Répartition de l’échantillon pour une estimation efficace sur petits domaines par modélisation
Section 2. Répartitions par modélisation
2.1 Choix du modèle
Pfeffermann (2013) présente une grande variété de modèles et de méthodes
pour l’estimation de petits domaines. Notre modèle constitue l’un de cette
collection, soit un modèle mixte au niveau de l’unité.
où les
sont des effets aléatoires de
domaine à moyenne zéro et à variance
et où les
sont des effets aléatoires à
moyenne zéro et à variance
De plus,
et
(variance totale). La matrice
est une matrice des
variances-covariances de la variable étudiée
Le modèle peut être employé
quand on dispose de valeurs au niveau de l’unité pour les variables auxiliaires
Dans notre étude, nous utilisons
une seule variable auxiliaire.
Il nous faut deux mesures importantes pour réaliser un de ces types
de répartition, soit la corrélation intradomaine commune
et le rapport
entre les composantes de la
variance. Le tout se définit ainsi :
Avant d’estimer les paramètres de domaine, nous devons
estimer les composantes de la variance, les coefficients de régression et les
effets de domaine à partir des données de l’échantillon. Nous obtenons
l’estimateur BLUE (pour Best Linear Unbiased Estimator)
de
noté
selon la théorie du modèle
linéaire généralisé, et nous le remplaçons par sa contrepartie EBLUP (meilleur prédicteur linéaire sans biais
empirique)
L’estimation EBLUP (valeur prévue) du total de domaine
de la variable étudiée est la
somme des valeurs
observées et des valeurs
estimées pour les unités hors
échantillon :
Nous utilisons l’approximation de Prasad-Rao (voir Rao 2003) de
l’erreur quadratique moyenne (EQM) pour des populations finies :
où
les quatre composantes
et
se définissent de la manière suivante :
Les
tailles d’échantillon de domaine
dépendent de l’échantillon et ne sont pas
fixes. La composante
contient le rapport spécifique de domaine
D’après Nissinen (2009, page 53),
la composante
(que nous appellerons simplement
contribue généralement pour plus de 90 % à
l’EQM estimée. Elle représente l’incertitude quant à la variation entre les
domaines. Bien sûr, la variation doit être assez ample pour que la proportion
soit forte pour
Malheureusement, le choix d’une
solution analytique, où on minimise la somme des EQM sur les domaines sous
réserve de
est difficile et longue à
réaliser, puisque les composantes de l’approximation de l’EQM (2.5) comprennent
l’information inconnue de l’échantillon et que certaines composantes consistent
en un traitement sur matrice complexe et en des opérations sur variances-covariances.
Nous avons examiné ce problème de répartition pour la première fois dans une
étude expérimentale (Keto et Pahkinen 2009). Nous avons élaboré un mode de
répartition reposant seulement sur la composante
et la variable auxiliaire
Cette solution se justifie
parce que
et
sont en corrélation et que la
variation interdomaine dans
est transférée à
2.2 Répartition g1 fondée sur un modèle
La répartition
se fait au moyen de la
variable auxiliaire
et le coefficient ajusté
d’homogénéité (Keto et Pahkinen 2014). Ce coefficient est une approximation
d’une corrélation intraclasse (CIC) connue dans l’échantillonnage en
grappes. Dans le présent cas, nous considérons un domaine comme une grappe.
D’abord, nous faisons une analyse de variance classique (ANOVA) entre domaines,
ce qui nous amène à calculer une mesure ajustée d’homogénéité de la variation
entre domaines :
où
est le coefficient de
détermination de l’analyse de régression, où CMI (carré moyen intragroupe) est
la moyenne de la somme des carrés pour les domaines
et où
est la variance de la variable auxiliaire
Comme l’EQM du total de domaine est
complexe, nous employons seulement la composante
en (2.4) et (2.5), pour la
raison mentionnée à la section 2.1. Nous recherchons le minimum pour la
somme des
sur les domaines :
sous réserve de
Nous prenons la méthode des
multiplicateurs de Lagrange pour dégager la solution. Nous définissons donc la
fonction
des tailles d’échantillon
et de
Nous fixons à zéro la dérivée de
par rapport à la taille
d’échantillon de domaine
et résolvons pour
Voici la formule qui s’applique
à la taille d’échantillon de domaine
où le rapport
et la corrélation intradomaine
sont définis en (2.2). Le seul
membre inconnu en (2.9) est la corrélation intradomaine
Nous remplaçons donc
par la mesure d’homogénéité
connue (2.6) de la variable auxiliaire
Voici la forme que prend
finalement l’expression dans le calcul des tailles d’échantillon de
domaine :
Il est facile de démontrer que
Les tailles d’échantillon
calculées sont arrondies à l’entier le plus proche. Parfois, des compromis sont
inévitables. De l’examen de (2.10), nous pouvons conclure que la taille
d’échantillon augmente avec la taille de domaine
mais non proportionnellement.
Dans certains cas comme lorsque le coefficient d’homogénéité, la taille
d’échantillon globale
ou la taille de domaine
est faible, le calcul peut
donner une valeur négative de taille d’échantillon de domaine
Nous remplaçons alors la
valeur négative par une valeur nulle. Un cas d’espèce se présente si la
variation totale intervient seulement entre les domaines, auquel cas la mesure
d’homogénéité (2.6) se ramène à l’unité et (2.10), à la répartition
proportionnelle.
2.3 Répartition
MC assistée d’un modèle
Molefe et Clark (2015) ont utilisé
l’estimateur composite suivant de la moyenne de la variable étudiée
pour le domaine
Cet estimateur en combine deux, à
savoir l’estimateur synthétique
où
est le coefficient de régression
estimé et
la moyenne de population de
domaines des variables auxiliaires
et l’estimateur direct
où
et
sont les moyennes d’échantillon
de domaines
pour
et
Nous employons une seule
variable auxiliaire dans notre étude. Les coefficients
visent à minimiser l’EQM de l’estimateur (2.11). L’EQM approchée basée sur le
plan pour l’estimateur dans certaines conditions et hypothèses est donnée par
l’expression
où
est la variance
d’échantillonnage de l’estimateur synthétique
et où
est le biais lorsque
sert à estimer
désignant l’espérance approchée basée
sur le plan de
La population contient
unités et
strates définies comme
domaines, et on emploie un échantillonnage stratifié. Nous prélevons un
échantillon aléatoire EASSR (Échantillonnage aléatoire simple sans remise) de
unités dans la strate
contenant
unités. La taille relative de
domaine
est
Nous posons un modèle linéaire
à deux niveaux conditionnel
aux valeurs de
avec des effets aléatoires de
strate sans corrélation
et des effets aléatoires
où
renvoie à toutes les unités de
la strate
Ce modèle implique que
pour toutes les unités de
population et que
est égal à
pour les unités
dans la même strate et à zéro
pour les unités d’autres strates, où
Nous définissons une hypothèse
simplifiée selon laquelle il y a égalité
pour toutes les strates.
Après avoir posé un certain nombre
d’autres hypothèses de simplification et calculé le poids optimal
en (2.12), nous dégageons par
anticipation l’EQM approchée optimale finale ou procédons avec modèle :
Ensuite, nous définissons et
élaborons le critère
en formule approchée finale à
l’aide des EQM par anticipation des estimateurs de la moyenne de petit domaine
et de la moyenne globale pour la répartition fondée sur un modèle :
Nous obtenons des tailles d’échantillon
optimales pour les domaines en minimisant (2.15) sous réserve de
L’expression (2.15) suit
l’idée de Longford (2006). Le poids
traduit la priorité
inférentielle (importance) du domaine
avec
et
La quantité
est un coefficient de
priorité relative au niveau de la population. Si nous excluons comme but
l’estimation de la moyenne de population, nous avons
et l’attention se porte alors
seulement sur l’estimation au niveau du domaine. Par ailleurs, plus la valeur
de
augmente, plus la deuxième
composante en (2.15) domine et plus l’estimation au niveau du domaine est
écartée.
Nous supposons d’abord que l’estimation
de population n’est pas prioritaire
et que le coût d’enquête par
unité est fixe. Dans ce cas, la minimisation de (2.15) par rapport à
a une solution unique
La formule (2.16) contient deux
paramètres inconnus, à savoir la corrélation intraclasse
et la variance spécifique de
domaine
Nous remplaçons
par un coefficient ajusté
d’homogénéité de la variable auxiliaire
Ce coefficient approche la
valeur CIC de corrélation intraclasse (section 2.2). Nous substituons au
paramètre
la variance de
dans le domaine
Si nous optons pour ce double
remplacement, c’est que
est en corrélation avec
Si en plus l’estimation de population
est prioritaire
(2.16) ne s’applique pas et
doit être minimisé numériquement
par la méthode PNL, comme nous l’avons fait (Excel Solver, option PNL), par
exemple.
Tableau 2.1
Récapitulation des répartitions fondées sur un modèle et assistées d’un modèle
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Récapitulation des répartitions fondées sur un modèle et assistées d’un modèle. Les données sont présentées selon Méthode (titres de rangée) et Calcul de la taille d’échantillon xxxxx pour le domaine xxxxx et Niveau d’optimalité (figurant comme en-tête de colonne).
| Méthode |
Calcul de la taille d’échantillon
pour le domaine
|
Niveau d’optimalité |
| Méthode
fondée sur un modèle |
où
est la mesure ajustée d’homogénéité de la variable auxiliaire
|
Domaine |
| Méthode MCG0 assistée d’un modèle |
|
Domaine et population à la fois |
| Méthode MCG50 assistée d’un modèle |
Minimisation de
par rapport à
Le paramètre
est remplacé par
et
par
|