Regards sur la société canadienne
Évolution des perceptions relatives à la mésinformation au Canada : tendances en matière d’exposition, de détection et de confiance Banner

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Aperçu de l’étude

À l’aide des données tirées de l’Enquête sociale canadienne, la présente étude examine les tendances en matière d’exposition à la mésinformation en ligne et de détection de celle-ci, ainsi que ses répercussions sur la confiance de la population. Elle traite des sources et des plateformes qu’utilisent les Canadiens pour accéder aux nouvelles et aux informations, la fréquence à laquelle ils déclarent être exposés à la mésinformation et s’ils estiment qu’il est de plus en plus difficile de faire la distinction entre les vrais et les faux renseignements. De plus, l’article examine le lien entre les expériences liées à la mésinformation et la confiance à l’égard des médias et les niveaux de confiance interpersonnelle.

  • En 2025, 4 Canadiens sur 5 (80 %) ont vu des nouvelles ou des informations sur Internet qu’ils soupçonnaient d’être trompeuses, fausses ou inexactes, et ce à raison d’au moins une fois par mois.
  • Les Canadiens obtiennent habituellement leurs nouvelles ou leurs informations auprès d’organismes de presse (66 %) et de leurs proches (62 %), ainsi que par l’intermédiaire de plateformes de médias sociaux (54 %) et d’émissions de télévision (52 %).
  • Les médias sociaux constituaient la source de nouvelles ou d’informations la plus répandue chez les jeunes Canadiens de 15 à 34 ans, 78 % d’entre eux les utilisant à cette fin.
  • En 2025, près de la moitié des Canadiens (47 %) ont déclaré avoir plus de difficulté à distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses, par rapport à trois ans plus tôt.
  • Plus de 3 Canadiens sur 5 (61 %) ont indiqué être « très » ou « extrêmement » préoccupés par la mésinformation en ligne en 2025.
  • Les personnes ayant une grande confiance à l’égard des médias canadiens étaient moins susceptibles de déclarer qu’il devenait plus difficile de distinguer les vrais des faux renseignements, comparativement à celles présentant un niveau de confiance moins élevé à leur égard.

Introduction

La mésinformation — qui est définie comme étant toute nouvelle ou renseignement dont on peut vérifier la fausseté ou l’inexactitude — risque d’influer sur les opinions et de fausser le débat public et représente un défi permanent dans l’environnement numérique actuel. Étant donné la prolifération de contenus en ligne, les Canadiens sont de plus en plus exposés à des renseignements qui ne sont pas toujours fiablesNote 1. En effet, selon les données tirées de l’Enquête sociale canadienne (ESC), en 2025, 80 % des Canadiens déclaraient avoir vu des nouvelles ou des informations qu’ils soupçonnaient d’être trompeuses, fausses ou inexactes au moins une fois par mois. Les gens doivent donc désormais assumer la responsabilité supplémentaire de remettre en question l’exactitude de ce qu’ils voient et lisent en ligne, tout en étant plus susceptibles d’être exposés à des formes sophistiquées de contenu trompeur ou faux, comme les contenus inventés, les images manipulées et les hypertrucages (c.-à-d. des vidéos ou des images trompeuses générées par l’intelligence artificielle).

En raison de cette évolution de l’environnement informationnel, il est de plus en plus important de comprendre comment circule la mésinformation et de savoir la fréquence à laquelle les Canadiens y sont exposés et si ceux-ci ont davantage de difficulté à faire la distinction entre les vrais et les faux renseignements. Parallèlement, on constate un intérêt croissant à savoir si le contenu trompeur peut miner la confiance du public à l’égard des médias ou des sources d’information au Canada.

Une étude récente de Statistique Canada a mis en évidence une préoccupation généralisée concernant la mésinformation et a montré, qu’en 2023, près de 6 Canadiens sur 10 se disaient « très » ou « extrêmement » inquiets de la présence de la mésinformation en ligneNote 2. Des recherches antérieures ont également examiné les caractéristiques associées aux comportements des Canadiens en ce qui concerne la vérification des faitsNote 3. La présente étude s’inscrit dans la continuité de ces travaux antérieurs en offrant une analyse plus approfondie de la manière dont la mésinformation est vécue et perçue, ainsi que de l’évolution, au fil du temps, des niveaux de préoccupation qu’elle suscite et des difficultés rencontrées pour la repérer.

À l’aide des données tirées de l’ESC de 2025 et de la Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés (SEGC) de 2023, la présente étude vise tout d’abord à examiner les sources et les plateformes par lesquelles les Canadiens accèdent aux nouvelles et aux informations, la fréquence à laquelle ils déclarent être exposés à des renseignements trompeurs et s’ils estiment qu’il est de plus en plus difficile de faire la distinction entre le vrai et le faux dans le contenu qui leur est présenté. Ensuite, l’étude porte sur la relation entre la mésinformation, la confiance à l’égard des médias et la confiance envers les autres. Pour ce faire, elle traite des liens possibles entre, d’une part, la difficulté à faire la distinction entre les vrais et les faux renseignements en ligne; et, d’autre part, les niveaux plus faibles de confiance sociale et de confiance à l’égard des médias.

Les Canadiens obtiennent le plus souvent leurs nouvelles ou leurs renseignements auprès d’organismes de presse

Les préférences des Canadiens quant aux sources de nouvelles et d’information constituent un élément important de l’écosystème de l’information au Canada et peuvent influencer leur degré d’exposition à la mésinformation.

En 2025, les données provenant de l’ESC montraient que les Canadiens ont le plus souvent obtenu leurs nouvelles ou leurs informations auprès d’organismes de presseNote 4 (66 %) et de leurs proches (62 %), ainsi que par l’intermédiaire de plateformes de médias sociaux (54 %) et d’émissions de télévision (52 %)Note 5. En revanche, certaines sources d’information traditionnelles, telles que la radio (38 %) et la presse écrite (21 %), étaient moins souvent mentionnées en 2025 (graphique 1).

Graphique 1 ZZZ

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Sources et plateformes utilisées pour obtenir des nouvelles ou des informations (titres de rangée) et Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sources et plateformes utilisées pour obtenir des nouvelles ou des informations Proportion Intervalle de confiance de 95 %
Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Notes : Les données proviennent de deux questions d’enquête : MIS1_Q06 et MIS1_Q07. Les catégories suivantes ont été exclues de ce graphique en raison de leur similitude conceptuelle avec des réponses plus fréquemment sélectionnées : utilisateurs des réseaux sociaux; site Web, application ou autre plateforme de nouvelles; et conversations avec des proches.
Les barres d’erreur correspondent à des intervalles de confiance de 95 %.
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Organismes de presse 65,7 64,4 66,9
Proches 61,6 60,4 62,8
Plateformes de médias sociaux 54,3 53,1 55,4
Émissions de télévision 51,6 50,3 52,8
Radio 37,6 36,4 38,9
Diffusion vidéo et audio en continu 34,1 32,9 35,3
Communications gouvernementales 33,8 32,6 35,0
Publications d’experts scientifiques ou révisées par les pairs 26,7 25,5 27,8
Forums et groupes de discussion en ligne 23,9 22,7 25,0
Presse écrite 21,2 20,3 22,2
Autres sites Web 10,8 10,0 11,6
Aucune source 3,4 3,0 3,9
Autres sources 0,9 0,6 1,1
Autres plateformes 0,5 0,2 0,7

Les sources de nouvelles ou d’information qu’utilisent habituellement les Canadiens varient d’un groupe d’âge à l’autre

Bien que les organismes de presse représentent une source d’information importante pour tous les groupes d’âge, le recours à cette source augmentait avec l’âge. Les Canadiens de 15 à 24 ans étaient les moins susceptibles de se tourner vers les organismes de presse (49 %), alors que plus de 3 Canadiens sur 4 (78 %) âgés de 75 ans et plus utilisaient cette source d’information. Une tendance similaire a été observée chez les personnes utilisant les émissions de télévision comme source d’information. Environ 3 Canadiens sur 10 (29 %) âgés de 25 à 34 ans utilisaient cette source, comparativement à 84 % des personnes de 75 ans et plus (graphique 2).

Chez les Canadiens de 15 à 34 ans, les médias sociaux constituaient la source d’information la plus répandue, 78 % d’entre eux y ayant recours à cette fin. Cependant, la proportion de Canadiens utilisant cette source diminuait avec l’âge, celle-ci atteignant 19 % chez les 75 ans et plus. Ces constatations sont étayées par les résultats tirés de l’enquête intitulée Sondage sur les préjudices en ligne au CanadaNote 6, une étude qui est menée périodiquement par le groupe The Dais de l’Université métropolitaine de Toronto. Cette enquête a révélé que les Canadiens utilisent de plus en plus les plateformes des médias sociaux comme source de nouvelles, en particulier les personnes de 16 à 29 ans.

De manière similaire, la proportion de Canadiens déclarant s’informer auprès de leurs proches diminuait avec l’âge. Plus des trois quarts des personnes de 15 à 24 ans ont utilisé cette source d’information (76 %), comparativement à environ la moitié de celles de 75 ans et plus (51 %).

Graphique 2 ZZZ

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Sources et plateformes utilisées pour obtenir des nouvelles ou des informations (titres de rangée) et Groupe d’âge, 15 à 24 ans, 25 à 34 ans, 35 à 44 ans, 45 à 54 ans, 55 à 64 ans, 65 à 74 ans et 75 ans et plus , calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sources et plateformes utilisées pour obtenir des nouvelles ou des informations Groupe d’âge
15 à 24
ans
25 à 34
ans
35 à 44
ans
45 à 54
ans
55 à 64
ans
65 à 74
ans
75 ans
et plus
pourcentage
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Organismes de presse 49,4 57,4 63,3 69,9 71,9 77,6 78,4
Proches 75,8 68,0 65,1 56,0 54,9 53,3 51,3
Plateformes de médias sociaux 78,8 77,8 64,2 51,8 37,1 30,0 18,9
Émissions de télévision 33,1 28,9 39,2 55,7 64,8 76,3 83,6
Diffusion vidéo et audio en continu 55,1 49,8 34,4 29,3 24,7 20,1 13,1

Les hommes et les femmes ont des préférences différentes en matière de sources de nouvelles ou d’information

Outre les variations liées à l’âge, de légères différences ont été observées entre les hommes et les femmes quant aux sources d’information déclarées le plus fréquemment. Les femmes (65 %) étaient plus susceptibles que les hommes (58 %) d’obtenir des renseignements auprès de leurs proches (tableau 1).

Les hommes (38 %) étaient quant à eux plus susceptibles que les femmes (31 %) de s’informer par l’intermédiaire de plateformes de diffusion vidéo et audio en continu. Une étude antérieure de Statistique Canada a également révélé qu’en 2022, les hommes (73 %) étaient légèrement plus susceptibles que les femmes (70 %) de visionner des vidéos générées par les utilisateurs en ligneNote 7. La consommation fréquente de ce type de contenu pourrait potentiellement mener à l’établissement de relations parasociales fondées sur la confiance envers les créateurs de contenuNote 8. Cette situation pourrait être l’un des facteurs contribuant au fait que les plateformes de diffusion vidéo et audio en continu figurent parmi les sources d’information les plus souvent mentionnées.

Tableau 1
Proportion de Canadiens qui utilisent certaines sources et plateformes pour obtenir leurs nouvelles ou leurs informations, selon certaines caractéristiques socioéconomiques et géographiques, 2025 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Caractéristiques socioéconomiques et géographiques (titres de rangée) et Organismes de presse, Proches, Plateformes de médias sociaux, Émissions de télévision, Diffusion vidéo et audio en continu, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristiques socioéconomiques et géographiques Organismes de presse Proches Plateformes de médias sociaux Émissions de télévision Diffusion vidéo et audio en continu
Proportion Intervalle de confiance de 95 % Proportion Intervalle de confiance de 95 % Proportion Intervalle de confiance de 95 % Proportion Intervalle de confiance de 95 % Proportion Intervalle de confiance de 95 %
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Note 1

Dans le cadre de l’Enquête sociale canadienne, on utilise les concepts « hommes+ » et « femmes+ » lorsqu’on fait référence au genre. Pour des raisons liées à la qualité et à la confidentialité des données, et en raison du petit nombre de répondants à l’enquête s’identifiant comme non binaires, la diffusion des données sur les personnes non binaires n’est pas possible pour ce programme statistique. Les catégories « hommes+ » et « femmes+ » ont plutôt été conçues en tenant compte de plusieurs autres caractéristiques démographiques.

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Note 2

Les variables des groupes racisés ont été dérivées des réponses à une question portant sur l’appartenance d’une personne à un groupe de population. Les groupes racisés sont des groupes de population qui sont classés comme étant des minorités visibles en vertu de la Loi sur l’équité en matière d’emploi. Selon la Loi sur l’équité en matière d’emploi, font partie des minorités visibles « les personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ».

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Note 3

Toutes les régions situées à l’extérieur des centres de population sont classées dans la catégorie des régions rurales. Les centres de population comptent au moins 1 000 habitants et ont une densité de population de 400 habitants ou plus par kilomètre carré selon les chiffres de population du Recensement de la population de 2021.

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Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Tous les Canadiens de 15 ans et plus 65,7 64,4 66,9 61,6 60,4 62,8 54,3 53,1 55,4 51,6 50,3 52,8 34,1 32,9 35,3
Groupe d’âge  
15 à 24 ans 49,4 45,3 53,5 75,8 72,2 79,4 78,8 75,3 82,3 33,1 29,0 37,1 55,1 50,9 59,3
25 à 34 ans 57,4 53,7 61,2 68,0 64,5 71,4 77,8 74,7 80,9 28,9 25,2 32,7 49,8 46,1 53,4
35 à 44 ans 63,3 60,3 66,2 65,1 62,1 68,2 64,2 61,1 67,2 39,2 36,0 42,4 34,4 31,6 37,2
45 à 54 ans 69,9 66,9 72,9 56,0 52,9 59,1 51,8 48,8 54,9 55,7 52,6 58,8 29,3 26,4 32,1
55 à 64 ans 71,9 69,3 74,5 54,9 52,0 57,8 37,1 34,3 39,8 64,8 62,1 67,5 24,7 22,1 27,2
65 à 74 ans 77,6 75,3 79,8 53,3 50,6 56,0 30,0 27,6 32,4 76,3 74,1 78,5 20,1 17,9 22,2
75 ans et plus 78,4 75,6 81,1 51,3 48,0 54,6 18,9 16,4 21,5 83,6 81,1 86,1 13,1 11,0 15,1
GenreTableau 1 Note 1  
Hommes 67,3 65,4 69,1 58,4 56,7 60,2 53,0 51,2 54,7 50,5 48,7 52,2 37,6 35,9 39,3
Femmes 64,1 62,4 65,7 64,7 63,1 66,3 55,5 53,9 57,1 52,7 50,9 54,4 30,6 28,9 32,3
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu  
Niveau inférieur à un diplôme d’études secondaires ou à son équivalent 53,4 49,4 57,4 64,0 60,1 67,9 53,0 49,2 56,9 54,8 50,8 58,9 31,9 28,1 35,7
Diplôme d’études secondaires ou certificat d’équivalence d’études secondaires 62,0 59,2 64,8 59,0 56,3 61,8 53,0 50,2 55,8 54,0 51,1 56,8 33,7 31,0 36,5
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 61,9 58,0 65,8 55,9 52,1 59,8 50,6 46,7 54,4 55,4 51,0 59,7 27,6 24,1 31,1
Certificat ou diplôme d’un collège, d’un cégep ou d’un autre établissement non universitaire (autre que les certificats ou diplômes de métiers) 66,5 63,8 69,2 61,6 58,8 64,3 52,8 50,1 55,6 56,7 53,8 59,5 30,8 28,2 33,5
Certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 66,6 60,9 72,4 57,5 52,2 62,8 55,3 49,7 60,9 50,1 44,4 55,9 31,4 26,2 36,6
Baccalauréat (p. ex. B.A., B. Sc., B. Éd., LL. B.) 72,9 70,4 75,4 67,1 64,6 69,6 59,3 56,7 62,0 45,5 42,8 48,3 40,4 37,7 43,2
Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat 78,3 75,4 81,2 61,2 57,8 64,6 54,9 51,5 58,2 42,5 39,2 45,7 37,9 34,4 41,4
Groupes racisésTableau 1 Note 2  
Population racisée 60,2 57,6 62,8 63,2 60,6 65,8 70,3 68,0 72,7 45,3 42,7 47,9 47,5 44,8 50,2
Population non racisée et non autochtone 68,2 66,7 69,6 61,0 59,6 62,4 47,2 45,8 48,6 54,3 52,8 55,8 28,1 26,8 29,4
Province  
Terre-Neuve-et-Labrador 72,1 67,0 77,2 59,4 54,3 64,5 54,0 48,5 59,5 58,8 53,8 63,9 27,2 22,7 31,8
Île-du-Prince-Édouard 72,1 66,2 78,0 64,2 58,6 69,9 53,5 47,6 59,4 47,7 42,1 53,3 31,3 25,9 36,8
Nouvelle-Écosse 72,4 67,7 77,1 62,4 57,6 67,3 54,2 49,4 58,9 46,6 42,2 51,1 32,2 27,4 37,0
Nouveau-Brunswick 61,7 56,9 66,5 59,7 54,5 64,9 52,9 48,5 57,3 56,1 51,1 61,0 24,5 20,0 29,0
Québec 59,4 56,7 62,1 61,4 58,9 63,9 49,8 47,3 52,3 61,0 58,4 63,5 27,3 24,7 29,8
Ontario 66,8 64,7 68,9 60,9 58,8 63,0 55,5 53,6 57,5 49,6 47,5 51,8 36,0 33,9 38,1
Manitoba 64,1 59,1 69,0 65,0 60,6 69,5 61,4 56,9 65,9 50,4 45,6 55,3 39,1 34,1 44,0
Saskatchewan 63,8 59,0 68,6 65,4 60,7 70,0 54,6 49,8 59,3 46,3 40,9 51,7 37,5 32,3 42,7
Alberta 67,2 63,5 70,9 62,6 58,6 66,5 54,8 51,1 58,6 45,2 41,5 48,9 37,0 33,2 40,8
Colombie-Britannique 70,0 67,0 73,1 61,7 58,7 64,7 55,7 52,9 58,4 48,6 45,5 51,6 37,5 34,4 40,7
Appartenance à la population rurale ou urbaineTableau 1 Note 3  
Population rurale 63,5 60,0 66,9 59,4 55,9 62,8 43,7 40,3 47,2 55,9 52,5 59,4 22,3 19,3 25,3
Population urbaine 66,0 64,7 67,3 61,9 60,6 63,2 55,7 54,5 57,0 51,0 49,6 52,3 35,7 34,4 37,1

Les plateformes de médias sociaux constituent la principale source de nouvelles ou d’information des Canadiens racisés

Les Canadiens racisés étaient plus susceptibles de consulter les plateformes de médias sociaux (70 %) et leurs proches (63 %) que les autres plateformes ou sources d’information pour obtenir des renseignements (tableau 1)Note 9. L’utilisation des plateformes de médias sociaux comme source d’information était également plus répandue chez les Canadiens racisés  (70 %) que chez les Canadiens non racisés (48 %). À l’inverse, les Canadiens racisés (60 %) avaient moins souvent recours aux organismes de presse pour s’informer que les Canadiens non racisés et non autochtones (68 %).

Enfin, quelques différences ont également été observées entre les groupes en fonction du niveau de scolarité. La proportion de personnes ayant recours aux organismes de presse comme source d’information était la plus élevée chez les titulaires d’un certificat, d’un diplôme ou d’un grade universitaire supérieur au baccalauréat (78 %) et la plus faible chez celles dont le niveau de scolarité est inférieur à un diplôme d’études secondaires ou à son équivalent (53 %).

La plupart des Canadiens soupçonnent être exposés à la mésinformation au moins une fois par mois

En 2025, 4 Canadiens sur 5 (80 %) ont vu sur Internet des nouvelles ou des informations qu’ils soupçonnaient d’être trompeuses, fausses ou inexactes. La proportion de Canadiens exposés à la mésinformation au moins une fois par mois variait peu selon l’âge; elle s’établissait à un peu plus de 80 % au sein de presque tous les groupes d’âge (pour les personnes de 15 à 74 ans) (tableau 2). Seuls les adultes de 75 ans et plus différaient à ce chapitre, ceux-ci ayant été moins nombreux à déclarer être exposés régulièrement à ce type de contenu sur Internet (62 %)Note 10.

On constate également que le pourcentage de Canadiens exposés régulièrement à la mésinformation varie peu en fonction des différentes caractéristiques socioéconomiques et géographiques. Seuls quelques groupes ont déclaré une exposition régulière à la mésinformation nettement inférieure à celle observée dans l’ensemble de la population : les Canadiens racisés (75 %) et ceux n’ayant pas de diplôme d’études secondaires (75 %). Cependant, la formulation de la question concernant la fréquence d’exposition, ainsi que la nature autodéclarée de sa mesure, ne permet pas de déterminer si les répondants étaient moins exposés à ce type de contenu (parce qu’ils consultaient des sites réputés, par exemple) ou s’ils étaient simplement moins conscients de l’être.

Tableau 2
Proportion de Canadiens ayant vu, et probabilité prédite de voir, des nouvelles ou des informations en ligne soupçonnées d’être trompeuses, fausses ou inexactes au moins une fois par mois , selon certaines caractéristiques socioéconomiques et géographiques, 2025 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Caractéristiques socioéconomiques et géographiques (titres de rangée) et Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Probabilité prédite, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristiques socioéconomiques et géographiques Proportion Intervalle de confiance de 95 % Probabilité prédite
Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Note 1

Dans le cadre de l’Enquête sociale canadienne, on utilise les concepts « hommes+ » et « femmes+ » lorsqu’on fait référence au genre. Pour des raisons liées à la qualité et à la confidentialité des données, et en raison du petit nombre de répondants à l’enquête s’identifiant comme non binaires, la diffusion des données sur les personnes non binaires n’est pas possible pour ce programme statistique. Les catégories « hommes+ » et « femmes+ » ont plutôt été conçues en tenant compte de plusieurs autres caractéristiques démographiques.

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Note 2

Les variables des groupes racisés ont été dérivées des réponses à une question portant sur l’appartenance d’une personne à un groupe de population. Les groupes racisés sont des groupes de population qui sont classés comme étant des minorités visibles en vertu de la Loi sur l’équité en matière d’emploi. Selon la Loi sur l’équité en matière d’emploi, font partie des minorités visibles « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ».

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Note 3

Toutes les régions situées à l’extérieur des centres de population sont classées dans la catégorie des régions rurales. Les centres de population comptent au moins 1 000 habitants et ont une densité de population de 400 habitants ou plus par kilomètre carré selon les chiffres de population du Recensement de la population de 2021.

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Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Canadiens de 15 ans et plus 80,0 78,9 81,0 ... n'ayant pas lieu de figurer
Groupe d’âge  
15 à 24 ans (réf.) 83,5 80,5 86,6 84,0
25 à 34 ans 83,5 80,6 86,3 83,9
35 à 44 ans 81,2 78,6 83,7 81,9 Tableau 2 Note *
45 à 54 ans 80,9 78,4 83,4 81,8 Tableau 2 Note *
55 à 64 ans 81,6 79,3 83,8 82,3 Tableau 2 Note *
65 à 74 ans 80,1 78,0 82,2 81,1 Tableau 2 Note *
75 ans et plus 61,6 58,2 64,9 63,1 Tableau 2 Note *
GenreTableau 2 Note 1  
Hommes (réf.) 82,6 81,1 84,1 82,2
Femmes 77,4 75,9 78,9 77,4
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu  
Niveau inférieur à un diplôme d’études secondaires ou à son équivalent (réf.) 74,5 70,9 78,0 72,8
Diplôme d’études secondaires ou certificat d’équivalence d’études secondaires 78,2 76,0 80,5 76,9
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 83,8 80,9 86,7 82,6 Tableau 2 Note *
Certificat ou diplôme d’un collège, d’un cégep ou d’un autre établissement non universitaire (autre que les certificats ou diplômes de métiers) 82,3 80,1 84,6 81,5 Tableau 2 Note *
Certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 81,3 77,1 85,6 79,9 Tableau 2 Note *
Baccalauréat (p. ex. B.A., B. Sc., B. Éd., LL. B.) 80,9 78,7 83,0 80,3 Tableau 2 Note *
Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat 82,5 79,8 85,2 82,1 Tableau 2 Note *
Groupes racisésTableau 2 Note 2  
Population racisée (réf.) 74,5 72,1 76,9 73,7
Population non racisée et non autochtone 82,5 81,5 83,6 81,4 Tableau 2 Note *
Province  
Terre-Neuve-et-Labrador (réf.) 79,2 74,9 83,5 78,6
Île-du-Prince-Édouard 82,1 77,9 86,4 80,9
Nouvelle-Écosse 81,0 76,7 85,3 80,7
Nouveau-Brunswick 78,6 74,1 83,0 77,8
Québec 75,0 72,6 77,5 74,8
Ontario 80,8 79,0 82,6 80,6 Tableau 2 Note *
Manitoba 77,8 73,3 82,3 77,4
Saskatchewan 81,7 77,7 85,7 81,0
Alberta 82,0 78,6 85,3 81,7 Tableau 2 Note *
Colombie-Britannique 84,0 81,6 86,4 83,8 Tableau 2 Note *
Appartenance à la population rurale ou urbaineTableau 2 Note 3  
Population rurale (réf.) 82,5 79,9 85,1 81,9
Population urbaine 79,6 78,5 80,8 79,3

Selon les résultats d’un modèle de régression, les Canadiens ayant un niveau de scolarité supérieur à un diplôme d’études secondaires et les personnes non racisées et non autochtones, affichaient une probabilité plus élevée d’être exposés à la mésinformation, à raison d’au moins une fois par moisNote 11. Les personnes vivant en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique étaient aussi plus susceptibles d’y être exposées régulièrement. En revanche, les Canadiens de 35 ans et plus l’étaient moins. Bien que les personnes résidant au Québec (75 %) et les femmes (77 %) soient moins susceptibles de déclarer être exposées régulièrement à la mésinformation, ces différences n’ont pas été observées après la prise en compte d’autres caractéristiques.

En 2025, les Canadiens avaient plus de difficulté à distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses

L’exposition fréquente à la mésinformation n’est qu’une partie du problème : de nombreux Canadiens ont également de plus en plus de difficulté à distinguer ce qui est réel de ce qui est fabriqué. En 2025, selon les données provenant de l’ESC, près de la moitié (47 %) des Canadiens déclaraient qu’il était plus difficile de distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses par rapport à trois ans plus tôt. Une proportion de 42 % des Canadiens ont déclaré qu’il était toujours « aussi facile ou difficile » de faire cette distinction, tandis que 11 % ont indiqué qu’ils estimaient plus facile de la faire. À titre indicatif, les données tirées de la SEGC ont révélé qu’en 2023, 44 % des Canadiens déclaraient avoir plus de difficulté à faire la distinction entre les faits et les faussetés. Cette constatation pourrait révéler des difficultés croissantes à s’orienter dans un environnement en ligne de plus en plus complexe. Il convient de noter que, bien que les sources d’information et de nouvelles consultées varient au cours de la vie, tous les groupes d’âge ont déclaré éprouver des difficultés similaires à distinguer la vérité des faussetés.

Les femmes étaient légèrement plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir eu plus de difficulté à distinguer les vrais renseignements des faux au cours des trois années précédentes (49 % des femmes par rapport à 46 % des hommes) (tableau 3). Une étude récente sur la vulnérabilité à la mésinformation a révélé que les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de considérer comme véridiques des informations fausses. Cependant, les femmes avaient également une idée plus juste de leur propre capacité à détecter les faussetésNote 12.

Au Canada, environ 2 Canadiens sur 5 (43 %) sans diplôme d’études secondaires ont déclaré avoir de la difficulté à faire la distinction entre les contenus en ligne véridiques et ceux qui sont trompeurs, comparativement à plus de la moitié des personnes détenant un baccalauréat ou un grade supérieur (51 %). Cette constatation, ainsi que celle selon laquelle les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé sont davantage susceptibles de déclarer avoir été exposées à la mésinformation, donne à penser que les Canadiens plus instruits sont peut-être plus souvent exposés à des environnements informationnels complexes. Ceux-ci seraient également plus conscients des défis associés à l’évaluation des renseignements en ligneNote 13.

Tableau 3
Proportion de Canadiens ayant déclaré, et probabilité prédite de déclarer, une plus grande difficulté à distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses par rapport à trois ans plus tôt, selon certaines caractéristiques socioéconomiques et géographiques, 2025 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Caractéristiques socioéconomiques et géographiques (titres de rangée) et Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Probabilité prédite, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristiques socioéconomiques et géographiques Proportion Intervalle de confiance de 95 % Probabilité prédite
Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Note 1

Dans le cadre de l’Enquête sociale canadienne, on utilise les concepts « hommes+ » et « femmes+ » lorsqu’on fait référence au genre. Pour des raisons liées à la qualité et à la confidentialité des données, et en raison du petit nombre de répondants à l’enquête s’identifiant comme non binaires, la diffusion des données sur les personnes non binaires n’est pas possible pour ce programme statistique. Les catégories « homme+ » et « femme+ » ont plutôt été conçues en tenant compte de plusieurs autres caractéristiques démographiques.

Retour à la référence de note 1 referrer

Note 2

Les variables des groupes racisés ont été dérivées des réponses à une question portant sur l’appartenance d’une personne à un groupe de population. Les groupes racisés sont des groupes de population qui sont classés comme étant des minorités visibles en vertu de la Loi sur l’équité en matière d’emploi. Selon la Loi sur l’équité en matière d’emploi, font partie des minorités visibles « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ».

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Note 3

Toutes les régions situées à l’extérieur des centres de population sont classées dans la catégorie des régions rurales. Les centres de population comptent au moins 1 000 habitants et ont une densité de population de 400 habitants ou plus par kilomètre carré selon les chiffres de population du Recensement de la population de 2021.

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Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Canadiens âgés de 15 ans et plus 47,1  45,8  48,4  ... n'ayant pas lieu de figurer
Groupe d’âge  
15 à 24 ans (réf.) 42,5  38,4  46,7  43,6 
25 à 34 ans 46,1  42,2  50,0  47,2 
35 à 44 ans 47,3  44,2  50,4  48,5 
45 à 54 ans 48,2  45,2  51,3  49,3 
55 à 64 ans 49,0  46,2  51,8  50,3 
65 à 74 ans 48,2  45,6  50,8  49,5 
75 ans et plus 49,1  45,7  52,6  50,5 
GenreTableau 3 Note 1  
Hommes (réf.) 45,5 43,6  47,4  47,3 
Femmes 48,6 46,9  50,4  50,5 Tableau 3 Note *
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu  
Niveau inférieur à un diplôme d’études secondaires ou à son équivalent (réf.) 40,3  36,4  44,2  41,3 
Diplôme d’études secondaires ou certificat d’équivalence d’études secondaires 44,7  41,9  47,5  45,7 
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 48,8  44,9  52,7  49,0  Tableau 3 Note *
Certificat ou diplôme d’un collège, d’un cégep ou d’un autre établissement non universitaire (autre que les certificats ou diplômes de métiers) 48,3  45,5  51,1  49,3  Tableau 3 Note *
Certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 46,9  41,3  52,4  48,4  Tableau 3 Note *
Baccalauréat (p. ex. B.A., B. Sc., B. Éd., LL. B.) 51,9  49,2  54,7  53,4  Tableau 3 Note *
Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat 50,0  46,6  53,4  51,5  Tableau 3 Note *
Groupes racisésTableau 3 Note 2  
Population racisée (réf.) 40,0 37,3 42,7 41,1
Population non racisée et non autochtone 50,0 48,6 51,5 50,9 Tableau 3 Note *
Province  
Terre-Neuve-et-Labrador (réf.) 42,9  37,4  48,5  44,1 
Île-du-Prince-Édouard 48,3  41,9  54,6  50,2 
Nouvelle-Écosse 49,5  44,1  54,9  51,4 
Nouveau-Brunswick 47,1  41,9  52,4  48,7 
Québec 48,7  46,0  51,5  50,7  Tableau 3 Note *
Ontario 46,3  44,0  48,5  48,3  Tableau 3 Note *
Manitoba 47,3  42,3  52,3  49,1 
Saskatchewan 45,3  40,0  50,6  46,9 
Alberta 45,5  41,8  49,2  47,3 
Colombie-Britannique 48,1  44,7  51,5  50,1  Tableau 3 Note *
Appartenance à la population rurale ou urbaineTableau 3 Note 3  
Population rurale (réf.) 49,7  46,3  53,1  50,5 
Population urbaine 46,7  45,3  48,1  48,7 

De 2023 à 2025, le niveau de préoccupation des Canadiens concernant la mésinformation a peu varié

En 2023, les données provenant de la SEGC indiquaient que 59 % des Canadiens déclaraient être « très » ou « extrêmement » préoccupés par la mésinformation. En 2025, on enregistrait une proportion semblable, s’élevant à 61 % selon les données tirées de l’ESC.

En 2025, les Canadiens plus âgés, ainsi que les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé, étaient plus susceptibles de déclarer être très ou extrêmement préoccupés par la mésinformation. Par exemple, moins de la moitié (48 %) des Canadiens de 15 à 24 ans ont déclaré être très ou extrêmement préoccupés par la mésinformation, comparativement à plus des deux tiers (67 %) de ceux de 65 à 74 ans.

Le niveau de préoccupation au sujet de la mésinformation variait également selon le niveau de scolarité : 45 % des personnes n’ayant pas de diplôme d’études secondaires déclaraient être très ou extrêmement préoccupées par la mésinformation, comparativement à plus du tiers (69 %) des Canadiens ayant suivi des études universitaires ou supérieures.

Dans l’ensemble, ces résultats correspondent à ceux observés en 2023, dans le cadre de la SEGC, ce qui donne à penser que les préoccupations, selon le groupe d’âge et le niveau de scolarité, sont restées relativement stables au fil du temps.

Les personnes qui affichent des plus hauts niveaux de confiance à l’égard des médias et de confiance sociale sont plus susceptibles de croire en leur capacité de distinguer les véritables nouvelles et informations de celles qui sont fausses

Les Canadiens évoluent dans un environnement informationnel de plus en plus complexe et leur capacité à distinguer les vrais renseignements des faux renseignements soulève des enjeux plus larges en matière de confiance. La confiance à l’égard des médias et envers les autres peut influer sur la manière dont les gens font l’expérience de la mésinformation. Ces liens de confiance constituent donc un élément important pour comprendre l’incidence de la mésinformationNote 14.

En 2025, les personnes faisant grandement confiance aux médias canadiens étaient moins susceptibles de déclarer avoir davantage de difficulté à faire la distinction entre les vrais et les faux renseignements en général (44 %), comparativement à celles présentant un niveau de confiance moindre à leur égard (49 %) (graphique 3). À l’inverse, un niveau de confiance inférieur envers les médias semble lié à une plus grande difficulté à distinguer le vrai du faux dans le contenu présenté.

Graphique 3 ZZZ

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Niveau de confiance (titres de rangée) et Distinction plus difficile à faire, Proportion, Intervalle de confiance de 95 %, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Niveau de confiance Distinction plus difficile à faire
Proportion Intervalle de confiance de 95 %
Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Source : Statistique Canada, Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, changements climatiques et confiance, 2025.
Confiance élevée à l’égard
des médias
44,1 41,9 46,3
Faible confiance à l’égard des médias 48,8 47,2 50,4
On peut faire confiance à
la plupart des gens
44,7 42,9 46,5
On n’est jamais trop prudent dans nos relations avec les gens 49,1 47,3 51,0

Les répondants ont également été interrogés de manière générale sur leur confiance envers les autres. Les personnes affichant un niveau de confiance envers les autres plus faible étaient davantage susceptibles d’estimer qu’il était devenu plus difficile de faire la distinction entre les vrais et les faux renseignements (49 %). À l’inverse, celles qui estiment que l’on peut faire confiance à la plupart des gens étaient moins susceptibles d’avoir de la difficulté à faire cette distinction (45 %). Les personnes plus confiantes peuvent se sentir plus sûres de leur capacité à évaluer les renseignements et à repérer la mésinformation, tandis que les personnes méfiantes semblent davantage susceptibles d’éprouver des difficultés à distinguer les contenus exacts des contenus trompeurs.

Ces constatations donnent à penser que les difficultés à repérer la mésinformation vont de pair avec des tendances plus générales de méfiance sociale et de moindre confiance à l’égard des médias. Une telle mise en contexte permet de mieux cerner les profils de personnes associés à une vulnérabilité accrue ou à une vulnérabilité moindre aux renseignements trompeurs.

Conclusion

Les constatations découlant de la présente étude mettent en évidence la manière dont l’environnement informationnel au Canada continue d’évoluer en présence de la mésinformation. S’appuyant sur les données de l’ESC et de la SEGC, l’analyse montre que l’exposition à du contenu trompeur est une réalité courante pour une grande partie de la population canadienne. Parallèlement, une proportion croissante de celle-ci déclare avoir de la difficulté à distinguer les renseignements exacts des renseignements qui sont faux, ce qui témoigne du niveau croissant d’incertitude en ce qui concerne l’environnement numérique.

Cette étude montre également que les difficultés à repérer la mésinformation sont liées à des attitudes plus générales à l’égard des institutions, telles que les médias canadiens, ainsi qu’au niveau de confiance envers les autres. Mises ensemble, ces constatations confirment l’importance de comprendre l’incidence de la mésinformation sur la population canadienne.

Helen Foran est analyste au Centre de développement et d’analyse des données sociales de Statistique Canada. Howard Bilodeau est chef de sous-section au Centre de la statistique de l’innovation, de la technologie et des entreprises de Statistique Canada.


Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

Les données sur lesquelles repose le présent article proviennent de la 17e vague de l’Enquête sociale canadienne (ESC), intitulée Qualité de vie, changements climatiques et confiance, et ont été recueillies au printemps 2025. L’ESC est une enquête trimestrielle transversale à participation volontaire qui permet de recueillir des renseignements sur le bien-être, la santé, l’emploi du temps, la confiance à l’égard des institutions et d’autres enjeux sociaux. La population cible de l’ESC comprend l’ensemble des personnes de 15 ans et plus vivant dans l’une des 10 provinces canadiennes, à l’exclusion des personnes vivant en établissement et dans les réserves. Les personnes exclues représentent moins de 2 % de la population canadienne de 15 ans et plus. Le taux de réponse de la 17e vague de l’ESC est estimé à 40,3 % et repose sur un échantillonnage stratifié d’environ 30 000 logements sélectionnés de façon probabiliste. Les estimations à l’échelle de la population de la série chronologique ont été déterminées au moyen de poids d’enquête et de poids bootstrap afin de tenir compte de la population canadienne sous-jacente.

Cet article a également permis d’établir des comparaisons avec les données issues de la troisième vague de la Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés (SEGC), intitulée Qualité de vie, sources d’information et confiance. La période de référence de la SEGC était octobre 2023. L’échantillon cible de la série d’enquêtes comprenait un total de 70 000 personnes et le taux de réponse s’établissait à 27,2 % pour la troisième vague. Des procédures de pondération d’enquête ont été entreprises, notamment un ajustement pour tenir compte de la non-réponse et du calage, afin que l’échantillon corresponde à la population cible.

Définitions

Dans le cadre de la SEGC, la mésinformation désigne « des nouvelles ou des renseignements dont on peut vérifier la fausseté ou l’inexactitude ». Les personnes qui partagent la mésinformation peuvent être conscientes ou non qu’il s’agît de mésinformation. Lorsqu’elles en sont conscientes, on parle souvent de désinformation. »

Limites

La présente étude vise à examiner l’évolution au fil du temps des expériences des Canadiens en matière de mésinformation en puisant dans deux sources de données distinctes : la SEGC de 2023 et l’ESC de 2025. Bien que cette approche procure des connaissances utiles sur l’évolution des attitudes et des comportements, il convient de souligner que la SEGC et l’ESC reposent sur des bases de sondage et des méthodologies distinctes. De plus, chaque enquête avait sa propre taille d’échantillon, ce qui peut avoir une incidence sur la précision des estimations et la comparabilité des résultats. Par conséquent, les comparaisons directes entre les enquêtes doivent être interprétées avec prudence. Bien que les données assurent une mise en contexte utile pour comprendre les tendances, les différences méthodologiques font en sorte que les résultats ne sont pas formellement comparables.

Documents consultés

Bilodeau, Howard et Aisha Khalid. 2024. « Propagation de la mésinformation : une analyse multivariée du rapport entre les caractéristiques individuelles et les comportements de vérification des faits des Canadiens », Aperçus numériques, produit no 22200001 au catalogue de Statistique Canada.

Brunton, Cait et Maire Sinha. 2025. « Le visionnement de vidéos générées par les utilisateurs et son incidence sur le bien-être », Regards sur la société canadienne, mai, produit no 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.

Conseil des académies canadiennes. 2023. « Lignes de faille », Comité d’experts sur les conséquences socio-économiques de la mésinformation en science et en santé, CAC.

de Bérail, Pierre et Catherine Bungener. 2022. « Favorite YouTubers as a source of health information during quarantine: viewers trust their favorite YouTubers with health information », Social Network Analysis and Mining, vol. 12, no 88.

Foran, Helen, Howard Bilodeau et Lauren Pinault. 2025. « Préoccupation au sujet de la mésinformation : liens avec la confiance à l’égard des médias et des institutions, l’engagement civique et le sentiment d’optimisme », Regards sur la société canadienne, juin, produit no 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.

Kyrychenko, Yara, Hyunjin J. Koo, Rakoen Maertens, Jon Roozenbeek, Sander van der Linden et Friedrich M. Götz. 2025. « Profiling misinformation susceptibility », Personality and Individual Differences, vol. 241, no 113177.

Lockhart, Angus, Nina Rafeek Dow et Zaynab Choudhry. 2025. « Sondage sur les préjudices en ligne au Canada 2025 », The Dais.

Statistique Canada. 2023 (le 10 novembre). « Enquête sociale canadienne — Qualité de vie, soins de santé virtuels et confiance, 2023 », Le Quotidien.

Yu, Tian, Cheng Wei, Meng Na et Syed Shah Alam. 2026. « Enhancing media literacy to combat information fragmentation in digital short video platforms: a cross-sectional study », Scientific Reports, vol. 16, no 203.


Renseignements additionnels

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