Rapports économiques et sociaux
L’évolution à long terme des taux d’entrée et de sortie d’entreprises au Canada
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202500900001-fra
Début du texte
Résumé
Depuis les années 1980, les taux d’entrée et de sortie des entreprises ont considérablement diminué dans le monde entier, y compris au Canada et aux États-Unis, ce qui marque une réduction dans le dynamisme des entreprises. Dans le présent article, on s’appuie sur une étude de MacDonald (2014) en prolongeant l’analyse des tendances d’entrée et de sortie canadiennes de 1983 à 2012, jusqu’en 2021, et en comparant les résultats avec ceux des États-Unis. Bien que les taux d’entrée et de sortie des entreprises canadiennes aient précédemment diminué plus fortement que ceux des entreprises américaines, cette baisse a largement cessé à la fin des années 2010, et les taux approchaient des niveaux semblables à ceux de leurs homologues américains. Les baisses canadiennes ne sont pas attribuables à des changements sectoriels, touchant plutôt l’ensemble des secteurs. Le présent article révèle également que les augmentations propres à un secteur de la concentration industrielle ne semblent pas expliquer la diminution des taux d’entrée et de sortie au Canada.
Auteure
Li Li travaille à la Division de l’analyse et de la modélisation économiques et sociales de la Direction des études analytiques et de la modélisation de Statistique Canada.
Remerciements
Je tiens à exprimer ma gratitude à Mark Brown, à Thibaut Duprey, à Amélie Lafrance-Cooke, à Jiang Beryl Li, à Ryan MacDonald, à Pourkarimi Parisa, à Jianmin Tang et aux participants du séminaire de la Division de l’analyse économique. Je suis profondément reconnaissante du temps et des efforts qu’ils ont consacrés à la révision du présent article.
Introduction
Depuis les années 1980, il y a eu une baisse notable des taux d’entrée et de sortie des entreprises à l’échelle mondiale, y compris au Canada et aux États-Unis. Cette baisse reflète une diminution générale du dynamisme des entreprises, un indicateur clé de la vitalité économique. La théorie schumpétérienne de la destruction créatrice postule que la croissance économique est alimentée par le processus continu de sortie du marché des anciennes entreprises non productives et d’entrée sur le marché de nouvelles entreprises innovantes (Aghion, Akcigit et Howitt, 2015). La présence d’entreprises « zombies », soit celles qui restent en activité malgré leur manque de productivité, peut avoir une incidence négative sur la productivité globale (Amundsen, Lafrance et Leung, 2023.
Des études canadiennes antérieures, y compris celles de Ciobanu et Wang (2012); de Baldwin, Liu et Wang (2013); de MacDonald (2014); et de la Banque du Canada (2015), ont documenté les tendances d’entrée et de sortie des entreprises canadiennes. Notamment, MacDonald (2014) a constaté une remarquable baisse à long terme des taux d’entrée et de sortie au Canada pour la période de 1983 à 2012. Au cours de cette période, le taux d’entrée a diminué pour passer de 24,5 % à 13,1 %, alors que le taux de sortie a diminué pour passer de 16,5 % à 11,6 %. Cette diminution à long terme a été observée dans divers secteurs. La Banque du Canada (2015) a prolongé l’analyse jusqu’en 2013 en effectuant une analyse de la variation des parts relatives qui a abouti à des constatations similairesNote . On ne sait toujours pas si la diminution à long terme du dynamisme des entreprises canadiennes s’est poursuivie au-delà du début des années 2010. Bien que Statistique Canada fournisse des tableaux des taux d’entrée et de sortie accessibles au public pour les années au-delà de 2012Note , aucune analyse de suivi systématique n’a été réalisée jusqu’à présent.
Le présent article élargit la documentation des tendances canadiennes jusqu’en 2021. La principale constatation issue de cet exercice est que les taux d’entrée et de sortie au Canada ont diminué à un degré beaucoup plus important qu’aux États-Unis, mais que ces diminutions ont essentiellement cessé à la fin des années 2010Note . De tous les secteurs, le secteur de la fabrication a connu la plus forte diminution du taux d’entrée pendant la récession de 2008-2009, ce qui correspond à la diminution importante de sa part du produit intérieur brut (PIB) durant cette période. Globalement, la diminution des taux d’entrée et de sortie est plus marquée dans les secteurs canadiens que chez leurs homologues américains, tant dans les secteurs des biens que ceux des services. La tendance constante de diminutions plus marquées au Canada dans l’ensemble des secteurs semble indiquer que la principale constatation mentionnée ci-dessus n’est pas causée par des changements sectoriels.
Une autre explication possible de la diminution à long terme du dynamisme des entreprises aux États-Unis est la montée prévalente de la concentration industrielle : des entreprises autrefois prospères peuvent s’enraciner au fil du temps et empêcher l’entrée de nouvelles entreprises sur le marché. Toutefois, les données probantes sont contradictoires à l’égard de cette hypothèseNote . Le présent article montre que, contrairement aux États-Unis, la concentration industrielle n’a pas augmenté de manière prévalente dans les industries canadiennes. Comme l’a remarqué le Bureau de la concurrence Canada (2023), certains secteurs ont connu une augmentation importante de la concentration industrielle, ce qui justifie une attention supplémentaire. Cependant, il n’y a pas d’augmentation généralisée de la concentration industrielle dans l’ensemble des secteurs, contrairement aux États-Unis. Des analyses de régression supplémentaires au niveau à quatre chiffres du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) indiquent qu’au Canada, l’augmentation de la concentration industrielle propre à chaque secteur ne semble pas expliquer la diminution générale des taux d’entrée et de sortie dans l’ensemble des secteurs.
Le présent article est organisé comme suit. La section 2 explique les sources de données utilisées et la procédure de calcul pour les taux d’entrée et de sortie, et présente les principaux graphiques pour le secteur des entreprises. La section 3 présente les graphiques par secteur à deux chiffres du SCIAN. La section 4 est axée sur la relation entre les entrées et sorties et la concentration industrielle, tandis que la conclusion se trouve à la section 5.
Taux d’entrée et de sortie du secteur des entreprises
Source de données et procédure de calcul
La plupart des travaux précédents sur les entrées et les sorties au Canada, comme MacDonald (2014), s’appuient sur le Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE), qui contient principalement des renseignements sur l’emploi basés sur les feuillets fiscaux T4.
En revanche, le présent article s’appuie sur le Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux (FMLCN) pour calculer les taux d’entrée et de sortie, car le FMLCN permet d’examiner la corrélation entre ces taux et l’indice de Herfindahl-Hirschman (IHH), qui est une mesure de la concentration industrielle. Le calcul de l’IHH nécessite un accès aux données sur les recettes des ventes, ce qui justifie l’utilisation du FMLCN, qui contient ces données contrairement au PALE.
Le présent article s’appuie sur les données du FMLCN à compter de 2022Note . Comme les données du FMLCN remontent seulement jusqu’à l’an 2000, le présent article s’appuie sur les estimations basées sur le PALE de MacDonald (2014) pour l’an 2000 et les années qui précèdent. Malgré quelques différences mineures dans l’ensemble d’entreprises prises en compte, les taux d’entrée et de sortie calculés à l’aide du PALE et du FMLCN pour les années qui se chevauchent (2001 à 2012) sont largement cohérents l’un avec l’autre, tant pour le secteur des entreprises dans son ensemble que pour les différentes industries, ce qui soutient leur étude conjointeNote .
Selon MacDonald (2014), l’ensemble d’entreprises entrantes utilisé dans le calcul du taux d’entrée est composé des entreprises en activité durant l’année qui ne figurent pas dans l’ensemble de données de l’année . Le taux d’entrée est le rapport entre le nombre d’entreprises entrantes et le nombre total d’entreprises en activité (moyenne calculée sur l’année et l’année ). Le taux de sortie est calculé de manière similaire : l’ensemble des entreprises sortantes est composé des entreprises en activité durant l’année qui ne figurent pas dans l’ensemble de données de l’année . Le taux de sortie est le rapport entre le nombre d’entreprises sortantes et le nombre d’entreprises entrantes (moyenne également calculée sur l’année et l’année ). Le raisonnement derrière l’établissement d’une moyenne sur deux ans du nombre total d’entreprises en activité dans les dénominateurs est qu’il n’y a pas de base naturelle pour le calcul des taux d’entrée et de sortie, dont les univers diffèrent sur le plan chronologique. L’utilisation de la moyenne du nombre total d’entreprises en activité comme base commune permet de comparer les taux d’entrée et de sortieNote . En raison de l’utilisation des données dans le calcul des deux taux, une année est perdue, ce qui explique pourquoi la série du FMLCN commence en 2001 dans le présent article.
Le présent article est axé sur le secteur des entreprises, qui comprend toutes les industries à deux chiffres du SCIAN, à l’exception des industries 61 (services d’enseignement), 62 (soins de santé et assistance sociale) et 91 (administrations publiques)Note . L’unité d’analyse est une entreprise, soit le niveau le plus élevé de la hiérarchie statistique du Registre des entreprises. Une entreprise est une entité juridique qui déclare de manière indépendante des données financières et qui jouit d’une autonomie dans la prise de décision. C’est dans ce sens que le terme est compris dans le présent articleNote . Pour les États-Unis, le présent article repose sur des données tirées du Business Dynamics Statistics (BDS) du Bureau du recensement des États-Unis. Le BDS des États-Unis permet de mesurer le dynamisme des entreprises au niveau de l’établissement plutôt qu’au niveau de l’entreprise. La principale différence entre les deux niveaux est qu’une entreprise qui possède plusieurs établissements demeure en activité au niveau de l’entreprise lorsqu’elle ne ferme qu’un établissement. Le même scénario compte toutefois comme une sortie au niveau de l’établissement. Malgré cette distinction, les taux d’entrée et de sortie des entreprises au Canada et aux États-Unis sont comparables, car la plupart des entreprises dans le FMLCN ne comptent qu’un établissement.
En menant des activités au cours de l’année , une entreprise a un nombre strictement positif d’employés mesuré soit par la moyenne de l’emploi provenant du relevé PD7, soit par l’emploi provenant des feuillets T4Note ou les deux. Le PD7 fait état des retenues sur la paie mensuelles, comme l’impôt sur le revenu, les cotisations au Régime de pensions du Canada et les cotisations d’assurance-emploi. La variable PD7 du FMLCN est non nulle lorsqu’un emploi est déclaré pour un mois quelconque de l’année connexe. Quant à lui, le T4 fait état du revenu annuel total des employés. Les variables d’emploi PD7 et T4 se complètent, car certaines données peuvent être manquantes pour l’une, mais pas pour l’autreNote .
Deux ajustements sont adoptés. Le premier ajustement est le suivi de la main-d’œuvre. Le PALE et le FMLCN fournissent des renseignements permettant de cerner les entreprises qui engendrent de fausses entrées et sorties d’une année à l’autre. Ces fausses entrées et sorties peuvent découler d’une restructuration organisationnelle, de fusions ou d’acquisitions, et entraîner des discordances dans leur identifiant d’entreprise au fil du temps. Le deuxième ajustement concerne le code du SCIAN. Le FMLCN contient des renseignements riches sur la classification du SCIAN, qui sont tirés du Registre des entreprises. Cela étant dit, un nombre important de nouvelles entrées n’ont pas encore été classées dans le SCIAN pour l’année . L’imputation à partir de données tirées des années ultérieures ne produit pas de différences qualitativement importantes. Pour préserver les observations, dans le présent article, on utilise l’imputation une période à l’avance et l’on perd une année d’observations, ce qui signifie que la série du FMLCN prend fin en 2021.
Graphiques des taux d’entrée et de sortie
Le graphique 1 illustre les taux d’entrée et de sortie calculés pour le Canada, ainsi que les taux correspondants pour les États-Unis. Dans la figure, les années qui se chevauchent entre les données du PALE de MacDonald (2014), ainsi que le FMLCN, s’étendent de 2001 à 2012. Les taux d’entrée et de sortie pour les États-Unis sont dérivés des ensembles de données du BDS de 2021.

Tableau de données du graphique 1
| Année | Entrée (PALE) | Entrée (FMLCN) | Sortie (PALE) | Sortie (FMLCN) | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis |
|---|---|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||||
Sources : Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE), Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux (FMLCN), Business Dynamics Statistics (BDS). |
||||||
| 1984 | 0,24 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,16 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,15 | 0,11 |
| 1985 | 0,22 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,16 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | 0,12 |
| 1986 | 0,20 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,16 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | 0,12 |
| 1987 | 0,21 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,15 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | 0,12 |
| 1988 | 0,20 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,16 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | 0,12 |
| 1989 | 0,19 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | 0,11 |
| 1990 | 0,20 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,18 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | 0,11 |
| 1991 | 0,19 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,19 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,12 |
| 1992 | 0,18 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,11 |
| 1993 | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 |
| 1994 | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 |
| 1995 | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 |
| 1996 | 0,18 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,18 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 |
| 1997 | 0,18 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,15 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,11 |
| 1998 | 0,17 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | 0,10 |
| 1999 | 0,15 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | 0,10 |
| 2000 | 0,15 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | 0,10 |
| 2001 | 0,14 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,11 | 0,10 |
| 2002 | 0,14 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,11 |
| 2003 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,10 |
| 2004 | 0,15 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,10 |
| 2005 | 0,15 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,10 |
| 2006 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,10 |
| 2007 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,11 |
| 2008 | 0,15 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,11 |
| 2009 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,09 | 0,12 |
| 2010 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,11 |
| 2011 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,10 |
| 2012 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,09 |
| 2013 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | 0,10 | 0,09 |
| 2014 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 | 0,09 |
| 2015 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | 0,10 | 0,09 |
| 2016 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 | 0,08 |
| 2017 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 | 0,09 |
| 2018 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,09 | 0,09 |
| 2019 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,14 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | 0,09 | 0,09 |
| 2020 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,11 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | 0,09 | 0,09 |
| 2021 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,13 | ... n'ayant pas lieu de figurer | 0,12 | 0,10 | 0,10 |
Comme le montre le graphique 1, les taux d’entrée et de sortie calculés à l’aide des données du FMLCN et du PALE sont étroitement harmonisés. Cela indique que la combinaison des données des variables PD7 et T4 n’a pas d’incidence appréciable sur le calcul des taux d’entrée et de sortie en tant que fractions, bien qu’elle augmente considérablement le nombre d’entreprises en activité après correction. Ce résultat permet de certifier la validité des taux d’entrée et de sortie du PALE pour les années précédentes.
La prochaine observation relève du fait qu’en prolongeant l’étude de MacDonald (2014) jusqu’en 2021 à l’aide du FMLCN, on discerne clairement le ralentissement de la diminution des taux d’entrée et de sortie au cours des dernières années. De 2001 à 2012, le taux d’entrée est resté autour de 13 %. Il a temporairement diminué pour s’établir à 12 % en 2016, avant de se redresser éventuellement pour atteindre 13 %. De même, de 2001 à 2012, le taux de sortie est resté autour de 12 % et a enregistré une diminution très subtile au cours des années suivantes.
En comparant les tendances à long terme des taux d’entrée et de sortie au Canada par rapport à celles des États-Unis, il est évident que le Canada a connu une diminution beaucoup plus spectaculaire des entrées et des sorties par rapport aux États-Unis, et que cette diminution s’est principalement produite avant l’an 2000.
Bien que les deux pays diffèrent fondamentalement sur le plan des niveaux utilisés, leurs ratios des entrées aux sorties sont similaires, sauf pour une pluralité d’épisodesNote . Le graphique 2 montre les résultats. En interprétant ce graphique, veuillez noter qu’un ratio plus élevé sous-entend une quantité plus importante d’entrées par rapport aux sorties lors d’une comparaison avec l’autre pays. Comme le montre le graphique, les ratios des deux pays se chevauchent presque pour la majorité de la période. Ce chevauchement pourrait être attribuable au fait que les États-Unis sont le partenaire commercial le plus important du Canada, ainsi que son voisin géographique (Statistique Canada, 2024a). En avril 2024, les États-Unis étaient le pays de provenance de 62,7 % de toutes les importations canadiennes (40 842,7 millions de dollars sur 65 154,8 millions de dollars) et le pays de destination de 75,4 % de toutes les exportations canadiennes (48 495,3 millions de dollars sur 64 337,6 millions de dollars) (Statistique Canada, 2024b). En raison de ce lien étroit, les deux pays sont soumis à des chocs macroéconomiques communs.
Il y a néanmoins quelques épisodes où les ratios des deux pays ont montré une divergence temporaire. Ces épisodes se rapportent à la différence de gravité des récessions dans les deux pays. Le premier épisode notable s’est produit au début des années 1990, lorsque le ratio canadien était inférieur à celui des États-Unis. Cet épisode correspond à la récession plus grave du Canada au début des années 1990 (Fortin, 1996). Le deuxième épisode notable s’est produit à la fin des années 2000, lorsque le ratio canadien était supérieur à celui des États-Unis. Le moment auquel le deuxième épisode s’est produit correspond à la récession de 2008-2009, dont, on le sait, le Canada s’est remis plus rapidement que les États-Unis.

Tableau de données du graphique 2
| Année | Ratio entrée-sortie du Canada | Ratio entrée-sortie des États-Unis |
|---|---|---|
| ratio entrée-sortie | ||
| Notes : Ce chiffre montre les ratios des taux d’entrée et de sortie par année dans le secteur des entreprises du Canada et des États-Unis de 1984 à 2021. Pendant les périodes de récession, ce ratio chute temporairement en dessous de 1.
Sources : Programme d’analyse longitudinale de l’emploi, Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux, Business Dynamics Statistics. |
||
| 1984 | 1,48 | 1,37 |
| 1985 | 1,38 | 1,14 |
| 1986 | 1,31 | 1,22 |
| 1987 | 1,37 | 1,18 |
| 1988 | 1,24 | 1,21 |
| 1989 | 1,16 | 1,18 |
| 1990 | 1,07 | 1,16 |
| 1991 | 0,98 | 1,06 |
| 1992 | 1,06 | 1,02 |
| 1993 | 1,02 | 1,12 |
| 1994 | 1,04 | 1,17 |
| 1995 | 1,01 | 1,23 |
| 1996 | 1,00 | 1,17 |
| 1997 | 1,18 | 1,11 |
| 1998 | 1,16 | 1,15 |
| 1999 | 1,12 | 1,09 |
| 2000 | 1,09 | 1,08 |
| 2001 | 1,08 | 1,05 |
| 2002 | 1,09 | 1,06 |
| 2003 | 1,13 | 1,11 |
| 2004 | 1,24 | 1,17 |
| 2005 | 1,24 | 1,16 |
| 2006 | 1,13 | 1,24 |
| 2007 | 1,28 | 1,11 |
| 2008 | 1,20 | 0,95 |
| 2009 | 1,08 | 0,80 |
| 2010 | 1,12 | 0,90 |
| 2011 | 1,15 | 1,00 |
| 2012 | 1,10 | 1,07 |
| 2013 | 0,98 | 1,07 |
| 2014 | 1,07 | 1,12 |
| 2015 | 1,08 | 1,14 |
| 2016 | 1,03 | 1,22 |
| 2017 | 1,07 | 1,06 |
| 2018 | 1,07 | 1,05 |
| 2019 | 1,25 | 1,11 |
| 2020 | 0,82 | 1,02 |
| 2021 | 1,13 | 1,02 |
Il est important de noter que dans les deux pays, les taux d’entrée dépassent généralement les taux de sortieNote . Toutefois, pendant la récession de 2008-2009, le ratio des entrées aux sorties aux États-Unis s’est établi en dessous de 1 pendant quelques années, ce qui indique que les sorties ont dépassé les entrées. De même, le ratio du Canada a diminué pour s’établir en dessous de 1 pendant la pandémie COVID-19. Ce phénomène peut être interprété comme un signe des répercussions importantes de ces chocs sur le dynamisme des entreprises. Les résultats concordent avec les rapports selon lesquels les États-Unis ont été plus durement touchés par la récession de 2008-2009 et le Canada a été plus durement touché par la pandémie COVID-19 (Statistique Canada, 2022b).
Analyse par secteur
Secteurs des biens
Le graphique 3 montre les tracés des secteurs des biens. Ces secteurs comprennent l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse (code 11 du SCIAN); l’extraction minière, l’exploitation en carrière, et l’extraction de pétrole et de gaz (code 21 du SCIAN); la construction (code 23 du SCIAN); et la fabrication (codes 31-33 du SCIAN). Selon MacDonald (2014), les services publics (code 22 du SCIAN) sont exclus de la présente analyseNote .
Pour chacun des secteurs des biens, les taux d’entrée et de sortie calculés en utilisant le PALE et le FMLCN sont étroitement harmonisés, comme ceux du secteur des entreprises dans son ensemble. Pour éviter d’encombrer les tracés, les données de séries chronologiques sont combinées et seules les valeurs du PALE pour les années de chevauchement sont représentées dans le graphique. La même approche est appliquée aux secteurs des services dans la sous-section suivante.

Tableau de données du graphique 3
| Année | A - Agriculture, foresterie, pêche et chasse | B - Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz | C - Construction | D - Fabrication | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | |
| percent | ||||||||||||||||
| Sources : Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE), Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux (FMLCN), Business Dynamics Statistics (BDS). | ||||||||||||||||
| 1984 | 0,24 | 0,14 | 0,17 | 0,13 | 0,21 | 0,12 | 0,14 | 0,14 | 0,16 | 0,08 | 0,11 | 0,09 | 0,23 | 0,14 | 0,20 | 0,13 |
| 1985 | 0,18 | 0,14 | 0,15 | 0,15 | 0,18 | 0,12 | 0,13 | 0,14 | 0,16 | 0,09 | 0,10 | 0,09 | 0,20 | 0,14 | 0,19 | 0,14 |
| 1986 | 0,18 | 0,14 | 0,15 | 0,17 | 0,16 | 0,12 | 0,11 | 0,16 | 0,16 | 0,09 | 0,10 | 0,10 | 0,21 | 0,13 | 0,18 | 0,14 |
| 1987 | 0,16 | 0,15 | 0,16 | 0,15 | 0,16 | 0,15 | 0,12 | 0,21 | 0,15 | 0,09 | 0,11 | 0,10 | 0,21 | 0,14 | 0,19 | 0,14 |
| 1988 | 0,13 | 0,17 | 0,17 | 0,15 | 0,12 | 0,14 | 0,13 | 0,15 | 0,12 | 0,10 | 0,11 | 0,09 | 0,17 | 0,15 | 0,17 | 0,15 |
| 1989 | 0,14 | 0,16 | 0,16 | 0,14 | 0,11 | 0,15 | 0,11 | 0,14 | 0,12 | 0,10 | 0,10 | 0,09 | 0,17 | 0,15 | 0,16 | 0,14 |
| 1990 | 0,17 | 0,19 | 0,17 | 0,13 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,10 | 0,09 | 0,20 | 0,16 | 0,16 | 0,14 |
| 1991 | 0,18 | 0,18 | 0,14 | 0,14 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,09 | 0,10 | 0,17 | 0,21 | 0,14 | 0,16 |
| 1992 | 0,17 | 0,17 | 0,15 | 0,14 | 0,13 | 0,16 | 0,10 | 0,15 | 0,12 | 0,12 | 0,08 | 0,10 | 0,18 | 0,18 | 0,14 | 0,16 |
| 1993 | 0,16 | 0,17 | 0,14 | 0,13 | 0,18 | 0,14 | 0,11 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,09 | 0,09 | 0,17 | 0,18 | 0,16 | 0,14 |
| 1994 | 0,17 | 0,18 | 0,16 | 0,12 | 0,19 | 0,13 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,10 | 0,09 | 0,09 | 0,17 | 0,18 | 0,16 | 0,13 |
| 1995 | 0,17 | 0,18 | 0,15 | 0,13 | 0,17 | 0,14 | 0,10 | 0,12 | 0,14 | 0,11 | 0,09 | 0,08 | 0,15 | 0,20 | 0,16 | 0,12 |
| 1996 | 0,18 | 0,19 | 0,14 | 0,13 | 0,22 | 0,14 | 0,10 | 0,12 | 0,13 | 0,12 | 0,08 | 0,08 | 0,16 | 0,20 | 0,15 | 0,13 |
| 1997 | 0,18 | 0,16 | 0,13 | 0,13 | 0,23 | 0,11 | 0,11 | 0,12 | 0,16 | 0,10 | 0,08 | 0,09 | 0,18 | 0,16 | 0,15 | 0,12 |
| 1998 | 0,15 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,16 | 0,16 | 0,10 | 0,11 | 0,16 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,16 | 0,15 | 0,14 | 0,12 |
| 1999 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,14 | 0,09 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,07 | 0,08 | 0,15 | 0,14 | 0,14 | 0,11 |
| 2000 | 0,12 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,15 | 0,12 | 0,10 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,07 | 0,08 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,11 |
| 2001 | 0,12 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,16 | 0,12 | 0,11 | 0,09 | 0,10 | 0,10 | 0,07 | 0,08 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,12 |
| 2002 | 0,11 | 0,13 | 0,11 | 0,15 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,11 | 0,09 | 0,10 | 0,07 | 0,10 | 0,15 | 0,12 | 0,13 | 0,13 |
| 2003 | 0,10 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,09 | 0,11 | 0,08 | 0,09 | 0,07 | 0,09 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,13 |
| 2004 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,18 | 0,11 | 0,10 | 0,09 | 0,08 | 0,09 | 0,07 | 0,08 | 0,17 | 0,11 | 0,16 | 0,12 |
| 2005 | 0,10 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,18 | 0,10 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,07 | 0,08 | 0,16 | 0,12 | 0,16 | 0,12 |
| 2006 | 0,09 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,17 | 0,11 | 0,13 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,08 | 0,08 | 0,16 | 0,13 | 0,17 | 0,12 |
| 2007 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,11 | 0,14 | 0,09 | 0,06 | 0,09 | 0,07 | 0,08 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,13 |
| 2008 | 0,10 | 0,12 | 0,10 | 0,14 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,09 | 0,05 | 0,08 | 0,06 | 0,08 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,16 |
| 2009 | 0,10 | 0,12 | 0,10 | 0,14 | 0,09 | 0,14 | 0,11 | 0,10 | 0,05 | 0,09 | 0,06 | 0,09 | 0,12 | 0,13 | 0,10 | 0,20 |
| 2010 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,12 | 0,10 | 0,12 | 0,09 | 0,10 | 0,05 | 0,08 | 0,06 | 0,09 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,18 |
| 2011 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,09 | 0,05 | 0,07 | 0,06 | 0,08 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,16 |
| 2012 | 0,10 | 0,10 | 0,11 | 0,10 | 0,14 | 0,11 | 0,12 | 0,08 | 0,07 | 0,08 | 0,07 | 0,07 | 0,13 | 0,12 | 0,14 | 0,13 |
| 2013 | 0,10 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,10 | 0,10 | 0,07 | 0,08 | 0,06 | 0,07 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,13 |
| 2014 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,09 | 0,07 | 0,08 | 0,06 | 0,07 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,12 |
| 2015 | 0,10 | 0,09 | 0,12 | 0,09 | 0,09 | 0,14 | 0,11 | 0,10 | 0,06 | 0,07 | 0,07 | 0,07 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,11 |
| 2016 | 0,09 | 0,09 | 0,12 | 0,10 | 0,08 | 0,16 | 0,08 | 0,15 | 0,06 | 0,08 | 0,07 | 0,07 | 0,11 | 0,11 | 0,13 | 0,10 |
| 2017 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,15 | 0,10 | 0,14 | 0,07 | 0,07 | 0,06 | 0,07 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,11 |
| 2018 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,09 | 0,12 | 0,09 | 0,11 | 0,07 | 0,07 | 0,07 | 0,07 | 0,11 | 0,11 | 0,13 | 0,10 |
| 2019 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,09 | 0,13 | 0,09 | 0,09 | 0,07 | 0,07 | 0,06 | 0,07 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,11 |
| 2020 | 0,08 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,07 | 0,14 | 0,08 | 0,12 | 0,06 | 0,08 | 0,06 | 0,08 | 0,10 | 0,13 | 0,12 | 0,11 |
| 2021 | 0,08 | 0,08 | 0,12 | 0,10 | 0,09 | 0,12 | 0,07 | 0,13 | 0,07 | 0,07 | 0,07 | 0,08 | 0,12 | 0,10 | 0,13 | 0,11 |
Dans les années 1980, le taux d’entrée pour le secteur de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (code 11 du SCIAN) au Canada était plus élevé que celui des États-Unis. Cependant, à partir de 2000, le Canada a connu une baisse significative du taux d’entrée, ce qui a entraîné un taux d’entrée inférieur à celui des États-Unis. Au cours des années 2000, le taux de sortie canadien a diminué à un rythme beaucoup plus lent que le taux d’entrée, ce qui a mené à un élargissement de l’écart entre les deux taux. Cet écart indique une contraction du nombre d’entreprises dans le secteur. Les taux d’entrée et de sortie ont de nouveau convergé dans les années 2010. Cette tendance correspond aux constatations tirées de divers rapports sur le secteur agricole. En accord avec ces résultats, Statistique Canada (2022a) fournit une analyse exhaustive de la consolidation continue des exploitations agricoles au Canada. Selon Chen (2022), la taille moyenne des exploitations agricoles au Canada est environ le double de celle des États-Unis; les exploitations agricoles canadiennes ont une superficie moyenne de 809,4 acres comparativement à 445,0 acres pour les exploitations agricoles aux États-Unis.
Le secteur canadien de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière, et de l’extraction de pétrole et de gaz (code 21 du SCIAN) joue un rôle essentiel dans le PIB du Canada. Cependant, les fluctuations des prix internationaux des ressources naturelles, en particulier du pétrole, nuisent à la survie des entreprises canadiennes dans ce secteur et découragent les nouveaux venus potentiels. Comme le montre la figure ci-jointe, le taux de sortie des entreprises canadiennes dans ce secteur reste relativement stable, tandis que le taux d’entrée présente une variabilité considérable. En revanche, leurs homologues américains semblent plus stables. En axant l’analyse sur le pétrole, cette différence peut être en partie expliquée par la composition des ressources pétrolières du Canada, dont plus de la moitié est composée de pétrole brut bitumineux (pétrole lourd) (Statistique Canada, 2023). En comparaison, la principale source de pétrole aux États-Unis est le pétrole de schiste. La conversion du pétrole bitumineux en produits utilisables, tels que l’essence, est plus coûteuse que le traitement du pétrole de schiste. De plus, les coûts de transport plus élevés du pétrole brut canadien vers les raffineries des États-Unis contribuent à cette disparité. En raison de ces différences de coûts, l’industrie pétrolière du Canada pourrait fonctionner selon des marges de rentabilité plus étroites, qui la rendraient plus vulnérable aux perturbations de la demande pétrolière internationale que les États-Unis. Il convient de noter que, bien que le dollar canadien serve d’amortisseur au moyen de la dépréciation, cette absorption est moins que parfaite en raison des coûts d’extraction élevés; le pic de sortie durant la baisse des prix du pétrole de 2014 à 2016 en est un excellent exemple.
Les secteurs de la construction et de la fabrication au Canada et aux États-Unis ont connu des ralentissements pendant la récession du début des années 1990, bien que l’intensité ait varié. Le Canada a été plus gravement touché, et les taux de sortie ont dépassé les taux d’entrée pendant plusieurs années. L’inverse s’est produit pendant la récession de 2008-2009, lorsque les États-Unis ont connu un taux d’entrée considérablement inférieur au taux de sortie. Dans l’ensemble, le dynamisme des entreprises dans ces secteurs a diminué. Bien que Baldwin et MacDonald (2009) aient constaté que la part du PIB nominal du secteur de la fabrication canadien a diminué en raison d’une croissance des prix relativement lente, Clarke et Couture (2017) ont démontré que la part réelle a également diminué. Cette baisse des taux d’entrée donne à penser que de nouvelles entreprises potentielles, anticipant probablement une rentabilité plus faible, ont choisi de ne pas entrer dans ces secteurs.
De manière générale, comme l’ont mentionné Almon et Tang (2014), le Canada et les États-Unis ont tous deux connu des baisses de la part de l’activité économique attribuable au secteur de la fabrication pendant la période, ce qui a entraîné une part réduite de l’activité attribuable au secteur des biens et une expansion du secteur des services. Leur analyse indique que le secteur de la fabrication a été le principal facteur à l’origine de la faible croissance du PIB et de la productivité du travail durant la période en question et que les répercussions ont été plus graves au Canada. Les résultats du graphique 3 illustrent des tendances semblables dans les taux d’entrée et de sortie. La baisse de ces taux est généralement plus marquée au Canada qu’aux États-Unis, et le secteur de la fabrication canadien a enregistré la diminution la plus marquée du taux d’entrée.
Secteurs des services
Les secteurs des services comprennent le commerce de gros (code 41 du SCIAN au Canada, code 42 du SCIAN aux États-Unis); le commerce de détail (codes 44-45 du SCIAN); le transport et l’entreposage (codes 48-49 du SCIAN); l’industrie de l’information et l’industrie culturelle (code 51 du SCIAN); la finance et les assurances, ainsi que les services immobiliers et les services de location et de location à bail (codes 52 et 53 du SCIAN); les services professionnels, scientifiques et techniques (code 54 du SCIAN); et les services d’hébergement et de restauration (code 72 du SCIAN). Pour maintenir l’accent et mieux correspondre aux homologues américains, certains secteurs des services sont exclusNote .
Le graphique 4 présente les résultats. En général, les taux d’entrée et de sortie sectoriels canadiens étaient initialement plus élevés que leurs homologues américains, mais ont finalement convergé pour s’établir à environ 0,1 (c.-à-d. 10 %).
Parmi tous les secteurs, les taux d’entrée du commerce de gros (code 41 du SCIAN au Canada) et du commerce de détail (codes 44-45 du SCIAN) au Canada ont enregistré des baisses relativement importantes pendant la récession de 2008-2009 et se sont établis bien en dessous des taux de sortie correspondants. Il faut noter que le phénomène a persisté au-delà de la récession de 2008-2009, ce qui pourrait indiquer des changements structurels dans les deux secteurs.

Tableau de données du graphique 4
| Année | A - Commerce de gros | B - Commerce de détail | C - Transport et entreposage | D - Industrie de l'information et industrie culturelle | E - Finance et assurances, services immobiliers et services de location et de location à bail | F - Services professionnels, scientifiques et techniques | G - Services d’hébergement et de restauration | |||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | Entrée au Canada | Sortie du Canada | Entrée aux États-Unis | Sortie des États-Unis | |
| percent | ||||||||||||||||||||||||||||
| Sources : Programme d’analyse longitudinale de l’emploi (PALE), Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux (FMLCN), Business Dynamics Statistics (BDS). | ||||||||||||||||||||||||||||
| 1984 | 0,15 | 0,10 | 0,12 | 0,10 | 0,18 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,24 | 0,14 | 0,16 | 0,13 | 0,22 | 0,15 | 0,19 | 0,12 | 0,22 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,21 | 0,12 | 0,17 | 0,11 | 0,22 | 0,14 | 0,16 | 0,15 |
| 1985 | 0,13 | 0,10 | 0,12 | 0,11 | 0,17 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,22 | 0,14 | 0,16 | 0,14 | 0,20 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,18 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,20 | 0,12 | 0,17 | 0,13 | 0,21 | 0,15 | 0,16 | 0,16 |
| 1986 | 0,13 | 0,09 | 0,12 | 0,11 | 0,17 | 0,13 | 0,13 | 0,11 | 0,22 | 0,14 | 0,17 | 0,15 | 0,21 | 0,16 | 0,14 | 0,13 | 0,18 | 0,12 | 0,14 | 0,11 | 0,19 | 0,12 | 0,17 | 0,12 | 0,21 | 0,15 | 0,18 | 0,15 |
| 1987 | 0,14 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,16 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,21 | 0,15 | 0,18 | 0,15 | 0,19 | 0,16 | 0,16 | 0,15 | 0,16 | 0,13 | 0,15 | 0,12 | 0,18 | 0,12 | 0,16 | 0,13 | 0,20 | 0,16 | 0,18 | 0,15 |
| 1988 | 0,12 | 0,11 | 0,12 | 0,10 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,17 | 0,16 | 0,17 | 0,15 | 0,15 | 0,17 | 0,14 | 0,13 | 0,15 | 0,14 | 0,15 | 0,11 | 0,15 | 0,13 | 0,16 | 0,13 | 0,17 | 0,17 | 0,17 | 0,14 |
| 1989 | 0,12 | 0,10 | 0,11 | 0,10 | 0,14 | 0,15 | 0,12 | 0,11 | 0,16 | 0,16 | 0,16 | 0,14 | 0,17 | 0,16 | 0,17 | 0,12 | 0,15 | 0,13 | 0,15 | 0,13 | 0,16 | 0,12 | 0,15 | 0,12 | 0,17 | 0,17 | 0,16 | 0,14 |
| 1990 | 0,15 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,17 | 0,14 | 0,11 | 0,11 | 0,20 | 0,17 | 0,15 | 0,14 | 0,20 | 0,16 | 0,14 | 0,12 | 0,17 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,19 | 0,13 | 0,15 | 0,12 | 0,22 | 0,17 | 0,15 | 0,14 |
| 1991 | 0,15 | 0,13 | 0,11 | 0,11 | 0,15 | 0,16 | 0,10 | 0,12 | 0,19 | 0,18 | 0,15 | 0,14 | 0,19 | 0,18 | 0,17 | 0,13 | 0,18 | 0,16 | 0,17 | 0,12 | 0,19 | 0,15 | 0,14 | 0,12 | 0,19 | 0,17 | 0,15 | 0,14 |
| 1992 | 0,14 | 0,13 | 0,10 | 0,11 | 0,15 | 0,15 | 0,10 | 0,12 | 0,18 | 0,17 | 0,15 | 0,13 | 0,19 | 0,18 | 0,13 | 0,12 | 0,17 | 0,15 | 0,12 | 0,11 | 0,18 | 0,14 | 0,14 | 0,11 | 0,19 | 0,17 | 0,14 | 0,13 |
| 1993 | 0,14 | 0,13 | 0,10 | 0,10 | 0,15 | 0,16 | 0,10 | 0,10 | 0,18 | 0,16 | 0,15 | 0,12 | 0,18 | 0,17 | 0,13 | 0,11 | 0,15 | 0,14 | 0,11 | 0,11 | 0,18 | 0,14 | 0,14 | 0,11 | 0,19 | 0,17 | 0,14 | 0,12 |
| 1994 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,10 | 0,15 | 0,15 | 0,10 | 0,10 | 0,19 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,18 | 0,17 | 0,14 | 0,11 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,18 | 0,14 | 0,14 | 0,10 | 0,20 | 0,18 | 0,14 | 0,12 |
| 1995 | 0,15 | 0,13 | 0,11 | 0,09 | 0,15 | 0,16 | 0,10 | 0,10 | 0,19 | 0,16 | 0,16 | 0,12 | 0,20 | 0,18 | 0,15 | 0,10 | 0,15 | 0,14 | 0,12 | 0,10 | 0,19 | 0,14 | 0,14 | 0,10 | 0,20 | 0,18 | 0,14 | 0,12 |
| 1996 | 0,15 | 0,14 | 0,11 | 0,10 | 0,15 | 0,17 | 0,10 | 0,10 | 0,20 | 0,18 | 0,15 | 0,13 | 0,21 | 0,19 | 0,16 | 0,12 | 0,16 | 0,15 | 0,12 | 0,10 | 0,20 | 0,15 | 0,14 | 0,10 | 0,21 | 0,20 | 0,14 | 0,12 |
| 1997 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,11 | 0,14 | 0,15 | 0,11 | 0,11 | 0,21 | 0,15 | 0,15 | 0,14 | 0,21 | 0,17 | 0,15 | 0,13 | 0,17 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,20 | 0,13 | 0,15 | 0,11 | 0,19 | 0,17 | 0,15 | 0,13 |
| 1998 | 0,14 | 0,13 | 0,10 | 0,10 | 0,13 | 0,14 | 0,09 | 0,09 | 0,19 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,21 | 0,16 | 0,17 | 0,12 | 0,17 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,20 | 0,13 | 0,15 | 0,10 | 0,17 | 0,17 | 0,12 | 0,12 |
| 1999 | 0,13 | 0,13 | 0,09 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,09 | 0,09 | 0,18 | 0,15 | 0,15 | 0,12 | 0,19 | 0,13 | 0,17 | 0,14 | 0,15 | 0,13 | 0,13 | 0,11 | 0,18 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,16 | 0,16 | 0,12 | 0,12 |
| 2000 | 0,11 | 0,13 | 0,09 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,09 | 0,09 | 0,16 | 0,15 | 0,14 | 0,13 | 0,19 | 0,15 | 0,18 | 0,12 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,11 | 0,18 | 0,14 | 0,13 | 0,11 | 0,15 | 0,15 | 0,11 | 0,11 |
| 2001 | 0,10 | 0,13 | 0,10 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,09 | 0,10 | 0,15 | 0,16 | 0,14 | 0,14 | 0,16 | 0,15 | 0,19 | 0,14 | 0,14 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,17 | 0,14 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,14 | 0,12 | 0,11 |
| 2002 | 0,10 | 0,10 | 0,10 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,17 | 0,18 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,16 | 0,13 | 0,14 | 0,13 | 0,15 | 0,14 | 0,14 | 0,12 |
| 2003 | 0,09 | 0,10 | 0,09 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,10 | 0,14 | 0,14 | 0,15 | 0,14 | 0,13 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,15 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,11 |
| 2004 | 0,10 | 0,10 | 0,09 | 0,09 | 0,12 | 0,11 | 0,10 | 0,09 | 0,16 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,14 | 0,13 | 0,15 | 0,14 | 0,14 | 0,12 | 0,13 | 0,10 | 0,16 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,15 | 0,14 | 0,13 | 0,11 |
| 2005 | 0,10 | 0,09 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,09 | 0,16 | 0,13 | 0,14 | 0,12 | 0,15 | 0,12 | 0,13 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,11 | 0,16 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,14 | 0,14 | 0,13 | 0,11 |
| 2006 | 0,09 | 0,10 | 0,10 | 0,09 | 0,10 | 0,12 | 0,10 | 0,10 | 0,16 | 0,14 | 0,15 | 0,13 | 0,15 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,15 | 0,11 | 0,16 | 0,12 | 0,15 | 0,11 | 0,13 | 0,15 | 0,14 | 0,11 |
| 2007 | 0,07 | 0,09 | 0,09 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,16 | 0,12 | 0,15 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,14 | 0,13 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,11 | 0,13 | 0,14 | 0,11 |
| 2008 | 0,06 | 0,09 | 0,09 | 0,09 | 0,08 | 0,11 | 0,08 | 0,09 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,14 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,13 | 0,13 | 0,11 |
| 2009 | 0,06 | 0,09 | 0,08 | 0,10 | 0,08 | 0,11 | 0,08 | 0,10 | 0,12 | 0,14 | 0,12 | 0,15 | 0,13 | 0,13 | 0,13 | 0,16 | 0,12 | 0,14 | 0,09 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,10 | 0,12 | 0,11 | 0,11 |
| 2010 | 0,05 | 0,09 | 0,08 | 0,09 | 0,08 | 0,10 | 0,08 | 0,09 | 0,11 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,10 |
| 2011 | 0,06 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,12 | 0,10 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,10 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,09 |
| 2012 | 0,07 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,09 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,17 | 0,11 | 0,13 | 0,11 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,10 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,10 |
| 2013 | 0,06 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,15 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,10 | 0,10 | 0,14 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,09 |
| 2014 | 0,06 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,10 | 0,08 | 0,08 | 0,14 | 0,10 | 0,12 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,14 | 0,11 | 0,11 | 0,13 | 0,10 | 0,09 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,09 |
| 2015 | 0,06 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,08 | 0,07 | 0,14 | 0,10 | 0,14 | 0,11 | 0,11 | 0,12 | 0,11 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,09 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,10 |
| 2016 | 0,05 | 0,08 | 0,07 | 0,08 | 0,08 | 0,09 | 0,08 | 0,07 | 0,13 | 0,11 | 0,13 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,09 | 0,11 | 0,13 | 0,11 | 0,08 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,08 |
| 2017 | 0,06 | 0,08 | 0,07 | 0,08 | 0,09 | 0,09 | 0,08 | 0,08 | 0,14 | 0,11 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,09 | 0,13 | 0,13 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,09 |
| 2018 | 0,06 | 0,08 | 0,07 | 0,08 | 0,09 | 0,09 | 0,07 | 0,08 | 0,15 | 0,10 | 0,13 | 0,11 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,09 | 0,13 | 0,14 | 0,10 | 0,09 | 0,13 | 0,12 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,09 |
| 2019 | 0,07 | 0,08 | 0,06 | 0,07 | 0,10 | 0,09 | 0,07 | 0,07 | 0,19 | 0,10 | 0,13 | 0,10 | 0,13 | 0,12 | 0,12 | 0,10 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,09 | 0,14 | 0,12 | 0,11 | 0,10 | 0,11 | 0,11 | 0,10 | 0,09 |
| 2020 | 0,05 | 0,09 | 0,06 | 0,08 | 0,08 | 0,10 | 0,07 | 0,08 | 0,12 | 0,15 | 0,13 | 0,13 | 0,10 | 0,13 | 0,10 | 0,09 | 0,11 | 0,15 | 0,09 | 0,09 | 0,11 | 0,14 | 0,12 | 0,11 | 0,08 | 0,12 | 0,10 | 0,09 |
| 2021 | 0,05 | 0,08 | 0,07 | 0,08 | 0,10 | 0,10 | 0,08 | 0,09 | 0,15 | 0,12 | 0,17 | 0,12 | 0,12 | 0,12 | 0,11 | 0,13 | 0,15 | 0,13 | 0,11 | 0,10 | 0,12 | 0,12 | 0,13 | 0,11 | 0,10 | 0,12 | 0,10 | 0,12 |
Le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques (code 54 du SCIAN) mérite une mention spéciale. Ce secteur est unique en raison de sa dépendance à la contribution de personnes ayant des compétences spécialisées, par exemple dans les services juridiques et comptables, ainsi que dans la recherche scientifique. Au Canada et aux États-Unis, ce secteur a connu une période prolongée au cours de laquelle le taux d’entrée a largement dépassé le taux de sortie, ce qui indiquait un afflux important d’entreprises. Cependant, comme le montrent les données ultérieures du FMLCN et les données homologues du BDS, cette tendance a essentiellement cessé dans les années 2010.
À l’inverse, le secteur du transport et de l’entreposage (codes 48-49 du SCIAN) a connu une expansion au cours des années 2010 dans les deux pays, et les taux d’entrée ont considérablement dépassé les taux de sortie. Cela a continué jusqu’à la pandémie COVID-19, qui a gravement touché le secteur en raison de la baisse des activités économiques, en particulier le commerce.
La relation entre les entrées et les sorties et la concentration industrielle
La baisse du dynamisme des entreprises soulève souvent des inquiétudes quant à la possibilité que les grandes entreprises s’enracinent. Ces géants de l’industrie peuvent exercer une puissance importante sur le marché, ce qui pourrait nuire aux nouvelles entreprises et produire un effet de distorsion sur les parts de marché. L’IHH sert d’outil pour évaluer les niveaux de concentration au sein des industriesNote . Des valeurs de l’IHH plus élevées indiquent une plus grande concentration économique, tandis que des valeurs plus faibles indiquent un paysage plus compétitif. La présente section repose sur les données du FMLCN. Parce que l’IHH varie considérablement d’un secteur à l’autre, on le met à l’échelle en le divisant par sa valeur en 2000, ce qui donne un indice permettant une meilleure comparaison.
Au Canada, l’histoire de la concentration industrielle comporte plusieurs facettes. Bien que certains secteurs présentent des tendances de concentration notables, il n’y a pas de tendance uniforme dans tous les secteurs. Certains exemples notables comprennent ce qui suit :
- Le secteur du commerce de détail a enregistré une concentration croissante. Cela pourrait être le résultat du fait que les grandes chaînes de magasins de détail dominent le marché, écartant les petits concurrents.
- Le secteur de la fabrication maintient des niveaux de concentration relativement stables.
- Le secteur du transport et de l’entreposage montre une tendance de concentration à la baisse. Des facteurs tels qu’une concurrence accrue de la part de nouvelles entreprises dans le cadre d’un changement technologique peuvent jouer un rôle.
- Les secteurs de la finance et des assurances, ainsi que des services immobiliers et des services de location et de location à bail, présentent des niveaux de concentration fluctuants. Les fusions et les acquisitions pourraient possiblement contribuer à la variabilité.
La situation ci-dessus est différente de celle des États-Unis, où de nombreux secteurs montrent une tendance croissante à la concentration au fil du temps depuis les années 2000, ainsi que des signes d’un pouvoir de marché croissant (Furman, 2015).

Tableau de données du graphique 5
| Année | A - Indice de Herfindahl-Hirschman des secteurs du SCIAN 11, 21, 23 | B - Indice de Herfindahl-Hirschman des secteurs du SCIAN 31-33, 41, 44-45 | C - Indice de Herfindahl-Hirschman des secteurs du SCIAN 48-49, 51, 52-53 | D - Indice de Herfindahl-Hirschman des secteurs du SCIAN 54, 71, 72 | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Agriculture, Forestry, Fishing and Hunting (11) | Mining, Quarrying, and Oil and Gas Extraction (21) | Construction (23) | Manufacturing (31-33) | Wholesale Trade (41) | Retail Trade (44-45) | Transportation and Warehousing (48-49) | Information and Cultural Industries (51) | Finance and Insurance, Real Estate and Rental and Leasing (52-53) | Professional, Scientific, and Technical Services (54) | Arts, Entertainment and Recreation (71) | Accommodation and Food Services (72) | |
| index | ||||||||||||
| Source : Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux. | ||||||||||||
| 2001 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 | 1,00 |
| 2002 | 0,89 | 1,04 | 1,10 | 1,09 | 1,09 | 0,89 | 0,96 | 0,74 | 0,96 | 1,51 | 0,95 | 1,19 |
| 2003 | 0,99 | 1,02 | 0,96 | 1,13 | 1,18 | 0,93 | 0,96 | 1,05 | 0,84 | 1,22 | 0,94 | 1,16 |
| 2004 | 0,98 | 1,20 | 0,60 | 1,03 | 1,13 | 0,96 | 0,87 | 0,74 | 0,78 | 1,04 | 0,98 | 2,53 |
| 2005 | 0,95 | 1,33 | 0,57 | 0,87 | 1,02 | 0,96 | 0,85 | 0,65 | 0,98 | 0,51 | 0,87 | 2,42 |
| 2006 | 1,00 | 1,23 | 0,40 | 0,92 | 0,96 | 1,01 | 0,82 | 0,67 | 0,81 | 0,47 | 0,36 | 2,67 |
| 2007 | 1,01 | 1,10 | 1,46 | 0,94 | 1,26 | 0,94 | 0,77 | 0,67 | 0,58 | 0,50 | 0,73 | 2,40 |
| 2008 | 0,94 | 0,99 | 1,52 | 1,02 | 1,32 | 1,11 | 0,79 | 0,66 | 0,54 | 0,47 | 0,82 | 2,82 |
| 2009 | 0,90 | 1,17 | 1,74 | 0,98 | 1,17 | 1,15 | 0,78 | 0,85 | 1,32 | 0,59 | 0,92 | 3,15 |
| 2010 | 0,93 | 1,19 | 1,85 | 1,00 | 1,23 | 1,14 | 0,82 | 0,82 | 1,36 | 0,67 | 1,04 | 3,02 |
| 2011 | 1,51 | 1,63 | 0,56 | 0,94 | 1,22 | 1,24 | 0,72 | 0,37 | 0,84 | 0,68 | 0,60 | 3,11 |
| 2012 | 1,48 | 1,15 | 0,52 | 0,97 | 1,32 | 1,27 | 0,64 | 0,32 | 1,14 | 0,52 | 0,42 | 3,42 |
| 2013 | 1,34 | 1,32 | 0,59 | 0,95 | 1,28 | 1,28 | 0,70 | 0,36 | 1,46 | 0,50 | 0,47 | 2,99 |
| 2014 | 1,53 | 0,91 | 0,53 | 0,95 | 1,30 | 1,33 | 0,75 | 0,50 | 1,15 | 0,43 | 0,43 | 2,88 |
| 2015 | 0,97 | 1,15 | 0,43 | 0,95 | 1,21 | 1,43 | 0,74 | 0,48 | 1,00 | 0,32 | 0,37 | 1,73 |
| 2016 | 0,95 | 1,36 | 0,47 | 0,95 | 1,13 | 1,48 | 0,85 | 0,55 | 0,93 | 0,33 | 0,46 | 1,80 |
| 2017 | 1,14 | 1,68 | 0,29 | 0,96 | 1,17 | 1,27 | 0,73 | 0,62 | 0,98 | 0,27 | 0,64 | 2,07 |
| 2018 | 1,49 | 1,04 | 0,31 | 1,00 | 1,21 | 1,35 | 0,75 | 0,66 | 1,30 | 0,33 | 0,58 | 1,37 |
| 2019 | 0,97 | 1,11 | 0,27 | 1,03 | 1,35 | 1,58 | 0,83 | 0,70 | 1,46 | 0,32 | 0,55 | 1,37 |
| 2020 | 1,11 | 1,03 | 0,38 | 0,94 | 1,46 | 1,62 | 0,77 | 0,66 | 1,37 | 0,29 | 0,89 | 1,82 |
| 2021 | 1,26 | 0,97 | 0,31 | 0,93 | 1,47 | 1,55 | 0,74 | 0,61 | 0,85 | 0,39 | 0,34 | 1,36 |
Il ne semble pas y avoir de relation immédiatement claire entre la nature multifacette de la concentration industrielle et le déclin uniforme du dynamisme des entreprises au Canada.
Pour étudier cet enjeu plus en profondeur, le présent article divise les marchés par codes du SCIAN à quatre chiffres et considère une régression à effets fixes bidirectionnels du taux d’entrée sur le logarithme de l’IHH comme suit :
où indexe les groupes industriels à quatre chiffres du SCIAN, indexe le temps (année), est le taux d’entrée, est l’IHH en logarithmes, est un effet fixe sectoriel, est un effet d’année, et est un terme d’erreur. Cet article impose l’hypothèse d’exogénéité . Une régression semblable concernant le taux de sortie est également effectuée. Parce que chaque groupe industriel à quatre chiffres est de taille variable, on utilise, dans le présent article, les moindres carrés pondérés au lieu des moindres carrés ordinaires, avec le revenu total actuel du groupe industriel comme poids. Une préoccupation possible est qu’un changement dans la concentration industrielle puisse avoir un décalage temporel dans l’incidence sur l’entrée et la sortie des entreprises, donc une spécification de rechange avec un décalage d’une période est également envisagée.
Les résultats des régressions d’entrée et de sortie et de leurs spécifications de rechange sont présentés au tableau 1. L’accent est mis sur les principales spécifications puisque les résultats des spécifications de rechange sont semblables. Avec la variable indépendante en logarithmes, la moyenne du logarithme de l’IHH diminue d’environ 27,6 % de 2001 à 2021. Par conséquent, les variations moyennes prévues des taux d’entrée et de sortie sont minimes (pour le taux d’entrée : ; pour le taux de sortie : ), ce qui contraste avec les baisses relativement importantes observées dans les données réelles. Par conséquent, comme aux États-Unis, les régressions donnent à penser que la concentration industrielle n’est pas corrélée à l’entrée ou à la sortie au Canada. D’autres facteurs, comme les cycles économiques, les changements réglementaires et d’autres influences externes, peuvent être plus déterminants. Une enquête plus approfondie sur ces facteurs dépasse la portée du présent article.
| Variable dépendante | ||||
|---|---|---|---|---|
| Taux d’entrée | Taux de sortie | |||
| coefficient | ||||
|
||||
| Indice de Herfindahl-Hirschman | ||||
| Coefficient | -0.0004 | -0.0003 | -0.0003 | -0.0001 |
| Erreur-type | (0,001) | (0,001) | (0,0004) | (0,001) |
| Indice de Herfindahl-Hirschman décalé | ||||
| Coefficient | ... n'ayant pas lieu de figurer | -0.0002 | ... n'ayant pas lieu de figurer | -0,001 |
| Erreur-type | ... n'ayant pas lieu de figurer | (0,001) | ... n'ayant pas lieu de figurer | (0,001) |
| nombre | ||||
| Variation moyenne dans la variable dépendante (2001 à 2021) | -0.03 | -0,03 | -0,033 | -0,033 |
| Variation moyenne dans l’indice de Herfindahl-Hirschman (2001 à 2021) | -0.276 | -0,276 | -0,276 | -0,276 |
| Observations | 6004 | 5711 | 6002 | 5710 |
| R2 | 0.001 | 0.001 | 0.001 | 0.001 |
| R2 ajusté | -0.055 | -0.058 | -0.055 | -0.057 |
| Statistique F | 0,278 | 0,218 | 0,364 | 1,420 |
Résumé et conclusions
Le déclin des taux d’entrée et de sortie est un phénomène important dans l’étude de la dynamique des entreprises. En prolongeant l’étude de MacDonald (2014) en utilisant des données du FMLCN, la série chronologique plus longue révèle que les taux d’entrée et de sortie canadiens ont essentiellement arrêté leur déclin de plus de 30 ans à la fin des années 2010. En comparant ces tendances avec celles des États-Unis, le présent article montre que les taux d’entrée et de sortie canadiens ont en fait connu un déclin plus important que leurs homologues américains. Une possible explication de cette différence est l’écart de productivité croissant entre le Canada et les États-Unis.
Une autre observation importante est que ces modèles sont robustes à l’échelle des secteurs, ce qui implique qu’ils ne sont pas principalement le résultat de changements sectoriels. La faible corrélation entre l’IHH et les taux d’entrée et de sortie donne à penser que le déclin au Canada n’est probablement pas attribuable à l’enracinement croissant des grandes entreprises. Étant donné que ces deux explications ne fonctionnent pas bien, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour cerner les canaux possibles qui peuvent expliquer ce déclin ayant duré plusieurs décennies ainsi que son arrêt subséquent.
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