Rapports sur la santé
Accès aux soins de santé et leur utilisation par les anciens combattants des Forces armées canadiennes, hommes et femmes

par Mary Beth MacLean, Jill Sweet, Alyson Mahar, Sarah Gould et Amy L. Hall

Date de diffusion : le 17 mars 2021

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100300002-fra

L’accès aux soins de santé est un volet important pour favoriser la santé et éviter l’incapacité liée au travailNote 1. Selon les observations, les anciens combattants des Forces armées canadiennes présenteraient une plus forte prévalence de problèmes de santé et d’incapacité autodéclarée que la population générale canadienneNote 2Note 3. Par exemple, selon les résultats de précédentes comparaisons entre les anciens combattants et la population générale, fondées sur les données de l’Enquête sur la vie après le service militaire et l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, les anciens membres de la Force régulière affichent des taux plus élevés de problèmes de santé physique chroniques que la population générale canadienne, dont des maux de dos, la perte auditive et l’arthriteNote 2Note 3. Les problèmes de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique, s’avèrent aussi plus courants chez les anciens combattants selon les comparaisons fondées sur ces deux sources des donnéesNote 2Note 3. Les taux d’incapacité chez les anciens combattants sont presque le triple de ceux de la population canadienne en généralNote 4; de même, l’incapacité liée au travail se révèle plus fréquente chez les anciens combattants que chez l’ensemble des CanadiensNote 5.

Malgré de plus grands besoins en matière de soins de santé chez les anciens combattants que dans la population générale qu’il serait possible d’en déduire, relativement peu d’études publiées ont décrit l’utilisation des soins de santé par les anciens combattantsNote 6Note 7Note 8, et aucune d’elles n’a décrit l’accès de ces derniers par rapport à l’ensemble des Canadiens. À l’extérieur du Canada, la seule étude ayant comparé l’utilisation des soins de santé par les anciens combattants à celle de la population générale a été réalisée en AustralieNote 9. De plus, la majorité des études réalisées sur les membres actifs et les anciens combattants portent essentiellement sur l’utilisation des soins en santé mentale, non sur celle des soins de santé au sens large. Le fait est important, puisque santé mentale et santé physique sont interdépendantes, surtout chez les anciens combattantsNote 10. En outre, malgré les écarts observés quant aux besoins en matière de soins de santé et à l’utilisation de ces soins entre les femmes et les hommes anciens combattantsNote 3Note 11, aucune étude publiée ne comporte de comparaisons désagrégées selon le sexe quant à l’accès et à l’utilisation chez les anciens combattants et le reste de la population canadienne.

Puisque les anciens combattants présentent des taux plus élevés d’incapacité et de problèmes de santé chroniquesNote 2Note 3, ils seraient censés être plus enclins à recourir aux soins de santé. Bien qu’ils disposent d’une meilleure protection prolongée en matière de soins de santé, les anciens combattants doivent trouver un médecin de famille à leur retour à la vie civile, ce qui les rend possiblement moins susceptibles d’avoir accès à des soins de santé.

Cet article vise à comparer les taux d’accès aux soins de santé et de leur utilisation chez les anciens combattants, hommes et femmes, par rapport à leurs homologues de la population générale canadienne. Les taux d’accès aux soins de santé et de leur utilisation pour les hommes et les femmes sont aussi examinés.

Méthodes

Population des anciens combattants

Les différentes caractéristiques démographiques des anciens membres de la Force régulière et les indicateurs autodéclarés relatifs aux besoins, à l’accès aux soins de santé et à leur utilisation pour cette population sont tirés de l’Enquête sur la vie après le service militaire (EVASM) de 2016Note 2Note 4. Cette enquête transversale nationale est le fruit d’un partenariat entre les Anciens Combattants Canada, le ministère de la Défense nationale et Statistique Canada. Les anciens combattants ayant quitté la Force régulière entre 1998 et 2015 ont été identifiés à partir d’une liste informatisée des libérations militaires canadiennes. Étaient exclus tous ceux qui ont été libérés alors qu’ils avaient le même grade qu’à leur arrivée au sein des Forces armées canadiennes (dont les recrues, les élèves-officiers et les sous-lieutenants); les enregistrements hors du champ de l’enquête pour les personnes vivant dans l’un des trois territoires ou à l’extérieur du Canada; les personnes qui vivaient dans un établissement institutionnel, qui s’étaient enrôlées de nouveau dans les Forces armées canadiennes ou qui étaient décédées.

Statistique Canada a recueilli les données d’enquête par interviews téléphoniques en février et en mars 2016. Le taux de réponse était de 73 % et le taux de consentement au partage, de 91 % (consentement à ce que Statistique Canada partage les données avec les Anciens Combattants Canada), donnant lieu à un échantillon de 2 755 anciens membres de la Force régulière, représentatif de la population de 56 419 anciens membres de la Force régulière libérés de leur service entre 1998 et 2015.

Comparaisons avec la population générale du Canada

L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennesNote 12 (ESCC) est une enquête transversale menée auprès de la population de 12 ans et plus des provinces et territoires du Canada, ne vivant pas en établissement. Elle est menée annuellement par Statistique Canada dans les deux langues officielles, auprès d’un échantillon de 130 000 répondants sur deux ans. Les données de l’ESCC servent habituellement à des fins de surveillance de la santé et de recherche sur la santé de la population. Elles sont recueillies au moyen d’une application d’interview sur place et d’interview téléphonique assistée par ordinateur.

Les données sur l’accès aux soins de santé et leur utilisation par les anciens combattants sont comparées avec celles de la population générale canadienne, à l’aide des indicateurs de l’EVASM et de l’ESCC de 2015 et de 2016Note 12. La seule exception est l’indicateur des besoins insatisfaits en matière de soins de santé au cours des 12 derniers mois. Cet indicateur portait sur à peine 16 % de la population de l’ESCC de 2015 et de 2016 puisqu’il s’agissait de contenu optionnel dans les provinces et les territoires. Il a par conséquent permis de comparer uniquement les anciens combattants, hommes et femmes, sans s’étendre à la population canadienne dans son ensemble.

Accès et obstacles perçus aux soins de santé

Les réponses aux deux questions portant sur l’accès aux soins de santé au cours des 12 derniers mois, présentes dans les deux enquêtes, ont fait l’objet d’un examen : « Avez-vous un médecin de famille? » et « Au cours des 12 derniers mois, y a-t-il eu un moment où vous avez cru que vous aviez besoin de soins de santé autres que des services de soins de santé à domicile, mais vous ne les avez pas obtenus? ». Les catégories de réponse pour les deux questions étaient « Oui » et « Non ».

Utilisation des soins de santé

Les répondants de l’EVASM et de l’ESCC devaient répondre à la question « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous vu ou consulté un des professionnels de la santé suivants au sujet de votre santé physique, émotionnelle ou mentale... un médecin de famille ou omnipraticien? ». Les catégories de réponse étaient « Oui » et « Non ». S’ensuivait la question « Combien de fois? ». Dans le cas de l’utilisation des soins en santé mentale, les répondants devaient répondre à la question « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous vu ou consulté un professionnel de la santé au sujet de votre santé émotionnelle ou mentale? ». Cette ligne de question se répétait pour déterminer les consultations de divers types de professionnels de la santé. Pour évaluer les hospitalisations, les répondants devaient répondre à la question « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous passé la nuit comme patient à l’hôpital? ».

Analyses

La population générale du Canada a été normalisée à la population d’anciens combattants en fonction de l’âge pour les deux populations âgées de 19 ans et plus. Une analyse, réalisée au moyen de Stata, version 15.1, et de la linéarisation en série de Taylor, a servi à faire une estimation des erreurs. Le recours à des données pondérées à l’aide des commandes SVY (survey = enquête) Stata a permis d’exclure les réponses manquantes du dénominateur. De plus, les intervalles de confiance à 95 % ont été examinés en tant qu’indicateur des écarts entre les anciens combattants et la population générale canadienne. Un examen a aussi porté sur les écarts entre les femmes et les hommes anciens combattants.

Résultats

Le tableau 1 présente les caractéristiques de sexe et d’âge de l’échantillon d’anciens combattants (2 755 anciens membres de la Force régulière libérés entre 1998 et 2015) et leurs homologues au sein de la population générale canadienne. Les anciens combattants, principalement des hommes (88 %), sont plus jeunes que leurs homologues de la population générale.

La plupart des hommes et des femmes anciens combattants ont déclaré avoir un médecin de famille (82 % et 87 %, respectivement) et un petit nombre d’entre eux, avoir été hospitalisés (8 % pour les deux) au cours de l’année précédente; ces taux sont comparables à ceux observés chez les hommes et les femmes de la population générale canadienne (tableau 2). Parmi les anciens combattants, les hommes (10 %) étaient moins susceptibles que les femmes (16 %) de déclarer des besoins insatisfaits en matière de soins de santé.

En ce qui a trait aux consultations en soins de santé au cours des 12 mois précédant l’interview, les hommes et les femmes anciens combattants avaient consulté un médecin de famille au cours de l’année précédente dans les mêmes proportions que la population canadienne dans son ensemble. Cependant, les anciens combattants (aussi bien les hommes que les femmes) étaient plus susceptibles que leurs homologues de la population générale d’avoir consulté un autre médecin ou spécialiste (différent de leur médecin de famille), un spécialiste de la vue, une infirmière (un infirmier), un professionnel des soins dentaires, un audiologiste, un orthophoniste ou un ergothérapeute. Chez les hommes, par exemple, 33 % des anciens combattants ont consulté un médecin ou un spécialiste, comparativement à 28 % de la population générale du Canada. Chez les femmes, ces taux s’élevaient à 47 % parmi les anciens combattants et à 38 % dans la population générale canadienne.

Parmi les anciens combattants, près du quart des hommes (23 %) et du tiers des femmes (31 %) avaient consulté un professionnel en soins de santé mentale au cours de l’année précédente, un taux représentant environ le double de celui observé pour l’ensemble des Canadiens. Concernant les fournisseurs de soins de santé particuliers, les hommes aussi bien que les femmes anciens combattants étaient plus susceptibles d’avoir consulté leur médecin de famille, un psychiatre ou un psychologue à propos de leur santé mentale. Les hommes (mais pas les femmes) anciens combattants étaient proportionnellement plus nombreux que leurs homologues de la population canadienne en général à avoir consulté une infirmière (un infirmier) pour des soins de santé de tout type, et un travailleur ou travailleuse social(e) ou conseiller(ère) à propos de leur santé mentale. Les femmes (mais pas les hommes) anciens combattants étaient proportionnellement plus nombreuses que leurs homologues de la population générale canadienne à avoir consulté une infirmière (un infirmier) à propos de leur santé mentale.

Les hommes (aussi bien les anciens combattants que les hommes dans la population générale) étaient généralement moins susceptibles d’avoir consulté un médecin de famille, un autre médecin ou spécialiste, un spécialiste de la vue ou un professionnel des soins dentaires pour toute autre raison de santé. Les hommes étaient aussi moins enclins que les femmes à consulter leur médecin de famille pour leur santé mentale.

Des similitudes se dessinent entre hommes et femmes anciens combattants, et elles ne concordent pas avec les différences observées entre hommes et femmes de la population canadienne dans son ensemble. À titre d’exemple, dans la population canadienne en général, les hommes étaient moins portés que les femmes à déclarer avoir un médecin de famille, avoir été hospitalisés au cours des 12 derniers mois, avoir consulté une infirmière (un infirmier) pour quelque raison que ce soit ou avoir consulté un professionnel de la santé pour des raisons de santé mentale. Les hommes et les femmes anciens combattants n’affichaient aucune différence entre eux pour ces indicateurs.

Discussion

Les anciens combattants, tant hommes que femmes, présentaient des taux de recours à des fournisseurs de soins de santé (comme des médecins spécialistes, des spécialistes de la vue, des audiologistes, orthophonistes ou ergothérapeutes), toutes raisons confondues, plus élevés que dans la population générale canadienne. Ils avaient aussi des taux de recours à des fournisseurs de soins de santé (comme les médecins de famille, les psychiatres et les psychologues) pour des raisons de santé mentale qui étaient supérieurs à ceux de l’ensemble des Canadiens. Comparativement aux hommes et aux femmes de la population générale, les hommes et les femmes anciens combattants étaient susceptibles, dans la même mesure, d’avoir consulté un médecin de famille, d’avoir été hospitalisés et d’avoir un médecin de famille.

Malgré des taux d’utilisation des soins de santé plus élevés chez les anciens combattants qu’au sein de la population générale canadienne, ces taux sont plus faibles que prévu compte tenu des taux nettement supérieurs d’incapacité et de problèmes de santé chroniques chez les anciens combattants montrés précédemment par les données de l’EVASM et de l’ESCCNote 2Note 3, ce qui laisse entendre l’existence d’obstacles aux soins. À titre d’exemple, malgré des taux d’utilisation des soins en santé mentale chez les anciens combattants représentant environ le double de ceux observés dans la population générale canadienne, des problèmes de santé mentale courants, comme l’anxiété et la dépression, observés chez les anciens combattants atteignent des taux correspondant jusqu’à trois fois ceux de l’ensemble des CanadiensNote 2Note 3Note 4. De plus, parmi les anciens combattants, les hommes sont moins portés que les femmes à déclarer des besoins insatisfaits en matière de soins de santé, et généralement moins susceptibles d’accéder aux soins de santé. Malgré la concordance des écarts en matière d’utilisation avec les observations faites dans la population générale canadienne, les constatations découlant de cette étude indiquent que les prochaines recherches et la planification de services axés sur les anciens combattants devraient tenir compte des différences entre sexe et des rapports entre sexes en ce qui a trait à l’accès aux soins de santé et à leur utilisation.

L’hypothèse avancée propose que les anciens combattants seraient possiblement moins susceptibles d’avoir un médecin de famille parce qu’il leur faut trouver un nouveau médecin après leur libération du service militaire. Même s’il est peut-être rassurant de constater que les anciens combattants n’ont pas déclaré un moins grand accès à un médecin de famille que leurs homologues de la population générale canadienne, leurs taux plus élevés d’incapacité et de problèmes de santé chroniquesNote 2Note 3 portent à croire qu’ils ont des besoins plus importants. De plus, des études antérieures ont indiqué une plus forte probabilité de besoins non reconnus et de réticence à chercher de l’aide dans les populations de militaires et d’anciens combattantsNote 13Note 14. Cette situation est possiblement attribuable à la grande valeur accordée à la résistance émotionnelle dans le monde militaire, renforcée par un milieu militaire à prédominance masculine dont la vaste majorité des membres sont des hommesNote 15. Les constatations de la présente étude, qui indiquent que parmi les anciens combattants, les hommes sont moins portés que les femmes à déclarer des besoins insatisfaits, semblent indiquer l’existence de besoins non reconnus chez les hommes. Le fait que les anciens combattants doivent trouver un médecin de famille et s’adapter à un milieu de soins de santé moins structuré après leur libération du service militaire souligne également la nécessité de mener d’autres recherches sur les facteurs pouvant faciliter ou faire obstacle à l’utilisation des soins de santé chez les anciens combattants. Cela s’avère particulièrement en ce qui a trait à l’utilisation des soins en santé mentale chez les anciens combattants – les connaissances sont limitées en ce qui a trait aux obstacles à ce type de soinsNote 15.

Les constatations de cette étude sont mitigées en ce qui a trait à la cohérence des deux études précédentes sur l’utilisation des soins de santé par les anciens combattants. Les observations voulant qu’une majorité d’hommes et de femmes anciens combattants aient un médecin de famille et qu’une minorité d’entre eux aient été hospitalisés au cours des 12 derniers mois concordent avec une étude précédente sur l’utilisation des soins de santé par les anciens combattants vivant en OntarioNote 2Note 16. Dans l’étude actuelle et l’étude menée en Ontario, plus de 80 % des anciens combattants ont un médecin de famille et environ 10 % d’entre eux ont été hospitalisés. Les deux études se distinguent quant aux types de visites (toutes raisons confondues par rapport à une raison autre que de santé mentale), à la période couverte (les 12 mois précédant l’enquête par rapport à 5 ans après la libération), à l’âge de la population et à la source des données (enquête par rapport à données administratives)Note 8. Si les anciens combattants australiens ne montrent aucune différence par rapport aux autres Australiens en ce qui a trait à leur recours aux soins en santé mentale, et ce, malgré une plus forte probabilité d’obtenir un diagnostic de trouble mentalNote 9, les anciens combattants de la présente étude se révèlent plus susceptibles d’avoir eu recours à des soins en santé mentale que leurs homologues de la population canadienne en général. Cette différence pourrait être liée à un plus grand besoin chez les anciens combattants canadiens ou à d’autres facteurs qui méritent un examen plus approfondi.

Cette étude comporte plusieurs points forts. Il s’agit de la première à comparer les taux d’utilisation des soins de santé par les anciens combattants (pour les services en santé mentale et autres) à ceux de la population générale du Canada, en y ajoutant les ouvrages internationaux actuels, peu nombreux, qui portent sur cette question. La détermination du statut d’ancien combattant, qui reposait objectivement sur le couplage d’enregistrements aux données administratives du ministère de la Défense nationale, a permis d’obtenir un taux de réponse à l’enquête relativement élevé de 73 %. Puisque Statistique Canada a pondéré les données pour tenir compte du plan d’échantillonnage stratifié et de la non-réponse, les constatations présentées sont de façon générale représentatives de la population d’anciens combattants canadiens libérés du service militaire entre 1998 et 2015. Par conséquent, les résultats de cette étude ne peuvent être généralisés à l’ensemble des anciens combattants. Les comparaisons entre les sexes réalisées dans cette étude en ce qui a trait à l’accès aux soins de santé et à leur utilisation ajoutent à sa solidité. Il s’agit là d’un puissant outil de détection des écarts qui fournit en outre des perspectives distinctes sur les hommes et les femmesNote 17. Il a par exemple été possible de déceler des différences selon le sexe dans les comportements relatifs à la recherche de soins de santé, les femmes étant plus enclines que les hommes à reconnaître des besoins en matière de soins de santé et à consulter un fournisseur de soins de santé primaires pour des préoccupations liées à la santé, tout autant physique que mentaleNote 18.

Quelques limites importantes ont également été observées. Il convient tout d’abord de souligner que l’EVASM de 2016 comptait uniquement comme répondants d’anciens combattants de la Force régulière libérés entre 1998 et 2015 qui avaient un grade plus élevé à la libération qu’à leur arrivée. De plus, comme l’EVASM portait sur les anciens combattants libérés depuis moins longtemps, l’échantillon s’en trouvait relativement jeune, avec à peine 6 % des répondants âgés de 65 ans ou plus, donc ne représentant pas fidèlement les anciens combattants plus âgés et plus susceptibles d’avoir recours à des soins de santé4. Ce à quoi s’ajoute la possibilité de biais de déclaration et de remémoration, puisque la collecte des indicateurs de l’utilisation des soins de santé se faisait au moyen d’enquêtes par autodéclaration. Dans la mesure où l’importance de ces biais est inconnue, leur occurrence est présumée avoir les mêmes proportions dans les enquêtes menées auprès des anciens combattants (EVASM de 2016) et de la population générale (ESCC de 2015 et de 2016) utilisées dans cette étude. Enfin, la population des territoires était exclue de l’échantillon de l’EVASM; cependant, puisque les territoires représentent seulement 0,3 % de la population pondérée de l’ESCC de 2015 et de 2016, cette exclusion ne devrait pas avoir d’effet appréciable.

Tant chez les anciens combattants qu’au sein de la population générale, les hommes étaient généralement moins susceptibles que les femmes d’avoir consulté des fournisseurs de soins de santé, toutes raisons de santé confondues, ainsi que pour leur santé mentale. Des similitudes se dessinent toutefois entre hommes et femmes anciens combattants, et elles ne concordent pas avec les différences observées entre hommes et femmes aussi de la population générale. De plus, parmi les anciens combattants, les hommes étaient moins susceptibles que les femmes de déclarer des besoins insatisfaits en matière de soins de santé. Ces écarts soulignent l’importance des recherches et de la planification des services qui tiennent compte des différences entre les sexes et les rapports entre sexes dans l’utilisation des soins de santé. D’autres recherches s’imposent pour comprendre la mesure dans laquelle les taux d’utilisation des soins de santé concordent avec les indicateurs des besoins, comme les taux d’incapacité et de problèmes de santé chroniques. Il conviendrait également d’examiner les obstacles particuliers à l’accès aux soins de santé auxquels font face les hommes et les femmes anciens combattants afin d’évaluer les domaines qu’il serait possible d’améliorer.

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