Regards sur la société canadienne
Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau au sein de la population autochtone vivant hors réserve

par Vivian O’Donnell et Paula Arriagada

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Parmi les personnes qui abandonnent leurs études secondaires avant de les avoir terminées, nombreuses sont celles qui retournent aux études scolaires à l’âge adulte. Les programmes d’équivalence d’études secondaires et de mise à niveau (comme la Batterie générale de tests d’aptitudes ou la Formation de base des adultes) leur donnent l’occasion de retourner aux études pour respecter les exigences associées à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires. Au moyen des données de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2017, on examine, dans le cadre de la présente étude, les facteurs associés au fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau au sein de la population autochtone vivant hors réserve. On évalue également si le fait de terminer de tels programmes est associé à de meilleurs résultats en matière de scolarité et sur le marché du travail.

  • En 2017, 10 % des adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Environ 63 % ont obtenu un diplôme d’études secondaires régulier, et 27 % n’avaient pas obtenu un tel diplôme.
  • Parmi les adultes autochtones vivant hors réserve, ceux de 45 ans et plus, ceux qui avaient des antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat, ceux qui avaient une incapacité et ceux qui sont devenus parents avant l’âge de 20 ans étaient les plus susceptibles d’avoir achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau.
  • Plus de la moitié (53 %) des adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau ont obtenu un diplôme d’études postsecondaires par la suite. Cette proportion était inférieure à celle affichée par les personnes ayant obtenu un diplôme d’études secondaires régulier (65 %), mais supérieure à celle affichée par les personnes qui n’avaient pas de diplôme d’études secondaires (22 %).
  • Parmi les adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve qui ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, la probabilité d’occuper un emploi était de 68 % chez ceux qui avaient aussi obtenu un diplôme d’études postsecondaires et de 58 % chez ceux qui n’avaient pas achevé leurs études postsecondaires. La probabilité que les adultes autochtones occupent un emploi était inférieure chez ceux n’ayant pas terminé leurs études secondaires (46 %).
  • Parmi les adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve qui n’avaient pas terminé leurs études postsecondaires, on observait peu de différences quant à la probabilité d’occuper un emploi entre ceux qui avaient obtenu un diplôme d’études secondaires régulier et ceux qui avaient achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau.

Fin de l'encadré

Introduction

Le Canada enregistre l’un des plus hauts niveaux de scolarité atteints au monde. En 2016, plus de la moitié (54 %) des Canadiens de 25 à 64 ans avaient un titre collégial ou universitaire, faisant du Canada le pays ayant la proportion la plus élevée de diplômés collégiaux et universitaires parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)Note  . Cependant, malgré ces chiffres, de nombreux élèves abandonnent chaque année leurs études secondaires sans avoir obtenu de diplôme.

Les personnes sans diplôme d’études secondaires sont souvent aux prises avec des résultats plus défavorables sur le marché du travail. Plus précisément, elles éprouvent plus de difficulté à obtenir un emploi bien rémunéré et sont plus vulnérables lors d'un ralentissement économiqueNote  . En outre, le fait d’avoir un diplôme d’études secondaires aide à obtenir une rémunération supérieure et des années d’emploi supplémentairesNote  .

L’incidence sur les résultats économiques de l’achèvement des études secondaires peut être particulièrement importante pour la population autochtone. Par exemple, en 2012, une étude a révélé que, chez les Premières Nations vivant hors réserve, les personnes qui avaient terminé leurs études secondaires étaient plus susceptibles d’occuper un emploi que celles qui ne les avaient pas terminées. Il en est de même chez les Métis et les InuitsNote  . Cependant, tandis que le niveau de scolarité des Autochtones continue de s’améliorer en général, des pourcentages relativement élevés de Métis, d’Inuits et de Premières Nations n’ont pas de diplôme d’études secondairesNote  . De plus, selon une autre étude, les taux d’emploi des jeunes adultes canadiens sans diplôme d’études secondaires sont à leur niveau le plus faible en plus de 20 ansNote  , et une proportion de plus en plus élevée de jeunes adultes n’ayant pas de diplôme d’études secondaires n’occupaient pas d’emploi, n’étaient pas aux études et ne suivaient pas de formation.

Un point n’a toutefois pas encore été abordé dans les études antérieures, à savoir le fait que, parmi les personnes qui abandonnent leurs études secondaires avant d’obtenir un diplôme, nombreuses sont celles qui retournent aux études scolaires à l’âge adulte. Ce « système de la deuxième chance » leur donne l’occasion de retourner aux études pour respecter les exigences associées à un diplôme d’études secondaires, ce qui pourrait éventuellement améliorer leur accès aux études postsecondaires et leurs possibilités sur le marché du travail. De nombreux cheminements sont offerts aux personnes qui souhaitent retourner aux études scolaires ou mettre à niveau leurs titres de compétence. Les apprenants adultes, qui sont nombreux à avoir des obligations familiales et à occuper un emploi, font face, pendant leur cheminement, à des considérations et défis différents de ceux des apprenants plus jeunes.

En fonction de la province ou du territoire, le « système de la deuxième chance » comprend un certain nombre de programmes différents qui peuvent être considérés comme des programmes d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Les adultes apprenants peuvent obtenir un diplôme modifié qui est reconnu comme étant l’équivalent d’un diplôme d’études secondaires habituel. Ils peuvent aussi passer la Batterie générale de tests d’aptitudes, un programme d’examen international géré par l’American Council on Education. De nombreux établissements d’enseignement postsecondaire proposent des programmes de mise à niveau scolaire à l’intention des personnes qui n’ont pas de diplôme d’études secondaires, mais qui souhaitent entreprendre des études postsecondaires. Parmi les exemples figurent les cours de formation de base des adultes et le certificat Accès carrières étudesNote  .

Peu d’études ont été menées sur les résultats d’une participation à des programmes d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau au Canada. Selon des études réalisées aux États-Unis, les personnes ayant réussi la Batterie générale de tests d’aptitudes déclarent une rémunération un peu plus élevée que les personnes n’ayant pas terminé leurs études secondaires, mais leur rémunération est nettement inférieure à celle des personnes ayant un diplôme d’études secondairesNote  . Des résultats semblables ont été obtenus en ce qui concerne les taux de fréquentation des établissements d’enseignement postsecondaire : on observe un taux de fréquentation supérieur chez les personnes ayant réussi la Batterie générale de tests d’aptitudes, comparativement au taux de fréquentation enregistré chez les personnes n’ayant pas de diplôme d’études secondaires, mais un taux inférieur à celui observé chez les personnes ayant un diplôme d’études secondaires traditionnelNote  .

Un examen des études réalisées sur l’apprentissage des adultes n’a pas permis de trouver de recherches canadiennes sur les résultats sur le marché du travail des personnes ayant réussi la Batterie générale de tests d’aptitudesNote  . Cependant, dans le cadre de certaines études, on a examiné, de manière plus générale, les résultats sur le marché du travail de personnes ayant différents niveaux de scolaritéNote  . Par exemple, une étude des résultats sur le marché du travail des diplômés et des décrocheurs a permis de conclure que les hommes qui achèvent leurs études secondaires après l’âge de 19 ans ont un rendement semblable à celui des décrocheurs à plusieurs égards. En outre, les auteurs de ces études ont remis en question les ressources affectées aux programmes « de la deuxième chance » et aux programmes d’éducation des adultes à l’échelle du Canada, et ont suggéré que ces ressources pourraient être réaffectées en vue d’appuyer les jeunes avant qu’ils n’abandonnent leurs étudesNote  . Par contre, d’autres chercheurs ont souligné que de nombreuses personnes qui n’ont pas achevé leurs études secondaires ou postsecondaires lorsqu’elles étaient jeunes ont bénéficié d’un retour aux études scolaires à l’âge adulteNote  .

Étant donné que peu d’études ont été réalisées sur ce sujet précis au CanadaNote  , il est important d’examiner ces questions plus en profondeur. Cela est particulièrement important pour la population autochtone, puisqu’une forte proportion d’Autochtones achèvent un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Il s’avère donc nécessaire de se concentrer sur les caractéristiques des personnes qui ont choisi de tels cheminements et de déterminer si ces programmes accroissent le niveau de scolarité ou améliorent les résultats sur le marché du travail ou non.

Les données utilisées dans la présente étude proviennent de l’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2017, une enquête nationale menée auprès des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuits de 15 ans et plus (voir la section Sources de données, méthodes et définitions). Le résultat d’intérêt est l’achèvement d’un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, de même que le lien entre l’achèvement de ce programme et les études postsecondaires et la participation à la vie active. Les données peuvent aussi servir à effectuer des comparaisons entre les adultes autochtones qui n’ont pas de diplôme d’études secondaires, ceux qui ont terminé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, et ceux qui ont un diplôme d’études secondaires régulier.

Dans la première partie de la présente étude, on dresse un portrait sommaire de l’état d’achèvement des études secondaires de la population autochtone de 20 ans et plus qui vit hors réserve. Ce portrait est suivi d’un examen des caractéristiques associées au fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau au sein de cette population. Les résultats sont présentés pour l’ensemble de la population autochtone vivant hors réserve, ainsi que pour chacun des groupes pris séparément, lorsque cela est possibleNote  . La deuxième partie de l’étude vient s’ajouter au nombre restreint d’études actuelles; on y examine, à l’aide de modèles bivariés et multivariés, le lien entre le fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et certains résultats chez les adultes autochtones de 25 ans et plus. Cette restriction d’âge s’applique puisqu’il faut mettre l’accent sur certains facteurs, comme les études postsecondaires et la participation à la vie active. On se pose plus précisément les questions suivantes : (1) Le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau permet-il de terminer des études postsecondaires? Le cas échéant, à quel niveau? (2) Les adultes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau obtiennent-ils de meilleurs résultats sur le marché du travail que ceux n’ayant pas achevé leurs études secondaires? De quelle façon se comparent-ils aux adultes autochtones qui ont un diplôme d’études secondaires régulier?

Un adulte autochtone sur dix a achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau

En 2017, 10 % des adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, tandis que 63 % ont obtenu un diplôme d’études secondaires régulier et 27 % n’ont pas achevé leurs études secondaires (graphique 1). Il est important de souligner que l’état d’achèvement des études secondaires ne renvoie pas nécessairement au plus haut niveau de scolarité atteint. Qu’elles aient obtenu un diplôme d’études secondaires ou non, les personnes peuvent avoir poursuivi leurs études et peuvent avoir obtenu un certificat ou un diplôme de niveau supérieur au diplôme d’études secondaires.

Graphique 1 État d’achèvement des études secondaires chez les adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve, selon le sexe, 2017

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Diplôme d’études secondaires, Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et Pas de diplôme d’études secondaires, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Diplôme d’études secondaires Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau Pas de diplôme d’études secondaires
pourcentage
Les deux sexes 62,7 10,4 26,9
Hommes 60,7 9,4 29,9
Femmes 64,3 11,2 24,5

On observe des différences en ce qui concerne l’état d’achèvement des études secondaires selon le sexe. Plus précisément, parmi les adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir un diplôme d’études secondaires régulier (64 % par rapport à 61 %). De plus, les femmes autochtones étaient moins susceptibles de ne pas avoir terminé leurs études secondaires que les hommes autochtones (25 % par rapport à 30 %). Enfin, on observe aussi des différences selon le sexe en ce qui concerne le retour aux études. En effet, parmi les Autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve, les résultats montrent qu’une proportion supérieure de femmes (11 %) ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, comparativement aux hommes (9 %).

Les pourcentages plus élevés de jeunes ayant un diplôme d’études secondaires, par rapport aux groupes plus âgés, montrent que le profil scolaire de la population autochtone vivant hors réserve s’améliore. Alors que 77 % des Autochtones de 20 à 24 ans vivant hors réserve avaient un diplôme d’études secondaires, c’était le cas de 46 % de ceux de 55 ans et plus, soit une proportion significativement moins élevée (tableau 1). En revanche, on observe des pourcentages supérieurs d’adultes autochtones vivant hors réserve n’ayant pas achevé leurs études secondaires chez les groupes plus âgés. Plus particulièrement, 39 % des adultes de 55 ans et plus n’avaient pas achevé leurs études secondaires, comparativement à 19 % des jeunes de 20 à 24 ans.


Tableau 1
État d’achèvement des études secondaires chez les adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve, selon le groupe d’âge, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de État d’achèvement des études secondaires chez les adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve Diplôme d’études secondaires, Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et Pas de diplôme d’études secondaires, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Diplôme d’études secondaires Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau Pas de diplôme d’études secondaires
pourcentage
Groupe d’âge
20 à 24 ans 77,4Note * 3,3Note * 19,4
25 à 34 ans (réf.) 70,6 6,6 22,8
35 à 44 ans 72,1 8,8 19,0
45 à 54 ans 60,2Note * 13,3Note * 26,5
55 ans et plus 46,2Note * 14,9Note * 38,9Note *

Caractéristiques associées au fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau

Dans la présente section de l’étude, on met l’accent sur le fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, ainsi que sur les facteurs connexes, parmi la population autochtone vivant hors réserve, de même que pour chacun des groupes pris séparément (Premières Nations vivant hors réserve, Métis et Inuits). La section comprend des caractéristiques démographiques sélectionnées, de même que les antécédents de fréquentation d’un pensionnat, la situation relativement à l’incapacité et la parentalité.

Caractéristiques démographiques

Le tableau 2 présente le pourcentage d’adultes de 20 ans et plus qui ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau selon le groupe d’identité autochtone. Les résultats indiquent très peu de différences entre les trois groupes : environ 1 Inuit, Métis ou personne faisant partie des Premières Nations vivant hors réserve sur 10 avait achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Cependant, on observe des différences en ce qui concerne l’état d’achèvement des études secondaires selon le groupe d’identité autochtone. En effet, chez les Premières Nations vivant hors réserve, 60 % des personnes avaient obtenu un diplôme d’études secondaires régulier, comparativement à 68 % des Métis et à 38 % des Inuits (voir le tableau A1 de la section Informations supplémentaires pour obtenir plus de renseignements sur l’état d’achèvement des études secondaires selon certaines caractéristiques).


Tableau 2
Pourcentage d’adultes autochtones de 20 ans et plus ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, selon l'identité autochtone et d'autres caractéristiques, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage d’adultes autochtones de 20 ans et plus ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau Total de la population d’identité autochtone vivant hors réserve, Premières Nations vivant hors réserve, Métis et Inuits, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total de la population d’identité autochtone vivant hors réserve Premières Nations vivant hors réserve Métis Inuits
pourcentage
Total 10,4 10,7 10,1 9,7
Sexe
Hommes (réf.) 9,4 9,5 9,6 8,2
Femmes 11,2Note * 11,7 10,6 11,0
Groupe d’âge
20 à 24 ans 3,3Note * 3,8Note * 2,7Note * 3,4Note *Note E: à utiliser avec prudence
25 à 34 ans (réf.) 6,6 7,5 5,6 7,0Note E: à utiliser avec prudence
35 à 44 ans 8,8 10,3 7,6 9,9Note E: à utiliser avec prudence
45 à 54 ans 13,3Note * 14,1Note * 12,2Note * 13,3Note *
55 ans et plus 14,9Note * 14,2Note * 15,6Note * 15,2Note *
Région
Provinces de l’Atlantique 13,8Note * 15,4Note * 12,2 12,7
Québec 9,1 10,5 8,9 5,8Note E: à utiliser avec prudence
Ontario (réf.) 7,8 7,6 8,0 8,7Note E: à utiliser avec prudence
Provinces des Prairies 12,2Note * 13,4Note * 11,3Note * 14,8Note E: à utiliser avec prudence
Colombie-Britannique 9,5 9,2 9,8 Note F: trop peu fiable pour être publié
Territoires 10,7Note * 11,7Note * 12,7Note * 10,0
Antécédents familiaux de fréquentation d'un pensionnat
Non (réf.) 7,7 7,8 8,0 6,9Note E: à utiliser avec prudence
Oui 12,5Note * 12,5Note * 12,8Note * 10,8
Non déclaré 11,0Note * 10,5 11,7Note * 9,0Note E: à utiliser avec prudence
Situation relativement à l'incapacité
Non (réf.) 9,0 9,4 8,7 8,7
Oui 13,3Note * 13,3Note * 13,4Note * 13,6Note *
Situation parentale
Parent à l'adolescence 19,2Note * 19,6Note * 20,7Note * 11,7
Autre parent ou sans enfant (réf.) 8,5 8,5 8,6 8,8

Parmi les Autochtones vivant hors réserve, les adultes plus âgés étaient davantage susceptibles d’avoir achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau que les adultes plus jeunes. Tandis que 3 % des adultes autochtones de 20 à 24 ans ont déclaré avoir achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, la proportion correspondante atteignait 13 % chez ceux de 45 à 54 ans, et 15 % chez ceux de 55 ans et plus. On observe également un lien entre l’âge et le fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau chez les adultes métis, inuits et des Premières Nations vivant hors réserve. La proportion de jeunes adultes ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est faible, ce qui reflète le fait que les cohortes récentes d’Autochtones sont plus susceptibles d’obtenir un diplôme d’études secondaires régulier que les cohortes antérieures. Cependant, cette donnée peut également refléter le fait que de nombreux jeunes adultes autochtones qui ont abandonné leurs études secondaires ne sont pas encore retournés aux études en raison du travail ou des obligations familiales.

Il existe différents programmes d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau à l’échelle des provinces et des territoires. Il est donc important d’examiner les variations régionales. Plus particulièrement, des pourcentages supérieurs d’adultes autochtones vivant hors réserve avaient achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau dans les provinces de l’Atlantique (14 %), suivies des Prairies (12 %), des territoires (11 %) et de la Colombie-Britannique (10 %). Parmi les provinces des Prairies, la proportion la plus élevée d’adultes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau se trouvait en Saskatchewan (16 %), suivie du Manitoba (12 %) et de l’Alberta (10 %).

Antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat

Parmi les facteurs familiaux importants qui peuvent avoir une incidence sur le cheminement scolaire des peuples autochtones figurent les antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat. Les pensionnats, qui étaient souvent dirigés par des églises, en partenariat avec le gouvernement fédéral, ont existé au Canada de 1830 jusqu’aux années 1990. Le système de pensionnats a eu des répercussions non seulement sur les personnes forcées de les fréquenter, mais aussi sur de nombreuses générations, y compris leurs enfants. Des études ont révélé un lien entre les antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat et la réussite scolaire des enfants autochtones, y compris la probabilité qu’ils terminent leurs études secondairesNote  .

Selon les résultats, les adultes autochtones ayant des antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat étaient significativement plus susceptibles d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau que ceux n’en ayant aucun (13 % par rapport à 8 %). Cette situation s’applique également aux adultes métis et des Premières Nations vivant hors réserve. En outre, des antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat ont aussi une incidence sur le fait que les élèves obtiennent ou non un diplôme d’études secondaires à travers le système régulier. Plus précisément, la proportion d’élèves autochtones ayant obtenu un diplôme d’études secondaires est plus élevée chez ceux qui n’ont pas d’antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat (71 %) que chez ceux qui en ont (57 %).

Situation relativement à l’incapacité

Le fait qu’une personne ait une incapacité est un autre facteur qui peut avoir une incidence sur l’achèvement des études secondairesNote  . Selon les études existantes, les jeunes adultes ayant une incapacité sont moins susceptibles de terminer leurs études secondaires et d’occuper un emploi que ceux qui n’ont pas d’incapacitéNote  . En outre, la prévalence de l’incapacité est plus élevée chez les Autochtones que chez les non-AutochtonesNote  .

Les données montrent un lien significatif entre l’incapacité et la participation au « système de la deuxième chance ». Plus précisément, la proportion de personnes ayant terminé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau était plus élevée chez les adultes autochtones ayant déclaré avoir une incapacité (13 %) que chez ceux qui ont déclaré n’en avoir aucune (9 %). Ce résultat est semblable parmi les trois groupes d’identité autochtone. En outre, les Autochtones ayant une incapacité étaient significativement moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’études secondaires régulier que les Autochtones ne présentant aucune incapacité (53 % par rapport à 67 %), et étaient plus susceptibles d’abandonner leurs études secondaires sans obtenir de diplôme (34 % par rapport à 24 %).

Situation relativement à la parentalité

La parentalité à l’adolescence est un autre facteur important associé à l’achèvement des études secondaires. Selon des études réalisées sur la population générale, le fait de devenir parent avant l’âge de 20 ans est associé à une probabilité inférieure d’achever des études secondaires ou postsecondairesNote  . En outre, d’autres études ont montré que les femmes autochtones qui ont eu des enfants à l’adolescence étaient moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’études secondairesNote  . Ces résultats sont conformes à ceux d’autres études qui ont révélé que les raisons expliquant l’abandon des études à un jeune âge diffèrent selon le sexeNote  . Plus précisément, lorsqu’on leur a demandé la raison pour laquelle ils avaient abandonné leurs études secondaires avant d’obtenir un diplôme, les femmes autochtones vivant hors réserve ont mentionné une grossesse ou la nécessité de prendre soin de leurs enfants (17 %) comme motifs les plus fréquents, tandis que les hommes autochtones ont déclaré le plus souvent qu’ils souhaitaient travailler (35 %).

Selon les résultats, la parentalité à l’adolescenceNote  n’est pas uniquement associée au fait d’abandonner les études sans avoir obtenu de diplôme d’études secondaires, elle est aussi associée au fait d’y retourner. Plus précisément, la proportion d’adultes autochtones de 20 ans et plus vivant hors réserve qui ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau était significativement plus élevée chez les personnes ayant eu des enfants à l’adolescence, près de 1 d’entre elles sur 5 (19 %) ayant choisi ce cheminement, comparativement à 9 % de leurs homologues qui n’ont pas eu d’enfants ou qui en ont eu à un âge plus avancé. Ce résultat peut refléter le fait que la majorité des parents ayant eu des enfants à l’adolescence sont des femmes qui sont susceptibles de retourner aux études pour améliorer leurs possibilités d’occuper un emploi. Elles sont nombreuses à le faire alors qu’elles prennent soin de leurs enfants seules.

Lorsqu’on examine les trois groupes d’identité autochtone séparément, les résultats montrent que la proportion de personnes qui ont achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est significativement plus élevée chez les adultes des Premières Nations vivant hors réserve qui sont devenus parents à l’adolescence (20 %) comparativement à celle observée chez leurs homologues qui n’ont pas eu d’enfants ou qui en ont eu plus tard (9 %). Cette situation s’applique également aux Métis, 21 % des personnes qui ont eu des enfants tôt ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, comparativement à 9 % des personnes qui n’avaient pas eu d’enfants ou qui en ont eu plus tard. Les résultats observés chez les Inuits ne montrent pas de différence significative parmi les divers groupes de situation parentale.

La proportion de personnes ayant achevé des études postsecondaires est plus élevée chez les adultes autochtones ayant terminé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau que chez leurs homologues sans diplôme d’études secondaires

En ce qui concerne les adultes autochtones vivant hors réserve, les résultats montrent que le fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau fait en sorte qu’ils sont plus susceptibles d’obtenir un diplôme d'études postsecondaires. En 2017, un peu plus de la moitié (53 %) des adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve qui avaient achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau ont ensuite obtenu un diplôme d'études postsecondaires (graphique 2). Cette proportion était significativement plus élevée que celle de 22 % affichée par les personnes n’ayant pas de diplôme d’études secondairesNote  , mais était inférieure à celle de 65 % observée chez les personnes ayant obtenu un diplôme d’études secondaires.

Graphique 2 État d'achèvement des études postsecondaires selon l'état d’achèvement des études secondaires, adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, 2017

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 High school completion, Pas de diplôme d’études secondaires, Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et Diplôme d’études secondaires, calculées selon percent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
High school completion
Pas de diplôme d’études secondaires Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau Diplôme d’études secondaires
percent
État d’achèvement des études postsecondaires
Aucun titre scolaire de niveau postsecondaire 64,9 27,2 18,7
Études postsecondaires partielles (non terminées) 13,3 19,6 16,0
Études postsecondaires inférieures au baccalauréat 20,6 48,9 45,3
Études postsecondaires, baccalauréat et études de niveau supérieur 1,2Note E: à utiliser avec prudence 4,3 20,0

En ce qui concerne les types d’études postsecondaires, on observe des différences selon le fait que la personne a obtenu un diplôme d’études secondaires régulier ou a terminé un programme d’équivalence ou de mise à niveau. Par exemple, chez les adultes autochtones ayant un diplôme d’études secondaires, 20 % ont reçu un titre universitaire comme un baccalauréat ou un niveau supérieur, comparativement à 4 % de leurs homologues ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Cependant, les proportions d’adultes autochtones ayant obtenu un titre universitaire inférieur au baccalauréat étaient semblables, à savoir 49 % chez les personnes ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, et 45 % chez les personnes ayant un diplôme d’études secondaires régulier. Ces résultats montrent que le fait de retourner aux études scolaires peut être bénéfique, car il permet de commencer et obtenir un diplôme d’études postsecondaires.

Il est aussi possible d’utiliser les régressions logistiques pour évaluer le lien entre l’achèvement des études secondaires et le fait de compléter des études postsecondaires, afin de tenir compte d’autres caractéristiques associées au fait d’achever des études postsecondaires. On présente les résultats du modèle sous forme de probabilités prédites. Une probabilité de « 1 » indique que la personne obtiendra hors de tout doute un diplôme d’études postsecondaires, tandis qu’une probabilité de « 0 » indique qu’elle n’en obtiendra pas.

La régression pour les diplômes d'études postsecondaires tient compte de l’état d’achèvement des études secondaires, du sexe, de l’âge et de la région, de même que d’autres facteurs explicatifs importants, comme la situation relativement à l’incapacité, les antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat et la parentalité (voir le tableau A2 de la section Informations supplémentaires pour obtenir les résultats complets de la régression). Les résultats obtenus chez les hommes et chez les femmes sont présentés séparément.

Les analyses multivariées confirment les résultats descriptifs. Autrement dit, le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est significativement associé à l’obtention d'un diplôme d'études postsecondaires chez les adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, et ce, même après la prise en compte d’autres variables (tableau 3). Plus particulièrement, la probabilité d’obtenir un diplôme d'études postsecondaires était de 53 % chez les adultes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, soit une probabilité significativement plus élevée que celle de 22 % affichée par leurs homologues n’ayant pas achevé leurs études secondaires. Toutefois, la probabilité associée à l’obtention d’un diplôme d'études postsecondaires était plus élevée chez les adultes autochtones ayant obtenu un diplôme d’études secondaires, celle-ci s’établissant à 65 %.


Tableau 3
Probabilités prédites d’obtenir un diplôme d'études postsecondaires, adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, selon l'état d'achèvement des études secondaires, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilités prédites d’obtenir un diplôme d'études postsecondaires Total, Hommes et Femmes, calculées selon probabilités prédites unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
probabilités prédites
État d'achèvement des études secondaires
Diplôme d’études secondaires 0,65Note * 0,63Note * 0,67Note *
Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau 0,53Note * 0,49Note * 0,57Note *
Pas de diplôme d’études secondaires (réf.) 0,22 0,20 0,24

En outre, le rendement associé au fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est meilleur chez les femmes autochtones que chez leurs homologues de sexe masculin. En effet, la probabilité associée à l’obtention d’un diplôme d’études postsecondaires était de 57 % chez les femmes autochtones, alors qu’elle était de 49 % chez les hommes autochtones.

Ces résultats montrent que, même si le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau n’offre pas le même rendement qu’un diplôme d’études secondaires, il demeure un facteur explicatif important du niveau de scolarité atteint dans le cadre de l’enseignement postsecondaire.

Le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est associé à de meilleurs résultats en matière d’emploi que le fait de ne pas avoir terminé ses études secondaires

Les résultats montrent également que le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau est corrélé de manière positive avec le fait d’occuper un emploi (graphique 3). Parmi les femmes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve qui avaient achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, plus de la moitié (55 %) occupaient un emploi en 2017. Cette proportion est significativement supérieure à celle de 34 % affichée par leurs homologues n’ayant pas de diplôme d’études secondaires. À titre comparatif, 69 % des femmes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve ayant un diplôme d’études secondaires régulier occupaient un emploi.

Graphique 3 Taux d'emploi selon l'état d’achèvement des études secondaires et selon le sexe, adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, 2017

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 État d'achèvement des études secondaires, Pas de diplôme d’études secondaires, Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et Diplôme d’études secondaires, calculées selon percent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
État d'achèvement des études secondaires
Pas de diplôme d’études secondaires Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau Diplôme d’études secondaires
percent
Femmes 34,0 54,7Note * 69,3Note *
Hommes 49,0 58,2Note * 74,6Note *

En ce qui concerne l’occupation d’un emploi chez les hommes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, la proportion était de 49 % chez ceux n’ayant pas obtenu de diplôme d’études secondaires et de 58 % chez ceux ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Les hommes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve ayant un diplôme d’études secondaires régulier ont enregistré la proportion la plus élevée, soit 75 %. Ces résultats montrent tout de même que les Autochtones bénéficient d’avantages en matière d’emploi s’ils achèvent un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, même si ces avantages ne sont pas aussi importants que s’ils avaient obtenu un diplôme d’études secondaires régulier.

On a également eu recours à des régressions logistiques pour examiner le lien entre l’achèvement des études secondaires et l’occupation d’un emploi. Pour ce faire, une nouvelle variable a été créée afin de tenir compte des études postsecondaires en plus de l’achèvement des études secondaires; cela a permis d’établir une distinction entre les adultes autochtones ayant obtenu un diplôme d’études secondaires et ceux ayant terminé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau en fonction du fait qu’ils ont également obtenu un diplôme d’études postsecondaires ou non. Le modèle tient aussi compte du sexe, de l’âge, de la région, des antécédents familiaux de fréquentation d’un pensionnat, de la situation relativement à l’incapacité et de la situation parentale. Des résultats distincts sont présentés pour les hommes et les femmes.

Encore une fois, les résultats révèlent qu’il existe d’importants avantages associés au fait de retourner aux études dans le but de suivre et de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau chez les adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve. Cependant, ces avantages diffèrent en fonction du fait que la personne a également achevé ou non des études postsecondaires.

Plus particulièrement, les résultats illustrent que la probabilité que les hommes et les femmes occupent un emploi après avoir achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et terminé des études postsecondaires était de 68 %, lorsque d’autres variables étaient prises en compte (tableau 4). Cette probabilité est significativement plus élevée que celle de 46 % affichée par leurs homologues n’ayant pas achevé leurs études secondaires. Parmi les adultes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, mais n’ayant pas obtenu de diplôme d’études postsecondaires, la probabilité d’occuper un emploi était de 58 %.


Tableau 4
Probabilités prédites d’occuper un emploi, adultes autochtones de 25 ans et plus vivant hors réserve, selon l'état d'achèvement des études secondaires et des études postsecondaires, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilités prédites d’occuper un emploi Total, Hommes et Femmes, calculées selon probabilités prédites unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
probabilités prédites
État d’achèvement des études secondaires et des études postsecondaires
Diplôme d’études secondaires et diplôme d'études postsecondaires 0,76Note * 0,79Note * 0,73Note *
Diplôme d’études secondaires sans diplôme d'études postsecondaires 0,60Note * 0,66Note * 0,56Note *
Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et diplôme d'études postsecondaires 0,68Note * 0,68Note * 0,67Note *
Programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau sans diplôme d'études postsecondaires 0,58Note * 0,65Note * 0,51Note *
Pas de diplôme d’études secondaires (réf.) 0,46 0,54 0,38

En outre, la probabilité d’occuper un emploi était la plus élevée chez les adultes autochtones ayant obtenu un diplôme d’études secondaires et un diplôme d’études postsecondaires (76 %). Cependant, la probabilité d’occuper un emploi était moindre chez les adultes autochtones qui avaient un diplôme d’études secondaires régulier mais qui n’avaient pas obtenu de diplôme d’études postsecondaires (60 %). Il s’agit d’un rendement semblable à la probabilité d’occuper un emploi affichée par les adultes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et qui n’ont pas terminé d’études postsecondaires (58 %). Cela peut laisser entendre que ce n’est pas la façon dont le diplôme d’études secondaires a été obtenu qui importe en ce qui concerne l’emploi futur, mais plutôt le fait d’avoir également achevé des études postsecondaires.

Lorsqu’on examine les résultats obtenus au chapitre de l’emploi séparément pour les hommes et les femmes, une tendance semblable se dégage. On a observé que le fait de terminer un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau augmentait la probabilité que les femmes autochtones vivant hors réserve occupent un emploi. Cette probabilité était supérieure chez celles qui étaient également titulaires d’un diplôme d’études postsecondaires. La probabilité d’occuper un emploi était de 67 % chez les femmes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et obtenu un diplôme d’études postsecondaires, soit une probabilité significativement plus élevée que celle de 38 % affichée par leurs homologues n’ayant pas achevé leurs études secondaires. Cependant, parmi les femmes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, mais qui n’ont pas complété des études postsecondaires, la probabilité d’occuper un emploi était de 51 %.

Chez les hommes autochtones, le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau était aussi associé à une probabilité plus élevée d’occuper un emploi, comparativement à ceux qui n’avaient pas terminé leurs études secondaires. Plus précisément, la probabilité d’occuper un emploi était de 68 % chez les hommes autochtones ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau et ayant obtenu un diplôme d’études postsecondaires, alors qu’elle était de 54 % chez ceux ayant abandonné leurs études secondaires sans obtenir de diplôme. En outre, parmi les hommes autochtones n’ayant pas obtenu de diplôme d’études postsecondaires, on n’observait pas de différence significative quant à la probabilité d’occuper un emploi en fonction de l’obtention d’un diplôme d’études secondaires (66 %) ou de l’obtention d’une équivalence d’études secondaires ou d’une mise à niveau (65 %).

Conclusion

Tandis que le profil scolaire de la population autochtone continue de s’améliorer, un pourcentage relativement élevé de Premières Nations, de Métis et d’Inuits continuent d’abandonner leurs études secondaires avant qu’elles ne soient terminées. Cependant, nombre d’entre eux retournent aux études scolaires à l’âge adulte. Le « système de la deuxième chance » donne aux adultes l’occasion de retourner aux études pour respecter les exigences associées à un diplôme d’études secondaires. Peu de recherches ont été réalisées sur les caractéristiques des personnes qui ont choisi un certain cheminement, comme un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, et sur le fait que ces programmes accroissent le niveau de scolarité ou améliorent les résultats sur le marché du travail ou non.

Chez les adultes autochtones vivant hors réserve en 2017 âgés de 20 ans ou plus, 1 personne sur 10 a achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau. Ce résultat est semblable chez les trois groupes d’identité autochtone. Les résultats montrent également les différences selon le sexe, les femmes autochtones étant plus susceptibles que les hommes autochtones de reprendre leurs études scolaires à l’âge adulte. En outre, les données révèlent que les adultes autochtones ayant une incapacité et ceux qui sont devenus parents avant l’âge de 20 ans étaient plus susceptibles de tirer parti du « système de la deuxième chance ».

En ce qui concerne les Autochtones vivant hors réserve, les conclusions de la présente étude montrent que le fait de retourner aux études scolaires peut être bénéfique; cela permet de commencer et d’obtenir un diplôme d’études postsecondaires. Plus précisément, un peu plus de la moitié (53 %) des adultes autochtones de 25 ans et plus qui avaient achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau ont ensuite obtenu un diplôme d’études postsecondaires, comparativement à 22 % de leurs homologues n’ayant pas de diplôme d’études secondaires, et à 65 % de ceux ayant obtenu un diplôme d’études secondaires régulier.

En outre, les avantages potentiels de l’éducation formelle des adultes sont évidents lorsqu’on examine les résultats sur le marché du travail. Les résultats des analyses multivariées révèlent que la probabilité d’occuper un emploi était plus élevée chez les adultes autochtones de 25 ans et plus ayant achevé un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau, surtout s’ils avaient aussi obtenu un diplôme d’études postsecondaires, comparativement à leurs homologues qui n’avaient pas de diplôme d’études secondaires.

Ces résultats de l’EAPA de 2017 laissent penser que, même si le fait d’achever un programme d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau n’offre pas les mêmes avantages qu’un diplôme d’études secondaires, le fait de retourner aux études donne l’occasion aux adultes autochtones d’accroître leur niveau de scolarité, et ainsi d’améliorer leurs résultats sur le marché du travail. Par conséquent, on peut considérer que les programmes d’équivalence d’études secondaires ou de mise à niveau sont une option d’avenir pour de nombreux jeunes qui sont plus vulnérables et qui pourraient sans cette mise à niveau ou équivalence ne pas travailler ou ne pas poursuivre d’études postsecondaires. Dans le cadre d’autres études, on pourrait examiner, de manière plus approfondie, la rémunération et les types de profession en fonction de l’état d’achèvement des études secondaires, afin de dresser un portrait plus complet de ces avantages.

Vivian O’Donnell est analyste principale et Paula Arriagada est analyste de la recherche au sein du Centre de la statistique et des partenariats autochtones de Statistique Canada.

Début de l'encadré 1

Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

L’Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2017 est une enquête nationale et volontaire menée auprès des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuits de 15 ans et plus. L’EAPA de 2017 est le cinquième cycle de l’enquête et portait sur l’emploi, les compétences et la formation. Elle a aussi permis de recueillir des données sur le niveau de scolarité, la santé, les langues, le revenu, le logement et la mobilité.

L’enquête a été conçue par Statistique Canada grâce au financement fourni par Services aux Autochtones Canada, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, Santé Canada et Emploi et Développement social Canada.

La population cible de l’EAPA de 2017 était constituée de la population canadienne ayant une identité autochtone âgée de 15 ans et plus au 15 janvier 2017 et qui vivait dans un logement privé. L’enquête excluait les personnes vivant dans des réserves et des établissements indiens et certaines collectivités des Premières Nations au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la conception de l’enquête, la population visée, les concepts de l’enquête et les taux de réponse, consultez l’Enquête auprès des peuples autochtones, 2017 : Guide des concepts et méthodes.

Méthodologie

Il était possible de répondre à la question sur l’identité autochtone posée dans le cadre de l’EAPA au moyen de réponses simples ou multiples. Les données présentées séparément pour chaque groupe représentent une combinaison de réponses simples et multiples pour les Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuits.

Toutes les estimations figurant dans la présente étude se fondent sur les poids de sondage qui tiennent compte de la conception de l’enquête, de la non-réponse et des totaux de population connus. Une technique bootstrap a été appliquée lors du calcul de toutes les estimations de la variance.

Les probabilités prédites présentées dans l’étude sont calculées au moyen d’un modèle de régression logistique et de la valeur moyenne des variables explicatives.

Fin de l'encadré 1

Renseignements additionnels

Informations supplémentaires

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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