Estimation sur petits domaines à l’aide du modèle au niveau de domaine de Fay-Herriot avec lissage et modélisation de variance d’échantillonnage
Section 4. Application

Dans cette section, nous appliquons les modèles des sections 2 et 3 aux données canadiennes de l’Enquête sur la population active (EPA) et comparons les estimations MPLSBE et HB. L’EPA diffuse chaque mois des estimations du taux de chômage pour de grands territoires comme le pays entier et les provinces aussi bien que pour de petites régions comme les régions métropolitaines de recensement (RMR) et les agglomérations de recensement (AR) de tout le Canada. Les estimations directes de l’EPA pour un certain nombre d’unités locales manquent de fiabilité, présentant des coefficients de variation (CV) très élevés à cause des petites tailles d’échantillon. Nous considérons que les estimateurs fondés sur le modèle viennent améliorer ces estimations directes. En guise d’illustration, nous appliquons le modèle de Fay-Herriot aux estimations du taux de chômage de mai 2016 au niveau des RMR-AR; nous comparons les estimations fondées sur le modèle et directes aux estimations du recensement pour mettre en contraste les effets du lissage et de la modélisation de la variance d’échantillonnage. Hidiroglou et coll. (2019) ont aussi comparé les estimations de l’EPA fondées sur le modèle aux estimations du recensement. Dans l’estimation du taux de chômage, la proportion mensuelle de prestataires locaux de l’assurance-emploi sert de variable auxiliaire dans le modèle. Dans une comparaison des estimations ponctuelles, nous calculons l’erreur relative absolue (ERA) des estimations directes et fondées sur le modèle relativement aux estimations du recensement pour chaque RMR ou AR :

ERA i =| θ i Census θ i Est θ i Census |, MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aaatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaaeyraiaabk facaqGbbWaaSbaaSqaaiaadMgaaeqaaOGaaGjbVlaaysW7cqGH9aqp caaMe8UaaGjbVpaaemaabaWaaSaaaeaacaaMc8UaeqiUde3aa0baaS qaaiaadMgaaeaacaqGdbGaaeyzaiaab6gacaqGZbGaaeyDaiaaboha aaGccqGHsislcqaH4oqCdaqhaaWcbaGaamyAaaqaaiaabweacaqGZb GaaeiDaaaakiaaykW7aeaacqaH4oqCdaqhaaWcbaGaamyAaaqaaiaa boeacaqGLbGaaeOBaiaabohacaqG1bGaae4CaaaaaaaakiaawEa7ca GLiWoacaGGSaaaaa@6105@

θ i Est MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeqiUde3aa0 baaSqaaiaadMgaaeaacaqGfbGaae4Caiaabshaaaaaaa@3D9C@  est l’estimation directe ou par MPLSBE/HB et où θ i Census MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeqiUde3aa0 baaSqaaiaadMgaaeaacaqGdbGaaeyzaiaab6gacaqGZbGaaeyDaiaa bohaaaaaaa@406A@  est la valeur correspondante du recensement pour le taux de chômage. Il s’agit ensuite de prendre la moyenne des ERA sur l’ensemble des RMR et AR. Nous calculons les CV moyens des estimations directes et fondées sur le modèle. Nous privilégierons un modèle où les ERA et les CV sont moindres.

Nous appliquons les modèles d’abord aux 117 RMR et AR à taille d’échantillon 2, MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG OmaiaacYcaaaa@3B48@  ensuite à 92 à taille d’échantillon 5 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG ynaaaa@3A9B@  et enfin à 79 à taille d’échantillon 7. MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG 4naiaac6caaaa@3B4F@  Le tableau 4.1 présente les ERA moyennes et les CV moyens correspondants (ceux-ci entre parenthèses). Dans ce tableau, les valeurs présentées de modélisation sont fonction du lissage ou de l’estimation directe de la variance d’échantillonnage.

En cas de lissage, les deux méthodes FH-MPLSBE et FH-HB améliorent nettement les estimations d’enquête directes avec les ERA et les CV sont bien moindres. Mentionnons en particulier que l’ERA et le CV sont respectivement les moindres avec FH-HB et FH-MPLSBE. Si la modélisation porte sur les 117 régions, les ERA et CV moyens sont respectivement de 0,263 et 0,329 pour l’estimateur direct de l’EPA, de 0,124 et 0,087 pour le lissage FH-MPLSBE et de 0,118 et 0,116 pour le lissage FH-HB. Le bon résultat des lissages FH-MPLSBE et FH-HB de la variance d’échantillonnage indique que la fonction généralisée de variance (2.2) est très utile dans ce cas et réussit à améliorer les estimations fondées sur le modèle.

En cas d’estimation directe de la variance d’échantillonnage, FH-MPLSBE et FH-HB ont les pires résultats de tous les modèles, et ils sont presque identiques dans ce scénario. Les trois autres modèles HB s’en tirent mieux que les modèles FH-MPLSBE et FH-HB en cas d’estimation directe. YLLM et STKM sont d’un meilleur rendement que YCM avec des ERA et des CV moindres. YLLM et STKM ont des résultats à peu près identiques pour tous les groupes de RMR-AR; YLLM montre toujours une ERA légèrement inférieure, mais un CV légèrement supérieur à ceux de STKM. Sur l’ensemble des 117 régions, YLLM et STKM ont, par exemple, des ERA à 0,135 et 0,137 et des CV moyens à 0,123 et 0,122. YCM présente des valeurs correspondantes de 0,148 et 0,136 et FH-HB, de 0,171 et 0,221.


Tableau 4.1
Comparaison des erreurs relatives absolues (ERA) et des coefficients de variation (CV) en moyenne avec les valeurs CV entre parenthèses
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Comparaison des erreurs relatives absolues (ERA) et des coefficients de variation (CV) en moyenne avec les valeurs CV entre parenthèses. Les données sont présentées selon RMR-AR (titres de rangée) et Estimation directe, FH-MPLSBE, FH-HB, YCM, YLLM et STKM(figurant comme en-tête de colonne).
RMR-AR Estimation directe FH-MPLSBE FH-HB FH-MPLSBE FH-HB YCM YLLM STKM
EPA lissage lissage Estimation directe Estimation directe Estimation directe Estimation directe Estimation directe
Moyenne sur les 117 RMR-AR 0,263 0,124 0,118 0,170 0,171 0,148 0,135 0,137
(taille d’échantillon  2 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGak0Jf9crFfpeea0xh9v8qiW7rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG Omaaaa@3CBA@ ) (0,329) (0,087) (0,116) (0,238) (0,221) (0,136) (0,123) (0,122)
Moyenne sur 92 RMR-AR 0,216 0,124 0,116 0,133 0,132 0,132 0,125 0,127
(taille d’échantillon  5 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGak0Jf9crFfpeea0xh9v8qiW7rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG ynaaaa@3CBD@ ) (0,262) (0,076) (0,103) (0,123) (0,123) (0,121) (0,117) (0,116)
Moyenne sur 79 RMR-AR 0,181 0,122 0,113 0,126 0,122 0,122 0,118 0,120
(taille d’échantillon  7 MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGak0Jf9crFfpeea0xh9v8qiW7rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaeyyzImRaaG 4naaaa@3CBF@ ) (0,232) (0,057) (0,094) (0,115) (0,115) (0,115) (0,114) (0,113)

Passons maintenant à une comparaison de modélisation bayésienne avec ordonnée prédictive conditionnelle (OPC) qui porte sur les quatre modèles HB pour l’estimation directe. Les OPC sont les valeurs observées de vraisemblance en fonction de la distribution prédictive sur validation croisée f( y i | y obs(i) ). MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamOzaiaayk W7caGGOaGaamyEamaaBaaaleaacaWGPbaabeaakiaaykW7caGG8bGa aGPaVlaadMhadaWgaaWcbaGaae4BaiaabkgacaqGZbGaaiikaiaadM gacaGGPaaabeaakiaacMcacaGGUaaaaa@4917@  Nous calculons les valeurs OPC pour les divers points y i,obs MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyEamaaBa aaleaacaWGPbGaaiilaiaaykW7caqGVbGaaeOyaiaabohaaeqaaaaa @3F36@  de données d’observation. Une OPC plus élevée indique que y i,obs MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyEamaaBa aaleaacaWGPbGaaiilaiaaykW7caqGVbGaaeOyaiaabohaaeqaaaaa @3F36@  favorise le modèle et permet un meilleur ajustement. S’il s’agit de choisir un modèle, nous pouvons calculer le rapport des OPC entre un modèle A et un modèle B. Si ce rapport est supérieur à 1, y i,obs MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiFu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpu0de9LqFHe9Lq pepeea0xd9q8as0=LqLs=Jirpepeea0=as0Fb9pgea0lrP0xe9Fve9 Fve9qapdbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaGaamyEamaaBa aaleaacaWGPbGaaiilaiaaykW7caqGVbGaaeOyaiaabohaaeqaaaaa @3F36@  favorise le modèle A. Nous calculons les rapports OPC pour YCM/FH-HB, YLLM/FH-HB et STKM/FH-HB et comptons les fois que le rapport est supérieur à 1. Nous pouvons aussi tracer la courbe des valeurs OPC ou condenser celles-ci en prenant la moyenne des OPC estimées. Pour plus de détails sur l’ordonnée prédictive conditionnelle, voir, par exemple, Gilks, Richardson et Spiegelhalter (1996), page 153, You et Rao (2000) et Molina, Nandram et Rao (2014). Le tableau 4.2 présente les OPC moyennes et médianes pour les 117 RMR-AR, ainsi que le nombre de rapports OPC supérieurs à 1.


Tableau 4.2
Résumé des valeurs et des rapports OPC pour les 117 RMR-AR
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Résumé des valeurs et des rapports OPC pour les 117 RMR-AR FH-HB, YCM, YLLM et STKM(figurant comme en-tête de colonne).
FH-HB YCM YLLM STKM
estimation directe estimation directe estimation directe estimation directe
OPC moyenne 0,1053 0,1222 0,1242 0,1238
OPC médiane 0,0976 0,1004 0,1045 0,1051
nombre de rapports OPC supérieurs à 1 - 72 78 76

Il ressort du tableau 4.2 que YCM, YLLM et STKM présentent des valeurs OPC supérieures à celles de FH-HB, indice que le modèle HB en modélisation de variance d’échantillonnage est préférable lorsque les estimations directes de cette variance sont employées. Il ressort également que YLLM et STKM sont préférables à YCM. Dans le cas des rapports OPC sur l’ensemble des 117 régions, 72 régions ou observations favorisent YCM, 78 YLLM et 76 STKM. Ainsi, plus d’observations font préférer YCM, YLLM et STKM à FH-HB; YLLM présente le plus de rapports OPC supérieurs à 1. La comparaison OPC s’accorde avec les résultats au tableau 4.1. Pour les autres méthodes de vérification et d’évaluation de modèles, voir Hidiroglou et coll. (2019).


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