Projections démographiques pour le Canada (2018 à 2068), les provinces et les territoires (2018 à 2043)
Section 4 – Conclusion

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La présente édition des projections intègre un bon nombre de nouveautés en ce qui concerne les méthodes et l’élaboration des hypothèses. Ces changements, qui tiennent aussi compte des plus récentes tendances démographiques, ont généré des résultats inédits qui ne peuvent être comparés aux éditions précédentes qu’avec circonspection.

Dans l’ensemble, le portrait national demeure en grande partie cohérent avec les tendances projetées dans l’édition précédente, notamment en matière de vieillissement démographique, lequel demeure inéluctable au cours des prochaines années. Cette tendance mérite d’être soulignée, alors que la proportion que représente la population en âge de travailler (15 à 64 ans) devrait diminuer au cours des prochaines décennies, sous l’effet du passage des générations du baby-boom vers la population âgée de 65 ans et plus. Les résultats des divers scénarios montrent qu’un renversement du vieillissement de la population est improbable, seul son rythme pourrait s’accélérer ou ralentir.

Les résultats montrent aussi que la croissance de la population canadienne ralentirait au cours des prochaines années, notamment sous l’effet d’une hausse du nombre de décès qui limiterait ainsi l’apport de l’accroissement naturel. Tout de même, le fait que la population canadienne devrait continuer à s’accroître est digne de mention, alors que les populations d’un bon nombre de pays développés sont présentement en diminution, ou pourraient bientôt diminuer.

À l’échelle des provinces et des territoires, les résultats des projections de la présente édition sont toutefois très différents des éditions précédentes. Les résultats montrent que la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et les Territoire-du-Nord-Ouest pourraient voir leur population décliner selon certains scénarios, alors que la population de Terre-Neuve-et-Labrador devrait diminuer selon tous les scénarios. Ces résultats de projections pour Terre-Neuve-et-Labrador reflètent les tendances observées au cours des dernières années, à savoir une faible fécondité, une structure relativement âgée, de faibles niveaux d’immigration et des soldes migratoires interprovinciaux généralement négatifs. Tous ces facteurs ont entrainé une faible croissance démographique, voire un déclin de la population, dans les années qui ont suivi la diffusion de la précédente édition. Il convient toutefois de rappeler que les résultats de projection sont parfois très différents d’une hypothèse de migration interprovinciale à une autre, reflétant la sensibilité de ces régions à cette composante. Il faut en retenir que des changements touchant cette composante pourraient ainsi conduire à une évolution démographique bien différente.

À l’inverse de la plupart de provinces de l’Atlantique, les provinces des Prairies — l’Alberta en particulier — pourraient connaître des taux de croissance beaucoup plus élevés que la moyenne nationale au cours des prochaines années, reflétant une fécondité plus élevée, une structure par âge plus jeune et des niveaux d’immigration plus élevés.

Les tendances projetées pour les territoires continuent de diverger de façon importante de celles projetées ailleurs au Canada principalement en raison de taux de fécondité plus élevés que la moyenne (particulièrement au Nunavut) et de la relative jeunesse de leurs populations. Il existe également des variations considérables entre les trois territoires eux-mêmes en ce qui concerne les principaux moteurs de la croissance démographique, le Nunavut dépendant presque exclusivement de l'accroissement naturel, tandis que les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon doivent une plus grande part de leur croissance à l’accroissement migratoire.

De toute évidence, les résultats présentés dans cette édition des projections illustrent d’importantes différences dans la croissance démographique, tant au niveau des régions du Canada que d’un scénario à l’autre au sein d’une même région. Ces différences montrent sans aucun doute que l’évolution de la population canadienne n’est pas déterminée, tant s’en faut. En conséquence, les utilisateurs des projections devraient considérer les résultats de plusieurs scénarios lorsqu’ils utilisent ces projections.

 
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