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Planifier une enquête

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À première vue peut-être, le déroulement d’une enquête consisterait simplement à poser des questions et à compiler les réponses pour obtenir des statistiques. Il faut cependant suivre des étapes précises afin que les résultats de l’enquête fournissent de l’information fiable et utile.

Au départ, on devrait se poser les questions suivantes :

  • Pourquoi mène-t-on cette enquête?
  • Qui fait l’objet de l’information à recueillir?
  • Qu'ai-je besoin de savoir?
  • Comment l'information sera-t-elle utilisée?
  • Quel degré d'exactitude et de fiabilité de l'information doit-on viser?

Pour réaliser un plan d’enquête, on doit prendre une foule de décisions sur les sujets suivants :

Objectifs de l'enquête

On commence par établir les objectifs qui décrivent pourquoi et pour qui on fait l’enquête. Les objectifs de l’enquête en disent long sur les données qu’on aura besoin de recueillir. Elles aident aussi à cibler la population qu’on interrogera.

Par exemple, imaginons que le conseil étudiant de l’École secondaire St-Sauveur décide d’enquêter auprès des élèves afin d’obtenir de l’information pour les aider à planifier le bal des finissants. À partir de ce but général, on peut définir des objectifs plus raffinés. Disons que les objectifs sont les suivants :

  • Recueillir de l’information auprès des élèves afin de déterminer les facteurs qui feront du bal des finissants un succès. (On définit un succès d’après les critères suivants : le plus grand nombre d’élèves possibles viendront au bal et ils y trouveront ce qu’ils espèrent y trouver.)
  • Obtenir des données utiles qui serviront au comité organisateur du bal des finissants.

Le plan d’une enquête démontre comment les objectifs seront atteints : il décrit clairement la population cible, les besoins en donnée et les variables qui seront mesurées, et prévoit les questions et réponses possibles, ainsi que le traitement et l’analyse des données obtenues.

Population cible

Si l’objectif d’une enquête est d’obtenir de l’information auprès des élèves, par exemple, il faudra se demandera « de quels élèves s’agit-il? » afin de définir la population cible.

Dans l’exemple décrit plus haut, le comité organisateur du bal voudra probablement consulter seulement les élèves qui prévoient graduer cette année, donc, ceux qui fréquentent la dernière année du secondaire (secondaire V ou 12e année). Si certains d’entre eux étudient à temps partiel et ne prévoient pas terminer cette année, on n’aura pas besoin de les consulter. Donc la population cible serait définie comme « les élèves de l’École secondaire St-Sauveur qui fréquentent le secondaire V à temps plein ».

Il arrive quelquefois que la population cible (la population faisant l'objet de l'information à recueillir) et la population visée par l'enquête (celle qui répond à l'enquête) sont souvent différentes pour des raisons pratiques, et ce, même si elles devraient, en réalité, être identiques.

Dans notre exemple, il se peut que certains élèves de secondaire V à temps plein soient absents de l’école au moment de l’enquête. Puisqu’il serait trop difficile de rejoindre ces élèves pour les consulter, ils ne feraient donc pas partie de la population qu’on interrogera, même s’ils font partie de la population cible.

De plus, il est possible que certains concepts ou méthodes d'enquête ne soient pas appropriés pour certains segments de la population. Prenons par exemple une enquête sur les diplômés d'études postsecondaires dont l'objectif est de déterminer s’ils ont trouvé un emploi et, le cas échéant, quel genre d'emploi ils ont décroché. Dans un tel cas, on pourrait exclure de la population cible les diplômés qui ont étudié dans des écoles spécialisées telles que les écoles de théologie ou les collèges militaires. Ces types de diplômés seraient presque certains d'obtenir un emploi dans leur domaine respectif. Ainsi, la population cible pourrait comprendre seulement ceux qui ont obtenu un diplôme d'une université, d'un collège ou d'une école professionnelle.

Il peut aussi s’avérer nécessaire d'imposer des limites géographiques en omettant certaines parties de la population cible. Certaines régions pourraient être inaccessibles en raison des coûts de déplacement élevés ou autres difficultés. On peut imaginer, par exemple, qu’une entreprise faisant une enquête au moyen d’interviews personnelles voudrait tirer un échantillon dans des régions densément peuplées afin de minimiser les déplacements.

Besoins en données

Afin de définir les besoins en données, il faut se poser les questions « Que veut-on savoir au juste ? » et « Comment se servira-t-on de l’information recueillie? ».

Dans notre exemple, voici quelques questions que le comité organisateur pourrait considérer :

  • Faut-il savoir le nombre de personnes qui ont l’intention d’aller au bal? (On pourrait aussi le savoir d’après le nombre de billets qu’on vend)
  • Advenant qu’on demande aux élèves s’ils ont l’intention d’aller au bal, devrait-on poser des questions particulières à ceux qui ne prévoient pas y aller? En comprenant mieux leurs raisons de se désister, il serait possible de planifier des activités qui les intéressent, ce qui pourrait leur faire changer d’idée!
  • Pour connaître les préférences des élèves en ce qui concerne le bal, quels aspects veut-on considérer? Sans doute des éléments comme
    • le coût du billet
    • la musique
    • le type de nourriture et de breuvages
    • le jour de la semaine
    • l’emplacement
  • Y-a-t-il d’autres facteurs à considérer? Les élèves veulent-ils un photographe? Est-ce que tous préfèrent un repas avant le bal dansant, ou certains veulent-ils uniquement un bal?
  • Question de sécurité, les élèves voudraient-ils avoir des gardes de sécurité à l’entrée du bal? Quel moyen de transport prévoient-ils utiliser pour s’y rendre? (On pourrait considérer la location d’un autobus qui partirait d’un endroit central.)

Lorsqu’on planifie le contenu d’une enquête, il est tentant de vouloir recueillir le plus d’information possible. Cependant, plus il y a de questions, plus l’enquête prendra du temps et plus elle coûtera cher. Il faut se demander « A-t-on vraiment besoin de cette information? » tout en tenant compte du temps et des ressources nécessaires pour tester le questionnaire, traiter les données et analyser les résultats.

En plus, il faut tenir compte du fardeau de réponse afin de ne pas trop incommoder les répondants. Dans les enquêtes, le fardeau de réponse est affecté par

  • le volume de questions posées
  • la nature délicate des questions posées
  • le nombre de fois qu’on communique avec le répondant (lors d’une même enquête ou lors de  plusieurs enquêtes)
  • le détail du renseignement demandé (p. ex. si on demande un revenu précis, le répondant doit consulter ses documents officiels, mais si on demande plutôt de choisir entre cinq tranches de revenu, il peut répondre plus facilement)
  • le temps qu’il faut pour remplir le questionnaire

Choix du type de collecte

Le degré d’exactitude de l’information que l’on vise ainsi que les ressources dont on dispose influencent le choix que l’on fait parmi les trois principaux types de collecte de données.

  1. Le recensement est une enquête qui recueille de l’information de toutes les personnes dans un groupe ou une population.
  2. L’enquête-échantillon recueille de l’information d’une partie seulement (d’un échantillon) d’une population. À partir des données de l’échantillon, on peut estimer les résultats pour la population dans son ensemble.
  3. Les données administratives sont recueillies par un organisme et servent à titre de substitut d’une enquête.

Chacun présente à la fois des avantages et des inconvénients. Le choix du type de collecte dépendra de divers facteurs. Voir Types de collecte de données.

Dans notre exemple, le comité organisateur peut choisir de faire un recensement de tous les finissants ou d’interroger un échantillon seulement de ce groupe.

On détermine souvent le type de collecte selon le budget alloué pour le mener. Les coûts représentent une des principales raisons de mener une enquête-échantillon au lieu d'un recensement. Grâce à l’échantillonnage, on peut obtenir des résultats valables au moyen d'un échantillon relativement petit de la population cible. Par exemple, s'il faut obtenir des données sur tous les citoyens canadiens de 15 ans et plus, une enquête menée auprès d'un petit nombre de ces derniers (1 000 ou 2 000 personnes selon les besoins en données) pourrait fournir des résultats satisfaisants.

Un autre avantage de l'enquête-échantillon est qu'il permet aux enquêteurs de produire des données peu de temps après qu’ils en ont établi le besoin, selon un échéancier rapide. Par exemple, si un organisme veut mesurer le degré de sensibilisation du public suite à sa campagne publicitaire il doit mener une enquête peu de temps après la réalisation de sa campagne. En utilisant un échantillon de la population cible, on peut diminuer la durée de la collecte et du traitement des données tout en allouant plus de temps pour la planification de l’enquête.

Minimiser l’erreur

Lorsqu’on planifie une enquête, il faut prévoir les sources potentielles d’erreurs afin de les réduire le plus possible.

Dans une enquête-échantillon, la variation qui existe parmi différents échantillons cause un certain biais qu’on appelle « l’erreur due à  l’échantillonnage ».  Par exemple, disons que vous estimez la distance moyenne entre la maison et l'école des élèves d’une classe qui en compte 25, à partir d'un échantillon de 5. Votre estimation dépendra de l'identité des 5 élèves échantillonnés. Si ceux-ci vivent tous très près de l'école, les résultats ne seront pas représentatifs de l’ensemble de la classe. C’est la variation d'un échantillon à l'autre qui cause l'erreur d'échantillonnage.

En général, plus il y a de personnes faisant partie de l’échantillon, moins il y aura d'erreur due à l’échantillonnage. Aussi, le fait de choisir l’échantillon de façon aléatoire tend à réduire la variation. Il est possible d’estimer l'erreur d'échantillonnage associée à différentes méthodes d’échantillonnage pour ensuite tenter de la réduire. Voir Erreur d’échantillonnage.

En choisissant de faire un recensement, on évite l’erreur liée à la variation dans l’échantillon. Mais toute enquête risque aussi d’avoir des erreurs qu’on désigne « non dues à l’échantillonnage ». Par exemple, on pourrait poser une question de façon à encourager une certaine réponse ou bien on pourrait faire une erreur en traitant les données ou en calculant un pourcentage pour un tableau de données. On peut éviter le plus possible ce type d’erreurs en portant attention au contrôle de qualité durant toutes les étapes de l’enquête. Voir Erreur non-due à l’échantillonnage.

Taille de l'échantillon

Puisque les enquêtes-échantillons sont toutes différentes, il n'existe pas de règles rigoureuses pour déterminer la taille d’un échantillon. Les facteurs décisifs sont les suivants : l’échéancier, les coûts, les contraintes opérationnelles et la précision désirée des résultats. En évaluant chacun de ces facteurs, on pourra prendre une décision plus facilement par rapport à la taille de l'échantillon. De plus, on examinera le niveau acceptable d'erreur d'échantillonnage. S'il existe des variations considérables au sein de la population, la taille de l'échantillon devra être plus grande afin d'obtenir un degré de fiabilité précis. Voir Taille de l’échantillon.

Plan d'analyse

Après avoir identifié tous les éléments (les variables) qu’on veut mesurer et préparé le plan d’échantillonnage, la prochaine étape consiste à élaborer le plan d'analyse, c.-à-d. à prévoir les résultats des tableaux de sortie.

Il s’agit de concevoir les tableaux qu’il sera possible de produire à partir des variables de l’enquête. Ces tableaux ne contiendront pas encore de données, mais on y verra facilement les croisements proposés.

Dans notre exemple, le comité organisateur pourrait concevoir des tableaux de résultats pour chaque variable prévue, présentés sous forme de nombre et de pourcentage (p. ex. le nombre et le pourcentage d’élèves ayant préféré l’emplacement A et l’emplacement B pour le bal). Certains tableaux pourraient aussi présenter des croisements de variables, tels que « Type de musique préférée selon le sexe de l’élève ».

Ces tableaux « vides » vous aideront à vérifier si les types de questions prévues permettront de répondre aux objectifs de l’enquête. Ils illustreront de façon concrète comment l'information recueillie pourra être utilisée et si elle constituera une mesure adéquate des besoins en données.

Conception du questionnaire

C’est à partir des besoins en données et du plan d’analyse qu’on développera le questionnaire. En formulant les questions, il est utile de consulter les gens qui utiliseront les données. On pourrait aussi consulter des experts en la matière ou examiner les questions d'autres enquêtes portant sur le même sujet ou sur des thèmes semblables.

On doit veiller à ce que les questions correspondent aux objectifs de l'enquête et aux besoins en données et à ce que chaque question soit pertinente. Voir Conception des questionnaires.

Méthodes de collecte de données

L’élaboration de la méthode de collecte de données est une étape importante : on doit évaluer les coûts, les ressources matérielles et le temps requis pour mener l’enquête.

Choisissez la meilleure méthode pour recueillir les données requises. Fait à retenir : la méthode choisie aura des conséquences directes sur les coûts de l’enquête et la qualité des données. Il y a plusieurs options : l’interview personnel (sur place ou téléphonique, ces deux méthodes pouvant aussi être assisté d’un ordinateur) ou le questionnaire à remplir soi-même.

L’interview personnelle, mise en œuvre par un intervieweur qualifié, peut comporter des techniques de questionnement structuré ou non structuré. Lorsque l’interview se passe au téléphone, les questions sont structurées au moyen d'un protocole d'interview formel.

Le questionnaire à remplir soi-même doit être très structuré puisque le répondant ne pourra pas obtenir l'aide d'un intervieweur. Il retournera le questionnaire par la poste ou selon un autre mode de livraison ou encore le complètera en ligne. Voir Méthodes de collecte de données.

Dans notre exemple, le comité organisateur pourrait opter pour l’interview personnelle administrée par des interviewers qui remplissent un questionnaire électronique dans un tableur. L’intervieweur utiliserait un ordinateur portable pour entrer les réponses des élèves dans le tableur pendant l’entrevue. Si certains élèves s’inquiètent en ce qui concerne la confidentialité de leurs réponses, l’intervieweur pourrait leur donner l’option d’entrer eux-mêmes leurs réponses. Cependant, cette option pourrait causer un plus grand nombre d’erreurs et compromettre la qualité des données recueillies, ce qui augmenterait le temps consacré au traitement de données.

Plan de traitement de données

Il s'agit du processus servant à convertir les réponses du questionnaire en données de sortie. Les tâches à accomplir durant l'étape de traitement des données sont les suivantes : le codage, la saisie de données, la mise en forme des données, le processus de traitement des données erronées ou manquantes et, si nécessaire, l'élaboration de variables calculées. Bref, l'objectif de cette étape est de produire un fichier de données exempt d'erreurs. Voir Traitement des données.

Contrôle de la qualité

Ce processus sert à repérer les erreurs et à vérifier les résultats. Malgré une planification et des essais rigoureux, il est impossible de prévoir toutes les difficultés d'une enquête. C’est pourquoi aucune enquête n’est parfaite. Les tâches de contrôle de la qualité sont donc nécessaires afin de réduire les erreurs non dues à l'échantillonnage qui se sont glissées à chaque étape de l'enquête. Ces tâches de contrôle incluent : la formation des intervieweurs, la mise en forme des données, l'essai des programmes d'ordinateur, le suivi auprès des non-répondants et la vérification des données recueillies ainsi que des données de sortie. Les programmes de contrôle statistique de la qualité visent à ce que le taux d'erreur soit réduit au minimum.

Analyse et diffusion des résultats

Après la collecte et le traitement des données, il faut prévoir les étapes de l’analyse et de la diffusion des résultats de l’enquête :

  • organiser les données à l’aide de tableaux de distribution de fréquence ou de diagrammes à tige et à feuille
  • décrire ce qui caractérise les données au moyen des mesures de tendance centrale et de dispersion
  • présenter les données au moyen de différents types de diagrammes
  • rédiger les conclusions de l’enquête pour ensuite en faire la diffusion au public.
Dans notre exemple, les membres du comité organisateur du bal pourraient se partager les tâches d’organisation et d’analyse des données et de rédaction des conclusions de l’enquête. Les décisions concernant le lieu du bal, le prix du billet, le type de musique, etc. seraient alors fondées sur ces conclusions. En publiant les faits saillants de l’enquête dans le journal de l’école, le conseil étudiant pourrait montrer que ses décisions sont basées sur ce que les élèves ont rapporté.