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    Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation

    Le paradoxe du faible revenu de diplômés de l'enseignement supérieur : Les diplômés du collège et de l'université avec de faibles revenus, Ontario, 2006

    Section 6 : Analyse multivariée des nombreux facteurs à l'origine d'une situation de faible revenu

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    6.1 Analyse multivariée de la population totale
    6.2 Analyse multivariée de la population possédant une formation postsecondaire
    6.3 Analyse multivariée de la population active

    L'analyse de régression logistique dont fait état la présente section considère d'abord l'incidence de caractéristiques démographiques ou « données » sur la probabilité qu'une personne touche un revenu d'emploi égal ou inférieur au revenu d'emploi médian national en 2006. Puis, on ajoute progressivement d'autres groupes de variables afin d'évaluer leurs effets indépendants et de déterminer si elles modifient les effets des variables déjà ajoutées. Aux variables démographiques, on ajoute donc les variables liées à la scolarité et, enfin, les variables liées au travail, selon la logique suivante : une personne naît avec certaines caractéristiques, puis fait des études (qui influent sur son revenu) et, enfin, entre sur le marché du travail.

    L'analyse porte d'abord sur l'ensemble de la population âgée de 25 à 64 ans qui touchait un revenu d'emploi non nul en 20061 afin de mesurer l'effet relatif de différents niveaux de scolarité sur la probabilité d'une personne de se trouver en situation de faible revenu. La deuxième partie de l'analyse porte sur les diplômés des niveaux collégial et universitaire afin d'évaluer l'effet du domaine d'études.

    Encadré 6.1
    Analyse de régression logistique

    L'analyse de régression logistique produit des ratios de probabilité qui, dans la présente étude, servent à évaluer si, toutes autres choses étant égales, les travailleurs présentant des caractéristiques données risquent plus ou moins que ceux d'un autre groupe (de référence) de se trouver en situation de faible revenu. Par exemple, considérons le risque de faible revenu des femmes, par opposition à celui des hommes. Un ratio de probabilité de près de 1,0 suppose que les deux groupes présentent la même probabilité de toucher un faible revenu; un ratio de probabilité inférieur à 1,0 suppose que les personnes du groupe considéré risquent moins de toucher un faible revenu que celles du groupe de référence; enfin, un ratio de probabilité supérieur à 1,0 suppose que les personnes du groupe considéré risquent davantage de toucher un faible revenu que celles de la catégorie de référence. Pour illustrer, considérons deux scénarios : 1 (les femmes constituent la catégorie de référence et les hommes présentent un ratio de probabilité de 0,65; 2) les femmes constituent la catégorie de référence et les hommes présentent un ratio de probabilité de 1,75. Selon le premier scénario, les hommes risquent 0,65 fois moins que les femmes de toucher un faible revenu, alors que selon le deuxième, le risque est de 1,75 fois plus élevé que chez les femmes.

    Dans la présente analyse, la variable dépendante est égale à 1 si une personne touche un revenu d'emploi égal ou inférieur à la moitié du revenu d'emploi médian national en 2006, et à 0 dans le cas contraire.

    6.1 Analyse multivariée de la population totale

    Facteurs démographiques

    Le lien du premier ordre entre le sexe et la probabilité de toucher un faible revenu était étroit. Lorsqu'on tenait compte uniquement des caractéristiques démographiques telles que l'âge, la situation familiale et le statut d'immigrant, les hommes risquaient près de deux fois moins que les femmes de se trouver en situation de faible revenu (tableau A.11, colonne 1). Ce lien était à peine influencé par l'ajout des variables liées à la scolarité (tableau A.11, colonne 2), mais était légèrement affaibli par l'ajout des données concernant l'activité principale (tableau A.11, colonne 3). Il n'est pas étonnant que l'écart entre les hommes et les femmes diminue lorsqu'on tient compte de l'activité principale, des études antérieures ayant révélé que le revenu des femmes était influencé par leur obligation de s'occuper de leurs enfants ou de parents âgés. Il en allait de même lorsqu'on tenait compte de la profession et de la branche d'activité (tableau A.11, colonne 4), quoique l'ajout de ces deux facteurs avait pour effet de réduire légèrement l'écart entre les sexes en ce qui concerne la probabilité de toucher un faible revenu. Des études antérieures ont révélé que les femmes avaient plus tendance que les hommes à travailler dans des branches d'activité et des professions moins bien rémunérées; en tenant compte de ces différences, on observe une réduction de l'écart salarial entre les sexes.

    Dans l'ensemble, le lien restait étroit entre le sexe et la probabilité de toucher un faible revenu, même après prise en compte des autres facteurs. Dans le modèle final englobant toutes les variables, le sexe conservait donc un effet indépendant des autres facteurs démographiques, de la province, de la scolarité, de l'activité principale pendant l'année, de la branche d'activité, de la profession et du travail indépendant, les femmes étant plus susceptibles que les hommes d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles. Cela dit, l'écart entre les sexes était plus ténu en Ontario (ratio de probabilité pour les hommes : 0,57 comparativement aux femmes; tableau A.11, colonne 6) qu'à l'échelle du Canada (ratio de probabilité pour les hommes 0,49 comparativement aux femmes; tableau B.11, colonne 7)2.

    Comme nous l'avons également observé dans l'analyse descriptive, les effets de l'âge sur la probabilité d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles étaient polarisés. En Ontario, en 2006, les personnes âgées de 25 à 29 ans étaient plus susceptibles que le groupe de contrôle (les travailleurs de 44 à 49 ans) d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles. À l'autre extrémité du spectre de l'âge, les personnes âgées de 55 à 59 ans et celles de 60 à 64 ans étaient respectivement 1,79 fois et 3,43 fois plus susceptibles que le groupe de référence d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles, avant prise en compte de l'influence des autres variables (tableau A.11, colonne 1).

    Le niveau de scolarité accentuait légèrement ces effets, les jeunes travailleurs et les travailleurs âgés devenant plus susceptibles de toucher un faible revenu lorsqu'on tenait compte de la scolarité (tableau A.11, colonne 2). L'activité principale contribuait à éliminer les effets de l'âge chez les jeunes travailleurs et chez les travailleurs âgés de 55 à 59 ans (tableau A.11, colonne 3). Après prise en compte de l'activité principale, les personnes de 25 à 29 ans et celles de 55 à 59 ans n'étaient pas plus susceptibles que le groupe de contrôle de toucher un faible revenu. Le faible revenu des jeunes travailleurs s'explique probablement par le fait que pour certains, le travail ne constituait pas l'activité principale pendant l'année (puisqu'ils étaient aux études) et que certains travailleurs âgés étaient retraités. Il convient de mentionner que si la probabilité de toucher un faible revenu chez les travailleurs âgés de 60 à 64 ans était réduite, elle restait pourtant plus élevée que dans le groupe de contrôle (tableau A.11, colonne 3). Toutefois, après prise en compte des effets de la branche d'activité et de la profession, le risque de toucher un faible revenu était prononcé chez les jeunes travailleurs et les travailleurs âgés (tableau A.11, colonne 4); il l'était encore plus lorsqu'on tenait compte du statut de travailleur indépendant (tableau A.11, colonne 5).

    Une fois prise en compte l'influence de tous les autres facteurs, on observe un contraste intéressant entre l'Ontario et l'ensemble du Canada. Alors qu'à l'échelle du pays, les personnes âgées de 25 à 29 ans, de 30 à 34 ans, de 55 à 59 ans et de 60 à 64 ans étaient nettement plus susceptibles que celles des groupes d'âge de 35 à 54 ans d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (tableau B.11, colonne 7), ce n'était pas le cas en Ontario, où l'on n'observe pas d'écarts statistiquement significatifs entre les groupes d'âge (tableau A.11, colonne 6).

    Il se dégage également des contrastes entre l'Ontario et l'ensemble du pays lorsqu'on tient compte du statut d'immigrant. Dans le modèle du premier ordre à l'échelle du Canada (tableau B.11, colonne 1), les immigrants étaient proportionnellement plus nombreux que les non-immigrants à toucher un faible revenu. Ce n'était pas le cas des immigrants en Ontario dans le modèle correspondant (tableau A.11, colonne 1). En Ontario, les immigrants qui vivaient au Canada depuis moins de 30 ans ne devenaient plus susceptibles de toucher un faible revenu que lorsqu'on tenait compte de l'activité principale (tableau A.11, colonne 3). Ces effets étaient absents lorsqu'on tenait compte de la scolarité (tableau A.11, colonne 2) et de la branche d'activité ou de la profession (tableau A.11, colonne 4). Lorsqu'on tenait compte de tous les facteurs dans le modèle complet pour l'Ontario, les immigrants qui vivaient au Canada depuis moins de dix ans étaient plus susceptibles que les non-immigrants d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 1,84; tableau A.11, colonne 6). Dans l'ensemble du pays, tant les nouveaux immigrants (vivant au Canada depuis moins de dix ans) (ratio de probabilité : 1,78) que les immigrants de longue date (ratio de probabilité : 1,47) risquaient plus que les non-immigrants d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (tableau B.11, colonne 7).

    L'analyse à l'échelle du Canada révèle des effets étroitement liés au fait de vivre dans certaines provinces. Pour toutes les spécifications des modèles, les personnes des provinces de l'Atlantique et du Québec étaient beaucoup plus susceptibles de toucher un faible revenu que les Ontariens (le groupe de référence). À l'opposé, les Albertains risquaient nettement moins d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 0,77).

    Facteurs liés à la scolarité

    Il se dégage également des contrastes entre l'Ontario et l'ensemble du Canada lorsqu'on tient compte du niveau de scolarité. À l'échelle du pays, les effets de la scolarité étaient marqués dans tous les modèles, mais s'atténuaient légèrement lorsqu'on tenait compte de la branche d'activité et de la profession (tableau B.11, colonne 5). Dans ce cas, après prise en compte de tous les autres facteurs, les personnes sans diplôme d'études secondaires risquaient nettement plus que les diplômés de niveau secondaire ou d'une école de métiers de se trouver en situation de faible revenu (ratio de probabilité : 1,44; tableau B.11, colonne 7), mais la probabilité était beaucoup plus faible chez les diplômés des niveaux collégial et universitaire (ratios de probabilité respectifs : 0,86 et 0,57).

    En Ontario, toutefois, les effets de la scolarité étaient différents de ceux observés à l'échelle nationale. Dans le modèle du premier ordre (tableau A.11, colonne 1), alors qu'on observait les effets habituels chez les travailleurs sans diplôme d'études secondaires (plus à risque de se trouver en situation de faible revenu) et les diplômés universitaires (moins à risque de toucher un faible revenu), il ne semblait exister aucun lien avec le fait de détenir un diplôme d'études collégiales. On a observé les mêmes résultats après avoir tenu compte de l'activité principale et du statut de travailleur indépendant (tableau A.11, colonnes 3 et 5). En outre, l'effet de l'absence de diplôme d'études secondaires n'était plus significatif lorsqu'on tenait compte de la branche d'activité et de la profession (tableau A.11, colonne 4). Une fois pris en compte l'effet de tous les facteurs, seuls les diplômés universitaires risquaient nettement moins que les diplômés de niveau secondaire ou ceux d'une école de métiers de toucher un faible revenu (ratio de probabilité : 0,51) (tableau A.11, colonne 6).

    Facteurs liés au marché du travail

    La profession constitue un autre facteur important lié à la probabilité de se trouver ou non en situation de faible revenu. En Ontario comme dans l'ensemble du pays, les travailleurs des secteurs de la gestion, de l'administration, des sciences, de la santé, des sciences sociales et des métiers étaient tous moins susceptibles de toucher un faible revenu que ceux du secteur de la vente (le groupe de référence) (tableaux A.11 et B.11). À l'échelle du Canada, toutefois, les travailleurs des professions propres au secteur primaire étaient proportionnellement plus nombreux que ceux du secteur de la vente à toucher un faible revenu (et ce lien se vérifiait même après prise en compte des autres facteurs).

    En ce qui concerne l'activité principale et l'horaire de travail, il n'est pas étonnant de constater que les personnes qui ne travaillaient pas à temps plein toute l'année ou dont le travail ne constituait pas l'activité principale étaient beaucoup plus susceptibles de toucher un faible revenu. C'était aussi le cas des travailleurs dont le travail indépendant constituait l'activité principale pendant l'année. On a observé ces effets tant en Ontario qu'à l'échelle nationale.

    Enfin, la branche d'activité avait un effet sur la probabilité d'une personne de se trouver en situation de faible revenu. Les travailleurs des secteurs de la fabrication, de la finance, des services professionnels, scientifiques et techniques et de l'administration publique étaient tous moins susceptibles de toucher un faible revenu que ceux du secteur de la santé (la catégorie de référence). Inversement, les travailleurs du secteur de l'alimentation étaient proportionnellement plus nombreux à toucher un faible revenu.

    Il convient de mentionner que lorsqu'on tenait compte de l'activité principale, on observait une baisse importante chez les personnes âgées de 60 à 64 ans, dont les ratios de probabilité passaient de 3,43 (tableau A.11, colonne 1) à 1,83 (tableau A.11, colonne 3). Pour certaines personnes, le fait de déclarer « la retraite » comme activité principale pendant l'année expliquerait donc en partie la probabilité accrue de toucher un faible revenu. Les résultats étaient semblables à l'échelle du Canada.

    6.2 Analyse multivariée de la population possédant une formation postsecondaire

    Afin d'étudier les effets du domaine d'études sur la probabilité de se trouver en situation de faible revenu, il a fallu restreindre l'analyse à la population ayant fait des études postsecondaires (c.-à-d. les diplômés des niveaux collégial et universitaire). Les tableaux A.12 et B.12 montrent les résultats de cette étude.

    Facteurs démographiques

    Comme dans le cas de l'analyse de l'ensemble de la population, le sexe a un effet au sein de la population possédant une formation postsecondaire. Dans tous les modèles sauf celui qui prend en compte l'activité principale pendant l'année, la probabilité de gagner un faible revenu était moitié moindre chez les hommes, comparativement aux femmes, et s'établissait à 0,57 lorsque toutes les variables étaient prises en compte. Lorsqu'on tient compte de l'effet de l'activité principale pendant l'année, l'analyse révèle que l'effet du sexe faiblissait : la probabilité que les hommes touchent un faible revenu était de 0,65 en Ontario (tableau A.12, colonne 4) et de 0,70 à l'échelle du Canada (tableau B.12, colonne 5). Toutefois, malgré ce repli, les femmes de l'Ontario et de l'ensemble du pays restaient plus susceptibles que les hommes de toucher un faible revenu.

    En ce qui concerne l'âge, dans le modèle démographique (tableau A.12, colonne 1), les adultes âgés de 25 à 29 ans et de plus de 55 ans possédant une formation postsecondaire étaient plus susceptibles d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles. Ce lien se vérifiait même lorsqu'on tenait compte du niveau d'études (collégiales ou universitaires), du domaine d'études, de la branche d'activité et de la profession; il était particulièrement étroit lorsqu'on tenait compte du statut de travailleur indépendant (tableau A.12, colonnes 2, 3, 5, et 6). Comme dans le cas de l'ensemble de la population, le risque accru des jeunes adultes d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles disparaissait lorsqu'on tenait compte de l'activité principale (tableau A.12, colonne 4), probablement parce que certains d'entre eux étaient aux études au lieu de travailler. Fait à noter, dans le modèle final, qui tenait compte de tous les facteurs, les effets de l'âge disparaissaient chez les travailleurs âgés (tableau A.12, colonne 7).

    Dans le modèle final, une fois prise en compte l'incidence de tous les autres facteurs, la population âgée de 25 à 29 ans possédant une formation postsecondaire était donc plus susceptible que les travailleurs de 45 à 49 ans (la catégorie de référence) d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles, la probabilité étant plus grande en Ontario (ratio de probabilité : 2.35, tableau A.12, colonne 7) qu'à l'échelle du Canada (ratio de probabilité : 1,55; tableau B.12, colonne 8). C'était également le cas des personnes âgées de 55 à 59 ans et de 60 à 64 ans dans l'ensemble du pays, mais pas en Ontario. Après prise en compte de tous les facteurs, les travailleurs ontariens âgés de 55 ans et plus n'étaient pas plus susceptibles que ceux de 45 à 49 ans d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles.

    En Ontario comme à l'échelle du Canada, l'effet du statut d'immigrant était plus faible dans la population ayant fait des études postsecondaires que dans l'ensemble de la population. À première vue, dans le modèle démographique (tableau A.12, colonne 1), les immigrants ne risquaient pas plus que les non-immigrants de toucher un faible revenu en Ontario. Toutefois, les nouveaux immigrants (vivant au Canada depuis moins de dix ans) étaient plus susceptibles que les non-immigrants de toucher un faible revenu lorsqu'on tenait compte des facteurs liés à la scolarité (niveau de scolarité et principal domaine d'études) (tableau A.12, colonnes 2 et 3). En revanche, cet effet disparaissait après prise en compte de l'activité principale ainsi que de la branche d'activité et de la profession (tableau A.12, colonnes 4 et 5). Fait à noter, si l'effet du statut de nouvel immigrant était marqué lorsqu'on tenait compte du statut de travailleur indépendant, dans le modèle final de l'Ontario, où tous les facteurs étaient pris en compte, le statut d'immigrant n'avait pas d'effet significatif (tableau A.12, colonne 7).

    Le profil des immigrants de plus longue date (vivant au Canada depuis 10 à 29 ans) était légèrement différent. On observe un lien significatif avec le domaine d'études, l'activité principale et la branche d'activité ou la profession (tableau A.12, colonne 3) : si des immigrants de plus longue date travaillaient dans la même branche d'activité ou la même profession que des travailleurs canadiens, ils étaient proportionnellement plus nombreux à toucher un faible revenu. Toutefois, cet effet disparaissait lorsqu'on prenait en compte les influences de tous les autres facteurs. On observe des profils semblables à l'échelle du Canada, mais il convient de mentionner que les effets étaient un peu plus marqués.

    À l'échelle nationale, les effets provinciaux étaient un peu plus faibles dans la population ayant fait des études postsecondaires que dans l'ensemble de la population âgée de 25 à 64 ans. Si, en 2006, les diplômés de niveau postsecondaire touchant un revenu non nul à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick restaient plus susceptibles d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles, ce n'était plus le cas à l'Île-du-Prince-Édouard ni au Québec. En outre, les diplômés albertains de niveau postsecondaire n'étaient plus avantagés par rapport à leurs homologues de l'Ontario.

    Facteurs liés à la scolarité

    L'avantage salarial d'une formation universitaire comparativement à celui d'une formation collégiale était plus grand en Ontario qu'à l'échelle du Canada. En Ontario, après prise en compte de tous les autres facteurs, le risque d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles s'établissait à 0,53 chez les diplômés universitaires par rapport aux diplômés de niveau collégial, (tableau A.12, colonne 7). Cet effet se vérifiait dans tous les modèles et ne baissait légèrement que lorsqu'on tenait compte de la branche d'activité et de la profession. Cet écart entre les diplômés universitaires et les diplômés de niveau collégial était plus ténu à l'échelle du Canada, le ratio de probabilité s'établissant à 0,67 pour les premiers comparativement aux seconds (tableau B.12, colonne 8).

    L'analyse révèle qu'une fois pris en compte tous les autres facteurs, aucun domaine d'études ne semble avoir plus d'influence que les autres sur la situation de faible revenu. À l'échelle du Canada, le seul domaine d'études qui se démarquait significativement de la catégorie de référence était celui des études en récréologie, avec un ratio de probabilité de 2,39 (tableau B.12, colonne 8).

    Facteurs liés au marché du travail

    À l'échelle du Canada, dans la population possédant une formation postsecondaire comme dans l'ensemble de la population âgée de 25 à 64 ans, la profession d'un travailleur était liée à la probabilité de gagner un faible revenu. Les travailleurs des secteurs de la gestion, de l'administration des affaires, des sciences, de la santé et des sciences sociales étaient tous moins susceptibles de toucher un faible revenu que leurs homologues du secteur de la vente (la catégorie de référence) (tableau B.12, colonne 8). Ces effets restaient significatifs même lorsqu'on tenait compte d'autres caractéristiques du marché du travail. Dans le cas de l'Ontario, seuls les travailleurs des secteurs de la gestion, des sciences et de la santé risquaient nettement moins de se trouver en situation de faible revenu que ceux du secteur de la vente (tableau A.12, colonne 7).

    Dans certaines branches d'activité, la probabilité d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles était également plus basse par rapport au secteur de la santé (la catégorie de référence). Encore une fois, il se dégage certains écarts entre les résultats observés en Ontario et à l'échelle du pays. Dans les modèles complets, pour le Canada, les travailleurs du secteur primaire et des secteurs de la finance, des services professionnels, scientifiques et techniques et de l'administration publique étaient moins susceptibles que le groupe de référence (le secteur de la santé) de gagner un faible revenu (tableau A.12, colonne 8). À l'opposé, les travailleurs du secteur de l'alimentation étaient nettement plus susceptibles d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles. De même, en Ontario, le risque d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles était nettement moins élevé pour les travailleurs des secteurs de la finance, des services professionnels, scientifiques et techniques et de l'administration publique, comparativement au groupe de référence (le secteur de la santé), alors qu'il était nettement plus élevé pour les travailleurs du secteur de l'alimentation (tableau A.12, colonne 7).

    Le dernier ensemble de facteurs liés au marché du travail comprend ceux qui concernent l'activité principale, l'horaire de travail et le travail indépendant. Ces facteurs ont la plus forte incidence sur la probabilité qu'un diplômé de niveau postsecondaire (collégial ou universitaire) se situe en 2006 dans la tranche de revenu la plus faible, en Ontario comme à l'échelle du Canada.

    En Ontario, le risque d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles comparativement à la catégorie de référence (les personnes dont le travail constituait l'activité principale pendant l'année) était le plus élevé chez les étudiants (ratio de probabilité : 8,61), suivis par les retraités (ratio de probabilité : 8,12) et, enfin, par les personnes dont l'activité principale pendant l'année consistait à s'occuper d'enfants ou d'un membre de la famille (ratio de probabilité : 5,96) (tableau A.12, colonne 7). À l'échelle du Canada, le profil global était semblable chez les étudiants (ratio de probabilité : 8,63), mais les ratios de probabilité étaient plus faibles chez les retraités (ratio de probabilité : 5,33) et chez les personnes qui s'occupaient d'enfants ou d'un membre de la famille (ratio de probabilité : 4,66) (tableau B.12, colonne 8).

    Comme on pouvait s'y attendre, en Ontario comme à l'échelle du pays, les personnes qui ne travaillaient pas à temps plein toute l'année étaient aussi plusieurs fois plus susceptibles que celles qui travaillaient à temps plein toute l'année d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles. Enfin, le travail indépendant était également lié à un risque beaucoup plus élevé de toucher un faible revenu3.

    6.3 Analyse multivariée de la population active

    Le fait que le travail ne constituait pas l'activité principale pendant l'année a eu une grande valeur explicative dans les deux analyses précédentes. Afin de bien comprendre les facteurs à l'origine d'un faible revenu d'emploi, il est nécessaire d'axer l'analyse uniquement sur la population active. Le troisième et dernier ensemble d'analyses de régression logistique porte donc 1) uniquement sur les travailleurs ayant déclaré que le travail constituait leur activité principale pendant l'année; 2) sur les diplômés de niveau postsecondaire ayant déclaré que le travail constituait leur activité principale pendant l'année.

    Facteurs démographiques

    Dans l'ensemble de la population active, l'effet du sexe apparaît encore une fois comme un facteur statistiquement significatif. Il était le plus faible lorsqu'on tenait compte de l'horaire de travail; le fait que les femmes soient plus nombreuses à travailler à temps partiel expliquerait donc en partie l'effet du sexe. Ce dernier était le plus marqué lorsqu'on tenait compte du statut de travailleur indépendant, l'effet étant plus faible en Ontario que dans l'ensemble du pays. En Ontario, une fois prise en compte l'influence de tous les facteurs, les hommes risquaient nettement moins que les femmes d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 0,60; tableau A.13, colonne 6); à l'échelle du Canada, le ratio de probabilité pour les hommes était encore plus faible : 0,46 comparativement aux femmes (tableau B.13, colonne 7).

    Si l'on considère uniquement les diplômés de niveau postsecondaire au sein de la population active, l'effet du sexe reste significatif lorsqu'on tient compte des caractéristiques démographiques, de la scolarité et du domaine d'études, mais n'est plus significatif en Ontario, tant dans le modèle qui tient compte de l'effet de l'horaire de travail (tableau A.14, colonne 4) que dans le modèle final qui tient compte de tous les facteurs (tableau A.14, colonne 7). Ce n'est pas le cas à l'échelle du Canada. Les femmes risquent nettement plus que les hommes d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles dans tous les modèles, dont le modèle final qui tient compte de tous les facteurs (ratio de probabilité : 0,54 pour les hommes comparativement aux femmes; tableau B.14, colonne 7).

    L'effet de l'âge n'était plus significatif dans la population active de l'Ontario, ni dans celle des diplômés de niveau postsecondaire, aucun groupe d'âge n'étant significativement plus susceptible qu'un autre de se trouver en situation de faible revenu après prise en compte de tous les facteurs. Si l'on a observé des effets assez marqués de l'âge chez les travailleurs âgés de 60 à 64 ans dans les modèles provisoires (tableau A.14, colonnes 1 à 5), ces effets n'étaient plus significatifs après prise en compte du statut de travailleur indépendant; le risque accru des travailleurs âgés de toucher un faible revenu s'expliquerait donc, du moins en partie, par le fait qu'il s'agit de travailleurs indépendants. Ainsi, dans le modèle final de l'Ontario, aucun groupe d'âge au sein de la population active possédant une formation postsecondaire n'était plus susceptible que la catégorie de référence de toucher un faible revenu.

    Il en allait autrement dans l'ensemble du Canada, où les ratios de probabilité des travailleurs âgés de 55 à 59 ans et ceux de 60 à 64 ans se chiffraient respectivement à 1,33 et 1,60 par rapport au groupe de référence (les travailleurs de 45 à 49 ans) (tableau B.13, colonne 8). Dans le sous-groupe des diplômés de niveau postsecondaire au sein de la population active à l'échelle du pays, les travailleurs âgés de 60 à 64 ans présentaient un risque nettement plus élevé d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 2,18; tableau B.14, colonne 8).

    On observe également des écarts entre l'Ontario et l'ensemble du pays lorsqu'on tient compte du statut d'immigrant. Dans les modèles provisoires de l'ensemble de la population active de l'Ontario (tableau A.13, colonnes 1 à 5), le statut de nouvel immigrant n'avait aucun effet. Dans le modèle final, toutefois, les nouveaux immigrants (vivant au Canada depuis moins de dix ans) risquaient plus que les non-immigrants d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 2.10; tableau A.13, colonne 6). À l'échelle du Canada, le statut d'immigrant était très significatif dans le modèle de l'ensemble de la population active, avec des ratios de probabilité de 1,93 pour les nouveaux immigrants et de 1,49 pour ceux qui vivaient au Canada depuis 10 à 29 ans (tableau B.13, colonne 8). Toutefois, lorsqu'on tenait compte uniquement de la population active possédant une formation postsecondaire, l'effet du statut d'immigrant n'était plus significatif en Ontario (tableau A.14, colonne 7) ni à l'échelle du pays (tableau B.14, colonne 7).

    Parmi l'ensemble de la population active canadienne, les travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec étaient tous plus susceptibles de gagner un faible revenu que ceux de l'Ontario, alors que les travailleurs de l'Alberta en étaient nettement moins susceptibles (tableau B.13, colonne 8). Dans le cas de la population possédant une formation postsecondaire, les travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick restaient plus à risque d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles que leurs homologues de l'Ontario. Toutefois, les ratios de probabilité des travailleurs québécois et albertains possédant une formation postsecondaire n'étaient plus significativement différents de ceux des travailleurs ontariens (tableau B.14, colonne 7).

    Facteurs liés à la scolarité

    Dans l'ensemble de la population active, le niveau de scolarité avait toujours des effets marqués. À l'échelle du Canada, les personnes ayant fait au plus des études secondaires étaient plus susceptibles de gagner un faible revenu que les diplômés d'une école secondaire ou d'une école de métiers, alors que les diplômés de niveau collégial en étaient moins susceptibles et les diplômés universitaires, encore moins (tableau B.13, colonne 8). Ce n'était pourtant pas le cas en Ontario où, selon la seule constatation statistiquement significative, les diplômés universitaires risquaient beaucoup moins que les autres travailleurs d'appartenir à la catégorie des revenus les plus faibles (ratio de probabilité : 0,48; tableau A.13, colonne 6).

    L'avantage relatif des diplômés universitaires sur les diplômés de niveau collégial se vérifie également au sein de la population active possédant une formation postsecondaire. En Ontario, le ratio de probabilité des diplômés universitaires en regard des diplômés de niveau collégial était de 0,51 (tableau A.14, colonne 7); à l'échelle du Canada, il était de 0,66 (tableau B.14, colonne 7).

    Facteurs liés au marché du travail

    Enfin, et comme on pouvait s'y attendre, l'horaire de travail jouait un rôle important dans la probabilité de se trouver en situation de faible revenu. Les personnes qui ne travaillaient pas à temps plein toute l'année étant beaucoup plus susceptibles que celles qui travaillaient à temps plein toute l'année de toucher un revenu inférieur à la moitié du revenu d'emploi médian national. Les travailleurs indépendants étaient aussi plus susceptibles que les salariés de déclarer un faible revenu.


    Notes

    1. Par souci de cohérence avec les données pour le Canada publiées par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), nous avons retenu dans l'analyse les personnes ayant touché un revenu d'emploi non nul en 2006.
    2. Les modèles de l'ensemble du Canada sont légèrement différents de ceux de l'Ontario car ils comprennent une variable de contrôle des effets de la province.
    3. Les travailleurs indépendants constituent un cas particulier, leurs revenus étant traités différemment dans le régime fiscal. En effet, s'ils gagnent un revenu d'emploi non nul, ce dernier est cependant plus faible puisqu'ils en déduisent les dépenses liées à l'emploi. En général, les travailleurs salariés ne peuvent déduire ces dépenses de leur revenu d'emploi.
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