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Le bien-être économique des Canadiens qui prennent leur retraite intéresse les gouvernements, les particuliers et les entreprises pour une foule de raisons. Le vieillissement de la population, de pair avec les fluctuations du marché boursier et les faibles taux d'intérêt, ont alimenté les préoccupations concernant les flux de revenus à la retraite potentiellement insuffisants, les changements dans le niveau et le type d'accès à un régime de pension, le nombre croissant de retraités en raison du vieillissement de la génération du baby-boom, et la situation financière de certains régimes du secteur privé.

Les préoccupations concernant la préparation financière des Canadiens à la retraite ne sont pas récentes. Dans la plupart des démocraties occidentales, le soutien du revenu à un âge avancé a suscité beaucoup d'attention pendant la période des années 1950 aux années 1970. Au Canada, cela a donné lieu à la mise en oeuvre du Régime de pensions du Canada, en 1965.

À ce moment-là, les analystes stratégiques remettaient en question le caractère adéquat du système de retraite pour les Canadiens retraités. Ils mettaient l'accent sur les taux de faible revenu (qui étaient élevés selon les normes occidentales dans les années 1960 et 1970), et sur les taux de remplacement du revenu, c'est-à-dire la mesure dans laquelle le revenu gagné au cours des années de travail serait remplacé à la retraite. Grâce à la maturation des régimes de pension privés et à l'établissement de régimes de pension publics, les taux de faible revenu chez les personnes âgées au Canada ont diminué progressivement, et ils se situent maintenant parmi les plus faibles dans le monde industrialisé.

Des travaux récents des mêmes auteurs ont mis l'accent sur l'importance du taux de remplacement du revenu. LaRochelle-Côté, Myles et Picot (2008a) ont évalué si le revenu familial pendant les années de travail se maintenait en réalité à la retraite. Ces ouvrages étaient axés sur les personnes ayant un « niveau élevé de participation » au marché du travail, soit environ 50 % de la population âgée de 55 ans. Le présent document prolonge ces travaux et inclut la majorité des Canadiens dans l'étude (de 80 % à 85 % de la population), peu importe s'ils ont un niveau élevé de participation au marché du travail ou non.

Le présent document est axé sur la mesure dans laquelle le revenu familial gagné pendant les années de travail est « remplacé » pendant les années de retraite. À cette fin, on suit différentes cohortes, au fur et à mesure qu'elles avancent en âge, à partir du milieu de la cinquantaine jusqu'à la fin de leur septième décennie de vie, en employant une source de données longitudinales fondées sur des dossiers fiscaux, la Banque de données administratives longitudinales (DAL), qui porte sur 26 années, de 1982 à 2007. La présente étude est axée sur une cohorte de personnes âgées de 54 à 56 ans en 1983. Leurs sources de revenu familial et leurs niveaux de revenu sont suivis jusqu'à ce qu'elles atteignent l'âge de 77 à 79 ans (en 2006). Le revenu familial est ajusté par « équivalent-adulte », afin de tenir compte des économies d'échelle dont disposent les personnes qui vivent dans des plus grandes familles. Ce processus ajuste le revenu en fonction de la taille de la famille, afin de permettre des comparaisons ponctuelles (transversales) et de tenir compte des changements longitudinaux dans la taille de la famille, au fur et à mesure que les personnes avancent en âge.

Pour la cohorte de 1983, le revenu familial moyen avant impôt (revenu familial ajusté par « équivalent-adulte ») diminue, pour passer d'environ 50 000 $ au milieu de la cinquantaine à environ 42 000 $ à la fin de la soixantaine, puis demeure relativement stable pendant une partie importante de la septième décennie de vie. Lorsque les personnes sont âgées de 54 à 56 ans, les trois quarts de leur revenu familial proviennent des gains. De 77 à 79 ans, lorsque la majorité des membres de la cohorte sont probablement à la retraite, les régimes de pension privés représentent environ le tiers de tous les revenus, les régimes publics (y compris le Régime de pensions du Canada [RPC]/le Régime de rentes du Québec [RRQ] et la Sécurité de la vieillesse [SV]/le Supplément de revenu garanti [SRG]) environ le tiers, les revenus de placements, 14 %, et les gains continuent d'être à l'origine d'environ 10 % du revenu familial.

La mesure dans laquelle le revenu change à la retraite et la contribution des composantes au revenu total dépendent de la situation de la famille (soit au bas ou au haut) dans la répartition des revenus.

Contrairement au revenu moyen pour l'ensemble de la population, le revenu familial moyen avant impôt augmente avec l'âge pour les personnes du quintile inférieur, passant d'environ 19 000 $ au milieu de la cinquantaine, à 23 000 $ à 24 000 $ au milieu de la soixantaine, et demeure stable pendant une partie importante de leur septième décennie de vie. Cette hausse se produit au moment où les régimes de pension publics (RPC/RRQ et SV/SRG) remplacent les gains comme principale source de revenu. Lorsque les personnes se trouvent au milieu de la cinquantaine, les gains représentent environ les deux tiers du revenu familial; lorsqu'elles atteignent la fin de leur septième décennie de vie, les régimes de pension publics représentent 63 % de leur revenu, les régimes privés, 14 %, et les gains, environ 10 %.

Parmi les personnes qui se situent dans le quintile de revenu intermédiaire au milieu de la cinquantaine, les régimes de pension publics continuent de jouer un rôle important, représentant 45 % du revenu familial à la fin de leur septième décennie de vie, un autre tiers du revenu de ces personnes provenant des régimes de pension privés. Parmi celles qui se situent dans le quintile de revenu supérieur au milieu de la cinquantaine, les régimes de pension privés deviennent la principale source de revenu 23 ans plus tard (représentant 40 % du total), suivis par les revenus de placements (20 %) et ceux tirés des régimes de pension publics (18 %).

De façon générale, les cohortes plus récentes ont amélioré leur situation de revenu à tous les âges par rapport à la cohorte de 1983, que ce soit avant les années de retraite (c.-à-d. au milieu de la cinquantaine) ou à la fin des années de retraite (à 70 ans et plus). Cette amélioration a été le résultat à la fois de gains plus élevés et de revenus plus élevés tirés des régimes de pension privés.

Dans le présent document, le taux de remplacement sert à déterminer dans quelle mesure les ressources économiques dont dispose une personne, grâce aux flux de revenus (principalement des gains) autour de l'âge de 55 ans sont « remplacés » par diverses sources de revenus (régimes de pension publics et privés, placements et gains), au fur et à mesure que la personne passe du milieu de la cinquantaine à un âge de retraite donné, par exemple, 78 ans. Le revenu familial après impôt ajusté par « équivalent-adulte » dont dispose la personne « médiane » à partir de l'âge de 70 ans représentait environ 80 % de celui observé lorsque la même personne se trouvait au milieu de la cinquantaine (un taux de remplacement de 0,8).

Les taux de remplacement du revenu à la retraite comportent une corrélation négative avec le revenu familial. Les taux moyens de remplacement sont de 1,1 chez les personnes du quintile de revenu inférieur, de 0,75 dans le quintile intermédiaire et de 0,7 dans le quintile supérieur. À la retraite, les régimes de pension publics et les autres transferts « remplacent » largement le revenu des personnes du quintile inférieur. Toutefois, certaines personnes ont des taux de remplacement relativement faibles. Par exemple, 20 % des personnes du quintile de revenu intermédiaire avaient des taux de remplacement inférieurs à 0,6.

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