Section 7 Formation continue en milieu de travail

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7.1 Caractéristiques des milieux de travail qui appuient la formation continue

Il a été établi que la capacité et la volonté des adultes de poursuivre un apprentissage tout au long de leur vie est un élément essentiel de l'avenir économique du Canada. La nécessité d'acquérir de nouvelles compétences a eu une incidence profonde sur les emplois dans la plupart, sinon la totalité, des branches d'activité et des professions. La tradition veut que les « nouveaux » travailleurs, jeunes adultes et immigrants, qui font leur entrée dans la population active apportent avec eux bon nombre de ces nouvelles compétences. Les tendances démographiques nous indiquent cependant que de plus petites cohortes de jeunes travailleurs se joindront à la population active et qu'au fur et à mesure que les travailleurs vieillissent, la possibilité de connaître des pénuries de main-d'œuvre qualifiée augmente. On estime généralement que le « relèvement » des compétences des travailleurs déjà dans la population active constitue une importante mesure pour faire face à cette situation (Peters 2004).

Les renseignements contenus dans la présente section sont tirés de l'Enquête sur le milieu de travail et les employés (EMTE) de Statistique Canada. L'EMTE représente une riche source de renseignements liés sur les milieux de travail et leurs employés. Cette enquête comprend deux volets : (1) une enquête auprès des établissements sur l'adoption de technologies, le changement organisationnel, la formation et d'autres pratiques de gestion des ressources humaines, les stratégies d'entreprise et le roulement du personnel dans les emplacements et (2) une enquête auprès des employés dans ces mêmes emplacements portant sur les salaires, les heures de travail, le type d'emploi, le capital humain, l'utilisation de technologies et la formation (l'annexe 1 présente un aperçu général de cette enquête).

Il convient de noter que les renseignements fournis dans la présente section ne sont disponibles qu'à l'échelle nationale et pour les provinces de Québec et d'Ontario. Étant donné la taille de l'échantillon, les données des provinces de l'Atlantique et de l'Ouest ont été regroupées.

7.1 Caractéristiques des milieux de travail qui appuient la formation continue

Il est généralement reconnu qu'afin de participer pleinement au processus menant à l'innovation dans une entreprise, les travailleurs doivent non seulement posséder des connaissances de base solides par l'entremise du système d'éducation, mais aussi avoir la possibilité d'acquérir une formation sur le marché du travail (Turcotte et coll. 2003).

Reconnaissant le besoin d'apprentissage permanent, les employeurs encouragent et appuient souvent la formation continue, en particulier dans les professions du domaine de la santé où les cadres de réglementation exigent une actualisation fréquente des compétences ou le relèvement de celles-ci.

Les résultats de l'EMTE montrent qu'en 2003, environ six emplacements sur dix (58 %) dans le secteur canadien des soins de santé et de l'assistance sociale ont appuyé la formation en classe ou en cours d'emploi offerte à leurs employés, soit environ le même pourcentage que dans les autres secteurs d'activité (56 %)9. Le soutien des emplacements du secteur des soins de santé et de l'assistance sociale à ces activités de formation était à peu près le même dans toutes les provinces, allant de 55 % dans les provinces de l'Atlantique à environ 60 % au Québec (60 %), en Ontario (57 %) et dans les provinces de l'Ouest (59 %). L'écart entre le soutien offert par les emplacements du secteur des soins de santé et de l'assistance sociale et les autres secteurs d'activité était cependant plus grand au Québec que dans les autres provinces (60 % contre 49 %) (tableaux 7.1.1 à 7.1.5).

Il n'est pas étonnant de constater que les emplacements ayant lancé des innovations10 entre avril 2002 et mars 2003 étaient plus susceptibles que les autres d'appuyer des activités de formation. Alors qu'environ les trois quarts (76 %) des emplacements novateurs dans le secteur canadien des soins de santé et de l'assistance sociale ont appuyé les activités de formation offertes à leurs employés en 2003, c'était le cas d'un peu moins de 50 % de ceux qui n'ont pas innové dans ce secteur d'activité. À l'échelle provinciale, le soutien à la formation en classe ou en cours d'emploi était aussi plus élevé dans les emplacements novateurs de ce secteur d'activité (66 % contre 49 % dans les provinces de l'Atlantique, 72 % contre 57 % au Québec, 77 % contre 42 % en Ontario et 80 % contre 50 % dans les provinces de l'Ouest) (tableaux 7.1.1 à 7.1.5).

Les emplacements de travail peuvent soutenir la formation en classe ou en cours d'emploi. Comme le montre le tableau 7.1.1, environ 44 % des emplacements du secteur canadien des soins de santé et de l'assistance sociale ont déclaré soutenir la formation en classe en 2003, tandis qu'environ la moitié (48 %) ont déclaré offrir la formation en cours d'emploi. Par comparaison, environ le tiers (32 %) des emplacements d'autres secteurs d'activité ont déclaré soutenir la formation en classe et environ la moitié (48 %), des activités de formation non officielle.

Dans les provinces, tout comme à l'échelle nationale, le soutien à la formation en classe était plus élevé dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale qu'ailleurs (43 % contre 28 % dans les provinces de l'Atlantique, 55 % contre 33 % au Québec, 40 % contre 32 % en Ontario et 38 % contre 34 % dans les provinces de l'Ouest) (tableaux 7.1.2 à 7.1.5 et graphique 7.1). Dans le cas de la formation en cours d'emploi en Ontario et dans les provinces de l'Ouest, le soutien des emplacements du secteur des soins de santé et de l'assistance sociale était à peu près égal à celui des autres secteurs d'activité. Au Québec, le soutien à ce type de formation était d'environ 10 points de pourcentage plus élevé dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale que dans les autres secteurs d'activité (environ 46 % contre 35 %). La situation était inversée dans les provinces de l'Atlantique, où environ 36 % des emplacements du secteur des soins de santé et de l'assistance sociale soutenaient les activités de formation en cours d'emploi, contre environ 48 % de ceux des autres secteurs d'activité (tableaux 7.2.1 à 7.1.5).

Graphique 7.1
Le soutien à la formation en classe était plus élevé dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale que dans les autres secteurs

Le tableau 7.1.1 montre que la proportion d'emplacements qui soutiennent la formation augmente avec le nombre d'employés par établissement, tant pour la formation en classe que pour la formation en cours d'emploi. Toutefois, l'écart entre les petits et les grands emplacements est plus faible dans le cas de la formation en cours d'emploi que dans celui de la formation en classe, et ce, indépendamment du secteur d'activité et de la province (tableaux 7.1.1 à 7.1.5).