Regards sur la société canadienne
Droits de douane des États-Unis et tendances du marché du travail canadien
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La présente étude, fondée sur les données de l’Enquête sur la population active et de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, traite des répercussions de l’incertitude commerciale liée aux droits de douane sur le marché du travail canadien. On y examine notamment les caractéristiques des emplois et des travailleurs les plus vulnérables aux droits de douane des États-Unis, de même que les répercussions de ces droits de douane sur l’emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes, ainsi que dans les régions canadiennes comptant une plus grande proportion d’emplois dans ces industries.
- En 2024, une plus grande proportion de personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations étaient titulaires d’un diplôme d’études secondaires ou avaient atteint un niveau de scolarité inférieur (29,4 %), comparativement aux personnes travaillant dans les autres industries (22,5 %).
- Les emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine sont plus susceptibles d’être des postes permanents à temps plein offrant des salaires supérieurs à la moyenne. En 2024, les personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine ont gagné, en moyenne, 5,9 % de plus par heure (37,08 $) que celles travaillant dans les autres industries (35,00 $).
- Au deuxième trimestre de 2025, l’emploi salarié dans les industries dépendantes de la demande américaine a régressé (-1,9 %) par rapport au même trimestre en 2024, tandis que l’emploi dans l’ensemble des autres industries a progressé (+0,5 %), soutenu par la croissance de l’emploi dans les soins de santé et l’assistance sociale.
- Parmi toutes les régions économiques, les répercussions des perturbations commerciales avec les États-Unis sur le marché du travail sont les plus évidentes dans la région de Windsor–Sarnia, où le taux de chômage a atteint 10,0 % au troisième trimestre de 2025. Il s’agit d’une augmentation de 1,7 point de pourcentage d’une année à l’autre.
- Au cours de la dernière année, le taux de chômage au Canada a généralement augmenté, tandis qu’il a été stable aux États-Unis. Par conséquent, l’écart entre les taux de chômage dans les deux pays s’est creusé. En août 2025, le taux de chômage au Canada (ajusté selon les concepts américains) s’établissait à 6,0 %, ce qui représente 1,7 point de pourcentage de plus que le taux observé aux États-Unis (4,3 %).
Introduction
Le Canada et les États-Unis partagent une relation commerciale étroite et unique qui contribue à des millions d’emplois dans les deux pays. Au début de 2025, des plans pour de nouveaux droits de douane sur les exportations canadiennes vers les États-Unis ont été annoncésNote 1, ce qui a entraîné une incertitude accrue sur le marché du travail canadien.
En 2024, au Canada, environ 1,9 million de personnes, représentant 9,3 % de l’emploi total, travaillaient dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennesNote 2. Les personnes travaillant dans ces industries pourraient ressentir plus rapidement les effets de tout changement dans la demande américaine.
Le présent article traite des caractéristiques des travailleurs qui sont les plus exposés aux droits de douane américains, ainsi que des répercussions dans les régions canadiennes comptant une plus grande proportion d’emplois dans ces industries. En outre, on y compare les tendances récentes du marché du travail canadien par rapport à celles du marché du travail américain.
Les emplois dans les industries productrices de biens sont les plus à risque
Les emplois dépendants de la demande américaine pour les exportations canadiennes sont concentrés dans les industries productrices de biens. Celles-ci comprennent les industries des ressources naturelles, telles que l’extraction de pétrole et de gaz, dans lesquelles on estime que près des trois quarts (73,1 %) des emplois dépendent du commerce transfrontalier. La plupart des industries manufacturières sont également vulnérables. Par exemple, dans la fabrication de matériel de transport, 62,5 % des emplois sont liés aux exportations américaines.
Peu d’industries productrices de services dépendent des exportations vers les États-Unis. Les industries du film et de l’enregistrement sonore sont une exception notable. En effet, on estime que la moitié (51,6 %) des emplois dans ces industries dépendent du commerce transfrontalier.
Les hommes représentent les trois quarts des personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations
Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de travailler dans les industries productrices de biens et sont, par conséquent, plus vulnérables aux répercussions économiques négatives liées aux droits de douaneNote 3.
En effet, les hommes représentaient environ les trois quarts (74,3 %, ou 1,4 million) des 1,9 million de personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportationsNote 4. La proportion d’hommes dans ces emplois est restée pratiquement inchangée au cours des trois décennies de 1994 à 2024.
En général, les femmes sont plus susceptibles de travailler dans les industries productrices de services, qui dépendent moins de la demande américaine pour les exportations. Les femmes représentaient le quart restant (25,7 %, ou environ 500 000 personnes) de l’ensemble des personnes travaillant dans les industries dépendantes des États-Unis.
Dans tous les principaux groupes d’âge, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de travailler dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes (graphique 1).

Tableau de données du graphique 1
| Groupe d’âge | Hommes+ | Femmes+ |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023. La catégorie « hommes+ » comprend les hommes de même que certaines personnes non binaires, tandis que la catégorie « femmes+ » comprend les femmes de même que certaines personnes non binaires.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. |
||
| 7,2 | 2,9 | |
| 13,7 | 5,1 | |
| 14,9 | 6,3 | |
Les types d’emplois varient selon le genre : les hommes sont plus susceptibles de conduire des camions et de travailler dans les métiers, tandis que les femmes occupent plus souvent des emplois professionnels
Les types d’emplois occupés par les femmes et les hommes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations sont généralement différents. Par exemple, en 2024, plus du tiers (36,1 %) des hommes travaillaient dans les domaines des métiers, du transport et de la machinerie, et dans des domaines apparentés. Ils étaient notamment conducteurs de camion, travailleurs des métiers techniques et ouvriers. En comparaison, 6,6 % des femmes faisaient partie de ce groupe professionnel.
Au cours de la même période, les femmes exerçaient plus couramment des professions liées aux affaires, à la finance et à l’administration (32,8 % des femmes par rapport à 8,5 % des hommes) au sein des industries dépendantes de la demande américaine. Elles étaient notamment des professionnelles en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises, et occupaient des postes dans les domaines liés à la finance et à l’administration.
Moins de personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations ont terminé des études postsecondaires
En 2024, plus de 4 personnes sur 10 (42,0 %) travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations avaient terminé des études postsecondaires de niveau inférieur au baccalauréat et avaient obtenu, par exemple, un certificat d’une école de métiers ou un diplôme d’études collégiales. Cette proportion était semblable à celle observée chez les personnes travaillant dans les autres industries (39,3 %).
En revanche, une plus grande proportion de personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations avaient obtenu un diplôme d’études secondaires ou atteint un niveau de scolarité inférieur (29,4 %), comparativement aux personnes travaillant dans les autres industries (22,5 %). Cette constatation semble indiquer que les emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations peuvent être plus accessibles aux personnes n’ayant pas fait d’études postsecondaires (graphique 2).

Tableau de données du graphique 2
| Plus haut niveau de scolarité atteint | Industries dépendantes de la demande américaine | Autres industries |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Note : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. |
||
| Diplôme d’études secondaires ou niveau de scolarité inférieur | 29,4 | 22,5 |
| Études postsecondaires, certificat d'une école de métiers, diplôme d'études collégiales ou certificat inférieur au baccalauréat | 42,0 | 39,3 |
| Baccalauréat ou grade supérieur | 28,6 | 38,2 |
En outre, 28,6 % des personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations étaient titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur. Cette proportion était inférieure à la proportion correspondante observée chez les personnes travaillant dans les autres industries (38,2 %).
Le niveau de scolarité des personnes travaillant dans les deux groupes d’industries a considérablement augmenté au fil du tempsNote 5. De 1994 à 2024, la proportion de personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations qui étaient titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur est passée de 10,3 % à 28,6 %. La proportion correspondante observée dans l’ensemble des autres industries a également augmenté au cours de la même période pour passer de 18,9 % à 38,2 % (graphique 3 et graphique 4).

Tableau de données du graphique 3
| Année | Diplôme d’études secondaires ou niveau de scolarité inférieur | Études postsecondaires, certificat d'une école de métiers, diplôme d'études collégiales ou certificat inférieur au baccalauréat | Baccalauréat ou grade supérieur |
|---|---|---|---|
| pourcentage | |||
| Note : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 1994 à 2024. |
|||
| 1994 | 54,6 | 35,1 | 10,3 |
| 1995 | 52,4 | 37,1 | 10,5 |
| 1996 | 51,4 | 37,9 | 10,7 |
| 1997 | 49,8 | 39,4 | 10,8 |
| 1998 | 48,1 | 40,3 | 11,6 |
| 1999 | 48,1 | 40,0 | 11,8 |
| 2000 | 47,3 | 39,5 | 13,2 |
| 2001 | 45,7 | 40,9 | 13,5 |
| 2002 | 45,5 | 40,7 | 13,8 |
| 2003 | 43,8 | 42,1 | 14,0 |
| 2004 | 43,2 | 43,1 | 13,7 |
| 2005 | 43,1 | 41,6 | 15,4 |
| 2006 | 42,5 | 41,5 | 16,0 |
| 2007 | 40,6 | 42,5 | 16,9 |
| 2008 | 40,2 | 42,9 | 16,9 |
| 2009 | 39,9 | 41,8 | 18,3 |
| 2010 | 38,3 | 43,7 | 18,1 |
| 2011 | 39,4 | 42,6 | 18,0 |
| 2012 | 38,9 | 42,6 | 18,5 |
| 2013 | 38,3 | 42,2 | 19,5 |
| 2014 | 37,9 | 43,6 | 18,4 |
| 2015 | 37,6 | 42,8 | 19,5 |
| 2016 | 36,4 | 42,8 | 20,9 |
| 2017 | 36,3 | 42,4 | 21,3 |
| 2018 | 35,1 | 42,5 | 22,4 |
| 2019 | 34,4 | 43,0 | 22,6 |
| 2020 | 33,7 | 42,3 | 24,1 |
| 2021 | 32,8 | 41,8 | 25,4 |
| 2022 | 32,8 | 41,5 | 25,7 |
| 2023 | 32,5 | 40,9 | 26,6 |
| 2024 | 29,4 | 42,0 | 28,6 |

Tableau de données du graphique 4
| Année | Diplôme d’études secondaires ou niveau de scolarité inférieur | Études postsecondaires, certificat d'une école de métiers, diplôme d'études collégiales ou certificat inférieur au baccalauréat | Baccalauréat ou grade supérieur |
|---|---|---|---|
| pourcentage | |||
| Note : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 1994 à 2024. |
|||
| 1994 | 41,5 | 39,6 | 18,9 |
| 1995 | 40,1 | 40,7 | 19,2 |
| 1996 | 39,4 | 41,2 | 19,3 |
| 1997 | 37,1 | 43,0 | 19,9 |
| 1998 | 36,8 | 43,1 | 20,0 |
| 1999 | 36,8 | 42,8 | 20,5 |
| 2000 | 36,4 | 42,8 | 20,9 |
| 2001 | 35,3 | 43,3 | 21,4 |
| 2002 | 34,9 | 43,6 | 21,5 |
| 2003 | 33,7 | 44,3 | 22,0 |
| 2004 | 33,5 | 44,2 | 22,3 |
| 2005 | 33,3 | 43,4 | 23,2 |
| 2006 | 33,2 | 42,9 | 23,9 |
| 2007 | 32,5 | 43,3 | 24,2 |
| 2008 | 31,9 | 43,6 | 24,5 |
| 2009 | 31,0 | 43,7 | 25,3 |
| 2010 | 30,2 | 43,7 | 26,1 |
| 2011 | 29,7 | 43,8 | 26,5 |
| 2012 | 29,4 | 43,2 | 27,4 |
| 2013 | 29,3 | 42,8 | 27,9 |
| 2014 | 29,2 | 42,4 | 28,4 |
| 2015 | 28,0 | 42,4 | 29,6 |
| 2016 | 27,4 | 42,2 | 30,5 |
| 2017 | 27,3 | 41,8 | 30,9 |
| 2018 | 26,4 | 42,2 | 31,4 |
| 2019 | 25,4 | 41,9 | 32,7 |
| 2020 | 24,1 | 41,0 | 35,0 |
| 2021 | 23,8 | 40,3 | 35,9 |
| 2022 | 24,1 | 40,1 | 35,8 |
| 2023 | 23,6 | 40,2 | 36,2 |
| 2024 | 22,5 | 39,3 | 38,2 |
Les emplois les plus exposés au commerce avec les États-Unis sont davantage susceptibles d’être des postes permanents à temps plein offrant des salaires supérieurs à la moyenne
Les emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine offrent des salaires supérieurs à la moyenne et sont plus susceptibles d’avoir d’autres caractéristiques d’emploi favorables, telles que la permanence et la couverture syndicaleNote 6. Ils sont généralement liés à une meilleure qualité d’emploi.
Les personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine occupaient plus souvent des postes permanents à temps plein, comparativement aux personnes travaillant dans les autres industries (89,9 % par rapport à 75,4 %), et étaient plus susceptibles d’être syndiquées (ou couvertes par une convention collective). Parmi les employés du secteur privé dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations, 19,4 % étaient couverts par une convention collective en 2024, comparativement à 14,3 % des employés du secteur privé dans les autres industries.
En 2024, les personnes travaillant dans les industries dépendantes de la demande américaine ont gagné, en moyenne, 5,9 % de plus par heure (37,08 $) que celles travaillant dans les autres industries (35,00 $). La différence de salaire horaire moyen était plus marquée chez les employés qui n’étaient pas couverts par une convention collective, les employés du secteur privé travaillant dans ces industries gagnant 13,8 % de plus par heure (37,56 $ par rapport à 33,00 $) (graphique 5).

Tableau de données du graphique 5
| Employés couverts par une convention collective | Employés non couverts par une convention collective | |
|---|---|---|
| dollars | ||
| Note : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024. |
||
| Industries dépendantes de la demande américaine | 35,01 | 37,56 |
| Autres industries | 31,61 | 33,00 |
La croissance de l’emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine a été plus faible que celle dans les autres industries
En plus de mieux comprendre les caractéristiques des emplois et des travailleurs les plus vulnérables à l’incertitude commerciale liée aux droits de douane, il est important d’examiner les répercussions possibles sur le marché du travail canadien. Au cours de la dernière décennie, l’emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations a crû à un rythme plus lent que l’emploi dans les autres industries. Du premier trimestre de 2016 au deuxième trimestre de 2025, l’emploi salarié dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations a progressé de 2,8 %, tandis que l’emploi dans les autres industries a connu une hausse de 19,1 % (graphique 6).

Tableau de données du graphique 6
| Année et trimestre | Emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine | Emploi dans les autres industries | Emploi dans les autres industries, à l’exception des services d’enseignement, des soins de santé et de l’assistance sociale, et de l’administration publique |
|---|---|---|---|
| indice (T1 2016 = 0) | |||
| Notes : Les industries dépendantes de la demande américaine sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine pour les exportations canadiennes, selon les tableaux de valeur ajoutée des exportations de 2023. L’indice de base a été établi à 0 pour le premier trimestre (T1) de 2016.
Source : Statistique Canada, Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, 2016 à 2025. |
|||
| 2016 | |||
| T1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
| T2 | 0,8 | 3,2 | 3,8 |
| T3 | 1,6 | 3,2 | 6,3 |
| T4 | 1,7 | 4,6 | 5,3 |
| 2017 | |||
| T1 | 0,3 | 2,0 | 1,8 |
| T2 | 2,1 | 5,1 | 5,8 |
| T3 | 4,2 | 5,6 | 8,7 |
| T4 | 4,1 | 6,9 | 7,4 |
| 2018 | |||
| T1 | 3,5 | 4,3 | 3,9 |
| T2 | 5,0 | 7,5 | 7,8 |
| T3 | 5,9 | 7,6 | 10,4 |
| T4 | 6,2 | 9,3 | 9,5 |
| 2019 | |||
| T1 | 4,9 | 6,8 | 6,2 |
| T2 | 6,1 | 9,7 | 9,6 |
| T3 | 6,9 | 9,9 | 12,3 |
| T4 | 5,9 | 11,2 | 11,1 |
| 2020 | |||
| T1 | 1,2 | 6,3 | 4,7 |
| T2 | -10,1 | -8,7 | -12,3 |
| T3 | -1,8 | -0,2 | -0,1 |
| T4 | 1,0 | 4,0 | 1,8 |
| 2021 | |||
| T1 | 0,2 | 0,9 | -2,5 |
| T2 | 1,1 | 5,0 | 2,3 |
| T3 | 3,2 | 7,8 | 8,3 |
| T4 | 4,3 | 10,8 | 9,2 |
| 2022 | |||
| T1 | 3,4 | 9,0 | 6,8 |
| T2 | 5,3 | 13,5 | 12,5 |
| T3 | 7,0 | 14,0 | 15,7 |
| T4 | 7,5 | 15,9 | 15,0 |
| 2023 | |||
| T1 | 4,9 | 14,0 | 12,2 |
| T2 | 5,7 | 16,9 | 16,0 |
| T3 | 6,2 | 17,0 | 18,2 |
| T4 | 5,7 | 18,1 | 16,3 |
| 2024 | |||
| T1 | 4,1 | 15,6 | 12,8 |
| T2 | 4,7 | 18,5 | 16,3 |
| T3 | 5,7 | 18,1 | 18,2 |
| T4 | 5,2 | 19,3 | 16,5 |
| 2025 | |||
| T1 | 3,0 | 16,6 | 13,0 |
| T2 | 2,8 | 19,1 | 16,2 |
Plus récemment, l’emploi salarié dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations a enregistré une baisse de 27 000 emplois (-1,9 %) au deuxième trimestre de 2025 par rapport au même trimestre en 2024. En comparaison, l’emploi dans l’ensemble des autres industries a progressé au cours de la même période (+0,5 %), et cette hausse était attribuable à la croissance dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale. À l’exception des soins de santé et de l’assistance sociale, des services d’enseignement et de l’administration publique, l’emploi salarié dans les industries moins dépendantes de la demande américaine a connu une légère baisse (-0,1 %) du deuxième trimestre de 2024 au deuxième trimestre de 2025.
Les tendances du marché du travail dans la plupart des régions ayant une forte dépendance à la demande américaine pour les exportations concordent avec la moyenne nationale
Bien que les emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine soient répartis dans toutes les provinces et les territoires canadiens, il existe plusieurs régions économiques où les degrés d’exposition sont particulièrement élevés. Ces régions économiques sont souvent situées à proximité des États-Unis ou produisent des biens d’exportation précis, comme des ressources naturelles ou des produits fabriqués.
Au troisième trimestre de 2025, les marchés du travail avaient été relativement résilients dans la plupart des régions affichant des proportions plus élevées d’emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine . Les taux de chômage dans ces régions ont généralement suivi la moyenne nationale, à l’exception notable de la région de Windsor–Sarnia. À l’exclusion de cette région, le taux de chômage global enregistré dans les 15 régions économiques les plus dépendantes a augmenté de 0,7 point de pourcentage du troisième trimestre de 2024 au troisième trimestre de 2025, ce qui est comparable à la hausse observée dans le reste du Canada (+0,5 point de pourcentage) (figure 1).
Parmi toutes les régions économiques, les répercussions des perturbations commerciales avec les États-Unis sur le marché du travail sont les plus évidentes dans la région de Windsor–Sarnia. En effet, cette région économique est un pôle de la fabrication automobile canadienne, et d’autres aspects de son économie sont fortement intégrés aux États-Unis en raison de sa proximité avec la frontière. En avril 2025, les États-Unis ont annoncé des droits de douane de 25 % sur les véhicules automobiles fabriqués au Canada. Dans l’ensemble, en 2024, on estime que 16,4 % des emplois dans la région de Windsor–Sarnia se trouvaient dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes. Le taux de chômage dans cette région s’établissait à 10,0 % au troisième trimestre de 2025, en hausse de 1,7 point de pourcentage par rapport à un an plus tôt.
Ce ne sont pas tous les marchés du travail dans les régions dépendantes du commerce avec les États-Unis qui ont été touchés de la même manière que la région de Windsor–Sarnia. Par exemple, en 2024, la région économique de Wood Buffalo–Cold Lake, en Alberta, a enregistré la plus forte proportion d’emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations (22,9 %) (figure 1), en grande partie en raison de son industrie pétrolière et gazière. Le taux de chômage dans la région de Wood Buffalo–Cold Lake enregistré au troisième trimestre de 2025 (7,2 %) avait peu changé par rapport au taux observé au troisième trimestre de 2024 (7,0 %). La région du Centre-du-Québec, quant à elle, a enregistré la deuxième proportion d’emplois en importance dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes (18,4 %) en 2024 (figure 1). Au troisième trimestre de 2025, le taux de chômage dans cette région s’établissait à 3,3 %, une proportion qui avait également peu varié par rapport à l’année précédente.

Description de la figure 1
| Proportion d'emplois dans les industries dépendantes de la demande américaine, 2024 | Taux de chômage, troisième trimestre de 2024 | Taux de chômage, troisième trimestre de 2025 | Variation d’une année à l’autre | |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | taux | points de pourcentage | ||
| Note : Des baisses statistiquement significatives d'une année à l'autre ont été enregistrées dans la région du Sud (Nouvelle-Écosse). Des hausses statistiquement significatives d'une année à l'autre ont été enregistrées dans les régions de Windsor–Sarnia (Ontario), de Cariboo (Colombie-Britannique), de la Côte-nord et du Nord-du-Québec (Québec), du Nord-est (Colombie-Britannique), de Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec), ainsi que par rapport à la moyenne nationale.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2024 et 2025. |
||||
| Les 15 principales régions économiques dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes | ||||
| Wood Buffalo–Cold Lake (Alberta) | 22,9 | 7,0 | 7,2 | 0,2 |
| Centre-du-Québec (Québec) | 18,4 | 3,7 | 3,3 | -0,4 |
| Sud (Nouvelle-Écosse) | 17,7 | 10,9 | 7,0 | -3,9 |
| Banff–Jasper–Rocky Mountain House et Athabasca–Grande Prairie–Peace River (Alberta) | 17,4 | 5,1 | 6,9 | 1,8 |
| Edmundston–Woodstock (Nouveau-Brunswick) | 17,3 | 5,2 | 5,2 | 0,0 |
| Windsor–Sarnia (Ontario) | 16,4 | 8,3 | 10,0 | 1,7 |
| Côte-nord et Nechako (Colombie-Britannique) | 14,7 | 7,8 | 6,7 | -1,1 |
| Centre sud et Centre nord (Manitoba) | 14,3 | 5,5 | 5,2 | -0,3 |
| Estrie (Québec) | 14,1 | 4,7 | 5,3 | 0,6 |
| Cariboo (Colombie-Britannique) | 14,0 | 5,0 | 8,7 | 3,7 |
| Kitchener–Waterloo–Barrie (Ontario) | 13,7 | 6,6 | 7,2 | 0,6 |
| Côte-nord et Nord-du-Québec (Québec) | 13,4 | 3,3 | 5,9 | 2,6 |
| Nord-est (Colombie-Britannique) | 13,3 | 5,6 | 8,1 | 2,5 |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean (Québec) | 12,3 | 2,8 | 3,8 | 1,0 |
| Chaudière-Appalaches (Québec) | 12,1 | 2,5 | 3,4 | 0,9 |
| Moyenne du Canada | ||||
| Moyenne du Canada | 9,3 | 6,7 | 7,3 | 0,6 |
Le taux de chômage est plus élevé au Canada qu’aux États-Unis et l’écart s’est creusé
La nature fortement intégrée des économies canadienne et américaine signifie que l’incertitude et les perturbations commerciales peuvent entraîner des répercussions considérables sur les marchés du travail des deux pays. En ajustant les données canadiennes selon les concepts américains, il est possible de comparer directement les situations du marché du travail au Canada et aux États-UnisNote 7.
Le taux de chômage au Canada, ajusté selon les concepts américains, est historiquement plus élevé qu’aux
À compter du milieu de 2023, le taux de chômage au Canada a commencé à augmenter plus fortement, et l’écart entre les taux dans les deux pays s’est creusé (graphique 7). En août 2025, le taux de chômage au Canada (ajusté selon les concepts américains) s’établissait à 6,0 %, ce qui représente 1,7 point de pourcentage de plus que le taux enregistré aux États-Unis (4,3 %).

Tableau de données du graphique 7
| Année et mois | Canada (taux ajusté selon les concepts américains) | États-Unis |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : Le taux de chômage canadien est ajusté en fonction du concept de taux de chômage des États-Unis pour des raisons de comparabilité. Les données des deux séries sont désaisonnalisées.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2019 à 2025; Bureau of Labor Statistics, Current Population Survey, 2019 à 2025. |
||
| 2019 | ||
| janvier | 4,7 | 4,0 |
| février | 4,7 | 3,8 |
| mars | 4,7 | 3,8 |
| avril | 4,6 | 3,7 |
| mai | 4,3 | 3,6 |
| juin | 4,4 | 3,6 |
| juillet | 4,6 | 3,7 |
| août | 4,4 | 3,6 |
| septembre | 4,5 | 3,5 |
| octobre | 4,5 | 3,6 |
| novembre | 4,7 | 3,6 |
| décembre | 4,5 | 3,6 |
| 2020 | ||
| janvier | 4,5 | 3,6 |
| février | 4,8 | 3,5 |
| mars | 7,6 | 4,4 |
| avril | 12,4 | 14,8 |
| mai | 12,2 | 13,2 |
| juin | 10,7 | 11,0 |
| juillet | 9,4 | 10,2 |
| août | 9,0 | 8,4 |
| septembre | 7,8 | 7,8 |
| octobre | 7,7 | 6,9 |
| novembre | 7,3 | 6,7 |
| décembre | 7,5 | 6,7 |
| 2021 | ||
| janvier | 7,6 | 6,4 |
| février | 7,1 | 6,2 |
| mars | 6,5 | 6,1 |
| avril | 6,9 | 6,1 |
| mai | 6,9 | 5,8 |
| juin | 6,3 | 5,9 |
| juillet | 6,1 | 5,4 |
| août | 5,8 | 5,1 |
| septembre | 5,6 | 4,7 |
| octobre | 5,0 | 4,5 |
| novembre | 4,9 | 4,2 |
| décembre | 4,8 | 3,9 |
| 2022 | ||
| janvier | 5,2 | 4,0 |
| février | 4,3 | 3,8 |
| mars | 4,3 | 3,7 |
| avril | 4,3 | 3,7 |
| mai | 4,1 | 3,6 |
| juin | 3,8 | 3,6 |
| juillet | 3,9 | 3,5 |
| août | 4,0 | 3,6 |
| septembre | 4,1 | 3,5 |
| octobre | 4,1 | 3,6 |
| novembre | 4,1 | 3,6 |
| décembre | 4,0 | 3,5 |
| 2023 | ||
| janvier | 4,1 | 3,5 |
| février | 4,1 | 3,6 |
| mars | 4,1 | 3,5 |
| avril | 4,1 | 3,4 |
| mai | 4,2 | 3,6 |
| juin | 4,3 | 3,6 |
| juillet | 4,6 | 3,5 |
| août | 4,4 | 3,7 |
| septembre | 4,6 | 3,8 |
| octobre | 4,8 | 3,9 |
| novembre | 4,8 | 3,7 |
| décembre | 4,8 | 3,8 |
| 2024 | ||
| janvier | 4,8 | 3,7 |
| février | 5,0 | 3,9 |
| mars | 5,2 | 3,9 |
| avril | 5,2 | 3,9 |
| mai | 5,2 | 4,0 |
| juin | 5,4 | 4,1 |
| juillet | 5,4 | 4,2 |
| août | 5,6 | 4,2 |
| septembre | 5,5 | 4,1 |
| octobre | 5,7 | 4,1 |
| novembre | 6,0 | 4,2 |
| décembre | 5,8 | 4,1 |
| 2025 | ||
| janvier | 5,6 | 4,0 |
| février | 5,6 | 4,1 |
| mars | 5,7 | 4,2 |
| avril | 5,8 | 4,2 |
| mai | 5,8 | 4,2 |
| juin | 5,7 | 4,1 |
| juillet | 5,8 | 4,2 |
| août | 6,0 | 4,3 |
Conclusion
Compte tenu de la nature fortement intégrée des économies canadienne et américaine, les droits de douane imposés par les États-Unis sur les exportations canadiennes, et l’incertitude générale concernant le commerce transfrontalier, risquent d’entraîner des répercussions considérables sur le marché du travail canadien.
Le présent article a mis en évidence la vulnérabilité potentielle de certains groupes de travailleurs canadiens et de certaines régions du pays aux perturbations commerciales. Les travailleurs qui risquent davantage d’être touchés sont plus susceptibles d’être des hommes; d’occuper des postes permanents à temps plein et syndiqués; de gagner des salaires plus élevés; et d’avoir atteint des niveaux de scolarité moins élevés.
Les données indiquent que les perturbations commerciales ont eu une incidence négative notable sur le marché du travail canadien au cours des trois premiers trimestres de 2025. En effet, la croissance de l’emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations a été inférieure à celle observée dans les autres industries. Les régions affichant une forte proportion d’emplois dans les industries automobiles, comme Windsor–Sarnia, ont été les plus touchées. Dans l’ensemble, le taux de chômage au Canada a eu tendance à augmenter, tandis qu’il a généralement été stable aux États-Unis. Par conséquent, l’écart entre les taux de chômage des deux pays s’est creusé.
Parallèlement, le marché du travail canadien a montré des signes de résilience. Par exemple, les taux de chômage dans de nombreuses régions ayant une forte dépendance au commerce transfrontalier ont été stables ou ont affiché des hausses conformes à la moyenne nationale.
Au cours des mois à venir, le marché du travail canadien continuera de s’adapter à cette nouvelle réalité commerciale et économique incertaine. Statistique Canada continuera de surveiller l’incidence de ce nouveau contexte sur les tendances du marché du travail dans les régions et au sein de divers groupes de travailleurs, et d’en faire état.
Sources de données, méthodes et définitions
La présente étude est fondée sur les données de l’Enquête sur la population active (EPA). L’EPA est une enquête-ménage réalisée auprès d’environ 65 000 ménages qui permet de recueillir des renseignements sur le marché du travail pour plus de 100 000 personnes chaque mois.
Les données de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) sont également utilisées. L’EERH est un programme statistique mensuel fondé sur un recensement des données administratives sur la paie, combiné avec des renseignements provenant de l’Enquête sur la rémunération auprès des entreprises.
Les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations sont définies comme les industries dans lesquelles 35 % ou plus des emplois dépendent de la demande américaine, que ce soit directement ou indirectement. L’information provient des données annuelles les plus récentes disponibles dans le tableau intitulé « Valeur ajoutée des exportations, selon les industries, provinciaux et territoriaux ». Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces données, consultez le Cadre de mesure des exportations à valeur ajoutée.
Documents consultés
Bender, Rosemary. 2016. « Mesure de l’emploi et du chômage au Canada et aux États-Unis – une comparaison », Statistiques sur le travail : Documents techniques, produit no 75-005-M au catalogue de Statistique Canada.
Bernard, André et Jeannine Usalcas. 2014. « Le marché du travail au Canada et aux États-Unis depuis la dernière récession », Aperçus économiques, produit no 11-626-X au catalogue de Statistique Canada.
Clarke, Sean et Andrew Fields. 2022. « Croissance de l’emploi au Canada et aux États-Unis pendant la reprise post-COVID-19 », Rapports économiques et sociaux, produit no 36-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.
Ferrao, Vincent. 2010. « Travail rémunéré », Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, produit no 89-503-X au catalogue de Statistique Canada.
Frenette, Marc et Tahsin Mehdi. 2025. « Caractéristiques socioéconomiques des travailleurs des industries dépendantes de la demande des États-Unis pour les exportations canadiennes », Rapports économiques et sociaux, produit no 36-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.
Frenette, Marc, Tahsin Mehdi et René Morissette. 2025. « Qualité de l’emploi dans les industries dépendantes de la demande américaine pour les exportations canadiennes », Rapports économiques et sociaux, produit no 36-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.
Statistique Canada. 2022. (30 novembre). « Le Canada est en tête des pays du G7 pour ce qui est de la main-d’œuvre la plus scolarisée, grâce aux immigrants, aux jeunes adultes et à un solide secteur collégial, mais il subit des pertes importantes de titulaires de certificats d’apprenti dans les principaux domaines de métiers », Le Quotidien.
Statistique Canada. 2025. Tableau 12-10-0100-01 Valeur ajoutée des exportations, selon les industries, provinciaux et territoriaux [Tableau de données].
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