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  1. Analyse

1   Analyse

1.1  Le recul de l'emploi se poursuit en 2010 chez les Autochtones âgés de 15 ans et plus

Le repli du marché du travail qui a débuté à l'automne 2008 a duré plus longtemps pour les Autochtones que pour les non-Autochtones âgés de 15 ans et plus. Pour les Autochtones, le recul de l'emploi a été du même ordre en 2009 et en 2010, s'établissant à 3,5 % ou 13 000 en 2009 et à 3,7 % ou 14 000 en 2010 (graphique 1).

Au sein de la population non autochtone, l'emploi a fléchi de 1,6 % en 2009 et a progressé de 1,5 % en 2010, ce qui a porté l'emploi légèrement sous les niveaux observés en 2008.

Le ralentissement du marché du travail pour les Autochtones s'est reflété tant dans le taux d'emploi que dans le taux de chômage.

La proportion des personnes occupant un emploi au sein de la population autochtone en âge de travailler s'établissait à 53,7 % en 2010, soit 5,9 points de pourcentage sous le sommet atteint en 2008, ayant reculé d'environ 3 points de pourcentage en 2009 et en 2010 (graphique 2). Chez la population non autochtone, le taux d'emploi a diminué de 1,8 point de pourcentage au cours de cette période de deux ans pour passer à 61,8 %.

Après avoir augmenté de 3,5 points de pourcentage entre 2008 et 2009, le taux de chômage des Autochtones a poursuivi son ascension en 2010, en hausse de 0,5 point de pourcentage, pour atteindre 14,3 %. En revanche, chez les non-Autochtones, le taux de chômage a progressé de 2,1 points de pourcentage en 2009 et a diminué ensuite de 0,2 point de pourcentage pour se fixer à 7,9 % en 2010 (graphique 3).

Le taux supplémentaire de chômage R8 – un autre indicateur qui mesure les difficultés éprouvées sur le marché du travail – ajoute au taux officiel de chômage les personnes qui ne cherchent plus de travail parce qu'elles estiment qu'il n'y a pas d'emplois disponibles (chercheurs découragés), celles qui attendent d'être rappelées ou qui attendent des réponses et les personnes qui doivent commencer un emploi à moyenne échéance (personnes en marge de la population active), ainsi qu'une partie des travailleurs à temps partiel involontaire (main-d'oeuvre sous-utilisée). Ce taux montre, lui aussi, que les Autochtones ont éprouvé plus de difficultés que les non-Autochtones à trouver du travail. Chez les Autochtones, le taux R8 s'élevait à 18,5 % en 2010, une hausse de 4,5 points de pourcentage par rapport à 2008. Dans la population non autochtone, le taux R8 atteignait 11,1 %, soit 2,5 points de pourcentage de plus qu'en 2008 (graphique 4).

La baisse continue de l'emploi en 2009 et en 2010 s'est traduite par une diminution du nombre d'Autochtones actifs sur le marché du travail (graphique 5). Si, au cours de la période de deux ans, le taux d'activité a diminué en 2009, la plus forte baisse s'est produite en 2010. Le taux d'activité des Autochtones s'est établi à 62,6 % en 2010, soit son niveau le plus bas chez les Autochtones depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 2007. En revanche, la plus forte baisse du taux d'activité chez la population non autochtone a été observée entre 2008 et 2009, et ce taux s'élevait à 67,1 % en 2010.

La diminution du nombre d'Autochtones sur le marché du travail en 2010 a élargi l'écart entre les populations autochtone et non autochtone quant au taux d'activité. En 2010, 62,6 % des Autochtones étaient actifs sur le marché du travail comparativement à 67,1 % pour les non-Autochtones – un écart de 4,5 points de pourcentage. En 2008, année du dernier sommet de l'emploi, cet écart n'était que de 1,2 point de pourcentage.

Entre 2008 et 2010, les membres des Premières nations vivant hors réserve ont enregistré une baisse de l'activité plus importante que celle accusée par les Métis. Le taux d'activité des membres des Premières nations a diminué de 4,8 points de pourcentage durant cette période de deux ans, comparativement à un recul de 2,7 points chez les Métis.

1.2  Caractéristiques démographiques des populations autochtone et non autochtone

La population autochtone en âge de travailler est plus jeune que la population non autochtone (tableau 1). En 2006, 25 % des Autochtones en âge de travailler étaient âgés de 15 à 24 ans, comparativement à 16 % pour les non-Autochtones. Les Autochtones comptaient aussi une plus grande proportion de leur population dans le groupe des 25 à 54 ans. Par conséquent, la proportion des Autochtones âgés de 55 ans et plus était plus faible, s'établissant à 17 % par rapport à 31 % pour la population non autochtone.

Pour veiller à ce que les différences d'âge aient une incidence limitée sur la comparaison des résultats sur le marché du travail, le présent rapport axera son analyse sur les Autochtones et les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif, c'est-à-dire ceux âgés de 25 à 54 ans. Une analyse du marché du travail pour les jeunes (de 15 à 24 ans) et les travailleurs plus âgés (55 ans et plus) est également présentée.

1.3  Activité et résultats sur le marché du travail des travailleurs du principal groupe d'âge actif

Le groupe des 25 à 54 ans est considéré comme le « principal groupe d'âge actif », parce que les personnes de ce groupe d'âge sont les plus susceptibles d'être actives sur le marché du travail. De nombreux facteurs peuvent avoir une incidence sur l'activité sur le marché du travail, notamment l'âge, les enfants à la maison, la fréquentation scolaire, les facteurs culturels et les conditions du marché du travail.

En 2010, les niveaux d'emploi ont baissé de 4,9 % (-12 400) chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif, un repli plus marqué qu'en 2009, l'emploi ayant alors diminué de 2,8 % (-7 300). Ces reculs sont entièrement survenus dans le travail à temps plein. Au cours de cette période de deux ans, le taux d'emploi a diminué de 5 points de pourcentage pour se fixer à 65,8 % en 2010 (tableau 2).

En revanche, chez les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif, l'emploi s'est replié de 1,7 % (-198 000) en 2009 et a ensuite progressé de 0,8 % (+93 000) en 2010. Le recul enregistré en 2009 s'est entièrement manifesté dans le travail à temps plein, tandis que la croissance de l'emploi observée en 2010 s'est répartie entre le travail à temps plein et le travail à temps partiel. Le taux d'emploi a également fléchi dans ce groupe entre 2008 et 2010, en baisse de 1,7 point de pourcentage, pour s'établir à 80,9 %.

L'écart entre les taux d'emploi des Autochtones et des non-Autochtones du principal groupe d'âge actif s'est élargi en 2010. L'écart, qui se chiffrait en moyenne à 12 points de pourcentage entre 2007 et 2009, s'élevait à 15 points en 2010.

Si les membres des Premières nations vivant hors réserve et les Métis ont connu, en 2009 et en 2010, des baisses semblables de leur taux d'emploi, les Métis affichaient toujours en 2010 un taux d'emploi (71,1 %) supérieur à celui des membres des Premières nations vivant hors réserve (60,8 %).

Le taux de chômage des membres des Premières nations vivant hors réserve révèle aussi les difficultés qu'éprouvait cette population à trouver du travail en 2010. Le taux de chômage des membres des Premières nations du principal groupe d'âge actif vivant hors réserve (14,9 %) était plus élevé que celui des Métis (9,8 %) et que celui de la population non autochtone (6,8 %).

De 2007 à 2008, les taux d'activité sur le marché du travail ont augmenté plus rapidement chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif que chez la population non autochtone. Durant le ralentissement économique de 2008 et 2009, les deux groupes ont enregistré des baisses similaires du taux d'activité. Toutefois, entre 2009 et 2010, les taux d'activité ont diminué rapidement chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif, qui ont ainsi perdu tout le terrain gagné en 2008. Parallèlement, les taux d'activité chez les travailleurs non autochtones étaient semblables à ceux de l'année précédente.

1.3.1  Hausse plus forte du taux de chômage chez les hommes que chez les femmes autochtones durant le repli économique

Les hommes autochtones du principal groupe d'âge actif se sont moins bien tirés d'affaire que les femmes autochtones au cours de la période allant de 2008 à 2010. Le taux de chômage des hommes autochtones du principal groupe d'âge actif a augmenté de 4,1 points de pourcentage au cours de cette période de deux ans pour atteindre 13,3 % en 2010. Pendant cette même période, le taux de chômage des femmes autochtones du principal groupe d'âge actif a progressé de 1,9 point de pourcentage pour se fixer à 11,3 %.

Le taux de chômage des hommes non autochtones du principal groupe d'âge actif a aussi bondi de 2,7 points de pourcentage en 2009 pour s'établir à 7,9 %, mais il a ensuite fléchi, passant à 7,2 % en 2010 (graphique 6). Chez les femmes non autochtones du principal groupe d'âge actif, il a augmenté de 1,6 point de pourcentage durant la période de deux ans pour s'établir à 6,3 %.

La diminution du taux d'activité montre, elle aussi, l'incidence plus marquée du ralentissement économique sur les hommes autochtones du principal groupe d'âge actif que sur les femmes. Le taux d'activité des hommes autochtones est passé à 80,4 % en 2010, en baisse de 4,5 points de pourcentage par rapport à 2008 (graphique 8). Au cours de la même période, le taux d'activité des femmes autochtones a baissé de 1,2 point de pourcentage pour se fixer à 70,0 %.

De 2008 à 2010, les taux d'activité ont diminué chez les membres des Premières nations vivant hors réserve et chez les Métis, mais le repli a été plus important chez les hommes des Premières nations vivant hors réserve. Parmi les femmes autochtones du principal groupe d'âge actif, la baisse du taux d'activité en 2010 a été plus marquée chez les Métisses que chez leurs homologues des Premières nations (graphique 9). Malgré ce recul, le taux d'activité des Métisses en 2010 restait supérieur à celui des femmes des Premières nations vivant hors réserve.

1.3.2  Les plus fortes baisses enregistrées au Québec, en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta

Chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif, des baisses du taux d'emploi supérieures à la moyenne ont été observées au Québec, en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta entre 2008 et 2010. La Saskatchewan et le Manitoba ont enregistré des variations faibles ou nulles des taux d'emploi au cours de cette période de deux ans (tableau 3).

Au Québec, le taux d'emploi des Autochtones se chiffrait à 61,1 % en 2010, en baisse de 9,7 points de pourcentage par rapport à 2008. En 2010, cette province a affiché le taux d'emploi le plus faible pour les Autochtones du principal groupe d'âge actif.

En Colombie-Britannique, l'essentiel du recul du taux d'emploi est survenu entre 2008 et 2009. Toutefois, la persistance du repli en 2010 a fait baisser le taux d'emploi de 8,2 points de pourcentage au cours de la période de deux ans, celui-ci se fixant à 62,7 % en 2010. Les travailleurs métis du principal groupe d'âge actif ont enregistré des baisses plus fortes que les travailleurs des Premières nations vivant hors réserve.

Le taux d'emploi des Autochtones en Ontario s'établissait à 63,2 % en 2010, soit 6,5 points de pourcentage de moins qu'en 2008. La baisse s'est surtout fait sentir en 2010 et chez les Autochtones des Premières nations vivant hors réserve. En Alberta, le taux d'emploi a diminué de 5,5 points de pourcentage au cours de la même période pour passer à 69,7 %, et la majeure partie de la baisse est survenue en 2009.

Au cours de cette période de deux ans, le taux d'emploi des non-Autochtones a diminué dans toutes les provinces et régions, et les replis les plus importants ont été observés en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario.

En 2010, les taux d'emploi les plus élevés chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif ont été enregistrés au Manitoba (71,0 %) et en Alberta (69,7 %). Chez la population non autochtone, ce sont la Saskatchewan (86,8 %) et le Manitoba (86,5 %) qui affichaient les taux les plus hauts à ce chapitre.

1.3.3  L'emploi entraîné à la baisse par le secteur de la fabrication

Les industries dans lesquelles travaillent les Autochtones et les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif diffèrent légèrement. En 2010, les Autochtones étaient plus susceptibles de travailler dans les administrations publiques, dans la construction, dans la foresterie, la pêche et l'extraction minière, pétrolière et gazière, et dans les soins de santé et l'assistance sociale que ne l'étaient leurs homologues non autochtones. En revanche, les non-Autochtones étaient proportionnellement plus nombreux que les Autochtones du principal groupe d'âge actif dans les services professionnels, scientifiques et techniques, dans la finance, les assurances, l'immobilier et la location, dans la fabrication, et dans le commerce de détail et de gros (graphique 10).

Le secteur de la fabrication a subi des baisses importantes de l'emploi au cours de la période 2008-2010, et ces diminutions ont touché les Autochtones comme les non-Autochtones. Pour les deux groupes, ce secteur est celui qui, parmi les 16 grands secteurs d'activité, a enregistré les baisses de l'emploi les plus importantes durant cette période de deux ans. Des reculs moins marqués ont été observés chez les Autochtones dans la construction, dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien, dans le commerce de détail, dans le secteur de l'information, de la culture et des loisirs, ainsi que dans le transport et l'entreposage. Au cours de la même période, l'emploi a progressé dans la finance, les assurances, l'immobilier et la location, dans les soins de santé et l'assistance sociale, et dans les administrations publiques, soit les secteurs d'activité qui ont été moins touchés par le repli de l'emploi.

Chez les travailleurs non autochtones du principal groupe d'âge actif, les baisses de l'emploi durant cette période de deux ans se sont surtout manifestées dans la fabrication, dans le transport et l'entreposage, ainsi que dans le commerce de détail et de gros. Parallèlement, des hausses de l'emploi ont été enregistrées dans les soins de santé et l'assistance sociale, dans les services professionnels, scientifiques et techniques, dans les administrations publiques, et dans les services d'enseignement.

1.3.4  Baisses de l'emploi selon la profession

La répartition par profession est également un peu différente pour les Autochtones et les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif. En 2010, les Autochtones étaient plus susceptibles que les non-Autochtones de travailler dans les professions des métiers, du transport et de la machinerie, dans celles des ventes et des services, ainsi que dans les professions propres au secteur primaire. Par ailleurs, les non-Autochtones étaient proportionnellement plus nombreux que les Autochtones dans les professions de la gestion et dans celles des sciences naturelles et appliquées (graphique 11).

Entre 2008 et 2010, la majeure partie de la baisse de l'emploi chez les Autochtones est survenue dans les professions des métiers, du transport et de la machinerie, des ventes et des services, de la transformation, de la fabrication et des services d'utilité publique, ainsi que dans les professions de la gestion. Chez les travailleurs non autochtones, les pertes se sont aussi produites dans les professions des métiers, du transport et de la machinerie, de la transformation, de la fabrication et des services d'utilité publique, de la gestion, ainsi que des affaires, de la finance et de l'administration.

1.3.5  Autres indicateurs du marché du travail

À l'instar des répartitions selon l'industrie et la profession, la répartition des travailleurs du principal groupe d'âge actif selon qu'il s'agit d'employés du secteur public, d'employés du secteur privé ou de travailleurs autonomes diffère légèrement pour les Autochtones et les non-Autochtones. Les Autochtones tendent à être proportionnellement plus nombreux que les non-Autochtones dans le secteur public (tableau 4). En revanche, la proportion de travailleurs autonomes est plus élevée chez les non-Autochtones que chez les Autochtones.

Chez les travailleurs autochtones du principal groupe d'âge actif, les baisses d'emploi entre 2008 et 2010 sont principalement survenues dans le secteur privé. En 2010, le nombre de travailleurs autonomes autochtones avait diminué par rapport à 2008, une tendance également observée chez les non-Autochtones.

Lorsqu'ils doivent décider qui sera licencié durant les replis économiques, les employeurs prennent en considération le nombre d'années de service de leurs employés. Les travailleurs qui comptent à leur actif moins de mois ou d'années de service dans leur emploi sont généralement les premiers mis à pied.

Entre 2008 et 2010, les travailleurs autochtones du principal groupe d'âge actif étaient proportionnellement plus nombreux que leurs homologues non autochtones à avoir travaillé 5 ans ou moins pour leur employeur actuel, en moyenne 58 % et 49 %, respectivement.

Au cours de cette même période, la durée d'occupation de l'emploi s'établissait en moyenne à 6,7 ans pour les travailleurs autochtones du principal groupe d'âge actif, soit moins que les 8,2 années enregistrées chez les travailleurs non autochtones.

En 2007 et en 2008, une proportion similaire de travailleurs autochtones et non autochtones occupaient plus d'un emploi (environ 5,3 %). Si ce taux n'a pas changé pour les travailleurs non autochtones en 2009 et en 2010, le pourcentage de travailleurs autochtones qui occupaient plus d'un emploi était légèrement plus élevé en 2010, celui-ci s'établissant à 6,0 %.

Les employés autochtones du principal groupe d'âge actif étaient plus susceptibles que les employés non autochtones à occuper un emploi temporaire en 2010. Le pourcentage de travailleurs autochtones travaillant sur une base saisonnière, contractuelle ou pour une période déterminée a augmenté pour atteindre 14 % en 2010, comparativement à une moyenne de 12 % les trois années précédentes. Dans la population non autochtone, le pourcentage de travailleurs temporaires a progressé, passant de 9,1 % en 2009 à 9,8 % en 2010.

En 2010, les travailleurs autochtones étaient proportionnellement plus nombreux à être représentés par un syndicat ou couverts par une convention collective (37,2 %) que ne l'étaient les travailleurs non autochtones du principal groupe d'âge actif (34,2 %). Les travailleurs autochtones touchaient, en 2010, un salaire hebdomadaire moyen de 847,36 $, soit 92 % de la rémunération hebdomadaire moyenne des travailleurs non autochtones (916,85 $).

1.3.6  Réduction du nombre d'heures de travail

Durant les périodes de ralentissement économique, les employeurs tendant à réduire les heures de travail avant de licencier des employés. Le nombre moyen d'heures habituellement travaillées par semaine dans l'emploi principal a diminué en 2009 comme en 2010 tant pour les Autochtones que pour les non-Autochtones, et la majeure partie de la baisse est survenue en 2009 (graphique 12).

En 2010, les membres des Premières nations vivant hors réserve et les Métis du principal groupe d'âge actif présentaient des profils différents à ce chapitre. Chez les membres des Premières nations vivant hors réserve, le nombre moyen d'heures habituellement travaillées a diminué en 2009 et en 2010, la baisse la plus importante ayant été observée en 2010. Chez les Métis, le nombre d'heures a fortement diminué en 2009 pour remonter légèrement en 2010.

Par ailleurs, la proportion des membres des Premières nations vivant hors réserve et travaillant à temps partiel a augmenté, passant de 12,8 % en 2009 à 14,8 % en 2010, alors que le taux de travail à temps partiel pour les Métis a fléchi pour s'établir à 11,6 % en 2010.

Tout au long de la période allant de 2008 à 2010, les Autochtones ont travaillé un peu plus d'heures par semaine que les non-Autochtones. Ce sont les Métis qui affichaient le nombre moyen d'heures habituellement travaillées par semaine le plus élevé, soit 38,3. En 2010, la population non autochtone a travaillé 37,7 heures en moyenne tandis que les membres des Premières nations vivant hors réserve ont travaillé 37,4 heures en moyenne par semaine.

1.3.7  Répartition des baisses d'emploi dans tous les niveaux de scolarité

Entre 2008 et 2010, les taux d'emploi ont fléchi pour tous les niveaux de scolarité chez les Autochtones et les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif (tableau 5). De 2008 à 2009, les baisses du taux d'emploi chez les Autochtones comme chez les non-Autochtones ont été plus fortes pour ceux qui n'avaient pas de diplôme d'études secondaires et pour les diplômés du secondaire que pour ceux qui avaient terminé des études postsecondaires.

De 2009 à 2010, les taux d'emploi ont continué de diminuer pour tous les niveaux de scolarité chez les Autochtones du principal groupe d'âge actif, et les plus fortes baisses se sont produites chez ceux qui avaient terminé des études postsecondaires et ceux qui n'avaient pas de diplôme d'études secondaires. Chez les non-Autochtones, le taux d'emploi a légèrement augmenté pour les diplômés du secondaire et ceux sans diplôme d'études secondaires.

1.4  Jeunes

1.4.1  Un marché du travail difficile aussi pour les jeunes, notamment au Québec, au Manitoba et en Alberta

La présente section examine l'activité des jeunes, soit la population âgée de 15 à 24 ans, sur le marché du travail. Puisque les variations dans les taux de fréquentation scolaire auront une incidence sur l'activité des jeunes sur le marché du travail, il importe de tenir compte de ces taux dans l'analyse des données. En 2010, 45 % des jeunes autochtones allaient à l'école, comparativement à 51 % des jeunes non autochtones. Les taux d'activité des deux groupes peuvent différer selon la fréquentation scolaire et l'âge à la fin des études.

Par le passé, les jeunes autochtones étaient moins susceptibles d'être actifs sur le marché du travail que les jeunes non autochtones. En 2010, 57,0 % des jeunes autochtones âgés de 15 à 24 ans occupaient un emploi ou en cherchaient un, comparativement à 64,8 % des jeunes non autochtones (tableau 6). Chez les Autochtones, les jeunes des Premières nations vivant hors réserve étaient proportionnellement moins nombreux que les jeunes métis à être actifs sur le marché du travail – 50,1 % contre 63,3 %.

Les jeunes ont été durement frappés par le ralentissement économique de 2008-2009, et les effets de ce repli ont continué à se faire sentir en 2010. Les taux d'activité des jeunes ont diminué entre 2008 et 2010, mais de façon plus marquée chez les Autochtones que chez les non-Autochtones. De 2008 à 2010, le taux d'activité des jeunes autochtones s'est replié de 5,0 points de pourcentage, alors que celui des jeunes non autochtones a baissé de 2,9 points. Les jeunes des Premières nations vivant hors réserve ont enregistré des reculs plus importants que leurs homologues métis (-6,5 points contre -4,2 points).

Entre 2008 et 2010, les taux d'activité ont fléchi dans toutes les provinces tant chez les jeunes autochtones que chez les jeunes non autochtones. Les plus fortes baisses du taux d'activité des jeunes autochtones ont été enregistrées au Québec, au Manitoba et en Alberta (tableau 7), et la région de l'Atlantique a affiché la plus faible diminution. Chez les jeunes non autochtones, des baisses supérieures à la moyenne ont été observées en Alberta, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Manitoba au cours de cette période de deux ans, et les reculs les plus faibles ont été signalés dans la région de l'Atlantique et au Québec.

En 2010, les taux les plus élevés d'activité sur le marché du travail pour les jeunes autochtones ont été observés en Alberta (60,6 %) et dans la région de l'Atlantique (59,6 %). Chez les jeunes non-autochtones, les plus hauts taux d'activité ont été enregistrés en Saskatchewan (70,7 %), au Manitoba (70,4 %) et en Alberta (69,7 %).

Comme moins de jeunes autochtones étaient actifs sur le marché du travail en 2010, ils étaient plus nombreux sur les bancs d'école. Le taux de fréquentation scolaire des jeunes autochtones a progressé, passant de 42 % en 2008 à 45 % en 2010. Les plus fortes hausses durant cette période ont été constatées en Ontario, au Québec et en Alberta. La fréquentation scolaire a également augmenté chez les jeunes non autochtones durant cette période, celle-ci étant passée de 49 % à 51 %, et les hausses les plus importantes ont été notées dans les mêmes provinces.

1.5  Recul chez les travailleurs autochtones plus âgés en 2010

Non seulement les jeunes autochtones et les Autochtones âgés de 25 à 54 ans étaient-ils moins actifs sur le marché du travail en 2010, c'était aussi le cas des Autochtones âgés de 55 ans et plus. Après avoir augmenté en 2007, en 2008 et en 2009, le taux d'activité des travailleurs autochtones plus âgés a diminué en 2010. En revanche, le taux d'activité des travailleurs non autochtones âgés de 55 ans et plus a continué de progresser tout au long de la période allant de 2007 à 2010.

Toute la baisse du taux d'activité des Autochtones plus âgés a été attribuable à la baisse de l'activité chez les Autochtones s'étant identifiés comme membres des Premières nations. Entre 2008 et 2010, le taux d'activité des membres des Premières nations âgés de 55 ans et plus et vivant hors réserve a diminué de 6,0 points de pourcentage pour passer à 30,1 %. Par contre, le taux d'activité des Métis a augmenté de 3,0 points de pourcentage pour atteindre 38,5 % et celui des non-Autochtones a progressé de 1,7 point de pourcentage pour s'établir à 36,0 % (graphique 13).

Ce sont l'Ontario et la Colombie-Britannique qui ont accusé les baisses les plus marquées du taux d'activité des travailleurs autochtones plus âgés entre 2008 et 2010. En revanche, le taux d'activité a augmenté en Alberta au cours de cette période pour atteindre 46,7 % en 2010 (tableau 8).

L'Alberta et la Colombie-Britannique ont enregistré les pourcentages les plus élevés d'Autochtones âgés actifs sur le marché du travail en 2010, des pourcentages supérieurs à ceux observés chez les non-Autochtones du même groupe d'âge.

1.6  Conclusion

Le ralentissement du marché du travail de 2008-2009 a eu des conséquences plus durables et plus profondes sur la main-d'oeuvre autochtone que sur les travailleurs non autochtones, ce qui a élargi l'écart entre ces deux populations pour ce qui est des taux d'activité, d'emploi et de chômage.

Le recul de l'emploi qui s'est poursuivi chez les Autochtones en 2010 s'est traduit par une diminution du nombre d'Autochtones actifs sur le marché du travail. En 2010, 62,6 % des Autochtones en âge de travailler étaient actifs sur le marché du travail comparativement à 67,1 % des non-Autochtones – un écart de 4,5 points de pourcentage. Il s'agit de l'écart le plus important entre ces deux groupes au cours de la période de quatre ans pour laquelle des données comparables sont disponibles.

Entre 2008 et 2010, c'est au Québec, en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta que le taux d'emploi des Autochtones du principal groupe d'âge actif a le plus baissé. En 2010, les taux d'emploi des Autochtones du principal groupe d'âge actif les plus faibles au pays ont été observés au Québec et en Colombie-Britannique, ceux-ci s'établissant à 61,1 % et 62,7 % respectivement.

La diminution de l'emploi manufacturier associée au repli économique de 2008 a touché tant les Autochtones que les non-Autochtones, le secteur de la fabrication ayant connu les plus fortes baisses de l'emploi pour ces deux groupes entre 2008 et 2010. Les reculs les plus marqués de l'emploi pour les travailleurs du principal groupe d'âge actif ont été signalés dans les professions des métiers, du transport et de la machinerie, des ventes et des services, de la transformation, de la fabrication et des services d'utilité publique, ainsi que de la gestion.

L'emploi s'est replié pour les travailleurs autochtones et non autochtones du principal groupe d'âge actif dans le secteur privé, chez les employés et chez les travailleurs indépendants. Les Autochtones étaient plus nombreux à avoir plus d'un emploi en 2010 qu'ils ne l'avaient été en 2008 et ils étaient plus susceptibles que les non-Autochtones d'occuper un emploi temporaire. Dans les deux groupes, cependant, le nombre d'heures travaillées a diminué au cours de cette période de deux ans.

Entre 2008 et 2010, les taux d'emploi ont fléchi pour tous les niveaux de scolarité chez les Autochtones et les non-Autochtones du principal groupe d'âge actif.

Les jeunes ont été durement frappés par le ralentissement économique de 2008-2009, et les effets de ce repli ont continué à se faire sentir en 2010. Les taux d'activité des jeunes autochtones et non autochtones ont continué de diminuer entre 2008 et 2010, mais de façon plus marquée chez les jeunes autochtones. Les plus fortes baisses du taux d'activité des jeunes autochtones ont été observées au Québec, au Manitoba et en Alberta. Ces jeunes, toutefois, étaient plus nombreux à fréquenter l'école durant cette période. Les plus fortes hausses de la fréquentation scolaire durant cette période ont été constatées en Ontario, au Québec et en Alberta.

Si le taux d'activité des Autochtones âgés de 55 ans et plus a augmenté de 2007 à 2009, l'effectif de ce groupe actif sur le marché du travail a diminué en 2010. Les non-Autochtones de ce groupe d'âge, par contre, ont connu une croissance de leur taux d'activité tout au long de la période allant de 2007 à 2010. Au sein de la population des Autochtones plus âgés, la diminution du taux d'activité en 2010 s'est concentrée chez les membres des Premières nations vivant hors réserve.

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