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Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique
Victimisation criminelle et santé : Un profil de la victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité ou un autre problème de santé
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Les personnes ayant une limitation d'activité affichent des taux plus élevés de victimisation avec violence
La Convention relative aux droits des personnes handicapées de l'ONU reconnaît que les personnes handicapées ont un risque accru de victimisation criminelle. Plusieurs études sont également arrivées à cette conclusion (Petersilia, 2009; OVC, 2009 et 2002; Dube, 2007; Cantos, 2006; Teplin et autres, 2005; Santé Canada, 2004; Reid, 2004; Sorensen, 2002; Rioux et autres, 1997; Statistique Canada, 2001). [Texte intégral]
Facteurs qui augmentent le risque de victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité
La recherche a permis de cerner plusieurs facteurs contribuant à un risque accru de victimisation criminelle chez les personnes handicapées. D'une part, une plus faible capacité de se défendre ainsi qu'une plus grande vulnérabilité et dépendance peuvent faire d'elles des cibles plus faciles pour des agresseurs potentiels (Baylor College of Medicine, 2009; Dube, 2007; Cohen et autres, 2006; Reid, 2004; Santé Canada, 2004; Nosek et autres, 2001; Marley et Buila, 2001; Pain, 1997). [Texte intégral]
Caractéristiques des incidents et des agresseurs
Il demeure difficile d'évaluer à quel point ces taux de victimisation plus élevés sont attribuables à la vulnérabilité en raison d'une incapacité. L'analyse des caractéristiques des incidents et des agresseurs est tout de même révélatrice à cet égard. [Texte intégral]
Les personnes ayant une limitation d'activité moins satisfaites de l'intervention policière
La littérature porte à penser que plusieurs facteurs augmenteraient la vulnérabilité des personnes handicapées face au crime, notamment le fait qu'elles seraient moins susceptibles de signaler à la police les incidents dont elles sont victimes. Parmi les explications avancées dans ces études, les personnes handicapées pourraient craindre de perdre leur sécurité financière, leur logement ou la prestation de soins lorsque l'agresseur en question est une personne connue de la victime. [Texte intégral]
Les personnes ayant une limitation d'activité courent un plus grand risque de victimisation multiple
La recherche indique que les personnes handicapées sont plus susceptibles de subir de la victimisation multiple (Petersilia, 2009; OVC, 2009; Marley et Buila, 2001). C'est aussi ce qui a été observé en 2004. [Texte intégral]
Les personnes ayant une limitation d'activité victimes de violence conjugale
Tel qu'il a déjà été mentionné, la plus grande vulnérabilité et dépendance des personnes handicapées accroissent le risque qu'elles soient victimes de violence de la part d'une personne de leur entourage. Pour les mêmes raisons, il y a aussi des risques plus élevés que les personnes handicapées subissent de la violence conjugale (Brownridge, 2006; Cohen et autres, 2006; Hassouneh-Phillips et McNeff, 2005; Santé Canada, 2004 et 1993; OVC, 2002; Curry et autres, 2001; Nosek et autres, 2001). [Texte intégral]
Les crimes motivés par la haine et la discrimination envers les personnes ayant une limitation d'activité
Selon le Code criminel, un crime commis à l'endroit d'une personne handicapée peut être considéré comme motivé par la haine, si tel est le motif principal de l'agresseur. Les crimes motivés par la haine envers les personnes handicapées demeurent néanmoins peu fréquents. En 2006, les services de police canadiens participants n'ont déclaré que deux crimes violents motivés par la haine envers les personnes ayant une incapacité (Dauvergne et autres, 2007). [Texte intégral]
Le harcèlement criminel envers les personnes ayant une limitation d'activité
Selon les données de l'Enquête sociale générale (l'ESG), une proportion importante de personnes ayant une limitation d'activité ont également déclaré avoir été victimes de harcèlement criminel au cours des cinq années précédentes, soit 12 % des personnes ayant une limitation, comparativement à 9 % des personnes sans limitation. Ces résultats sont cohérents avec ce qui avait été observé par Kelly et McKenna (1997). [Texte intégral]
Les personnes ayant une limitation d'activité et le sentiment de sécurité
Le fait que les personnes aux prises avec une limitation d'activité soient plus vulnérables et qu'elles présentent de plus forts taux de victimisation peut affecter leur sentiment de sécurité ainsi que leurs perceptions quant au niveau de criminalité. Demaris et Kaukinen (2005) et Pain (1997) ont également soulevé le fait que la discrimination et le harcèlement pouvaient contribuer à un plus grand sentiment d'insécurité. [Texte intégral]
Les personnes ayant une limitation d'activité font une évaluation peu favorable du système de justice pénale
Plusieurs études avancent que les personnes handicapées pourraient à l'occasion faire face à des préjugés et stéréotypes négatifs de la part de certains intervenants du système de justice (Petersilia, 2009; OVC, 2009 et 2002; Cantos, 2006; Reid, 2004; Santé Canada, 2004 et 1993; Sorensen, 2002; Rioux et autres, 1997). On a aussi déjà vu que les personnes ayant une limitation d'activité, lorsqu'elles sont victimes d'un crime et font appel à la police, sont plus susceptibles d'être insatisfaites de l'intervention policière. [Texte intégral]
Autres aspects de la santé et leurs liens avec la victimisation
D'autres aspects de la santé sont également liés à des taux de victimisation avec violence plus élevés. Notamment, les auteurs McNutt et autres (2002) ont noté que la violence conjugale était associée à de mauvaises habitudes alimentaires, à l'usage de la cigarette et à la consommation excessive d'alcool. [Texte intégral]
Conclusion
L'analyse des données de l'ESG vient confirmer ce que plusieurs autres études avaient déjà relevé : les personnes ayant une limitation d'activité présentent des taux de victimisation avec violence plus élevés que les personnes sans limitation. [Texte intégral]
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