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Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique
Victimisation criminelle et santé : Un profil de la victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité ou un autre problème de santé
Autres aspects de la santé et leurs liens avec la victimisation
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D'autres aspects de la santé sont également liés à des taux de victimisation avec violence plus élevés. Notamment, les auteurs McNutt et autres (2002) ont noté que la violence conjugale était associée à de mauvaises habitudes alimentaires, à l'usage de la cigarette et à la consommation excessive d'alcool. Toujours selon eux, les femmes victimes de violence conjugale étaient aussi, selon la gravité de la violence, de 26 % à 75 % plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé.
Selon ce qui a été observé en 2004, les personnes ayant déclaré avoir un état de santé1 mauvais ou moyen ont aussi affiché des taux de victimisation avec violence environ 40 % plus élevés, mais de 75 % à 110 % plus élevés lorsque l'on tient compte de l'âge (graphique 3). Il importe toutefois de noter qu'un état de santé mauvais ou moyen n'était pas lié à des taux de victimisation accrus chez les personnes aux prises avec une limitation d'activité, celles-ci ayant affiché des taux de victimisation similaires, peu importe leur état de santé.
Il demeure cependant difficile de savoir à quel point les problèmes de santé précèdent ou suivent la violence. D'un côté, un mauvais état de santé peut accroître la vulnérabilité d'une personne, comme il peut aussi être la conséquence d'un style ou d'un milieu de vie qui, en plus d'augmenter les risques de problèmes de santé, accroît également les risques de victimisation (Lehrer et autres, 2006). D'un autre côté, la victimisation peut aussi être la source de stress et d'anxiété qui favorisera le développement de problèmes de santé (Alasker et autres, 2006; Demaris et Kaukinen, 2005; Brokaw et autres, 2002; Lown et Vega, 2001).
Un mauvais état de santé n'est pas seulement associé à des taux de victimisation plus élevés. Tel que Moore et Shepherd (2007) l'ont relevé, on a aussi observé des niveaux de crainte plus élevés chez les personnes ayant déclaré un mauvais état de santé. Ainsi, 32 % d'entre elles ont dit être inquiètes lorsqu'elles sont seules à la maison la nuit tombée, 20 % demeuraient chez elles le soir parce qu'elles ne se sentent pas en sécurité à l'extérieur et 14 % se sont dites insatisfaites par rapport à leur sécurité personnelle en général. Chez les personnes qui ont déclaré un excellent état de santé, les proportions s'établissaient à 16 %, 6 % et 4 % respectivement.
Enfin, parmi les autres facteurs de santé visés par l'Enquête sociale générale (l'ESG) et pour lesquels on a observé une influence sur les taux de victimisation avec violence, on trouve les personnes éprouvant des problèmes de sommeil (taux de 190 pour 1 000, par rapport à un taux de 86 pour 1 000 chez les personnes n'éprouvant pas de problèmes de sommeil), les personnes ayant déclaré faire l'usage de calmants (179 par rapport à 102) et les personnes ayant mentionné faire l'usage d'antidépresseurs (192 par rapport à 102)2.
Notes
- L'état de santé est fourni par la réponse à la question « De façon générale, diriez-vous que votre santé est excellente, très bonne, bonne, moyenne ou mauvaise? ». Dans le graphique 2, « bonne santé » comprend les personnes ayant répondu « excellente », « très bonne » et « bonne ». Les personnes ayant une limitation d'activité ont également été exclues.
- Les personnes ayant déclaré avoir fait une dépression ou une crise d'anxiété à la suite d'un incident de victimisation ont été exclues du compte des personnes faisant l'usage d'antidépresseurs.
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