Les caractéristiques relatives aux crimes déclarés par la police en milieu rural dans les provinces canadiennes, 2023
par Adam Cotter
Début de l'encadré
Faits saillants
- La criminalité dans les régions rurales varie selon les régions géographiques du Canada. Les régions rurales se distinguent cependant par leurs caractéristiques démographiques, économiques et géographiques diverses; ces différences s’observent notamment entre les milieux ruraux du Nord provincial et ceux du Sud provincial. Par conséquent, une analyse de la criminalité rurale au Canada doit englober les réalités multiples propres à chaque province.
- En 2023, le taux de crimes déclarés par les services de police était supérieur de 34 % dans les régions rurales des provinces par rapport à celui observé dans les régions urbaines. Il s’agit d’une tendance qui se maintient depuis plus de 10 ans.
- Les différences entre les régions rurales et urbaines concernant les crimes déclarés par les services de police sont principalement attribuables aux écarts entre le Nord provincial et le Sud provincial. Le taux de criminalité dans les régions rurales du Nord était environ trois fois supérieur à celui des régions rurales du Sud.
- En 2023, pour la plupart des types de crimes, le taux de crimes déclarés par les services de police était inférieur dans les régions rurales du Sud par rapport aux régions urbaines du Nord. Ce résultat laisse entendre que les écarts entre les crimes déclarés par la police reflètent souvent davantage les différences qui existent entre les régions du Nord et du Sud plutôt que celles qui existent entre les régions urbaines et rurales.
- Les niveaux de criminalité varient considérablement d’une région rurale à l’autre. Environ le tiers (32 %) de la population rurale vivait dans une région où le taux de crimes déclarés par la police était relativement faible, tandis que 3 personnes sur 10 (30 %) résidaient dans une région où le taux de criminalité figurait parmi les plus élevés au pays.
- En 2023, le quart (26 %) des crimes déclarés par les services de police ruraux étaient de nature violente, par rapport au cinquième (22 %) de ceux déclarés par les services de police urbains. Presque tous les types de crimes violents affichaient des taux plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines, à l’exception des vols qualifiés.
- Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu était près de deux fois plus élevé dans les régions rurales (47 pour 100 000 habitants) que dans les régions urbaines (25 pour 100 000 habitants).
- Contrairement aux régions urbaines, où les armes de poing constituaient de loin le type d’arme à feu le plus fréquemment impliqué dans les affaires, les régions rurales ont enregistré des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu impliquant le plus souvent des carabines ou des fusils de chasse (33 %), ou des armes semblables à une arme à feu ou des armes à feu dont le type était inconnu (39 %).
- Les taux d’affaires de violence déclarées par les services de police à l’égard des femmes et des filles étaient environ deux fois plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
- Dans les régions rurales, moins de crimes sont commis par des étrangers et davantage le sont par des personnes connues de la victime. En 2023, les taux de violence entre partenaires intimes et de violence familiale étaient particulièrement plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. De plus, les taux de violence entre partenaires intimes et de violence familiale étaient près de quatre fois plus élevés dans les régions rurales du Nord que dans les régions rurales du Sud.
- Contrairement aux crimes violents, certaines formes de crimes contre les biens, comme le vol de véhicules à moteur, la fraude et le vol de moins de 5 000 $, étaient plus fréquentes dans les régions urbaines que rurales. La différence la plus marquée concernait le vol à l’étalage, qui était près de quatre fois plus élevé dans les régions urbaines.
- En 2023, le taux d’introductions par effraction déclarées par la police était 32 % plus élevé dans les régions rurales (409 pour 100 000 habitants) que dans les régions urbaines (309). Le taux dans les régions rurales du Nord (793) était environ le double de celui observé dans les régions rurales du Sud (337).
- Après avoir été plus élevé dans les régions rurales chaque année au cours de la période de 2011 à 2021, le taux de vols de véhicules à moteur était plus élevé dans les régions urbaines que dans les régions rurales en 2022 et en 2023. Depuis 2018, ce taux a augmenté de 27 % dans les régions urbaines, alors qu’il est resté relativement stable dans les régions rurales (+2 %).
- Les méfaits et le fait de troubler la paix ― des infractions qui peuvent être signalées à des agents ou à d’autres entités responsables de l’application des règlements municipaux dans les régions urbaines ― représentaient plus de 1 crime sur 4 (26 %) déclaré par les services de police des régions rurales en 2023, par rapport à 14 % pour les régions urbaines.
- En 2023, les auteurs présumés de crimes étaient en général plus âgés dans les régions rurales. Le taux le plus élevé a été observé chez les auteurs présumés âgés de 25 à 44 ans, atteignant un sommet chez les personnes de 27 ans. En revanche, les auteurs présumés étaient relativement plus jeunes dans les régions urbaines; leur taux était le plus élevé au sein du groupe des 12 à 17 ans et culminait chez les jeunes de 15 ans.
Fin de l'encadré
Les régions rurales sont souvent perçues comme des lieux calmes, paisibles et centrés sur la communauté, en contraste avec le rythme rapide et la nature moins cohésive des régions urbaines (David, 2022). Cependant, certaines données indiquent que ces perceptions commencent à changer, ce qui pourrait être lié aux tendances de la criminalité observées dans les régions rurales. En outre, une analyse récente des données déclarées par les services de police (Perreault, 2023) a révélé que les taux de criminalité au Canada et la gravité des crimes qui y sont commis sont systématiquement plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. Les études contemporaines se sont concentrées sur l’avancement de la criminologie dans les régions rurales, réfutant le mythe selon lequel ces régions seraient exemptes de criminalité, tout en reconnaissant les caractéristiques et défis uniques associés à la criminalité, à la victimisation, au maintien de l’ordre ainsi qu’à la prestation de services et d’assistance en milieu rural par rapport au milieu urbain (Hale et Harkness, 2023).
Compte tenu de ces tendances et de l’importance de comprendre la nature de la criminalité dans le Canada rural, cet article de Juristat porte sur les caractéristiques relatives aux régions rurales et sur les crimes portés à l’attention de la police en 2023. Fondée sur des données concernant les affaires, les victimes et les auteurs présumés recueillies dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) et de l’Enquête sur les homicides, l’analyse présentée ici met en évidence les différences observées entre les régions rurales et les régions urbaines au chapitre de la criminalitéNote . Elle s’accompagne d’un examen des variations entre les régions rurales au moyen de comparaisons entre les provinces et entre les régions du nord et du sud des provinces.
Cet article traite principalement de la criminalité dans les régions rurales des provinces, et présente souvent des agrégations à l’échelle nationale. Les crimes déclarés par les services de police dans les territoires, lesquels, contrairement aux provinces, se composent presque entièrement de régions rurales, font l’objet d’une analyse distincte.
Le présent article de Juristat a été produit avec le soutien financier de Sécurité publique Canada.
Début de l'encadré 1
Encadré 1
Définitions
Région métropolitaine de recensement (RMR) et agglomération de recensement (AR) : Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police.
Région rurale et région urbaine : Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Bien que les petites villes qui ne répondent pas aux critères d’une AR soient comprises dans cette catégorie, l’expression « région rurale » sera utilisée pour alléger le texte. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une RMR ou d’une AR. Le classement des services de police (ruraux ou urbains) est établi en fonction de la majorité de la population desservie par ceux-ci et non en fonction du lieu de résidence exact de chaque Canadien. Par conséquent, les résidents d’un milieu urbain peuvent être desservis par un service de police classé dans la catégorie des services de police ruraux, et vice-versa. Afin d’assurer une certaine concision, les termes « milieu rural » (ou région rurale) et « milieu urbain » (ou région urbaine) sont utilisés pour désigner les territoires ou populations en fonction de la catégorisation des services de police les desservant.
Nord provincial : Le Nord provincial comprend les régions septentrionales de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador, selon la définition convenue dans le cadre du Forum des ministres responsables du développement du Nord et utilisée par le Centre pour le Nord du Conference Board du Canada. En général, les limites du Nord correspondent aux régions administratives provinciales. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter Statistique Canada (2022) et Allen et Perreault (2015).
Affaire criminelle : Comprend toutes les infractions au Code criminel et aux autres lois fédérales déclarées par les services de police. Les affaires sont catégorisées en fonction de l’infraction la plus grave dans l’affaire.
Taux de criminalité : Pour calculer le taux de criminalité, on fait la somme des infractions au Code criminel déclarées par la police, et on divise par la population. Le taux de criminalité exclut les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues.
Indice de gravité de la criminalité (IGC) : L’IGC tient compte du volume et de la gravité relative des crimes. On calcule l’IGC déclarée par la police en attribuant un poids à chaque infraction. Les poids de l’IGC sont fondés sur le taux d’incarcération lié à l’infraction et sur la durée moyenne de la peine d’emprisonnement prononcée par les tribunaux de juridiction criminelle à l’égard de cette infraction. Plus la peine moyenne est sévère, plus le poids attribué à l’infraction est important, ce qui signifie que les infractions plus graves ont un effet plus marqué sur l’indice. Contrairement au taux de criminalité traditionnel, l’IGC englobe toutes les infractions, y compris les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues. Pour calculer l’IGC, on divise la somme des infractions pondérées par la population. Comme pour les autres indices (p. ex. l’Indice des prix à la consommation), on normalise ensuite l’IGC en fonction d’une année de base, dont l’indice est « 100 », et ce, afin de simplifier la comparaison (pour l’IGC, l’année de base est 2006). Toutes les valeurs de l’IGC sont relatives à l’IGC de 2006 à l’échelle du Canada. Les valeurs de l’IGC sont disponibles à compter de 1998.
Fin de l’encadré 1
Tendances récentes relatives aux crimes déclarés par la police dans les régions rurales
La majorité (85 %) de la population canadienne réside dans une région desservie par un service de police urbain. De manière similaire, environ 4 crimes sur 5 (81 %) portés à l’attention de la police en 2023 ont été enregistrés dans des régions urbaines. Ces constatations signifient que le nombre et le volume absolus des crimes déclarés par les services de police sont plus faibles dans les régions rurales. Toutefois, lorsque l’on tient compte de la taille réduite de la population rurale, on remarque que les taux de criminalité y sont systématiquement plus élevés (graphique 1).
Graphique 1 début

Tableau de données du graphique 1
| Services de police ruraux — taux de criminalité | Services de police ruraux — taux de crimes violents | Services de police urbains — taux de criminalité | Services de police urbains — taux de crimes violents | |
|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||||
| Note : Le taux de criminalité comprend les infractions au Code criminel, sauf les délits de la route. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| 2009 | 7 289 | 1 757 | 6 185 | 1 211 |
| 2010 | 7 267 | 1 765 | 5 819 | 1 172 |
| 2011 | 6 897 | 1 720 | 5 437 | 1 115 |
| 2012 | 6 944 | 1 762 | 5 263 | 1 065 |
| 2013 | 6 451 | 1 610 | 4 851 | 975 |
| 2014 | 6 136 | 1 507 | 4 748 | 936 |
| 2015 | 6 424 | 1 549 | 4 897 | 960 |
| 2016 | 6 550 | 1 623 | 4 963 | 955 |
| 2017 | 6 535 | 1 638 | 5 059 | 997 |
| 2018 | 6 516 | 1 675 | 5 225 | 1 036 |
| 2019 | 7 103 | 1 921 | 5 523 | 1 136 |
| 2020 | 6 963 | 1 990 | 4 903 | 1 105 |
| 2021 | 7 116 | 2 068 | 4 936 | 1 166 |
| 2022 | 7 203 | 2 064 | 5 288 | 1 221 |
| 2023 | 7 317 | 2 126 | 5 440 | 1 274 |
Graphique 1 fin
En 2023, on dénombrait 7 317 affaires criminellesNote pour 100 000 habitants dans les régions rurales du Canada, soit un taux supérieur de 34 % à celui des régions urbaines (5 440 pour 100 000 habitants) et supérieur de 1,6 % au taux observé dans les régions rurales en 2022 (7 203) (tableau 1)Note Note .
Cette tendance de taux de criminalité plus élevés dans les régions rurales a été constatée dans la plupart des provinces en 2023 (graphique 2). Les écarts les plus grands entre les taux de criminalité en milieu rural et en milieu urbain ont notamment été relevés en Saskatchewan (supérieur de 68 % dans les milieux ruraux par rapport aux milieux urbains), au Manitoba (+65 %) et en Alberta (+54 %). En revanche, certaines provinces ont affiché une tendance inverse : l’Île-du-Prince-Édouard (-18 %), l’Ontario (-8 %) et le Québec (-4 %), où les taux de criminalité étaient inférieurs dans les régions rurales par rapport aux régions urbaines (tableau 2).
Graphique 2 début

Tableau de données du graphique 2
| Régions rurales | Régions urbaines | |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
| Note : Le taux de criminalité comprend les infractions au Code criminel, sauf les délits de la route. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
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| Terre-Neuve-et-Labrador | 8 054 | 6 437 |
| Île-du-Prince-Édouard | 5 392 | 6 559 |
| Nouvelle-Écosse | 6 278 | 5 781 |
| Nouveau-Brunswick | 6 689 | 6 527 |
| Québec | 3 585 | 3 738 |
| Ontario | 4 120 | 4 491 |
| Manitoba | 14 846 | 8 987 |
| Saskatchewan | 18 010 | 10 699 |
| Alberta | 11 190 | 7 268 |
| Colombie-Britannique | 7 546 | 7 389 |
| Ensemble des provinces | 7 317 | 5 440 |
Graphique 2 fin
En 2023, 15 % de la population des provinces était desservie par un service de police rural, dont 12 % vivaient dans les régions du Sud provincial et 2 %, dans celles du Nord provincialNote . Une grande partie des différences entre les régions rurales et urbaines réside dans les écarts entre les régions du nord et du sud des provinces (tableau 1). Par exemple, le taux de criminalité dans les régions rurales du Sud s’établissait à 5 379 affaires pour 100 000 habitants en 2023, ce qui est légèrement inférieur à celui des régions urbaines (5 440). En revanche, ce taux était de 17 546 affaires pour 100 000 habitants dans les régions rurales du Nord, ce qui est environ trois fois plus élevé que dans les régions rurales du SudNote .
Une tendance observée depuis 10 ans s’est poursuivie (Allen et Perreault, 2015; Perreault, 2023) : les taux de crimes violents déclarés par les services de police étaient les plus élevés dans les régions rurales du nord de la Saskatchewan (18 985 pour 100 000 habitants) et du Manitoba (11 661). Dans chaque province comportant une région classée comme région du Nord, les taux enregistrés dans les régions rurales du Nord dépassaient ceux des régions rurales du Sud; ainsi, en Alberta et en Colombie-Britannique, les taux de criminalité étaient environ deux fois plus élevés dans les régions rurales du Nord que dans les régions rurales du Sud et, en Saskatchewan, le taux était sept fois plus élevé dans les régions rurales du Nord que dans celles du Sud (12 634) (tableau 2).
L’Indice de gravité de la criminalité est plus élevé dans les régions rurales, particulièrement dans les régions du Nord
L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) constitue une autre mesure de la criminalité qui prend en compte la gravité relative des infractions déclarées par les services de police en plus de leur volume (voir l’encadré 1). En 2023, l’IGC total dans les provinces était supérieur de 30 % dans les régions rurales (99) par rapport aux régions urbaines (76). Comme pour le taux de criminalité traditionnel, cette différence entre les régions rurales et urbaines de l’IGC s’expliquait par le volume et les caractéristiques relatives aux crimes déclarés par les services de police dans les régions rurales du Nord. Alors que l’IGC dans les régions rurales du Sud (77) était pratiquement égal à celui des régions urbaines (76), l’IGC des régions rurales du Nord était près de trois fois plus élevé (214).
Les écarts entre l’IGC des régions rurales et urbaines variaient également considérablement selon la province (graphique 3). Les plus grands écarts de l’IGC entre les régions rurales et urbaines ont été enregistrés en Alberta (+54 %), en Saskatchewan (+44 %) et au Manitoba (+41 %). À l’inverse, l’IGC des régions rurales était inférieur par rapport à celui des régions urbaines à l’Île-du-Prince-Édouard (-11 %), tandis qu’il était pratiquement égal à celui des régions urbaines en Ontario (-1 %) et en Colombie-Britannique (+1 %).
Graphique 3 début

Tableau de données du graphique 3
| Régions rurales | Régions urbaines | |
|---|---|---|
| Indice de gravité de la criminalité Tableau de données du graphique 3 Note 1 | ||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Terre-Neuve-et-Labrador | 92 | 82 |
| Île-du-Prince-Édouard | 67 | 76 |
| Nouvelle-Écosse | 78 | 72 |
| Nouveau-Brunswick | 92 | 83 |
| Québec | 67 | 61 |
| Ontario | 60 | 61 |
| Manitoba | 184 | 131 |
| Saskatchewan | 204 | 142 |
| Alberta | 145 | 94 |
| Colombie-Britannique | 105 | 104 |
| Ensemble des provinces | 99 | 76 |
Graphique 3 fin
L’IGC est une mesure de la criminalité mais, comme toute autre mesure, il ne peut à lui seul expliquer ou refléter pleinement la nature de la criminalité dans une région donnée : il doit être combiné avec des renseignements provenant d’autres sources pour permettre un portrait plus complet d’une situation (Moreau, 2025; Statistique Canada, 2024). La taille et l’emplacement d’une localité peuvent entre autres avoir une incidence sur la disponibilité et l’accessibilité des services. En outre, l’économie locale peut être confrontée à des niveaux relativement élevés de chômage et d’inégalité, ou le logement abordable et de qualité peut être plus difficile à obtenir (Aylwin et Moore, 2015). En raison de leur géographie, de la taille de leur population et de la nature de leur économie, les collectivités rurales et éloignées, en particulier celles situées dans les régions du Nord provincial, doivent plus souvent faire face à ces défis que les régions du Sud provincial. Il est également plus difficile pour les personnes vivant en milieu rural d’accéder aux services de soins de santé (Friesen, 2019; Subedi et autres, 2019), ce qui peut exacerber les répercussions physiques et mentales de la criminalité sur les victimes. Ces conditions peuvent avoir une incidence sur le statut socioéconomique et la santé de la population, en menant par exemple à une prévalence relativement plus élevée de la pauvreté dans les régions éloignées et du Nord, et contribuer davantage aux niveaux de criminalité et de victimisation dans une collectivité.
Une plus grande proportion de la population dans les régions rurales, en particulier dans celles du Nord, est autochtone (Premières Nations, Métis ou Inuit). Les données montrent que les peuples et les communautés autochtones affichent systématiquement des niveaux de violence plus élevés au Canada (Allen, 2020; Boyce, 2016; Perreault, 2022). Bien que les données sur l’identité autochtone des victimes et des auteurs présumés de crimes recueillies dans le cadre du Programme DUC ne soient pas encore disponibles, ces résultats pourraient être en partie attribuables à la déclaration des crimes par les services de police. Les répercussions persistantes de la colonisation sur les Premières Nations, les Métis et les Inuit au Canada contribuent à divers niveaux de marginalisation socioéconomique, de traumatismes et de violence intergénérationnelle, qui ont tous une incidence sur la déclaration des crimes par la police (Allen, 2020, Boyce et autres, 2015; Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, 2019; Commission de vérité et réconciliation, 2015).
Début de l'encadré 2
Encadré 2
Caractéristiques relatives aux régions rurales du Canada
Les notions de « rural » et d’« urbain » renvoient souvent à des réalités figées que l’on oppose. Cependant, la réalité canadienne révèle une mosaïque de régions aux caractéristiques variées, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Les régions rurales, en particulier, présentent des différences significatives susceptibles d’influer sur les niveaux de criminalité. Par exemple, la composition démographique et l’âge de la population peuvent varier considérablement d’une région rurale à l’autre. De même, la situation géographique et le profil économique sont des facteurs importants qui peuvent être liés aux niveaux de criminalité. Ces facteurs comprennent notamment le fait qu’une région connaisse une croissance ou un déclin, ou encore son degré d’accessibilité ou d’isolement.
Les niveaux de criminalité diffèrent également au sein des régions rurales elles-mêmes. Même si, dans l’ensemble, le taux de criminalité est plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines, ce constat ne signifie pas que toutes les parties d’une région rurale affichent des niveaux élevés de criminalité. Par exemple, environ le tiers (32 %) des résidents ruraux vivaient dans une région où le taux de criminalité était relativement faible (moins de 3 000 affaires pour 100 000 habitants) (graphique 4). Environ 4 personnes sur 10 (37 %) habitaient dans une région où le taux de criminalité était modéré (entre 3 000 et 5 999 affaires), tandis que le reste (30 %) vivait dans une région où le taux de criminalité était relativement élevé (6 000 affaires ou plus). En comparaison, les résidents des régions urbaines étaient plus susceptibles d’habiter dans une région où le taux de criminalité était modéré (64 %), alors que 11 % vivaient dans une région à faible criminalité, et 25 % dans une région à forte criminalité. Au Canada, les résidents en milieu rural sont exposés à une plus grande variabilité locale des taux de criminalité comparativement à ceux vivant en milieu urbain.
Graphique 4 début

Tableau de données du graphique 4
| Taux de crimes déclarés par la police | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Note : Le taux de criminalité comprend les infractions au Code criminel, sauf les délits de la route. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Moins de 2 000 | 7 | 3 |
| 2 000 à 2 999 | 26 | 9 |
| 3 000 à 5 999 | 37 | 64 |
| 6 000 à 9 999 | 16 | 19 |
| Plus de 10 000 | 15 | 6 |
Graphique 4 fin
Bien que la population rurale soit proportionnellement plus nombreuse à vivre dans des régions à faible criminalité que la population urbaine, elle est également davantage représentée dans les communautés affichant certains des taux de criminalité les plus élevés parmi les provinces. En 2023, 15 % des résidents en milieu rural vivaient dans une région où le taux de criminalité dépassait 10 000 affaires pour 100 000 habitants, par rapport à 6 % des résidents en milieu urbain.
Dans bien des cas, une nette division existait entre les régions du nord et du sud des provinces, qui surpassait souvent les différences relevées entre les régions urbaines et rurales. Par exemple, en 2023, pour la plupart des types de crimes, le taux de crimes déclarés par les services de police était inférieur dans les régions rurales du Sud par rapport aux régions urbaines du Nord (tableau 1). Ainsi, au niveau agrégé, les écarts en matière de crimes déclarés par les services de police reflètent souvent davantage les différences qui existent entre les régions du Nord et du Sud plutôt que celles qui existent entre les régions urbaines et rurales.
Fin de l’encadré 2
Caractéristiques relatives aux crimes déclarés par la police dans les régions rurales en 2023
Au-delà des mesures globales de volume et de gravité, il est essentiel d’examiner les caractéristiques relatives aux crimes portés à l’attention de la police. Une analyse plus approfondie des crimes déclarés par la police mettant en évidence les différences entre les régions rurales et urbaines peut contribuer à l’élaboration de stratégies efficaces de prévention et d’intervention.
Tous les types de crimes sont plus fréquents dans les régions rurales
Le taux de crimes violents déclarés par les services de police est plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines, mais ce phénomène ne se limite pas aux crimes violents. En effet, en 2023, conformément aux tendances antérieures, les grands types d’infractions étaient plus fréquents dans les régions rurales que dans les régions urbaines (graphique 5, tableau 1). Les crimes contre les biens ― la forme la plus courante de crimes déclarés par les services de police ― affichaient le plus petit écart (supérieur de 13 % dans les régions rurales par rapport aux régions urbaines). Les infractions à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, les infractions aux autres lois fédérales et les délits de la route prévus au Code criminel, bien qu’ils ne soient pas pris en compte dans le calcul du taux de criminalité global, étaient également nettement plus fréquents dans les régions rurales que dans les régions urbaines (+65 %, +522 %Note et +107 %, respectivement).
Graphique 5 début

Tableau de données du graphique 5
| Type d’infraction Tableau de données du graphique 5 Note 1 | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Crimes violents | 2 126 | 1 274 |
| Crimes contre les biens | 3 692 | 3 262 |
| Autres infractions au Code criminel | 1 499 | 903 |
| Infractions à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances | 168 | 102 |
| Infractions à une autre loi fédérale | 119 | 19 |
| Délits de la route prévus au Code criminel | 540 | 261 |
Graphique 5 fin
Les types de crimes les plus courants sont sensiblement les mêmes dans les régions rurales et urbaines
Malgré des différences pour ce qui est de la prévalence, de façon générale, les types de crimes les plus fréquents étaient similaires dans les régions rurales et urbaines (tableau 1). Par exemple, 7 des 10 types de crimes le plus souvent déclarés par les services de police étaient identiques dans les régions rurales et urbaines : méfaits, voies de fait simples (niveau 1), vol de 5 000 $ ou moins, défaut de se conformer aux conditions d’une ordonnance, fraude, introduction par effraction et menaces. En 2023, ces sept types de crimes représentaient plus de la moitié (56 %) des affaires criminelles dans les régions rurales et la moitié (50 %) de celles dans les régions urbaines.
Dans les régions rurales, les autres infractions les plus courantes étaient le fait de troubler la paix, les voies de fait armées ou causant des lésions corporelles (niveau 2) et la conduite avec les facultés affaiblies. En comparaison, dans les régions urbaines, le vol à l’étalage, le vol de 5 000 $ ou moins dans un véhicule à moteur et le vol de véhicules à moteur figuraient parmi les 10 infractions les plus fréquentes.
Les régions rurales affichent une proportion plus élevée de crimes violents déclarés par la police
L’analyse de la répartition des types de crimes déclarés par les services de police est une autre façon d’envisager la criminalité. Elle peut indiquer si certains types de crimes sont surreprésentés ou sous-représentés dans une région donnée, indépendamment des différences au chapitre du nombre ou du taux d’infractions. En général, les crimes violents représentaient une proportion plus importante des crimes en milieu rural. En 2023, 1 affaire sur 4 (26 %) déclarée par les services de police ruraux était un crime violent, par rapport à 1 sur 5 (22 %) pour les services de police urbains. À l’inverse, les crimes contre les biens représentaient une part plus importante des crimes déclarés par les services de police urbains (56 %) que de ceux déclarés par les services de police ruraux (45 %).
Le taux de crimes violents par habitant est aussi invariablement plus élevé en milieu rural, une tendance qui s’est maintenue en 2023. Le taux de crimes violents déclarés par les services de police était environ 1,7 fois plus élevé dans les régions rurales (2 126 pour 100 000 habitants) que dans les régions urbaines (1 274). Bien que les crimes violents aient augmenté tant en milieu rural qu’en milieu urbain par rapport à cinq ans plus tôt, la hausse enregistrée dans les régions rurales (+11 %) a été légèrement inférieure à celle observée dans les régions urbaines (+12 %) (tableau 1).
Une division nette existe entre les régions du Nord et du Sud en ce qui concerne les crimes violents déclarés par les services de police. En 2023, le taux de crimes violents dans les régions rurales du Nord provincial s’élevait à 5 193 pour 100 000 habitants, ce qui est trois fois plus élevé que celui des régions rurales du Sud provincial (1 545) et quatre fois plus élevé que le taux global des régions urbaines (1 274). Depuis 2009, le taux de crimes violents dans les régions rurales du Nord est chaque année trois à quatre fois supérieur à celui observé dans les régions rurales du Sud. Il convient également de noter que le taux de crimes violents dans les régions urbaines du Nord (2 244) était plus élevé que celui des régions rurales du Sud (1 545). Cette tendance a aussi été observée chaque année depuis 2009.
Les voies de fait et les menaces constituent les types de crimes violents les plus fréquents dans l’ensemble des régions
Bien que les crimes violents représentent une part plus importante de la criminalité globale dans les régions rurales par rapport aux régions urbaines, la répartition des types de crimes violents demeure relativement similaire entre les régions. À titre d’exemple, les affaires de voies de fait représentaient plus de la moitié des crimes violents tant dans les régions rurales (56 %) que dans les régions urbaines (54 %), suivies des affaires de menaces (18 % et 16 %, respectivement). En 2023, les voies de fait (65 %) et les menaces (15 %) représentaient 4 crimes violents sur 5 déclarés par les services de police des régions rurales du Nord.
Le taux d’agressions sexuelles déclarées par la police est plus élevé dans les régions rurales
En 2023, à l’instar des années précédentes, la grande majorité des agressions sexuelles déclarées par les services de police ont été classées comme des agressions sexuelles de niveau 1, soit une agression de nature sexuelle pendant laquelle l’agresseur viole l’intégrité sexuelle d’une victime. Cette tendance a été observée tant en milieu rural (98 %) qu’en milieu urbain (98 %). Des proportions moindres ont été classées dans la catégorie d’agression sexuelle de niveau 2 ou de niveau 3Note .
En 2023, le taux d’agressions sexuelles était environ 1,5 fois plus élevé dans les régions rurales des provinces que dans les régions urbaines (125 par rapport à 84 pour 100 000 habitants) (tableau 1)Note .
L’écart entre les régions rurales et les régions urbaines était le plus grand en Ontario, où le taux d’agressions sexuelles était supérieur de 69 % dans les régions rurales (128 pour 100 000 habitants) par rapport aux régions urbaines (76 pour 100 000 habitants). Dans l’ensemble des provinces, le taux d’agressions sexuelles observé dans les régions rurales était supérieur d’au moins 23 % à celui enregistré dans les régions urbaines, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador (-23 %), du Nouveau-Brunswick (-4 %) et de l’Île-du-Prince-Édouard (+3 %).
Les régions urbaines affichent des taux de vols qualifiés plus élevés
Contrairement à presque toutes les autres infractions avec violence, le taux de vols qualifiés était 3,5 fois plus élevé dans les régions urbaines (66 pour 100 000 habitants) que dans les régions rurales (19 pour 100 000 habitants). En 2023, dans les régions urbaines, les vols qualifiés représentaient 5 % des crimes violents et constituaient le troisième facteur en importance contribuant à l’IGC. Dans les régions rurales, ils représentaient 1 % des crimes violents et occupaient le 17e rang parmi les facteurs contribuant à l’IGC.
Dans chaque province, le taux de vols qualifiés était inférieur dans les régions rurales par rapport aux régions urbaines.
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont plus fréquents en milieu rural, particulièrement dans les régions rurales du Nord
La majorité des crimes violents, tant dans les régions rurales que dans les régions urbaines, n’impliquaient pas d’armes. En 2023, un peu moins de 1 crime violent sur 5 (18 %) dans les régions rurales mettait en cause un type d’arme quelconque, comme une arme à feu, un couteau ou un instrument contondant, ce qui représente une proportion légèrement inférieure à celle enregistrée dans les régions urbaines (21 %) (tableau 3)Note .
Plus précisément, une arme à feu était présente lors de la perpétration de l’infraction et pertinente à l’affaire dans 3 % des crimes violents, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Dans l’ensemble, on dénombrait 47 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 habitants en milieu rural, ce qui correspond à un taux environ deux fois plus élevé que celui enregistré dans les régions urbaines (25 pour 100 000). Dans les régions rurales du Nord, ce taux atteignait 126 pour 100 000 habitants, soit près de quatre fois celui relevé dans les régions rurales du Sud (32 pour 100 000)Note .
Des différences notables ont été observées dans les types d’armes à feu impliquées dans les crimes violents, selon la géographie. En milieu rural, les armes semblables à une arme à feu et les armes à feu d’un type inconnuNote étaient les plus courantes, présentes dans 39 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en milieu ruralNote . Les carabines ou fusils de chasse arrivaient en deuxième position (33 %). En revanche, dans les régions urbaines, 6 crimes sur 10 (59 %) commis à l’aide d’une arme à feu impliquaient des armes de poing. En 2023, près de 9 crimes sur 10 (87 %) commis avec une arme de poing au Canada se sont produits dans les régions urbaines du Sud.
Il existe également trois infractions particulières prévues au Code criminel lesquelles, par définition, impliquent des armes à feu, à savoir l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, le fait de braquer une arme à feu et la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière. Même si le taux global de ces infractions est faible par rapport à d’autres types de crimes violents, ces infractions présentaient l’écart le plus grand entre les régions rurales et les régions urbaines. En 2023, le taux de ces infractions était trois fois plus élevé dans les régions rurales (30 pour 100 000) que dans les régions urbaines (10 pour 100 000) (tableau 1). Plus précisément, dans les régions rurales du Nord, on dénombrait 88 infractions de ce type pour 100 000 habitants, soit cinq fois plus que dans les régions rurales du Sud (19 pour 100 000) et environ neuf fois plus que dans les régions urbaines (10 pour 100 000).
Pour obtenir plus de renseignements sur les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu au Canada, notamment dans les régions rurales et urbaines, veuillez consulter Conroy (2025).
Les taux de violence envers les femmes et les filles sont plus élevés dans les régions rurales
Dans les régions urbaines, les femmes et les filles représentaient un peu plus de la moitié (51 %) des victimes de crimes violents déclarés par les services de police, ce qui correspond à peu près à leur proportion dans la population générale (50 %)Note Note . En revanche, dans les régions rurales, les femmes et les filles étaient légèrement surreprésentées parmi les victimes de crimes violents, représentant 56 % des victimes. Cette surreprésentation était similaire dans les régions rurales du Nord (58 %) et les régions rurales du Sud (55 %).
En 2023, 56 240 femmes et filles ont été victimes de crimes dans les régions rurales des provinces, ce qui correspond à un taux de 1 963 victimes pour 100 000 femmes et filles. Ce taux était supérieur à celui des hommes et garçons dans ces mêmes régions (1 494) et près de deux fois plus élevé que le taux observé chez les femmes et filles dans les régions urbaines (1 137) (tableau 3).
Dans les régions rurales du Nord, le taux de crimes violents était 3,5 fois plus élevé chez les femmes et les filles (4 974) et 3 fois plus élevé chez les hommes et les garçons (3 459) que dans les régions rurales du Sud (1 416 et 1 131, respectivement) (graphique 6). Bien qu’elle soit moins marquée, une tendance similaire était observable dans les régions urbaines du Nord, où le taux de crimes violents était plus élevé chez les femmes et les filles (2 067) que chez les hommes et les garçons (1 740) ou les femmes et les filles dans les régions urbaines du Sud (1 101).
Graphique 6 début

Tableau de données du graphique 6
| Genre de la victime | Régions rurales du Nord | Régions rurales du Sud | Régions urbaines du Nord | Régions urbaines du Sud |
|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||||
| Note : Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| Femmes et filles | 4 974 | 1 416 | 2 067 | 1 101 |
| Hommes et garçons | 3 459 | 1 131 | 1 740 | 1 065 |
Graphique 6 fin
Contrairement aux régions urbaines, les taux de violence demeurent stables pour le groupe des 12 à 44 ans dans les régions rurales
Les profils d’âge des victimes de crimes violents déclarés par les services de police différaient de manière significative entre les régions rurales et les régions urbaines (graphique 7, tableau 3). Dans les régions urbaines, les taux atteignaient un sommet entre 12 et 17 ans, puis diminuaient progressivement avec l’âge. En revanche, dans les régions rurales, les taux demeuraient invariablement élevés chez les personnes de 12 à 17 ans (3 553 victimes pour 100 000 personnes), de 18 à 24 ans (3 605) et de 25 à 44 ans (3 294), avant de diminuer à partir de 45 ans et plus.
Graphique 7 début

Tableau de données du graphique 7
| Groupe d’âge de la victime | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
| Note : Exclut les victimes dont l’âge a été déclaré comme étant inconnu. Les victimes de plus de 110 ans ont été codées dans la catégorie d’âge inconnu en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l’âge était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d’âge, tout comme certaines victimes dont l’âge déclaré était de 80 ans et plus, mais qui ont été désignées comme des cas possibles d’erreur de codage. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| 0 à 11 ans | 779 | 491 |
| 12 à 17 ans | 3 553 | 2 215 |
| 18 à 24 ans | 3 605 | 1 868 |
| 25 à 44 ans | 3 294 | 1 583 |
| 45 à 64 ans | 1 213 | 876 |
| 65 ans et plus | 303 | 271 |
Graphique 7 fin
Bien que les taux de crimes violents soient plus élevés dans les régions rurales pour tous les groupes d’âge, les écarts les plus importants concernaient les personnes de 18 à 24 ans et de 25 à 44 ans. Pour ces groupes d’âge, les taux étaient environ deux fois plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
Les taux d’affaires de violence envers les jeunes femmes et les filles déclarées par la police sont plus élevés dans les régions rurales
En 2023, les filles de 12 à 17 ans (4 399 victimes pour 100 000) et les femmes de 18 à 24 ans (4 545) et de 25 à 44 ans (3 925) en milieu rural affichaient les taux de victimisation avec violence les plus élevés. Ces taux étaient environ deux fois supérieurs à ceux des femmes et des filles vivant en milieu urbain, et plus de 1,5 fois supérieurs à ceux des hommes et des garçons des mêmes groupes d’âge en milieu rural (graphique 8)Note .
Graphique 8 début

Tableau de données du graphique 8
| Groupe d’âge de la victime | Femmes et filles | Hommes et garçons |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
| Note : Exclut les victimes dont le genre a été déclaré comme étant inconnu. Exclut les victimes dont l’âge a été déclaré comme étant inconnu. Les victimes de plus de 110 ans ont été codées dans la catégorie d’âge inconnu en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l’âge était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d’âge, tout comme certaines victimes dont l’âge déclaré était de 80 ans et plus, mais qui ont été désignées comme des cas possibles d’erreur de codage. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Régions rurales | ||
| 0 à 11 ans | 910 | 632 |
| 12 à 17 ans | 4 380 | 2 703 |
| 18 à 24 ans | 4 511 | 2 693 |
| 25 à 44 ans | 3 902 | 2 651 |
| 45 à 64 ans | 1 178 | 1 212 |
| 65 ans et plus | 253 | 341 |
| Régions urbaines | ||
| 0 à 11 ans | 444 | 405 |
| 12 à 17 ans | 2 504 | 1 906 |
| 18 à 24 ans | 2 030 | 1 639 |
| 25 à 44 ans | 1 694 | 1 404 |
| 45 à 64 ans | 767 | 933 |
| 65 ans et plus | 217 | 307 |
Graphique 8 fin
Les taux de violence entre partenaires intimes et de violence familiale sont nettement plus élevés dans les régions rurales
Les tendances en matière de criminalité diffèrent entre les régions rurales et urbaines, tout comme le lien entre les victimes et les auteurs présumés du crime. Ces tendances reflètent en partie les différences qui existent dans la population générale. Proportionnellement moins de crimes ont été commis par des étrangers et davantage de crimes ont été perpétrés par des personnes connues des victimes dans les régions rurales comparativement aux régions urbaines (graphique 9, tableau 3).
Graphique 9 début

Tableau de données du graphique 9
| Lien de l’auteur présumé avec la victime | Régions rurales du Nord | Régions rurales du Sud | Régions urbaines du Nord | Régions urbaines du Sud |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| Partenaire intime Tableau de données du graphique 9 Note 1 | 30 | 28 | 27 | 24 |
| Autre membre de la famille Tableau de données du graphique 9 Note 2 | 23 | 20 | 13 | 12 |
| Ami ou connaissance | 26 | 26 | 23 | 19 |
| Personne connue de la victime Tableau de données du graphique 9 Note 3 | 8 | 12 | 13 | 14 |
| Étranger | 12 | 14 | 23 | 31 |
Graphique 9 fin
Bien que les actes de violence perpétrés par un étranger soient moins fréquents dans les régions rurales, ceux commis par un partenaire intime, un membre de la famille, un ami ou une connaissance y sont plus courants, tant en proportions qu’en taux. En 2023, on dénombrait 571 victimes de violence entre partenaires intimes pour 100 000 personnes de 12 ans et plus dans les régions rurales, soit presque le double du taux observé dans les régions urbaines (309 pour 100 000). Ce taux était particulièrement élevé dans les régions rurales du Nord (1 514 pour 100 000) comparativement aux régions rurales du Sud (405 pour 100 000).
Un peu moins de 4 victimes sur 5 d’affaires de violence entre partenaires intimes déclarées par les services de police étaient des femmes ou des filles, tant en milieu rural (77 %) qu’en milieu urbain (78 %). Une analyse antérieure des données déclarées par les services de police a révélé que les femmes et les filles vivant en milieu rural, notamment dans des régions moins accessibles, affichent un taux plus élevé de violence aux mains d’un partenaire intime que celles vivant ailleurs au Canada (Burczycka, 2022).
En 2023, 3 victimes sur 10 (29 %) de crimes violents en milieu rural ont été agressées par un partenaire intime, par rapport à 24 % en milieu urbain. Plus précisément, 4 femmes sur 10 victimes d’un crime violent déclaré par la police ont été agressées par un partenaire intime dans les deux types de régions (40 % en milieu rural et 38 % en milieu urbain).
Les affaires de violence entre partenaires intimes représentaient sensiblement la même proportion que l’ensemble des crimes violents contre des femmes ou des filles déclarés par les services de police dans les régions rurales des provinces; ces proportions allaient de 36 % à l’Île-du-Prince-Édouard à 42 % en Colombie-Britannique.
Il convient toutefois de noter que ces données ne sont fondées que sur les actes de violence signalés aux services de police. La majorité des actes de violence entre partenaires intimes ne sont pas portés à l’attention de la police (Conroy, 2021; Cotter, 2021b). La décision de signaler une affaire est souvent personnelle et complexe. Selon les résultats de l’Enquête sociale générale de 2019 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), de nombreuses victimes parmi celles n’ayant pas signalé la violence subie à la police ont invoqué le caractère privé ou personnel de l’affaire qui a été réglée de façon informelle (68 %), le fait que le crime était anodin et qu’il ne valait pas la peine d’être signalé à la police (61 %), ou encore que personne n’avait subi de préjudice (55 %) (Conroy, 2021).
En 2023, le taux de crimes violents commis par un membre de la famille autre qu’un conjoint était près de trois fois plus élevé dans les régions rurales (372 pour 100 000) que dans les régions urbaines (138 pour 100 000) (tableau 3). Parmi ces affaires survenues en milieu rural en 2023, 28 % des victimes ont été agressées par un parent, 16 % par un enfantNote et 56 % par un autre membre de la famille tel qu’un frère ou une sœur, un oncle ou une tante, un cousin ou une cousine ou un grand-parent. En milieu urbain, 41 % des victimes ont été agressées par un parent, 21 % par un enfant et 39 % par un membre de la famille élargie.
La moitié (51 %) des crimes violents déclarés par les services de police en milieu rural en 2023 ont été commis par un partenaire intime ou un membre de la famille de la victime, comparativement à 37 % en milieu urbain (tableau 3).
En 2023, conformément aux tendances générales des taux plus élevés de crimes violents dans ces régions, les taux de violence entre partenaires intimes et de violence familiale étaient près de quatre fois plus élevés dans les régions rurales du Nord que dans les régions rurales du Sud.
Les tendances des affaires de violence déclarées par les services de police, caractérisées par des taux plus élevés chez les femmes et dans le cadre de liens entre partenaires intimes ou de liens familiaux, mettent en lumière les préoccupations liées à la violence fondée sur le genre dans les régions rurales. Divers facteurs peuvent exercer une influence sur le risque d’être victime ainsi que sur la probabilité que cette violence soit signalée à la police. Ces facteurs ou obstacles incluent l’accès limité à un logement sécuritaire et abordable, l’insuffisance ou l’inadéquation des services pour les victimes d’actes criminels ainsi que l’absence de moyens de transport ou d’autres formes d’aide comme le soutien financier ou la garde d’enfants (Letourneau et autres, 2023; Youngson et autres, 2021). Bien que ces obstacles puissent également exister en milieu urbain, ils tendent à être exacerbés en milieu rural du fait des distances et de l’isolement géographique (Letourneau et autres, 2023; Lynch et Logan, 2022; Mantler et autres, 2024; Youngson et autres, 2021).
De plus, les habitants des régions rurales sont souvent davantage susceptibles de se connaître mutuellement ou de connaître une proportion plus importante de leur communauté. Ce phénomène a été qualifié de densité accrue des relations interpersonnelles dans les régions rurales (Qi et autres, 2023). La dynamique communautaire peut constituer une source importante de soutien après une expérience de violence grâce aux amis et à la famille. Cependant, cette proximité peut également dissuader certaines victimes de signaler les affaires en raison d’un sentiment accru de honte ou d’embarras ainsi que du stigmate associé à la violence entre partenaires intimes ou fondée sur le genre (Cotter, 2021a; Cotter, 2021b). Dans certaines communautés rurales, il est aussi possible que les victimes, les auteurs présumés et les policiers se connaissent mutuellement, ce qui peut influencer tant la probabilité qu’un acte soit signalé que la manière dont il sera traité par les autorités (Hale et autres, 2023).
Violence entre partenaires intimes commise à l’aide d’une arme à feu
À l’échelle des provinces, un peu plus de 1 000 victimes de violence de la part d’un partenaire intime ont été recensées en 2023 dans des affaires pour lesquelles les services de police avaient signalé la présence d’une arme à feu sur les lieux de l’affaire et sa pertinence lors de la perpétration de l’infraction. Ce nombre représentait 1,6 % des victimes d’affaires de violence entre partenaires intimes déclarées par les services de police dans les régions rurales et 1,0 % dans les régions urbaines. La majorité de ces victimes, tant en milieu rural (84 %) qu’en milieu urbain (84 %), étaient des femmes et des filles.
Les blessures corporelles chez les victimes sont plus fréquentes dans les régions rurales
Selon les données déclarées par les services de police, les victimes de crimes violents présentaient plus souvent des blessures corporelles dans les régions rurales (43 %) que dans les régions urbaines (36 %)Note (tableau 3). La grande majorité de ces blessuresNote étaient de nature mineureNote . Tant en milieu rural qu’en milieu urbain, une faible proportion de crimes violents ont entraîné des blessures gravesNote ou le décès d’une victime (2,4 % en milieu rural et 2,6 % en milieu urbain).
La gravité des blessures déclarées par les services de police différait entre les régions rurales du Nord et celles du Sud. En 2023, plus de la moitié (55 %) des victimes de crimes violents dans les régions rurales du Nord ont subi une blessure quelconque, qu’il s’agisse de blessures mineures (52 %) ou de blessures graves allant jusqu’au décès (3,0 %). Dans les régions rurales du Sud, ces proportions s’établissaient à 34 % et à 2,0 %, respectivement.
Début de l'encadré 3
Encadré 3
Les caractéristiques relatives aux homicides dans les régions rurales du Canada
En plus du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, lequel permet de recenser tous les crimes déclarés par les services de police au Canada, Statistique Canada mène chaque année l’Enquête sur les homicides. Cette enquête sert à recueillir des données sur tous les meurtres, homicides involontaires coupables et infanticides connus des services de police.
De 2019 à 2023, 798 victimes d’homicide ont été recensées dans les régions rurales, ce qui correspond à un taux annuel moyen de 2,78 victimes pour 100 000 habitants (tableau 4)Note . En comparaison, les régions urbaines ont enregistré 3 075 victimes d’homicide au cours de cette période, ce qui correspond à un taux de 1,88 pour 100 000 habitantsNote . À l’instar des crimes en général, les taux d’homicides les plus élevés ont été observés dans les régions rurales du Nord (320 victimes, ce qui correspond à un taux de 6,9 pour 100 000 habitants); venaient ensuite les régions urbaines du Nord (210 victimes, ou un taux de 3,4), les régions rurales du Sud (478 victimes, ou un taux de 2,0) et les régions urbaines du Sud (2 865 victimes, ou un taux de 1,8)Note .
En général, la majorité des victimes d’homicide sont des hommes et des garçons, une tendance qui s’est maintenue de 2019 à 2023, tant en milieu rural (72 %) qu’en milieu urbain (77 %). Cependant, en ce qui concerne les femmes et les filles, on observe une plus grande proportion de victimes d’homicide en milieu rural (28 %) qu’en milieu urbain (23 %), comme c’est généralement le cas pour les crimes violents à leur égard. De ce fait, l’écart entre les taux d’homicides dans les régions rurales et urbaines est plus grand pour les femmes et les filles (+84 %, ou 1,59 par rapport à 0,86) que pour les hommes et les garçons (+36 %, ou 3,92 par rapport à 2,87). Plus particulièrement, le taux d’homicidesNote de femmes et de filles liés au genre était également plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (Sutton, 2023).
En milieu rural, le taux d’homicides atteignait un sommet chez les personnes de 25 à 44 ans (6,03 victimes pour 100 000 habitants), soit plus du double du taux observé chez les personnes du même groupe d’âge en milieu urbain (2,92). Dans les régions urbaines cependant, le taux le plus élevé a été enregistré chez les personnes de 18 à 24 ans (3,62) (tableau 4).
Plus de la moitié (54 %) des victimes d’homicide en milieu rural étaient autochtones (Premières Nations, Métis ou Inuit), comparativement à 1 victime sur 5 (19 %) en milieu urbain. Bien que ces chiffres reflètent en partie la composition démographique des régions rurales où une plus grande proportion de la population est autochtone, ils restent disproportionnés par rapport à ceux enregistrés pour la population générale.
De 2019 à 2023, parmi les victimes d’homicide dans les régions rurales, 69 personnes étaient portées disparues par la police au moment de leur décès, ce qui représente 1 homicide sur 10 (9 %) pour ces régions. Ce pourcentage s’établissait à 5 % en milieu urbain.
Bien que la décharge d’une arme à feu soit la principale cause de décès chez les victimes d’homicide, tant dans les régions rurales que dans les régions urbaines, elle est à l’origine d’une proportion plus faible des homicides perpétrés dans les régions rurales (33 %) que dans les régions urbaines (41 %) (graphique 10). Les agressions par arme blanche, lesquelles arrivent en deuxième position des causes de décès, représentent 31 % des homicides dans les régions rurales et 32 % dans les régions urbaines. En revanche, le quart (25 %) des décès par homicide dans les régions rurales résultaient de coups portés, par rapport à 15 % dans les régions urbaines.
Graphique 10 début

Tableau de données du graphique 10
| Méthode principale utilisée pour causer la mort | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Note : Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Enquête sur les homicides. |
||
| Décès par arme à feu | 33 | 41 |
| Décès par arme blanche | 31 | 32 |
| Décès par coups portés | 25 | 15 |
| Strangulation, suffocation, noyade | 3 | 5 |
| Autre méthode | 7 | 8 |
Graphique 10 fin
Comme c’est le cas pour les crimes violents en général, une plus grande proportion d’homicides résolusNote dans les régions rurales ont été perpétrés par une personne connue de la victime (92 %) comparativement aux régions urbaines (79 %). Inversement, moins d’homicides résolus ont été commis par des étrangers (8 % par rapport à 21 %) (tableau 4). Au total, 1 victime d’un homicide perpétré dans les régions rurales sur 5 (20 %) a été tuée par un partenaire intime actuel ou ancien. Cette proportion s’élève à près de la moitié (47 %) lorsqu’on ne considère que les femmes et les filles victimes d’homicide.
Les homicides commis dans les régions rurales étaient plus susceptibles d’être résolus par le dépôt ou la recommandation d’accusations (69 %) ou d’être classés sans mise en accusationNote (9 %) que ceux perpétrés dans les régions urbaines (63 % et 7 %, respectivement). Il convient de noter que les affaires de 62 victimes en milieu rural ont été classées sans mise en accusation en raison du suicide de l’auteur présumé après leur homicide, ce qui représente 83 % des victimes dont les affaires ont été classées sans mise en accusation dans les régions rurales. En revanche, c’était le cas de 61 % des victimes d’homicide dans les régions urbaines dont les affaires ont été classées sans mise en accusation. Les homicides perpétrés par un partenaire intime ou un membre de la famille et les homicides liés au genre, tous surreprésentés en milieu rural, sont plus susceptibles d’entraîner le suicide de l’auteur présumé que les autres types d’homicides (Brennan et Boyce, 2013; Sutton, 2023).
Fin de l’encadré 3
Caractéristiques relatives aux crimes sans violence dans les régions rurales
Les discussions sur la criminalité portent souvent sur les crimes violents, en raison des conséquences négatives importantes qu’ils peuvent avoir pour les victimes et les communautés. Cependant, les crimes contre les biens peuvent également avoir une incidence négative sur les personnes qui en sont victimes, entre autres en entraînant des coûts financiers et en faisant place à une perception accrue d’insécurité (Camacho Doyle et autres, 2022). En milieu rural en particulier, les crimes contre les biens sont souvent une source de préoccupation pour les résidents (Ceccato et Abraham, 2022; Chambre des communes du Canada, 2019).
Alors que presque tous les types de crimes violents affichaient des taux plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines, la situation inverse a été observée pour certains types de crimes contre les biens (graphique 11, tableau 1). Les écarts relevés variaient selon la nature de l’infraction. En effet, les taux de crimes tels que la fraude et le vol de véhicules à moteur étaient respectivement supérieurs de 9 % et de 8 % dans les milieux urbains par rapport aux milieux ruraux. D’autres infractions, comme le vol de 5 000 $ ou moins (supérieur de 58 % dans les milieux urbains par rapport aux milieux ruraux), montraient de plus grands écarts. La différence la plus notable, et probablement révélatrice du nombre et des types d’entreprises présentes dans les régions urbaines, concernait le taux de vols à l’étalage, lequel était près de quatre fois plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural.
Graphique 11 début

Tableau de données du graphique 11
| Type de crime | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Introduction par effraction | 409 | 309 |
| Possession de biens volés | 101 | 53 |
| Vol de véhicules à moteur | 267 | 289 |
| Vol de plus de 5 000 $ Tableau de données du graphique 11 Note 1 | 70 | 59 |
| Vol à l’étalage de 5 000 $ ou moins | 117 | 433 |
| Vol de 5 000 $ ou moins Tableau de données du graphique 11 Note 1 | 616 | 974 |
| Fraude Tableau de données du graphique 11 Note 2 | 467 | 507 |
| Méfait | 1 602 | 612 |
| Crime d’incendie | 42 | 25 |
Graphique 11 fin
L’introduction par effraction est plus fréquente dans les régions rurales
L’introduction par effraction est considérée comme l’un des crimes contre les biens les plus graves, et figure parmi les types d’infractions contre les biens dont les taux étaient plus élevés en milieu rural. En 2023, le taux d’introductions par effraction en milieu rural s’élevait à 409 pour 100 000 habitants, soit 32 % de plus qu’en milieu urbain (309 pour 100 000 habitants). Comme c’est le cas pour de nombreux autres types de crimes, cet écart s’explique principalement par un taux nettement plus élevé d’introductions par effraction dans les régions rurales du Nord (793 pour 100 000 habitants) et environ deux fois supérieur à celui enregistré dans les régions rurales du Sud (337 pour 100 000 habitants) (tableau 1).
Les régions rurales de la Saskatchewan (818 pour 100 000 habitants), de l’Alberta (796) et du Manitoba (700) ont enregistré les taux les plus élevés d’introductions par effraction, ce qui a aussi été observé pour de nombreux autres types de crimes. Il convient de noter qu’en Saskatchewan et au Manitoba, ces taux n’étaient que légèrement supérieurs à ceux des régions urbaines (+4 % dans chaque cas). En revanche, l’Alberta présentait l’écart le plus important entre les régions rurales et urbaines : la province affichait un taux d’introductions par effraction en milieu rural supérieur de 65 % à celui enregistré en milieu urbain (796 par rapport à 483).
À l’Île-du-Prince-Édouard (-18 %), en Ontario (-4 %) et en Colombie-Britannique (-3 %), les taux d’introductions par effraction étaient inférieurs en milieu rural par rapport à ceux enregistrés en milieu urbain.
Le vol de véhicules à moteur est plus fréquent et augmente plus rapidement dans les régions urbaines
Le vol de véhicules à moteur et sa hausse à l’échelle nationale ces dernières années ont fait l’objet d’une attention considérable, tant dans les régions rurales que dans les régions urbaines (Chambre des communes, 2024; Sécurité publique Canada, 2024a). De 2011 à 2021, le taux de vols de véhicules à moteur était chaque année plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain, avant que la tendance ne s’inverse en 2022 et 2023. La récente augmentation nationale du vol de véhicules à moteur s’est concentrée dans les régions urbaines. Depuis 2018, ce taux a augmenté de 27 % dans les régions urbaines alors qu’il est resté relativement stable dans les régions rurales (+2 %)Note .
En 2023, le vol de véhicules à moteur était l’une des infractions affichant un taux plus faible en milieu rural (267 affaires pour 100 000 habitants) qu’en milieu urbain (289 pour 100 000) (tableau 1). Cependant, 4 045 affaires de vol de véhicules à moteur ont été déclarées dans les régions rurales du Nord, ce qui correspond à un taux de 432 pour 100 000 habitants. Les taux étaient pratiquement égaux dans les régions urbaines du Nord (236) et les régions rurales du Sud (235).
Des variations ont été observées entre les provinces. Les taux de vols de véhicules à moteur étaient les plus élevés dans les régions rurales de la Saskatchewan (604 pour 100 000) et de l’Alberta (563 pour 100 000). Ces deux provinces ont également enregistré certains des écarts les plus importants entre les taux de vols de véhicules à moteur dans les régions rurales et les régions urbaines en 2023 (+49 % et +48 %, respectivement)Note .
À l’inverse, au Québec et en Ontario, les taux de vols de véhicules à moteur étaient environ deux fois plus élevés en milieu urbain qu’en milieu rural. Cette disparité s’explique par la chaîne d’approvisionnement des véhicules volés, laquelle prévoit le vol de véhicules, dont une grande partie provient de l’Ontario et de la région du Grand Toronto, et leur transport vers des ports à des fins d’exportation illégale (Sécurité publique Canada, 2024b).
Les méfaits et le fait de troubler la paix représentent le quart des crimes perpétrés dans les régions rurales
Les méfaits étaient le type de crime le plus courant dans les régions rurales en 2023, représentant 43 % des crimes contre les biens et 21 % des affaires. Le nombre d’affaires de méfait était environ deux fois supérieur à celui des voies de fait simples, le deuxième type de crime le plus courant (10 %). Les méfaits étaient le deuxième type de crime le plus souvent déclaré par les services de police des régions urbaines, représentant 11 % des affaires. Le type de crime le plus courant était le vol de moins de 5 000 $ (17 %).
Selon des analyses antérieures (Allen et Perreault, 2015; Perreault, 2023), la différence clé entre la criminalité en milieu rural et la criminalité en milieu urbain se situe au chapitre des méfaits déclarés par la police. Bien que les méfaits puissent inclure des infractions criminelles graves, ils peuvent également englober des infractions mineures qui, dans certaines régions, peuvent être traitées par des agents ou d’autres entités responsables de l’application des règlements municipaux, plutôt que par la police. Par conséquent, il est possible que, par rapport aux régions rurales, les méfaits soient sous-déclarés par les services de police urbains, car ils peuvent être enregistrés par d’autres instances.
Cette tendance s’est poursuivie en 2023, le taux de méfaits étant plus de 2,5 fois plus élevé en milieu rural (1 602 pour 100 000 habitants) qu’en milieu urbain (612) (tableau 1). En fait, l’écart dans les crimes contre les biens déclarés par les services de police entre les régions rurales et urbaines était entièrement attribuable aux méfaits; le taux de tous les autres crimes contre les biens combinés était 21 % inférieur dans les régions rurales par rapport aux régions urbaines en 2023 (2 089 par rapport à 2 650).
Les méfaits constituaient le type de crime le plus courant dans les régions rurales de presque toutes les provinces en 2023, à l’exception du Québec et de l’Ontario, où les crimes le plus fréquemment déclarés par les services de police étaient respectivement les voies de fait de niveau 1 et les infractions contre l’administration de la justice.
Dans les régions rurales du Nord, le taux de méfaits était cinq fois plus élevé que dans les régions rurales du Sud (4 922 par rapport à 974). Plus du quart (26 %) des crimes déclarés par les services de police dans les régions rurales du Nord en 2023 étaient des affaires de méfait.
Tout comme les méfaits, le fait de troubler la paix est une infraction qui peut être plus susceptible que d’autres types de crimes d’être confiée à des agents ou à d’autres entités responsables de l’application des règlements municipaux, lorsque de tels services sont disponibles. Les services de police ruraux ont déclaré plus de 31 000 affaires liées au fait de troubler la paix en 2023, ce qui se traduit par un taux de 532 affaires pour 100 000 habitants. Ce taux était plus du double de celui enregistré par les services de police urbains (203 pour 100 000 habitants).
Ensemble, les méfaits et le fait de troubler la paix représentaient plus du quart (26 %) des crimes déclarés par les services de police dans les régions rurales, par rapport à 14 % dans les régions urbaines. Comme c’est le cas pour de nombreuses caractéristiques relatives au crime, cette proportion variait considérablement d’une province à l’autre, allant de 7 % dans les régions rurales du Québec et 13 % dans celles de l’Ontario à plus du tiers des crimes déclarés par les services de police dans les régions rurales de la Saskatchewan (36 %), du Manitoba (39 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador (39 %).
Ces infractions, bien qu’elles représentent une proportion considérable des crimes enregistrés dans les régions rurales, ont rarement donné lieu à des mises en accusation. Dans l’ensemble, 1,0 % des affaires liées au fait de troubler la paix et 3,5 % des méfaits déclarés par les services de police ruraux ont donné lieu au dépôt ou à la recommandation d’accusations contre un auteur présumé. La proportion de ces infractions qui ont donné lieu au dépôt d’accusations, bien qu’elle soit malgré tout peu élevée, était légèrement plus élevée dans les régions urbaines (1,4 % et 6,7 %, respectivement).
Dans l’ensemble, 1 infraction déclarée par la police sur 10 est liée à l’administration de la justice
En 2023, dans les régions rurales et urbaines, 10 % des infractions prévues au Code criminel déclarées par les services de police concernaient une infraction contre l’administration de la justice, notamment l’omission de se conformer à une ordonnance, le défaut de comparaître, le manquement aux conditions de la probation et d’autres infractions liées à l’administration de la justice. Ces crimes impliquent généralement un nouveau contact avec la police après une infraction antérieure, car ils sont habituellement commis lorsqu’une personne ne respecte pas une condition avant-procès ou une peine imposée pour une autre infraction (Burczycka et Munch, 2015).
En 2023, on dénombrait 700 infractions contre l’administration de la justice pour 100 000 habitants en milieu rural, soit 34 % de plus que le taux enregistré dans les régions urbaines des provinces (522). Le taux de ces infractions était particulièrement élevé dans les régions rurales du Nord (1 875 pour 100 000 habitants, par rapport à 477 pour 100 000 dans les régions rurales du Sud)Note .
Certaines des caractéristiques relatives aux régions rurales peuvent accroître la probabilité d’une infraction contre l’administration de la justice et contribuer à expliquer les taux plus élevés de ces infractions dans ces régions. Par exemple, l’accès aux divers éléments du système judiciaire peut être limité, et il peut être plus difficile de se conformer à des conditions telles que les interdictions de déplacement ou les ordonnances de non-communication, en particulier dans les communautés plus petites ou plus isolées (Sénat du Canada, 2016). L’isolement géographique et le manque de moyens de transport fiables peuvent également rendre plus difficile la présence au tribunal ou la participation aux séances ou programmes imposés par le tribunal (Aylwin et Moore, 2015).
Les infractions sans violence relatives aux armes sont plus courantes dans les régions rurales
Les infractions relatives aux armes ne sont pas toutes de nature violente. Certaines sont plutôt de nature administrative, telles que la possession et l’entreposage non sécurisé d’armes ou leur documentation inadéquate. En 2023, tout comme le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme, le taux d’infractions sans violence relatives aux armes était plus élevé dans les régions rurales (81 affaires pour 100 000 habitants) que dans les régions urbaines (52 pour 100 000) (tableau 1). Cet écart était principalement attribuable au taux plus élevé enregistré pour ces types de crimes dans les régions rurales du Nord (209 pour 100 000), le taux affiché dans les régions rurales du Sud (56 pour 100 000) ne différant pas tellement de celui enregistré dans les régions urbaines.
Dans les régions rurales du Manitoba, on dénombrait 260 infractions sans violence relatives aux armes pour 100 000 habitants. Ce taux était plus du double de celui observé en milieu urbain (122 pour 100 000) et était supérieur au taux de toute autre région rurale des provinces.
Les infractions de conduite avec les facultés affaiblies déclarées par la police sont trois fois plus élevées dans les régions rurales
La relation entre la localisation et la criminalité est illustrée par le taux élevé d’infractions de conduite avec les facultés affaiblies déclarées par les services de police ruraux. Les régions rurales, contrairement aux régions urbaines, dépendent davantage des véhicules personnels pour le transport, car les transports en commun, les taxis et les services de covoiturage peuvent ne pas être offerts et les distances parcourues sont généralement plus longues (Robertson et autres, 2016).
En 2023, les services de police ruraux ont fait état de plus de 22 000 affaires de conduite avec les facultés affaiblies, ce qui représente un taux de 377 affaires pour 100 000 habitants. En comparaison, on dénombrait 137 affaires de conduite avec les facultés affaiblies pour 100 000 habitants en milieu urbain.
La grande majorité (82 %) des affaires de conduite avec les facultés affaiblies dans les régions rurales étaient liées à l’alcool et, dans une moindre mesure, aux drogues (8 %), à une combinaison d’alcool et de drogues (8 %) ou à une substance non précisée (2 %). Ces proportions étaient relativement similaires à celles déclarées par les services de police urbainsNote .
En 2023, 227 affaires de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort ou des lésions corporelles sont survenues dans les régions rurales, ce qui correspond à un taux de 3,9 affaires pour 100 000 habitants, un taux quatre fois supérieur à celui observé en milieu urbain (1,0 pour 100 000)Note . Le taux de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort ou des lésions corporelles dans les régions rurales des provinces variait de 0,8 à Terre-Neuve-et-Labrador à 8,7 au Manitoba. Dans l’ensemble des provinces, le taux de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort ou des lésions corporelles était au moins deux fois plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
Début de l'encadré 4
Encadré 4
Perceptions de la sécurité personnelle dans les régions rurales
La plupart des recherches ont montré que la peur généralisée de la criminalité a une incidence plus importante sur la perception de la sécurité que les niveaux réels de criminalité. De manière générale, le sentiment de sécurité personnelle est associé à un sentiment de bien-être (Ceccato, 2023). À l’inverse, le sentiment d’insécurité représente généralement une crainte ou une anxiété diffuse liée à de nombreux facteurs personnels et environnementaux, pouvant également avoir des effets négatifs sur la santé physique et mentale (Farrall et autres, 2009). La crainte face à la criminalité ou la perception d’un manque de sécurité peut entraîner un retrait de la vie communautaire ou une réduction de la cohésion sociale, et peut conduire certaines personnes à adopter des comportements restrictifs, tels que l’évitement de certains lieux ou le fait de ne pas sortir après une certaine heure.
Malgré l’attention portée à la criminalité dans les régions rurales ces dernières années, et le fait que les taux de crimes déclarés par la police soient systématiquement plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines, les personnes qui habitent en milieu rural ont tendance à déclarer une plus grande satisfaction quant à leur sécurité personnelle par rapport à celles qui habitent en milieu urbain (tableau 5). Selon les résultats de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2019, 85 % des personnes de 15 ans et plus vivant dans une région rurale des provinces ont déclaré être satisfaites ou très satisfaites de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité, une proportion supérieure à celles qui résident en milieu urbain ayant exprimé le même sentiment (76 %). La proportion de la population qui a déclaré être satisfaite ou très satisfaite de sa sécurité personnelle par rapport à la criminalité était supérieure dans les régions rurales du Sud (86 %) comparativement à celle observée dans les régions rurales du Nord (79 %)Note .
Les personnes qui résident en milieu rural avaient également tendance à se sentir plus en sécurité dans certaines situations. Par exemple, environ 9 personnes sur 10 se sentaient tout à fait en sécurité ou plutôt en sécurité par rapport à la criminalité lorsqu’elles marchaient seules dans leur quartier après la tombée de la nuit (93 %) ou n’étaient pas du tout inquiètes lorsqu’elles étaient seules chez elles la nuit (87 %), des proportions supérieures à celles déclarées par les personnes résidant en milieu urbain (87 % et 81 %, respectivement).
Comme la population urbaine, la population rurale estimait le plus souvent que la criminalité dans ses quartiers était inférieure à celle d’autres régions du Canada (80 %), et que le niveau de criminalité y était à peu près le même qu’il y a cinq ans (76 %).
Ces résultats laissent entendre que la perception de la sécurité est influencée par davantage de facteurs que les seuls niveaux de criminalité déclarés par la police dans une communauté, comme l’ont donné à penser d’autres recherches (Ceccato, 2023; David, 2022). Par ailleurs, certaines études ont révélé que, bien que les perceptions puissent être plus favorables dans les régions rurales que dans les régions urbaines, cette tendance ne se maintient pas chez les personnes vivant dans les régions les plus éloignées ou les plus isolées (David, 2022).
Il convient également de noter que beaucoup de temps s’est écoulé depuis la tenue de l’ESG de 2019, et les perceptions concernant la sécurité personnelle et les quartiers ont pu évoluer au sein de la population canadienne depuis la collecte des données, et ce, sans égard au type de région où elle a élu domicile. Par conséquent, il sera important d’examiner ces perceptions et la manière dont elles ont changé depuis 2019. Le prochain cycle de l’enquête aura lieu plus tard en 2025.
Fin de l’encadré 4
Une plus grande proportion de crimes déclarés par la police dans les régions rurales surviennent dans une résidence privée
En 2023, les crimes déclarés par la police dans les régions rurales et urbaines présentaient des différences notables quant aux lieux précis où se produisaient les affaires. Près de 6 affaires sur 10 (56 %) dans les régions rurales se sont produites dans une résidence privée, par rapport à un tiers (34 %) des affaires dans les régions urbaines (tableau 3). Dans les régions urbaines, une proportion plus importante de crimes déclarés par les services de police ont eu lieu dans un emplacement commercial ou non résidentiel (38 %) ou durant l’utilisation ou l’attente du transport en commun, ou encore dans la rue, sur la route ou dans des aires ouvertes (28 %), comparativement aux régions rurales (23 % et 21 %, respectivement).
Les différences entre les régions rurales et urbaines concernant les lieux où les crimes déclarés par les services de police sont perpétrés résultent probablement d’une combinaison de facteurs. Ces différences peuvent entre autres refléter les disparités générales entre les régions rurales et urbaines (p. ex. l’accès réduit au transport en commun, le moins grand nombre d’emplacements commerciaux ou non résidentiels). Les différences peuvent également être liées aux types de crimes plus fréquemment observés dans les régions rurales. Par exemple, les taux de vols qualifiés et de certains types de crimes contre les biens, lesquels sont plus susceptibles de se produire à l’extérieur des résidences privées, sont plus faibles dans les régions rurales. En revanche, un grand nombre de crimes violents et d’affaires de violence entre partenaires intimes et de violence familiale présentent des taux plus élevés dans les régions rurales et se produisent plus souvent dans les résidences privées.
Au total, 1 affaire déclarée par la police sur 4 entraîne le dépôt ou la recommandation d’accusations
Lorsqu’un crime est porté à l’attention de la police, l’affaire peut demeurer non classée, des accusations peuvent être portées ou recommandées contre l’auteur présumé, ou l’affaire peut être « classée sans mise en accusation », un terme qui englobe toutes les affaires résolues, mais pour lesquelles la police ne dépose pas ou ne peut pas déposer d’accusations contre l’auteur présuméNote . En 2023, environ le quart des affaires dans les régions rurales (23 %) et urbaines (24 %) ont donné lieu au dépôt ou à la recommandation d’accusations par la police.
Les affaires non classées représentent l’état de classement le plus courant des affaires déclarées par la police, tant dans les régions rurales (59 %) que dans les régions urbaines (67 %). Dans les régions rurales, la grande majorité (89 %) des affaires non classées manquaient d’éléments de preuve suffisants pour procéder. Ce statut était également le plus courant pour les affaires non classées en milieu urbain (78 %)Note .
Les affaires étaient plus fréquemment classées sans mise en accusation dans les régions rurales (19 %) que dans les régions urbaines (8 %). En milieu rural, les affaires classées sans mise en accusation concernaient le plus souvent des cas pour lesquels un auteur présumé était connu de la police, mais dont la victime a demandé qu’aucune autre mesure ne soit prise (46 %), ou pour lesquels la police a utilisé son pouvoir discrétionnaireNote (42 %). Ces deux motifs étaient également les plus courants pour les affaires classées sans mise en accusation par les services de police urbains, bien que dans des proportions différentes : 51 % des affaires classées sans mise en accusation en milieu urbain l’ont été en raison du pouvoir discrétionnaire des services de police, et 31 % l’ont été à la demande de la victime de ne pas prendre d’autres mesures contre l’auteur présumé.
Dans les régions rurales et urbaines, certains types d’infractions étaient plus susceptibles que d’autres de donner lieu au dépôt ou à la recommandation d’accusations (graphique 12). Par exemple, environ 4 affaires de violence sur 10 ont été classées par mise en accusation dans les régions rurales (38 %) et urbaines (38 %). Les crimes contre les biens, en revanche, présentaient des taux d’inculpation beaucoup plus faibles : 7 % des crimes contre les biens dans les régions rurales et 9 % dans les régions urbaines ont donné lieu au dépôt d’accusations, la grande majorité de ces affaires restant non classées (76 % et 86 %, respectivement).
Graphique 12 début

Tableau de données du graphique 12
| Types de crime et de région (rurale ou urbaine) | Accusations portées ou recommandées | Affaires classées sans mise en accusation | Affaires non classées |
|---|---|---|---|
| pourcentage | |||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||
| Régions rurales | |||
| Crimes violents | 38 | 20 | 42 |
| Crimes contre les biens | 7 | 17 | 76 |
| Autres infractions au Code criminel | 35 | 22 | 43 |
| LRCDAS Tableau de données du graphique 12 Note 1 | 30 | 7 | 63 |
| Infractions à une autre loi fédérale | 6 | 60 | 34 |
| Délits de la route prévus au Code criminel | 41 | 11 | 47 |
| Régions urbaines | |||
| Crimes violents | 38 | 13 | 50 |
| Crimes contre les biens | 9 | 5 | 86 |
| Autres infractions au Code criminel | 53 | 12 | 35 |
| LRCDASTableau de données du graphique 12 Note 1 | 44 | 11 | 45 |
| Infractions à une autre loi fédérale | 34 | 23 | 43 |
| Délits de la route prévus au Code criminel | 44 | 14 | 42 |
Graphique 12 fin
La proportion de femmes et de filles auteures présumées de crimes est plus élevée dans les régions rurales
Lorsqu’un crime est classé, les renseignements sur les personnes identifiées comme auteurs présumés, que des accusations soient portées contre elles ou non, sont consignés dans le Programme DUC. Quel que soit l’emplacement géographique, la majorité des personnes identifiées comme auteurs présumés sont des hommes et des garçons. Néanmoins, en 2023, les femmes et les filles représentaient une proportion plus importante de personnes identifiées comme auteurs présumés dans les régions rurales (29 %) que dans les régions urbaines (25 %) (tableau 3).
Dans les régions rurales, les personnes identifiées comme auteurs présumés comptaient 27 % de femmes dans les affaires de crimes violents, 33 % dans les affaires de crimes contre les biens, et 27 % dans les affaires liées à d’autres infractions prévues au Code criminel. Chacune de ces proportions était supérieure à celles observées par les services de police urbains et s’élevait à 23 %, à 28 % et à 24 %, respectivement.
Les auteurs présumés tendent à être plus âgés en milieu rural
Conformément aux tendances générales, les taux d’auteurs présumés de crimes étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines pour tous les groupes d’âge. Pour l’ensemble des types d’infractions, les taux étaient les plus élevés parmi les personnes de 25 à 44 ans, tant dans les régions rurales (9 065 auteurs présumés pour 100 000 personnes) que dans les régions urbaines (3 852 pour 100 000). L’âge médian des auteurs présumés était de 33 ans, aussi bien dans les régions rurales que dans les régions urbaines. Dans l’ensemble des provinces, l’âge médian des auteurs présumés variait de 30 ans dans les régions rurales du Manitoba à 36 ans dans les régions rurales de la Colombie-Britannique.
Un profil légèrement différent émergeait des observations portant plus précisément sur les auteurs présumés de crimes violents (graphique 13). Même si les taux en ce qui les concerne sont restés plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines pour tous les groupes d’âge, certains écarts étaient notables. Dans les régions rurales, notamment, le groupe d’âge prédominant demeurait celui des 25 à 44 ans (2 616), suivi de près par celui des 18 à 24 ans (2 483). Plus précisément, le taux de crimes violents chez les auteurs présumés atteignait un sommet chez les personnes de 27 ans. En revanche, les auteurs présumés de crimes violents étaient considérablement plus jeunes dans les régions urbaines. Les taux de crimes violents étaient les plus élevés chez les jeunes de 12 à 17 ans (1 287), parmi lesquels ceux de 15 ans représentaient un point culminant.
Graphique 13 début

Tableau de données du graphique 13
| Âge de l’auteur présumé (en années) | Régions rurales | Régions urbaines |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
| Note : Comprend les auteurs présumés d’une infraction avec violence au Code criminel. Exclut les auteurs présumés dont l’âge a été déclaré comme étant inconnu; les auteurs présumés âgés de plus de 110 ans ont été recodés comme étant inconnus. Les services de police urbains desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’intérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l’extérieur d’une RMR ou d’une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Quant à l’AR, son noyau doit compter au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculée à partir des données du recensement. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d’un service de police. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que les données du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| 12 | 1 019 | 603 |
| 13 | 1 749 | 1 054 |
| 14 | 2 269 | 1 537 |
| 15 | 2 513 | 1 641 |
| 16 | 2 469 | 1 540 |
| 17 | 2 284 | 1 337 |
| 18 | 2 315 | 1 033 |
| 19 | 2 292 | 852 |
| 20 | 2 297 | 855 |
| 21 | 2 555 | 892 |
| 22 | 2 563 | 878 |
| 23 | 2 711 | 946 |
| 24 | 2 690 | 1 001 |
| 25 | 3 028 | 1 009 |
| 26 | 2 906 | 1 027 |
| 27 | 3 342 | 1 051 |
| 28 | 3 061 | 1 133 |
| 29 | 3 039 | 1 137 |
| 30 | 3 064 | 1 179 |
| 31 | 2 967 | 1 161 |
| 32 | 2 736 | 1 188 |
| 33 | 2 805 | 1 157 |
| 34 | 2 712 | 1 142 |
| 35 | 2 894 | 1 138 |
| 36 | 2 715 | 1 116 |
| 37 | 2 533 | 1 099 |
| 38 | 2 454 | 1 088 |
| 39 | 2 193 | 1 044 |
| 40 | 2 289 | 1 038 |
| 41 | 2 202 | 978 |
| 42 | 2 016 | 936 |
| 43 | 1 910 | 907 |
| 44 | 1 714 | 871 |
| 45 | 1 645 | 812 |
| 46 | 1 520 | 771 |
| 47 | 1 433 | 692 |
| 48 | 1 209 | 658 |
| 49 | 1 219 | 618 |
| 50 | 1 175 | 611 |
| 51 | 1 196 | 580 |
| 52 | 961 | 555 |
| 53 | 886 | 510 |
| 54 | 885 | 463 |
| 55 | 829 | 457 |
| 56 | 716 | 425 |
| 57 | 628 | 401 |
| 58 | 581 | 379 |
| 59 | 495 | 327 |
| 60 | 501 | 305 |
| 61 | 433 | 290 |
| 62 | 372 | 250 |
| 63 | 370 | 216 |
| 64 | 309 | 196 |
| 65 | 265 | 196 |
| 66 | 249 | 170 |
| 67 | 203 | 159 |
| 68 | 223 | 143 |
| 69 | 206 | 127 |
| 70 | 157 | 114 |
| 71 | 153 | 107 |
| 72 | 157 | 112 |
| 73 | 137 | 87 |
| 74 | 144 | 95 |
| 75 | 131 | 81 |
| 76 | 151 | 79 |
| 77 | 157 | 99 |
| 78 | 111 | 83 |
| 79 | 147 | 88 |
| 80 | 166 | 81 |
| 81 | 83 | 87 |
| 82 | 94 | 87 |
| 83 | 126 | 73 |
| 84 | 124 | 89 |
| 85 | 95 | 83 |
| 86 | 73 | 58 |
| 87 | 175 | 67 |
| 88 | 82 | 56 |
| 89 | 104 | 76 |
| 90 et plus | 79 | 52 |
Graphique 13 fin
Conformément aux tendances observées au chapitre des affaires, les auteurs présumés de crimes dans les régions rurales étaient moins susceptibles d’être inculpés (51 %) et plus susceptibles de voir leur affaire être classée sans mise en accusation (43 %), comparativement aux régions urbaines (73 % et 22 %, respectivement)Note .
En outre, des accusations ont par la suite été portées ou recommandées contre moins de la moitié (46 %) des auteurs présumés d’infractions dans les régions rurales du Nord, par rapport à 55 % dans les régions rurales du Sud.
Pour ce qui est des crimes violents, les deux tiers (65 %) des auteurs présumés dans les régions rurales ont fait l’objet d’accusations ou de recommandations d’accusations, tandis que 28 % ont vu leur affaire être classée sans mise en accusationNote . Dans les régions urbaines, ces proportions étaient de 74 % et de 19 %, respectivement.
Début de l'encadré 5
Encadré 5
Nouvelle victimisation et nouveaux contacts avec la police dans les régions rurales
Dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, il est possible d’identifier chaque personneNote victime d’un acte criminel et d’examiner le nombre de fois où chacune d’elles a été victime d’un nouveau crime au cours d’une même année. L’analyse des données de 2023 a révélé que les victimes d’infractions dans les régions rurales étaient plus susceptibles d’être impliquées dans plusieurs affaires déclarées par les services de police que les victimes des régions urbaines.
En 2023, 80 561 victimes distinctes d’infractions ont été déclarées par les services de police ruraux. Parmi elles, 15 % ont été victimes de plusieurs crimes violents déclarés par les services de police cette année-là. En comparaison, 11 % des victimes d’infractions déclarées par les services de police urbains ont vécu plus d’un crime.
Dans les régions rurales du Nord, un peu plus de 1 victime sur 5 (21 %) de crimes violents déclarés par les services de police a été impliquée dans plus d’une affaire, par rapport à 13 % dans les régions rurales du Sud.
Dans les régions rurales, les femmes et les filles (18 %) étaient plus susceptibles que les hommes et les garçons (13 %) d’être victimes de plusieurs affaires distinctes, une tendance similaire à celle observée dans les régions urbaines (12 % et 9 %, respectivement).
Il est également possible d’identifier les personnes qui ont eu des contacts avec la police en tant qu’auteurs présumés d’infractions à plusieurs reprises. Alors que les victimes dans les régions rurales étaient plus susceptibles de subir une nouvelle agression, les tendances concernant les auteurs présumés de crimes étaient similaires dans les régions rurales et urbaines (graphique 14). En 2023, environ 7 auteurs présumés sur 10 dans les régions rurales (70 %) et urbaines (68 %) ont été identifiés comme auteurs présumés dans une seule affaire. Cependant, 41 % des auteurs présumés dans les régions rurales du Nord ont été impliqués dans plus d’une affaire, par rapport à 25 % dans les régions rurales du Sud.
Graphique 14 début

Tableau de données du graphique 14
| Nombre de contacts avec la police en tant qu’auteur présumé d’un crime Tableau de données du graphique 14 Note 2 | Régions rurales du Nord Tableau de données du graphique 14 Note 1 | Régions rurales du Sud Tableau de données du graphique 14 Note 1 | Régions urbaines du Nord Tableau de données du graphique 14 Note 1 | Régions urbaines du Sud Tableau de données du graphique 14 Note 1 |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| 1 contact | 59 | 75 | 63 | 68 |
| 2 contacts | 18 | 13 | 16 | 14 |
| 3 à 5 contacts | 16 | 9 | 15 | 12 |
| 6 à 10 contacts | 5 | 3 | 5 | 4 |
| Plus de 10 contacts | 2 | 1 | 2 | 1 |
Graphique 14 fin
Dans les régions rurales, une faible proportion d’auteurs présumés étaient responsables d’une part disproportionnée de contacts avec la police en 2023, une constatation cohérente avec les recherches et les données sur le comportement délinquant et les nouveaux contacts (Brennan et Matarazzo, 2016; Carrington, 2007). Par exemple, 16 % des auteurs présumés dans les régions rurales ont été impliqués dans trois affaires distinctes ou plus en 2023. Ce pourcentage représentait 46 % de tous les contacts avec la police impliquant un auteur présumé en milieu rural. Cette tendance relative aux crimes déclarés par les services de police était similaire dans les régions urbaines, où 18 % des auteurs présumés avaient eu trois contacts ou plus avec eux, ce qui représente 50 % de tous les contacts avec la police en 2023.
Fin de l’encadré 5
Crimes déclarés par la police dans les régions rurales des territoires
Contrairement aux provinces, presque tous les services de police au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut desservent des populations classées comme étant rurales. Selon la définition utilisée dans le présent article, seuls deux services de police dans les territoires — ceux de Whitehorse et de Yellowknife — sont considérés comme urbains. La ville d’Iqaluit, capitale du Nunavut, ne remplit pas les critères pour être classée comme une agglomération de recensement, car sa population de 8 296 habitants en 2023 est inférieure au seuil minimal de 10 000 habitants requis pour cette désignation. Cependant, Iqaluit est le plus grand centre de population et le principal centre de services du territoire. Dans la présente section, les régions rurales des territoires sont définies comme toutes les régions situées en dehors des capitales territoriales.
Comme pour les provinces, le taux de crimes déclarés par les services de policeNote était 43 % plus élevé dans les régions rurales (localités hors capitale) des territoires que dans les capitales (52 280 par rapport à 36 535 pour 100 000 habitants) (tableau 6). Au Yukon (+91 %) et dans les Territoires du Nord-Ouest (+57 %), le taux de criminalité dans les régions rurales était supérieur à celui enregistré dans les capitales. Au Nunavut, la tendance était inverse; le taux de criminalité hors de la capitale était 54 % inférieur à celui d’Iqaluit en 2023.
Un peu moins du quart (23 %) des affaires déclarées par les services de police dans les régions rurales des territoires étaient de nature violente, une proportion plus élevée que dans les capitales (17 %). En 2023, les taux de crimes violents étaient deux fois plus élevés en dehors des capitales qu’à l’intérieur de celles-ci (graphique 15).
Graphique 15 début

Tableau de données du graphique 15
| Type de crime | Régions rurales (hors capitale) | Régions urbaines (capitale) |
|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||
| Note : Les capitales regroupent les populations desservies par les services de police de Yellowknife, de Whitehorse et d’Iqaluit. Le terme « localité hors capitale » désigne toutes les autres régions situées dans les territoires. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants, et les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Crimes violents | 13 292 | 6 556 |
| Crimes contre les biens | 27 007 | 19 922 |
| Autres infractions au Code criminel | 11 981 | 10 058 |
| Infractions à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances | 1 172 | 402 |
| Infractions à une autre loi fédérale | 139 | 108 |
| Délits de la route prévus au Code criminel | 3 409 | 1 269 |
Graphique 15 fin
En 2023, les deux tiers des affaires déclarées par les services de police dans les territoires, tant dans les capitales (67 %) que dans les autres localités (67 %), concernaient des méfaits, le fait de troubler la paix ou des voies de fait de niveau 1 (tableau 6).
Résumé
Les préoccupations relatives à la lutte contre la criminalité et à sa prévention ne sont pas propres à une région ou à un groupe particulier. Néanmoins, ces dernières années, la question de la criminalité dans les régions rurales a suscité une attention considérable. Les données déclarées par les services de police ont systématiquement révélé que les taux de criminalité globaux, ainsi que ceux de la plupart des types d’infractions prises séparément, sont plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. La majeure partie de la différence entre les régions rurales et urbaines réside, plus précisément, dans les écarts entre les régions du nord et du sud des provinces. Comparativement au taux de criminalité des régions urbaines, celui des régions rurales du Sud était légèrement inférieur, tandis que celui des régions rurales du Nord était environ trois fois plus élevé. Pour la plupart des types d’infractions, le taux de crimes déclarés par la police dans les régions urbaines du Nord était supérieur à celui des régions rurales du Sud.
En 2023, le taux de crimes déclarés par les services de police était supérieur de 34 % dans les régions rurales des provinces par rapport aux régions urbaines. Les régions rurales et urbaines ont toutes deux enregistré des augmentations chaque année depuis 2020.
Les niveaux de criminalité varient considérablement d’une région rurale à l’autre. Environ le tiers (32 %) de la population rurale vivait dans une région où le taux de crimes déclarés par la police était relativement faible, tandis que 3 personnes sur 10 (30 %) résidaient dans une région où le taux de criminalité figurait parmi les plus élevés du pays.
En 2023, le quart (26 %) des crimes déclarés par les services de police des régions rurales étaient de nature violente, par rapport au cinquième (22 %) pour les régions urbaines. En 2023, environ 125 000 victimes de crimes violents ont été déclarées par les services de police ruraux, soit environ 22 % des victimes de crimes violents.
Certains types de violence étaient surreprésentés dans les régions rurales. Par exemple, les taux d’affaires de violence déclarées par les services de police à l’égard des femmes et des filles étaient environ deux fois plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. En particulier, les taux de violence entre partenaires intimes et de violence familiale étaient élevés dans les régions rurales.
Contrairement aux crimes violents, de nombreuses formes de crimes contre les biens ― comme la fraude, le vol de véhicules à moteur, le vol de moins de 5 000 $ et le vol à l’étalage ― étaient plus fréquentes dans les régions urbaines que dans les régions rurales. Les méfaits et le fait de troubler la paix, des infractions qui peuvent être signalées à des agents ou à d’autres entités responsables de l’application des règlements municipaux dans les régions urbaines, représentaient un peu plus de 1 crime sur 4 (26 %) déclaré par les services de police des régions rurales en 2023, par rapport à 14 % pour les régions urbaines.
En ce qui concerne la prévention et la réponse à la criminalité, le profil des auteurs présumés différait considérablement entre les régions rurales et urbaines en 2023. En général, les auteurs présumés de crimes en 2023 étaient plus âgés dans les régions rurales. Les taux étaient les plus élevés chez les personnes de 25 à 44 ans, le sommet se situant à 27 ans. En revanche, la criminalité urbaine semblait impliquer davantage de jeunes auteurs présumés : les auteurs présumés dans les régions urbaines avaient un profil beaucoup plus jeune. Les taux les plus élevés ont été observés chez les jeunes de 12 à 17 ans et le sommet se situait à 15 ans.
Bien que le nombre absolu de victimes et d’affaires criminelles soit plus faible dans les régions rurales que dans les régions urbaines, lorsque l’on tient compte de la population moins nombreuse, les taux de criminalité sont plus élevés dans les régions rurales, ce qui laisse entendre qu’une plus grande proportion de la population rurale, en particulier dans les régions rurales du Nord, pourrait avoir une expérience directe de la criminalité. De plus, de nombreuses caractéristiques relatives aux affaires criminelles, aux victimes et aux auteurs présumés diffèrent entre les régions rurales et urbaines. Par conséquent, les stratégies de prévention et de lutte contre la criminalité pourraient ne pas être universellement applicables à tous les contextes ruraux et urbains.
Il est important de tenir compte du fait que les régions rurales elles-mêmes varient, non seulement au chapitre de la criminalité, mais aussi sur le plan sociodémographique, économique et géographique, ce qui peut avoir une grande incidence sur la nature et l’étendue de la criminalité dans une région donnée. Bien que les données policières recueillies dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité et de l’Enquête sur les homicides ne puissent pas faire état des causes de la criminalité dans les régions rurales, cet article a présenté un aperçu des principales tendances et caractéristiques qui pourraient contribuer à orienter des recherches plus approfondies sur la criminalité dans les régions rurales du Canada.
Tableaux de données détaillés
Tableau 1 Certains crimes déclarés par les services de police urbains et ruraux, provinces, 2023
Description de l’enquête
Programme de déclaration uniforme de la criminalité
Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l’aide de l’Association canadienne des chefs de police. Le Programme DUC a été conçu pour mesurer les affaires criminelles qui ont été signalées aux services de police fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux au Canada.
Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Afin d’assurer la comparabilité des données, les chiffres figurant dans le présent article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire, qui est déterminée d’après une règle de classification normalisée utilisée par tous les services de police. Cependant, il est possible de produire, sur demande, des chiffres fondés sur toutes les infractions.
Enquête sur les homicides
L’Enquête sur les homicides permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l’ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d’homicide au Canada. Cette enquête permet la collecte de renseignements sur l’ensemble des homicides depuis 1961.
Lorsque la police prend connaissance d’un homicide, le service de police qui mène l’enquête remplit les questionnaires de l’Enquête sur les homicides, puis les envoie à Statistique Canada. Dans certains cas, les homicides sont portés à l’attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l’année au cours de laquelle la police en a été informée. Les renseignements sur les auteurs présumés d’homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). Les caractéristiques des auteurs présumés sont mises à jour à mesure que les affaires d’homicide sont résolues et que de nouveaux renseignements sont envoyés aux responsables de l’Enquête sur les homicides. Les données recueillies au moyen des questionnaires sur la victime et sur l’affaire sont également mises à jour à la suite de la résolution d’une affaire.
L’Enquête sur les homicides a récemment fait l’objet d’un remaniement qui a permis d’améliorer la qualité des données et d’accroître leur pertinence. Des changements ont été apportés aux questions existantes, et des questions ont été ajoutées pour la période de déclaration de 2019.
Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens (victimisation)
La population cible de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens de 2019 était composée des personnes de 15 ans et plus vivant dans les provinces et les territoires, à l’exception des personnes vivant en établissement à temps plein. La collecte des données a eu lieu au cours de la période allant d’avril 2019 à mars 2020. Les réponses ont été obtenues au moyen d’interviews téléphoniques assistées par ordinateur, d’interviews en personne (dans les territoires seulement) et, pour la première fois, d’une option d’autocollecte par Internet offerte aux répondants à l’ESG sur la victimisation dans les provinces et les capitales territoriales. Les personnes ont pu répondre dans la langue officielle de leur choix.
Une personne de 15 ans et plus a été choisie au hasard au sein de chaque ménage pour répondre à l’enquête. Un suréchantillon d’Autochtones a été ajouté à l’ESG de 2019 sur la victimisation afin de permettre une analyse plus approfondie des personnes appartenant à ce groupe de population. En 2019, la taille de l’échantillon final était de 22 412 répondants. La même année, le taux de réponse global s’établissait à 37,6 %. Parmi les non-répondants figuraient les personnes qui ont refusé de participer à l’enquête, celles qui ne pouvaient pas être jointes et celles qui ne parlaient ni le français ni l’anglais. Les chiffres des répondants de l’échantillon ont été pondérés afin que leurs réponses représentent la population canadienne de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement.
Comme c’est le cas pour toutes les enquêtes auprès des ménages, les données comportent certaines limites. Les résultats reposent sur un échantillon et sont donc sujets à des erreurs d’échantillonnage. Des résultats légèrement différents auraient pu être obtenus si la population entière avait participé à l’enquête. En ce qui a trait à la qualité des estimations, les limites inférieure et supérieure des intervalles de confiance sont présentées dans les tableaux et les graphiques. Les intervalles de confiance doivent être interprétés de la façon suivante : si l’enquête devait être répétée à de nombreuses reprises, 95 % du temps (ou 19 fois sur 20), l’intervalle de confiance couvrirait la valeur de la population réelle.
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