Section 3 : Violence familiale envers les aînés au Canada, affaires déclarées par la police, 2017
par Laura Savage
Le tiers des victimes âgées sont agressées par un membre de la famille
- Selon les données déclarées par la police, 11 380 personnes de 65 à 89 ans ont été victimes de violence au Canada en 2017Note Note . Parmi ces victimes, le tiers (33 %) ont été agressées par un membre de la famille, comme un enfant, un conjoint, un frère ou une sœur, ou une autre personne apparentée (tableau 3.1).
- Les femmes représentaient plus de la moitié (58 %) des victimes âgées de violence familiale, et celles qui étaient victimes de violence familiale étaient le plus souvent agressées par un conjoint (32 %) (tableau 3.1).
- Le taux global d’affaires de violence familiale envers les aînés déclarées par la police était de 65 victimes pour 100 000 personnes en 2017. Le taux le plus élevé à l’égard des types d’infraction avec violence envers les aînés au sein de la famille a été observé pour les voies de fait (44 victimes pour 100 000 personnes) (tableau 3.2)Note .
- De 2009 à 2017, le taux d’affaires de violence familiale envers les aînés déclarées par la police a augmenté de 6 %, passant de 60 victimes pour 100 000 personnes en 2009 à 64 en 2017 (graphique 3.1)Note . Cette hausse était légèrement inférieure à celle du taux de violence non familiale envers les aînés (+10 %).

Tableau de données du graphique 3.1
| Année | Violence familiale | Violence non familiale | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| victimes de sexe féminin | victimes de sexe masculin | total des victimes | victimes de sexe féminin | victimes de sexe masculin | total des victimes | |
| taux pour 100 000 habitants | ||||||
| 2009 | 65 | 55 | 60 | 83 | 160 | 118 |
| 2010 | 69 | 51 | 61 | 90 | 167 | 125 |
| 2011 | 67 | 53 | 61 | 84 | 160 | 119 |
| 2012 | 68 | 51 | 60 | 86 | 159 | 119 |
| 2013 | 63 | 51 | 58 | 85 | 155 | 117 |
| 2014 | 65 | 53 | 60 | 79 | 153 | 113 |
| 2015 | 65 | 52 | 59 | 89 | 160 | 122 |
| 2016 | 67 | 55 | 62 | 86 | 161 | 121 |
| 2017 | 70 | 58 | 64 | 95 | 169 | 129 |
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Note : Les taux sont calculés pour 100 000 personnes de 65 ans à 89 ans. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Représente les victimes de 65 à 89 ans. Les victimes de 90 ans et plus ont été exclues de l’analyse en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l’âge de la victime était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d’âge. Exclut les victimes dont le sexe ou l’âge était inconnu ou pour lesquelles le lien de l’auteur présumé avec la victime était inconnu. Repose sur la base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire qui, depuis 2009, comprend des données pour 99 % de la population du Canada. Par conséquent, les chiffres peuvent ne pas correspondre à ceux figurant ailleurs dans le présent rapport. Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire. |
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Plus de 4 victimes âgées de violence familiale sur 10 ont subi des blessures selon les données déclarées par la police
- Une affaire criminelle est considérée comme classée lorsqu’une accusation est déposée ou recommandée, ou lorsqu’elle est traitée d’une autre façon par la police (p. ex. grâce à un aiguillage vers un programme de déjudiciarisation). En ce qui concerne les affaires classées, la violence familiale envers les aînés était plus susceptible que la violence non familiale de donner lieu à une accusation. Par exemple, dans le cas des voies de fait, 62 % des personnes âgées ont vu des accusations être portées relativement à l’affaire qu’elles ont vécue dans leur famille, comparativement à 49 % des victimes d’une affaire classée commise par une personne non apparentée (tableau 3.3).
- Plus de 4 personnes âgées sur 10 (44 %) qui ont été victimes d’une affaire de violence familiale déclarée par la police ont subi des blessures, la grande majorité (93 %) de ces blessures étant considérées comme mineures (tableau 3.4)Note .
- Un peu moins des deux tiers (63 %) des victimes âgées de violence familiale ont vu leur agresseur utiliser de la force physique à leur endroit. Cette proportion était semblable à celle observée chez les victimes âgées de violence non familiale (62 %) (tableau 3.4).
- La présence d’une arme, comme une arme à feu, un couteau ou un autre instrument, était un peu plus fréquente chez les hommes âgés victimes de violence familiale (20 %) que chez leurs homologues de sexe féminin (17 %) (tableau 3.4).
Quatre auteurs présumés de violence envers les aînés sur dix ont agressé un membre de leur famille selon les données policières
- Dans le cas des affaires comportant un seul auteur présumé et une seule victime, des proportions semblables d’auteurs présumés de sexe féminin et de sexe masculin ont agressé un membre de leur famille (39 %) (tableau 3.5).
- On dénombrait 3 auteures présumées et 10 auteurs présumés de violence familiale pour 100 000 personnes âgées. Lorsqu’on examine tout particulièrement les taux, on constate que les auteurs présumés de sexe masculin de violence familiale envers les aînés étaient plus souvent eux-mêmes une personne âgée (18 pour 100 000 personnes), généralement un conjoint (tableau 3.5).
La violence familiale envers les aînés est plus répandue dans les régions rurales
- Les taux globaux de violence familiale envers les aînés étaient les plus élevés au Nunavut (1 606 victimes pour 100 000 personnes) et dans les Territoires du Nord-Ouest (1 230). En revanche, ils étaient les plus faibles en Ontario et en Nouvelle-Écosse (47 et 53 victimes pour 100 000 personnes, respectivement). La violence familiale envers les aînés a augmenté de 4 % de 2016 à 2017, l’Île-du-Prince-Édouard ayant enregistré la plus forte hausse (+132 %) (tableau 3.6)Note .
- Peu importe le sexe de la victime, le taux de violence familiale envers les aînés était plus élevé dans les régions rurales (88 victimes pour 100 000 personnes) que dans les régions urbaines (57) (graphique 3.2). À l’inverse, les taux de violence non familiale envers les aînés étaient plus élevés dans les régions urbaines (tableau 3.7)Note .
- Dans l’ensemble, les taux de violence familiale étaient plus faibles chez les aînés vivant dans les plus grandes villes du Canada (régions métropolitaines de recensement ou RMR) que parmi ceux vivant dans des régions autres que des RMR (56 pour 100 000 personnes par rapport à 81). Dans les RMR, le taux de violence familiale envers les aînés était le plus élevé à Moncton (90 victimes pour 100 000 personnes), ce qui était en grande partie attribuable au taux de violence envers les hommes âgés (115) (tableau 3.8)Note .
- Le taux de violence familiale était plus élevé chez les femmes âgées dans la majorité des RMR du Canada. St. John’s, Moncton, Saguenay, St. Catharines–Niagara, Windsor, Winnipeg, Saskatoon, Edmonton et Kelowna faisaient exception (tableau 3.8).

Tableau de données du graphique 3.2
| Violence familiale | Violence non familiale | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Victimes de sexe féminin | Victimes de sexe masculin | Total des victimes | Victimes de sexe féminin | Victimes de sexe masculin | Total des victimes | |
| taux pour 100 000 habitants | ||||||
| Région urbaine | 63 | 50 | 57 | 97 | 169 | 130 |
| Région rurale | 93 | 83 | 88 | 81 | 160 | 120 |
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Note : Une région urbaine est définie comme une région métropolitaine de recensement (RMR) ou une agglomération de recensement (AR). Une RMR est composée d’une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d’un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d'intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Le noyau urbain d’une AR doit compter au moins 10 000 habitants. Les régions rurales désignent toutes les régions situées à l’extérieur des RMR et des AR. Les taux sont calculés pour 100 000 personnes de 65 à 89 ans. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Représente les victimes de 65 à 89 ans. Les victimes de 90 ans et plus ont été exclues de l’analyse en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l’âge de la victime était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d’âge. Exclut les victimes dont le sexe ou l’âge était inconnu ou pour lesquelles le lien de l’auteur présumé avec la victime était inconnu. Exclut les données provenant des territoires. Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire. |
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Plus du tiers des homicides commis contre une personne âgée par un membre de la famille sont motivés par la frustration, la colère ou le désespoir
- Les homicides commis dans la famille surviennent dans des contextes interpersonnels complexes, qui peuvent être difficiles à expliquer au moyen des données policièresNote . Néanmoins, une analyse des mobiles déclarés par la police est importante pour les politiques de prévention de la violence. La frustration, la colère ou le désespoir (36 %) — une gamme d’émotions typiques des contrevenants qui exercent un contrôle sur leur victime — et une dispute ou une querelle (34 %) étaient les principaux mobiles des homicides sur des aînés commis par un membre de leur famille au cours de la période allant de 2007 à 2017. Par comparaison, ces mobiles représentaient une proportion plus faible des homicides perpétrés à l’extérieur de la famille contre des personnes âgées (26 % et 18 %, respectivement) (tableau 3.9).
- De 2007 à 2017, le taux global d’homicides dans la famille sur les aînés a diminué de 20 % (passant de 4,2 victimes pour 1 million de personnes à 3,4), tandis que le taux de violence non familiale a augmenté de 56 % (passant de 2,8 victimes pour 1 million de personnes à 4,4) (tableau 3.10).
- Comme pour les homicides en général, le taux d’homicides hors de la famille était plus élevé chez les hommes âgés que chez les femmes âgées. En revanche, le taux d’homicides dans la famille à l’endroit de femmes âgées était deux fois plus élevé que celui contre des hommes âgés (4,4 victimes par rapport à 2,2 victimes pour 1 million de personnes, respectivement) (tableau 3.10).
Tableaux de données détaillés
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