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Enquête sur la population active, avril 2020

Diffusion : 2020-05-08

Les circonstances exceptionnelles se poursuivent sur le marché du travail

En réponse à la propagation rapide de la COVID-19 (le nouveau coronavirus) en février, et à la déclaration d'une pandémie mondiale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 11 mars, un certain nombre de mesures ont été mises en place au Canada en mars, dont des restrictions relatives aux voyages, des fermetures d'entreprises et des mesures d'éloignement physique. L'entrée en vigueur et la portée de ces mesures ont varié d'une province à l'autre. Par exemple, le gouvernement de l'Ontario a décrété l'état d'urgence le 17 mars et le gouvernement du Québec a ordonné la fermeture de toutes les entreprises non essentielles le 23 mars. À compter du 18 mars, le gouvernement fédéral a annoncé un certain nombre de programmes de prestations à l'intention des personnes touchées par la COVID-19. Au cours des semaines suivantes, les détails de ces prestations ont été finalisés et annoncés.

Les mesures prises par divers ordres de gouvernement pour protéger la santé publique ont abouti à un arrêt volontaire de l'activité économique, lequel a provoqué un choc soudain sur le marché du travail canadien. Ce choc n'a été que partiellement saisi dans l'Enquête sur la population active (EPA) pour la semaine de référence allant du 15 au 21 mars. Les résultats de l'EPA du mois d'avril diffusés aujourd'hui rendent compte de la situation sur le marché du travail pendant la semaine allant du 12 au 18 avril. À ce moment-là, l'activité économique avait été volontairement arrêtée dans toutes les provinces et dans tous les territoires en raison de la COVID-19.

Depuis la semaine de référence du 12 avril, certaines provinces ont commencé à planifier la reprise graduelle des activités dans certains secteurs de leur économie. À mesure que les décisions relatives aux voyages, à l'éloignement physique et à l'activité économique seront modifiées au cours des prochains mois, les répercussions à long terme de la COVID-19 sur le marché du travail canadien se préciseront.

Mesurer le marché du travail pendant cette période sans précédent : mise au point de nouveaux indicateurs

Afin de mesurer pleinement le choc subi par le marché du travail canadien à la suite de la crise économique liée à la COVID-19, une série d'améliorations ont été apportées à l'enquête pour le mois d'avril, y compris des questions supplémentaires portant sur le travail à domicile, les préoccupations liées à la perte d'emploi, la capacité de respecter les obligations financières et les demandes présentées aux programmes fédéraux de soutien relatifs à la COVID-19.

Comme pour le mois de mars, l'analyse qui accompagne cette diffusion intègre un certain nombre d'indicateurs et de sources, notamment des concepts uniformisés à l'échelle internationale, tels que l'emploi, les personnes occupées, définies comme étant les personnes qui travaillent à un emploi rémunéré ou à leur propre compte, et les chômeurs, définis comme étant les personnes qui sont disponibles pour travailler. Pour veiller à saisir toute la portée du choc subi par le marché du travail, des indicateurs supplémentaires sont également présentés, y compris des mesures du nombre de Canadiens qui ont conservé leur emploi, mais qui ont travaillé moins d'heures que d'habitude, et le nombre de personnes qui n'ont pas cherché d'emploi en raison des circonstances exceptionnelles entourant la crise. Pour mieux comprendre les répercussions particulières de la COVID-19, des mesures permettant de dénombrer les heures perdues pouvant être directement attribuées à la COVID-19 ont été mises en place.

Les données de l'EPA sont fondées sur les interviews réalisées auprès de plus de 50 000 ménages et d'environ 100 000 personnes tous les mois. En avril, Statistique Canada a continué de protéger la santé et la sécurité des Canadiens en ajustant les processus servant à réaliser ces interviews. Nous sommes profondément reconnaissants de la participation des répondants, qui nous permet de continuer à dresser un portrait précis du marché du travail canadien et de la performance économique du Canada.

Infographie 1  Vignette de l'infographie 1: Faits saillants partie 1
Faits saillants partie 1

Infographie 2  Vignette de l'infographie 2: Faits saillants partie 2
Faits saillants partie 2

La crise économique liée à la COVID-19 continue d'avoir des répercussions importantes sur le marché du travail

Les pertes d'emplois se poursuivent

À la suite d'un recul de plus de 1 million enregistré en mars, l'emploi a diminué de près de 2 millions en avril, ce qui a porté la baisse totale de l'emploi à plus de 3 millions depuis le début de la crise économique liée à la COVID-19.

De plus, le nombre de personnes qui étaient en emploi, mais qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles pour des raisons liées à la COVID-19 a augmenté de 2,5 millions de février à avril. Au cours de la semaine du 12 avril, l'effet cumulatif de la crise économique liée à la COVID-19 (le nombre de Canadiens sans emploi ou ayant travaillé des heures considérablement réduites) s'est établi à 5,5 millions, ou plus du quart du niveau d'emploi de février.

En avril, l'emploi à temps plein (-1 472 000; -9,7 %) et l'emploi à temps partiel (-522 000; -17,1 %) ont reculé. Les pertes cumulatives depuis février ont totalisé 1 946 000 (-12,5 %) dans le travail à temps plein, et 1 059 000 (-29,6 %) dans le travail à temps partiel.

L'emploi connaît une baisse sans précédent

L'ampleur de la baisse de l'emploi observée depuis février (-15,7 %) dépasse de loin les diminutions enregistrées au cours des ralentissements du marché du travail antérieurs. Par exemple, la récession de 1981-1982 a entraîné une baisse totale de l'emploi de 612 000 (-5,4 %) au cours d'une période d'environ 17 mois.

Infographie 3  Vignette de l'infographie 3: Variation de l'emploi en indices par rapport au début des ralentissements notables, Canada
Variation de l'emploi en indices par rapport au début des ralentissements notables, Canada

Le chômage enregistre une forte hausse

Le taux de chômage a augmenté de 5,2 points de pourcentage en avril pour atteindre 13,0 %. Cela fait suite à la hausse de 2,2 points de pourcentage enregistrée en mars. Depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 1976, seul le taux de chômage de 13,1 % observé en décembre 1982 a été plus élevé que le taux enregistré en avril (infographie 4).

Le taux de chômage d'avril serait de 17,8 % une fois les données ajustées pour prendre en compte les personnes qui n'ont pas été considérées comme des chômeurs pour des raisons propres à la crise économique liée à la COVID-19. Au cours de la semaine du 12 avril, 1,1 million de personnes étaient inactives, mais elles avaient travaillé récemment (en mars ou en avril) et voulaient travailler. Elles n'ont pas été considérées comme étant au chômage mais elles ont été considérées comme inactives parce qu'elles n'ont pas cherché d'emploi, vraisemblablement en raison des fermetures prolongées d'entreprises et des occasions très limitées de trouver du travail.

Infographie 4  Vignette de l'infographie 4: Hausse du taux de chômage pendant les ralentissements économiques, Canada, 1976 à 2020
Hausse du taux de chômage pendant les ralentissements économiques, Canada, 1976 à 2020

Le chômage augmente sous l'effet des mises à pied temporaires

Le nombre total de chômeurs a augmenté de 1 285 000 (+113,3 %) de février à avril. À titre de comparaison, pendant la récession de 1981-1982, le nombre de chômeurs a augmenté de 763 000 (+88,6 %) au cours d'une période de 16 mois. En avril, presque tous les nouveaux chômeurs (97,0 %) avaient été mis à pied temporairement (données non désaisonnalisées), ce qui indique qu'ils s'attendaient à retourner travailler pour leur employeur lorsque l'activité économique redémarrerait.

Au cours d'un mois donné, la variation nette du chômage correspond à la différence entre le nombre de personnes qui deviennent chômeurs et le nombre de personnes qui sortent du chômage. Depuis le début de la crise économique liée à la COVID-19, les flux entrant dans le chômage ont fortement augmenté, principalement en raison d'une hausse du nombre de personnes qui sont passées de travailleurs à chômeurs (+1,1 million depuis février).

En avril, les flux sortant du chômage ont aussi augmenté alors que le nombre de personnes qui sont passées du chômage à la population inactive a progressé (+214 000). Cela comprend les personnes qui voulaient un emploi, mais ont cessé d'en chercher un (y compris celles qui ne pensaient pas qu'il y avait du travail) et les personnes qui ont commencé à exercer de nouvelles activités, comme prendre soin de membres de leur famille.

L'infographie 5 illustre la hausse spectaculaire des flux entrant dans le chômage et des flux sortant du chômage. Les données sont lissées à l'aide de moyennes mobiles de six mois. Pour obtenir plus de renseignements sur l'utilisation des flux bruts pour interpréter les changements dans la situation du marché du travail, veuillez consulter La dynamique du marché du travail depuis la récession de 2008-2009.

Infographie 5  Vignette de l'infographie 5: Le chômage : flux entrants et sortants, Canada, moyennes mobiles de six mois, données désaisonnalisées
Le chômage : flux entrants et sortants, Canada, moyennes mobiles de six mois, données désaisonnalisées

Toutes les provinces ont été durement touchées

L'emploi a reculé dans toutes les provinces pour un deuxième mois consécutif. Comparativement à février, l'emploi a diminué de plus de 10 % dans toutes les provinces; le Québec a enregistré la baisse la plus prononcée (-18,7 % ou -821 000).

Graphique 1  Graphique 1: Variation de l'emploi selon la province, février à avril 2020
Variation de l'emploi selon la province, février à avril 2020

Le taux de chômage a augmenté de façon marquée dans toutes les provinces en avril. Au Québec, le taux s'est établi à 17,0 %. Il s'agit du taux le plus élevé enregistré dans la province depuis 1976, année où des données comparables ont commencé à être publiées, et du taux le plus élevé parmi les provinces. Le nombre de chômeurs a augmenté plus rapidement (+101,0 % ou +367 000) au Québec que dans les autres provinces; la hausse du nombre de personnes mises à pied temporairement (données non désaisonnalisées) a été proportionnellement plus élevée au Québec que dans les autres provinces, tandis que l'augmentation du nombre de personnes inactives a été proportionnellement plus faible.

Les plus grandes villes du Canada subissent des répercussions importantes de la COVID-19 sur le marché du travail

L'emploi a connu une forte baisse de février à avril dans chacune des trois plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada. En proportion de l'emploi de février, Montréal a enregistré la baisse la plus prononcée (-18,0 %; -404 000), suivie de Vancouver (-17,4 %; -256 000) et de Toronto (-15,2 %; -539 000).

Dans la RMR de Montréal, le taux de chômage s'est établi à 18,2 % en avril, en hausse de 13,4 points de pourcentage depuis février. À titre de comparaison, le taux de chômage à Montréal a atteint un sommet de 10,2 % pendant la récession de 2008-2009. À Toronto, le taux de chômage s'est établi à 11,1 % en avril (en hausse de 5,6 points de pourcentage depuis février), et à Vancouver, il s'est établi à 10,8 % (en hausse de 6,2 points de pourcentage).

Le nombre de travailleurs autonomes indépendants a peu varié, mais les heures travaillées ont connu une diminution prononcée

Le nombre de travailleurs autonomes indépendants (2,0 millions), c'est-à-dire ceux qui ne comptent aucun employé, a peu varié en avril comparativement à février (données non désaisonnalisées). Chez ces travailleurs, la crise liée à la COVID-19 a entraîné une perte importante du nombre d'heures travaillées. En avril, 59,4 % des travailleurs autonomes indépendants (1,2 million) ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles au cours de la semaine du 12 avril, y compris 38,4 % qui n'ont travaillé aucune heure.

Lorsqu'un choc soudain survient sur le marché du travail, les travailleurs autonomes sont susceptibles de continuer à déclarer être en emploi, en fonction d'un lien d'attachement à leur entreprise, même lorsque la conjoncture se détériore. Les mesures fédérales annoncées en mars et avril visant à fournir un soutien financier temporaire aux travailleurs autonomes peuvent avoir aidé à renforcer ce lien.

La plupart des personnes qui ont été absentes du travail n'ont pas été rémunérées

Au cours de la semaine de référence allant du 12 au 18 avril, 2,4 millions de personnes étaient en emploi, mais étaient absentes durant toute la semaine. Il s'agit d'une hausse de 2,1 millions de personnes par rapport à février, et l'augmentation est attribuable à la crise économique liée à la COVID-19. Le nombre de personnes qui ont travaillé un certain nombre d'heures, mais moins de la moitié de leurs heures habituelles, a augmenté de 380 000, ce qui porte la hausse totale des absences attribuables à la COVID-19 depuis février à 2,5 millions.

Environ 60 % des personnes qui ont été absentes pendant toute la semaine de référence étaient des employés, tandis que le reste était des travailleurs autonomes. Parmi les employés, environ les trois quarts n'ont pas été rémunérés durant la semaine de référence; il s'agit d'une hausse par rapport à mars, au moment où le chiffre correspondant s'est établi à 55,8 %. Moins d'un travailleur autonome sur dix qui était propriétaire d'une entreprise constituée en société a reçu une rémunération.

Résumé : plus du tiers de la population active potentielle était en situation de sous-emploi en avril

En avril, plus du tiers (36,7 %) de la population active potentielle n'a pas travaillé ou a travaillé moins que la moitié de ses heures habituelles, ce qui illustre les effets persistants de la crise économique liée à la COVID-19 sur le marché du travail. Le « taux de récente sous-utilisation de la main d'œuvre » combine les chômeurs, les personnes inactives qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, et les personnes en emploi qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles. À titre de comparaison, ce taux s'est établi à 11,3 % en février.

Les effets de la crise économique liée à la COVID-19 s'étendent au secteur des biens

L'emploi diminue dans le secteur des biens

En mars, la baisse de l'emploi a été presque entièrement observée dans le secteur des services. En avril, en revanche, la diminution de l'emploi a été proportionnellement plus prononcée dans le secteur des biens (-15,8 %; -621 000) que dans le secteur des services (-9,6 %; -1,4 million). La construction (-314 000; -21,1 %) et la fabrication (-267 000; -15,7 %) ont enregistré les diminutions les plus marquées dans le secteur des biens.

Dans le secteur des services, l'emploi a continué de reculer dans plusieurs industries, et particulièrement dans le commerce de gros et de détail (-375 000; -14,0 %) ainsi que dans les services d'hébergement et de restauration (-321 000; -34,3 %).

Parmi les industries qui ont continué d'être relativement moins touchées par la crise économique liée à la COVID-19 figurent les services d'utilité publique, les administrations publiques ainsi que la finance, les assurances, et les services immobiliers et de location.

Graphique 2  Graphique 2: Variation de l'emploi dans certains secteurs, février à avril 2020, Canada
Variation de l'emploi dans certains secteurs, février à avril 2020, Canada

L'ampleur croissante de la crise économique liée à la COVID-19 dans le secteur des biens en avril a équilibré les effets cumulatifs de la crise à l'échelle régionale. De février à avril, l'emploi a reculé de 14,4 % dans les régions à l'extérieur des RMR et des agglomérations de recensement (AR), dans lesquelles le secteur des biens est à l'origine d'une proportion relativement élevée d'emplois (29,8 %, comparativement à 17,7 % dans les RMR et les AR). Au cours de la même période, l'emploi a diminué de 15,6 % dans les RMR et les AR.

Les baisses de l'emploi observées dans les secteurs des biens et des services dépassent celles enregistrées au cours des ralentissements antérieurs du marché du travail

Dans les secteurs des services et des biens, les baisses de l'emploi observées au cours des deux mois qui ont suivi février ont été proportionnellement plus prononcées que les diminutions enregistrées pendant chacun des trois principaux ralentissements du marché du travail enregistrés depuis 1980.

À mesure que l'activité économique sera relancée une industrie après l'autre à la suite de la crise économique liée à la COVID-19, le temps nécessaire à la reprise des activités sera crucial.

Après les ralentissements antérieurs, l'emploi dans les services s'est redressé relativement rapidement; il est revenu aux niveaux atteints avant le ralentissement en l'espace de quatre mois en moyenne. Par ailleurs, il a fallu en moyenne plus de six ans pour que l'emploi dans le secteur des biens revienne à des niveaux d'avant la récession à la suite des récessions de 1981-1982 et de 1990-1992. Après la crise financière mondiale de 2008-2009, il a fallu 10 ans pour que l'emploi dans le secteur des biens retourne à son niveau d'avant la crise.

Graphique 3  Graphique 3: Baisses de l'emploi plus prononcées depuis février 2020 que durant n'importe laquelle des trois dernières récessions notables
Baisses de l'emploi plus prononcées depuis février 2020 que durant n'importe laquelle des trois dernières récessions notables

Les baisses de l'emploi s'étendent à la construction et à la fabrication

L'emploi dans le secteur de la construction a reculé de 314 000 ou de 21,1 % en avril, après être demeuré pratiquement inchangé en mars. La construction au Québec a été particulièrement touchée; l'emploi dans le secteur a diminué de 38,6 % en avril. Le gouvernement du Québec a ordonné la fermeture de tous les chantiers de construction le 23 mars, après la semaine de référence de l'EPA de mars, avant de permettre à certains chantiers de construction résidentielle de reprendre leurs activités le 20 avril, après la fin de la semaine de référence d'avril.

Comparativement à février, l'emploi dans la fabrication a diminué de 302 000 ou de 17,3 %; la baisse a presque entièrement eu lieu en avril. L'emploi dans le matériel de transport, les machines et les produits métalliques ouvrés a connu la diminution la plus prononcée depuis février, ce qui laisse entrevoir un engorgement dans la chaîne d'approvisionnement et une baisse de la demande pour certains produits. Parallèlement, l'emploi dans la fabrication d'aliments est demeuré relativement stable.

L'emploi dans les services d'hébergement et de restauration a reculé de 50,0 % (-615 000) de février à avril. L'emploi a diminué le plus dans les professions liées au service des aliments et des boissons ainsi que dans le personnel de cuisine. Le nombre de gestionnaires a reculé dans une moindre mesure. En avril, le nombre d'heures travaillées dans les services d'hébergement et de restauration a diminué de 38,6 % après avoir déjà reculé en mars. Depuis février, le nombre d'heures travaillées dans le secteur a diminué de 63,8 %.

Dans le commerce de gros et de détail, l'emploi a reculé de 582 000 ou de 20,2 % au cours des deux mois ayant pris fin en avril. Au cours de la même période, le nombre d'heures travaillées a diminué de 31,0 %. L'emploi dans les sous-secteurs liés aux aliments et aux boissons a reculé depuis février, mais proportionnellement moins que dans les sous-secteurs n'offrant pas de services jugés essentiels.

Malgré les défis importants auxquels sont confrontés les travailleurs de la santé de première ligne qui traitent les patients atteints de la COVID-19, l'emploi est demeuré stable dans les hôpitaux et dans les établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes depuis février. Des diminutions ont été observées dans d'autres industries des soins de santé toutefois, y compris les soins ambulatoires, qui comprennent les cabinets de médecins et de dentistes, ainsi que les laboratoires médicaux et d'analyses diagnostiques. De fortes baisses ont également été observées dans l'assistance sociale, qui comprend les services de garderie, ce qui a porté la diminution nette de l'emploi dans les soins de santé et l'assistance sociale à 129 000 (-5,3 %) depuis mars, et à 229 000 (-9,1 %) depuis février.

En mars et en avril, la demande intérieure et internationale de pétrole a diminué de façon prononcée, ce qui a entraîné des prix plus bas que jamais. Au cours de la semaine du 12 avril, l'emploi dans l'industrie pétrolière et gazière à forte intensité de capital s'est avéré résilient aux chocs de prix. Des répercussions pourraient être observées au cours des mois à venir. Depuis février, l'emploi dans le secteur élargi des ressources naturelles a reculé de 7,4 %; les mines et l'exploitation en carrière ont enregistré la plus grande variation de l'emploi et des heures travaillées.

Les petites entreprises subissent d'importantes répercussions en raison de la COVID-1

Les grandes entreprises et institutions semblent avoir été plus en mesure de maintenir en poste leurs employés que les petites entreprises, probablement en raison de leur capacité à mettre en place des mesures pour s'adapter à la crise économique liée à la COVID-19. Cette tendance a été observée dans toutes les industries, y compris dans le commerce de gros et de détail, dans la construction, dans la fabrication et dans le transport et l'entreposage.

Dans l'ensemble, l'emploi dans les entreprises comptant 100 employés ou plus a diminué de 12,6 % (données non désaisonnalisées) de février à avril. L'emploi dans les entreprises comptant de 20 à 99 employés a reculé de 25,1 %, tandis qu'il a diminué de 30,8 % dans les petites entreprises (comptant moins de 20 employés).

La crise économique liée à la COVID-19 continue de se répercuter sur le total des heures travaillées

Dans l'ensemble, le nombre total d'heures travaillées a diminué de 14,9 % en avril par rapport à mars, et de 27,7 % par rapport à février.

Graphique 4  Graphique 4: Variation des heures travaillées (%), par industrie, Canada, février à avril 2020, données désaisonnalisées
Variation des heures travaillées (%), par industrie, Canada, février à avril 2020, données désaisonnalisées

Graphique 5  Graphique 5: Heures travaillées, variation en (%), par province, février à avril 2020, données désaisonnalisées
Heures travaillées, variation en (%), par province, février à avril 2020, données désaisonnalisées

Perturbation et adaptation : Changement du lieu de travail

Le nombre de Canadiens qui ont travaillé à partir de leur domicile en avril a augmenté de 3,3 millions

Dans le but de mieux comprendre l'ampleur des mesures déjà prises par les employeurs et les travailleurs canadiens en réponse à la crise économique liée à la COVID-19, ainsi que pour faire la lumière sur d'autres changements possibles, l'EPA d'avril comprenait des questions supplémentaires sur le travail à domicile.

Au cours de la semaine du 12 avril, 12,0 millions de Canadiens occupaient un emploi et ont travaillé plus que 50 % de leurs heures de travail habituelles. Environ 5,0 millions d'entre eux ont travaillé la plupart de leurs heures de travail de leur domicile. Cela comprend 3,3 millions de travailleurs qui travaillent habituellement à un endroit autre que leur domicile. Il est raisonnable de penser que ces travailleurs ont changé de lieu de travail en raison de la crise économique liée à la COVID-19.

Cette capacité à s'adapter rapidement n'était toutefois pas la même dans l'ensemble de l'économie. Le recours au travail à domicile différait grandement d'une industrie à l'autre en avril, en raison d'un certain nombre de facteurs, dont la nécessité requise par certains emplois de travailler en proximité physique avec d'autres, comme les collègues, les clients et le public.

Dans la plupart des industries qui requièrent une plus grande proximité physique avec d'autres, une proportion relativement faible d'employés qui ont travaillé au moins une heure ont effectué leur travail à domicile. Ces industries comprennent les services d'hébergement et de restauration (8,4 %), la construction (19,0 %) ainsi que le commerce de gros et de détail (20,8 %). Ces mêmes industries ont connu certaines des baisses de l'emploi les plus marquées depuis février (infographie 6). Lorsque les directives sur l'éloignement physique seront ajustées et que l'activité économique reprendra progressivement secteur après secteur, il sera essentiel d'évaluer la mesure dans laquelle le milieu de travail peut être adapté, autrement que par le travail à domicile, dans ces industries.

Par contre, dans les industries qui requièrent une moins grande proximité avec d'autres, une grande part des travailleurs ont effectué leur travail à domicile en avril. Cela comprend les travailleurs des services professionnels, scientifiques et techniques (75,5 %), de la finance, des assurances et des services immobiliers et de location (67,4 %), ainsi que des administrations publiques (62,6 %). Ces dernières ont enregistré moins de pertes d'emplois par rapport aux autres industries depuis février et il pourrait leur être plus facile de reprendre l'ensemble de leurs activités, que ce soit en poursuivant le travail à domicile ou en investissant possiblement dans des mesures d'adaptation du lieu de travail.

Infographie 6  Vignette de l'infographie 6: Les pertes d'emploi ont été les plus grandes dans les secteurs qui requièrent une proximité physique avec d'autres et dans ceux où le travail à domicile est moins fréquent
Les pertes d'emploi ont été les plus grandes dans les secteurs qui requièrent une proximité physique avec d'autres et dans ceux où le travail à domicile est moins fréquent

Différentes répercussions sur le marché du travail

Les travailleurs vulnérables continuent d'être les plus touchés

En avril, les baisses de l'emploi ont continué à être plus prononcées dans les emplois les plus précaires, comme les emplois temporaires et les emplois qui ne sont pas syndiqués.

Au cours de la période de deux mois qui a suivi février, l'emploi (données non désaisonnalisées) a diminué de 17,8 % parmi l'ensemble des employés rémunérés. Une baisse plus importante que la moyenne a été enregistrée chez les employés occupant un emploi temporaire (-30,2 %), chez les employés occupant leur emploi depuis un an ou moins (-29,5 %), et chez les employés non syndiqués ou non couverts par une convention collective (-21,2 %). Des reculs prononcés ont également été observés chez les employés qui ont gagné moins des deux tiers du salaire horaire médian de 2019, lequel s'élevait à 24,04 $ (-38,1 %), et chez ceux qui sont rémunérés à l'heure (-25,1 %).

Ces résultats concordent avec les baisses observées dans les services d'hébergement et de restauration ainsi que dans le commerce de gros et de détail, qui comprennent des proportions plus élevées de travailleurs ayant ces caractéristiques. Malgré ces reculs, environ 1 million de personnes occupant des emplois peu rémunérés, non syndiqués et rémunérés à l'heure ont travaillé au moins une partie de leurs heures durant la semaine de référence en avril. Parmi elles, 89,1 % ont travaillé à un endroit autre que la maison. Les deux tiers des personnes ayant travaillé à l'extérieur de la maison occupaient un emploi dans les services d'hébergement et de restauration ou dans le commerce de gros et de détail, deux industries ayant une proportion relativement élevée de travailleurs dont les fonctions requièrent habituellement une proximité physique avec d'autres.

Graphique 6  Graphique 6: Variation de l'emploi parmi les employés rémunérés selon les caractéristiques de l'emploi, février à avril 2020, Canada, données non désaisonnalisées
Variation de l'emploi parmi les employés rémunérés selon les caractéristiques de l'emploi, février à avril 2020, Canada, données non désaisonnalisées

Le salaire moyen augmente alors que les emplois moins bien rémunérés disparaissent

Par rapport à un an plus tôt, le salaire horaire moyen a augmenté de 10,8 % en avril, principalement sous l'effet d'une hausse de 7,3 % observée de février à avril. Cette croissance s'explique en partie par les baisses plus importantes de l'emploi dans des industries où les emplois sont relativement moins bien rémunérés, ce qui a entraîné une hausse du salaire moyen.

Depuis février, plus de la moitié de la diminution de l'emploi observée dans le secteur des services s'est concentrée dans les services d'hébergement et de restauration ainsi que dans le commerce de gros et de détail, deux des industries où la rémunération est la plus faible. Parallèlement, une proportion relativement plus élevée de personnes ont conservé leur emploi dans des industries compatibles avec le travail à domicile, comme celles des administrations publiques et des services professionnels, scientifiques et techniques, deux des industries offrant les salaires les plus élevés.

Graphique 7  Graphique 7: Évolution de la répartition des salaires horaires en raison des baisses de l'emploi plus importantes dans les industries où la rémunération est relativement faible, Canada, février à avril 2020
Évolution de la répartition des salaires horaires en raison des baisses de l'emploi plus importantes dans les industries où la rémunération est relativement faible, Canada, février à avril 2020

Hausse du nombre de personnes vivant dans des familles dans lesquelles aucun membre n'occupe un emploi

Au cours de la période de deux mois ayant suivi février, le nombre de personnes âgées de 15 ans et plus vivant dans des familles économiques (qui comprennent les personnes vivant seules) dans lesquelles aucun membre n'occupe un emploi a augmenté de 23,5 % (+1 655 000) (données non désaisonnalisées).

Le nombre de personnes vivant au sein de couples dont un seul membre occupe un emploi s'est accru de 27,3 % (+1 134 000), tandis que le nombre de personnes vivant au sein de couples dont aucun des membres n'occupe un emploi a augmenté de 22,5 % (+845 000). Le nombre de parents seuls sans emploi a progressé de 53,9 % (+126 000) (données non désaisonnalisées).

Un peu plus d'un Canadien sur cinq vit dans un ménage ayant déclaré avoir de la difficulté à respecter ses obligations financières

La concentration relative des pertes d'emplois liées à la crise de la COVID-19 dans les emplois plus précaires soulève d'importantes questions quant à la capacité financière des Canadiens à s'adapter à la crise économique. Dans le but de faire la lumière sur ces enjeux, une question sur la capacité des ménages à effectuer des paiements de base, comme le loyer, l'hypothèque et l'épicerie, a été ajoutée à l'EPA d'avril.

Au cours de la semaine du 12 avril, un peu plus d'un Canadien sur cinq (21,1 %) vivait dans un ménage ayant déclaré avoir de la difficulté à respecter ses obligations financières immédiates. En 2018, la même question avait été posée dans le cadre de l'Enquête canadienne sur le logement et les résultats étaient similaires.

Bien que la proportion globale de Canadiens aux prises avec des difficultés financières immédiates soit demeurée plutôt stable, l'EPA d'avril fournit des données sur les groupes de travailleurs parmi lesquels les difficultés financières sont les plus fréquentes. Près d'un tiers (32,1 %) des chômeurs âgés de 15 à 69 ans vivaient dans un ménage éprouvant des difficultés, comparativement à 21,9 % des personnes inactives et à 17,5 % des personnes en emploi. Parmi les personnes en emploi, celles qui avaient travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles étaient proportionnellement plus nombreuses (26,1 %) à vivre dans un ménage éprouvant des difficultés que celles qui avaient travaillé l'ensemble ou la majorité de leurs heures habituelles au cours de la semaine de référence (15,3 %).

Premier portrait des demandeurs des programmes d'aide économique

Le 25 mars, le gouvernement fédéral a annoncé le lancement de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) qui vise à compléter le programme d'assurance-emploi et à atténuer les répercussions de la perte d'un emploi en raison de la crise économique liée à la COVID-19. Dans le but de dresser un portrait des demandeurs de la PCU et du programme d'assurance-emploi, l'EPA d'avril comprenait une question supplémentaire sur les demandes présentées dans le cadre de ces programmes.

Emploi et Développement social Canada a annoncé qu'en date du 19 avril, c'est-à-dire le premier jour des interviews de l'EPA d'avril, 6,7 millions de Canadiens avaient présenté une demande de PCU depuis le 15 mars.

Selon les résultats de l'EPA, parmi les personnes qui ont présenté une demande de prestations d'assurance-emploi ou une demande de PCU depuis le 15 mars, environ 6 sur 10 (59,6 %) faisaient partie du principal groupe d'âge actif des 25 à 54 ans. Environ 1 demandeur sur 5 (19,7 %) était un jeune âgé de 15 à 24 ans. Les demandeurs étaient autant des femmes (50,8 %) que des hommes (49,2 %).

Parmi les personnes de 15 à 69 ans qui vivaient dans un ménage déclarant avoir de la difficulté à respecter ses obligations financières, 21,4 % ont indiqué qu'elles avaient présenté une demande de prestations d'assurance-emploi ou une demande de PCU depuis le 15 mars. À titre de comparaison, 9,8 % des personnes qui vivaient dans un ménage déclarant qu'il était facile de respecter ses obligations financières avaient présenté une demande.

L'emploi diminue plus rapidement chez les jeunes

La COVID-19 a eu des répercussions proportionnellement plus importantes chez les jeunes Canadiens (âgés de 15 à 24 ans). En tant que groupe, ces derniers sont plus susceptibles d'occuper des emplois plus précaires dans des industries durement touchées comme les services d'hébergement et de restauration. De février à avril, l'emploi chez les jeunes a diminué de 873 000 (-34,2 %), et 385 000 autres jeunes (ce qui correspond à 1jeune sur 4) qui ont conservé leur emploi en avril ont perdu l'ensemble ou la majorité de leurs heures de travail habituelles (données non désaisonnalisées). L'emploi a davantage reculé chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans (-40,4 %) que chez ceux âgés de 20 à 24 ans (-31,1 %), ce qui s'explique par la nature plus précaire des emplois qu'occupent les jeunes de la première catégorie.

Parmi les étudiants 15 à 24 ans en avril, le taux de chômage a augmenté pour s'établir à 31,7 % (données non désaisonnalisées), ce qui signifie que de nombreux jeunes pourraient éprouver des difficultés à continuer de payer leurs études. Chez les jeunes non-étudiants, un peu plus de la moitié d'entre eux occupaient un emploi en avril, ce qui représente une baisse comparativement aux trois quarts enregistrés en février (données non désaisonnalisées).

Les pertes d'emplois se sont réparties plus également entre les hommes et les femmes en avril

Tandis que les femmes ont enregistré une part disproportionnée des pertes d'emplois en mars, les baisses observées en avril ont été plus prononcées chez les hommes, ce qui a diminué l'écart entre les sexes pour ce qui est des baisses cumulatives de l'emploi. Parmi l'ensemble de la population âgée de 15 ans et plus, les baisses de l'emploi enregistrées de février à avril se sont élevées à 1 537 000 (-16,9 %) pour les femmes et à 1 468 000 (-14,6 %) pour les hommes.

Chez les femmes du principal groupe d'âge actif, l'emploi a reculé de 790 000 (-13,2 %) de février à avril, tandis que 1 057 000 (20,3 %) autres femmes sont demeurées en emploi en avril, mais ont perdu l'ensemble ou la majorité de leurs heures de travail habituelles (données non désaisonnalisées). Les proportions étaient semblables pour les hommes du principal groupe d'âge actif; l'emploi dans ce groupe d'âge a reculé de 773 000 (-12,0 %), et 1 049 000 (18,6 %) autres hommes de ce groupe ont perdu l'ensemble ou la majorité de leurs heures de travail habituelles (données non désaisonnalisées).

Bien que les hommes et les femmes du principal groupe d'âge actif aient connu des diminutions de l'emploi comparables dans l'ensemble, presque toute la baisse de l'emploi (92,9 %) chez les hommes du principal groupe d'âge actif de février à avril a été observée chez les travailleurs à temps plein, comparativement à 69,9 % chez les femmes. Ces résultats, combinés avec les différentes industries dans lesquelles les hommes et les femmes ont perdu leur emploi (par exemple, chez les hommes, un plus grand nombre de pertes d'emplois ont été enregistrées dans la construction, et un moins grand nombre, dans le commerce de détail), laissent supposer que les défis associés à la relance de l'économie à la suite de la crise économique liée à la COVID-19 pourraient être différents chez les hommes et chez les femmes.

Graphique 8  Graphique 8: Variation de l'emploi selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, février à avril 2020
Variation de l'emploi selon le groupe d'âge et le sexe, Canada, février à avril 2020

Les immigrants très récents sont plus durement touchés par les répercussions de la COVID-19 sur le marché du travail

L'emploi chez les immigrants très récents (cinq ans ou moins) a diminué de façon plus prononcée de février à avril (-23,2 %) que chez les personnes nées au Canada (-14,0 %). Ces résultats sont en partie attribuables au fait que les personnes de ce groupe étaient plus susceptibles que les personnes nées au Canada de travailler dans des industries qui ont été particulièrement touchées par la crise économique liée à la COVID-19, comme les services d'hébergement et de restauration, et qu'elles étaient moins susceptibles de travailler dans des industries moins durement touchées, comme les administrations publiques.

L'emploi parmi la population totale d'immigrants reçus a reculé de 18,0 % de février à avril (données non désaisonnalisées), alors que les immigrants établis (plus de 10 ans) (-17,0 %) et les immigrants récents (plus de 5 ans jusqu'à 10 ans) (-17,4 %) s'en sont mieux tirés que leurs homologues qui sont arrivés au Canada très récemment.

Peu de différences ont été observées entre les Autochtones et les non-Autochtones au Canada

Comparativement à février, la baisse de l'emploi enregistrée en avril parmi la population autochtone hors réserve (-16,2 %) a été comparable à celle observée parmi la population non autochtone (-15,3 %) (données non désaisonnalisées). En 2019, le taux d'emploi parmi la population autochtone hors réserve s'est établi à 57,5 %, par rapport à 62,1 % parmi la population non autochtone. Cet écart pourrait avoir une incidence sur la capacité de ces groupes à se remettre de la crise économique liée à la COVID-19.

Regard vers l'avenir : L'avenir du marché du travail canadien

Les Canadiens craignent de nouvelles baisses de l'emploi

Alors que les restrictions imposées par suite de la crise économique liée à la COVID-19 sont assouplies et que l'activité économique reprend, un certain nombre de travailleurs canadiens ont un avenir immédiat incertain. Pour mieux comprendre cette incertitude, des questions sur la perception de la sécurité d'emploi ont été ajoutées à l'EPA du mois d'avril.

Au cours de la semaine du 12 avril, environ 4 Canadiens sur 10 (39,4 %) qui étaient en emploi, mais qui avaient travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles, craignaient de perdre leur emploi ou leur principale source de revenu provenant d'un travail autonome au cours des quatre prochaines semaines. Cette proportion était nettement plus élevée que celle des travailleurs qui ont travaillé l'ensemble ou la majorité de leurs heures de travail habituelles et qui ont exprimé la même préoccupation (11,0 %).

La proportion de travailleurs qui ont manifesté des inquiétudes par rapport à leur sécurité d'emploi a été la plus élevée parmi les travailleurs du secteur des autres services (29,2 %), qui comprend les services de soins personnels, et ceux du secteur des services d'hébergement et de restauration (28,4 %). Ces secteurs comptaient également la plus grande proportion de travailleurs qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles.

Peu de différences ont été observées entre les hommes et les femmes pour ce qui est de la proportion de travailleurs inquiets par rapport à l'avenir de leur emploi. Les travailleurs du principal groupe d'âge actif (15,1 %) étaient un peu moins susceptibles de manifester des inquiétudes que les jeunes (19,8 %) et les travailleurs plus âgés (19,0 %).

Le lien avec le marché du travail pourrait favoriser la reprise économique

À moyen et à long terme, la réintégration des travailleurs sur le marché du travail dépendra d'un certain nombre de facteurs, dont la mesure dans laquelle ils ont conservé un lien avec leur emploi le plus récent.

En avril, il y avait environ 5,8 millions de personnes qui n'ont pas travaillé et qui pourraient vraisemblablement retourner au travail lorsque les conditions sanitaires et économiques le permettront (données non désaisonnalisées). Parmi ces personnes, environ les deux tiers (3,8 millions) avaient un lien avec un emploi en particulier, c'est-à-dire qu'ils étaient en emploi, mais qu'ils n'ont travaillé aucune heure pour des raisons relatives à la COVID-19 ou qu'ils ont été temporairement mis à pied, ce qui signifie qu'ils s'attendaient à reprendre leur emploi au cours des six prochains mois.

Environ le tiers (2,0 millions de personnes) n'avait pas de lien avec un emploi actuel ou récent. On compte parmi ces personnes celles qui n'étaient pas en emploi pour d'autres raisons qu'une mise à pied temporaire et celles qui ne faisaient plus partie de la population active en mars ou en avril et qui ont déclaré vouloir un emploi. La proportion de personnes qui n'avaient pas de lien avec un emploi actuel ou récent était plus grande chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans (44,6 %) que chez leurs homologues du principal groupe d'âge actif (32,7 %) et que chez les personnes plus âgées (27,3 %). Les hommes (35,2 %) étaient légèrement plus susceptibles que les femmes (32,7 %) de se trouver dans cette situation.













Objectifs liés au développement durable

Le 1er janvier 2016, des pays du monde entier ont officiellement commencé à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, le plan d'action des Nations Unies axé sur la transformation qui vise à relever des défis mondiaux urgents au cours des 15 prochaines années. Ce plan repose sur 17 objectifs précis liés au développement durable.

L'Enquête sur la population active est un exemple de la manière dont Statistique Canada appuie le suivi des progrès relatifs aux objectifs mondiaux liés au développement durable. Le présent communiqué contribuera à mesurer les objectifs suivants :

  Note aux lecteurs

Les estimations de l'Enquête sur la population active (EPA) d'avril sont établies à partir des données recueillies pour la semaine allant du 12 au 18 avril.

Les estimations de l'EPA sont fondées sur un échantillon et sont donc sujettes à la variabilité d'échantillonnage. Par conséquent, les estimations mensuelles se caractériseront par une plus grande variabilité que les tendances observées sur de plus longues périodes. Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter l'article « Interprétation des variations mensuelles de l'emploi provenant de l'Enquête sur la population active ».

La présente analyse porte sur les différences entre les estimations qui sont statistiquement significatives à un niveau de confiance de 68 %.

Les estimations de l'EPA sont les premières d'une série d'indicateurs du marché du travail publiés par Statistique Canada, qui comprennent les indicateurs provenant de programmes tels que l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH), les Statistiques de l'assurance-emploi ainsi que l'Enquête sur les postes vacants et les salaires. Pour en savoir davantage sur les différences conceptuelles entre les estimations de l'emploi provenant de l'EPA et celles provenant de l'EERH, veuillez consulter la section 8 du Guide de l'Enquête sur la population active (Numéro au catalogue71-543-G).

Les territoires ne sont pas inclus dans les estimations de l'EPA à l'échelle du Canada.

En mars et avril 2020, toutes les interviews sur place ont été remplacées par des interviews téléphoniques pour protéger la santé des intervieweurs et des répondants. Par ailleurs, toutes les interviews téléphoniques ont été réalisées par des intervieweurs qui travaillaient à partir de leur domicile et aucune interview téléphonique n'a été menée à partir d'un centre d'appels de Statistique Canada. En avril, environ 42 200 interviews ont été réalisées, comparativement à 44 000 en mars.

La répartition des interviews de l'EPA d'avril 2020 par rapport à mars 2020 s'est faite comme suit :

Interviews sur place

• Mars 2020 0,0 %

• Avril 2020 0,0 %

Interviews téléphoniques menées à partir des centres d'appels

• Mars 2020 0,0 %

• Avril 2020 0,0 %

Interviews téléphoniques menées à partir du domicile des intervieweurs

• Mars 2020 71,0 %

• Avril 2020 69,7 %

Interviews en ligne

• Mars 2020 29,0 %

• Avril 2020 30,3 %

Le taux d'emploi représente le nombre de personnes occupées exprimé en pourcentage de la population de 15 ans et plus. Le taux d'emploi d'un groupe particulier (par exemple les jeunes âgés de 15 à 24 ans) correspond au nombre de personnes occupées dans ce groupe exprimé en pourcentage de la population dans ce même groupe.

Le taux de chômage représente le nombre de chômeurs exprimé en pourcentage de la population active (personnes occupées et chômeurs).

Le taux d'activité représente le nombre de personnes occupées et de chômeurs exprimé en pourcentage de la population.

L'emploi à temps plein comprend les personnes qui travaillent habituellement 30 heures ou plus par semaine à leur emploi principal ou à leur emploi unique.

L'emploi à temps partiel comprend les personnes qui travaillent habituellement moins de 30 heures par semaine à leur emploi principal ou à leur emploi unique.

Le total des heures travaillées désigne le nombre d'heures effectivement travaillées par le répondant à son emploi principal au cours de la semaine de référence, y compris les heures rémunérées et non rémunérées. Ces heures rendent compte des diminutions ou des augmentations temporaires des heures de travail (par exemple les heures perdues pour cause de maladie, de vacances, de jours fériés ou de conditions météorologiques, ou encore le plus grand nombre d'heures travaillées en raison des heures supplémentaires).

En général, la variation d'un mois à l'autre ou d'une année à l'autre du nombre de personnes en emploi au sein d'un groupe d'âge est le résultat net de deux facteurs : (1) le nombre de personnes ayant changé de situation d'emploi entre les périodes de référence, et (2) le nombre de personnes en emploi ayant joint ou quitté le groupe d'âge (y compris par vieillissement, par décès ou par migration) entre les périodes de référence.

Indicateurs supplémentaires utilisés dans l'analyse d'avril 2020

En emploi, n'a travaillé aucune heure — inclut les employés et les travailleurs autonomes qui ont été absents pour un total de six semaines ou moins; exclut les absences en raison de vacances, d'un congé de maternité ou d'un conflit de travail.

En emploi, a travaillé moins de 50 % des heures habituelles — inclut les employés et les travailleurs autonomes, mais la raison des absences est demandée uniquement aux employés; exclut les absences en raison de vacances, d'un conflit de travail, d'un congé de maternité, d'un jour férié ou de mauvais temps; exclut également les personnes qui étaient absentes toute la semaine.

Inactif, voulait travailler et a travaillé pendant le mois précédent ou le mois en cours — inclut les personnes qui ont travaillé en mars ou en avril et qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, car elles attendaient d'être rappelées à leur ancien emploi, attendaient que des employeurs leur répondent, croyaient qu'il n'y avait pas de travail (dans la région ou correspondant à leurs compétences), avaient un emploi à long terme qui devait commencer à une date ultérieure, ou autre.

Inactif, voulait travailler, mais n'a pas travaillé pendant le mois précédent ou le mois en cours — inclut les personnes qui n'ont pas travaillé en mars ou en avril et qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, car elles attendaient d'être rappelées à leur ancien emploi, attendaient que des employeurs leur répondent, croyaient qu'il n'y avait pas de travail (dans la région ou correspondant à leurs compétences), avaient un emploi à long terme qui devait commencer à une date ultérieure, ou autre.

Le taux de récente sous-utilisation de la main d'œuvre combine les chômeurs avec les personnes inactives qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, et les personnes qui sont demeurées en emploi, mais qui ont perdu l'ensemble ou la majorité de leurs heures de travail habituelles en proportion de la population active potentielle.

La population active potentielle (définition spéciale pour mesurer les répercussions de la COVID-19) comprend les personnes actives (les personnes en emploi et les chômeurs) et les personnes inactives qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, car elles attendaient d'être rappelées à leur ancien emploi, attendaient que des employeurs leur répondent, croyaient qu'il n'y avait pas de travail (dans la région ou correspondant à leurs compétences), avaient un emploi à long terme qui devait commencer à une date ultérieure, ou autre.

Désaisonnalisation

À moins d'indication contraire, les estimations du présent communiqué sont désaisonnalisées, ce qui facilite la comparaison, car les effets des variations saisonnières sont supprimés. Pour obtenir plus de renseignements sur la désaisonnalisation, veuillez consulter le document Données désaisonnalisées — Foire aux questions.

Prochaine diffusion

Le prochain communiqué de l'EPA paraîtra le 5 juin.

Produits

L'infographie « COVID-19 et le marché du travail en avril 2020 » est maintenant accessible.

Il est possible d'obtenir de plus amples renseignements en ligne sur les concepts et l'utilisation de l'Enquête sur la population active dans le Guide de l'Enquête sur la population active (Numéro au catalogue71-543-G).

Il est également possible de consulter le produit « L'Enquête sur la population active en bref : appli interactive » (Numéro au catalogue14200001). Cette application de visualisation interactive fournit des estimations désaisonnalisées selon la province, le sexe, le groupe d'âge et le secteur. Des données historiques remontant à cinq ans sont également comprises pour les variations mensuelles de l'emploi et du taux de chômage. L'application interactive permet aux utilisateurs de parcourir et de personnaliser rapidement et facilement l'information présentée. Ils peuvent même combiner plusieurs provinces, sexes et groupes d'âge pour créer leurs propres domaines d'intérêt relatifs au marché du travail.

Il est également possible de consulter le produit « Indicateurs du marché du travail, selon la province et la région métropolitaine de recensement, données désaisonnalisées » (Numéro au catalogue71-607-X). Ce tableau de bord interactif propose un accès facile et personnalisable aux indicateurs clés du marché du travail. Les utilisateurs peuvent maintenant créer une carte et un graphique interactifs qui leur permettront de visualiser les caractéristiques de la population active à l'échelle nationale ou provinciale, ou selon la région métropolitaine de recensement.

Il est également possible de consulter le produit « Indicateurs du marché du travail, selon la province, le territoire et la région économique, données non désaisonnalisées » (Numéro au catalogue71-607-X). Cette application Web dynamique donne accès aux indicateurs du marché du travail de Statistique Canada pour le Canada, les provinces, les territoires et les régions économiques, et permet aux utilisateurs d'obtenir un aperçu des indicateurs clés du marché du travail, de consulter le classement géographique pour chaque indicateur en utilisant une carte et un tableau interactifs ainsi que d'insérer facilement des données dans d'autres programmes.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec nous au 514-283-8300 ou composer sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca).

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