Répartition optimale pour une enquête téléphonique à base de sondage double
1. IntroductionRépartition optimale pour une enquête téléphonique à base de sondage double
1. Introduction
Aux États-Unis, les enquêtes
téléphoniques par composition aléatoire (CA) modernes font usage de deux
échantillons : un échantillon de lignes de téléphone fixes
(« échantillon de lignes fixes ») et un échantillon de lignes de
téléphone mobiles (« échantillon de lignes mobiles »). Les fondements
statistiques de ces enquêtes téléphoniques à base de sondage double ont été
posés par Wolter, Smith et Blumberg (2010). Le présent article s’inscrit
dans le prolongement de ces travaux et rend compte des méthodes statistiques et
des éléments à prendre en considération pour allouer les ressources de
l’enquête aux deux bases de sondage.
Parce que son coût à l’unité est plus
faible et que son usage est établi de plus longue date, il est fréquent que
l’échantillon de lignes fixes soit le plus grand des deux échantillons et que
l’on tente de réaliser l’interview de l’enquête auprès de tous ses répondants.
Pour l’échantillon de lignes mobiles, plus petit, le protocole d’interview
prévoit deux modes d’exécution : 1) entreprendre l’interview de l’enquête auprès
de tous les répondants, ou 2) faire une brève interview de présélection pour
déterminer la situation d’usage du téléphone du répondant, et n’entreprendre
ensuite l’interview que si le répondant rentre dans la catégorie utilisant
exclusivement un téléphone mobile (EXM) (c’est-à-dire les répondants qui
déclarent à l’interview de présélection qu’il n’y a pas de téléphone fixe dans
leur ménage). (La démarche de présélection comporte des variantes, telles
qu’interviewer à la fois les répondants EXM et ceux qui déclarent que leur
ménage est doté d’une ligne de téléphone fixe, mais qu’ils ne sont pas
joignables par ce moyen). Dès lors que la taille de la population utilisant
exclusivement un téléphone fixe (EXF) (c’est-à-dire les personnes dont le
ménage est équipé d’un téléphone fixe, mais qui n’ont pas accès à un téléphone
mobile) va décroissant (Blumberg et Luke 2010), les statisticiens d’enquête
pourraient envisager de nouveaux plans de sondage où l’échantillon de lignes
mobiles tiendrait lieu du grand échantillon dans lequel on interroge tous les
répondants, tandis que le protocole d’interview pour le petit échantillon de
lignes fixes comporterait des modalités de présélection ou d’interview exhaustive
de tous les répondants. Ici, cependant, nous nous intéressons surtout à la
situation qui prévaut depuis plusieurs années, où l’échantillon de lignes
mobiles est le petit échantillon dans lequel l’interview des répondants se fait
soit de façon exhaustive soit après présélection, selon ce que prévoit le
protocole.
Les méthodes de répartition optimale
que nous allons élaborer s’appuieront sur les hypothèses idéales selon
lesquelles la taille d’échantillon est égale au nombre d’interviews achevées
(absence de non-réponse), qu’il existe essentiellement une correspondance
biunivoque entre les unités d’échantillonnage (numéros de téléphone) et les
unités analytiques (c’est-à-dire les ménages) dans la population de lignes fixes,
qu’il existe essentiellement une correspondance biunivoque entre les unités
d’échantillonnage et les unité analytiques dans la population de lignes
mobiles, et que toutes les unités de la population cible sont incluses dans au
moins l’une des deux bases de sondage. Ainsi, selon ces hypothèses, toute unité
analytique est liée à une ligne de téléphone fixe, à une ligne de téléphone
mobile, ou à une ligne fixe ainsi qu’une ligne mobile, sans qu’elle soit liée à
plus d’une ligne fixe et à plus d’une ligne mobile.
À l’instar des études de Hartley (1962,
1974), Fuller et Burmeister (1972), Skinner et Rao (1996), et Lohr et Rao
(2000, 2006), la littérature sur les enquêtes à base de sondage double porte en
grande partie sur les procédures d’estimation, et non sur la question de la
répartition de la taille de l’échantillon entre les différentes bases de
sondage. Biemer (1984), ainsi que Lepkowski et Groves (1986) considèrent la
répartition dans le cas des bases de sondage emboîtées, comme elles peuvent
l’être lorsqu’on dispose d’une base aréolaire et d’une liste spéciale
supplémentaire.
Tout d’abord, fixons la notation et
posons les hypothèses. Soit
la population des lignes de téléphone fixes et
celle des lignes de téléphone
mobiles. La population d’intérêt totale est
Certaines unités ont à la fois une ligne de
téléphone fixe et un téléphone mobile (la population F-et-M), tandis que
d’autres n’ont qu’une ligne de téléphone fixe (la population EXF), et d’autres
encore n’ont qu’un téléphone mobile (la population EXM). Les deux populations
se recoupent donc entre elles comme il suit :
et
est le domaine EXF,
est le domaine EXM, et
est le domaine F-et-M. Les tailles des
populations sont :
et
Nous désignons par
(resp.
la proportion de la sous-population mixte
(c’est-à-dire de la population F-et-M) relativement à la population
(resp.
Soit
un échantillon aléatoire simple tiré sans
remise dans
un échantillon aléatoire simple tiré sans
remise dans
et
les tailles des échantillons respectifs
(c’est-à-dire, les nombre d’interviews achevées). Nous supposons que
l’appartenance au domaine
n’est pas connue au moment du tirage.
Soit
une variable d’intérêt pour la
unité de la population totale.
Les moyennes et les composantes de variance relatives aux domaines de
population sont désignées par
et
Nous supposons que l’objet du
sondage est d’estimer le total
sur toute la population.
Dans la suite de l’exposé, nous
calculons la répartition optimale sous les protocoles d’interview exhaustive et
de présélection présentés à la section 2 et à la section 3,
respectivement. À la section 4, nous comparons les deux protocoles sur le
plan de l’efficience et du coût, et nous donnons des indications quant aux
conditions dans lesquelles l’un serait meilleur que l’autre. Nous examinons
aussi le choix de la valeur optimale d’un paramètre de composition
qui sert à combiner les estimateurs des deux
échantillons
qui représentent la population F-et-M. À la section 5,
nous appliquons ces méthodes à la National
Immunization Survey, une grande enquête téléphonique à base de sondage
double commanditée par les Centers for
Disease Control and Prevention(CDC). Un bref sommaire conclut l’article à
la section 6.
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