Estimation polynomiale locale pour une moyenne de petit domaine sous échantillonnage informatif
Section 1. Introduction
On a souvent besoin pour de petites
sous-populations (ou domaines) de totaux et de moyennes de population. Lorsque
l’inférence repose sur des données d’échantillon par domaine, les estimateurs
obtenus des paramètres de petit domaine (ou estimateurs directs) ne sont pas
d’une précision suffisante en raison de la petite taille d’échantillon par
domaine. Il devient donc nécessaire d’emprunter de la puissance à l’échelle des
domaines. On tire de la puissance par des estimateurs indirects (prédicteurs)
quand un modèle est exploité pour la population de petits domaines. Ce modèle
fait le lien avec les petits domaines apparentés et, par conséquent, un
estimateur indirect de petit domaine par modèle se trouve à exploiter toutes
les observations de l’échantillon national, tout comme les observations du
petit domaine considéré.
Posons que la population d’intérêt,
de
taille
consiste en
domaines non chevauchants avec
unités dans le
petit domaine
Nous prélevons d’abord un échantillon
de
domaines à l’aide d’un plan de sondage spécifié où les probabilités
d’inclusion sont
et
où
désigne la probabilité de sélection du petit
domaine
Nous tirons indépendamment des
sous-échantillons
de
tailles spécifiées
de
chaque petit domaine
en
application du plan d’échantillonnage spécifié avec des probabilités de
sélection
Les
probabilités d’inclusion sont
et
les poids d’échantillonnage,
Nous considérons les probabilités de sélection
proportionnelles à une mesure de taille,
reliée à la variable réponse
en
d’autres termes,
Nous posons que tous les petits domaines sont
échantillonnés, c’est-à-dire que
La
taille résultante est
pour l’ensemble de l’échantillon.
Le modèle de régression à erreur emboîtée
de base de la population, qui vient de Battese, Harter et Fuller (1988), est
donné par
où
est la valeur de la variable
réponse pour l’unité
dans le petit domaine
où
est le vecteur de covariables, où
est le vecteur d’effets fixes et
où
correspond aux effets aléatoires
de petit domaine indépendants des erreurs au niveau des unités
L’estimation des moyennes de
petit domaine,
est d’un intérêt premier.
Si le plan de sondage n’est pas informatif
pour le modèle, c’est-à-dire que le modèle en (1.1) tient pour l’échantillon,
il est alors possible d’obtenir des estimateurs efficaces par modèle des
moyennes de petit domaine
par
le meilleur prédicteur linéaire sans biais empirique ou EBLUP (voir Rao et
Molina, 2015, chapitre 6, pour un excellent compte rendu de cette
méthode). Dans ce cas, les modèles d’échantillon et de population coïncident,
d’où la possibilité d’appliquer (1.1) aux données d’échantillon pour estimer
Si la probabilité de sélection
est
liée à
même après conditionnement par
le
plan de sondage est informatif et le modèle en (1.1) ne tient plus pour
l’échantillon. La conséquence est que l’estimateur EBLUP, qui est fondé sur
(1.1) pour l’échantillon, risque d’être lourdement entaché d’un biais. Il est
donc nécessaire de développer des estimateurs pouvant tenir compte de la
sélection de l’échantillon et ainsi réduire le biais d’estimation. C’est
pourquoi Verret et coll. (2015) ont augmenté le modèle en (1.1) en incluant
la variable
où
est
une fonction spécifiée de la probabilité
Le modèle de ces auteurs pour l’échantillon est donné par
où
et est indépendant de
et où
Verret et coll. (2015) ont
vérifié la justesse de (1.2) après avoir ajusté le
modèle aux données d’échantillon
pour divers choix de
qui assurent le meilleur
ajustement à ces données. Ils ont avancé les quatre possibilités suivantes pour
le choix de
et
Comme leur modèle d’échantillon
est paramétrique, la théorie EBLUP peut servir à l’estimation des paramètres
d’intérêt à l’aide du modèle en (1.2).
Verret et coll.
(2015) ont montré par une simulation que l’estimateur EBLUP résultant, désigné
par
et
obtenu en (1.2), performe bien avec un plan de sondage informatif en réduisant
tant le biais que l’erreur quadratique moyenne si on le compare à l’estimateur
EBLUP,
tiré des données d’échantillon dans le modèle
non augmenté (1.1). Dans leur étude de simulation, ils ont comparé leur méthode
à celle de Pfeffermann et Sverchkov (2007). Leurs résultats font voir que
l’estimateur corrigé pour le biais de Pfeffermann et Sverchkov (2007) performe
bien avec un plan d’échantillonnage informatif pour le biais, mais que son EQM
est significativement supérieure à l’EQM correspondante de l’estimateur EBLUP
sur modèle augmenté.
Dans notre
exposé, nous ne formulons aucune hypothèse quant à la forme de la fonction
Nous intégrons plutôt les
au
modèle en (1.1) par une fonction lisse inconnue
Notre fonction lisse
n’a
pas de forme paramétrique comme celle de Verret et coll. (2015). Nous
posons que
peut être localement approximée par un
polynôme d’ordre
Pour chaque point
du petit domaine
le
polynôme correspondant s’obtient par le développement en séries de Taylor de
dans un voisinage de
Pour chaque point
dans la population, nous remplaçons
par
l’approximation paramétrique correspondante et ajustons le modèle résultant
comme dans l’ajustement paramétrique. C’est la méthode que nous qualifions de
localisation polynomiale paramétrique.
L’approximation
locale donne un modèle augmenté qui est semi-paramétrique. Opsomer, Claeskens,
Ranalli, Kauermann et Breidt (2008) ont employé de tels modèles dans des
estimations de petit domaine. Ces auteurs retiennent une technique par splines
pénalisés pour estimer la partie non paramétrique de leurs modèles. Breidt et
Opsomer (2000) et Breidt, Opsomer, Johnson et Ranalli (2007) ont utilisé la
technique polynomiale locale dans la théorie de l’échantillonnage d’enquête
pour élaborer des estimateurs par modèle. De tels estimateurs font appel à des
modèles non paramétriques sans effets aléatoires. Autant que nous sachions, on
n’a guère étudié jusqu’à présent tout ce qui est estimation de moyenne de petit
domaine
par
une technique de localisation polynomiale assortie de modèles semi-paramétriques.
Voici comment
nous avons structuré notre propos. À la section 2, nous examinons deux
méthodes donnant des estimateurs tenant compte de la sélection de l’échantillon,
lesquelles ont été conçues par Pfeffermann et Sverchkov (2007) et Verret et coll.
(2015). À la section 3, nous exposons une procédure en trois étapes
permettant d’estimer le modèle augmenté semi-paramétrique qui est proposé et la
moyenne de petit domaine
par
voie d’approximation polynomiale locale. Nous désignons par
l’estimateur ainsi obtenu de moyenne de petit
domaine. L’erreur quadratique moyenne (EQM) de
est
estimée à la section 4 par une méthode bootstrap conditionnelle
paramétrique. Nous employons aussi cette méthode pour estimer l’EQM des
estimateurs EBLUP sur modèle augmenté (1.2). À la section 5, nous faisons
une étude de simulation dans le cadre plan-modèle (ou
pour comparer le biais et l’EQM du nouvel
estimateur
à
ceux de l’estimateur EBLUP ainsi qu’aux deux estimateurs examinés dans Verret
et coll. (2015). Nous étudions également avec quelle efficacité la méthode
bootstrap conditionnelle estime l’EQM du polynôme local proposé et des estimateurs
EBLUP dans Verret et coll. (2015). Nous évaluons le rendement de ces
estimateurs en biais relatif moyen et en intervalle de confiance moyen. Nous
livrons nos observations en conclusion à la section 6.
ISSN : 1712-5685
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Ottawa