Résumé
Contexte
Les mesures de santé publique liées à la pandémie de COVID-19 ont bousculé la façon dont les Canadiens consomment et achètent leurs aliments. Depuis le début de la pandémie, de nombreux Canadiens ont déclaré consommer moins souvent des aliments cuisinés à l’extérieur du domicile (ACED). Les ACED sont habituellement moins sains que les aliments cuisinés à la maison. On en sait peu sur les habitudes de consommation des Canadiens en matière d’ACED avant la pandémie. Dans le cadre de la présente étude, on a utilisé les données de 2015 sur la nutrition à l’échelle nationale, soit les plus récentes à notre disposition, pour caractériser les habitudes de consommation d’ACED et de certains marqueurs d’apport alimentaire.
Données et méthodes
Les données nationales sur l’apport alimentaire proviennent du premier rappel alimentaire de 24 heures effectué auprès de 20 475 personnes âgées de 1 an et plus dans le cadre de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Nutrition de 2015. Les apports quotidiens moyens de certains sous-groupes alimentaires et éléments nutritifs — après prise en compte de l’apport énergétique total — chez les répondants ayant mangé au restaurant la veille ont été comparés avec ceux chez les répondants ne l’ayant pas fait. Des estimations ont été produites pour l’ensemble des répondants et pour huit groupes d’âge-sexe.
Résultats
En 2015, 21,8 % des Canadiens interrogés avaient consommé la veille des aliments dans un restaurant. Le taux de la consommation d’ACED était le plus élevé chez les hommes de 19 à 54 ans (27,7 %) et le plus faible chez les jeunes enfants de 1 an à 5 ans (8,4 %). Comparativement aux Canadiens n’ayant pas mangé à l’extérieur du domicile la veille, ceux qui avaient mangé au restaurant ce jour-là avaient consommé en moyenne moins de portions de fruits entiers, de grains entiers, de légumes vert foncé et orange, d’autres légumes (sauf les pommes de terre), de lait et de boissons enrichies à base de soya, de légumineuses, et de noix et de graines. Les personnes ayant mangé à l’extérieur avaient consommé en moyenne moins de fibres et de glucides totaux, et leur apport total en lipides, en gras saturés et en sodium avait été plus élevé ce jour-là. Peu de différences ont été notées pour la viande et la volaille, le poisson et les fruits de mer, et pour l’apport en protéines.
Interprétation
Le jour où les Canadiens avaient mangé au restaurant, leur apport alimentaire avait généralement été moins équilibré que celui des Canadiens ayant mangé à domicile. Si les Canadiens continuent de manger davantage à la maison et de consommer moins d’ACED, comme l’indiquent les premiers rapports de la période de la pandémie, les résultats pourraient être utilisés pour l’évaluation des répercussions possibles des changements sur le plan alimentaire.
Mots clés
Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, enquêtes sur la nutrition, apport alimentaire, manger à l’extérieur du domicile, restaurant.
DOI :https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100800003-fra
Résultats
La consommation d’aliments cuisinés à l’extérieur du domicile, que ce soit au restaurant ou à domicile par l’intermédiaire de commandes pour emporter, est un aspect qui perdure dans les habitudes alimentaires des Canadiens. En 2019, le ménage canadien moyen a consacré plus du quart (26,9 %) de son budget alimentaire à des repas et à des collations achetés au restaurant. En 2016, plus de la moitié des Canadiens (54 %) ont déclaré consommer des aliments cuisinés à l’extérieur du domicile (ACED) au moins une fois par semaine. En 2018, le Canada comptait près de 97 000 restaurants, dont la totalité a reçu en moyenne 22 millions de visites par jour. [Article complet]
Auteurs
Jane Y. Polsky et Didier Garriguet travaillent tous deux à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, au Canada.
Début de l'encadré
Ce que l'on sait déjà sur le sujet?
- Avant la pandémie de COVID-19, le ménage canadien moyen consacrait environ le quart de son budget alimentaire à des repas et à des collations achetés au restaurant.
- Les aliments cuisinés à l’extérieur du domicile (ACED) sont habituellement moins sains que ceux qui sont cuisinés à la maison.
- Les mesures de santé publique liées à la pandémie de COVID-19 ont bousculé la façon dont les Canadiens consomment et achètent leurs aliments. Depuis le début de la pandémie, de nombreux Canadiens ont déclaré consommer moins souvent des ACED.
- L’utilisation des plus récentes données disponibles (2015) sur la nutrition à l’échelle du pays pour la caractérisation des habitudes alimentaires des Canadiens relativement aux ACED pourrait constituer un précieux point de repère pour l’estimation de tout changement post-pandémique dans les habitudes alimentaires nationales.
Ce qu'apporte l'étude?
- En 2015, les Canadiens ont fréquenté régulièrement des restaurants; environ 1 Canadien sur 5 (21,8 %) a déclaré avoir consommé la veille de la nourriture dans un restaurant.
- Le jour où les Canadiens avaient mangé au restaurant, leur apport alimentaire avait généralement été moins équilibré que celui des Canadiens ayant mangé à domicile.
- Les écarts les plus marqués étaient associés à la consommation de fruits entiers, de légumes nutritifs, de grains entiers, de fibres et de lipides totaux.
- Si les Canadiens continuent de manger davantage à la maison et de consommer moins d’ACED, comme l’indiquent les premiers rapports de la période de la pandémie, les résultats de la présente étude pourraient être utilisés pour l’évaluation des répercussions possibles des changements sur le plan alimentaire.
Fin de l'encadré
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