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Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique
Victimisation criminelle et santé : Un profil de la victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité ou un autre problème de santé
Facteurs qui augmentent le risque de victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité
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La recherche a permis de cerner plusieurs facteurs contribuant à un risque accru de victimisation criminelle chez les personnes handicapées. D'une part, une plus faible capacité de se défendre ainsi qu'une plus grande vulnérabilité et dépendance peuvent faire d'elles des cibles plus faciles pour des agresseurs potentiels (Baylor College of Medicine, 2009; Dube, 2007; Cohen et autres, 2006; Reid, 2004; Santé Canada, 2004; Nosek et autres, 2001; Marley et Buila, 2001; Pain, 1997). Mais aussi, certains facteurs et caractéristiques associés à un risque accru de victimisation sont plus présents chez les personnes ayant une limitation d'activité (Baylor College of Medicine, 2009; Brownridge, 2006; Cohen et autres, 2006; Rioux et autres, 1997). Ainsi, on retrouve chez les personnes ayant une incapacité un taux de chômage plus élevé et un revenu familial annuel médian plus faible (19 199 $ par rapport à 27 496 $)1, de même qu'une plus grande fréquence de la dépression2 (13 % par rapport à 4 % des personnes sans limitation ont déclarer pendre des médicaments pour traiter une dépression).
En 2004, les personnes ayant déclaré prendre des médicaments pour traiter une dépression ont affiché un taux de victimisation avec violence presque deux fois plus élevé que le taux enregistré par les personnes non dépressives (192 par rapport à 102). De même, les personnes dont le revenu du ménage annuel était inférieur à 15 000 $ ont affiché un taux de 156 comparativement à 106 pour l'ensemble de la population. Ce taux grimpe toutefois pour s'établir à 242 chez les personnes ayant une limitation d'activité et un revenu du ménage inférieur à 15 000 $, ce qui donne à penser qu'un faible revenu du ménage pourrait avoir un impact plus important pour ce segment de la population.
Lorsque l'on tient compte de tous ces facteurs, en plus d'autres facteurs de risques3 au moyen d'une analyse multivariée faisant appel à la régression logistique, deux aspects ressortent particulièrement.
D'une part, bien que l'âge soit le facteur de risque le plus important pour l'ensemble de la population, son influence est encore plus marquée chez les personnes handicapées. En effet, les personnes ayant une limitation d'activité âgées de 15 à 24 ans couraient 11 fois plus de risques d'être victimes d'un crime violent que leurs homologues âgées de 55 ans et plus. En comparaison, les personnes sans limitation se trouvant dans le même groupe d'âge étaient 5 fois plus à risque que les 55 ans et plus (voir annexe 1).
D'autre part, il demeure que, même lorsque l'on tient compte des facteurs de risque, les personnes ayant une limitation d'activité avaient tout de même un risque d'être victimes d'un crime violent qui est de 89 % plus élevé que les personnes sans limitation.
Notes
- Selon les données de l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités menée en 2006. Pour obtenir plus de renseignements sur la situation des personnes ayant une incapacité, consulter Statistique Canada, 2006.
- D'après les données de l'Enquête sociale générale réalisée en 2004. La dépression a été déterminée en fonction de la réponse à la question « Au cours du dernier mois, avez-vous utilisé des médicaments pour vous aider à sortir d'une dépression? ». Afin de tenir compte des conséquences de la victimisation, les personnes qui ont dit avoir fait « une dépression ou une crise d'anxiété » à la suite d'un incident de victimisation n'ont pas été comptées parmi les personnes étant en dépression. La dépression peut également être considérée comme une limitation d'activité.
- Les facteurs de risque sont ceux établis dans Gannon et Mihorean (2005), c'est-à-dire l'âge, le sexe, l'état matrimonial, le revenu du ménage, la profession et le nombre d'activités en soirée. Les limitations d'activités étant plus fréquentes chez les Autochtones et moins fréquentes au Québec, ces deux facteurs ont également été inclus.
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