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    Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique

    Victimisation criminelle et santé : Un profil de la victimisation chez les personnes ayant une limitation d'activité ou un autre problème de santé

    Les personnes ayant une limitation d'activité victimes de violence conjugale

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    Tel qu'il a déjà été mentionné, la plus grande vulnérabilité et dépendance des personnes handicapées accroissent le risque qu'elles soient victimes de violence de la part d'une personne de leur entourage. Pour les mêmes raisons, il y a aussi des risques plus élevés que les personnes handicapées subissent de la violence conjugale (Brownridge, 2006; Cohen et autres, 2006; Hassouneh-Phillips et McNeff, 2005; Santé Canada, 2004 et 1993; OVC, 2002; Curry et autres, 2001; Nosek et autres, 2001). Les personnes handicapées ont déclaré avoir subi de la violence de la part de leur conjoint(e) dans une proportion environ 50 % à 100 % plus élevée que les personnes sans limitation (graphique 2).

    Graphique 2  Proportion des personnes ayant subi de la violence de la part de leur conjoint(e) Graphique 2 Proportion des personnes ayant subi de la violence de la part de leur conjoint(e)

    En outre, comme l'a noté Brownridge (2006), les personnes handicapées étaient plus susceptibles de subir les formes les plus graves de violence conjugale. En effet, les données de l'Enquête sociale générale (l'ESG) indiquent que les personnes ayant une limitation d'activité étaient deux à trois fois plus susceptibles d'avoir été frappées avec un objet, battues, étranglées ou vu leur conjoint(e) utiliser ou menacer d'utiliser un fusil ou un couteau à leur égard.

    La plupart des études antérieures qui ont porté sur le sujet ont révélé que les personnes handicapées victimes de violence conjugale étaient moins susceptibles de signaler l'incident à la police, notamment parce qu'elles peuvent dépendre de leur conjoint(e) sur le plan financier, pour une aide physique ou médicale, ou encore, pour la garde des enfants (Santé Canada, 2004 et 1993; Curry et autres, 2001). De plus, les personnes handicapées seraient moins susceptibles d'avoir recours à des services d'aide, souvent pour des raisons d'accessibilité (OVC, 2009; Cantos, 2006; Reid, 2004; Santé Canada, 2004 et 1993).

    Par contre, à l'instar de ce qui a été observé pour les crimes violents, 36 % des cas de violence conjugale dont la victime avait une limitation d'activité ont été signalés à la police, comparativement à 25 % des cas impliquant des personnes sans limitation.

    Quant au recours à des services d'aide, s'il est vrai que les personnes handicapées peuvent faire face à certains problèmes d'accessibilité — entre autres, seulement 24 % des services ayant répondu à l'Enquête sur les services aux victimes de 2006 ont déclaré être en mesure de fournir des services à des personnes ayant une incapacité —, 45 % des victimes ayant une limitation d'activité ont néanmoins eu recours à un service d'aide, comparativement à 32 % des victimes sans limitation.

    Cependant, comme il a été mentionné plus haut, les personnes handicapées étaient plus susceptibles de subir les formes les plus graves de violence conjugale. En outre, parmi les personnes ayant subi de la violence conjugale, une plus grande proportion de victimes handicapées ont déclaré avoir été blessées (39 % par rapport à 30 % des victimes sans limitation), avoir nécessité des soins médicaux (14 % par rapport à 7 %), avoir dû prendre congé de leurs activités quotidiennes (31 % par rapport à 18 %), ou encore, avoir craint pour leur vie (32 % par rapport à 21 %) en raison de la violence conjugale.

    Par ailleurs, 12 % des victimes de violence conjugale ayant une limitation d'activité ont jugé que l'incident n'était pas assez important pour être signalé à la police ou pour recourir à des services d'aide. En revanche, 27 % des victimes sans limitation n'ont pas avisé la police parce qu'elles jugeaient que l'incident n'était pas assez grave et 18 % n'ont pas eu recours à des services d'aide pour cette même raison.

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