Utilisation de l’échantillonnage équilibré dans les enquêtes sur les prises des pêcheurs sportifs
Section 4. Comparaison de la méthode du cube et de l’algorithme réjectif
Chauvet et coll. (2015) ont étudié la méthode du cube et l’algorithme
réjectif en examinant différents aspects de ces techniques d’équilibrage. Ils
ont effectué l’équilibrage sur des variables auxiliaires continues et ont
décrit comment l’algorithme d’équilibrage influe sur les probabilités de
sélection et les propriétés d’échantillonnage des estimateurs des totaux de
population. L’objectif, à la présente section, est de comparer les deux
algorithmes d’échantillonnage dans le contexte d’un inventaire de ressources où
les équations d’équilibrage ne font intervenir que des variables indicatrices. Cette
comparaison est effectuée dans le contexte d’une enquête simplifiée sur les
prises des pêcheurs sportifs sous un plan d’échantillonnage à deux degrés
stratifié. Les jours représentent les strates
les secteurs sont définis comme étant les unités primaires
et les sites, représentés par l’indice
sont les unités secondaires. Ce plan d’échantillonnage est similaire
à celui exposé à la section 3.1, excepté que les périodes et les
sous-périodes n’en font pas partie.
Chaque
jour, deux secteurs sur trois sont sélectionnés et, dans chacun, deux sites sont
échantillonnés; donc quatre unités sont sélectionnées chaque jour. La variable d’importance
du site
détermine les probabilités d’inclusion
pour les deux degrés d’échantillonnage. Comme deux unités sur trois
sont sélectionnées à chaque niveau, les probabilités de sélection conjointes
sont complètement déterminées par
pour les deux degrés; voir l’annexe. Si
représente les variables indicatrices prenant la valeur de 1 si le
site
est échantillonné le jour
et 0 sinon, alors les entrées de la matrice de variance-covariance
de dimensions
pour
sont données par
où
représente la probabilité de sélection
conjointe des secteurs
et
pour un seul jour,
est la probabilité de sélection du site
dans le secteur
au deuxième degré et
est la probabilité de sélection
conjointe des sites
et
dans le secteur
Toutes ces probabilités sont
évaluées en utilisant la mesure de taille
Des renseignements détaillés figurent à
l’annexe; voir aussi Ousmane Ida (2016). La matrice correspondante
dans (2.3) est singulière car une des
neuf contraintes est redondante; donc, dans (2.3), nous avons utilisé une
inverse généralisée de la matrice de covariance et nous avons fixé la valeur de
dans (2.3), à 2,73 et 7,34, les
et
centiles de la distribution de
4.1 Simulations pour la comparaison de la méthode du
cube et de l’algorithme réjectif
Afin
d’étudier l’effet de l’algorithme sur les propriétés d’échantillonnage des
estimateurs, nous avons simulé, pour chaque unité, un effort de pêche pour le site
le jour
en utilisant des variables aléatoires de Poisson indépendantes de
moyenne
L’effort de pêche total pour le site
est alors donné par
Un estimateur
calé, comme il est défini à la section 3.2, pour l’effort de pêche au site
est
l’effort de pêche moyen pour les
unités échantillonnées au site
multiplié par
Pour
comparer les algorithmes d’équilibrage, nous avons utilisé des plans comprenant
strates et deux variables d’importance
l’une avec une faible variation entre les sites et l’autre avec une variation
moyenne. Sous chaque scénario, nous avons généré
répliques aléatoires d’un échantillon équilibré en utilisant la
méthode du cube d’une part, et deux algorithmes réjectifs, d’autre part. Les
probabilités d’inclusion pour le site
sont estimées par
Cet estimateur
suppose que les probabilités d’inclusion
sont constantes en
Cela est vrai parce que le plan de sondage est invariant en cas de
réétiquetage des jours, voir la section 3.1.
Comme
il est soutenu à la section 3.2, l’estimateur calé
est sans biais par rapport au plan sous les deux algorithmes. Nous comparons
leurs écarts-types,
où
est la moyenne des
valeurs simulées. Les écarts-types des
tailles d’échantillon sont également calculés en se servant de (3.2). Observons
que
Les résultats de simulation sont
présentés aux tableaux 4.1, 4.2 et 4.3.
Tableau 4.1
Comparaison de la méthode du cube (MC) et des deux algorithmes réjectifs (R 5 % et R 50 %) quand la variation de x est faible
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Comparaison de la méthode du cube (MC) et des deux algorithmes réjectifs (R 5 % et R 50 %) quand la variation de x est faible , , , , , , , et (figurant comme en-tête de colonne).
|
MC |
|
|
| Secteur |
Site |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 |
0,500 |
0,500 |
16,56 |
0,503 |
16,86 |
0,505 |
17,40 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
22,20 |
0,329 |
23,35 |
0,328 |
25,07 |
|
3 |
0,500 |
0,500 |
23,99 |
0,503 |
24,47 |
0,505 |
25,15 |
|
|
2 |
0,333 |
0,333 |
25,80 |
0,329 |
26,93 |
0,326 |
29,11 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
33,97 |
0,329 |
35,54 |
0,326 |
38,28 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
27,65 |
0,329 |
28,87 |
0,326 |
31,10 |
|
|
3 |
0,500 |
0,500 |
22,50 |
0,502 |
22,88 |
0,502 |
23,66 |
|
3 |
0,500 |
0,500 |
20,02 |
0,502 |
20,20 |
0,502 |
20,94 |
|
4 |
0,667 |
0,667 |
22,01 |
0,674 |
21,98 |
0,679 |
22,25 |
Tableau 4.2
Comparaison de la méthode du cube (MC) et des deux algorithmes réjectifs (R 5 % et R 50 %) quand la variation de x est moyenne
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Comparaison de la méthode du cube (MC) et des deux algorithmes réjectifs (R 5 % et R 50 %) quand la variation de x est moyenne MC et , , , , , , , et (figurant comme en-tête de colonne).
|
MC |
|
|
| Secteur |
Site |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 |
0,500 |
0,500 |
25,52 |
0,505 |
25,78 |
0,507 |
26,60 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
25,25 |
0,330 |
26,26 |
0,329 |
28,16 |
|
3 |
0,500 |
0,500 |
21,12 |
0,505 |
21,36 |
0,507 |
22,03 |
|
|
1 |
0,167 |
0,167 |
29,17 |
0,158 |
32,45 |
0,149 |
31,19 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
13,73 |
0,329 |
14,38 |
0,326 |
15,49 |
|
2 |
0,333 |
0,333 |
32,82 |
0,329 |
34,22 |
0,326 |
36,91 |
|
|
2 |
0,333 |
0,333 |
16,84 |
0,329 |
17,52 |
0,325 |
18,85 |
|
4 |
0,667 |
0,667 |
18,68 |
0,672 |
18,70 |
0,678 |
18,89 |
|
5 |
0,833 |
0,833 |
8,06 |
0,844 |
7,81 |
0,854 |
7,67 |
Tableau 4.3
Écarts-types des tailles d’échantillon obtenues avec la méthode du cube (MC) et avec deux algorithmes réjectifs (R 5 %, R 50 %)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écarts-types des tailles d’échantillon obtenues avec la méthode du cube (MC) et avec deux algorithmes réjectifs (R 5 % Variation de (équation) faible et Variation de (équation) moyenne(figurant comme en-tête de colonne).
|
Variation de
faible |
Variation de
moyenne |
| Secteur |
Site |
|
MC |
|
|
|
MC |
|
|
|
|
3 |
0,000 |
0,894 |
1,371 |
3 |
0,000 |
0,891 |
1,371 |
|
2 |
0,000 |
0,854 |
1,295 |
2 |
0,000 |
0,831 |
1,294 |
|
3 |
0,000 |
0,896 |
1,377 |
3 |
0,000 |
0,891 |
1,374 |
|
|
2 |
0,130 |
0,828 |
1,293 |
1 |
0,144 |
0,654 |
1,013 |
|
2 |
0,195 |
0,832 |
1,298 |
2 |
0,170 |
0,831 |
1,290 |
|
2 |
0,179 |
0,826 |
1,296 |
2 |
0,141 |
0,830 |
1,297 |
|
|
3 |
0,339 |
0,859 |
1,366 |
2 |
0,342 |
0,835 |
1,294 |
|
3 |
0,381 |
0,859 |
1,367 |
4 |
0,350 |
0,807 |
1,294 |
|
4 |
0,319 |
0,822 |
1,288 |
5 |
0,248 |
0,655 |
1,010 |
Dans
les tableaux 4.1 et 4.2, la méthode du cube maintient les probabilités de
sélection et donne un estimateur du total présentant les écarts-types les plus
petits. Prendre
égale au
centile de la distribution de
pour l’algorithme réjectif donne de mauvais résultats, tant en ce
qui concerne les probabilités de sélection que les écarts-types de
Pour les probabilités de sélection, les biais les plus importants se
produisent aux valeurs de
extrêmes dans le tableau 4.2. La probabilité de sélection pour
le site
est sous-estimée de 11 % par la méthode réjective fondée sur le
centile et de 5 % par celle fondée sur le
centile. La probabilité est surestimée pour
les sites dont les valeurs de
sont grandes.
Aux
tableaux 4.1 et 4.2, l’écart-type de
est, dans la plupart des cas, le plus petit pour la méthode du cube et
le plus grand pour l’algorithme réjectif fondé sur le
centile. Les écarts-types pour l’algorithme
réjectif sont jusqu’à 10 % plus grands que ceux obtenus pour la méthode du
cube. Dans le tableau 4.2, le gain d’efficacité le plus important de la
méthode du cube par rapport à l’algorithme réjectif
(égal au ratio des carrés des écarts-types) est
de 23 %; il s’observe quand
et
Ces écarts-types sont dictés par la variabilité des tailles d’échantillon
Le tableau 4.3 donne les écarts-types des tailles d’échantillon.
Puisque les nombres prévus de visites au secteur 1 et aux sites 1, 2,
et 3 sont des entiers, la méthode du cube permet d’obtenir des tailles d’échantillon
égales à leurs espérances pour ce secteur et les écarts-types des tailles
d’échantillon sont nuls. Cela n’est pas possible pour les secteurs 2 et 3,
car les tailles prévues d’échantillon pour ces secteurs ne sont pas des valeurs
entières. En général, les algorithmes réjectifs donnent des tailles
d’échantillon dont les écarts-types sont nettement plus variables que ceux des
échantillons obtenus pour la méthode du cube. Les estimateurs des totaux
produits par l’algorithme réjectif sont donc plus variables que ceux obtenus
par la méthode du cube.
L’estimateur
de variance conditionnelle pour l’effort de pêche
au site
proposé à la section 3.2 est
Les
propriétés d’échantillonnage conditionnelles, sachant
de cet estimateur de variance ont été examinées dans le cadre de
l’étude Monte Carlo avec
10 000 échantillons équilibrés pour les trois plans de sondage.
Pour chaque site et pour chaque taille d’échantillon
, nous avons évalué la variance conditionnelle
et l’espérance conditionnelle de l’estimateur de variance
en nous servant des échantillons Monte Carlo pour lesquels la taille
d’échantillon pour le site
était
Nous avons ensuite calculé le biais relatif conditionnel de
l’estimateur de variance
Puis, nous avons agrégé les biais relatifs conditionnels en
pondérant chaque taille d’échantillon
par sa fréquence dans les 10 000 échantillons Monte Carlo;
les résultats sont présentés au tableau 5.1.
Au tableau 5.1,
les biais relatifs agrégés sont inférieurs à 3 % en valeur absolue pour
les trois algorithmes de sélection. Cela valide l’estimateur de variance conditionnelle
proposé à la section 3.2 pour une seule cellule du tableau croisé. Les variances
conditionnelles de sommes telles que
sont plus compliquées à calculer, car elles font intervenir les
probabilités de sélection conjointe; l’estimation de ces variances n’est pas
examinée ici. Voir Breidt et Chauvet (2011) pour une discussion de l’estimation
de la variance sous la méthode du cube.
Tableau 5.1
Biais conditionnel agrégé, en pourcentage, de l’estimateur de variance conditionnelle obtenu avec la méthode du cube et deux algorithmes réjectifs (R 5 %, R 50 %)
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Biais conditionnel agrégé Variation de faible et Variation de moyenne(figurant comme en-tête de colonne).
|
Variation de
faible |
Variation de
moyenne |
| Secteur |
Site |
|
MC |
|
|
|
MC |
|
|
|
|
3 |
1 |
-3 |
3 |
3 |
-1 |
1 |
1 |
|
2 |
2 |
-1 |
-2 |
2 |
3 |
1 |
-2 |
|
3 |
-1 |
0 |
1 |
3 |
0 |
-1 |
0 |
|
|
2 |
-2 |
2 |
0 |
1 |
1 |
-1 |
-2 |
|
2 |
1 |
-1 |
-1 |
2 |
2 |
2 |
3 |
|
2 |
0 |
3 |
-2 |
2 |
0 |
0 |
-3 |
|
|
3 |
1 |
-3 |
2 |
2 |
0 |
-3 |
-1 |
|
3 |
2 |
1 |
1 |
4 |
0 |
0 |
0 |
|
4 |
-1 |
1 |
-2 |
5 |
-2 |
-1 |
1 |
La conclusion
de cette étude Monte Carlo est que l’algorithme réjectif modifie les probabilités
de sélection, les sites de faible importance étant sous-représentés dans les échantillons
réjectifs, tandis que la méthode du cube préserve très bien les probabilités de
sélection. Sous les deux algorithmes, l’estimateur calé du total de
dans un domaine est sans biais. Cependant, l’algorithme du cube
produit de plus petites variances, car il donne des tailles d’échantillon de
domaine moins variables que l’algorithme réjectif.
ISSN : 1712-5685
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Techniques d’enquête publie des articles sur les divers aspects des méthodes statistiques qui intéressent un organisme statistique comme, par exemple, les problèmes de conception découlant de contraintes d’ordre pratique, l’utilisation de différentes sources de données et de méthodes de collecte, les erreurs dans les enquêtes, l’évaluation des enquêtes, la recherche sur les méthodes d’enquête, l’analyse des séries chronologiques, la désaisonnalisation, les études démographiques, l’intégration de données statistiques, les méthodes d’estimation et d’analyse de données et le développement de systèmes généralisés. Une importance particulière est accordée à l’élaboration et à l’évaluation de méthodes qui ont été utilisées pour la collecte de données ou appliquées à des données réelles. Tous les articles seront soumis à une critique, mais les auteurs demeurent responsables du contenu de leur texte et les opinions émises dans la revue ne sont pas nécessairement celles du comité de rédaction ni de Statistique Canada.
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