Les armes à feu et les crimes violents au Canada, 2024
par Samuel Perreault
Début de l'encadré
Faits saillants
- Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu représentaient 2,6 % de l’ensemble des crimes violents déclarés par la police en 2024.
- Les services de police au Canada ont déclaré 14 488 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, soit presque 200 de moins qu’en 2023. Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a ainsi connu sa plus forte baisse en plus de 10 ans pour passer de 37,6 affaires pour 100 000 habitants en 2023 à 36,0 affaires pour 100 000 habitants en 2024.
- Certaines provinces ont enregistré une hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2023 à 2024. C’est le cas de Terre-Neuve-et-Labrador (+30,7 %), de l’Ontario (+6,3 %) et du Québec (+0,8 %). Dans les territoires, le Yukon (+24 %) et les Territoires du Nord-Ouest (+7,3 %) ont également enregistré une hausse.
- La région métropolitaine de recensement (RMR) de Toronto a connu une hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (+12 %), lequel a atteint son plus haut niveau en 15 ans (44,8 affaires pour 100 000 habitants). Les RMR de Guelph (+85 %), de Drummondville (+52 %) et de St. John’s (+42 %) ont aussi enregistré des hausses annuelles substantielles. À l’inverse, la majorité des RMR de la Colombie-Britannique et de l’Alberta ont affiché des baisses, contribuant ainsi à la baisse observée à l’échelle nationale.
- Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions rurales du nord des provinces (172,2 affaires pour 100 000 habitants) était près de cinq fois plus élevé que la moyenne nationale (36,0 affaires pour 100 000 habitants). Les régions rurales du nord des provinces ont vu leur taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu augmenter de 2,7 % par rapport à 2023 et de 167 % depuis 2014.
- Comme en 2023, environ la moitié (49 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient été commis à l’aide d’une arme de poing en 2024. Cette proportion affiche une tendance à la baisse; elle était de 56 % en 2014. Le nombre de crimes commis à l’aide d’une arme de poing a augmenté durant cette période (+46 %), mais les crimes commis au moyen d’une carabine (+52 %), d’une arme automatique ou à canon scié (+98 %) ou d’un autre type (+124 %) ont augmenté plus rapidement.
- Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu — ont poursuivi leur hausse et représentaient 37 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024.
- Environ 4 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 étaient attribuables au crime organisé ou aux gangs, ce qui représente près de 3 crimes violents attribuables aux gangs sur 10 (29 %). En 2018, 38 % des crimes violents attribuables au crime organisé ou aux gangs avaient été commis à l’aide d’une arme à feu.
- En 2024, près de 1 % des affaires de violence de la part d’un partenaire intime à l’égard d’une femme avaient été commises à l’aide d’une arme à feu. Cette proportion s’établissait à 0,73 % en 2014 et à 0,60 % en 2009. Les femmes victimes de violence de la part d’un partenaire intime étaient près de deux fois plus susceptibles que les hommes de voir une arme à feu être utilisée contre elles.
- En 2024, le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a diminué pour une deuxième année consécutive pour atteindre 0,69 affaire pour 100 000 habitants en 2024. Ce taux est néanmoins nettement plus élevé que celui observé 10 ans plus tôt (0,44 pour 100 000 habitants en 2014). Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu au Canada est aussi nettement supérieur aux taux enregistrés dans plusieurs pays comparables.
- La majorité (80 %) des auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu ne détenaient pas de permis de possession valide pour la classe d’arme utilisée.
- Près de 4 homicides commis à l’aide d’une arme à feu sur 10 (39 %) en 2024 étaient attribuables au crime organisé ou aux gangs, en baisse par rapport à 2023 (45 %) et par rapport à 10 ans plus tôt (44 % en 2014).
- Parmi les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024, près de 6 sur 10 (58 %) avaient été identifiés par la police comme les auteurs présumés d’au moins un autre crime violent survenu antérieurement entre 2018 et 2024. À titre de comparaison, cette proportion était de 39 % chez les auteurs présumés d’un crime violent commis sans arme à feu.
- Plus de la moitié (59 %) des hommes identifiés comme les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 avaient des antécédents récents de violence, et près de 1 sur 5 (18 %) avait des antécédents récents de violence commise à l’aide d’une arme à feu. Chez les femmes, ces proportions étaient de 48 % et de 8 %, respectivement.
- Les auteurs présumés des crimes les plus graves, comme les homicides et les vols qualifiés, et ceux dont le crime était soupçonné ou considéré être lié au crime organisé ou aux gangs, étaient plus susceptibles d’avoir eu des contacts antérieurs récents avec la police en lien avec des crimes violents, y compris des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu.
- Parmi les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014, près des deux tiers (65 %) ont ultérieurement été identifiés par la police comme les auteurs présumés d’au moins une autre affaire criminelle (sauf les délits de la route) survenue de 2014 à 2023. En comparaison, cette proportion était de 57 % chez les auteurs présumés d’un crime violent commis sans arme à feu.
Fin de l'encadré
Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu représentent une faible proportion de l’ensemble des crimes violents au Canada. Ils n’en demeurent pas moins une préoccupation de sécurité publique majeure en raison des répercussions importantes qu’ont ces crimes. Les armes à feu sont souvent en cause dans les crimes les plus graves, y compris ceux liés au crime organisé et aux gangs. Depuis une dizaine d’années, le nombre de victimes d’homicide décédées des suites de coups de feu a généralement surpassé le nombre de victimes tuées par des coups de couteau.
Les statistiques déclarées par la police révèlent une tendance générale à la hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis le milieu des années 2010 (Conroy, 2025; Perreault, 2024). Les données de l’Agence des services frontaliers du Canada montrent également une augmentation des saisies d’armes à feu à la frontière depuis 2020-2021Note . De plus, les nouvelles technologies comme les imprimantes 3D ont favorisé la multiplication des armes à feu de fabrication illicite.
Au cours des dernières années, plusieurs mesures pour réduire la criminalité impliquant les armes à feu ont été mises en place par les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral. Notamment, des modifications ont été apportées au Code criminel et à la Loi sur les armes à feu (Sécurité publique Canada, 2022a). L’ancien projet de loi C-21, Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en conséquence (armes à feu), a reçu la sanction royale le 15 décembre 2023 (Sécurité publique Canada, 2025a; Sécurité publique Canada, 2023) (voir l’encadré 4).
En s’appuyant sur les données du Programme de déclaration uniforme de la criminalitéNote et de l’Enquête sur les homicides, cet article de Juristat présente les tendances les plus récentes au sujet de l’enjeu complexe et sensible que sont les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. On y présente aussi certaines caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés. Pour la première fois, une analyse des auteurs présumés ayant eu des contacts répétés avec la police pour des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu vient compléter cet article. Les résultats permettront de mieux cerner qui sont les auteurs présumés les plus susceptibles d’être responsables d’une part disproportionnée de la criminalité par arme à feu. Ils contribueront à l’élaboration de mesures et de politiques ciblant les personnes les plus à risque de contacts répétés, offrant ainsi les meilleures perspectives de résultats en matière de lutte contre la criminalité par armes à feu.
Cet article a été produit avec le soutien financier de Sécurité publique Canada.
Début de l'encadré 1
Encadré 1
Définition et mesure des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu
Dans le présent article, un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu désigne un crime où une arme à feu était présente sur les lieux de l’affaire, et pour lequel la police a jugé que l’arme à feu était pertinente au crime, que celle-ci ait été utilisée ou non. Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — comme la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu — sont également comprisesNote .
Les crimes violents (ou infractions contre la personne) sont les infractions qui comprennent normalement le recours à un acte d’agression dans l’intention de faire du tort, ou la menace d’un tel acte, par une personne contre une autre. Les crimes violents comprennent les infractions causant la mort, la tentative de meurtre, les infractions sexuelles, les voies de fait, les infractions causant la perte de liberté, les infractions liées aux services sexuels et les autres infractions contre la personne ou menace de violence. La liste détaillée des infractions peut être consultée sur la page Élément d'information et structure de codage des infractions pour le Programme de déclaration uniforme de la criminalité - 2024 (Statistique Canada, 2025).
Dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, les armes à feu comprennent les armes de poing, les carabines ou les fusils de chasse, les armes à feu entièrement automatiques ou à canon scié, les armes à feu de fabrication illicite, et les autres armes semblables à une arme à feu, comme les pistolets de départ, les pistolets lance-fusées, les armes à air comprimé et les armes à balles BBNote .
À l’instar des statistiques agrégées sur la criminalité, les données présentées dans cet article sont fondées sur l’affaire. Une affaire criminelle comprend une ou plusieurs infractions liées qui ont été commises au cours d’un seul événement criminel et qui ont été signalées à la police. Lorsqu’un même événement criminel compte plus d’une victime, une affaire distincte est consignée pour chaque victime. À titre d’exemple, un seul événement dans lequel trois victimes sont agressées au même moment et au même endroit est considéré comme trois affaires de voies de fait. Pour qu’une affaire soit comptabilisée dans les statistiques de la criminalité, elle doit être consignée comme étant « fondée » plutôt que « non fondée ». Les services de police peuvent déclarer jusqu’à quatre infractions pour chaque affaire, mais le taux de criminalité traditionnel et l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire criminelle. Aux fins du présent article, les termes « crime » et « affaire » sont utilisés de façon interchangeable. Avant 2022, les statistiques sur les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ne comprenaient que les crimes dans le cadre desquels une victime avait été identifiéeNote . Depuis 2022, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent tous les crimes violents lors desquels une arme à feu était présente et pertinente à l’affaire, qu’une victime ait été identifiée ou non. Pour obtenir plus de renseignements, voir l’encadré 1 dans Perreault, 2024.
Fin de l’encadré 1
Le taux de crimes commis à l’aide d’une arme à feu connaît sa plus forte baisse en plus de 10 ans
En 2024, les services de police au Canada ont déclaré 14 488 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. C’est près de 200 crimes de moins que l’année précédente, alors que 14 679 crimes de ce type avaient été dénombrés. Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (36,0 affaires pour 100 000 habitants) s’est ainsi replié de 4,2 % par rapport à 2023 (37,6 affaires pour 100 000 habitants), soit la plus forte baisse depuis 2013Note .
Graphique 1 début

Tableau de données du graphique 1
| Année | Affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu | Victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu | Ensemble des affaires de crimes violents |
|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | |||
| Note : Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Le nombre d’affaires correspond au nombre de victimes, en plus des crimes pour lesquels la police n’a pas fourni d’enregistrement relatif à la victime. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||
| 2009 | 33,89 | 29,44 | 1 300,85 |
| 2010 | 29,34 | 25,28 | 1 267,73 |
| 2011 | 28,42 | 24,60 | 1 216,99 |
| 2012 | 27,22 | 23,14 | 1 174,42 |
| 2013 | 23,73 | 20,36 | 1 075,09 |
| 2014 | 25,01 | 21,55 | 1 025,83 |
| 2015 | 28,58 | 24,38 | 1 048,85 |
| 2016 | 28,81 | 24,50 | 1 046,58 |
| 2017 | 30,55 | 26,00 | 1 079,65 |
| 2018 | 30,21 | 25,33 | 1 116,63 |
| 2019 | 32,45 | 26,51 | 1 244,22 |
| 2020 | 34,04 | 27,37 | 1 230,98 |
| 2021 | 33,72 | 26,87 | 1 297,14 |
| 2022 | 37,53 | 30,00 | 1 343,73 |
| 2023 | 37,58 | 29,69 | 1 410,08 |
| 2024 | 36,00 | 28,30 | 1 396,00 |
Graphique 1 fin
À partir de 2009, année au cours de laquelle des données comparables ont commencé à être disponibles, et jusqu’en 2013, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a connu un recul important (-30 % en quatre ans). Le taux a toutefois ensuite affiché une tendance à la hausse pour atteindre un sommet en 2023Note . Durant cette période de hausses presque constantes, seules deux autres années avaient été marquées par des replis de moindre ampleur que celui enregistré en 2024 : 2018 (-1,1 %) et 2021 (-0,9 %) (graphique 1).
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu est également en légère baisse
Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu représentent une faible proportion de l’ensemble des crimes violents (moins de 3 %) déclarés par la police. Le plus souvent, les crimes violents ne mettent en cause aucune arme ou mettent en cause uniquement la force physique. En 2024, 2,6 % des crimes violents ont été commis à l’aide d’une arme à feu, en légère baisse par rapport à l’année précédente (2,7 %). Il s’agit aussi de la plus faible proportion enregistrée depuis 2014, alors que 2,4 % des crimes violents avaient été commis à l’aide d’une arme à feu. Ainsi, de 2023 à 2024, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (-4,2 %) a davantage reculé que le taux pour l’ensemble des crimes violents (-1,0 %) (graphique 1).
Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu baisse dans la plupart des provinces
Dans l’ensemble, 7 provinces sur 10 ont enregistré une baisse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2023 à 2024. Seuls Terre-Neuve-et-Labrador (+31 %), l’Ontario (+6,3 %) et le QuébecNote (+0,8 %) ont connu une hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comparativement à l’année précédente. Parmi les territoires, le Yukon (+24 %) et les Territoires du Nord-Ouest (+7,3 %) ont aussi affiché une hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2023 (tableau 1).
L’Île-du-Prince-Édouard (-46 %), la Colombie-Britannique (-22 %), l’Alberta (-14 %) et le Nouveau-Brunswick (-11 %) sont les provinces ayant connu les baisses les plus marquées de leur taux de 2023 à 2024. L’Île-du-Prince-Édouard (15,2 affaires pour 100 000 habitants) et la Colombie-Britannique (20,7 affaires pour 100 000 habitants) sont les provinces ayant affiché les plus faibles taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. En ce qui concerne les territoires, le Nunavut a enregistré une baisse de 37 % du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (tableau 1).
À l’échelle des provinces, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu est généralement plus élevé dans les provinces des Prairies, atteignant un sommet en Saskatchewan (120,1 affaires pour 100 000 affaires), suivie du Manitoba (81,3) et de l’Alberta (49,3). La proportion de crimes violents qui sont commis à l’aide d’une arme à feu est aussi plus élevée dans ces provinces. Par exemple, 4,5 % des crimes violents en Saskatchewan ont été commis à l’aide d’une arme à feu, comparativement à 1,0 % à l’Île-du-Prince-Édouard et à 1,4 % en Colombie-Britannique, les deux provinces affichant les plus faibles proportions de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Néanmoins, les trois provinces des Prairies ont enregistré une baisse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2023 à 2024 (tableau 1).
Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Toronto atteint son plus haut niveau en 15 ans
Bien qu’une baisse du taux de crimes commis à l’aide d’une arme à feu soit observée à l’échelle du pays, on note plutôt la tendance inverse à TorontoNote , la région métropolitaine de recensement (RMR)Note la plus populeuse du Canada. En 2024, 2 843 crimes commis à l’aide d’une arme à feu y ont été recensés, ce qui représente un taux de 44,8 crimes de ce type pour 100 000 habitants. Ce taux était le plus élevé enregistré à Toronto depuis 2009.
L’augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Toronto est en partie le reflet de la légère hausse de l’ensemble de la criminalité avec violence qui y a été observée en 2024, mais aussi au fait que les crimes violents étaient un peu plus susceptibles d’avoir été commis avec une arme à feu. En 2024, 4,2 % des crimes violents à Toronto ont été commis à l’aide d’une arme à feu, alors que cette proportion était de 3,8 % l’année précédente. Parmi les autres RMR, seule Regina a affiché une proportion plus élevée de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (tableau 2).
Graphique 2 début

Tableau de données du graphique 2
| Année | Montréal Tableau de données du graphique 2 Note 1 | Toronto Tableau de données du graphique 2 Note 2 | Vancouver |
|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | |||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire. |
|||
| 2009 | 40,66 | 46,38 | 39,18 |
| 2010 | 42,36 | 28,17 | 36,89 |
| 2011 | 46,79 | 26,72 | 28,33 |
| 2012 | 34,95 | 25,80 | 34,80 |
| 2013 | 29,74 | 22,37 | 26,91 |
| 2014 | 28,43 | 29,08 | 26,47 |
| 2015 | 28,07 | 32,63 | 32,61 |
| 2016 | 21,84 | 38,18 | 24,48 |
| 2017 | 21,35 | 41,65 | 20,19 |
| 2018 | 21,74 | 41,94 | 19,67 |
| 2019 | 19,99 | 42,00 | 24,04 |
| 2020 | 24,93 | 39,49 | 21,55 |
| 2021 | 28,09 | 32,08 | 19,05 |
| 2022 | 29,21 | 44,44 | 23,55 |
| 2023 | 25,89 | 40,00 | 20,42 |
| 2024 | 23,19 | 44,81 | 14,05 |
Graphique 2 fin
On observe la tendance inverse dans les deux autres RMR les plus populeuses du pays. Tant Montréal (1,9 %) que Vancouver (1,4 %) ont enregistré, en 2024, les plus faibles proportions de crimes violents ayant été commis à l’aide d’une arme à feu depuis que des données comparables ont commencé à être compilées en 2009. En 2023, ces proportions étaient de 2,1 % et de 1,8 %, respectivement. À Montréal, cela se traduit par une baisse de 10 % du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2023, alors que le recul correspondant à Vancouver est de 31 %. Montréal et Vancouver sont d’ailleurs les deux seules RMR du Canada dont le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 était considérablement inférieur à celui enregistré en 2014Note (graphique 2, tableau 2).
La majorité des RMR de l’Alberta et de la Colombie-Britannique affichent une baisse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024
En 2024, un peu plus de la moitié (22 sur 39) des RMR ont vu leur taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu baisser par rapport à l’année précédente. Les RMR de l’Ouest étaient particulièrement susceptibles d’avoir vu leur taux baisser. Celui-ci a reculé dans les 4 RMR de l’Alberta et dans 5 des 7 RMR de la Colombie-Britannique. Ce sont d’ailleurs les RMR de Red Deer (-51 %), de Chilliwack (-47 %) et de Lethbridge (-46 %) qui ont enregistré les plus fortes baisses du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2023 (tableau 2).
À l’inverse, les RMR de Guelph (+ 85 %), de Drummondville (+ 52 %) et de St. John’s (+42 %) ont enregistré en 2024 les plus fortes hausses du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2023. Néanmoins, ces RMR continuaient d’afficher un taux inférieur à la moyenne des RMR en 2024. Il convient aussi de noter que les RMR ayant connu les plus fortes variations annuelles en 2024, tant à la hausse qu’à la baisse, comptent moins de 250 000 habitants et enregistrent un nombre relativement petit de crimes par arme à feu chaque année. Les taux dans ces RMR sont donc plus susceptibles de connaître d’importantes fluctuations annuelles.
Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu poursuit sa hausse dans les régions rurales du nord des provinces
Le Nord provincial comprend le Labrador et les régions septentrionales du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, selon la définition convenue dans le cadre du Forum des ministres responsables du développement du Nord et utilisée par le Centre pour le Nord du Conference Board du Canada. En général, les limites du Nord correspondent aux régions administratives provinciales (Allen et Perreault, 2015; Statistique Canada, 2022b).
De nombreuses analyses antérieures ont révélé des taux de criminalité plus élevés dans les régions du nord des provinces, et plus particulièrement dans les régions rurales du Nord (Allen et Perreault, 2015; Cotter, 2025; Perreault, à paraître; Savage et autres, 2025). Par exemple, le taux de criminalité dans les régions rurales du Nord était de 17 766 affaires pour 100 000 habitants en 2024, soit un taux environ trois fois plus élevé que dans les milieux urbains du sud des provinces (5 106) (Perreault, à paraître).
Les communautés rurales du Nord présentent un profil socioéconomique et démographique bien différent de celui des communautés des régions urbaines du sud des provinces. Notamment, certains enjeux socioéconomiques sont d’une plus grande ampleur dans le Nord que dans le Sud, comme des taux de chômage et de pauvreté plus élevés, de plus faibles taux de scolarité, de l’instabilité résidentielle, des infrastructures inadéquates ou insuffisantes et la toxicomanie, qui sont reconnus pour exercer une influence sur la criminalité (Ceccato et Abraham, 2022; Kitchen, 2006; Sapp, 2023; Savage et autres, 2025; Ukert et autres, 2018). Par ailleurs, les peuples autochtones représentent une proportion relativement importante de la population des régions rurales du nord des provinces. Les données policières et les données autodéclarées révèlent systématiquement des taux élevés de victimisation et de délinquance chez les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuit (Allen, 2020; Boyce, 2016; Perreault, 2022). Cette réalité ne peut être dissociée des répercussions passées et présentes de la colonisation sur la marginalisation socioéconomique, les traumatismes et la violence intergénérationnelle que subissent les peuples autochtones (Aguiar et Halseth, 2015; Bombay et autres, 2014).
Dans l’ensemble, les taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont généralement plus élevés dans le nord des provinces que dans le sud de celles-ciNote . En 2024, 3,7 % des crimes violents ont été commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions rurales du nord des provinces et le taux s’est élevé à 172,2 affaires pour 100 000 habitants. Ce taux était près de six fois plus élevé que dans les régions urbaines du sud des provinces (31,1 affaires pour 100 000 habitants, soit 2,5 % des crimes violents) (tableau 1).
Par ailleurs, dans les régions rurales du nord des provinces, tant le taux que la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont affiché une hausse de 2023 à 2024. Cette tendance va à l’inverse de ce qui est observé dans le sud des provinces, mais aussi dans les régions urbaines du nord des provinces ainsi que dans les territoires. Pour la première fois depuis 2009, les territoires ont affiché un taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu moins élevé que les régions rurales du nord des provinces (tableau 1, graphique 3).
Graphique 3 début

Tableau de données du graphique 3
| Année | Régions urbaines du sud des provinces | Régions urbaines du nord des provinces | Régions rurales du sud des provinces | Régions rurales du nord des provinces | Territoires |
|---|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | |||||
| Note : Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Le nombre d’affaires correspond au nombre de victimes, en plus des crimes pour lesquels la police n’a pas fourni d’enregistrement relatif à la victime. Le Sud provincial comprend l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, ainsi que les régions du sud de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Le Nord provincial englobe les régions septentrionales de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Les régions urbaines correspondent aux régions métropolitaines de recensement (RMR) et aux agglomérations de recensement (AR). Une RMR est composée d’une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d’un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Une AR doit avoir un noyau d’au moins 10 000 habitants. Les régions rurales désignent toutes les régions situées à l’extérieur des RMR et des AR. Exclut les données du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités de la Gendarmerie royale du Canada, ainsi que celles du Groupe de la Police militaire des Forces canadiennes. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| 2009 | 34,73 | 25,73 | 24,34 | 66,25 | 77,64 |
| 2010 | 29,11 | 21,19 | 24,60 | 65,73 | 92,60 |
| 2011 | 28,14 | 23,65 | 23,49 | 62,59 | 95,48 |
| 2012 | 26,02 | 26,06 | 25,44 | 66,75 | 103,01 |
| 2013 | 23,00 | 21,46 | 20,59 | 62,17 | 68,30 |
| 2014 | 24,07 | 24,43 | 22,09 | 64,50 | 88,04 |
| 2015 | 27,36 | 31,91 | 24,67 | 75,17 | 103,87 |
| 2016 | 27,61 | 22,96 | 24,70 | 90,93 | 95,71 |
| 2017 | 29,12 | 28,85 | 26,87 | 91,31 | 106,69 |
| 2018 | 29,04 | 32,70 | 24,45 | 85,82 | 121,69 |
| 2019 | 30,72 | 31,81 | 28,89 | 97,12 | 150,14 |
| 2020 | 30,73 | 38,50 | 36,08 | 117,76 | 150,80 |
| 2021 | 29,63 | 40,71 | 35,34 | 140,04 | 173,91 |
| 2022 | 34,20 | 40,17 | 34,18 | 154,79 | 165,01 |
| 2023 | 32,39 | 46,41 | 42,52 | 167,59 | 183,67 |
| 2024 | 31,09 | 39,51 | 40,90 | 172,15 | 157,70 |
Graphique 3 fin
Récemment, l’étude d’une cohorte d’auteurs présumés de crimes a révélé un taux de récidive particulièrement élevé dans les régions rurales du nord des provinces. Plus précisément, 28 % des auteurs présumés d’un crime dans les régions rurales du Nord en 2014 ont été identifiés comme auteurs présumés dans au moins 10 autres crimes au cours des neuf années suivantes (Savage, 2025), ce qui laisse croire qu’un petit nombre d’individus sont responsables d’une part disproportionnée de la criminalité dans le Nord. L’étude en question portait sur l’ensemble de la criminalité, mais les tendances en ce qui concerne les auteurs de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont semblables (voir la section « Les auteurs de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant eu des contacts répétés avec la police » à la fin de cet article).
Les armes de poing sont en cause dans près de la moitié des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu
Les armes de poing étaient en cause dans près de la moitié (49 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024. Plus précisément, la police a déclaré un taux de 17,6 crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing pour 100 000 habitants en 2024, en baisse de 4,1 % par rapport au taux enregistré l’année précédente (18,3 affaires pour 100 000 habitants). À titre de comparaison, le taux pour les crimes violents commis au moyen d’une arme semblable à une arme à feu ou d’une arme à feu de type inconnu a atteint 11,3 affaires pour 100 000 habitants. Venaient ensuite les crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse, dont le taux s’établissait à 5,2 affaires pour 100 000 habitants (tableau 3, graphique 4).
Graphique 4 début

Tableau de données du graphique 4
| Année | Arme de poing | Carabine ou fusil de chasse | Arme à feu entièrement automatique ou à canon scié | Arme semblable à une arme à feu ou type inconnu d’arme à feu Tableau de données du graphique 4 Note 1 |
|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| 2009 | 19,48 | 4,66 | 2,47 | 7,29 |
| 2010 | 15,44 | 5,02 | 1,97 | 6,91 |
| 2011 | 15,39 | 4,40 | 1,63 | 7,00 |
| 2012 | 14,49 | 4,27 | 1,51 | 6,94 |
| 2013 | 12,85 | 3,90 | 1,30 | 5,69 |
| 2014 | 14,02 | 3,99 | 1,13 | 5,88 |
| 2015 | 16,11 | 4,82 | 1,57 | 6,07 |
| 2016 | 16,10 | 5,13 | 1,32 | 6,25 |
| 2017 | 16,81 | 5,54 | 2,01 | 6,20 |
| 2018 | 17,32 | 5,22 | 1,78 | 5,90 |
| 2019 | 18,40 | 5,65 | 1,78 | 6,62 |
| 2020 | 17,68 | 6,12 | 1,75 | 8,49 |
| 2021 | 17,44 | 5,86 | 1,71 | 8,71 |
| 2022 | 19,73 | 5,86 | 1,79 | 10,15 |
| 2023 | 18,31 | 5,82 | 1,81 | 11,63 |
| 2024 | 17,56 | 5,21 | 1,92 | 11,30 |
Graphique 4 fin
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu impliquant une arme de poing affiche une tendance à la baisse; elle est passé de 56 % en 2014 à 49 % en 2024. La diminution de la proportion des crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing ne signifie toutefois pas que ces crimes sont en baisse, mais plutôt que le nombre de crimes commis à l’aide d’un autre type d’arme à feu a davantage augmenté. Le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing a augmenté de 46 % pour passer de 4 839 affaires en 2014 à 7 068 affaires en 2024. En comparaison, le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse a connu une hausse de 52 % (1 377 à 2 098 affaires), et le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié a augmenté de 98 % (390 à 774 affaires). Les crimes commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu ou dont le type d’arme à feu était inconnuNote sont ceux qui ont le plus augmenté; ils sont passés de 2 029 affaires en 2014 à 4 548 affaires en 2024 (+124 %) (tableau 3).
La catégorie des armes semblables à une arme à feu ou de type inconnu peut comprendre des armes de type Airsoft, à balles BB, à plomb ou à air comprimé. Pour que les crimes soient considérés comme des crimes commis à l’aide d’une arme à feu, ces armes doivent avoir été utilisées de façon menaçante, intimidante ou criminelle. Cette catégorie peut aussi comprendre des répliques d’armes à feu et les armes à feu de fabrication illicite, y compris celles fabriquées au moyen d’imprimantes 3D, lesquelles sont une source de préoccupation croissante (Sécurité publique Canada, 2025b; Sécurité publique Canada, 2025c).
Les armes de poing sont plus souvent en cause dans les régions urbaines que dans les régions rurales
Les régions urbaines et les régions rurales se distinguent par le type d’arme qui est le plus souvent en cause dans les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Dans les régions urbaines du sud des provinces, près de 6 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sur 10 (59 %) mettaient en cause une arme de poing en 2024. À l’inverse, cette proportion s’établissait à 16 % dans les régions rurales du nord des provinces, où, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu mettaient le plus souvent en cause une réplique d’arme ou un type d’arme à feu inconnu (42 %) ou une carabine ou un fusil de chasse (33 %). On peut s’attendre à cette différence, car la possession d’une carabine ou d’un fusil de chasse est plus répandue dans les régions rurales (Doherty et Hornosty, 2008; Gomez et autres, 2020).
Graphique 5 début

Tableau de données du graphique 5
| Province, territoire et régions urbaines et rurales du sud et du nord des provinces | Arme de poing | Carabine ou fusil de chasse | Arme à feu entièrement automatique ou à canon scié | Arme semblable à une arme à feu ou type inconnu d’arme à feu Tableau de données du graphique 5 Note 1 |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| Terre-Neuve-et-Labrador | 23,81 | 18,45 | 3,57 | 54,17 |
| Île-du-Prince-Édouard | 33,33 | 7,41 | 3,70 | 55,56 |
| Nouvelle-Écosse | 43,89 | 16,30 | 3,45 | 36,36 |
| Nouveau-BrunswickTableau de données du graphique 5 Note 2 | 40,55 | 26,12 | 4,47 | 28,87 |
| QuébecTableau de données du graphique 5 Note 3 | 43,41 | 12,52 | 8,00 | 36,08 |
| Ontario | 70,96 | 4,94 | 3,25 | 20,85 |
| Manitoba | 36,14 | 21,09 | 7,99 | 34,78 |
| Saskatchewan | 18,24 | 28,67 | 10,56 | 42,52 |
| Alberta | 38,55 | 19,88 | 4,68 | 36,89 |
| Colombie-Britannique | 43,99 | 17,43 | 3,47 | 35,11 |
| Yukon | 29,27 | 21,95 | 4,88 | 43,90 |
| Territoires du Nord-Ouest | 45,98 | 17,24 | 0,00 | 36,78 |
| Nunavut | 7,41 | 54,32 | 4,94 | 33,33 |
| Régions urbaines du sud des provinces | 58,84 | 8,29 | 5,08 | 27,78 |
| Régions urbaines du nord des provinces | 44,05 | 16,37 | 5,46 | 34,11 |
| Régions rurales du sud des provinces | 24,90 | 30,15 | 4,26 | 40,69 |
| Régions rurales du nord des provinces | 16,22 | 32,84 | 8,92 | 42,03 |
| Canada | 48,79 | 14,48 | 5,34 | 31,39 |
Graphique 5 fin
Par ailleurs, les provinces davantage urbanisées comptaient une plus grande proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu mettant en cause une arme de poing. Par exemple, en Ontario, 7 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sur 10 (71 %) mettaient en cause une arme de poing en 2024. À l’inverse, cette proportion s’établissait à 7 % au Nunavut. Les Territoires du Nord-Ouest représentent toutefois une exception : 46 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 mettaient en cause une arme de poing, soit la deuxième proportion en importance parmi les provinces et les territoires (graphique 5).
La présence d’armes à feu baisse dans la plupart des catégories de crimes
Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a diminué dans la plupart des catégories de crimes de 2023 à 2024. Ces diminutions sont en grande partie le reflet de la baisse de la criminalité. Néanmoins, la proportion de crimes ayant été commis à l’aide d’une arme à feu a aussi légèrement reculé pour la plupart des catégories de crimes, et particulièrement les crimes les plus graves.
Le taux de tentatives de meurtre, d’homicides et des autres infractions causant la mort commis à l’aide d’une arme à feu a baissé de 9,1 % de 2023 à 2024 (de 1,77 affaire pour 100 000 habitants en 2023 à 1,61 en 2024). Le taux d’agressions sexuelles commis à l’aide d’une arme à feu a diminué de 13 % (de 0,34 affaire pour 100 000 habitants en 2023 à 0,30 en 2024), tout comme le taux de vols qualifiés (de 8,7 à 7,9 affaires pour 100 000 habitants, soit - 8,8 %) et le taux d’affaires de prise d’otage, d’enlèvement, de séquestration et de traite de personnes (de 0,61 à 0,52 affaire pour 100 000 habitants, soit -15 %) commis à l’aide d’une arme à feu. En revanche, la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière et la catégorie des « autres crimes violents » ont affiché une légère hausse en 2024 (tableau 4).
Si le taux de crimes commis à l’aide d’une arme à feu a baissé par rapport à 2023 pour la plupart des infractions avec violence, il en va autrement à plus long terme. Par rapport à 10 ans plus tôt, seuls les taux de vols qualifiés (-21 %) et d’affaires de prise d’otage, d’enlèvement, de séquestration et de traite de personnes (-10 %) commis à l’aide d’une arme à feu ont diminué. La plupart des autres infractions ont affiché une hausse. Par exemple, les taux de tentatives de meurtre, d’homicides et autres infractions causant la mort (+29 %), d’agressions sexuelles (+108 %) et de voies de fait (+64 %) commis à l’aide d’une arme ont augmenté depuis 2014 (tableau 4).
La décharge d’arme à feu avec intention particulière représente près de 1 crime violent commis à l’aide d’une arme à feu sur 5
Le Code criminel comprend un certain nombre d’infractions avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu. Plus précisément, la décharge d’arme à feu avec intention particulièreNote , le fait de pointer une arme à feu, et l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’une infraction sont, par définition, des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu.
Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu ont connu une hausse importante au cours des 15 dernières années et sont d’ailleurs en bonne partie responsables de la hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu durant cette période. En 2009, ces infractions représentaient 15 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. En 2014, cette proportion atteignait 21 %, puis n’a cessé d’augmenter jusqu’à atteindre 37 % en 2024. Autrement dit, le taux pour l’ensemble de ces infractions est passé de 5,2 affaires pour 100 000 personnes en 2009 à un taux de 13,2 affaires pour 100 000 personnes en 2024Note .
Graphique 6 début

Tableau de données du graphique 6
| Année | Décharge d’une arme à feu avec une intention particulière | Usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel | Braquer une arme à feu |
|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | |||
| Note : Les chiffres sont fondés sur l'infraction la plus grave dans l'affaire. Les taux sont calculés pour 100 000 personnes. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||
| 2004 | 0,71 | 1,24 | 4,96 |
| 2005 | 0,81 | 1,09 | 4,27 |
| 2006 | 0,77 | 1,16 | 2,76 |
| 2007 | 0,94 | 1,51 | 2,54 |
| 2008 | 1,26 | 1,02 | 2,17 |
| 2009 | 1,58 | 1,16 | 2,42 |
| 2010 | 1,82 | 1,22 | 2,89 |
| 2011 | 1,66 | 1,22 | 2,78 |
| 2012 | 1,85 | 1,24 | 2,83 |
| 2013 | 1,58 | 1,13 | 2,68 |
| 2014 | 1,92 | 1,11 | 2,23 |
| 2015 | 2,58 | 1,17 | 2,86 |
| 2016 | 3,07 | 1,22 | 2,74 |
| 2017 | 3,16 | 1,42 | 2,99 |
| 2018 | 3,10 | 1,34 | 3,27 |
| 2019 | 4,02 | 1,57 | 3,84 |
| 2020 | 4,93 | 1,64 | 4,44 |
| 2021 | 5,37 | 1,77 | 4,52 |
| 2022 | 5,66 | 1,88 | 4,93 |
| 2023 | 5,92 | 2,03 | 5,01 |
| 2024 | 6,42 | 1,70 | 5,04 |
Graphique 6 fin
Parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière a connu la plus forte hausse de 2009 à 2024. En 2009, la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière représentait 5,4 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Cette proportion atteignait 19 % en 2024. Le taux d’affaires de décharge d’armes à feu avec une intention particulière est ainsi passé de 1,6 affaire pour 100 000 habitants en 2009 à 6,4 affaires pour 100 000 habitants en 2024 (graphique 6).
Le taux d’infractions se rapportant explicitement aux armes à feu affiche une forte hausse, particulièrement dans les régions rurales
Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu ont connu une hausse particulièrement rapide dans les régions rurales. De 2009 à 2024, le taux pour ces infractions a plus que triplé pour passer de 8,7 affaires pour 100 000 habitants à 30,8 affaires pour 100 000 habitants (graphique 7). En 2024, ces infractions représentaient pratiquement la moitié (49 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions situées à l’extérieur d’une RMR ou d’une ARNote .
Graphique 7 début

Tableau de données du graphique 7
| Année | Voies de fait | Vols qualifiés | Infractions se rapportant explicitement aux armes à feu Tableau de données du graphique 7 Note 1 | Autres infractions |
|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| 2009 | 10,01 | 3,54 | 8,73 | 9,86 |
| 2010 | 7,56 | 3,48 | 11,68 | 9,64 |
| 2011 | 8,10 | 2,83 | 11,89 | 8,31 |
| 2012 | 9,08 | 3,04 | 13,56 | 7,93 |
| 2013 | 7,13 | 2,58 | 11,08 | 7,40 |
| 2014 | 8,01 | 3,07 | 10,70 | 8,38 |
| 2015 | 7,69 | 5,17 | 12,77 | 8,72 |
| 2016 | 10,14 | 5,06 | 12,13 | 9,49 |
| 2017 | 9,76 | 5,40 | 14,25 | 9,59 |
| 2018 | 9,17 | 4,82 | 12,31 | 9,97 |
| 2019 | 10,10 | 5,17 | 15,26 | 11,57 |
| 2020 | 12,36 | 4,77 | 21,43 | 12,81 |
| 2021 | 12,51 | 4,84 | 23,79 | 13,07 |
| 2022 | 11,90 | 5,24 | 25,42 | 12,51 |
| 2023 | 14,12 | 4,70 | 30,87 | 14,80 |
| 2024 | 12,81 | 4,91 | 30,84 | 14,61 |
Graphique 7 fin
Plus précisément, les régions rurales du nord des provinces ont affiché la plus forte hausse des infractions se rapportant explicitement aux armes à feu. De 2009 à 2024, le taux de ces infractions a été multiplié par six pour passer de 16,0 affaires pour 100 000 habitants à 95,6 affaires pour 100 000 habitants.
Début de l'encadré 2
Encadré 2
Les crimes haineux commis à l’aide d’une arme à feu
Au Canada, les crimes haineux désignent les infractions criminelles motivées, en tout ou en partie, par les préjugés ou la haine de la race, de l’origine nationale ou ethnique, de la langue, de la couleur, de la religion, du sexe, de l’expression de genre, de l’âge, de l’incapacité mentale ou physique, de l’orientation sexuelle ou de tout autre facteur similaire. Bien que certaines infractions précises constituent des crimes haineux (p. ex. incitation publique à la haine, encouragement au génocide), toute infraction peut être considérée comme un crime haineux si des éléments de preuve établissent que l’infraction a été motivée par la haine. Le motif devrait alors être considéré comme une circonstance aggravante par le juge lors de la détermination de la peine.
Les crimes haineux ciblent non pas une personne, mais l’identité de cette personne et ce qu’elle représente. Ainsi, les crimes haineux peuvent avoir une incidence non seulement sur la personne visée, mais aussi sur l’ensemble de la communauté (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme, 2014; Perry, 2010).
Bien que les crimes haineux commis à l’aide d’une arme à feu demeurent rares, certains événements ont été médiatisés au cours des dernières années. Par exemple, des écoles juives et des synagogues ont été la cible de coups de feu (Service de police de la Ville de Montréal, 2025; Service de police de Toronto, 2026). Plusieurs services de police ont notamment fait part d’une hausse des crimes haineux visant les communautés juives et musulmanes survenus dans la foulée du conflit israélo-palestinien (Service de police de la Ville de Montréal, 2023; Service de police de Toronto, 2024; Service de police de Vancouver, 2024).
En 2024, la police a déclaré que 31 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient été motivés par la haine, ce qui représente 1,2 % des crimes violents motivés par la haine au Canada. Ce nombre était légèrement inférieur à ce qui avait été enregistré en 2023 (35) et en 2022 (32). Parmi les crimes haineux commis à l’aide d’une arme à feu en 2024, 13 (46 %) avaient été motivés par la haine de la race ou de l’origine ethnique, et 5 (18 %) avaient été motivés par la haine de la religionNote .
Il convient de noter que les données déclarées par les services de police au sujet des crimes haineux comprennent uniquement les affaires qui sont portées à leur attention et catégorisées par la suite comme des crimes haineux confirmés ou soupçonnés. Pour déterminer si un crime est motivé ou non par la haine et indiquer le type de motif, la police s’appuie sur des critères juridiques stricts. Pour de plus amples renseignements sur les crimes haineux, il est possible de consulter l’article du Quotidien intitulé « Les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2024 » (Statistique Canada, 2026). Un tableau de bord interactif de visualisation des données statistiques sur les crimes haineux déclarés par la police est également accessible au moyen du Carrefour de renseignements déclarés par la police.
Fin de l’encadré 2
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont plus susceptibles de faire plusieurs victimes et d’être perpétrés par plusieurs auteurs présumés
Les crimes violents sont beaucoup plus susceptibles de faire plusieurs victimesNote lorsqu’ils sont commis à l’aide d’une arme à feu que lorsqu’ils ne le sont pas. En 2024, un peu moins du quart (22 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient fait plus d’une victime. À titre de comparaison, c’était le cas de 8,7 % des crimes violents commis sans arme à feu.
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant fait plus d’une victime affiche une légère tendance à la baisse. En 2009, 24 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient fait plus d’une victime, soit deux points de pourcentage de plus qu’en 2024. Les crimes ayant fait trois victimes ou plus ont surtout été à l’origine de cette baisse, la proportion de ceux-ci étant passée de 8,6 % en 2009 à 6,7 % en 2024 (graphique 8).
Graphique 8 début

Tableau de données du graphique 8
| Nombre de victimes | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||||||||||||||
| Note : Comprend les affaires pour lesquelles la police a fourni un enregistrement sur la victime. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Les affaires ayant fait plus d'une victime comptent pour une seule affaire. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire. |
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| Commis à l'aide d'une arme à feu — 2 victimes | 15,54 | 16,82 | 16,90 | 17,37 | 15,68 | 16,34 | 16,01 | 15,70 | 16,41 | 14,51 | 15,50 | 15,99 | 15,19 | 15,44 | 15,28 | 15,13 |
| Commis à l'aide d'une arme à feu — 3 victimes ou plus | 8,65 | 8,06 | 8,49 | 8,08 | 8,12 | 7,96 | 8,00 | 7,45 | 7,73 | 7,38 | 7,33 | 7,38 | 6,14 | 7,00 | 6,83 | 6,70 |
| Commis sans arme à feu — 2 victimes | 8,04 | 7,95 | 7,98 | 8,03 | 7,91 | 7,85 | 7,87 | 7,77 | 7,75 | 7,48 | 7,26 | 7,24 | 7,13 | 7,02 | 6,99 | 6,96 |
| Commis sans arme à feu — 3 victimes ou plus | 1,85 | 1,85 | 1,84 | 1,93 | 1,87 | 1,85 | 1,89 | 1,94 | 1,89 | 1,89 | 1,80 | 1,83 | 1,80 | 1,75 | 1,81 | 1,75 |
Graphique 8 fin
Tout comme les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont plus susceptibles de faire plusieurs victimes, ceux-ci sont également plus susceptibles d’impliquer plus d’un auteur présumé. En 2024, près du quart (24 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont été perpétrés par plusieurs auteurs présumés ayant agi ensembleNote . Pour les crimes violents commis sans arme à feu, cette proportion était environ quatre fois plus faible (5,7 %) (graphique 9).
Graphique 9 début

Tableau de données du graphique 9
| Nombre d'auteurs présumés | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||||||||||||||
| Note : Comprend les affaires pour lesquelles la police a identifié au moins un auteur présumé. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Les affaires ayant fait plus d'une victime comptent pour une seule affaire. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire. |
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| Commis à l'aide d'une arme à feu — 2 auteurs présumés | 16,47 | 14,51 | 14,96 | 14,94 | 14,67 | 14,52 | 14,99 | 15,65 | 16,07 | 16,22 | 16,44 | 14,71 | 14,75 | 15,33 | 14,62 | 14,95 |
| Commis à l'aide d'une arme à feu — 3 auteurs présumés ou plus | 10,01 | 8,51 | 8,26 | 9,04 | 8,67 | 9,32 | 9,80 | 10,73 | 10,13 | 10,06 | 9,34 | 9,49 | 8,42 | 9,96 | 9,83 | 8,82 |
| Commis sans arme à feu — 2 auteurs présumés | 6,57 | 6,53 | 6,19 | 6,07 | 5,69 | 5,47 | 5,40 | 5,44 | 5,10 | 4,93 | 4,75 | 4,48 | 4,42 | 4,47 | 4,56 | 4,37 |
| Commis sans arme à feu — 3 auteurs présumés ou plus | 1,88 | 1,78 | 1,70 | 1,67 | 1,51 | 1,40 | 1,39 | 1,40 | 1,38 | 1,29 | 1,31 | 1,11 | 1,05 | 1,16 | 1,25 | 1,28 |
Graphique 9 fin
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu et perpétrés par plusieurs auteurs présumés n’affiche pas de tendance claire. Après une légère tendance à la hausse amorcée en 2015, la proportion que représentent ces crimes est revenue à son niveau d’avant cinq ans plus tard et s’est relativement maintenue depuis. En revanche, la proportion de crimes violents commis sans arme à feu impliquant plusieurs auteurs présumés affiche une nette tendance à la baisse; celle-ci est passée de 8,4 % en 2009 à 5,7 % en 2024 (graphique 9).
Début de l'encadré 3
Encadré 3
Les gangs et les armes à feu
La violence par armes à feu et les gangs sont souvent considérés comme étroitement liés (Sécurité publique Canada, 2021). Les données déclarées par la police révèlent que plus du quart (29 %) des crimes violents liés au crime organisé ou aux gangs de rueNote Note en 2024 ont été commis à l’aide d’une arme à feuNote . Cette proportion est toutefois en baisse par rapport à 2018 (38 %), année où des données comparables ont commencé à être compilées.
En 2024, 4,0 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu déclarés par la police étaient liés au crime organisé ou aux gangs, soit une proportion relativement semblable à celle enregistrée en 2018 (3,9 %). En 2024, la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu attribuable au crime organisé était environ 15 foisNote plus élevée que celle observée pour les crimes violents commis sans arme à feu (0,3 %).
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont par ailleurs plus susceptibles d’être liés au crime organisé ou aux gangs lorsqu’ils impliquent plusieurs auteurs présumés. En 2024, 2,0 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu impliquant un seul auteur présumé étaient liés au crime organisé ou aux gangsNote . Cette proportion augmentait pour se situer à 5,3 % lorsque deux auteurs présumés étaient en cause et à 9,6 % lorsque trois auteurs présumés ou plus étaient en cause.
Parmi les provinces, c’est en Saskatchewan (8,6 %) que les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient les plus susceptibles d’être liés au crime organisé ou aux gangs; venaient ensuite le Québec (5,0 %) et le Manitoba (4,2 %).
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu et attribuables au crime organisé ou aux gangs augmente en fonction de la gravité des crimes. Par exemple, parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu n’ayant pas causé de blessures, 3,0 % étaient attribuables au crime organisé ou aux gangs. Lorsque ces crimes avaient causé des blessures graves ou la mort, cette proportion augmentait pour s’établir à 18 %. De manière similaire, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient un peu plus susceptibles d’être liés au crime organisé ou aux gangs lorsque l’auteur présumé était âgé de 18 à 24 ans (6,9 %) ou de 25 à 34 ans (6,6 %) que lorsque ceux-ci étaient âgés de 12 à 17 ans (2,4 %) ou de 35 ans et plus (2,6 %). Le trafic d’armesNote Note est aussi souvent le fait d’une organisation criminelle : 12 % de ces affaires étaient, selon la police, attribuables au crime organisé ou aux gangs en 2024.
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont tout aussi susceptibles d’être attribuables au crime organisé ou aux gangs selon qu’ils soient survenus en milieu urbain ou en milieu rural. En 2024, 4,0 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans une RMR ou un AR étaient attribuables au crime organisé ou aux gangs, soit exactement la même proportion qu’à l’extérieur des RMR et des AR. En milieu rural, cette proportion était cependant plus faible dans le sud des provinces (3,1 %) que dans les régions septentrionales de celles-ci (5,4 %).
Fin de l’encadré 3
La majorité des victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont des hommes
Dans l’ensemble, les femmes et les filles sont un peu plus susceptibles d’être victimes d’un crime violent que les hommes et les garçons. En 2024, celles-ci représentaient 53 % des victimes de crimes violents, alors que les hommes et les garçons en représentaient 47 %Note . Le portrait est toutefois un peu différent pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, lesquels étaient plus susceptibles d’avoir un homme ou un garçon comme victime en 2024 (66 %).
Plus précisément, la police a dénombré 7 368 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dont la victime était un homme ou un garçon en 2024, ce qui représente 36,6 affaires pour 100 000 hommes et garçons. Ce taux était en baisse (-6,3 %) par rapport à 2023. À titre de comparaison, la police a fait état de 3 855 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dont la victime était une femme ou une fille, ce qui se traduit par un taux de 19,2 affaires pour 100 000 femmes et filles (-1,7 % par rapport à 2023) (tableau 5).
La plupart des auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont également des hommes
La plupart des auteurs présumés de crimes violents sont des hommes ou des garçons (76 % des auteurs présumés de crimes violents en 2024)Note . C’est aussi le cas pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu plus précisément, mais cette proportion est encore plus élevée. En 2024, les hommes et les garçons représentaient 89 % des auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu déclarés par la police. Cette proportion était la plus élevée parmi les auteurs présumés âgés de 12 à 17 ans (93 %), ce qui contraste avec les crimes violents en général, où les garçons représentaient 70 % des auteurs présumés de ce groupe d’âge en 2024. D’ailleurs, 6,3 % des crimes violents dont l’auteur présumé était un garçon de 12 à 17 ans ont été commis à l’aide d’une arme à feu, soit la proportion la plus élevée parmi tous les groupes d’âge.
C’est toutefois chez les femmes et les filles que le taux d’auteures présumées de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a le plus augmenté au cours des 10 dernières années. De 2014 à 2024, le taux de femmes et filles auteures présumées a bondi de 88 % pour passer de 2,6 affaires pour 100 000 femmes et filles en 2014 à 4,9 en 2024. Les adolescentes (+141 %) ont affiché la hausse la plus forte, bien que celles-ci ne représentent que 7 % des auteurs présumés de 12 à 17 ans (tableau 5).
Bien que le taux de femmes auteures présumées de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ait presque doublé depuis 2014, celles-ci ont continué de représenter une petite part des auteurs présumés. Par exemple, bien que la hausse ait été proportionnellement moins élevée chez les hommes et garçons, la police a néanmoins identifié près de 2 200 hommes et garçons auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de plus en 2024 par rapport à 2014. Chez les femmes et les filles, on en comptait 480 de plus (tableau 5).
Chez les adolescents, le taux d’auteurs présumés a connu une hausse particulièrement rapide de 2021 à 2023 avant de redescendre légèrement en 2024 (graphique 10). Cette augmentation coïncide avec la hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu ou une arme à feu dont le type était inconnu. En 2024, ces armes étaient en cause chez 40 % des auteurs présumés âgés de 12 à 17 ans, comparativement à 26 % des auteurs présumés de 18 ans et plus.
Graphique 10 début

Tableau de données du graphique 10
| Année | Régions urbaines | Régions rurales | ||
|---|---|---|---|---|
| Garçons | Filles | Garçons | Filles | |
| taux pour 100 000 personnes | ||||
| Note : Les données sont fondées sur le nombre de jeunes de 12 à 17 ans qui ont été inculpés (ou dont la mise en accusation a été recommandée) par la police ou qui ont été détournés du système de justice pénale officiel au moyen d’avertissements, de mises en garde ou de renvois à des programmes communautaires, entre autres. Les services de police ruraux sont ceux qui desservent un territoire où la majorité de la population vit à l’extérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police urbains sont ceux qui desservent un territoire dont la majorité de la population vit dans une RMR ou une AR (voir la section « Sources de données »). L'option permettant à la police de coder les victimes et les auteurs présumés comme des personnes de « diverses identités de genre » dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été ajoutée en 2018. Dans le contexte du Programme DUC, une personne « de diverses identités de genre » est une personne qui exprime publiquement un genre ni exclusivement masculin ni exclusivement féminin. Compte tenu de l'existence possible d'un petit nombre de victimes et d'auteurs présumés identifiés comme étant « de diverses identités de genre », les données du Programme DUC accessibles au public ont été recodées de manière à répartir les victimes et les auteurs présumés selon les catégories « hommes » ou « femmes » en fonction de la répartition régionale des victimes et des auteurs présumés selon le genre. Ce recodage assure la protection de la confidentialité et de la vie privée des victimes et des auteurs présumés. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu. Les taux sont calculés pour 100 000 personnes de 12 à 17 ans. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire. |
||||
| 2009 | 94,30 | 5,28 | 112,66 | 12,56 |
| 2010 | 73,77 | 4,15 | 98,91 | 9,94 |
| 2011 | 75,03 | 3,50 | 90,31 | 7,25 |
| 2012 | 68,38 | 4,07 | 107,00 | 12,15 |
| 2013 | 62,89 | 5,30 | 82,94 | 7,41 |
| 2014 | 70,70 | 4,18 | 95,05 | 2,73 |
| 2015 | 73,63 | 6,09 | 84,73 | 13,37 |
| 2016 | 74,07 | 5,58 | 110,80 | 12,45 |
| 2017 | 90,85 | 7,25 | 93,56 | 12,15 |
| 2018 | 86,90 | 7,72 | 89,41 | 14,02 |
| 2019 | 80,68 | 6,69 | 105,22 | 8,66 |
| 2020 | 75,64 | 8,69 | 62,33 | 13,58 |
| 2021 | 70,60 | 8,12 | 76,00 | 10,56 |
| 2022 | 114,19 | 7,45 | 108,91 | 9,70 |
| 2023 | 132,05 | 10,66 | 131,93 | 12,68 |
| 2024 | 115,97 | 9,22 | 111,75 | 10,87 |
Graphique 10 fin
Environ la moitié des victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont été ciblées par des étrangers
En 2024, environ la moitié (51 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans lesquels au moins une victime et un auteur présumé ont été identifiés impliquaient un auteur présumé étranger à la victimeNote . Cette proportion était environ le double de celle enregistrée pour les crimes violents commis sans arme à feu (26 %), lesquels ont plus souvent été commis par des amis ou des connaissances (33 %) ou par un partenaire intime (27 %) (graphique 11).
Graphique 11 début

Tableau de données du graphique 11
| Lien de l'auteur présumé avec la victime | Crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu | Crimes violents commis sans arme à feu | ||
|---|---|---|---|---|
| 2014 | 2024 | 2014 | 2024 | |
| pourcentage | ||||
| Note : Comprend les victimes de crimes dans le cadre desquels un auteur présumé a été identifié. Lorsque qu'une affaire comprend plus d'un auteur présumé, cela correspond au lien avec l'auteur présumé ayant commis l'infraction la plus grave ou, si plusieurs auteurs présumés ont commis la même infraction, le lien avec l'auteur présumé qui a la relation la plus proche. Exclut les affaires dans lesquelles le lien entre la victime et l'auteur présumé était inconnu. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||||
| Étranger | 59,58 | 50,53 | 24,93 | 25,63 |
| Ami ou connaissance | 27,34 | 33,07 | 33,38 | 33,12 |
| Conjoint ou partenaire intime | 8,05 | 9,75 | 27,76 | 26,50 |
| Autre membre de la famille | 5,04 | 6,65 | 13,92 | 14,75 |
Graphique 11 fin
Le lien entre l’auteur présumé et la victime varie selon le genre de la victime. Plus particulièrement, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 étaient beaucoup plus susceptibles d’être le fait d’un partenaire intimeNote lorsque la victime était une femme (24 %) que lorsque celle-ci était un homme (2,1 %).
La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu perpétrés par un étranger tend toutefois à diminuer depuis quelques années. Alors que 51 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 impliquaient un auteur présumé étranger à la victime, cette proportion était de 60 % en 2014. Cette tendance contraste avec ce qui a été observé pour les crimes violents commis sans arme à feu, où la proportion de crimes commis par un étranger est demeurée relativement stable au cours de cette période (graphique 11).
La violence de la part d’un partenaire intime ciblant une femme est de plus en plus susceptible d’impliquer une arme à feu
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu représentent une petite fraction (moins de 1 %) de l’ensemble des crimes violents commis par des partenaires intimes. L’enjeu des armes à feu dans les situations de violence de la part d’un partenaire intime n’en demeure pas moins préoccupant. Le gouvernement du Canada a d’ailleurs pris des mesures pour s’attaquer à cet enjeu. Depuis avril 2024, les personnes reconnues coupables d'une infraction impliquant des menaces ou l’usage de violence envers un partenaire intime ou un membre de la famille sont automatiquement inadmissibles à l'obtention ou à la détention d'un permis d’armes à feu. Un permis d’armes à feu doit également être révoqué si un contrôleur des armes a des motifs raisonnables de soupçonner que le titulaire du permis pourrait avoir pu participer à un acte de violence familiale ou avoir traqué quelqu’un (Sécurité publique Canada, 2025a).
Dans un contexte de violence de la part d’un partenaire intime, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de voir une arme à feu être utilisée contre elles. En 2024, la police a déclaré qu’une arme à feu était présente dans 0,96 % des affaires de violence de la part d’un partenaire intime contre une femme. Cette proportion était près de la moitié lorsque la victime était un homme (0,55 %). Il est à noter que ces affaires ne représentent pas les cas où une arme à feu était présente dans la maison, mais les affaires dans le cadre desquelles la police a jugé que l’arme à feu était pertinente à la perpétration du crime. Des études ont noté que la simple présence d’une arme à feu dans la maison tend à augmenter la gravité de la violence et accroît le risque d’homicide, même lorsque l’arme à feu n’est pas utilisée pour commettre les violences (Wiebe, 2003; Zeoli et autres, 2016). La présence d’une arme à feu dans un contexte de violence de la part d’un partenaire intime tend aussi à réduire davantage le sentiment de sécurité de la victime et exacerbe de ce fait les répercussions émotionnelles et psychologiques (Lynch et Jackson, 2021; Sorenson et Wiebe, 2004; Zeoli et autres, 2016).
La violence de la part d’un partenaire intime à l’égard d’une femme est aussi de plus en plus susceptible de mettre en cause une arme à feu. Ainsi, bien que le taux de femmes victimes de violence de la part d’un partenaire intime soit demeuré relativement stable de 2009 à 2024 — le taux a d’abord légèrement diminué jusqu’au milieu des années 2010 avant de remonter et être aujourd’hui au même niveau qu’en 2009 —, le taux de femmes victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par un partenaire intime a augmenté de 60 % durant cette période (3,3 affaires pour 100 000 femmes en 2009 à 5,3 affaires pour 100 000 femmes en 2024). Au cours de cette période, la proportion d’affaires de violence de la part d’un partenaire intime visant une femme où une arme à feu était présente n’a cessé d’augmenter. En 2009, la police a déclaré qu’une arme à feu était présente dans 0,60 % des affaires de violence de la part d’un partenaire intime à l’égard d’une femme. Cette proportion a atteint un sommet (1,01 %) en 2022 avant de légèrement diminuer lors des deux années suivantes (0,96 %).
La hausse du taux de femmes victimes d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu perpétré par un partenaire intime est particulièrement marquée dans les régions rurales et du nord des provinces. Dans ces dernières, la police a déclaré 31,1 affaires de ce type pour 100 000 femmes et adolescentes en 2024. Ce taux était plus de deux fois plus élevé que celui enregistré 15 ans plus tôt (13,7 affaires pour 100 000 femmes et adolescentes). La hausse a aussi été un peu plus marquée dans les régions urbaines du nord des provinces (+68 %) et dans les territoires (+ 67 %) que dans les régions urbaines (+ 61 %) et rurales (+55 %) du sud des provinces (graphique 12).
Graphique 12 début

Tableau de données du graphique 12
| Année | Régions urbaines du sud des provinces | Régions urbaines du nord des provinces | Régions rurales du sud des provinces | Régions rurales du nord des provinces | Territoires |
|---|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 femmes et filles de 12 ans et plus | |||||
| Note : Comprend les victimes de crimes dans le cadre desquels un auteur présumé a été identifié. Lorsque qu'une affaire comprend plus d'un auteur présumé, cela correspond au lien avec l'auteur présumé ayant commis l'infraction la plus grave ou, si plusieurs auteurs présumés ont commis la même infraction, le lien avec l'auteur présumé qui a la relation la plus proche. Exclut les affaires dans lesquelles l'âge de la victime, le genre de la victime, ou le lien entre la victime et l'auteur présumé était inconnu. L'option permettant à la police de coder les victimes et les auteurs présumés comme des personnes de « diverses identités de genre » dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été ajoutée en 2018. Dans le contexte du Programme DUC, une personne « de diverses identités de genre » est une personne qui exprime publiquement un genre ni exclusivement masculin ni exclusivement féminin. Compte tenu de l'existence possible d'un petit nombre de victimes et d'auteurs présumés identifiés comme étant « de diverses identités de genre », les données du Programme DUC accessibles au public ont été recodées de manière à répartir les victimes et les auteurs présumés selon les catégories « hommes » ou « femmes » en fonction de la répartition régionale des victimes et des auteurs présumés selon le genre. Ce recodage assure la protection de la confidentialité et de la vie privée des victimes et des auteurs présumés. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Le Sud provincial comprend l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, ainsi que les régions du sud de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Le Nord provincial englobe les régions septentrionales de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Les régions urbaines correspondent aux régions métropolitaines de recensement (RMR) et aux agglomérations de recensement (AR). Une RMR est composée d’une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d’un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Une AR doit avoir un noyau d’au moins 10 000 habitants. Les régions rurales désignent toutes les régions situées à l’extérieur des RMR et des AR. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu. Les taux sont calculés pour 100 000 femmes et filles de 12 ans et plus. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
|||||
| 2009 | 2,33 | 5,62 | 6,08 | 13,66 | 25,49 |
| 2010 | 2,45 | 6,18 | 5,43 | 14,69 | 29,59 |
| 2011 | 2,39 | 3,84 | 6,60 | 15,33 | 35,85 |
| 2012 | 2,29 | 3,06 | 6,98 | 13,62 | 24,30 |
| 2013 | 2,25 | 4,94 | 4,84 | 15,21 | 19,67 |
| 2014 | 2,37 | 6,26 | 6,32 | 11,38 | 23,72 |
| 2015 | 2,57 | 5,51 | 5,97 | 16,00 | 34,06 |
| 2016 | 2,85 | 5,91 | 6,63 | 18,97 | 29,40 |
| 2017 | 2,97 | 5,34 | 6,99 | 20,74 | 45,39 |
| 2018 | 2,97 | 7,00 | 7,31 | 22,23 | 48,88 |
| 2019 | 3,21 | 6,78 | 7,42 | 25,95 | 54,25 |
| 2020 | 3,71 | 9,75 | 8,04 | 30,25 | 39,55 |
| 2021 | 3,80 | 10,88 | 8,48 | 29,39 | 46,80 |
| 2022 | 4,26 | 7,99 | 7,39 | 30,54 | 40,26 |
| 2023 | 3,72 | 11,67 | 9,87 | 26,27 | 33,94 |
| 2024 | 3,76 | 9,42 | 9,40 | 31,06 | 42,58 |
Graphique 12 fin
Les tendances issues des données déclarées par la police au sujet de la violence entre partenaires intimes commise à l’aide d’une arme à feu sont analysées plus en détail dans un autre article de Juristat (voir Cotter, à paraître).
Début de l'encadré 4
Encadré 4
Le contrôle des armes à feu au Canada
Conformément au Code criminel, les armes à feu sont classées en trois catégories : les armes à feu prohibées, les armes à feu à autorisation restreinte et les armes à feu sans restriction. Les armes à feu prohibées comprennent les armes de poing de calibre 25 et 32 (sauf certains pistolets de tir sportif), les armes de poing pourvues d’un canon dont la longueur ne dépasse pas 105mm, les armes à feu entièrement automatiques, les carabines et fusils de chasse à canon scié, toute arme à feu fabriquée illégalement, toute arme d’épaule qui tire des munitions à percussion centrale de manière semi-automatique qui a été conçue à l’origine avec un chargeur détachable d’une capacité de six cartouches ou plus, et qui a été conçue et fabriquée le 15 décembre 2023 ou après; ainsi que les autres armes à feu prescrites comme étant prohibées en vertu du Code criminel. Les armes de poing qui n’entrent pas dans la catégorie des armes prohibées sont classées comme des armes à autorisation restreinte, tandis qu’on retrouve des carabines et des fusils de chasse — également appelés « armes d’épaule » — dans chacune des trois catégories en fonction de leurs caractéristiques et du Règlement désignant des armes à feu, armes, éléments ou pièces d’armes, accessoires, chargeurs, munitions et projectiles comme étant prohibés ou à autorisation restreinte (DORS/98-462).
La loi canadienne oblige toute personne voulant posséder une arme à feu ou acheter des munitions à être titulaire d’un permis d’arme à feu valide émis en vertu de la Loi sur les armes à feu. Au cours des dernières années, diverses modifications ont été apportées au Code criminel et à la Loi sur les armes à feu. En 2012, l’ancien projet de loi C-19 (Loi sur l’abolition du registre des armes d’épaule) a supprimé l’obligation d’enregistrer les armes à feu sans restriction. Des amendements subséquents sont venus simplifier le régime de délivrance de permis d’armes à feu aux particuliers, limiter le pouvoir discrétionnaire des contrôleurs des armes à feu et permettre le partage de renseignements relatifs à l’importation commerciale d’armes à feu (projet de loi C-42; 2015). Des amendements sont aussi venus imposer certaines conditions pour la cession d’armes à feu sans restriction, et retirer certaines autorisations automatiques de transporter une arme à feu prohibée et une arme à feu à autorisation restreinte (projet de loi C-71; 2019).
En 2020, 2024 et plus récemment en 2025, le gouvernement a prohibé environ 2 500 marques et modèles d’armes à feu. Ces modifications ont été apportées en fonction des caractéristiques des armes à feu semi-automatiques offrant une capacité de tir rapide soutenue (conception tactique/militaire avec chargeur de grande capacité) qui, selon le gouverneur en conseil, ne conviennent pas à la chasse ou au tir sportif et dépassent les limites d’un usage civil sûr. En 2023, la loi C-21, Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en conséquence (armes à feu), a reçu la sanction royale (Sécurité publique Canada, 2025a; Sécurité publique Canada, 2023). Dans le cadre de la stratégie fédérale de lutte contre la violence armée et de renforcement du contrôle des armes à feu au Canada, l’ancien projet de loi a codifié le « gel » national des armes de poing, lequel interdit la vente, l’achat et le transfert d’armes de poing par des particuliers au Canada. Le projet de loi a porté de 10 à 14 ans les peines maximales pour certaines infractions liées aux armes à feu (notamment le trafic et la contrebande). Il comprend également des mesures visant à lutter contre la menace croissante des armes à feu de fabrication illicite et des « armes fantômes », avec de nouvelles infractions ciblant la fabrication illégale (par exemple, l’impression 3D) et le trafic de ces armes, et la classification des armes à feu de fabrication illicite comme armes prohibées. De plus, Il comprend de nouvelles mesures de réduction des préjudices, notamment les lois « drapeaux rouges » et des dispositions élargies concernant l'inadmissibilité et la révocation de permis pour aider à lutter contre l'utilisation des armes à feu dans les actes de violence domestique, de violence entre partenaires intimes, de violence fondée sur le genre, ainsi que dans l'automutilation. De plus amples renseignements sur le projet de loi C-21 figurent à l'adresse L'ancien projet de loi C-21 : protéger les Canadiens contre les crimes commis avec des armes à feu.
Fin de l’encadré 4
Près de 4 homicides sur 10 sont commis au moyen d’une arme à feu
L’attention portée à la violence par armes à feu est notamment attribuable au fait que ces crimes sont plus susceptibles de causer la mort que les crimes commis au moyen de toute autre arme (Beaman et autres, 2020; Zeoli et autres, 2016; Zimring, 1967). Alors que les armes à feu étaient en cause dans moins de 3 % des crimes violents déclarés par la police en 2024, ils étaient en cause dans 38 % des homicidesNote .
En 2024, les victimes d’homicide étaient plus susceptibles d’avoir succombé à des tirs d’arme à feu que de blessures infligées par toute autre méthode. Plus précisément, la police a déclaré 286 victimes d’homicide décédées des suites de coups de feu en 2024, ce qui se traduit par un taux de 0,69 homicide pour 100 000 habitants. À titre de comparaison, 250 personnes ont été poignardées à mort cette année-là — la méthode qui se classait au deuxième rang —, ce qui constitue un taux de 0,61 homicide pour 100 000 habitants. La police a aussi déclaré 131 personnes décédées à la suite de coups portés, ce qui représente un taux de 0,32 homicide pour 100 000 habitants (graphique 13).
Graphique 13 début

Tableau de données du graphique 13
| Année | Coup de feu | Coup de couteau ou d’un autre objet pointu | Coups portés | Autre méthode Tableau de données du graphique 13 Note 1 |
|---|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | ||||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Enquête sur les homicides. |
||||
| 1974 | 1,24 | 0,41 | 0,57 | 0,36 |
| 1975 | 1,26 | 0,54 | 0,70 | 0,51 |
| 1976 | 1,10 | 0,58 | 0,63 | 0,53 |
| 1977 | 1,10 | 0,63 | 0,64 | 0,62 |
| 1978 | 1,04 | 0,61 | 0,63 | 0,45 |
| 1979 | 0,86 | 0,67 | 0,55 | 0,51 |
| 1980 | 0,79 | 0,56 | 0,48 | 0,54 |
| 1981 | 0,80 | 0,71 | 0,62 | 0,44 |
| 1982 | 0,99 | 0,72 | 0,49 | 0,43 |
| 1983 | 0,89 | 0,68 | 0,60 | 0,50 |
| 1984 | 0,89 | 0,74 | 0,46 | 0,50 |
| 1985 | 0,86 | 0,88 | 0,47 | 0,50 |
| 1986 | 0,67 | 0,63 | 0,48 | 0,37 |
| 1987 | 0,76 | 0,70 | 0,51 | 0,43 |
| 1988 | 0,63 | 0,63 | 0,52 | 0,35 |
| 1989 | 0,79 | 0,62 | 0,47 | 0,48 |
| 1990 | 0,70 | 0,77 | 0,47 | 0,40 |
| 1991 | 0,97 | 0,80 | 0,51 | 0,40 |
| 1992 | 0,87 | 0,74 | 0,53 | 0,42 |
| 1993 | 0,68 | 0,67 | 0,40 | 0,42 |
| 1994 | 0,68 | 0,53 | 0,37 | 0,46 |
| 1995 | 0,59 | 0,62 | 0,41 | 0,35 |
| 1996 | 0,72 | 0,66 | 0,44 | 0,28 |
| 1997 | 0,65 | 0,56 | 0,38 | 0,35 |
| 1998 | 0,50 | 0,62 | 0,41 | 0,30 |
| 1999 | 0,55 | 0,47 | 0,41 | 0,32 |
| 2000 | 0,60 | 0,49 | 0,42 | 0,25 |
| 2001 | 0,56 | 0,55 | 0,39 | 0,26 |
| 2002 | 0,49 | 0,58 | 0,40 | 0,32 |
| 2003 | 0,52 | 0,45 | 0,39 | 0,33 |
| 2004 | 0,54 | 0,64 | 0,43 | 0,30 |
| 2005 | 0,69 | 0,61 | 0,44 | 0,26 |
| 2006 | 0,59 | 0,65 | 0,37 | 0,23 |
| 2007 | 0,57 | 0,57 | 0,36 | 0,23 |
| 2008 | 0,60 | 0,61 | 0,37 | 0,23 |
| 2009 | 0,54 | 0,62 | 0,35 | 0,26 |
| 2010 | 0,52 | 0,49 | 0,34 | 0,26 |
| 2011 | 0,46 | 0,61 | 0,38 | 0,28 |
| 2012 | 0,49 | 0,47 | 0,33 | 0,24 |
| 2013 | 0,38 | 0,56 | 0,29 | 0,20 |
| 2014 | 0,44 | 0,53 | 0,29 | 0,18 |
| 2015 | 0,51 | 0,60 | 0,38 | 0,18 |
| 2016 | 0,62 | 0,49 | 0,33 | 0,22 |
| 2017 | 0,73 | 0,56 | 0,30 | 0,19 |
| 2018 | 0,68 | 0,49 | 0,33 | 0,22 |
| 2019 | 0,70 | 0,57 | 0,27 | 0,24 |
| 2020 | 0,74 | 0,63 | 0,35 | 0,22 |
| 2021 | 0,78 | 0,64 | 0,35 | 0,22 |
| 2022 | 0,88 | 0,73 | 0,37 | 0,23 |
| 2023 | 0,73 | 0,59 | 0,32 | 0,26 |
| 2024 | 0,69 | 0,61 | 0,32 | 0,22 |
Graphique 13 fin
Après avoir doublé en moins de 10 ans, le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu baisse pour une deuxième année consécutive
Depuis 2016, les coups de feu sont la méthode la plus souvent utilisée dans la perpétration des homicides. Cette situation contraste avec ce qu’on observait depuis le milieu des années 1980, alors que les coups de couteau étaient à peu près aussi fréquemment en cause que coups de feu (graphique 13).
Après avoir atteint un creux en 2013 (0,38 affaire pour 100 000 habitants), le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a connu une forte augmentation au cours des années suivantes pour plus que doubler, atteignant 0,88 affaire pour 100 000 habitants en 2022. Depuis, le taux a affiché deux reculs consécutifs pour atteindre 0,69 affaire pour 100 000 habitants en 2024 (graphique 13).
La baisse du taux d’homicides par arme à feu enregistrée depuis 2022 est en grande partie attribuable à la baisse des homicides commis avec une arme de poing
Depuis que le taux d’homicides par arme à feu a atteint un creux en 2013, tant les homicides commis avec une arme de poing que ceux commis avec une carabine, un fusil de chasse ou un autre type d’arme à feu ont connu une hausse importante.
Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme de poing a atteint un sommet en 2022 (0,56 affaire pour 100 000 habitants). Depuis, ce taux a enregistré deux baisses annuelles consécutives, s’établissant à 0,39 affaire pour 100 000 habitants en 2024, soit une baisse de 30 % par rapport au sommet de 2022. Malgré la baisse du taux d’homicides commis avec une arme de poing, ce type d’arme demeurait en cause dans plus de la moitié (56 %) des homicides par arme à feuNote .
Graphique 14 début

Tableau de données du graphique 14
| Année | Arme de poing | Carabine ou fusil de chasse | Arme semblable à une arme à feu ou type inconnu d’arme à feu |
|---|---|---|---|
| taux pour 100 000 habitants | |||
| Note : Les taux sont calculés pour 100 000 habitants. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par le Centre de démographie de Statistique Canada. Un faible nombre d'homicides pris en compte dans le total d'une année donnée pourraient en réalité s'être produits au cours d'années précédentes. Les homicides sont comptabilisés en fonction de l'année durant laquelle ils sont déclarés à Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Enquête sur les homicides. |
|||
| 1974 | 0,33 | 0,84 | 0,07 |
| 1975 | 0,38 | 0,83 | 0,05 |
| 1976 | 0,29 | 0,72 | 0,09 |
| 1977 | 0,26 | 0,74 | 0,10 |
| 1978 | 0,26 | 0,75 | 0,03 |
| 1979 | 0,22 | 0,57 | 0,06 |
| 1980 | 0,25 | 0,50 | 0,04 |
| 1981 | 0,24 | 0,50 | 0,06 |
| 1982 | 0,35 | 0,62 | 0,02 |
| 1983 | 0,31 | 0,52 | 0,06 |
| 1984 | 0,26 | 0,56 | 0,07 |
| 1985 | 0,28 | 0,54 | 0,03 |
| 1986 | 0,15 | 0,44 | 0,08 |
| 1987 | 0,22 | 0,43 | 0,11 |
| 1988 | 0,18 | 0,38 | 0,08 |
| 1989 | 0,20 | 0,49 | 0,11 |
| 1990 | 0,25 | 0,36 | 0,10 |
| 1991 | 0,48 | 0,46 | 0,03 |
| 1992 | 0,45 | 0,37 | 0,04 |
| 1993 | 0,32 | 0,32 | 0,04 |
| 1994 | 0,31 | 0,32 | 0,05 |
| 1995 | 0,32 | 0,26 | 0,01 |
| 1996 | 0,36 | 0,33 | 0,03 |
| 1997 | 0,33 | 0,29 | 0,02 |
| 1998 | 0,24 | 0,22 | 0,05 |
| 1999 | 0,30 | 0,21 | 0,04 |
| 2000 | 0,35 | 0,22 | 0,03 |
| 2001 | 0,36 | 0,17 | 0,03 |
| 2002 | 0,32 | 0,15 | 0,03 |
| 2003 | 0,35 | 0,15 | 0,02 |
| 2004 | 0,35 | 0,16 | 0,03 |
| 2005 | 0,41 | 0,22 | 0,07 |
| 2006 | 0,34 | 0,20 | 0,05 |
| 2007 | 0,38 | 0,15 | 0,04 |
| 2008 | 0,39 | 0,16 | 0,06 |
| 2009 | 0,33 | 0,14 | 0,07 |
| 2010 | 0,31 | 0,15 | 0,06 |
| 2011 | 0,28 | 0,13 | 0,05 |
| 2012 | 0,31 | 0,14 | 0,05 |
| 2013 | 0,26 | 0,11 | 0,02 |
| 2014 | 0,29 | 0,11 | 0,03 |
| 2015 | 0,29 | 0,17 | 0,05 |
| 2016 | 0,36 | 0,17 | 0,08 |
| 2017 | 0,40 | 0,24 | 0,09 |
| 2018 | 0,39 | 0,20 | 0,09 |
| 2019 | 0,35 | 0,23 | 0,12 |
| 2020 | 0,36 | 0,23 | 0,15 |
| 2021 | 0,44 | 0,21 | 0,13 |
| 2022 | 0,56 | 0,20 | 0,13 |
| 2023 | 0,42 | 0,18 | 0,13 |
| 2024 | 0,39 | 0,24 | 0,07 |
Graphique 14 fin
En revanche, après avoir affiché quelques années de baisses, le taux d’homicides commis avec une carabine ou un fusil de chasse a augmenté de 32 % de 2023 à 2024. Le taux de 0,24 homicide commis avec une carabine ou un fusil de chasse pour 100 000 habitants est le plus élevé enregistré depuis 1997. Ce taux est néanmoins nettement moins élevé qu’au cours des années 1970, où il était environ trois fois plus élevé (graphique 14).
Plus de 4 victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu sur 5 sont des hommes ou des garçons
Depuis les débuts de l’Enquête sur les homicides en 1961, les hommes et les garçons ont toujours représenté la majorité des victimes. C’est toutefois encore plus vrai lorsqu’il est question d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu. En 2024, 82 % des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu étaient des hommes ou des garçons. Cette proportion était légèrement inférieure par rapport à l’année précédente (85 %), tant en raison d’une baisse du nombre d’hommes et de garçons (-12) tués par arme à feu que d’une hausse du nombre de femmes victimes (+6). À titre de comparaison, c’était le cas de 66 % des personnes tuées au moyen d’un couteau ou d’un objet tranchant et de 55 % de celles tuées au moyen d’une autre arme.
En 2024, 85 % des victimes d’homicide commis à l’aide d’une arme de poing étaient des hommes ou des garçons, alors que cette proportion était de 77 % parmi les victimes d’homicides commis au moyen d’une carabine ou d’un fusil de chasse.
Les victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu étaient aussi en moyenne plus jeunes que les personnes tuées au moyen d’une autre arme. En 2024, l’âge médian des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu était de 34 ans. L’âge médian des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu était cependant légèrement plus élevé que lors des années précédentes, alors qu’il se situait généralement à environ 30 ansNote . En comparaison, les victimes d’homicides commis avec un couteau avaient un âge médian de 39 ans, alors que l’âge médian était de 41 ans pour les victimes d’homicides commis au moyen d’une autre arme. Cette différence était surtout attribuable aux homicides dont la victime était un homme ou un garçon. Parmi les femmes victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu, l’âge médian était de 40 ans.
La majorité des armes à feu envoyées au traçage proviennent du Canada
Dans le cadre de l’Enquête sur les homicides, la police recueille des renseignements sur le statut légal de l’arme à feu et de son propriétaire. Il convient de noter que ces renseignements sont disponibles pour une minorité d’affaires et d’armes à feu; il faut donc faire preuve de prudence dans l’interprétation de ces résultatsNote .
En 2024, les renseignements sur la possession légale de l’arme étaient disponibles pour 53 % de l’ensemble des homicides commis à l’aide d’une arme à feu. Selon ces renseignements, au moment de l’homicide, l’arme était en possession légale dans près du quart (24 %, ou 37 homicides sur 152) de ces homicides, c’est-à-dire que l’arme avait été acquise légalement et que les conditions légales pour posséder l’arme étaient en place.
Les renseignements sur l’origine des armes à feu qui n’étaient pas en possession légale au moment de l’homicide sont disponibles pour une minorité de ces homicides (22 %, ou 25 sur 115). Parmi ceux-ci, la police a indiqué que l’arme avait été volée au propriétaire légal canadien dans 32 % des cas ou que le propriétaire canadien l’avait perdue (8 %). Dans les autres cas, l’arme à feu était illégale, c’est-à-dire qu’elle n’a jamais été en possession légale au Canada (56 %) ou qu’elle avait été achetée illégalement au propriétaire légal canadien (4 %).
L’arme à feu ayant causé la mort a été récupérée dans 41 % des homicides par arme à feu. Parmi les armes à feu qui ont été retrouvées, 77 (70 %) ont été envoyées pour traçage. L’origine de près de la moitié (44 %, ou 34 sur 77) de ces armes a pu être déterminée. Parmi ces 34 armes dont l’origine était connue, la plupart (74 %) provenaient du Canada, alors que les autres provenaient principalement des États-Unis (24 %).
Dans l’ensemble, 1 auteur présumé d’homicide par arme à feu sur 5 détient un permis de possession valide pour la classe d’arme utilisée
Parmi les affaires d’homicide par arme à feu dans le cadre desquelles un auteur présumé a été identifié, celui-ci détenait un permis de possession d’arme à feu valide pour la classe d’arme utilisée dans 1 cas sur 5 (20 %)Note . Inversement, l’auteur présumé ne détenait pas de permis valide dans 80 % des cas. La proportion d’auteurs présumés détenant un permis valide était beaucoup plus élevée dans les homicides commis avec une carabine ou un fusil de chasse (30 %) que dans le cas des homicides commis avec une arme de poing (10 %).
Environ 4 homicides commis à l’aide d’une arme à feu sur 10 sont liés aux activités du crime organisé ou des gangs de rue
La majorité des homicides attribuables au crime organisé ou aux gangsNote sont commis à l’aide d’une arme à feu. En 2024, un peu plus des trois quarts (79 %)Note des homicides liés à des activités confirmées ou soupçonnées du crime organisé ou des gangs de rue avaient été commis à l’aide d’une arme à feu, alors que 14 % avaient été commis avec un couteau ou une autre arme tranchante. Ainsi, une part importante des homicides commis à l’aide d’une arme à feu sont attribuables au crime organisé. Plus précisément, près de 4 homicides par arme à feu sur 10 (39 %) étaient liés ou soupçonnés être liés au crime organisé en 2024, alors que cela était beaucoup moins fréquent pour les homicides commis au moyen d’une autre arme (6,7 %). La proportion d’homicides par arme à feu attribuable au crime organisé a atteint un sommet en 2009 (60 %). Depuis, une lente tendance à la baisse semble se dessiner (graphique 15).
Graphique 15 début

Tableau de données du graphique 15
| Année | Homicides commis à l'aide d'une arme à feu | Homicides commis sans arme à feu |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Note : Un homicide est considéré comme attribuable au crime organisé ou aux gangs lorsque la police confirme ou soupçonne que l'auteur présumé ou la victime de l'homicide était un membre ou un membre potentiel d'un groupe du crime organisé ou d'un gang de rue, ou était associé d'une façon ou d'une autre à un groupe du crime organisé ou à un gang de rue, et que l'homicide a été commis en raison de cette association. Le calcul des pourcentages exclut les homicides pour lesquels la police a déclaré ignorer s'ils étaient attribuables à des gangs ou non. Un faible nombre d'homicides pris en compte dans le total d'une année donnée pourraient en réalité s'être produits au cours d'années précédentes. Les homicides sont comptabilisés en fonction de l'année durant laquelle ils sont déclarés à Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Enquête sur les homicides. |
||
| 2004 | 35,48 | 5,05 |
| 2005 | 38,92 | 8,83 |
| 2006 | 45,35 | 6,78 |
| 2007 | 48,24 | 10,28 |
| 2008 | 57,53 | 7,45 |
| 2009 | 60,12 | 5,54 |
| 2010 | 47,71 | 5,73 |
| 2011 | 44,70 | 8,09 |
| 2012 | 45,03 | 7,06 |
| 2013 | 48,76 | 6,61 |
| 2014 | 43,66 | 5,33 |
| 2015 | 42,77 | 5,43 |
| 2016 | 53,62 | 6,87 |
| 2017 | 51,31 | 5,41 |
| 2018 | 50,20 | 6,61 |
| 2019 | 50,95 | 5,41 |
| 2020 | 38,71 | 7,16 |
| 2021 | 46,15 | 6,79 |
| 2022 | 47,65 | 7,06 |
| 2023 | 44,90 | 7,94 |
| 2024 | 38,73 | 6,67 |
Graphique 15 fin
La proportion d’homicides par arme à feu liés aux activités du crime organisé ou des gangs de rue variait selon le type d’arme à feu utilisé. En 2024, un peu moins de la moitié (48 %) des homicides commis à l’aide d’une arme de poing étaient liés au crime organisé ou aux gangs de rue, comparativement à 20 % des homicides commis au moyen d’une carabine ou d’un fusil de chasse et à 54 % des homicides mettant en cause un autre type d’arme à feu.
La majorité des auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu ont des antécédents criminels
Qu’ils soient liés aux gangs ou non, la majorité (60 %) des auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 avaient un casier judiciaire pour au moins une condamnation antérieure liée à des activités criminellesNote . Notamment, 44 % avaient des antécédents de crimes contre la personne. Cette proportion était légèrement plus élevée que celle observée pour les homicides commis au moyen d’une autre arme. Par exemple, 48 % des auteurs présumés d’homicides commis avec un couteau ou une autre arme tranchante en 2024 avaient des antécédents criminels, dont 36 % pour des crimes contre la personne.
Les homicides par arme à feu visant une personne de 25 à 34 ans sont le plus souvent liés aux gangs ou au crime organisé
La majorité des victimes d’homicide sont des hommes ou des garçons. C’est encore plus vrai lorsqu’il est question d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu, et encore plus vrai lorsque ceux-ci sont liés au crime organisé ou aux gangs. En 2024, 101 hommes et garçons ont été victimes d’un homicide commis à l’aide d’une arme à feu lié au crime organisé ou aux gangs. Ceux-ci représentaient 44 % des hommes ou garçons tués par arme à feu et 92 % des victimes d’homicides par arme à feu liés au crime organisé ou aux gangsNote . Les femmes étaient beaucoup moins susceptibles d’être victimes d’un homicide lié au crime organisé ou aux gangs. En 2024, 9 des 50 (18 %) homicides de femmes ou de filles commis à l’aide d’une arme à feu étaient liés au crime organisé ou aux gangs.
Les homicides par arme à feu dont la victime était âgée entre 25 et 34 ans étaient aussi plus susceptibles d’être liés aux gangs que les homicides ayant fait une victime d’un autre âge. En 2024, plus de la moitié (55 %) des homicides par arme à feu dont la victime avait entre 25 et 34 ans étaient liés au crime organisé ou aux gangs.
Historiquement, les homicides commis à l’aide d’une arme à feu dont la victime étaient âgée entre 18 et 24 ans étaient les plus susceptibles d’être liés aux gangs. De 2005 à 2019, les homicides liés aux gangs représentaient de 61 à 65 % des homicides par arme à feu dont la victime était âgée de 18 à 24 ans. Cette proportion a baissé à 51 % pour la période allant de 2020 à 2024, ce qui est inférieur à la proportion enregistrée parmi les homicides dont la victime était âgée de 25 à 34 ans (54 %). À l’inverse, la proportion d’homicides par arme à feu qui sont liés aux gangs affiche une légère tendance à la hausse dans les cas où la victime est âgée de moins de 18 ans et ceux où la victime est âgée de 45 ans et plus (graphique 16).
Graphique 16 début

Tableau de données du graphique 16
| Groupe d'âge de la victime | 2000 à 2004 | 2005 à 2009 | 2010 à 2014 | 2015 à 2019 | 2020 à 2024 |
|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | |||||
| Note : Un homicide est considéré comme attribuable au crime organisé ou aux gangs lorsque la police confirme ou soupçonne que l'auteur présumé ou la victime de l'homicide était un membre ou un membre potentiel d'un groupe du crime organisé ou d'un gang de rue, ou était associé d'une façon ou d'une autre à un groupe du crime organisé ou à un gang de rue, et que l'homicide a été commis en raison de cette association. Le calcul des pourcentages exclut les homicides pour lesquels la police a déclaré ignorer s'ils étaient attribuables à des gangs ou non. Exclut les victimes dont l'âge était inconnu. Un faible nombre d'homicides pris en compte dans le total d'une année donnée pourraient en réalité s'être produits au cours d'années précédentes. Les homicides sont comptabilisés en fonction de l'année durant laquelle ils sont déclarés à Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Enquête sur les homicides. |
|||||
| Moins de 18 ans | 23 | 30 | 39 | 35 | 41 |
| 18 à 24 ans | 50 | 65 | 61 | 61 | 51 |
| 25 à 34 ans | 43 | 58 | 59 | 59 | 54 |
| 35 à 44 ans | 23 | 40 | 45 | 46 | 37 |
| 45 ans et plus | 14 | 21 | 20 | 28 | 25 |
Graphique 16 fin
À l’instar des victimes, les auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu et liés aux gangs sont généralement des hommes ou des garçons. La presque totalité (97 %) des auteurs présumés d’un homicide par arme à feu lié aux gangs de 2020 à 2024 étaient des hommes. Au cours de cette période, les auteurs présumés d’homicides par arme à feu étaient aussi en moyenne plus jeunes lorsque l’homicide était lié aux gangs (âge moyen de 26 ans) que lorsque l’homicide n’était pas lié aux gangs (âge moyen 36 ans). Les adolescents de 12 à 17 ne représentaient qu’une minorité de ces auteurs présumés (9 %), mais les homicides liés aux gangs représentaient 31 % des homicides par arme à feu où l’auteur présumé était un adolescent. Cette proportion était légèrement supérieure chez les auteurs présumés âgés de 18 à 24 ans (36 %) et de 25 à 34 ans (32 %), mais diminuait ensuite pour s’établir à 11 % chez les auteurs présumés de 35 à 44 ans.
Début de l'encadré 5
Encadré 5
Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu au Canada est l’un des
plus élevés parmi les pays comparables
En 2023, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime a diffusé une étude détaillée sur les homicides dans le monde (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, 2023) Note . L’étude révèle notamment que les Amériques enregistrent le taux d’homicides le plus élevé parmi l’ensemble des continents (environ 15 homicides pour 100 000 habitants). De plus, c’est aussi dans les Amériques que les homicides sont, de loin, les plus susceptibles d’être commis au moyen d’une arme à feu (75 % des homicides).
À titre de comparaison, non seulement les taux d’homicides sont dans l’ensemble beaucoup plus faibles en Europe (2,2 homicides pour 100 000 habitants) ou en Asie (2,3 homicides pour 100 000 habitants), mais les homicides qui y sont perpétrés sont beaucoup moins souvent commis à l’aide d’une arme à feu (environ 1 homicide sur 6).
Selon l’étude, considérant que les armes à feu contribuent tant à la vitesse et à l’intensité de l’escalade des conflits violents, l’accès relativement facile aux armes à feu, leur mauvaise utilisation et un certain sentiment d’impunité seraient les principaux responsables des taux d’homicides particulièrement élevés dans les Amériques. L’étude note toutefois que ce n’est pas tant le nombre d’armes en circulation qui posent un enjeu (c.-à-d. le nombre de propriétaires d’arme à feu) que la faiblesse des lois et des contrôles qui les régissent (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, 2023).
Comparativement aux autres pays des Amériques, le Canada affiche un taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu relativement faibleNote , et la proportion d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu est aussi inférieure à ce qui est enregistré dans la plupart des autres pays des Amériques. En revanche, lorsqu’on le compare à des pays semblables ailleurs dans le mondeNote , le Canada affiche l’un des taux d’homicides par arme à feu les plus élevés. En fait, seuls les États-Unis, véritable cas d’exception en la matière, affichent un taux plus élevé que le Canada (graphique 17).
Graphique 17 début

Tableau de données du graphique 17
| Pays | taux pour 100 000 habitants |
|---|---|
Source : Statistique Canada, Enquête sur les homicides et Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, data UNODC, données extraites le 20 mars 2026 à partir du site https://data.unodc.org/datareport/hom-victim. |
|
| États-Unis | 4,42 |
| Canada | 0,73 |
| Suède | 0,50 |
| Autriche | 0,19 |
| Finlande Tableau de données du graphique 17 Note 1 | 0,18 |
| Pays-Bas | 0,16 |
| Suisse | 0,14 |
| France Tableau de données du graphique 17 Note 2 | 0,10 |
| Australie | 0,09 |
| Allemagne Tableau de données du graphique 17 Note 3 | 0,06 |
| Danemark Tableau de données du graphique 17 Note 4 | 0,05 |
| Royaume-Uni Tableau de données du graphique 17 Note 1 Tableau de données du graphique 17 Note 5 | 0,05 |
| Japon Tableau de données du graphique 17 Note 6 | 0,00 |
Graphique 17 fin
Dans l’ensemble, les taux d’homicides au Canada, toutes causes confondues, sont généralement plus élevés que dans les autres pays semblables, sauf les États-Unis. La différence est toutefois beaucoup plus marquée en ce qui concerne les homicides commis à l’aide d’une arme à feu. Par exemple, le taux d’homicides au Canada est, dans l’ensemble, près du double de celui du Royaume-Uni. Lorsque l’on compare les homicides par arme à feu, le taux canadien est environ 15 fois plus élevé que celui du Royaume-Uni.
En 2017, dernière année pour laquelle des données étaient disponibles pour chacun des pays figurant dans le graphique ci-dessus, il y a eu davantage d’homicides par arme à feu au Canada (267) que dans tous les autres pays de cette analyse réunis (258), sauf les États-Unis.
Bien qu’il puisse y avoir de légères différences dans les façons de définir et de consigner les homicides d’un pays à l’autre, ceux-ci sont mesurés de façon relativement semblable et offrent une base solide pour comparer la criminalité entre différents pays. Les homicides ne représentent toutefois qu’une infime partie des crimes violents, y compris ceux commis à l’aide d’une arme à feu. Les différences observées au chapitre des homicides pourraient donc ne pas refléter parfaitement les différences pour d’autres types de crimes, comme l’a révélé une analyse récente (Cotter et Sinha, 2025).
Il demeure néanmoins probable que les crimes violents mettant en cause une arme à feu soient, dans l’ensemble, plus fréquents au Canada que dans la plupart des pays semblables. Par exemple, selon l’Office for National Statistics du Royaume-Uni, il y a eu près de 9 000 crimes mettant en cause une arme à feu dans ce pays en 2023Note . Au Canada, malgré une taille de population qui représente environ les deux tiers de celle du Royaume-Uni, on a dénombré plus de 14 000 crimes de ce type en 2023, soit un écart qui pourrait difficilement s’expliquer uniquement par des différences méthodologiques.
Fin de l’encadré 5
Le nombre d’affaires lors desquelles une arme à feu est volée continue de diminuer, mais les affaires de possession d’armes poursuivent leur hausse
Les crimes mettant en cause des armes à feu ne sont pas tous classés comme violents. Il existe un certain nombre d’infractions relatives aux armes à feu qui sont sans violence, y compris l’introduction par effraction pour voler une arme à feu et un éventail d’infractions administratives relatives aux armes pour lesquelles la police déclare des renseignements dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC).
Le nombre d’affaires dans lesquelles une arme à feu a été signalée à la police comme étant volée est une autre mesure des crimes liés aux armes à feu au Canada. Dans le cadre du Programme DUC, la police peut recenser jusqu’à cinq types différents de biens volés dans une affaire, y compris quatre catégories distinctes d’armes à feu : les armes à feu à autorisation restreinte, les carabines, les fusils de chasse et les autres armes à feu. En 2024, il y a eu 1 699 affaires sans violence signalées à la police où au moins une arme à feu faisait partie des biens volésNote . Plus précisément, on compte 862 affaires sans violence où au moins une carabine a été volée, 491 affaires où au moins un fusil de chasse a été volé, 230 affaires où au moins une arme à feu à autorisation restreinte a été volée et 468 affaires où un autre type d’arme a été voléNote .
Comparativement à l’année précédente, il y a eu 131 affaires de vol d’arme à feu de moins, soit une baisse principalement attribuable à une réduction du nombre d’affaires sans violence où une carabine (115 affaires de moins, ou -12 %) ou une arme restreinte (41 affaires de moins, ou -15 %) a été volée.
Les vols d’armes à feu affichent aussi une forte baisse par rapport à 2014, alors qu’au moins une arme à feu avait été volée dans 3 568 affaires sans violence. Cette diminution s’observe pour tous les types d’armes à feu, bien qu’elle soit un peu plus marquée pour les vols de carabines (-55 %) et des autres types d’armes à feu (-56 %) que pour les vols de fusils de chasse (-44 %) et des armes à feu restreintes (-24 %).
En 2024, le plus faible nombre d’affaires mettant en cause le vol d’une arme à feu a été enregistré depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2009. En outre, le nombre d’affaires a atteint un sommet au milieu des années 2010, alors que le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu atteignait au contraire un creux. Depuis, le nombre d’affaires sans violence où au moins une arme à feu a été volée n’a cessé de diminuer chaque année.
Parmi les autres infractions qui ne sont pas classées comme des crimes violents, la possession d’arme était la plus fréquente, bien qu’il ne soit pas possible de distinguer les affaires mettant en cause une arme à feu des affaires mettant en cause une autre arme. En 2024, la police a déclaré 20 203 affaires de possession d’armes, soit près du double de ce qui avait été enregistré 10 ans plus tôt, en 2014 (11 242 affaires).
Les auteurs de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant eu des contacts répétés avec la police
Il est généralement admis qu’une part disproportionnée de la criminalité est attribuable à un petit nombre de criminels très actifs, c’est-à-dire les récidivistes ou criminels « chroniques » (Brennan et Matarazzo, 2016; Carrington, 2007; Pedneault et autres, 2024; Savage, 2025). Ainsi, les politiques de prévention de la criminalité doivent particulièrement tenir compte des facteurs qui sont associés à la récidive. En 2022, Sécurité publique Canada a lancé Cadre fédéral visant à réduire la récidive (Sécurité publique Canada, 2022b). Ce cadre qui a pour objectif d’accroître la sécurité publique est la première étape dans l’élaboration d’un plan visant à cerner les facteurs déterminants qui influent sur les motifs de récidive.
Alors que des études ont noté un risque de récidive plus élevé chez les personnes impliquées dans des crimes commis à l’aide d’une arme à feu (Devitt Westtley et autres, 2018; Ostermann et Hashimi, 2023), d’autres au contraire n’ont pas relevé d’association (Huebner et autres, 2007). Dans tous les cas, les données canadiennes disponibles sur le sujet demeurent limitées.
Il existe plusieurs façons de définir et de mesurer le concept de récidive. Cela inclut souvent l'analyse d'indicateurs tels que les nouveaux contacts avec la police en tant qu’auteur présumé d’un crime, les nouvelles condamnations et les incarcérations répétées (ministère de la Justice Canada, 2020). Les crimes portés à l'attention de la police ne mènent pas tous à des déclarations de culpabilité ou à des peines d’emprisonnement, mais peuvent entraîner des conséquences négatives importantes sur les personnes et les communautés.
Les contacts subséquents avec la police au cours d’une période de neuf ans d’une cohorte d’auteurs présumés d’un crime en 2014
L’analyse qui suit est fondée sur les données tirées du Programme DUC. La récidive est mesurée en fonction des nouveaux contactsNote — c’est-à-dire des contacts subséquents — avec la police auprès d’une cohorte d’auteurs présumés d’un crime violent déclaré par la police en 2014. L’analyse porte sur les contacts survenus au cours de la période de 2014 à 2023.
Les deux tiers des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014 ont eu au moins un contact subséquent avec la police
Parmi les 2 977 auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014, près des deux tiers (65 %) ont été identifiés par la police comme les auteurs présumés d’au moins une autre affaire criminelle (sauf les délits de la route) au cours de la période à l’étude. C’est 8 points de pourcentage de plus que la proportion correspondante (57 %) parmi les 169 332 auteurs présumés dont le contact initial en 2014 était relativement à un crime violent commis sans arme à feu (tableau 6).
Plus précisément, la moitié (50 %) des auteurs présumés dont le premier contact avec la police en 2014 était en lien avec un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu ont eu deux contacts subséquents ou plus avec la police au cours de la période à l’étude, dont 26 % avaient eu plus de 5 contacts. À titre de comparaison, ces proportions s’établissaient à 42 % et à 21 %, respectivement, chez les auteurs présumés dont l’infraction initiale en 2014 était un crime violent commis sans arme à feu (tableau 6).
Comparativement aux auteurs présumés dont l’infraction initiale était un crime violent commis sans arme à feu, ceux dont le crime initial mettait en cause une arme à feu étaient aussi plus susceptibles d’avoir eu un contact subséquent pour un crime violent (50 % des auteurs présumés dont l’infraction initiale était un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu, par rapport à 44 % des auteurs présumés dont le crime initial était sans arme à feu). De même, les auteurs présumés dont le crime initial était un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles d’avoir un contact subséquent pour un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (13 %) que ceux dont le crime initial était un crime violent sans arme à feu (3 %).
C’est dans les régions rurales des territoires et du nord des provincesNote que les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014 étaient les plus susceptibles (74 % d’entre eux) d’avoir eu au moins un contact subséquent avec la police au cours de la période de neuf ans à l’étude. Cependant, ceux-ci n’étaient pas plus susceptibles d’avoir eu au moins un contact subséquent avec la police que leurs homologues dont le crime violent initial avait été commis sans arme à feu (75 %). C’est plutôt dans les régions urbaines du sud des provinces qu’on observait les plus grands écarts. Dans ces régions, 65 % des auteurs présumés dont l’infraction initiale était un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu ont eu au moins un contact subséquent avec la police, comparativement à 54 % de ceux dont l’infraction avec violence initiale avait été commise sans arme à feu (tableau 6).
La majorité des auteurs présumés ayant eu de nouveaux contacts avec la police sont des hommes
La majorité des auteurs présumés de crimes violents sont des hommes ou des garçons. C’est particulièrement vrai pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, et encore plus vrai lorsqu’il est question de contacts subséquents. Par exemple, les hommes représentaient 97 % des auteurs présumés ayant eu au moins un contact subséquent pour un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu.
Les auteurs présumés de moins de 35 ans étaient aussi un peu plus susceptibles d’avoir eu de nouveaux contacts avec la police après le contact initial en 2014. Les jeunes de 12 à 17 ans identifiés comme les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014 ont eu au moins un contact subséquent avec la police pour une infraction au Code criminel (sauf les délits de la route) dans une proportion de 71 %, soit une proportion semblable à celles observées chez les auteurs présumés de 18 à 24 ans (70 %) et de 25 à 34 ans (72 %). Cette proportion diminuait toutefois chez les auteurs présumés qui étaient plus âgés au moment du délit initial en 2014 et s’établissait à 66 % chez les auteurs présumés de 35 à 44 ans et à 44 % chez ceux de 45 ans et plus. Cependant, les jeunes de 12 à 17 ans étaient les plus susceptibles d’avoir eu plus de cinq contacts subséquents (34 %), voire plus de 20 contacts subséquents (9,0 %). Les jeunes de 12 à 17 ans auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2014 étaient aussi les plus susceptibles d’avoir eu des contacts subséquents pour un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (20 % par rapport à 15 % et moins parmi chacun des autres groupes d’âge).
Les contacts antérieurs avec la police d’une cohorte d’auteurs présumés d’une infraction en 2024
Alors que la section précédente porte sur les contacts avec la police ayant suivi un contact initial en 2014, la présente section fait plutôt l’inverse, en traitant des contacts ayant précédé le plus récent contact avec la police en 2024. Pour cette analyse, on a d’abord retenu pour la cohorte les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024. Dans le cas où un même auteur présumé a été impliqué dans plus d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024, l’affaire la plus récente a été retenue pour la cohorte. Pour les auteurs présumés d’une infraction au Code criminel ou une autre loi fédérale qui n’ont pas commis de crime violent à l’aide d’une arme à feu en 2024, l’affaire la plus récente a été retenue pour la cohorte.
La majorité des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu avaient des antécédents en matière de violence
La très grande majorité des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 avaient des antécédents criminels récents, c’est-à-dire qu’ils ont été antérieurement identifiés par la police comme étant les auteurs présumés d’au moins une autre infraction de 2018 à 2024. Plus précisément, 70 % avaient des antécédents pour une infraction au Code criminel (sauf les délits de la route) et plus de la moitié (58 %) avaient des antécédents relativement à au moins un crime violent. En outre, environ 1 auteur présumé de crime violent commis à l’aide d’une arme à feu sur 6 (17 %) avait précédemment eu un contact avec la police relativement à au moins un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu de 2018 à 2024 (tableau 7, graphique 18).
Les auteurs présumés dont le crime le plus récent en 2024 était un crime violent commis sans arme à feu étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir de tels antécédents. Par exemple, moins de la moitié d’entre eux (47 %) avaient des antécédents récents relativement à une autre infraction au Code criminel, 39 % avaient des antécédents en matière de violence et 2 % avaient des antécédents relativement à un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (tableau 7).
Les auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 étaient particulièrement plus susceptibles que les autres auteurs présumés de crimes violents d’avoir de nombreux antécédents. Par exemple, 11 % d’entre eux ont été identifiés comme auteurs présumés dans plus de 5 crimes violents antérieurs de 2018 à 2024, et 8,0 % ont été antérieurement identifiés dans au moins 2 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. À titre de comparaison, ces proportions étaient de 4,7 % et de 0,3 %, respectivement, chez les auteurs présumés d’un crime violent commis sans arme à feu (tableau 7).
Les auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu vivant dans les territoires, au Manitoba et en Saskatchewan étaient les plus susceptibles d’avoir des antécédents de violence
Les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu survenu dans les territoires en 2024 étaient les plus susceptibles d’avoir eu un contact antérieur avec la police en lien avec un crime violent déclaré de 2018 à 2024. Environ les trois quarts (74 %) d’entre eux étaient dans cette situation. Cependant, 13 % avaient des antécédents relativement à un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu, un pourcentage inférieur à la moyenne canadienne (17 %) (graphique 18).
C’est dans les Prairies, et plus particulièrement en Saskatchewan (25 %) et au Manitoba (21 %), que les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 étaient les plus susceptibles d’avoir des antécédents récents en lien avec au moins un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (graphique 18). Ces résultats laissent entendre que les taux élevés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les territoires et les Prairies pourraient être, au moins en partie, attribuables à des taux de récidive plus élevés que la moyenne.
Graphique 18 début

Tableau de données du graphique 18
| Provinces | Contact antérieur pour un crime violent | Contact antérieur pour un crime violent commis à l'aide d'une arme à feu |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Note : Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu comprennent les affaires dont l’infraction la plus grave était une infraction avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu (décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel, braquer une arme à feu) et les autres crimes violents dans le cadre desquels l’arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire était une arme à feu. Un contact est défini comme le fait d'être l'auteur présumé d'une infraction au Code criminel ou à une autre loi fédérale déclarée par la police (seuls les contacts relatifs à un crime violent sont présentés dans ce graphique). Pour être considérée comme faisant partie du champ d'analyse et incluse dans la cohorte, l'affaire la plus récente pour laquelle une personne a été identifiée comme auteur présumé doit avoir été déclarée au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2024. Des accusations peuvent ou non avoir été portées ou recommandées par la police. Les contacts antérieurs compris dans cette analyse doivent avoir été déclarés par la police au cours de la période allant du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2024. Une personne peut avoir eu des contacts avec la police avant cette période. Chaque affaire distincte représente un contact, y compris les cas où un auteur présumé est arrêté une seule fois en lien avec plusieurs affaires. En raison de préoccupations liées à la qualité des données relatives aux armes, le Service de police de la Ville de Québec est exclu. En raison du faible nombre de cas et afin d’assurer la protection de la confidentialité et de la vie privée des victimes et des auteurs présumés, les données de l’Île-du-Prince-Édouard ne sont pas présentées dans ce graphique, mais elles sont comprises dans les données pour le Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Canada | 58 | 17 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 61 | 11 |
| Nouvelle-Écosse | 50 | 10 |
| Nouveau-Brunswick | 50 | 13 |
| Québec | 51 | 10 |
| Ontario | 54 | 17 |
| Manitoba | 72 | 21 |
| Saskatchewan | 71 | 25 |
| Alberta | 60 | 21 |
| Colombie-Britannique | 52 | 7 |
| Territoires | 74 | 13 |
Graphique 18 fin
À l’inverse, les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en Colombie-Britannique (7 %), en Nouvelle-Écosse (10 %) et au Québec (10 %) étaient les moins susceptibles d’avoir eu des contacts antérieurs avec la police relativement à au moins un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (graphique 18).
Les hommes sont plus susceptibles d’avoir eu des contacts antérieurs avec la police
À l’instar de ce qui a été noté pour les contacts subséquents, les hommes présumés être les auteurs d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir eu des contacts antérieurs avec la police en lien avec une infraction déclarée de 2018 à 2024. Notamment, ils étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir des antécédents récents en lien avec au moins une infraction au Code criminel, sauf les délits de la route (70 % par rapport à 66 %), ou un crime violent (59 % par rapport à 48 %) ou encore un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (18 % par rapport à 8 %) (tableau 7).
Les auteurs présumés des crimes les plus graves sont les plus susceptibles d’avoir des antécédents criminels
Les auteurs présumés de crimes violents parmi les plus graves, comme les homicides, étaient plus susceptibles d’avoir eu des contacts antérieurs avec la police. Parmi les auteurs présumés d’homicide ou d’un autre crime causant la mort, ou de tentative de meurtre commis à l’aide d’une arme à feu en 2024, 78 % avaient des antécédents récents relativement à une infraction au Code criminel (sauf les délits de la route), 65 % avaient des antécédents récents relativement à un crime violent et 29 % avaient des antécédents en lien avec un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu. À titre de comparaison, lorsque ces crimes avaient été commis sans arme à feu, les auteurs présumés avaient des antécédents de violence dans 51 % des cas et des antécédents de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans 4 % des cas (tableau 7).
Les auteurs présumés de vol qualifié commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 étaient aussi particulièrement susceptibles d’avoir des antécédents récents en lien avec une infraction criminelle (79 %), un crime violent (65 %) ou un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu (26 %). Par ailleurs, 40 % des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu dans une banque avaient eu des contacts antérieurs avec la police en lien avec au moins un autre crime violent commis à l’aide d’une arme à feu de 2018 à 2024. Il en était de même pour 32 % de ceux dont le crime avait eu lieu dans un dépanneur, une station-service ou une pharmacie.
Dans l’ensemble, plus un auteur présumé a d’antécédents criminels, plus les crimes dont il est présumé être l’auteur sont graves. Pour mesurer la gravité d’une infraction, on peut utiliser le poids qui est attribué à chacune des infractions dans le calcul de l’Indice de gravité de la criminalité (IGC). Ces poids sont calculés en fonction de la durée moyenne des peines d’emprisonnement, les infractions ayant les plus longues peines étant considérées comme plus graves et ayant les poids les plus élevés. À titre d’exemple, les voies de fait simples (niveau 1) ont un poids de 26,2, alors que les voies de fait graves (niveau 3) ont un poids de 501,1. Les meurtres au premier degré ont le poids le plus élevé, soit 8 273,6.
Graphique 19 début

Tableau de données du graphique 19
| Nombre de contacts antérieurs avec la police au cours de la période allant de 2018 à 2024 | Contact antérieur pour un crime violent | Contact antérieur pour un crime violent commis à l'aide d'une arme à feu |
|---|---|---|
| gravité moyenne (poids de l'IGC) Tableau de données du graphique 19 Note 1 | ||
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, Programme de déclaration uniforme de la criminalité. |
||
| Aucun contact antérieur | 113 | 122 |
| Un contact antérieur | 132 | 323 |
| 2 à 5 contacts antérieurs | 156 | 525 |
| Plus de 5 contacts antérieurs | 186 | 680 |
Graphique 19 fin
Parmi les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu ou dont le crime le plus récent en 2024 était un crime violent et qui n’avaient pas d’antécédents récents en matière de violence, le poids moyen des infractions qui leur étaient reprochées se situait tout juste au-dessus de 100. Ce poids augmentait ensuite selon le nombre de contacts antérieurs avec la police : 132 parmi les auteurs présumés ayant eu un contact antérieur pour un crime violent, 156 parmi les auteurs présumés ayant eu de 2 à 5 contacts antérieurs, 186 parmi les auteurs présumés ayant eu plus de 5 contacts antérieurs (graphique 19).
Lorsqu’on se penche précisément sur les antécédents relativement à un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu, l’augmentation est exponentielle. Les crimes reprochés aux auteurs présumés d’un crime violent en 2024 qui n’avaient pas d’antécédents de crime violent commis à l’aide d’une arme à feu affichaient un poids moyen de 122. Parmi ceux qui avaient eu plus de 5 contacts antérieurs avec la police en lien avec un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu de 2018 à 2024, le poids moyen des infractions s’élevait à 680 (graphique 19).
Près des trois quarts des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu et lié aux gangs avaient des antécédents récents de violence
Tout comme les auteurs présumés de crimes plus graves étaient plus susceptibles d’avoir des antécédents de violence, les auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu et lié au crime organisé ou aux gangs étaient aussi nombreux à avoir eu des contacts antérieurs avec la police. Près des trois quarts (73 %) d’entre eux avaient eu des contacts antérieurs avec la police de 2018 à 2024 en lien avec un crime violent et le tiers (33 %) avaient eu au moins un contact antérieur en lien avec un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu. À titre de comparaison, ces proportions se situaient à 61 % et à 13 %, respectivement, chez les auteurs présumés de crimes violents liés au crime organisé ou aux gangs mais commis sans arme à feu (tableau 7).
Plus des trois quarts des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié avaient des antécédents criminels
Les auteurs de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient les plus susceptibles d’avoir des antécédents criminels récents dans les cas où le crime avait été commis au moyen d’une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié (77 %). Ils étaient aussi plus susceptibles d’avoir des antécédents récents de violence (66 %). La proportion d’auteurs présumés ayant des antécédents criminels (73 %) ou de violence (60 %) était aussi relativement élevée parmi ceux dont le crime avait été commis au moyen d’une arme de poing. À titre de comparaison, ces proportions s’établissaient à 66 % et à 55 %, respectivement, chez ceux dont le crime avait été commis au moyen d’une carabine ou d’une arme semblable à une arme à feu ou de type inconnu (tableau 7).
Résumé
En 2024, 14 488 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont été déclarés par les services de police au Canada, ce qui représentait 2,6 % des crimes violents. Par rapport à 2023, il s’agit d’une diminution d’environ 200 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Le taux pour ces crimes a ainsi reculé pour passer de 37,6 affaires pour 100 000 habitants à 36,0 affaires pour 100 000 habitants.
La majorité des provinces et territoires ont enregistré une baisse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2023 à 2024. Les exceptions ont été Terre-Neuve-et-Labrador (+31 %), le Yukon (+24 %), les Territoires du Nord-Ouest (+7,3 %), l’Ontario (+6,3 %) et le Québec (+0,8 %). Bien que des baisses de taux ont été observées dans maintes régions du pays, des baisses importantes dans les régions urbaines de la Colombie-Britannique et de l’Alberta ont grandement contribué à la baisse observée à l’échelle nationale. D’ailleurs, alors que Toronto enregistrait en 2024 son taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (44,8 affaires pour 100 000 habitants) le plus élevé en 15 ans, Vancouver enregistrait son plus faible (14,1 affaires pour 100 000 habitants).
Dans l’ensemble, les taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient les plus bas dans les régions urbaines, c’est-à-dire les régions métropolitaines et les agglomérations de recensement, et ils étaient les plus élevés dans les régions rurales. En 2024, la police a dénombré 31,1 affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 habitants dans les régions urbaines du sud des provinces et 39,5 affaires pour 100 000 habitants dans les régions urbaines du nord de celles-ci. Ce taux était légèrement supérieur dans les régions rurales du sud des provinces (40,9 affaires pour 100 000 habitants) mais beaucoup plus élevé dans les Territoires (157,7) et dans les régions rurales du nord des provinces (172,2).
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles que les autres crimes violents de faire plusieurs victimes ou d’impliquer plusieurs auteurs présumés. En 2024, 22 % de ces crimes avaient fait au moins deux victimes, et 24 % de l’ensemble des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu impliquaient au moins deux auteurs présumés. Ces proportions étaient plus de deux fois plus élevées que celles enregistrées pour les crimes violents commis sans arme à feu (8,7 % et 5,7 %, respectivement).
Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient environ 15 fois plus susceptibles que les autres crimes violents d’être liés au crime organisé ou aux gangs. Néanmoins, les crimes liés aux gangs représentaient une petite partie de l’ensemble des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, soit 4 %. Cette proportion était nettement plus élevée dans le cas des homicides commis à l’aide d’une arme de poing (48 %). Par ailleurs, près des trois quarts (73 %) des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu liés aux gangs avaient eu des contacts antérieurs récents avec la police en lien avec au moins un autre crime violent, et le tiers (33 %) avaient des antécédents de crime violent commis à l’aide d’une arme à feu.
Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a baissé pour une seconde année consécutive en 2024, passant de 0,73 affaire pour 100 000 habitants en 2023 à 0,69 en 2024. Cette baisse est en bonne partie attribuable à des reculs des homicides commis à l’aide d’une arme de poing et des homicides liés au crime organisé. Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu demeure toutefois nettement supérieur à celui enregistré dans les autres pays comparables, sauf les États-Unis.
La majorité (70 %) des auteurs présumés d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2024 avaient des antécédents criminels récents, c’est-à-dire qu’ils ont été antérieurement identifiés par la police comme étant les auteurs présumés d’au moins une autre infraction criminelle (sauf les délits de la route) de 2018 à 2024. Cette proportion était de 47 % parmi les auteurs présumés d’un crime violent commis sans arme à feu en 2024. Dans l’ensemble, plus un auteur présumé avait d’antécédents criminels, plus la gravité du crime qui lui était reproché en 2024 était élevée.
Tableaux de données détaillés
Sources de données et concepts
Programme de déclaration uniforme de la criminalité
Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l’aide de l’Association canadienne des chefs de police. L’enquête vise à dénombrer les crimes déclarés par les services de police fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux au Canada.
Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Afin d’assurer la comparabilité des données, les chiffres qui figurent dans le présent article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire. La police détermine l’infraction la plus grave en fonction des règles de classification normalisées du Programme DUC qui tiennent compte, par exemple, de la nature violente ou non de l’infraction ainsi que de la peine maximale prévue par le Code criminel.
Dans le contexte de cette analyse, un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu désigne un crime où une arme à feu était présente lors de la perpétration de l’infraction et pour lequel la police a jugé que l’arme à feu était pertinente au crime, que celle-ci ait été utilisée ou non. Les armes à feu comprennent les armes de poing, les carabines ou les fusils de chasse, les armes à feu entièrement automatiques ou à canon scié, ainsi que les armes semblables à une arme à feu, comme les pistolets de départ, les pistolets lance-fusées, les armes à air comprimé et les armes à balles BB. Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — y compris la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu — sont également incluses dans les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, peu importe l’arme la plus dangereuse présente sur les lieux de l’affaire.
Base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire
La base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC 2) est établie à partir d’une enquête à base de microdonnées qui permet de saisir des renseignements détaillés sur les crimes signalés à la police. Les données portent sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés. On estime que la couverture du Programme DUC 2 de 2009 à 2023 s’élève à 99 % de la population du Canada. Sont inclus uniquement les services de police qui ont toujours répondu au Programme DUC 2 afin que des comparaisons puissent être établies au fil du temps.
Au Québec, le système de gestion de l’information utilisé par la plupart des services de police donne lieu à une proportion relativement élevée de valeurs inconnues pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Bien que les crimes commis à l’aide d’une arme à feu soient probablement correctement enregistrés dans la grande majorité des cas, un sous-dénombrement demeure possible. Ainsi, il convient de faire preuve de prudence lorsque l’on compare les données du Québec à celles d’autres provinces ou territoires.
Cette analyse exclut les données du Service de police de la Ville de Québec en raison de préoccupations liées à la qualité des données pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Les données du Service de police de Saint John (SPSJ) sont exclues. Le Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, en collaboration avec le SPSJ, a pris la décision de supprimer les données du SPSJ des fichiers de recherche de 2016, 2017, 2018, 2019, 2023 et 2024 en raison de préoccupations liées à la qualité des données pour ces années. Par conséquent, les données du SPSJ ont également été retirées du fichier de données sur les tendances, qui ne comprend que les services de police qui ont déclaré des données chaque année de 2009 à 2024.
Enquête sur les homicides
L’Enquête sur les homicides permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques des affaires, des victimes et des auteurs présumés d’homicide au Canada. Cette enquête permet de recueillir des renseignements sur l’ensemble des homicides depuis 1961.
Lorsque la police prend connaissance d’un homicide, le service de police qui mène l’enquête remplit les questionnaires de l’Enquête sur les homicides, puis les envoie à Statistique Canada. Certains homicides sont portés à l’attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l’année au cours de laquelle la police en a été informée. Les renseignements sur les auteurs présumés d’homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). Les caractéristiques des auteurs présumés sont mises à jour à mesure que les affaires d’homicide sont résolues et que de nouveaux renseignements sont envoyés aux responsables de l’Enquête sur les homicides. Les données recueillies au moyen des questionnaires sur la victime et sur l’affaire sont également mises à jour à la suite de la résolution d’une affaire.
L’Enquête sur les homicides a récemment fait l’objet d’un remaniement qui a permis d’améliorer la qualité des données et d’accroître leur pertinence. Des changements ont été apportés aux questions existantes, et des questions ont été ajoutées pour la période de déclaration de 2019.
Régions géographiques
Les régions urbaines correspondent aux régions métropolitaines de recensement (RMR) et aux agglomérations de recensement (AR). Une RMR est composée d’une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d’un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d’intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Une AR doit avoir un noyau d’au moins 10 000 habitants. Les régions rurales désignent toutes les régions situées à l’extérieur des RMR et des AR.
Le Sud provincial comprend l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, ainsi que les régions du sud de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique (Variante de la Classification géographique type [CGT] 2021 pour le Nord et Sud). Le Nord provincial englobe les régions septentrionales de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Il est à noter que le Service de police du Nunavik déclare ses données au Programme DUC (version 1). Dans le cadre de cet article, le nord du Québec représente donc les régions du Nord situées au sud du Nunavik.
Types d’armes à feu
Aux fins du Programme DUC et de l’Enquête sur les homicides, une arme à feu désigne toute arme qui permet de tirer des coups de feu, des balles ou tout autre projectile et qui peut causer la mort d’une personne ou lui infliger des lésions corporelles graves. Différents types d’armes à feu se distinguent les uns des autres (présentés par ordre décroissant de gravité selon la hiérarchie de détermination de l’arme la plus dangereuse) :
Arme à feu entièrement automatique : Toute arme à feu permettant de tirer rapidement plusieurs balles de façon continue à chaque pression de la détente.
Carabine ou fusil de chasse à canon scié : Toute carabine ou tout fusil de chasse modifié de façon à ce que la longueur du canon soit inférieure à 457 millimètres ou que la longueur totale de l’arme soit inférieure à 660 millimètres.
Arme de poing : Toute arme à feu destinée à être tenue et actionnée d’une seule main.
Carabine ou fusil de chasse : Toute arme à feu longue dont la longueur du canon est supérieure ou égale à 660 millimètres.
Arme semblable à une arme à feu : Toute arme susceptible de projeter un objet par le canon au moyen de poudre, de dioxyde de carbone comprimé, d’air comprimé, etc. Comprend, par exemple, les pistolets de départ, les pistolets lance-fusées, les armes à air comprimé et les armes à balles BB. Cette catégorie comprend également tous les types inconnus d’armes à feu.
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