Tenir compte des effets de l’intervieweur et du plan de sondage dans la planification des tailles d’échantillon
Section 3. Résultats empiriques tirés de l’ESS
Après avoir établi les effets associés aux intervieweurs
et à l’échantillonnage en grappes ou à plusieurs degrés, nous estimons l’effet
d’enquête et l’effet de plan corrigé proposé pour les données de l’ESS6 (ESS, 2016).
Vingt-neuf pays ont participé à l’ESS6 (ESS, 2018a), mais
nous ne les avons pas tous pris en compte dans notre analyse. Nous avons exclu
tous les pays dotés d’un plan à un degré (il n’y avait pas de plan
d’échantillonnage en grappes à un degré dans l’ESS6). De plus, nous avons exclu
les pays qui utilisaient un plan de sondage multidomaine. Ces pays ont utilisé
différents plans d’échantillonnage dans différentes régions du pays, mais ils
font tous référence à un niveau de la Nomenclature des unités territoriales
statistiques (NUTS), établie par Eurostat (ESS, 2013, pages 21-22). Par
exemple, la Norvège a utilisé un échantillonnage à un degré pour ses régions
les plus densément peuplées, qui à elles seules contenaient près de 75 %
de la population cible, et un plan d’échantillonnage à deux degrés pour le
reste du pays.
Tout d’abord, dans la section 3.1, nous évaluons la
faisabilité générale de l’estimation des modèles de mesure décrits à la
section 2, compte tenu de la structure l’UPE-intervieweur qui se trouve
dans l’ESS6. À cette fin, nous utilisons une étude par simulations fondée sur
un modèle. À la section 3.2, nous testons les différents modèles de mesure
les uns par rapport aux autres afin d’utiliser les modèles les plus adéquats
dans l’estimation de l’effet d’enquête et de l’effet de plan corrigé. Ensuite,
nous comparons nos résultats avec l’effet de plan utilisé par l’ESS dans la
planification de la taille de l’échantillon.
Les variables d’identification de l’intervieweur et de
l’UPE nécessaires dans notre étude par simulations et l’estimation des effets
ont été obtenues à partir des fichiers de données des plans de sondage (FDPS)
et du questionnaire de l’intervieweur, respectivement (ESS, 2014a). Les FDPS
contiennent des renseignements sur le plan de sondage, y compris un
identificateur d’UPE. Dans le cas de l’ESS, il faut télécharger les FDPS par
pays (ESS, 2018b).
3.1 Simulation de
l’évaluation de la stabilité des estimations des effets
Depuis longtemps, on sait que les intervieweurs et l’échantillonnage
sont les principales sources des erreurs d’enquête. En raison des modalités de
déploiement des intervieweurs sur le terrain, il est difficile de séparer la
variance de l’intervieweur de celle de l’UPE. Pour accroître l’efficacité de la
collecte de données, les intervieweurs sont habituellement affectés
exclusivement à certaines régions (Von Sanden, 2004, section 1.3). Ainsi,
les intervieweurs de l’ESS6 travaillent rarement dans plusieurs régions. Pour
ce qui est de l’ESS6, nous observons la situation suivante : en général,
les intervieweurs travaillent dans plusieurs UPE d’une même région, mais jamais
dans toutes les UPE. Les UPE peuvent recevoir la visite de plusieurs
intervieweurs, mais jamais de tous. Dans 25 % de tous les pays considérés,
le nombre moyen de régions (variable région,
ESS (2013), pages 21-22) dans lesquelles un intervieweur travaillait était
inférieur ou égal à 1,017. Dans 75 % de tous les pays, le nombre moyen de
régions par intervieweur était inférieur ou égal à 1,256.
La structure non hiérarchique des UPE et des
intervieweurs peut être considérée comme typique des enquêtes sociales à grande
échelle comme l’ESS. Un plan d’enquête dit entièrement
interpénétré, dans lequel tous les intervieweurs travaillent dans toutes
les UPE, est généralement impossible dans les enquêtes nationales. Il est donc
difficile de déterminer dans quelle mesure la similitude constatée entre les
observations faites par un intervieweur est due à la corrélation
intra-intervieweur ou à la corrélation intra-UPE. De nombreuses études essaient
de résoudre ce problème, par exemple en utilisant un plan d’enquête entièrement
emboîté, où plusieurs intervieweurs travaillent dans une même UPE, mais pas
dans plusieurs UPE (Schnell et Kreuter, 2005). Ont également été analysées des
enquêtes dites partiellement
interpénétrées, où différents intervieweurs travaillent dans plusieurs UPE
et où les UPE reçoivent la visite de plusieurs intervieweurs (Davis et Scott,
1995; O’Muircheartaigh et Campanelli, 1998). Ces enquêtes partiellement
interpénétrées ressemblent davantage à la situation que nous observons dans
l’ESS6.
Pour tester nos modèles de mesure et distinguer les
différentes composantes de la variance, nous ajustons un modèle multiniveau
avec des effets aléatoires croisés. Dans un autre contexte, Raudenbush (1993)
propose de permettre des effets dits croisés dans la structure des effets aléatoires. Ces effets croisés permettent la
situation de facteurs partiellement interpénétrés et peuvent estimer les trois
composantes de la variance du modèle de mesure
à savoir
et
Vassallo, Durrant et Smith (2017) montrent, à l’aide de
simulations sur des données synthétiques, dans quelle mesure un modèle
multiniveau avec des effets aléatoires croisés pour la grappe et l’intervieweur
peut estimer la structure de variance-covariance du modèle de données selon
différentes configurations d’interpénétration entre la grappe et l’intervieweur.
Ils constatent que la taille de l’échantillon, le nombre d’intervieweurs et
d’UPE et le degré d’interpénétration sont les facteurs déterminant la qualité
des estimations des composantes de la variance. Le degré d’interpénétration
joue un rôle décisif dans la qualité des estimations des composantes de la
variance. Vassalo et coll. (2017) ont constaté que deux ou trois
intervieweurs par UPE donnent déjà des estimations relativement stables des
composantes de la variance. Toutefois, tous leurs plans d’enquête étaient
équilibrés et symétriques, ce qui signifie que l’interpénétration des UPE par
les intervieweurs était constante pour toutes les UPE et vice versa. Or ce
n’est pas le cas pour les pays de l’ESS6. Par conséquent, nous effectuons une
simulation pour vérifier si selon les plans d’enquête partiellement
interpénétrés de l’ESS6, il est possible ou non d’estimer les composantes de la
variance de notre modèle de mesure
Pour la simulation, nous générons des échantillons à
partir d’une distribution normale à plusieurs variables à
dimensions. Le vecteur des moyennes
contient la même valeur pour chaque dimension.
La matrice de covariance
suit la structure de variance-covariance du
modèle de mesure
et a été construite pour chaque pays en
fonction de la structure UPE-intervieweur observée. Les composantes de la
variance ont été établies à
0,2;
0,08;
2. Nous
avons produit 1 000 échantillons à partir du modèle de superpopulation
pour chaque pays et estimé le modèle de mesure
pour chacun de ces échantillons. La simulation
a été mise en œuvre dans R (R Core
Team, 2019). Les échantillons pour la simulation ont été générés au moyen du
module mvtnorm (Genz, Bretz, Miwa, Mi
et Hothorn, 2019) et l’estimation du modèle a été réalisée au moyen du module lme4 (Bates, Mächler, Bolker et Walker,
2015, 2019).
Le tableau 3.1 illustre le biais de Monte-Carlo
relatif des estimateurs pour les composantes de la variance du modèle
Pour un estimateur
de
nous définissons cette mesure comme étant
où
est la valeur vraie,
la valeur de
pour l’échantillon
de la simulation et
est le nombre total d’échantillons générés,
c’est-à-dire
1 000, dans notre simulation. Nous
constatons que
et
sont estimés avec un biais relativement faible
pour tous les pays pris en considération dans l’ESS6. En plus du biais relatif
de Monte-Carlo, nous avons ajouté au tableau 3.1 le nombre d’UPE
le nombre d’intervieweurs
la taille de l’échantillon
le nombre moyen d’UPE dans lesquelles un
intervieweur travaille
et le nombre moyen d’intervieweurs qui
travaillent dans une UPE
Les valeurs
et
sont respectivement utilisées comme mesures du
degré d’interpénétration des UPE par les intervieweurs et des intervieweurs par
les UPE. Pour tous les pays autres que l’Allemagne, il y a plus d’UPE que
d’intervieweurs et
est supérieur à
va de 1,423 en Allemagne à 17,396 en Albanie.
Le niveau de
observé pour tous les pays semble suffisamment
élevé pour permettre de distinguer les composantes de variance du modèle
Nous pouvons observer une relation négative
entre
le biaisR-MC
dont la médiation peut être faite par
et
Des valeurs plus élevées de
et
correspondent à une plus grande exactitude de
On peut faire une observation analogue pour le
biaisR-MC
Une variable
plus élevée améliore également la précision
des estimations et peut compenser une valeur basse de
Une interpénétration unilatérale suffisamment
élevée, que ce soit des UPE par les intervieweurs ou l’inverse, suffit pour
estimer avec précision
et
pour le modèle
Par exemple, la République tchèque, qui a la
variable
la plus basse, mais une variable
d’environ 1,848 permet des estimations
relativement précises des composantes de la variance.
Notons que pour le modèle de mesure
et
sont importants. Par exemple, on ne peut pas
estimer précisément
et
si
est trop faible. Par exemple, dans une
simulation similaire pour le modèle
il n’a pas été possible d’obtenir des
estimations exactes de
et
pour la République tchèque, bien que le biais
relatif de
était d’environ 1 %.
Pour la Bulgarie et la République tchèque
c’est-à-dire que leurs UPE sont emboîtées dans
les intervieweurs. Dans ce cas, nous n’avons pas d’effets aléatoires croisés,
mais des effets aléatoires emboîtés, car nous n’avons jamais de cas où les
répondants se trouvent dans une même UPE, mais ne sont pas interviewés par le
même intervieweur. Pour ce cas particulier, à strictement parler,
devrait être étiqueté
Cependant, par souci de simplification, nous
utilisons dans les deux cas
comme étiquette des variances de l’effet
aléatoire de l’UPE. Cela n’est pas entièrement injustifié, car
définit la corrélation supplémentaire entre
les répondants qui sont dans la même UPE, comparativement aux répondants qui
sont interviewés par le même intervieweur, mais qui sont dans des UPE
différentes.
Tableau 3.1
Biais relatif des estimations de la variance de l’effet aléatoire
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Biais relatif des estimations de la variance de l’effet aléatoire
, , , , , et
(figurant comme en-tête de colonne).
|
|
|
|
|
|
|
|
| Albanie |
0,00 |
-0,02 |
264 |
53 |
1 201 |
17,40 |
3,49 |
| Belgique |
0,00 |
-0,02 |
363 |
155 |
1 869 |
3,00 |
1,28 |
| Bulgarie |
-0,01 |
0,04 |
400 |
247 |
2 260 |
1,63 |
1,00 |
| République tchèque |
0,01 |
-0,01 |
426 |
231 |
2 009 |
1,85 |
1,00 |
| France |
0,01 |
0,01 |
267 |
165 |
1 968 |
1,99 |
1,23 |
| Allemagne |
0,01 |
-0,00 |
156 |
194 |
2 958 |
1,42 |
1,77 |
| Irlande |
-0,01 |
0,01 |
212 |
116 |
2 628 |
2,15 |
1,17 |
| Israël |
-0,00 |
0,01 |
190 |
114 |
2 508 |
3,00 |
1,80 |
| Italie |
-0,02 |
0,05 |
129 |
117 |
960 |
1,49 |
1,35 |
| Kosovo |
0,01 |
-0,02 |
160 |
72 |
1 295 |
2,29 |
1,03 |
| Slovaquie |
-0,02 |
0,04 |
249 |
132 |
1 847 |
1,93 |
1,02 |
| Slovénie |
-0,01 |
0,00 |
150 |
50 |
1 257 |
3,30 |
1,10 |
| Espagne |
-0,01 |
0,03 |
422 |
74 |
1 889 |
8,20 |
1,44 |
| Ukraine |
0,00 |
0,00 |
306 |
237 |
2 178 |
1,44 |
1,11 |
| Royaume-Uni |
-0,01 |
0,00 |
226 |
150 |
2 286 |
2,36 |
1,57 |
Notre étude par simulations confirme et enrichit les
conclusions de Vassallo et coll. (2017) pour la situation déséquilibrée de
l’ESS6. Nous avons également constaté que la structure UPE-intervieweur
observée pour l’ESS6 n’empêche pas de distinguer
et
pour le modèle de mesure
3.2 Les effets
d’enquête dans la 6e édition de l’Enquête sociale européenne
Comme le montre notre étude par simulations, il est
possible d’estimer la variance de l’intervieweur et de la grappe dans l’ESS6.
Nous testons maintenant, pour un ensemble de variables sélectionnées du
questionnaire principal de l’ESS (ESS, 2013), chaque composante de variance du
modèle
sur sa signification. Toutes les variables
utilisées, sauf l’âge et le genre, ont une échelle ordinale, mais sont traitées
comme des variables métriques aux fins de la présente analyse. La liste complète
des variables utilisées se trouve en annexe.
Comme le minimum d’une composante de variance est à zéro,
l’essai est effectué à la limite de l’espace de paramètre, ce qui impose des
problèmes classiques de la théorie des tests. Scheipl, Greven et Kuechenhoff
(2008) ont proposé un test de rapport de vraisemblance restreint, conçu pour
tester une variance nulle des effets aléatoires. Nous utilisons leur mise en
œuvre de ce test dans le module R RLRsim et nous faisons trois tests de décision.
Premièrement, nous testons la signification de la
variance d’interaction des intervieweurs et des UPE, en supposant des variances
des intervieweurs et des UPE pertinentes. Notre hypothèse nulle est
tandis que l’hypothèse alternative est
La moyenne par pays de l’hypothèse nulle
rejetée pour les différentes variables est présentée dans le tableau 3.2.
Les deux premières colonnes correspondent à deux niveaux d’erreur de
type I différents pour le test de
indiqués par
0,01 et
0,05. Israël est le pays où la variance d’interaction significative
est la plus élevée pour tous les niveaux
d’erreur de type I. Pour tous les autres pays, l’hypothèse nulle n’est pas
rejetée pour toutes les variables à un niveau de signification de 1 %.
Bien qu’on ne le voie pas dans le tableau 3.2, il faut noter qu’à un
niveau de signification de 10 %, les deux tiers des pays ont au moins
quelques variables ayant une variance d’interaction significative. Par
conséquent, il faut tenir compte de la possibilité d’un effet d’interaction au
moment d’estimer les effets d’enquête.
Dans notre deuxième test de décision, nous supposons une
variance d’intervieweur, mais aucune variance d’interaction. L’hypothèse nulle
est que la variance de l’UPE n’est pas pertinente, c’est-à-dire
par opposition à l’hypothèse alternative
Les colonnes 3 à 4 du tableau 3.2
présentent les résultats moyens des tests pour les différents niveaux d’erreur
de type I. Pour certaines variables, les variances d’UPE ne sont pas
significatives comme ajout à la variance d’intervieweur. Ce résultat est
particulièrement marqué en Belgique, où 3 % des variables seulement
semblent avoir une variance d’UPE. On constate aussi que dans les cas de la
France et de la Slovénie, la variance d’UPE est significative seulement à un
niveau de 1 % pour un nombre relativement petit de variables et dans le cas
de l’Albanie pour aucune des variables. En revanche, la Bulgarie, l’Irlande,
Israël et la Slovaquie présentent une variance d’UPE significative pour la
majorité des variables. Dans l’ensemble, la variance d’UPE semble pertinente
dans la plupart des pays et devrait donc être prise en compte dans l’estimation
des effets d’enquête.
Pour le troisième test de décision que nous faisons, nous
supposons une variance d’UPE, mais aucune variance d’interaction. L’hypothèse
nulle est que l’effet de l’intervieweur n’est pas pertinent
par rapport à l’hypothèse alternative
Les colonnes 7 à 9 du tableau 3.2
présentent les résultats moyens des tests. Les taux de rejet les plus faibles
se trouvent en Allemagne et en France, bien que 19 % des variables de
l’Allemagne et 23 % des variables de la France présentent toujours une variance
d’intervieweur significative à un niveau de signification de 1 %. Les
autres pays affichent une proportion beaucoup plus élevée de variables avec une
variance d’intervieweur importante. Pour ce qui est du niveau de signification
de 1 % et de 5 %, la variance d’intervieweur a un taux de rejet plus
élevé que la variance d’UPE pour 13 des 15 pays. Ainsi, il semble que la
variance des intervieweurs soit pertinente pour tous les pays de l’ESS6, ce qui
indique que les effets possibles des intervieweurs doivent être pris en compte
dans l’évaluation de l’efficacité des plans d’enquête.
Tableau 3.2
Taux de rejet de l’existence des composantes de la variance
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de rejet de l’existence des composantes de la variance. Les données sont présentées selon
(titres de rangée) et , et (figurant comme en-tête de colonne).
|
|
|
|
|
|
|
0,01 |
0,05 |
0,01 |
0,05 |
0,01 |
0,05 |
| Albanie |
0,00 |
0,03 |
0,00 |
0,16 |
0,55 |
0,77 |
| Belgique |
0,00 |
0,00 |
0,03 |
0,03 |
0,77 |
0,90 |
| Bulgarie |
0,00 |
0,00 |
0,81 |
0,90 |
0,90 |
1,00 |
| République tchèque |
0,00 |
0,00 |
0,52 |
0,58 |
1,00 |
1,00 |
| France |
0,00 |
0,00 |
0,10 |
0,23 |
0,23 |
0,45 |
| Allemagne |
0,00 |
0,00 |
0,26 |
0,61 |
0,19 |
0,42 |
| Irlande |
0,00 |
0,06 |
0,77 |
0,81 |
0,94 |
0,97 |
| Israël |
0,13 |
0,32 |
0,94 |
1,00 |
0,84 |
0,94 |
| Italie |
0,00 |
0,03 |
0,10 |
0,32 |
0,42 |
0,65 |
| Kosovo |
0,00 |
0,00 |
0,45 |
0,58 |
0,94 |
0,97 |
| Slovaquie |
0,00 |
0,00 |
0,77 |
0,90 |
0,97 |
0,97 |
| Slovénie |
0,00 |
0,00 |
0,03 |
0,16 |
0,74 |
0,84 |
| Espagne |
0,00 |
0,00 |
0,13 |
0,23 |
0,74 |
0,84 |
| Ukraine |
0,00 |
0,00 |
0,55 |
0,74 |
0,90 |
0,94 |
| Royaume-Uni |
0,00 |
0,03 |
0,19 |
0,35 |
0,71 |
0,87 |
On estime les effets d’enquête définis dans
l’équation (2.8) à partir des modèles sélectionnés pour les différentes
variables. Le tableau 3.3 présente la moyenne par pays des effets
d’enquête estimés pour toutes les variables considérées. Le tableau 3.3
contient également la moyenne de l’effet de plan deff, utilisé par l’ESS dans la planification de la taille des
échantillons. Nous notons
cet effet de plan sous la forme
Pour estimer
dans deff,
nous avons utilisé un estimateur d’analyse de la variance (Panel d’experts sur
l’échantillonnage de l’ESS, 2016; Ganninger, 2010, page 45) et nous ne
testons pas la signification de la variance d’UPE. Le modèle de mesure
utilisé dans
peut inclure l’intervieweur, l’UPE et la
variance d’interaction, si la sélection du modèle la juge significative à un
niveau de 0,05. Il en va de même pour le modèle de mesure
utilisé dans
c’est-à-dire l’effet de plan corrigé. Si la
variance d’intervieweur est jugée comme non significative pour une variable,
alors
devient
Pour mesurer l’influence de l’intervieweur sur
l’effet d’enquête,
est également montré.
En
comparant deff et
dans le tableau 3.3, on peut faire une
observation intéressante : dans le cas de l’Allemagne, deff est nettement inférieur à celui
de l’Irlande et de la République tchèque. Nous pouvons en déduire que
l’Allemagne aurait besoin d’une taille d’échantillon beaucoup plus petite pour
obtenir la même taille d’échantillon efficace moyenne que l’Irlande et la
République tchèque. Toutefois, si nous observons
cette relation change. Le tableau 3.3
montre que l’effet de grappe du plan de sondage complexe est plus élevé en
Allemagne qu’en Irlande ou en République tchèque. Cela signifie que si nous
souhaitons un échantillon efficace moyen égal pour tous les pays, l’Allemagne
aurait besoin d’une taille d’échantillon plus grande que l’Irlande ou la
République tchèque. Par exemple, pour que la République tchèque atteigne une
taille d’échantillon efficace de 1 500 avec l’effet de plan deff type du tableau 3.3, nous
prévoirions un échantillon net d’environ 3 925 pour ce pays et de
3 115 pour l’Allemagne. En revanche, si nous utilisons l’effet de plan
corrigé
pour fonder la planification de la taille
nette de l’échantillon uniquement sur l’effet du plan de sondage, nous
choisirions une taille d’échantillon nette d’environ 1 707 pour la
République tchèque et d’environ 2 598 pour l’Allemagne. Cette constatation
se reflète également dans les valeurs de
ce qui indique qu’une grande partie de
pour l’Irlande et la République tchèque peut
être attribuée à un effet de l’interviewer, tandis qu’en Allemagne, l’effet de
l’intervieweur est plus petit et
semble dominé par l’effet de grappe. Mis à
part Israël, la Slovaquie et la Slovénie, tous les pays ont des rangs
différents pour deff et
ce qui indique que la répartition de la taille
de l’échantillon dans tous les pays serait très différente, si le plan corrigé
avait été utilisé dans la planification des tailles d’échantillons efficaces,
plutôt que l’effet de plan classique deff.
Tableau 3.3
Tailles de l’effet moyen de l’ESS6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tailles de l’effet moyen de l’ESS6
, , et
(figurant comme en-tête de colonne).
|
|
|
|
|
| Albanie |
2,07 |
2,87 |
1,68 |
0,35 |
| Belgique |
1,18 |
1,75 |
1,01 |
0,37 |
| Bulgarie |
2,32 |
3,88 |
1,21 |
0,65 |
| République tchèque |
2,62 |
6,58 |
1,14 |
0,78 |
| France |
1,69 |
1,80 |
1,46 |
0,16 |
| Allemagne |
2,08 |
2,28 |
1,73 |
0,19 |
| Irlande |
3,32 |
5,42 |
1,26 |
0,73 |
| Israël |
2,41 |
4,67 |
1,42 |
0,61 |
| Italie |
1,76 |
2,20 |
1,32 |
0,34 |
| Kosovo |
4,01 |
10,97 |
1,51 |
0,80 |
| Slovaquie |
5,02 |
20,28 |
2,27 |
0,85 |
| Slovénie |
1,59 |
3,03 |
1,06 |
0,55 |
| Espagne |
1,16 |
2,01 |
1,05 |
0,42 |
| Ukraine |
2,97 |
5,61 |
1,18 |
0,73 |
| Royaume-Uni |
1,76 |
2,24 |
1,32 |
0,38 |
est plus petit que deff pour tous les pays, et leur distance
a une relation positive mais non linéaire avec
Les valeurs les plus basses de
sont observées dans les cas de l’Espagne, la
Belgique, la France et l’Allemagne, qui sont tous des pays dont la valeur
est inférieure à la médiane de
L’inverse est observé pour la Slovaquie, le
Kosovo, l’Irlande et l’Ukraine, soit les pays qui présentent la plus grande
distance entre deff et
Ces pays ont tous une valeur de
supérieure à la valeur médiane de
Ces tendances observées pour les pays ayant
une distance relativement élevée entre deff
et
correspondent à ce à quoi nous nous
attendrions en cas d’effet de l’intervieweur élevé dans les données. On peut
dire le contraire pour les pays dans lesquels on observe une distance
relativement petite entre deff
et
Les effets de l’intervieweur dépendent de nombreux
facteurs différents (West et Blom, 2017), y compris le type de question posée,
or les données de l’ESS6 utilisées sont principalement tirées de questions sur
les attitudes. Par conséquent, on ne peut pas extrapoler les résultats
présentés dans la section à d’autres types d’enquêtes dans les mêmes pays.