, l'âge, l'incapacité mentale ou physique, ou d'autres facteurs semblables.

De plus, cinq infractions précises étaient considérées comme de la propagande haineuse ou des crimes haineux dans le Code criminel du Canada : préconiser ou fomenter un génocide à l'égard d'un groupe identifiable, inciter à la haine contre un groupe identifiable dans un endroit public lorsqu'une telle incitation est susceptible d'entraîner une violation de la paix, fomenter volontairement la haine contre un groupe identifiable, fomenter volontairement l'antisémitisme en cautionnant, en niant ou en minimisant l'Holocauste, et le méfait motivé par la haine fondé sur divers facteurs en lien avec certains biens servant principalement au culte religieux ou utilisés principalement par un groupe identifiable.

Les données des services de police sur les crimes haineux comprennent uniquement les affaires qui sont portées à leur attention et catégorisées comme des crimes haineux. La police détermine si un crime a été motivé ou non par la haine, et indique le type de motif en se fondant sur les renseignements recueillis pendant l'enquête et sur des lignes directrices nationales communes pour la classification des dossiers. Les chiffres sur les crimes haineux comprennent à la fois les affaires confirmées comme étant motivées par la haine et celles soupçonnées de l'être. Comme pour d'autres types de crimes, le nombre de crimes haineux déclarés par la police peut être influencé par des événements sociaux importants, des initiatives policières ou des campagnes de sensibilisation. En outre, les barrières linguistiques, la méfiance à l'égard de la police ainsi que la crainte d'une victimisation ou d'une stigmatisation supplémentaire peuvent également avoir une incidence sur le signalement. Voir, par exemple, les encadrés 1 et 5 de l'article intitulé « Les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2020 ». Dans le présent communiqué, les données de la police sur les crimes haineux indiquent le motif principal du crime haineux dans l'affaire criminelle, tel qu'il a été déterminé par l'enquête policière. Afin de permettre une meilleure compréhension de la nature complexe des crimes motivés par la haine et une analyse plus poussée de l'intersectionnalité, les catégories de motifs de crimes haineux existantes ont été élargies et une catégorie permettant de déclarer un deuxième motif a été ajoutée dans le Programme DUC. Ces changements ont été instaurés à la suite de vastes consultations auprès de spécialistes des crimes haineux aux fins de la déclaration en octobre 2021. La collecte et la diffusion de ces données peuvent prendre un certain temps, en partie pour des raisons de confidentialité et de protection de la vie privée.

Dans la mesure du possible, les renseignements sur les crimes déclarés par la police devraient être interprétés dans un contexte communautaire élargi. Pour obtenir des renseignements contextuels supplémentaires au sein et en dehors du système de justice pénale, veuillez consulter les ressources suivantes : Statistiques sur le crime et la justice; Profil du recensement, Recensement de la population de 2021; Centre de données municipales et locales et Statistiques sur le Canada rural.

Données provisoires sur les crimes haineux déclarés par la police pour les trois premiers trimestres de 2025

Les résultats provisoires indiquent que 3 509 crimes haineux ont été déclarés par la police au cours des trois premiers trimestres de 2025. Pour mettre les choses en contexte, il s'agit d'une baisse par rapport au nombre de crimes haineux (3 782) recensés dans les statistiques annuelles officielles au cours de la même période en 2024.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le tableau des données trimestrielles provisoires sur les crimes haineux.

Des données trimestrielles provisoires continues sur les crimes haineux déclarés par la police sont disponibles tout au long de l'année. Les données pour le quatrième trimestre de 2025 seront disponibles en avril 2026, et les données pour le premier trimestre de 2026, en juillet 2026.

Les données annuelles officielles sur les crimes haineux déclarés par la police pour 2025 seront diffusées à l'été 2026, en même temps que d'autres données sur les crimes déclarés par la police.

Identifier les populations ciblées par les crimes haineux déclarés par la police

Dans le présent communiqué, les données sur les crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique sont mesurées à l'aide de la variable « détails de la motivation du crime haineux » du Programme DUC. Les catégories de déclaration ont été établies en fonction de la Loi sur l'équité en matière d'emploi et peuvent être regroupées afin de simplifier la déclaration et la collecte des données et d'en assurer la confidentialité lors de la diffusion des résultats. Par conséquent, la définition de la race ou de l'origine ethnique en ce qui concerne les crimes haineux déclarés par la police peut différer de la définition des groupes « minorité visible » ci-dessous.

Le terme « minorité visible » désigne une personne qui appartient à l'un des groupes de minorités visibles aux termes de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Selon cette loi, font partie des minorités visibles « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche ». La population des minorités visibles comprend principalement les personnes des groupes suivants : les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Noirs, les Philippins, les Latino-Américains, les Arabes, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, les Coréens et les Japonais.

De plus, dans le présent communiqué, le terme « Autochtones » est employé pour désigner les personnes qui s'identifient comme Premières Nations, Métis ou Inuit, ou qui ont été déclarées comme faisant partie de ces groupes autochtones. Dans le contexte des données sur les crimes haineux déclarés par la police, il n'est actuellement pas possible de ventiler davantage les catégories. En raison des traumatismes passés et intergénérationnels causés par le colonialisme et les politiques connexes, ainsi que du racisme systémique et individuel, de nombreux Autochtones se heurtent à des difficultés économiques et sociales profondément ancrées, telles que des taux élevés de victimisation criminelle, de discrimination et de représentation au sein du système de justice pénale, et de faibles taux de confiance à l'égard de la police et des autres institutions. Ces facteurs, de même que d'autres facteurs, peuvent influer sur la probabilité qu'un crime haineux soit porté à l'attention de la police. Pour obtenir plus de renseignements généraux et contextuels sur la victimisation des Autochtones, veuillez consulter, par exemple, les documents suivants : « Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées » et « Honorer la vérité, réconcilier pour l'avenir : Sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ». Voir également : « La victimisation avec violence et les perceptions à l'égard de la sécurité : expériences des femmes des Premières Nations, métisses et inuites au Canada », et « La victimisation des Premières Nations, Métis et Inuits au Canada ».

Aux fins du présent communiqué, les données sur les crimes haineux déclarés par la police qui ciblent l'orientation sexuelle sont recueillies en fonction des catégories de motifs détaillées suivantes : personnes bisexuelles, hétérosexuelles, gaies et lesbiennes, personnes faisant partie de la communauté LGBTQ2+, personnes asexuelles et pansexuelles, et personnes ayant une orientation sexuelle autre que l'hétérosexualité. Avant octobre 2021, les données sur les crimes haineux ciblant le sexe ou le genre étaient recueillies en fonction des catégories de motifs détaillées suivantes : masculin, féminin, et autre sexe ou genre (dont les personnes transgenres, agenres et intersexuées). Depuis l'élargissement des catégories de motifs de crimes haineux du Programme DUC en octobre 2021, la catégorie de genre comprend : homme ou femme, homme transgenre ou femme transgenre, cible transgenre non précisée, et personne non binaire. Il est possible que ces catégories soient désagrégées dans les communiqués futurs.

L'option permettant à la police de coder les victimes comme des personnes « non binaires » dans le cadre du Programme DUC a été ajoutée en 2018. Dans le contexte du Programme DUC, une personne « non binaire » est une personne qui exprime publiquement un genre ni exclusivement masculin ni exclusivement féminin. Compte tenu de l'existence possible d'un petit nombre de victimes identifiées comme étant « de diverses identités de genre », les données du Programme DUC accessibles au public ont été recodées de manière à répartir les victimes selon les catégories « hommes et garçons » ou « femmes et filles » en fonction de la répartition régionale des victimes selon le genre. Ce recodage assure la protection de la confidentialité et de la vie privée des victimes.

Enquête sociale générale de 2025 sur la sécurité des Canadiens

L'objectif principal de l'Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens est de mieux comprendre de quelle manière la population canadienne perçoit la criminalité et le fonctionnement du système de justice ainsi que de saisir de l'information quant à ses expériences de victimisation.

Historiquement, les renseignements sur la victimisation autodéclarée étaient recueillis tous les cinq ans. À compter de 2025, l'ESG sur la sécurité des Canadiens sera menée tous les trois ans pour fournir des données plus actuelles. Cette initiative est financée par le Plan d'action canadien de lutte contre la haine.

Produits

Il est possible de consulter en ligne un tableau de bord interactif de visualisation des données statistiques sur les crimes haineux déclarés par la police par l'intermédiaire du Carrefour de renseignements déclarés par la police : crimes haineux au Canada, qui fait partie de la série Statistique Canada — Produits de visualisation des données (Numéro au catalogue71-607-X).

L'infographie intitulée « Infographie : les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2024 », qui fait partie de la série Statistique Canada — Infographies (Numéro au catalogue11-627-M), est maintenant accessible.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

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