Regards sur la société canadienne
Préoccupation au sujet de la mésinformation : liens avec la confiance à l’égard des médias et des institutions, l’engagement civique et le sentiment d’optimisme

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Aperçu de l’étude

Fondée sur les données de la Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés (SEGC), la présente étude vise à explorer la façon dont les Canadiens composent avec les complexités de l’environnement informationnel d’aujourd’hui. Elle porte plus précisément sur les caractéristiques des personnes ayant déclaré des niveaux élevés de préoccupation au sujet de la mésinformation en ligne ainsi que sur la façon dont cette préoccupation peut être liée aux perceptions quant à la fiabilité des médias, à la confiance à l’égard des institutions, à l’optimisme au sujet de l’unité nationale et de la démocratie, ainsi qu’au comportement électoral (comme mesure de la participation civique).

  • En 2023, près de 6 Canadiens sur 10 (59 %) ont déclaré être très préoccupés ou extrêmement préoccupés par la mésinformation en ligne, tandis que 14 % ont indiqué être peu préoccupés ou pas du tout préoccupés à ce sujet.
  • Les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé étaient davantage susceptibles d’être préoccupées par la mésinformation.
  • Les personnes ayant déclaré des niveaux élevés de préoccupation à l’égard de la mésinformation en ligne étaient également plus susceptibles de mentionner qu’elles vérifiaient régulièrement les faits des nouvelles en consultant une source d’information secondaire (69 %), comparativement à 22 % chez les personnes moyennement préoccupées par la mésinformation et à 10 % chez celles peu préoccupées ou pas du tout préoccupées à ce sujet.
  • Quel que soit leur niveau de préoccupation à l’égard de la mésinformation en ligne, moins de la moitié (47 %) des Canadiens ont déclaré des niveaux élevés de confiance à l’égard des médias.
  • Les Canadiens ayant déclaré de faibles niveaux de préoccupation au sujet de la mésinformation en ligne étaient plus susceptibles que ceux qui étaient davantage préoccupés par la mésinformation de déclarer des niveaux élevés de confiance à l’égard de diverses institutions, comme le système de justice et les tribunaux.
  • Les préoccupations à l’égard de la mésinformation étaient associées à de plus faibles niveaux d’optimisme au sujet de l’unité nationale : 40 % des répondants se disant très préoccupés à l’égard de la mésinformation ont déclaré être plutôt optimistes ou très optimistes au sujet de l’unité canadienne. À titre de comparaison, 55 % de ceux se disant moyennement préoccupés par la mésinformation ont déclaré ces niveaux d’optimisme concernant l’unité canadienne.
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Introduction

Le paysage de l’information a changé de façon spectaculaire au cours des 20 dernières années, les nouvelles et l’information étant désormais facilement accessibles. Des recherches ont montré qu’un grand nombre de Canadiens comptent maintenant sur les plateformes en ligne comme principale source d’information. Les résultats d’une étude récenteNote  ont révélé que près de 6 Canadiens sur 10 accédaient aux nouvelles et à l’information au moyen d’Internet (33 %) ou des médias sociaux (24 %); le reste des Canadiens avaient quant à eux recours à des sources plus traditionnelles, telles que la télévision (28 %), la radio (8 %), la presse écrite (5 %) ou les autres sources d’information (2 %).

À l’ère numérique actuelle, le côté pratique et le volume accru de l’information en ligne augmentent les possibilités de propagation de la mésinformationNote , c’est-à-dire de propagation « de nouvelles ou d’information dont on peut vérifier la fausseté ou l’inexactitude ». En effet, la sensibilisation et les préoccupations à l’égard de la mésinformation sont en croissance, toutefois les répercussions de celle-ci sur la société canadienne sont toujours en cours d’étude. En 2023, 59 % des Canadiens ont déclaré être très préoccupés ou extrêmement préoccupés par la mésinformation en ligne et 43 % ont trouvé plus difficile de distinguer les véritables nouvelles ou informations des fausses comparativement à trois ans auparavantNote  Certaines recherches ont montré que la mésinformation pouvait avoir une incidence sur le bien-être global en augmentant la polarisation au sein de la société et en érodant la confiance du publicNote . Dans ce contexte, la présente étude traite des préoccupations du public concernant la mésinformation et la façon dont elle peut être associée aux attitudes et aux comportements liés à l’engagement civique.

Fondée sur les données de la Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés de 2023-2024, la présente étude fournit de nouveaux renseignements sur les Canadiens qui sont davantage préoccupés par la mésinformation en ligne. Ces renseignements peuvent s’avérer utiles pour comprendre le contexte plus large de la littératie informationnelle et de la confiance du public à l’égard des institutions démocratiques. La première section de l’article porte sur les différences entre les groupes de population quant aux niveaux élevés de préoccupation relativement à la mésinformation. Certaines études laissent entendre que la mésinformation peut réduire la confiance à l’égard des médias, éroder la confiance du public à l’égard des institutions et potentiellement miner la cohésion sociale et d’autres indicateurs de bien-êtreNote . Dans cet ordre d’idées, la deuxième section porte sur la façon dont les préoccupations liées à la mésinformation sont corrélées avec la confiance à l’égard des médias, les attitudes et comportements liés à l’engagement civique ainsi que les points de vue à l’égard de l’unité et de la démocratie au Canada.

Les Canadiens ayant un niveau de scolarité plus élevé sont davantage préoccupés par la mésinformation

En 2023, près de 6 Canadiens sur 10 (59 %) ont déclaré être très préoccupés ou extrêmement préoccupés par la mésinformation en ligne. Par ailleurs, 27 % des personnes ont déclaré être moyennement préoccupées par la mésinformation en ligne, tandis que 14 % des personnes ont indiqué être peu préoccupées ou pas du tout préoccupées à ce sujet.

Alors que les hommes et les femmes ont déclaré des niveaux semblables de malaise à l’égard de la mésinformation en ligne (59 %), le degré de préoccupation à l’égard de la mésinformation variait selon le groupe sociodémographique (tableau 1). Les Canadiens ayant un niveau de scolarité plus élevé étaient davantage susceptibles de déclarer des niveaux élevés de préoccupation quant à la mésinformation. Plus précisément, 46 % des répondants n’ayant pas de diplôme d’études secondaires ont déclaré être extrêmement préoccupés ou très préoccupés par la mésinformation en ligne, comparativement à 66 % de ceux ayant au moins un baccalauréat.

De manière similaire, les personnes touchant un revenu plus élevé avaient tendance à exprimer un niveau de préoccupation plus élevé à l’égard de la mésinformation que celles gagnant un revenu plus faible. Les personnes touchant un revenu personnel plus élevé étaient plus susceptibles de déclarer être préoccupées au sujet de la mésinformation (71 % chez celles dont le revenu se situe entre 70 000 $ et 89 999 $; 67 % chez celles dont le revenu est de 90 000 $ ou plus) que celles gagnant 29 999 $ ou moins (56 %). Toutefois, cette association s’affaiblissait après la prise en compte d’autres caractéristiques sociodémographiques; les personnes les mieux rémunérées (61 %) étaient tout aussi susceptibles d’exprimer des préoccupations au sujet de la mésinformation que celles touchant les revenus les plus faibles (59 %).

Les résultats variaient également selon l’âge. Par exemple, en 2023, environ les deux tiers des Canadiens de 55 à 64 ans (65 %) et de 65 à 74 ans (68 %) ont déclaré être très préoccupés par la mésinformation, comparativement à 60 % des personnes de 25 à 34 ans. Ces résultats correspondent à ceux d’une étude récenteNote  révélant que les personnes âgées ont tendance à être plus cyniques que les jeunes adultes à l’égard de l’information qu’elles consultent en ligne; toutefois, elles continuent de traiter la mésinformation en ligne de la même façon (p. ex. en lisant, en partageant ou en croyant cette information) qu’elles traitent le contenu fiable.

Par ailleurs, les personnes du groupe d’âge le plus jeune étaient les moins susceptibles de déclarer un niveau élevé de préoccupation au sujet de la mésinformation en ligne (46 % chez les personnes de 15 à 24 ans). Dans le même ordre d’idées, des recherches antérieures ont montré que ce groupe figurait parmi les plus susceptibles d’être vulnérables à la mésinformation, en ce sens que les personnes de cet âge étaient proportionnellement moins nombreuses à discerner la vérité de la fausseté dans un test structuré et normaliséNote .

Tableau 1
Pourcentage de répondants ayant déclaré être très préoccupés ou extrêmement préoccupés par la mésinformation en ligne, selon les caractéristiques démographiques et socioéconomiques, Canadiens de 15 ans et plus, 2023 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Caractéristiques démographiques et socioéconomiques  (titres de rangée) et Proportion , Intervalle de confiance de 95 %    et Probabilité prédite, calculées selon limite inférieure, limite supérieure et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristiques démographiques et socioéconomiques  Proportion Intervalle de confiance de 95 %    Probabilité prédite
limite inférieure limite supérieure
pourcentage
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) après correction pour tenir compte de toutes les autres variables du modèle de régression logistique (p < 0,05)

Retour à la référence de note&nbsp;* referrer

Notes : Les probabilités prédites sont les résultats d’une régression logistique tenant compte du genre, du groupe d’âge, de l’appartenance à un groupe racisé, de la région, du niveau de scolarité et du revenu.
Une préoccupation élevée au sujet de la mésinformation fait référence aux répondants ayant déclaré être très préoccupés ou extrêmement préoccupés par la mésinformation.
Source : Statistique Canada  Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés (3e panel)  2023.
Total  59,1  57,2  61,1  ... n'ayant pas lieu de figurer
Genre   
Hommes (réf.)  59,1  56,2  61,9  59,4
Femmes  59,2  56,5  61,9  60,0
Groupe d’âge   
15 à 24 ans (réf.)  45,6  38,8  52,4  52,2
25 à 34 ans   59,7  54,1  65,3  58,2 Tableau 1 Note *
35 à 44 ans  56,8  52,0  61,6  54,8
45 à 54 ans  60,5  55,6  65,4  58,8 Tableau 1 Note *
55 à 64 ans  64,9  60,7  69,1  65,8 Tableau 1 Note *
65 à 74 ans  67,9  63,7  72,0  68,6 Tableau 1 Note *
75 ans et plus   58,4  52,8  64,0  59,6 Tableau 1 Note *
Appartenance à un groupe racisé   
Personnes non racisées et non autochtones (réf.) 60,6  58,0  63,3  61,2
Personnes racisées 55,7  54,1  57,4  55,5 Tableau 1 Note *
Sud-Asiatiques   61,1  57,0  65,2  59,8
Chinois  48,1  44,5  51,8  45,7 Tableau 1 Note *
Noirs  54,9  50,9  59,0  58,2 Tableau 1 Note *
Philippins  62,7  58,2  67,2  61,7
Arabes  50,1  45,3  54,9  54,2 Tableau 1 Note *
Latino-Américains  59,3  55,3  63,2  60,9
Asiatiques du Sud-Est  52,6  48,1  57,1  53,9 Tableau 1 Note *
Asiatiques occidentaux  46,8  40,2  53,3  45,1 Tableau 1 Note *
Région   
Région de l’Atlantique (réf.)  55,2  48,7  61,7  54,4
Québec  49,5  45,2  53,8  50,2 Tableau 1 Note *
Ontario  62,7  59,3  66,0  63,8 Tableau 1 Note *
Région des Prairies  62,8  58,5  67,1  62,6 Tableau 1 Note *
Colombie-Britannique  61,7  57,3  66,2  62,7 Tableau 1 Note *
Niveau de scolarité   
Sans diplôme d’études secondaires (réf.)  46,1  39,1  53,0  49,4
Diplôme d’études secondaires  54,8  50,4  59,3  56,0 Tableau 1 Note *
Certificat d’une école de métiers, diplôme collégial, certificat ou diplôme d’un cégep 60,3  56,5  64,1  59,4 Tableau 1 Note *
Université ou niveau supérieur  66,1  63,5  68,7  65,8 Tableau 1 Note *
Revenu personnel total après impôt   
0 $ à 29 999 $ (réf.)  56,2  52,9  59,4  59,0
30 000 $ à 49 999 $  59,1  55,2  63,0  59,0
50 000 $ à 69 999 $  59,7  54,7  64,6  58,3
70 000 $ à 89 999 $  70,6  64,7  76,4  66,9 Tableau 1 Note *
90 000 $ et plus 66,5  60,2  72,8  60,6

De plus, les Canadiens non racisés et non autochtones (61 %) étaient un peu plus susceptibles que les Canadiens racisés (56 %) de déclarer des niveaux élevés de préoccupation quant à la mésinformation. Parmi les groupes racisés au Canada, les Philippins (63 %) et les Sud-Asiatiques (61 %) étaient les plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de préoccupation concernant la mésinformation, tandis que les Asiatiques occidentaux (47 %) et les Chinois (48 %) étaient les moins susceptibles de déclarer des niveaux élevés de préoccupation.

Les différences régionales jouaient également un rôle en ce qui a trait à la probabilité de la population canadienne de déclarer des niveaux élevés de préoccupation relativement à la mésinformation. Au Québec, la moitié (50 %) des répondants ont déclaré être très préoccupés par la mésinformation, une proportion nettement inférieure à celles enregistrées en Ontario (63 %), dans les Prairies (63 %) et en Colombie-Britannique (62 %). Dans le même ordre d’idées, le fait de toujours ou souvent vérifier les faits des nouvelles en consultant une autre source d’information — c’est-à-dire de procéder à la vérification des faits — était moins souvent déclaré au Québec (44 %) par rapport aux autres régions. De manière similaire, ce comportement était moins courant chez les personnes ne connaissant que le français (32 %) que chez celles connaissant l’anglais (56 %) ou le français et l’anglais (57 %).

Ces constatations pourraient être en partie attribuables à la composition sociodémographique unique du Québec, notamment au profil plus âgé de la population et au petit nombre de sources de nouvelles et d’information en langue française pour effectuer une vérification des faits. De plus, les efforts visant à automatiser la détection de la mésinformation étaient propres à la langue; le contenu dans une langue autre que l’anglais était moins susceptible d’être signalé ou supprimé sur les sites de médias sociauxNote . Outre les niveaux plus faibles de préoccupation au sujet de la mésinformation chez les répondants du Québec et la possibilité d’une exposition accrue à des sources contenant de la mésinformation, ce groupe était également moins susceptible de déclarer vérifier régulièrement l’information en consultant une autre source (44 %) comparativement aux répondants d’autres régions, comme les Prairies (58 %) ou l’Ontario et la Colombie-Britannique (57 %). Lorsque ces renseignements sont pris en compte ensemble, ils donnent à penser que les personnes vivant au Québec pourraient être plus vulnérables à la mésinformation.

Les préoccupations concernant la mésinformation et la vérification des faits vont de pair

Des recherches antérieures ont porté sur les stratégies que les personnes utilisent pour répondre à leurs préoccupations au sujet de la mésinformationNote . Ces méthodes de vérification peuvent comprendre le fait d’utiliser des connaissances personnelles pour évaluer l’exactitude des affirmations, de communiquer avec la famille et les amis, de consulter des sites de vérification factuelle et de vérifier l’information au moyen d’autres sources de nouvelles.

Les comportements autodéclarés de vérification des faits sont importants à prendre en considération dans le contexte de la mésinformation, car une vérification des faits réussie peut aider à stopper la propagation d’informations fausses ou trompeuses. Dans le cadre de la SEGC, on a donc demandé à la population canadienne d’indiquer la fréquence à laquelle elle avait utilisé au moins une autre source d’information pour vérifier l’exactitude des nouvelles histoires consultées.

En 2023, la moitié (53 %) des répondants ont déclaré utiliser toujours ou souvent au moins une autre source d’information pour vérifier l’exactitude d’un reportage. Comme on pouvait s’y attendre, les personnes ayant déclaré des niveaux plus élevés de préoccupation à l’égard de la mésinformation étaient également plus susceptibles de déclarer vérifier régulièrement les faits (69 %), comparativement à celles qui étaient moyennement préoccupées par la mésinformation (22 %) ou à celles qui n'étaient pas très préoccupées ou pas du tout préoccupées (10 %). Parmi les personnes qui ne vérifiaient pas régulièrement les faits, moins de la moitié (48 %) ont déclaré être très préoccupées par la mésinformation.

Toutefois, même si la vérification des faits est un moyen de contrer la propagation de la mésinformation, les comportements autodéclarés de vérification des faits ne tiennent pas compte de l’exactitude de la source d’information secondaire, les répondants pouvant vérifier les renseignements à l’aide de sources tout aussi peu fiables. De plus, il se peut qu’ils ne vérifient pas les faits lorsqu’ils jugent déjà obtenir leurs nouvelles et informations de sources fiables.

Les préoccupations au sujet de la mésinformation en ligne ne sont pas associées à de plus faibles niveaux de confiance à l’égard des médias

Même si de nombreux Canadiens étaient préoccupés par la mésinformation en ligne, rien n’indique que ces préoccupations avaient une incidence sur leur confiance à l’égard des médias en général.

En 2023, moins de la moitié (47 %) de la population canadienne a déclaré des niveaux élevés de confiance à l’égard des médias. Une ventilation plus poussée des données révèle que 47 % des personnes ayant des niveaux élevés de préoccupation et la moitié (50 %) de celles moyennement préoccupées par la mésinformation ont déclaré des niveaux élevés de confiance à l’égard des médias, tandis que 40 % de celles ayant de faibles niveaux de préoccupation au sujet de la mésinformation faisaient confiance aux médias. Par ailleurs, cet écart n’était pas significativement différent dans le cadre d’un modèle de régression corrigé pour tenir compte d’autres caractéristiques sociodémographiques.

Cette constatation pourrait être liée à des études antérieures révélant que le degré de confiance à l’égard de l’information varie en fonction de la source de provenance. Plus précisément, une étude récenteNote , fondée également sur les données de la SEGC, a montré que la population canadienne faisait généralement moins confiance aux publications sur les médias sociaux en provenance de comptes qui ne sont pas affiliés à des sources d’information telles que les organisations gouvernementales et scientifiques ou les organismes de presse. Environ les deux tiers des Canadiens ont déclaré de faibles niveaux de confiance envers ce type de sources. Par ailleurs, la population canadienne était plus susceptible de déclarer des niveaux élevés de confiance relativement à des publications d’experts scientifiques ou à du contenu révisé par les pairs (68 %) ainsi qu’à l’égard de l’information provenant de leurs proches (56 %) et du gouvernement fédéral (50 %).

Les préoccupations concernant la mésinformation sont associées à de plus faibles niveaux de confiance envers diverses institutions

Les Canadiens davantage préoccupés par la mésinformation étaient moins susceptibles de déclarer avoir une grande confiance envers diverses institutions, telles que les banques ou le système de justice et les tribunaux. Parallèlement, ceux ayant déclaré être moyennement préoccupés, peu préoccupés ou pas du tout préoccupés par la mésinformation en ligne étaient souvent plus susceptibles d’afficher des niveaux élevés de confiance à l’égard des institutions canadiennes. Ces renseignements reposent sur le groupe de répondants de la SEGC ayant participé à tous les panels.

Parmi les Canadiens ayant déclaré des niveaux élevés de préoccupation à l’égard de la mésinformation, la moitié (50 %) avaient un niveau élevé de confiance à l’égard du système de justice et des tribunaux, comparativement à 59 % de ceux étant moyennement préoccupés par la mésinformation, ou à 64 % de ceux ayant indiqué de faibles niveaux de préoccupation à l’égard de la mésinformation. Toutefois, dans le cas de la confiance envers le système scolaire ou le Parlement fédéral, les Canadiens étant moyennement préoccupés par la mésinformation étaient les plus susceptibles de déclarer avoir une grande confiance à l’égard de ces institutions (graphique 1). Le lien entre une plus grande préoccupation au sujet de la mésinformation et une érosion de la confiance envers certaines institutions publiques au sein de la population canadienne donne à penser que la mésinformation peut miner la confiance à l’égard des institutions et potentiellement avoir une incidence sur la cohésion sociale ou l’engagement civique.

graphique 1 : Pourcentage de répondants ayant déclaré un niveau élevé de confiance à l’égard des institutions, selon le niveau de préoccupation concernant la mésinformation, Canadiens de 15 ans et plus, 2023-2024

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du Graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 1 Niveau de préoccupation concernant la mésinformation, Extrêmement préoccupé ou très préoccupé (réf.), Intervalle de confiance de 95 %, Moyennement préoccupé, Intervalle de confiance de 95 %, Peu préoccupé ou pas du tout préoccupé, Intervalle de confiance de 95 %, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Niveau de préoccupation concernant la mésinformation
Extrêmement préoccupé ou très préoccupé (réf.) Intervalle de confiance de 95 % Moyennement préoccupé Intervalle de confiance de 95 % Peu préoccupé ou pas du tout préoccupé Intervalle de confiance de 95 %
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) après correction pour tenir compte de toutes les autres variables du modèle de régression logistique (p < 0,05)

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Notes : Les barres d’erreur représentent les intervalles de confiance de 95 %. En partie en raison de plus petits échantillons de personnes ayant répondu ne pas être préoccupées par la mésinformation, les barres d’erreur de ces groupes étaient plus étendues, ce qui rend plus difficile l’interprétation des différences entre les groupes.
Source : Statistique Canada, Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés, 2023-2024.
Institutions  
Service de police 64,2 60,0 68,4 69,8 63,3 76,3 72,0 62,0 82,0
Système de justice et tribunaux 50,1 45,9 54,3 59,4 Tableau de données du Graphique 1 Note * 52,2 66,5 63,9 Tableau de données du Graphique 1 Note * 53,2 74,6
Système scolaire 48,5 44,1 52,9 58,2 Tableau de données du Graphique 1 Note * 51,1 65,2 51,3 39,9 62,7
Parlement fédéral 34,6 31,1 38,1 43,0 Tableau de données du Graphique 1 Note * 36,1 49,8 37,8 26,4 49,2
Banques 46,6 42,5 50,8 56,3 Tableau de données du Graphique 1 Note * 49,7 62,9 53,0 41,0 64,9
Grandes corporations 21,2 18,4 23,9 30,2 Tableau de données du Graphique 1 Note * 23,8 36,7 30,3 19,3 41,2

Toutefois, la confiance à l’égard des institutions variait entre les segments de la population canadienne et, dans certains cas, des tendances inverses apparaissaient lorsqu’elles étaient désagrégées à un niveau inférieur. Par exemple, les Canadiens plus âgés, qui ont tendance à exprimer des préoccupations plus élevées à l’égard de la mésinformation que les personnes plus jeunes, étaient davantage susceptibles de déclarer avoir une grande confiance envers diverses institutions, y compris le Parlement fédéral (41 %), comparativement à la population plus jeune (35 %). De manière similaire, les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé avaient plus confiance envers le Parlement fédéral que les personnes ayant un plus faible niveau de scolarité (42 % chez les Canadiens ayant fait des études universitaires, par rapport à 35 % chez ceux ayant un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur) et étaient également plus susceptibles d’exprimer des niveaux élevés de préoccupation au sujet de la mésinformation.

Les personnes moins préoccupées par la mésinformation sont moins optimistes à l’égard de la démocratie et de l’unité nationale

Compte tenu de l’omniprésence croissante de la mésinformation à l’ère numérique et de ses répercussions potentielles sur la démocratie, il convient d’examiner le lien possible entre les préoccupations suscitées par la mésinformation et le sentiment d’optimisme à l’égard de l’unité canadienne et de la démocratie.

Au total, 4 Canadiens sur 10 étant peu préoccupés ou pas du tout préoccupés par la mésinformation se sont dits optimistes à l’égard de la démocratie. Bien que les résultats soient mitigés, des indicateurs révélaient que certains groupes qui sont moins préoccupés par la mésinformation en ligne, dont les Canadiens plus jeunes ou moins scolarisés, ont moins confiance en la démocratie au Canada. Parallèlement, plus de la moitié (54 %) des Canadiens préoccupés par la mésinformation demeuraient optimistes quant au mode de fonctionnement de la démocratie au Canada (graphique 2).

Des tendances semblables ont été observées lors de l’examen du niveau d’optimisme de la population canadienne à l’égard de l’unité nationale. Dans l’ensemble, le tiers (33 %) des répondants étant peu préoccupés ou pas du tout préoccupés par la mésinformation ont déclaré être optimistes à l’égard de l’unité canadienne. Il convient de noter que cette proportion n’est pas significativement différente de la catégorie de référence. Les sentiments quant à l’unité nationale étaient les plus forts chez ceux ayant déclaré être moyennement préoccupés par la mésinformation. Parmi ceux-ci, 55 % se sont dits optimistes à l’égard de l’unité nationale comparativement à 40 % de ceux ayant indiqué des niveaux élevés de préoccupation au sujet de la mésinformation en ligne.

graphique 2 : Pourcentage de répondants ayant déclaré être plutôt optimistes ou très optimistes quant au mode de fonctionnement de la démocratie au Canada et à l’unité canadienne, selon le niveau de préoccupation concernant la mésinformation, Canadiens de 15 ans et plus, 2023

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du Graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 2 Niveau de préoccupation concernant la mésinformation, Extrêmement préoccupé ou très préoccupé (réf.), Intervalle de confiance de 95 %, Moyennement préoccupé, Intervalle de confiance de 95 %, Peu préoccupé ou pas du tout préoccupé, Intervalle de confiance de 95 %, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure, Limite supérieure, Limite inférieure et Limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Niveau de préoccupation concernant la mésinformation
Extrêmement préoccupé ou très préoccupé (réf.) Intervalle de confiance de 95 % Moyennement préoccupé Intervalle de confiance de 95 % Peu préoccupé ou pas du tout préoccupé Intervalle de confiance de 95 %
Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) après correction pour tenir compte de toutes les autres variables du modèle de régression logistique (p < 0,05)

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Note : Les barres d’erreur représentent les intervalles de confiance de 95 %.
Source : Statistique Canada, Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés, 2023.
Sentiment d'optimisme  
Optimisme à l’égard de la démocratie 53,5 49,2 57,7 59,9 52,7 67,0 40,1 Tableau de données du Graphique 2 Note * 28,5 51,8
Optimisme à l’égard de l’unité nationale 40,5 36,3 44,7 54,8 Tableau de données du Graphique 2 Note * 47,5 62,2 33,2 24,1 42,3

Les répondants ayant déclaré des niveaux plus faibles de préoccupation à l’égard de la mésinformation sont moins susceptibles d’avoir voté aux élections fédérales de 2021

Au-delà de la confiance à l’égard des institutions, la mésinformation peut représenter une menace en ce qui a trait à l’engagement civique, et avoir potentiellement des répercussions sur les comportements électorauxNote . Au sein de toutes les vagues de la SEGC, les Canadiens moins préoccupés par la mésinformation en ligne participaient moins au processus démocratique, telle que l’indique leur probabilité plus faible de déclarer avoir voté lors des élections fédérales de 2021 (68 % pour les groupes moyennement préoccupés et ceux peu préoccupés ou pas du tout préoccupés). À titre de comparaison, 8 Canadiens sur 10 ayant exprimé des préoccupations plus importantes au sujet de la mésinformation ont déclaré avoir voté lors des élections fédérales de 2021.

Ces constatations peuvent être liées en partie aux facteurs socioéconomiques associés à la participation électorale. Par exemple, 65 % des personnes ayant un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur ont déclaré avoir voté lors des élections fédérales de 2021, comparativement à 82 % de celles ayant un certificat d’une école de métiers ou un diplôme collégial, et à 79 % de celles ayant suivi des études universitaires.

De la même façon que les personnes moins préoccupées par la mésinformation, qui présentent des niveaux plus faibles d’optimisme à l’égard de la démocratie et de l’unité au Canada, ce groupe a également enregistré des niveaux inférieurs de participation démocratique au chapitre des comportements électoraux. Ce résultat peut indiquer une tendance générale au désengagement ou au scepticisme, ce groupe adoptant une approche plus passive de l’engagement civique.

Conclusion

Étant donné la vitesse à laquelle le contenu est maintenant partagé sur Internet, il est presque impossible d’éviter la mésinformation en ligne. Dans le contexte de notre paysage médiatique en rapide évolution, les préoccupations liées à la mésinformation en ligne font l’objet d’un nouveau domaine de recherche, près de 6 Canadiens sur 10 (59 %) ayant déclaré un niveau élevé de préoccupation à ce sujet. Les données de la SEGC montrent que certains groupes sociodémographiques présentent des niveaux de préoccupation plus élevés que d’autres, et que de nombreuses personnes ont recours à la vérification des faits pour confirmer l’exactitude de l’information consultée en ligne. La présente étude révèle en outre que, même si les préoccupations relatives à la mésinformation ne sont pas actuellement associées au niveau de confiance à l’égard des médias en général, des données probantes permettent de penser qu’elles sont liées au scepticisme à l’égard de nombreuses institutions canadiennes, au manque d’optimisme en ce qui a trait à l’unité nationale et à des niveaux plus élevés d’engagement civique en ce qui concerne le comportement électoral.

Au-delà des préoccupations relatives à la mésinformation, de futures études pourraient chercher à quantifier les niveaux de connaissances médiatiques au sein de différents segments de la population canadienne, particulièrement en ce qui a trait à l’évaluation de l’exactitude de l’information provenant de différentes sources.

Helen Foran et Lauren Pinault sont analystes au Centre de développement et d’analyse des données sociales de Statistique Canada. Howard Bilodeau est chef de sous-section au Centre de la statistique de l’innovation, de la technologie et des entreprises de Statistique Canada.

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Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

La Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés (SEGC) est une série d’enquêtes sociales lancée en 2022. Elle comprenait la création d’un panel de personnes ayant accepté de participer à une série de brèves enquêtes. Le présent article repose sur les données du troisième panel de la SEGC : Qualité de vie, sources d’information et confiance. Grâce au fichier de poids longitudinaux de la SEGC, l’analyse inclut aussi des données des quatrième et cinquième panels portant sur la cohésion sociale et les expériences de discrimination, de même que sur le sport, la culture en milieu de travail, l’engagement politique et les valeurs partagées. Le fichier de poids longitudinaux a été calculé pour les répondants ayant participé aux cinq panels de la SEGC, dans les cas où les questions portaient sur un contenu différent. La taille de l’échantillon dans l’ensemble du fichier longitudinal est de 3 910 et le taux de réponse est de 5,7 %.

Ces enquêtes ont été menées en 2022, 2023 et 2024 et portaient, entre autres, sur le racisme et la discrimination, la satisfaction à l’égard des relations et le bien-être. La période de référence de cette enquête est la suivante : du 14 octobre 2022 au 22 avril 2024 (1er panel du 14 octobre 2022 au 3 janvier 2023; 2e panel du 5 mai 2023 au 25 juillet 2023; 3e panel du 2 octobre 2023 au 22 octobre 2023; 4e panel du 27 novembre 2023 au 17 décembre 2023; 5e panel du 2 avril 2024 au 22 avril 2024). Bien que les répondants aient été sollicités pour chaque panel de la SEGC, les cohortes diffèrent d’un panel à l’autre, en raison des taux de réponse variables.

La SEGC fait partie du Plan d’action sur les données désagrégées de Statistique Canada, lequel vise à produire des renseignements statistiques détaillés afin de mettre en lumière les expériences vécues par des groupes de population précis, comme les femmes, les peuples autochtones, les groupes racisés et les personnes ayant une incapacité. L’échantillon utilisé dans le cadre de la SEGC, sélectionné à partir de la base de sondage du Recensement de 2021, comprend un suréchantillonnage d’immigrants et de Canadiens déclarant faire partie de groupes racisés. Cette surreprésentation a permis la production de statistiques plus fiables sur les divers groupes racisés et les populations immigrantes.

La population cible de la SEGC est constituée de personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada. Sont exclus de la couverture de la SEGC les résidents du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, les résidents à temps plein en établissement (p. ex. les personnes détenues, les personnes vivant dans un établissement de soins infirmiers) et les personnes résidant dans une réserve ou un autre établissement autochtone. Ces groupes exclus représentent ensemble moins de 2,5 % de la population canadienne de 15 ans et plus. Par ailleurs, comme la base de sondage est fondée sur les répondants au questionnaire détaillé du Recensement de 2021, la population observée ne comprend pas les personnes ayant immigré au Canada après la date de référence du recensement, soit le 11 mai 2021.

L’échantillon cible de la série d’enquêtes comprenait un total de 70 000 personnes. Le taux de réponse s’établissait à 27,2 % pour le troisième panel, à 24,4 % pour le quatrième panel et à 24,1 % pour le cinquième panel. Des procédures de pondération d’enquête ont été entreprises, y compris l’ajustement des non-réponses et le calage, pour que l’échantillon reflète la population cible. De plus amples renseignements sur les procédures d’échantillonnage de la SEGC figurent à la page Web suivante : Enquêtes et programmes statistiques — Série d’enquêtes sur les gens et leurs communautés.

La communication avec les répondants s’est effectuée par la poste, par courriel ou par téléphone dans le cadre de leur première participation à l’enquête de la SEGC, puis par courriel ou par téléphone pour les enquêtes suivantes de la série. Les données ont été recueillies directement auprès des répondants à l’enquête par l’entremise d’un questionnaire électronique ou d’une interview téléphonique assistée par ordinateur.

Méthodes

Pour examiner les préoccupations relatives à la mésinformation en ligne, le troisième panel de la SEGC a été utilisé. Ce panel contient des renseignements détaillés sur les préoccupations liées à la mésinformation et à la confiance à l’égard des médias. Le fichier de poids longitudinaux de la SEGC, qui comprend des questions sur la confiance à l’égard des institutions, les perspectives d’avenir et l’engagement politique, a été utilisé pour examiner les enjeux liés à la confiance à l’égard des institutions du Canada, au niveau d’optimisme quant à la démocratie et à l’unité, ainsi qu’aux comportements électoraux. La taille de l’échantillon du fichier fusionné est plus petite, car seules les personnes ayant participé à tous les panels sont incluses.

Toutes les estimations ont été produites à l’aide de poids de sondage, lesquels ont été ajustés pour tenir compte de la non-réponse et étalonnés en fonction des totaux de population, pour que les résultats soient représentatifs de la population canadienne.

Un modèle de régression logistique a été utilisé pour évaluer si le lien entre les préoccupations relatives à la mésinformation et diverses caractéristiques individuelles demeure lors de la prise en compte d’autres variables de caractéristiques comme le genre, le groupe d’âge, l’appartenance à un groupe racisé, la région, le niveau de scolarité et le revenu.

Définitions

Dans le cadre de la SEGC, la mésinformation désigne « des nouvelles ou de l’information dont on peut vérifier la fausseté ou l’inexactitude ». Elle renvoie au fait de transmettre consciemment ou non de la fausse information. Lorsque la mésinformation est communiquée de façon consciente, on parle souvent de désinformation.

Les préoccupations au sujet de la mésinformation ont été évaluées à l’aide de la question suivante : « À quel point êtes-vous préoccupé par la présence de la mésinformation en ligne? » Les personnes ayant répondu « extrêmement préoccupé » ou « très préoccupé » étaient considérées comme présentant un niveau élevé de préoccupation, contrairement à celles ayant répondu « moyennement préoccupé ». Les répondants ayant indiqué un faible niveau de préoccupation ont été regroupés en fonction des réponses « peu préoccupé » ou « pas du tout préoccupé ».

La vérification des faits a été évaluée à l’aide de la question suivante : « À quelle fréquence utilisez-vous au moins une autre source d’information pour vérifier l’exactitude d’un reportage sur les enjeux d’actualité que vous consultez? ». Les personnes ayant répondu « toujours » ou « souvent » ont été considérées comme vérifiant régulièrement les faits, comparativement à celles ayant répondu « parfois », « rarement » ou « jamais ».

La question suivante visait à évaluer le degré de confiance à l’égard des médias : « Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie « Pas du tout » et 10 signifie « Entièrement », de manière générale, dans quelle mesure faites-vous confiance aux nouvelles ou aux informations provenant des médias? ». Pour mettre en évidence les personnes dont le niveau de confiance était plus faible, les répondants qui ont déclaré un niveau de confiance de 5 ou moins ont été considérés comme ayant un faible niveau de confiance à l’égard des nouvelles ou de l’information provenant des médias, tandis que les personnes ayant indiqué un niveau de confiance de 6 et plus ont été considérées comme ayant un niveau de confiance plus élevé.

La confiance à l’égard des institutions a été évaluée à l’aide de la question suivante : « Sur une échelle de 1 à 5, où 1 signifie « Aucune confiance » et 5 signifie « Une grande confiance », veuillez répondre à la question suivante. Dans quelle mesure faites-vous confiance aux institutions suivantes (service de police, système de justice et tribunaux, système scolaire, Parlement fédéral, banques, grandes corporations)? ».

La confiance à l’égard des institutions et la confiance à l’égard des médias sont des concepts liés, mais distincts. La confiance à l’égard des institutions correspond au rendement et à l’efficacité de ces dernières, alors que la confiance à l’égard des médias se concentre sur les attentes et les perceptions quant à une couverture véridique et impartialeNote .

Le comportement électoral a été évalué en fonction de la question suivante : « Avez-vous voté lors des dernières élections fédérales? » Il convient de noter que les taux de participation électorale estimés à l’aide des données d’enquête sont généralement plus élevés que les taux de participation officiels. Si les personnes qui ne votent pas sont moins susceptibles de répondre aux questions d’enquête concernant la participation électorale, celles qui y répondent peuvent être influencées par le « biais dû à la désirabilité sociale » — la tendance à modifier ses réponses de façon à être valorisé aux yeux des autres —, lequel pourrait expliquer cet écart entre les tauxNote .

Le niveau d’optimisme à l’égard du Canada a été évalué à l’aide de la question suivante : « En pensant à l’avenir au Canada, quel est votre degré d’optimisme à propos de chacun des sujets suivants (le mode de fonctionnement de la démocratie au Canada et l’unité au sein de la population canadienne)? ». L’échelle d’évaluation était la suivante : très optimiste, plutôt optimiste, peu optimiste et pas du tout optimiste.

Limites

Comme il a été mentionné précédemment, certaines sections de l’article (sur la confiance à l’égard des institutions et le comportement électoral) reposent sur le fichier de poids longitudinaux de la SEGC, qui comprend des répondants ayant participé aux cinq panels. Par conséquent, la taille de l’échantillon de ces sections était plus petite (n = 3 910) et le taux de réponse était de 5,7 %.

L’une des limites importantes de la SEGC est qu’elle est axée sur les comportements autodéclarés, ce qui aurait pu porter certains répondants à déclarer leurs réponses concernant leurs habitudes de vérification des faits selon la façon dont ils voulaient être perçus, plutôt que de fournir des renseignements sur leur comportement réel. De plus, bien que la SEGC ait permis d’examiner le lien entre le recours à des sources d’information en particulier et la décision de vérifier les faits, le questionnaire de l’enquête ne permettait pas de recueillir des renseignements sur les sources qu’utilisent les Canadiens pour vérifier les faits, ni sur la réputation ou l’exactitude de ces sources.

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Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

  1. Documents consultés
  2. Comment citer le présent article

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