Les armes à feu et les crimes violents au Canada, 2024
Diffusion : 2026-04-21
En 2024, 2,6 % des crimes violents déclarés par les services de police au Canada ont été commis à l'aide d'une arme à feu. Il s'agit d'une légère baisse par rapport à la proportion de 2,7 % enregistrée en 2023. La proportion de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu en 2024 était néanmoins plus élevée que 10 ans plus tôt (2,4 % en 2014).
L'article de Juristat intitulé « Les armes à feu et les crimes violents au Canada, 2024 » est diffusé aujourd'hui. Il présente les plus récentes données déclarées par la police sur les crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu au Canada, lesquelles reposent sur le Programme de déclaration uniforme de la criminalité et l'Enquête sur les homicides.
Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu affiche sa plus forte baisse en 10 ans
En 2024, les services de police ont déclaré près de 14 500 crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu, ce qui se traduit par un taux de 36,0 crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu pour 100 000 habitants. Il s'agit d'une diminution de 4,2 % par rapport au taux enregistré en 2023 (37,6 affaires pour 100 000 habitants) et de la plus forte baisse annuelle depuis 2014. Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu en 2024 était néanmoins 44 % supérieur à ce qu'il était 10 ans plus tôt (25,0 affaires pour 100 000 habitants).
Le recul du taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu est en grande partie attribuable aux régions urbaines de l'Ouest
De 2023 à 2024, toutes les régions métropolitaines de recensement (RMR) de l'Alberta et la majorité des RMR de la Colombie-Britannique ont enregistré une baisse importante du taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu, ce qui a contribué au recul observé à l'échelle nationale. En revanche, Toronto, la RMR la plus populeuse au pays, a vu son taux augmenter de 12 % de 2023 à 2024. Toronto a ainsi enregistré son taux le plus élevé de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu (44,8 affaires pour 100 000 habitants) en 15 ans.
À l'échelle des provinces, Terre-Neuve-et-Labrador (+31 %), l'Ontario (+6,3 %) et le Québec (+0,8 %) ont enregistré une hausse du taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu de 2023 à 2024. Toutes les autres provinces ont fait état d'une baisse. L'Île-du-Prince-Édouard (-46 %), la Colombie-Britannique (-22 %) et l'Alberta (-14 %) ont affiché les reculs les plus prononcés.
Les territoires et les régions rurales du sud des provinces enregistrent aussi une diminution du taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu
Dans les territoires, le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu a atteint un sommet en 2023 (184 affaires pour 100 000 habitants). Il s'agissait du plus important taux observé depuis que des données comparables ont commencé à être compilées en 2009. En 2024, ce taux a reculé de 14 % par rapport au sommet de 2023, sous l'effet de la baisse de 37 % enregistrée au Nunavut.
Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu a affiché un léger recul dans les régions rurales du sud des provinces, en baisse de 3,8 % pour passer d'un sommet de 42,5 affaires pour 100 000 habitants en 2023 à 40,9 affaires pour 100 000 habitants en 2024. En revanche, le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu a atteint un nouveau sommet de 172 affaires pour 100 000 habitants dans les régions rurales du nord des provinces, en hausse de 2,7 % par rapport à 2023 (168 affaires pour 100 000 habitants).
Malgré les baisses enregistrées en 2024 dans certaines régions rurales et dans les territoires, les taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu y étaient nettement supérieurs à ce qu'ils étaient 10 ans plus tôt. Par rapport à 2014, le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu était 167 % plus élevé dans les régions rurales du nord des provinces, 85 % plus élevé dans les régions rurales du sud des provinces et 79 % plus élevé dans les territoires.
Après plusieurs années de hausse soutenue, le taux d'infractions se rapportant explicitement aux armes à feu se stabilise
Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu a affiché une tendance nettement à la hausse au cours des 10 années ayant précédé la baisse enregistrée en 2024, et cette croissance était en grande partie attribuable à l'augmentation des infractions se rapportant explicitement aux armes à feu. Ces infractions comprennent la décharge d'une arme à feu avec une intention particulière, l'usage d'une arme à feu lors de la perpétration d'un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu. De 2014 à 2024, le taux relatif à ces crimes a plus que doublé pour passer de 5,4 affaires pour 100 000 habitants à 13,2 affaires pour 100 000 habitants. La hausse a été particulièrement marquée en ce qui a trait à la décharge d'une arme à feu avec une intention particulière, dont le taux a plus que triplé au cours de cette période.
De 2023 à 2024, le taux d'infractions se rapportant explicitement aux armes à feu s'est toutefois stabilisé. En revanche, la plupart des autres infractions commises à l'aide d'une arme à feu ont affiché une baisse au cours de cette période. Par exemple, on a enregistré des reculs notables des crimes commis à l'aide d'une arme à feu pour ce qui est des affaires de prise d'otage, de séquestration ou d'enlèvement commises au moyen d'une arme à feu (-15 %), des agressions sexuelles (-13 %) et des vols qualifiés (-8,8 %).
Les homicides causés par des coups de feu ont également reculé de 2023 à 2024 (-5,6 %). Il s'agit de la deuxième baisse annuelle consécutive. En 2024, les homicides causés par des coups de feu ont affiché un taux de 0,69 affaire pour 100 000 habitants; ils sont néanmoins demeurés plus fréquents que les homicides causés par des coups de couteau (0,61 affaire pour 100 000 habitants). Dans 80 % des homicides commis à l'aide d'une arme à feu pour lesquels un auteur présumé a été identifié en 2024, l'auteur présumé ne détenait pas de permis de possession valide pour la classe d'arme utilisée.
Près de la moitié des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu mettent en cause une arme de poing
En 2024, près de la moitié (49 %) des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu au Canada l'ont été au moyen d'une arme de poing. Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme de poing (17,6 affaires pour 100 000 habitants) a reculé de 4,1 % de 2023 à 2024. Il s'agit de la deuxième baisse annuelle consécutive à avoir été observée depuis le sommet de 19,7 affaires pour 100 000 habitants enregistré en 2022. De 2023 à 2024, ce sont toutefois les crimes violents commis à l'aide d'une carabine ou d'un fusil de chasse qui ont affiché la diminution la plus marquée; leur taux est passé de 5,8 affaires pour 100 000 habitants à 5,2 affaires pour 100 000 habitants, ce qui représente un recul de 10,4 %.
Depuis quelques années, les crimes commis au moyen d'armes semblables à une arme à feu (p. ex. fusils à plombs ou armes à air comprimé) ou d'armes à feu dont le type était inconnu affichent une nette tendance à la hausse. En 2018, la police a déclaré 5,9 affaires pour 100 000 habitants qui mettaient en cause ces armes, soit 1 crime violent commis à l'aide d'une arme à feu sur 5 (20 %). En 2024, ce taux a presque doublé (11,3 affaires pour 100 000 habitants) et ces armes étaient le type d'arme utilisé dans 31 % des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu.
Près de 3 crimes violents attribuables au crime organisé ou aux gangs sur 10 sont commis à l'aide d'une arme à feu
Les armes à feu sont souvent en cause dans les crimes violents attribuables au crime organisé ou aux gangs. En 2024, près de 3 crimes violents attribuables au crime organisé ou aux gangs sur 10 (29 %) ont été commis à l'aide d'une arme à feu. Les crimes liés aux gangs demeurent relativement rares; ils représentaient 4,0 % de l'ensemble des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu en 2024. Cette proportion s'élevait toutefois à 39 % pour ce qui est des homicides commis à l'aide d'une arme à feu.
Dans l'ensemble, les crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu sont beaucoup plus susceptibles que les autres crimes violents d'être commis par plusieurs auteurs présumés. En 2024, près du quart (24 %) des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu ont été perpétrés par deux auteurs présumés ou plus ayant agi ensemble. À titre de comparaison, cette proportion s'établissait à 5,7 % pour ce qui est des affaires dans lesquelles aucune arme à feu n'était présente.
Les auteurs présumés de crimes violents sont plus susceptibles d'avoir des antécédents récents de violence
Parmi les auteurs présumés d'un crime violent commis à l'aide d'une arme à feu en 2024, près de 6 sur 10 (58 %) ont été identifiés par la police comme les auteurs présumés d'au moins un autre crime violent (avec ou sans arme à feu) survenu antérieurement au cours de la période allant de 2018 à 2024. À titre de comparaison, cette proportion s'élevait à 39 % chez les auteurs présumés d'un crime violent commis sans arme à feu.
Les auteurs présumés des crimes les plus graves, comme les homicides et les vols qualifiés, et ceux dont le crime était lié au crime organisé ou aux gangs étaient les plus susceptibles d'avoir eu des contacts antérieurs récents avec la police relativement à des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu. Par ailleurs, la gravité des crimes violents déclarés par la police en 2024 était nettement plus élevée lorsque ceux-ci avaient été commis par un auteur présumé ayant de nombreux antécédents récents de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu.
Note aux lecteurs
Les données figurant dans le présent communiqué proviennent principalement de la base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) fondé sur l'affaire. On estime que la couverture du Programme DUC fondé sur l'affaire pour la période allant de 2009 à 2022 s'élève à 99 % de la population du Canada. Les services de police qui ont toujours participé au Programme DUC sont les seuls qui ont été inclus, afin que des comparaisons puissent être établies au fil du temps. Dans le présent communiqué, les données du Service de police de la Ville de Québec sont exclues en raison de préoccupations relatives à la qualité des données pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l'affaire ». Les analyses fondées sur la base de données sur les tendances du Programme DUC excluent également les données du Service de police de Saint John. Les données sur les homicides proviennent de l'Enquête sur les homicides, laquelle permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l'ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada depuis 1961.
Dans le contexte de cette analyse, un crime violent commis à l'aide d'une arme à feu désigne un crime où une arme à feu était présente lors de la perpétration de l'infraction et pour lequel la police a jugé que l'arme à feu était pertinente au crime, que celle-ci ait été utilisée ou non. Les crimes ayant été commis à l'aide d'une arme semblable à une arme à feu, comme une imitation d'arme ou un fusil à plombs, sont également compris dans l'analyse. Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — la décharge d'une arme à feu avec une intention particulière, le fait de braquer une arme à feu et l'usage d'une arme à feu lors de la perpétration d'un acte criminel — sont aussi comptabilisées comme des crimes commis à l'aide d'une arme à feu, y compris dans les cas où l'information sur l'arme était inconnue. Le nombre d'affaires correspond au nombre de victimes, en plus des crimes pour lesquels la police n'a pas fourni d'enregistrement sur la victime. Une affaire peut comprendre plus d'une infraction. Afin d'assurer la comparabilité des données, les chiffres figurant dans le présent communiqué sont fondés sur l'infraction la plus grave dans l'affaire. Les données sur les crimes commis à l'aide d'une arme à feu diffusées dans le passé reposaient généralement sur le nombre de victimes plutôt que sur le nombre d'affaires; elles pourraient donc être légèrement différentes de celles qui figurent dans le présent communiqué.
Aux fins du Programme DUC et de l'Enquête sur les homicides, une arme à feu désigne toute arme qui permet de tirer des coups de feu, des balles ou tout autre projectile et qui peut causer la mort d'une personne ou lui infliger des lésions corporelles. Différents types d'armes à feu se distinguent les uns des autres (présentés par ordre décroissant de gravité selon la hiérarchie de détermination de l'arme la plus dangereuse) :
Arme à feu entièrement automatique : Toute arme à feu permettant de tirer rapidement plusieurs balles de façon continue à chaque pression de la détente.
Carabine ou fusil de chasse à canon scié : Toute carabine ou tout fusil de chasse modifié de façon à ce que la longueur du canon soit inférieure à 457 millimètres ou que la longueur totale de l'arme soit inférieure à 660 millimètres.
Arme de poing : Toute arme à feu destinée à être tenue et actionnée d'une seule main.
Carabine ou fusil de chasse : Toute arme à feu longue dont la longueur du canon est supérieure ou égale à 457 millimètres ou dont la longueur totale est de 660 millimètres ou plus.
Arme semblable à une arme à feu : Toute arme susceptible de projeter un objet par le canon au moyen de poudre, de dioxyde de carbone comprimé, d'air comprimé ou par tout autre moyen. Comprend, par exemple, les pistolets lance-fusées et les fusils à plombs. Pour ce qui est des données du Programme DUC, cette catégorie comprend également tous les types inconnus d'armes à feu.
Au Québec, le système de gestion des dossiers utilisé par la majorité des services de police donne lieu à une proportion relativement élevée de valeurs inconnues pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l'affaire ». Il faut donc faire preuve de prudence lorsque l'on compare les données du Québec à celles des autres provinces et des territoires.
Dans le cadre de cette analyse, les régions urbaines comprennent les services de police qui desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l'intérieur d'une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d'une agglomération de recensement (AR). Les services de police ruraux desservent un territoire dont la majorité de la population vit à l'extérieur d'une RMR ou d'une AR. Une RMR ou une AR peut être desservie par plus d'un service de police.
Le calcul des variations en pourcentage est fondé sur des nombres non arrondis.
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L'article de Juristat intitulé « Les armes à feu et les crimes violents au Canada, 2024 » (85-002-X) est maintenant accessible. L'infographie intitulée « Crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu au Canada, 2024 » (11-627-M) est également diffusée aujourd'hui.
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