Résumé
Contexte
Les anciens combattants sont plus susceptibles que les autres Canadiens de souffrir de problèmes de santé chroniques; par conséquent, les questions entourant leur accès aux soins de santé revêtent une importance toute particulière. Cependant, très peu de recherches ont traité de l’accès aux soins de santé par les anciens combattants et de leur utilisation de ces soins. Le présent article se penche sur la question, en proposant une comparaison entre les anciens combattants et l’ensemble de la population canadienne.
Méthodes
Des indicateurs de l’accès aux soins de santé et de leur utilisation par les anciens membres de la Force régulière ont été examinés, en prenant appui sur les données de l’Enquête sur la vie après le service militaire de 2016. Les résultats pour les anciens combattants, hommes et femmes, ont été comparés avec ceux de la population générale canadienne, lesquels sont tirés de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2015 et 2016. Des taux corrigés en fonction de l’âge et des intervalles de confiance à 95 % ont été utilisés.
Résultats
Plus de 80 % des anciens combattants, hommes et femmes, ont indiqué avoir un médecin de famille dans les 12 mois ayant précédé l’enquête. La plupart d’entre eux (71 % des hommes et 81 % des femmes) ont consulté un médecin de famille, et un petit nombre a été hospitalisé (8 % des hommes et des femmes). Ces taux sont comparables à ceux observés au sein de la population générale du Canada. Les taux de consultations des anciens combattants en soins de santé mentale et auprès d’audiologistes, d’orthophonistes ou d’ergothérapeutes, dans les deux sexes, se révélaient toutefois de deux à trois fois supérieurs à ceux de la population générale canadienne. Chez les anciens combattants, les taux de déclaration de besoins insatisfaits étaient plus faibles chez les hommes que chez les femmes.
Conclusion
Les anciens combattants ont un même taux d’accès à un médecin de famille que d’autres Canadiens et des taux d’utilisation plus élevés que ces derniers. Ces chiffres seraient toutefois possiblement faibles, en comparaison, compte tenu de constatations antérieures de taux plus élevés d’incapacité et de certains problèmes de santé chroniques chez les anciens combattants. Les écarts enregistrés entre les hommes et les femmes dénotent l’importance de la recherche et de services qui tiennent compte du sexe et des rapports entre sexes. Des recherches plus approfondies seront nécessaires pour déceler la mesure dans laquelle les besoins en matière de soins de santé s’expliquent par l’utilisation des soins de santé et les obstacles aux soins.
Mots-clés
Accessibilité aux soins de santé, anciens combattants, étude comparative, facteurs sexuels, soins de santé
DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100200002-fra
Résultats
L’accès aux soins de santé est un volet important pour favoriser la santé et éviter l’incapacité liée au travail. Selon les observations, les anciens combattants des Forces armées canadiennes présenteraient une plus forte prévalence de problèmes de santé et d’incapacité autodéclarée que la population générale canadienne. Par exemple, selon les résultats de précédentes comparaisons entre les anciens combattants et la population générale, fondées sur les données de l’Enquête sur la vie après le service militaire et l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, les anciens membres de la Force régulière affichent des taux plus élevés de problèmes de santé physique chroniques que la population générale canadienne, dont des maux de dos, la perte auditive et l’arthrite. Les problèmes de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique, s’avèrent aussi plus courants chez les anciens combattants selon les comparaisons fondées sur ces deux sources des données. Les taux d’incapacité chez les anciens combattants sont presque le triple de ceux de la population canadienne en général; de même, l’incapacité liée au travail se révèle plus fréquente chez les anciens combattants que chez l’ensemble des Canadiens. [Article complet]
Auteurs
Mary Beth MacLean (Marybeth.maclean@Canada.ca) travaille à la Direction de la recherche, Anciens Combattants Canada, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) et à l’Université Queen’s, Kingston (Ontario). Jill Sweet travaille à la Direction de la recherche, Anciens Combattants Canada, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard). Alyson Mahar travaille au Manitoba Centre for Health Policy, Université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba). Sarah Gould travaille à la Direction de la recherche, Anciens Combattants Canada, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) et au School of Social Work, Université Dalhousie, Halifax (Nouvelle-Écosse). Amy L. Hall travaille à la Direction de la recherche, Anciens Combattants Canada, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard).
Début de l'encadré
Ce que l’on sait déjà sur le sujet?
- La prévalence de divers problèmes de santé chroniques est plus élevée chez les anciens combattants, notamment en ce qui a trait aux problèmes de nature mentale et physique, comparativement à la population canadienne en général.
- L’accès aux soins de santé et leur utilisation chez les anciens combattants sont peu connus comparativement à la situation au sein de la population générale canadienne.
Ce qu’apporte l’étude?
- Les taux d’utilisation des soins de santé généraux et en santé mentale diffèrent entre les anciens combattants et la population générale.
- De plus, parmi les anciens combattants, des écarts sont observés entre les hommes et les femmes. Cet élément est important, puisque des analyses désagrégées selon le sexe sont peu courantes, à ce jour, pour cette population.
- Les obstacles à l’accès aux services de soins de santé et à leur utilisation par cette population devront faire l’objet d’examens plus poussés.
Fin de l'encadré
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