Regards sur la société canadienne
Résultats du Recensement de 2016 : Réussites et défis des enfants de parents immigrants sur le plan de la scolarité et du marché du travail

par Martin Turcotte

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La publication Regards sur la société canadienne présente aujourd’hui une étude fondée sur les données intégrées des recensements de 2006 et de 2016. Le présent article se veut un résumé d’un rapport complet portant sur les résultats des enfants de parents immigrants, intitulé « Résultats en éducation et sur le marché du travail des enfants issus de l’immigration selon leur région d’origine » et publié dans le cadre de la Série thématique sur l’ethnicité, la langue et l’immigration

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Aperçu

À partir des données intégrées des recensements de 2006 et de 2016, on examine dans la présente étude les résultats sur le plan de la scolarité d’une cohorte d’enfants issus de l’immigration âgés de 13 à 17 ans en 2006, et la rémunération d’emploi des jeunes adultes qui avaient des parents immigrants. Dans l’étude, on compare les résultats des enfants de parents immigrants originaires de diverses régions à ceux d’enfants de parents nés au Canada.

  • Les enfants de parents immigrants étaient plus susceptibles de terminer des études postsecondaires que leurs homologues de la troisième génération et plus. Par exemple, parmi les enfants de parents immigrants âgés de 13 à 17 ans en 2006, 43 % avaient obtenu un diplôme universitaire en 2016, comparativement à 29 % de leurs homologues de la troisième génération et plus.
  • Les enfants de parents immigrants originaires d’Asie étaient particulièrement plus susceptibles d’avoir un niveau de scolarité élevé. Par exemple, en 2016, les enfants de parents immigrants originaires d’Asie de l’Est étaient deux fois et demie plus susceptibles d’être titulaires d’un diplôme universitaire que leurs homologues de la troisième génération et plus.
  • Les enfants de parents ayant un faible niveau de scolarité ont tendance à avoir un faible niveau de scolarité eux aussi. Toutefois, le niveau de scolarité des parents a une incidence moins grande sur la scolarité chez les enfants de parents immigrants que chez les enfants de parents nés au Canada.
  • Parmi les diplômés universitaires de 30 à 34 ans en 2016 qui travaillaient à temps plein toute l’année, les hommes qui sont nés de parents immigrants gagnaient généralement moins que leurs homologues de la troisième génération et plus, et ce, après avoir tenu compte d’autres facteurs.
  • Chez les femmes de 30 à 34 ans en 2016 qui travaillaient à temps plein toute l’année et qui étaient titulaires d’un diplôme universitaire, les écarts au chapitre de la rémunération d’emploi entre les enfants issus de l’immigration et ceux de la troisième génération et plus étaient généralement non significatifs, une fois d’autres facteurs pris en compte.

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Introduction

Au Canada, l’un des objectifs des politiques en matière d’immigration est de favoriser la croissance et la prospérité économique du pays. Étant donné cet objectif, la scolarité occupe une place importante dans le processus de sélection des candidats à l’immigration, de sorte que les personnes immigrantes sont nombreuses à avoir des qualifications postsecondaires. Par exemple, parmi les personnes immigrantes de 25 à 34 ans admises de 2011 à 2016, 57 % avaient un certificat, diplôme ou grade universitaire de niveau du baccalauréat ou supérieur. En comparaison, 30 % des personnes non immigrantes du même groupe d’âge avaient obtenu un diplôme d’études universitairesNote .

L’incidence de l’immigration sur l’évolution sociale et économique du pays peut aussi se faire sentir à plus long terme, notamment parce que la majorité des personnes immigrantes auront des enfants nés au Canada. Ces enfants peuvent être considérés comme les « enfants de parents immigrants », ou des jeunes « issus de l’immigration ». Étant donné leur histoire familiale particulière, les enfants de parents immigrants se distinguent des autres enfants de différentes façonsNote . Plus particulièrement, ceux-ci contribuent à la hausse du niveau général de scolarité au Canada, étant donné qu’ils sont généralement plus susceptibles d’entreprendre et de terminer des études postsecondaires que leurs homologues non immigrantsNote .

Dans la présente étude, on s’intéresse aux résultats obtenus sur le plan de la scolarité et du marché du travail par les enfants issus de l’immigration selon leur région d’origine, c’est-à-dire selon le lieu de naissance des parents immigrants (voir « Sources de données, méthodes et définitions »). Le fait de mieux connaître les régions d’origine des enfants issus de l’immigration qui sont plus à risque d’éprouver des difficultés sur le plan scolaire peut permettre de concevoir des programmes de soutien ciblés visant à les accompagner dans leurs parcours. En ce qui concerne l’élaboration de politiques et de programmes visant à favoriser l’employabilité et à lutter contre la discrimination en emploi, il est aussi important d’identifier les régions d’origine pour lesquelles les résultats sur le marché du travail sont moins favorables.

Plus précisément, dans le cadre de la présente étude, on cherche à répondre aux deux questions suivantes : (1) De quelle façon les résultats en matière de scolarité obtenus par les enfants de parents immigrants se distinguent-ils de ceux des enfants de parents nés au Canada? (2) Est-ce que les enfants issus de l’immigration des différentes régions d’origine obtiennent des résultats sur le marché du travail qui sont comparables à ceux des jeunes dont les parents sont nés au Canada?

Pour répondre à la première question, une intégration des données des recensements de 2006 et de 2016 est mise à profit afin d’examiner les résultats scolaires obtenus en 2016 par une cohorte de jeunes âgés de 13 à 17 ans en 2006 (et qui étaient, par conséquent, âgés de 23 à 27 ans en 2016). Afin de répondre à la deuxième question, on s’intéresse, à l’aide des données du Recensement de 2016, à la rémunération obtenue par les jeunes adultes issus de l’immigration âgés de 30 à 34 ans qui travaillaient à temps plein toute l’annéeNote .

Les enfants de parents immigrants sont plus susceptibles d’avoir terminé des études postsecondaires que les enfants de parents nés au Canada

L’obtention d’un certificat, d’un diplôme ou d’un grade d’études postsecondaires (y compris les programmes de métiers ou d’apprentis, les programmes de niveau collégial, dont le cégep au Québec, ou les programmes universitaires) est généralement associée à de meilleurs résultats sur le marché du travailNote . De façon générale, les enfants de parents immigrants étaient plus susceptibles d’avoir des qualifications postsecondaires que leurs homologues de la troisième génération et plus. Ainsi, parmi les jeunes âgés de 13 à 17 ans en 2006, 72 % de ceux issus de l’immigration avaient obtenu un certificat, diplôme ou grade d’études postsecondaires en 2016, comparativement à 67 % de ceux de la troisième génération et plus. De plus, les enfants de parents immigrants avaient des parents qui étaient plus scolarisés que les enfants de parents nés au Canada, ce qui peut avoir une incidence sur leurs résultats en matière de scolarité.

Les résultats variaient toutefois de façon importante d’une région d’origine à l’autre, et ce, même après la prise en compte d’autres facteurs pouvant avoir une incidence sur la scolarité (voir la section Sources de données, méthodes et définitions). Les enfants de parents immigrants originaires de régions asiatiques (Asie de l’Est, Asie du Sud-Est, Asie du Sud, Asie de l’Ouest et centrale et Moyen-Orient), en particulier, étaient plus susceptibles d’obtenir un certificat, diplôme ou grade d’études postsecondaires que les enfants de la troisième génération et plus (graphique 1). Les enfants de parents immigrants originaires de l’Europe de l’Est, de l’Europe du Sud et de l’Afrique subsaharienne étaient aussi plus susceptibles que les enfants de troisième génération et plus d’avoir un certificat, diplôme ou grade d’études postsecondaires.

Chart 1 Probabilité prédite d'avoir obtenu un certificat, diplôme ou grade en 2016, enfants et adolescents nés au Canada et âgés de 13 à 17 ans en 2006, selon la région d'origine des parents

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Région d'origine des parents (titres de rangée) et Certificat, diplôme ou grade d'études postsecondaires et Diplôme d'études universitaires, calculées selon probalité prédite unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région d'origine des parents Certificat, diplôme ou grade d'études postsecondaires Diplôme d'études universitaires
probalité prédite
Canada (référence) 0,69 0,26
Amérique du Nord 0,65Note * 0,28
Amérique centrale 0,63Note * 0,22
Antilles et Bermudes 0,66 0,23Note *
Amérique du Sud 0,71 0,25
Europe e l'Ouest 0,72 0,31Note *
Europe de l'Est 0,77Note * 0,38Note *
Europe du Nord 0,68 0,27
Europe du Sud 0,73Note * 0,32Note *
Afrique subsaharienne 0,75Note * 0,42Note *
Afrique du Nord 0,74 0,40Note *
Asie de l'Ouest et centrale et Moyen-Orient 0,80Note * 0,43Note *
Asie de l'Est 0,86Note * 0,66Note *
Asie du Sud-Est 0,82Note * 0,40Note *
Asie du Sud 0,81Note * 0,53Note *
Océanie et autres 0,73 0,26

En revanche, les enfants issus de l’immigration en provenance de l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale étaient moins susceptibles d’avoir obtenu un certificat, diplôme ou grade d’études postsecondaires que ceux de la troisième génération et plus, ce qui illustre le degré de variabilité des résultats d’une région d’origine à l’autre.

Les différences étaient encore plus marquées en ce qui concerne l’obtention d’un diplôme d’études universitaires (baccalauréat ou titre supérieur). Plus précisément, parmi les jeunes âgés de 13 à 17 ans en 2006 et issus de l’immigration, 43 % avaient obtenu, 10 ans plus tard, un diplôme d’études universitaires. En comparaison, la proportion correspondante était de 29 % chez les enfants de parents nés au Canada du même groupe d’âge.

Bien que les enfants issus de l’immigration avaient généralement une forte propension à avoir terminé un diplôme universitaire, les enfants d’origine est-asiatique (comprenant les enfants originaires de Chine et de Hong Kong) se démarquaient tout particulièrement; parmi ces jeunes qui étaient âgés de 13 à 17 ans en 2006, la probabilité d’avoir terminé un diplôme universitaire était de 66 % dix ans plus tard (en 2016), soit une probabilité deux fois et demie plus élevée que celle observée chez les enfants de la troisième génération et plus (même après la prise en compte d’autres facteurs). En fait, les jeunes originaires de toutes les régions d’Europe, d’Afrique et d’Asie présentaient des proportions de diplômés universitaires plus élevées que la moyenne des jeunes canadiens de la troisième génération et plus.

Seuls les jeunes âgés de 13 à 17 ans en 2006, issus de l’immigration et originaires des Antilles et des Bermudes (probabilité d’obtention d’un diplôme universitaire de 23 % en 2016), présentaient une probabilité significativement inférieure à celle affichée par les jeunes canadiens de la troisième génération et plus du même groupe d’âge.

Le niveau de scolarité des enfants de parents immigrants ayant un faible niveau de scolarité est relativement élevé

Dans la plupart des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques, la transmission intergénérationnelle d’une scolarité postsecondaire se fait de manière moins directe chez les enfants de parents immigrants que chez les autres enfantsNote . En outre, les personnes immigrantes moins scolarisées souhaitent, beaucoup plus fréquemment que leurs homologues de la troisième génération et plus, que leurs enfants persévèrent le plus longtemps possible à l’écoleNote . Dans quelle mesure la scolarité des parents influe-t-elle sur le parcours scolaire des enfants de parents immigrants?

Parmi les enfants dont les parents avaient obtenu un diplôme d’études secondaires ou moins, ceux issus de l’immigration étaient significativement plus susceptibles d’obtenir un diplôme d’études universitaires que ceux dont les parents étaient nés au Canada, et ce résultat a été constaté pour la plupart des régions d’origine.

Plus précisément, parmi les jeunes canadiens de la troisième génération et plus dont les parents avaient obtenu un diplôme d’études secondaires ou moins, la probabilité prédite — ajustée pour tenir compte d’autres facteurs — d’avoir un diplôme universitaire était de 11 %. En comparaison, la probabilité correspondante était de 3 à près de 6 fois plus élevée chez leurs homologues issus de l’immigration d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud, d’Afrique du Nord et d’Asie de l’Est (tableau 1).


Tableau 1
Probabilité prédite d'être titulaire d'un diplôme d'études universitaires en 2016, jeunes âgés de 13 à 17 ans en 2006, selon le niveau de scolarité et la région d'origine des parents
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilité prédite d'être titulaire d'un diplôme d'études universitaires en 2016. Les données sont présentées selon Région d'origine des parents (titres de rangée) et Niveau de scolarité des parents, Diplôme d'études secondaires ou moins, Diplôme d'études postsecondaires inférieur au baccalauréat, Baccalauréat et Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat, calculées selon probabilité prédite unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région d'origine des parents Niveau de scolarité des parents
Diplôme d'études secondaires ou moins Diplôme d'études postsecondaires inférieur au baccalauréat Baccalauréat Certificat, diplôme ou grade universitaire supérieur au baccalauréat
probabilité prédite
Canada 0,11 0,17Note * 0,34Note * 0,40Note *
Amérique du Nord 0,20 0,22 0,52Note * 0,58Note *
Amérique centrale 0,09 0,23 0,46Note * 0,52Note *
Antilles et Bermudes 0,15 0,17 0,31Note * 0,31Note *
Amérique du Sud 0,09 0,14 0,26Note * 0,38Note *
Europe de l'Ouest 0,14 0,17 0,26Note * 0,34Note *
Europe de l'Est 0,19 0,22 0,41Note * 0,44Note *
Europe du Nord 0,16 0,16 0,37Note * 0,39Note *
Europe du Sud 0,16 0,24Note * 0,47Note * 0,50Note *
Afrique subsaharienne 0,35 0,39 0,46 0,59Note *
Afrique du Nord 0,44 0,37 0,77Note * 0,71Note *
Asie de l'Ouest et centrale et Moyen-Orient 0,12 0,19Note * 0,38Note * 0,40Note *
Asie de l'Est 0,62 0,68 0,76Note * 0,82Note *
Asie du Sud-Est 0,25 0,24 0,33Note * 0,42Note *
Asie du Sud 0,41 0,57Note * 0,69Note * 0,71Note *
Océanie et autres 0,52 0,42 0,73 0,79

En ce qui concerne les jeunes issus de l’immigration est-asiatique dont les parents avaient obtenu un diplôme d’études secondaires ou moins, leur probabilité d’obtenir un diplôme universitaire (62 %) était même supérieure à celle des jeunes canadiens de la troisième génération et plus dont les parents étaient titulaires d’un diplôme ou grade universitaire de niveau supérieur au baccalauréat (40 %). Ces résultats tendent à démontrer que le niveau de scolarité des parents a une incidence moins importante sur la scolarité des enfants issus de l’immigration que sur ceux des enfants de parents nés au Canada.

Jusqu’à présent, les résultats ont montré que les enfants issus de l’immigration étaient, dans l’ensemble, plus susceptibles d’obtenir un diplôme postsecondaire ou universitaire que ceux de parents nés au Canada. L’une des hypothèses les plus répandues permettant d’expliquer ces écarts persistants tiendrait au rôle et à l’influence des parents des enfants issus de l’immigration, qui envisagent souvent la possibilité d’une vie meilleure, pour eux, mais aussi pour leurs enfantsNote . Ainsi, les parents immigrants cultiveraient des attentes et des aspirations plus élevées pour leurs enfants que les parents nés au Canada et ils feraient tout en leur possible pour leur transmettre ces ambitionsNote . Dans la section qui suit, on s’intéresse aux résultats sur le marché du travail des enfants issus de l’immigration, encore une fois selon leur région d’origine.

Il existe des écarts au chapitre de la rémunération d’emploi entre les enfants issus de l’immigration et ceux de la troisième génération et plus

En ce qui concerne les personnes immigrantes récentes, deux facteurs sont souvent associés au fait qu’elles éprouvent, plus que les personnes non immigrantes, des difficultés d’intégration au marché du travail : 1) le fait qu’elles aient obtenu leur diplôme d’études postsecondaires à l’étranger — et donc que ces diplômes ne soient pas toujours aussi bien reconnus au Canada par les employeurs que des diplômes canadiens; et 2) la connaissance et la maîtrise insuffisante d’une des langues officielles, à savoir le français ou l’anglais. Ces deux facteurs ne devraient cependant pas défavoriser les enfants issus de l’immigration visés par la présente étude, car ceux-ci ont tous fréquenté le système scolaire du Canada et la presque totalité de ceux qui ont obtenu un diplôme d’études secondaires ou postsecondaires l’ont reçu d’un établissement canadien.

Les graphiques 2 et 3 présentent les écarts au chapitre de la rémunération d’emploi entre les jeunes adultes de 30 à 34 ans de la troisième génération et plus et leurs homologues nés de parents immigrants, parmi ceux qui étaient titulaires d’un diplôme universitaire et qui travaillaient à temps plein toute l’année. Les résultats sont présentés séparément pour les hommes et les femmes, selon leur région d’origine.

D’après les résultats non ajustés, les jeunes hommes issus de l’immigration gagnaient davantage que ceux de la troisième génération et plus, à l’exception des jeunes hommes immigrants originaires des Amériques et de l’Europe de l’Ouest. L’écart était d’ailleurs plus important parmi les jeunes hommes dont les parents étaient originaires de l’Asie de l’Est, qui gagnaient 5 700 $ de plus que leurs homologues de la troisième génération et plus (graphique 2).

Chart 2 Écarts observés et ajustés au chapitre de la rémunération annuelle d'emploi entre les enfants de parents nés au Canada et les enfants de parents immigrants, hommes de 30 à 34 ans titulaires d'un diplôme universitaire et travaillant à temps plein toute l'année, selon la région d'origine des parents, 2016

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Région d'origine des parents (titres de rangée) et Écart observé et Écart ajusté, calculées selon écart (dollars) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région d'origine des parents Écart observé Écart ajusté
écart (dollars)
Amérique du Nord 1 940 -1 390
Amérique centrale -5 060 -7 270Note *
Antilles et Bermudes -2 650 -6 950Note *
Amérique du Sud -400 -6 970Note *
Europe de l'Ouest -860 -2 220Note *
Europe de l'Est 3 680 -2 400Note *
Europe du Nord 2 090 -400
Europe du Sud 970 790
Afrique subsaharienne 4 490 -3 330Note *
Afrique du Nord 1 140 -360
Asie de l'Ouest et centrale et Moyen-Orient 2 930 -1 110
Asie de l'Est 5 730 -3 450Note *
Asie du Sud-Est 5 340 -6 160Note *
Asie du Sud 3 720 -3 030Note *
Océanie et autres 3 950 -4 850

Ces résultats ne tiennent toutefois pas compte des différences sur le plan du domaine d’études et d’autres caractéristiques. Par exemple, les jeunes issus de l’immigration sont plus susceptibles d’étudier dans un domaine scientifique (science, technologie, génie, mathématiques et informatique, également appelés domaines "STGM") dans le cadre de leurs études universitaires. Ces choix de domaines d’études devraient mener à des emplois mieux rémunérésNote et donc à des revenus d’emploi plus élevés pour les personnes issues de l’immigration.

Lorsque les différences sur le plan des domaines d’études et des autres caractéristiques sociodémographiques étaient prises en compte, la rémunération d’emploi annuelle des jeunes hommes issus de l’immigration était plus faible que celle de leurs homologues non issus de l’immigration, et ce, pour 9 des 15 régions d’origine. Les écarts les plus marqués étaient enregistrés chez les universitaires issus de l’immigration dont la région d’origine était l’Amérique centrale (-7 300 $), l’Amérique du Sud (-7 000 $), les Antilles et Bermudes (-7 000 $), et l’Asie du Sud-Est (-6 200 $). Pour d’autres régions d’origine, telles que l’Europe du Nord, l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord, la rémunération d’emploi des jeunes hommes issus de l’immigration se rapprochait de celle des jeunes hommes canadiens de la troisième génération et plus. Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces écarts selon la région d’origine; au nombre de ces hypothèses figurent par exemple l’insuffisance des réseaux sociaux, le manque de contacts au sein d’entreprises établies et la discrimination en emploi.

Chez les jeunes femmes, en revanche, les données non ajustées montraient un écart généralement faible entre les personnes issues de l’immigration et celles de la troisième génération et plus. Faisait exception l’écart observé entre les jeunes femmes de la troisième génération et plus et les femmes d’Amérique centrale, des Antilles et Bermudes, et d’Amérique du Sud, ces dernières gagnant de 3 700 $ à 8 500 $ de moins que leurs homologues de la troisième génération et plus (graphique 3).

Chart 3 Écarts observés et ajustés au chapitre de la rémunération annuelle d'emploi entre les enfants de parents nés au Canada et les enfants de parents immigrants, femmes de 30 à 34 ans titulaires d'un diplôme universitaire et travaillant à temps plein toute l'année, selon la région d'origine des parents, 2016

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Région d'origine des parents (titres de rangée) et Écart observé et Écart ajusté, calculées selon écart (dollars) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région d'origine des parents Écart observé Écart ajusté
écart (dollars)
Amérique du Nord -860 1 130
Amérique centrale -7 410 -2 880
Antilles et Bermudes -8 510 -2 810Note *
Amérique du Sud -3 700 -1 560
Europe de l'Ouest 730 -1 250
Europe de l'Est 2 910 -150
Europe du Nord 1 340 -870
Europe du Sud 2 350 1 830Note *
Afrique subsaharienne 190 340
Afrique du Nord 3 650 2 390
Asie de l'Ouest et centrale et Moyen-Orient 2 560 680
Asie de l'Est 1 580 2 260Note *
Asie du Sud-Est -950 -190
Asie du Sud 3 840 -1 170
Océanie et autres 250 -1 410

Une fois les autres facteurs pris en compte, les différences sur le plan de la rémunération d’emploi étaient encore moindres chez les jeunes femmes. Pour la plupart des régions d’origine, les jeunes femmes issues de l’immigration avaient une rémunération d’emploi semblable à celle de leurs homologues de parents nés au Canada, à l’exception des jeunes femmes universitaires issues de l’immigration et originaires d’Asie de l’Est (+ 2 300 $) et d’Europe du Sud (+1 800 $) qui gagnaient davantage que leurs homologues de la troisième génération et plus.

Ainsi, les écarts observés sur le marché du travail apportent une nuance à l’histoire généralement positive constatée en ce qui concerne les résultats sur le plan de la scolarité obtenus par les jeunes issus de l’immigration. À niveau de scolarité équivalent et domaine d’études équivalent, les jeunes hommes issus de l’immigration avaient, pour la majeure partie des régions d’origine, une rémunération d’emploi inférieure à celle enregistrée chez les jeunes hommes de parents nés au Canada. De telles tendances n’ont cependant pas été observées chez les jeunes femmes. D’autres recherches seront nécessaires pour mieux comprendre les raisons expliquant les écarts sur le plan des revenus d’emploi entre les enfants de parents immigrants et ceux de la troisième génération et plus, en particulier chez les jeunes hommes.

Martin Turcotte est chercheur principal au Centre de la statistique ethnoculturelle, langue et immigration à Statistique Canada.

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Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

Dans la présente étude, on utilise principalement les données intégrées des recensements de 2006 et de 2016. Les principaux avantages de cette intégration de données sont 1) la disponibilité de renseignements concernant l’environnement familial des jeunes, avant qu’ils ne quittent le foyer parental; 2) une taille d’échantillon relativement importante, laquelle permet de regrouper les jeunes selon plusieurs régions d’origine distinctes (précisément 16 dans le cadre de l’étude, dont le Canada); 3) la possibilité de comparer les résultats des jeunes issus de l’immigration (génération 1.5 et deuxième génération) à ceux des jeunes canadiens de la troisième génération et plus, comparaison qu’il est impossible d’établir à l’aide de certaines bases de données qui comprennent uniquement des renseignements sur les personnes immigrantes.Les jeunes âgés de 18 ans et plus en 2006 ont été exclus de l’étude parce que, à partir de 18 ans, une proportion plus forte de jeunes ne vivent plus avec leurs parents (ce qui rend impossible la prise en compte des variables relatives au contexte familial). Toutes les analyses ont été pondérées à l’aide d’un poids tenant compte de la probabilité de sélection à la fois au Recensement de 2006 et à celui de 2016.

Définitions

Enfants de parents immigrants

Dans la présente étude, les enfants de parents immigrants (ou enfants issus de l’immigration) représentent tous les enfants et jeunes nés de un ou de deux parents immigrants. Ces enfants sont soit nés au Canada (la majorité), soit arrivés au Canada avant l’âge de 15 ans (soit des membres de la génération 1.5, qui ont donc tous été en contact avec le système scolaire canadien et qui ont obtenu, le cas échéant, un diplôme d’études secondaires ou postsecondaires au Canada)Note .

Région d’origine

La région d’origine des enfants issus de l’immigration constitue la principale variable d’intérêt. Dans l’étude, la région d’origine correspond, dans tous les cas, au lieu de naissance des parents et non à leur propre lieu de naissance. Dans le cas où les lieux de naissance des parents diffèrent, on utilise le lieu de naissance de la mère, sauf si la mère est née au Canada; dans ce cas, on utilise le lieu de naissance du père. Les enfants de la troisième génération et plus sont ceux dont les deux parents sont nés au Canada. Outre le Canada, les 15 autres régions d’origine retenues sont (les principaux pays d’origine de chacune des régions sont indiqués entre parenthèses) : Amérique du Nord (États-Unis), Amérique centrale (Mexique, El Salvador, Guatemala), Antilles et Bermudes (Jamaïque, Haïti, Trinité-et-Tobago), Amérique du Sud (Guyana, Brésil, Chili), Europe de l’Ouest (Allemagne, France, Pays-Bas), Europe de l’Est (Pologne, Fédération de Russie, Roumanie), Europe du Nord (Royaume-Uni), Europe du Sud (Portugal, Italie), Afrique subsaharienne (République d’Afrique du Sud, Ghana, Tanzanie, Nigéria, Kenya), Afrique du Nord (Égypte, Maroc, Algérie), Asie de l’Ouest et centrale et Moyen-Orient (Liban, Iran, Afghanistan, Syrie), Asie de l’Est (Chine, Hong Kong, Corée du Sud), Asie du Sud-Est (Philippines, Viet Nam, Cambodge), Asie du Sud (Inde, Sri Lanka) et Océanie et autres (Fidji, Australie, Nouvelle-Zélande).

Rémunération d’emploi

La rémunération d’emploi correspond aux salaires, traitements et commissions découlant d’un travail rémunéré. Les revenus d’emploi des travailleurs autonomes sont exclus de l’étude. Pour ce qui est des données du Recensement de 2016, la période de référence est l’année 2015.

Analyses multivariées

Dans la première section, on a eu recours à des modèles de régression logistique pour estimer les probabilités prédites ajustées d’avoir atteint un niveau de scolarité donné (postsecondaires, universitaires et universitaires dans un domaine des STGM [science, technologie, génie, mathématiques et informatique]). Dans les tableaux, les variables de contrôle sont maintenues à leur valeur moyenne pour l’échantillon en question (c’est-à-dire la moyenne des valeurs pour les répondants qui font partie du modèle en question). Les analyses multivariées de la rémunération d’emploi ont été réalisées à l’aide de régressions par quantiles.

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Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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